coucou les gens!

enfin coucou personne pour le coup, pas de réactions du tout, c'est hyper décourageant, me demande si ça vaut le coup que je m'acharne à publier ma daube, je sens que jvais laisser tomber ici aussi, vu que ma fiction doit être encore plus mauvaise que je ne le pensais pour susciter un tel ( manque) d'enthousiasme. Enfin, voilà le 61 malgré tout. Amusez-vous à le lire, ou pas...

chapitre 61: ce n'est qu'une machine

L'aube trouva John toujours éveillé et songeur, il avait eu beau ressasser toute la nuit, il restait dans le flou mais plus les heures passaient et plus il souffrait de savoir Randy à quelques mètres de lui et pourtant inaccessible. Il quitta son lit pour se poster à la fenêtre et observer le levé du soleil, il préférait ne pas se rappeler de la dernière fois où il avait pris le temps de regarder le soleil pointer à l'horizon, il était dans un état similaire à celui d'aujourd'hui et il avait tellement blessé Randy ce jour-là qu'il avait eu toutes les misères du monde à obtenir son pardon, il n'était décidément bon qu'à ça, qu'à le faire souffrir, qu'à se comporter comme le dernier des salopards avec lui! Son coeur se tordit à l'évocation du chagrin qu'il avait vu si souvent dans les yeux de son homme, du chagrin et du dégoût aussi, et il avait raison de le mépriser autant, il était indigne de lui. Son coeur se contracta violemment et il y porta la main en grimaçant, il n'avait plus ressenti cette douleur depuis que... depuis que Randy lui avait brisé le coeur dans cette chambre d'hôtel, depuis il n'était plus qu'une boule de haine, il ne ressentait plus la souffrance et le manque lié à l'absence de Randy, une seule émotion parvenait encore à son coeur meurtri, la haine. Il avait haï Randy de toutes ses forces en vain, alors il s'était mis à se haïr lui-même, il avait fait ça si bien qu'il avait fini par détruire la moindre parcelle de lui qui voulait encore aimer Randy, la moindre trace de son humanité, il était devenu un monstre, dépourvu d'âme, d'émotions, de sentiments...
Quand la haine avait fini de le consumer, il n'était plus rien resté de lui, une coquille vide...
Mais pourtant dans cet ascenseur, ce qu'il avait ressenti pour Randy? ça n'avait donc été que du désir? Non, c'était impossible, il n'avait aucun désir pour Randy quand il l'avait vu à l'accueil, il avait vérifié rapidement qu'il allait bien, l'avait trouvé fatigué sans rien dire et avait accepté de monter avec lui dans cette machine infernale, évidemment elle s'était bloquée, un sale coup de ses amis mais à cet instant-là il ne le savait pas et il avait paniqué. Randy avait pris soin de lui, l'avait calmé et même aidé, il avait tout fait pour qu'il se sente en sécurité et ça avait marché, il se sentait incroyablement bien dans ses bras, il avait retrouvé l'amour qu'il lui portait, tous ses sentiments n'étaient donc pas morts, il avait une chance de les réveiller, de redevenir le John d'avant car Randy ne pouvait et ne pourrait jamais aimer l'être amoral qu'il était devenu par désespoir. Ce n'était donc pas un simple désir primaire qui l'avait poussé à embrasser la vipère puis à s'offrir à lui, mais ce n'était peut-être rien de plus que de l'instinct, leur relation avait toujours été basée sur leur sexualité débordante, ils n'avaient jamais assez l'un de l'autre mais était-ce donc de l'amour ou là encore juste du désir animal? John était sûr d'avoir aimé Randy, il se souvenait encore de l'envol de son coeur à chaque fois qu'ils se retrouvaient, du bonheur inouï que sa simple présence lui procurait, il suffisait qu'il entende quelqu'un prononcer le nom de son homme pour qu'il sourit, il savourait même la pointe de jalousie qui apparaissait de temps à autre dans son coeur quand il voyait Randy avec quelqu'un d'autre mais il n'en appréciait que davantage leurs retrouvailles, attendant impatiemment de pouvoir le serrer contre lui et l'embrasser en lui murmurant son amour à l'oreille, il aimait le voir tressaillir quand il l'appelait "bébé" tout bas en public et il aimait encore plus l'étincelle brûlante de passion dans ses yeux quand il se mordait la lèvre en retour pour lui faire comprendre son désir de se jeter sur ses lèvres devant tout le monde. Mais ce qu'il aimait encore plus que tout ça réuni, c'était Randy, son homme, il l'aimait dans son intégralité, il aimait même ses défauts, sa réserve et ses cachotteries, son intensité, ses plaisanteries, sa possessivité un peu folle, il aimait même l'entendre lui dire qu'il lui appartenait car à chaque fois qu'il le faisait, John le revendiquait avec sauvagerie et la vipère lui répondait avec la même passion. Ils étaient tous deux à l'autre car ils ne formaient qu'un, un couple, un duo, un amour, le leur et John ne pouvait pas accepter de laisser perdre tout ça maintenant que le contact avec Randy avait réveillé la part de lui qui l'aimait. Malgré tous ses efforts, il s'apercevait que la haine n'était pas parvenu à la détruire, tout juste à la pervertir, il lui suffisait de réveiller les souvenirs et de les remettre à leur juste place cette fois. Il devait retrouver son humanité, quitte à en souffrir car il savait que Randy ne le laisserait pas reprendre sa place à ses côtés aussi facilement, il aurait à se battre pour ça! Et si sa rage pouvait servir à quelque chose, elle lui servirait à se donner le courage d'encaisser les coups durs à venir et à poursuivre ses efforts pour retrouver l'homme de sa vie, il ne pouvait vivre sans lui et survivre ne l'intéressait plus!

