Kikou tout le monde!

Me voilà avec mon chapitre 58 ( qui sert pas à grand chose mais que j'ai écris quand même donc je vous le donne) que dire de plus? Ah! bonne lecture!

chapitre 58 : Tu me manques!

Les passagers à destination de Cincinnati, Ohio, sont priés de se présenter en salle d'embarquement, porte C... Les passagers à destination de Cinc...

Un aéroport, un parmi tant d'autres, il connaissait tous les principaux aéroports du monde, avait même fait escale de nombreuses fois dans certains, des centaines de vol, des milliers d'heures de trajets, du temps à occuper, des pensées, des idées, tout ce qui lui avait traversé l'esprit pendant ces dix dernières années avant d'embarquer et pendant les trajets, la seule chose qui ne changeait jamais jusqu'ici c'était John.
John qui l'accompagnait très souvent, John qu'il rejoignait, John qui l'appelait avant le décollage quand ils étaient séparés, John qui le rappelait dès que lui raccrochait...
Mais cette fois, John ne serait pas là, cette fois, il n'appellerait pas, ne décrocherait pas, cette fois-ci tout était bel et bien fini, il n'avait plus aucun espoir. Il avait tenu jusqu'ici en espérant avoir une nouvelle chance, il s'était battu contre lui-même pour ne plus être cette loque imbibée d'alcool, totalement pathétique, comme l'avait dit John et aujourd'hui, tout s'effondrait pour de bon.
Il avait pris la décision de le laisser partir, de le laisser reprendre sa vie, loin de lui, loin de son cœur, il avait choisi de lui rendre sa liberté même s'il savait que sans John, il ne survivrait pas, il s'effritait dans une lente agonie qui ne prendrait fin que lorsque John aurait totalement tourné la page, que lorsqu'il le verrait rencontrer quelqu'un, se remarier peut-être même s'il en doutait fortement et pourquoi pas avoir des enfants! John adorait les enfants, comment pouvait-il le priver de ce droit en l'enfermant dans une relation avec lui? Il ne pouvait pas lui voler une partie essentielle de sa vie, d'ailleurs John avait lui aussi fait son choix, celui de continuer sans lui.
Alors, quand il serait certain qu'il était parfaitement heureux, que rien ne lui manquait plus, il pourrait se laisser mourir pour de bon.

Il avait froid comme toujours depuis leur rupture, il ne parvenait plus à se réchauffer sans la flamme de l'amour que lui portait John, il avait beau enfiler 3 pulls, son âme restait prisonnière de la glace mais depuis le retour de John et de cette décision de le laisser partir, c'était comme si son cœur s'était arrêté de battre pour de bon, il errait sans fin dans une vie qui n'existait plus pour lui, John était son repère, celui qui l'avait toujours maintenu dans le droit chemin pendant toutes ces années de galère, il avait été là pour lui à chaque instant, désormais c'était fini. Il avait été sa force, il puisait en lui l'énergie qui lui manquait, John était un volcan permanent, il semblait toujours déborder d'énergie même quand il était épuisé, il trouvait toujours la force de se relever, de continuer et de sourire en plus de ça. Il admirait sa volonté de fer depuis toujours, peu importaient les obstacles à franchir, il les brisait avec aisance, Randy se disait qu'il était loin d'avoir son courage et sa volonté et pourtant pour lui, il avait réussi à s'en sortir seul, à se relever et à revenir car il avait toujours de l'espoir, désormais que tout était fini, il ignorait ce qui le maintenait encore debout. Des souvenirs auxquels il s'accrochait comme un enfant à son doudou?

Les passagers à destination de Cinci...
Randy s'avança vers la porte annoncée, traversant la foule dans un état second, tous ces gens qui vivaient, s'aimaient, se regardaient en s'appelant, le temps des au revoir ou le retour tant attendu dans des cris de joies. Des gens qui couraient, qui s'élançaient, des mains qui se tendaient pour mieux se retrouver.
Les mains de John, il les avait toujours beaucoup aimé, il ne lui avait tenu la main en public qu'une seule fois, dans ce restaurant chez lui, le reste du temps, John tenait à la discrétion et au secret et Randy avait dû s'y faire très vite de n'être que sa relation cachée en public.
Mais dès qu'ils étaient seuls, les mains de John ne s'éloignaient jamais de lui plus de quelques minutes, il lui prenait la main à la moindre occasion, la portait à ses lèvres pour l'embrasser avec amour, le plus souvent en plongeant ses yeux dans les siens. Elles caressaient son visage tendrement avant de se faire plus osées et de dévorer son corps très rapidement suivi par ses lèvres et sa langue, John ne se lassait jamais de découvrir son corps à chaque instant qu'ils passaient ensemble et ses magnifiques yeux bleus le détaillaient si souvent en revenant vers son visage comme pour mieux savourer ses réactions. Il le voyait sourire quand il obtenait une réaction particulièrement forte ou sonore, un sourire léger, un peu amusé, infiniment tendre qui se dissolvait dans son regard avant qu'il ne replonge sur son corps qu'il parcourait de ses mains puissantes. Ses mains qu'il aimait tant, ses mains qu'il aurait aimé tenir plus longtemps pour que ce chagrin n'existe jamais. Il aurait aimé être en mesure de vite oublier et de passer à autre chose avec la même aisance que John mais il n'en était pas capable, il souffrait trop de son absence, l'avoir perdu c'était avoir perdu sa vie, son cœur, il était brisé.

Il grimpa dans l'avion après avoir tendu machinalement son carton d'embarquement à l'hôtesse, il parvint à esquisser un sourire sans joie pour lui signifier qu'il avait compris ce qu'elle venait de lui dire et se dirigea vers sa place en pensant à ce qu'aurait dit John en le voyant comme ça.
Il le taquinait toujours de son amabilité presque dragueuse envers les hôtesses, de sa façon de leur sourire en les privant soudain de tout sens logique tandis qu'elles se mettaient à le dévorer des yeux, incapable de retrouver le sens de leur pensée jusqu'à ce qu'il se détourne. John l'observait faire avec amusement à chaque fois en prenant place dans son propre fauteuil en souriant.
- Tu es diabolique ! Lui avait-il dit un jour qu'il avait fait une très forte impression sur une jeune hôtesse prénommée Carole.
Randy lui avait souri en se pavanant et John lui avait mis une tape sur l'épaule, joueuse, en riant.
- Pauvre fille, quand même, regarde là, il va lui falloir un temps fou pour se remettre de ça, ton sourire devrait être classé comme arme de destruction massive!
- Mais tu aimes mon sourire avait soufflé Randy en lui adressant le même.
- Je l'adore! Il s'était approché pour lui souffler à l'oreille. Mais j'aime encore plus celui que tu ne fais que pour moi.
- Il y a des tas de choses que je ne fais que pour toi, mon ange.
John avait frémit sous le ton sensuel de Randy, les yeux fermés avant de répondre:
- J'espère bien bébé, je te partage avec personne pour ça, tu es à moi?
- Rien qu'à toi!
John l'avait embrassé du regard avec tant de passion que Randy s'était senti rougir avant que la main de John ne se pose sur son entre-jambe en disant:
- ça aussi ça devrait être classé comme une arme, bébé!
- John, tu es infernal! Dit Randy exaspéré.
- Je pourrais peut-être t'aider avec ce petit, oups gros problème dit John avec un clin d'œil.
- On n'est pas dans ta chambre d'hôtel John, c'est petit ça!
- Pas d'après ce que je sens!
- John, vire tes pattes de là!
- Vaut mieux pas non! Dit-il en sortant un magazine qu'il déplia juste à temps sur les jambes de Randy pour dissimuler le problème aux yeux de l'hôtesse qui passait vérifier que tout était prêt pour le décollage. Randy lança un nouveau sourire charmeur et l'hôtesse en oublia de vérifier sa ceinture de sécurité, quand elle fut parti, il lança un regard furibond à John qui explosa de rire et il ne put conserver sa façade furieuse très longtemps face au beau spectacle de son fou rire.
Ce jour-là, dès qu'ils avaient atterri, Randy l'avait traîné jusqu'à l'hôtel à toute vitesse tandis que John riait toujours en le suivant, John n'avait pas eu le temps de regarder la chambre avant d'être propulsé vers le lit déjà à moitié nu, il n'avait jamais compris comment Randy avait fait pour le déshabiller aussi vite!