Randy était affalé dans son lit, les yeux bien ouverts malgré sa fatigue, il avait fait les 100 pas pendant des heures, inlassablement en réfléchissant et la similitude de la scène n'avait que pu le renvoyer à une autre nuit où il avait déambulé des heures durant devant la porte de la chambre de John après l'avoir bêtement blessé et mis hors de lui. Il ne se souvenait que trop bien du réveil qu'il lui avait offert à coups de pied et de la rage qui déjà à ce moment-là avait pris le dessus sur John. Il avait eu du mal à se faire pardonner, à lui faire entendre raison et à ce qu'il redevienne le John qu'il connaissait si bien, son John. Il n'avait pas encore saisi l'ampleur de la haine et du ressentiment de son ami, il avait tant de rancoeur déjà à l'époque en lui, il n'avait pas soupçonné son existence mais il avait très vite oublié un détail de taille, John était un homme brisé quand il était devenu son compagnon, il avait dû intégralement se reconstruire à ses côtés, il n'avait pas bien mesuré à quel point son équilibre mental et émotionnel reposait sur leur relation. En remettant en cause la fidélité et l'honnêteté de John, c'est les fondements même de sa personnalité qu'il avait brisés! Il lui avait infligé une blessure bien plus profonde qu'il ne le pensait à l'époque, Loyauté, l'un des plus grands principes de John Cena, il lui avait pourtant rappelé, il n'aurait jamais dû douter de ça, John lui aurait été fidèle en toute circonstances, même en étant furieux contre lui mais en brisant la confiance et la relation qui les unissait par la même occasion, il avait précipité John dans un gouffre de haine sans fond jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien du John qu'il connaissait.
Mais tout à l'heure, dans cet ascenseur, John avait paniqué malgré ses efforts surhumains pour contrôler sa peur, la peur justement avait été la première émotion qu'il avait manifesté depuis son retour à la wwe, la première fois depuis des mois qu'il montrait un signe d'humanité, la peur avait brisé son masque d'invulnérabilité, d'inaccessibilité surtout! Pour la première fois depuis des mois, il avait entraperçu un fragment de l'ancien John Cena. Alors, il l'avait pris contre lui pour le calmer, doucement, il avait reproduit les mêmes gestes que son amant lorsqu'il se réveillait en nage de ses cauchemars puis ils avaient discutés, John avait baissé ses barrières pour une fois, il était à l'écoute, réceptif et il lui avait avoué l'avoir toujours aimé et contrairement à ses craintes, il ne l'avait pas repoussé violemment, ne l'avait pas accusé d'avoir abusé de sa faiblesse suite à son divorce pour le séduire, non il avait semblait ... heureux et apaisé.
Le baiser qu'ils avaient échangé avait la même saveur que ceux d'avant avec peut-être un petit quelque chose de plus, la saveur de l'authenticité, de la fusion quasi parfaite maintenant que les secrets avaient été révélés.
Comme à chaque fois qu'ils étaient à deux, la passion l'avait emportée sur la raison et leurs vêtements avaient rapidement fini au sol, ils avaient instinctivement retrouvé ce qui les unissait, la plaisanterie, la passion, l'amour fou mais justement et si tout ça n'avait été que de l'instinct?
Faire l'amour comme ils l'avaient fait si souvent, se laissant guider par leur passion, dépourvus de toute logique car la logique n'avait pas sa place en amour. Ils avaient partagé un instant d'une intensité inégalée et Randy avait cru que son coeur allait imploser de bonheur mais lorsqu'ils avaient eu fini et bien que John se soit offert à lui sans hésiter, il s'était détourné de lui, refusant de croiser son regard après lui avoir offert plus de sourires en quelques minutes que sur tous les mois réunis. Il pensait l'avoir retrouvé, il s'était trompé et même s'il avait eu l'air blessé de sa réflexion sur l'argent, il n'en était pas moins resté légèrement distant jusqu'à ce qu'il lui prenne la main.
Il l'avait gardé dans la sienne de longues minutes, la tenant encore fermement lorsque l'ascenseur s'était ouvert, presque fièrement d'ailleurs et c'était bien là ce qui chagrinait Randy.
Le vrai John aurait lâché sa main aussitôt que l'ascenseur s'était remis en route, il se serait caché immédiatement comme il avait toujours caché ses blessures et son amour au reste du monde, John était un amant discret et il respectait ça, il le comprenait. Ce John-là qui s'affichait ouvertement devant les autres, y compris son patron, n'était pas le sien! C'était une sorte de stéréotype de l'amoureux transi, de ceux qui pensent qu'il faut afficher son amour au monde entier pour prouver sa grandeur, John n'avait pas besoin de ça pour l'en convaincre jusqu'ici, avait-il encore une fois réagi à l'instinct ou avait-il cherché à lui prouver qu'il l'aimait vraiment en se reniant lui-même?
Il y a quelques mois, Randy ne se serait posé aucune de ces questions ou s'il l'avait fait, il n'aurait eu aucun mal à en trouver les réponses. Aujourd'hui, il pataugeait tellement qu'il s'engluait de plus en plus dans cette situation inextricable. Il aurait su immédiatement quelles étaient les intentions de John à l'époque car il en prenait conscience désormais, John n'était ouvert qu'envers lui les derniers temps de leur histoire, il n'avait pas peur de se montrer sous son vrai jour, vulnérable et aimant dès qu'ils étaient seuls mais il avait brisé cette relation privilégiée en brisant leur relation et par là même, les principes et les fondements même de la personnalité de John. Il avait transformé son homme en une boule de haine, cette dernière avait tout détruit sur son passage, ne laissant qu'une machine à la place de son compagnon, John Cena était mort dans cette chambre et pire encore, c'était lui qui l'avait tué!
Mais il ne croyait pas aux miracles, il ne savait et ne pouvait le ressusciter, il ignorait simplement si c'était possible mais lui n'en avait plus la force.
Il se souvient du jour du retour de John, il était dans les vestiaires, accroché à cette photo qu'il aimait tant en écoutant de la musique, celle-ci était particulièrement adaptée à ses pensées, il avait tant besoin de John mais ce dernier avait refusé une fois encore de lui venir en aide, il avait répondu qu'il n'en avait plus la force mais si aucun des deux n'avait la force de se battre pour leur histoire, à quoi bon la sauver?