Mais là dans cet avion, perdu dans ce souvenir, Randy n'éprouvait aucun joie, aucun désir, juste un profond chagrin et une sensation de vide, comme si son cœur ne battait plus désormais que pour un fantôme, il avait entendu Chris dire un jour à Phil qu'il avait l'impression qu'il pleurait un mort, Chris avait raison, il pleurait la mort de l'amour, il pleurait sa propre mort car en perdant John, il avait perdu la vie bien avant de perdre la raison.
L'avion survolait les terres du Nord, Randy regardait par le hublot comme John l'avait fait lorsqu'ils volaient ensemble pour aller dans sa maison. Il avait détesté que John fuit son regard ce jour-là, mettant cette barrière entre eux, il était mal et angoissé, il se souvenait de la discussion qui avait suivi, ils avaient remis beaucoup de choses à plat ce jour-là, certainement la plus longue discussion qu'ils aient jamais eu entre eux. John avait raison, ils n'avaient jamais vraiment parlé entre eux, ils avaient réglé chaque conflit par de la violence ou du sexe, parfois même les deux réunis. John croyait trop dans les principes éducatifs de son père, « un homme ne pleure pas, un homme ne montre pas ses faiblesses, un homme ne montre pas ses sentiments » et toutes les autres conneries qu'il avait pu lui inculquer dans son enfance ! Quant à lui, il n'avait jamais vraiment su parler, il savait exprimer des tas de choses rien que par le regard mais les mots n'étaient pas son fort et il n'avait jamais cherché à forcer la conversation avec John, le silence lui convenait bien finalement jusqu'ici. La seule véritable discussion qu'ils avaient eue avait été dans cet avion les ramenait chez lui, John était affaibli, il avait peur, il avait besoin de lui et ils avaient enfin pu se parler, mettre les choses à plat, tirer un trait sur leurs erreurs même s'il savait que John n'avait jamais pu tout à fait se pardonner ses maladresses du début. Il le voyait parfois dans sa façon de le regarder quand il pensait qu'il ne le voyait pas, comme un écho de remord et de chagrin, comme s'il se reprochait toujours de ne pas avoir été à la hauteur au départ. Randy avait cessé de lui en vouloir à la seconde où il s'était jeté sur Brock dans ce couloir en lui hurlant de « ne pas toucher à son homme » Il était son homme, SON homme, celui qu'il avait choisi, celui qu'il était venu défendre ce jour-là, il était devenu sa moitié en prononçant ces quelques mots, il n'avait jamais pu les effacer de sa mémoire bien que John ne les avaient plus jamais prononcés par la suite mais il savait qu'il serait toujours son homme malgré tout jusqu'à ce que tout s'effondre.

Tout avait été détruit en une seconde pour un non-dit, parce qu'ils n'avaient pas su parler, parce que John lui avait caché des choses et que lui, au lieu de simplement demander des explications avait préféré porter des accusations abominables absolument infondées ajoutant l'injure au parjure !
Car il s'était parjuré ce jour-là, il avait promis à John d'avoir confiance en lui, de ne douter de lui en aucune occasion car il lui promettait de ne jamais lui donner de raisons de le faire en retour. Ils étaient allongés dans leur lit un matin d'été, la fenêtre était ouverte et ils gisaient côte à côte sous un drap blanc en se tenant la main dans la fraîcheur du matin, ils savouraient le silence et la présence de l'autre après plusieurs jours de séparation.
John s'était tourné vers lui en embrassant doucement la paume de sa main qu'il avait portée à ses lèvres sans la lâcher et lui avait demandé avec le plus grand sérieux :
- Bébé, tu as confiance en moi ?
Randy s'était redressé sur un coude pour l'observer attentivement à son tour en répondant :
- Bien sûr mon ange, pourquoi cette question ?
- Sans raison, je veux juste être sûr que tu as confiance en moi, en nous.
- Oui, sans hésiter !
- D'accord, alors soit sûr que je ne te donnerais jamais une raison de douter un jour.
Sans attendre sa réponse, il s'était penché vers lui pour l'embrasser avant d'ajouter :
- Je t'aime Randy.
- Je t'aime aussi John.
Par la suite, Randy s'était interrogé de nombreuses fois sur cette question de John mais il n'avait jamais reposé de questions, là encore il avait laissé le silence s'imposer comme il avait laissé le silence lui voler John.
Il ne pouvait pas le laisser gagner encore une fois ! Il avait attendu John un mois entier, il avait lutté contre lui-même pour être de nouveau digne de lui et alors qu'il tenait enfin sa chance de revenir à ses côtés, il la laissait filer sans même bouger, sans insister, sans chercher à comprendre ! Il s'était excusé des dizaines de fois auprès de lui mais peut-être que ce n'était pas des excuses que John attendait peut-être qu'il attendait qu'il lui prouve qu'il avait confiance en lui quoi qu'il arrive comme il l'avait prétendu dans ce lit ce matin-là !

Devait-il laisser John partir ou chercher une fois de plus à le retenir, à raviver l'amour qu'il y avait entre eux, il refusait de croire que cet amour était mort, il l'avait bien senti à chacune de ses rencontres avec John, ils s'aimaient toujours autant et il ne pouvait pas laisser cet amour partir en fumée ! Mais si ? Mais si John avait finalement cessé de l'aimer ? Si John avait décidé de passer à autre chose ? Avait-il le droit de l'en empêcher ? De quel droit pouvait-il prétendre à le priver d'un bonheur qu'il n'avait pas su lui offrir ?
Il devait aller le voir, une dernière fois, lui demander enfin ce qu'il attendait de lui, enfin briser ce silence pour obtenir des réponses, il devait lui demander ce qu'il voulait de lui !
Une chanson tournait en sourdine dans son casque, il avait radicalement changé de style depuis sa rupture avec John, fini les chansons endiablées et le métal, il laissait son coeur couler au même rythme lancinant des mélodies tristes qui accompagnaient ses pensées. Celle-ci ne faisait pas exception à la règle, il se souvenait qu'on parlait de ce chanteur comme d'un ange, pour sa voix de son vivant et au sens propre quand la vie l'avait abandonnée trop vite.
Un ange... Il ne pouvait s'empêcher de penser au sien, son ange qu'il avait transformé en démon en le blessant mortellement, son ange...

Que veux-tu
Qu' je fasse?
M'effacer ou
M'avancer pour
Être dans ta trace
Tout te dire ou
Bien me taire
Que veux-tu que je fasse?

Devait-il revenir vers lui ? Tenter sa chance une fois encore ? Lui prouver qu'il était toujours là en dépit de tout ce qui s'était passé ? Devait-il tenter de lui expliquer ses raisons ? Ou devait-il partir sans rien dire ?
John dis-le moi mon ange...

Dis-moi tu m' préfères
À genoux
Parti ou par terre
À tes pieds
Pour avoir l'air
De n' pas être rien?

Il se souvenait de leur deuxième jour ensemble, quand John avait cru qu'il lui en voulait, lui proposant de s'agenouiller pour s'excuser, il avait ri avant de voir que John avait mal, qu'il croyait qu'il ne l'intéressait plus maintenant qu'il l'avait eu ! La douleur dans les yeux de John, la première qu'il lui infligeait, il l'avait rassuré, lui avait dit que c'était faux mais ce soir-là non plus, ils n'avaient pas parlé. N'avait-ils donc jamais su se parler?

Faut-il que j'arrête?
Un mot et
J' n'en fais qu'à ta tête
J'disparais
Change de planète
Sauf si tu me retiens

Il fallait que ça cesse, qu'il lui parle et lui laisse choisir enfin s'il devait continuer à tenter sa chance de le reconquérir ou le laisser partir pour de bon! Il ferait tout ce qu'il voulait, plus jamais il ne le blesserait ! Il était prêt à disparaître de sa vie s'il le lui demandait, prêt à tout abandonner même son métier s'il le fallait pour qu'il puisse enfin être heureux, avec ou sans lui, tant qu'il était heureux.

Que veux tu de moi?
J'attendrai que
Tu me le dises
Un amour ou pas?
Quelqu'un qui te demande à toi:
Voudrais-tu de moi?

Il ferait ce qu'il voudrait mais il devait lui dire ce qu'il attendait de lui pour de bon !
Il supporterait peut-être de n'être de nouveau que son ami tant que John était heureux en retour même si lui ne pourrait jamais plus l'être sans lui dans sa vie.

L'avion amorçait sa descente, très bientôt, il reverrait John, très bientôt, il pourrait lui parler, lui dire tout ce qu'il lui avait caché avant de lui demander de prendre la décision, il avait conscience de ne pas être juste en demandant à John de choisir pour eux. Il se souvenait avoir dit à Chris au tout début de leur histoire, alors que John avait commis un énième impair qu'il préférait que l'histoire s'arrête là avant qu'elle n'ait pu commencer, avant que John ne soit trop impliqué, il avait ajouté que John serait incapable de partir quand il se rendrait compte qu'il n'était pas celui qu'il voulait, qu'il ne pourrait se résoudre à lui faire du mal en le quittant et qu'ils finiraient malheureux à deux à moins qu'il ne se résolve à le laisser partir. Il ignorait à quel point ses paroles étaient prémonitoires sauf que John était parti de lui-même, sans que Randy ne mette fin à leur histoire bien qu'il avait conscience d'y avoir mis un terme tout de même en prononçant ces mots fatidiques dans sa colère.

John était arrivé à destination lui aussi, il avait du temps avant le show du soir mais il avait encore un rendez-vous à honorer avant de pouvoir se poser quelques heures à l'hôtel et se reposer, il était harassé de fatigue, entre le rythme à tenir et le manque de sommeil, il n'en pouvait plus, Randy n'avait pas quitté ses pensées depuis son retour et cette conversation encore moins.
Randy avait dit qu'il allait le laisser partir, qu'il cessait d'essayer de revenir à ses côtés, qu'il abandonnait. S'était-il lassé ou résigné? Il avait dit qu'il le laissait reprendre sa vie, partir pour être heureux avec quelqu'un d'autre. Mais John le savait, il ne pourrait être heureux qu'avec Randy et personne d'autre, il était le seul qu'il pourrait vouloir mais le voulait-il toujours? Il ne savait plus ce qu'il devait faire, Randy avait détruit tout ce en quoi il croyait en à peine quelques mots, l'amour, la confiance, le respect, la tolérance, leur couple, tout avait été balayé en un instant et il refusait de se réenfermer dans une relation auto-destructrice malgré tout ce qu'il ressentait toujours pour Randy, car en dépit de ce qu'il tentait de se persuadé, il aimait toujours Randy, il avait tout tenté pour l'effacer, l'annihiler, quitte à se détruire lui-même après avoir détruit l'amour de sa vie mais rien n'y avait fait, Randy était toujours son homme pour son coeur.
Mais au fond, il n'avait que deux choix, être malheureux sans lui ou être malheureux avec lui, il préférait être sans lui, il laisserait ainsi une chance à Randy d'être heureux lui aussi, il lui devait bien ça après tout le mal qu'il lui avait fait!

Randy était à l'hôtel, il était fatigué après son vol de nuit et c'était endormi quelques heures, au réveil, il était une dizaine d'heures, il avait du temps avant le show et il était entré dans la salle de bains pour se prendre une douche et se raser. Il avait levé les yeux brièvement vers le miroir avant de plonger dans sa trousse de toilettes, il sentit la chaleur d'une main se poser sur son épaule nue et il ferma les yeux en inspirant profondément, il lui semblait percevoir le parfum de John dans l'air, bien qu'il savait que tout n'était que le fruit de son imagination, il se laissa aspirer par ses souvenirs:

C'était un matin comme celui-ci, Randy était dans la salle de bains, nu avant sa douche, il avait posé sa serviette sur le lavabo et John était entré à son tour, prêt à partir, Randy l'avait regardé avancer vers lui dans le miroir en lui souriant et John s'était mis derrière lui, il avait glissé ses bras autour de son torse, le ramenant contre lui avec délicatesse, l'amour se lisait dans ses prunelles. John l'avait serré tendrement contre lui, sa tête reposait dans le creux de son épaule et il inspirait son parfum comme chaque jour, jamais rassasié de son homme, Randy avait posé ses mains sur celles de John, laissant ses pouces dessiner les détails de ses doigts qu'il ne connaissait que trop bien. John lui avait sourit en relevant la tête, ses yeux s'étaient ouverts et Randy les avait admirés dans le reflet du miroir, il avait sourit à son tour tandis que les lèvres du plus âgé venaient chatouiller sa gorge pendant qu'il lui soufflait amoureusement:
- Tu es parfait comme ça bébé, ne change rien.
Randy avait sourit plus largement, amusé et avait répondu:
- Je doute que tu apprécies de me voir sortir nu, mon ange.
- Et qui a dit que j'avais l'intention de te laisser sortir?
- Tu vas me séquestrer?
- J'avoue que l'idée m'a traversée l'esprit...
- Juste traversée? S'était moqué Randy.
- D'accord, elle y est restée imprimée, surtout quand je t'ai imaginé nu sur le lit tandis que je te torturerais affreusement lentement. Avait-il ajouté d'une voix sensuelle.
- John, tu es un monstre, me faire ça alors que je dois partir, je vais passer ma journée à y penser maintenant! Grogna-t-il faussement fâché.
John avait laissé glisser ses mains le long de son ventre et avait sourit largement en voyant que ses paroles n'avaient pas laissées Randy indifférent, il avait saisi le membre réveillé, coupant le souffle de Randy comme à chaque fois et avait commencé à lui prodiguer de douces caresses, Randy avait grogné avant d'ouvrir la bouche dans un râle de plaisir.
John avait souri avec un rien de moquerie tandis que Randy fermait les yeux et il avait raffermi sa prise sur lui tandis qu'il accentuait ses caresses avant de tout stopper.
- John , je te jure que si tu me laisses comme ça, tu vas me le payer très cher ce soir!
- Mmmmm, tentant! Soupira John.
Il avait repris ses caresses sans prévenir et l'avait amené à son point culminant en deux ou trois secondes après, Randy avait grogné de plaisir tandis qu'il s'était affaissé à moitié sur John qui l'avait retenu contre lui sans le moindre problème.
Randy avait ouvert les yeux en reprenant son souffle, John observait son regard dans la glace comme toujours, il adorait lui aussi se plonger dans ses yeux à cet instant là et Randy lui avait dit:
- Je retire ce que j'ai dis John, tu n'es pas un monstre, tu es un dieu!
John avait rit en le relâchant, il s'était reculé et lui avait mis une tape sur les fesses, joueur en disant avec un clin d'oeil:
- Allez prépare toi bébé, j'ai déjà hâte d'être à ce soir!
John avait quitté la salle de bains et Randy s'était dépêché de se préparer, ils avaient passé une nuit merveilleuse ce jour-là et ils avaient très peu dormi.

Randy sentait la chaleur de sa main sous ses doigts et il refusait d'ouvrir les yeux, il savait que tout disparaîtrait à ce moment-là mais il ne pouvait pas rester éternellement dans cette salle de bains, alors il ouvrit doucement les yeux, cherchant l'océan qui se refléterait dans la glace mais il n'y trouva rien, rien d'autre que le vide derrière son propre reflet insipide et il chassa les larmes qui lui montèrent aux yeux du revers de main agacé.
A chaque matin, seul dans la glace, je sens ton absence comme une ombre...

Le show avait commencé, Randy et John s'étaient croisés dans le couloir, ils s'étaient longuement dévisagés sans un mot, s'étudiant, réfléchissant, leurs regards brillaient d'émotion mais ils ne parvenaient toujours pas à se parler. Alors John tendit la main vers lui pour l'inviter à la lui serrer, Randy la saisit après quelques secondes en se plongeant dans l'azur de John et lui dit:
- Sois heureux!
- Toi aussi! Répondit John.
- J'ai gâché ma seule chance d'être heureux, ne fais pas la même erreur que moi, trouve quelqu'un qui te rendra heureux et rend le heureux à son tour comme tu m'as rendu heureux chaque jour passé à tes côtés.
John ouvrit la bouche pour répondre mais ne put prononcer le moindre mot, ses yeux s'emplirent de douleur quand il observa Randy.
Ils se lâchèrent la main et partirent chacun dans une direction différente sous le regard de leurs amis qu'ils n'avaient pas vu.
John passa devant ses amis sans les voir en murmurant:
- C'est toi qui me rendait heureux Randy...
Chris, Phil, Wade et Justin étaient réunis dans un coin du couloir, ils avaient assistés à toute la scène, sous le choc, espérant enfin un bond en avant quand ils les avaient vus se séparer, ils avaient été les seuls à entendre la réponse de John et ils ne pouvaient pas les laisser faire ça.
Phil se tourna vers les trois hommes et leur souffla:
- Les gars, je vais avoir besoin de vous tous sur ce coup-là.
Les trois hommes se penchèrent en avant et écoutèrent attentivement ce que Phil leur disait en hochant la tête ou en protestant avant de se mettre d'accord et ils se séparèrent à leur tour.

chanson: écris l'histoire de Grégory Lemarchal

suivi d'un très court extrait de Tu me manques de Grégoire