Phil s'éveilla lentement dans les bras de son canadien, il inspira profondément son odeur avec bonheur, il avait passé la nuit endormi tout contre lui, la tête posée sur son torse, il s'était endormi en écoutant son coeur battre, c'était la plus belle mélodie du monde à ses yeux et il s'endormait chaque nuit en savourant les battements de son coeur. Il bailla tandis que les mains de Chris se mettaient en mouvement à leur tour, l'une d'elle vint tendrement se poser sur son visage tandis que son pouce caressait sa joue, il glissa jusqu'à ses lèvres qui s'étirèrent en un sourire rêveur. Ils avaient passé une nuit magnifique et même s'ils avaient peu dormi, aucun des deux ne le regrettait.

Chris fourragea dans la crinière hirsute de son compagnon en souriant, il adorait l'air sauvage et repu qu'il affichait au réveil, il avait l'air d'un gros chat très satisfait de lui surtout lorsqu'il s'étirait comme maintenant. Phil se redressa pour l'embrasser tendrement, il mit tout son amour dans ce simple geste et Chris referma ses bras autour de son cou, ensemble ils étaient complets, ils ne formaient qu'un, uni comme jamais auparavant. Ils se levèrent ensemble en se souriant et passèrent commande de leur petit-déjeuner, le même que tous les jours de show, puis ils passèrent dans la salle de bains se laver les dents comme chaque jour, ils avaient déjà instauré leur rituel et Chris se fit la réflexion qu'ils étaient déjà un vieux couple par certains aspects. Le brun se tourna vers lui en souriant, la bouche pleine de dentifrice, Chris ne put que rire devant ce spectacle et Phil lui offrit un bisou mousseux en retour, quand ils se séparèrent, ils avaient du dentifrice tout autour de la bouche et même sur le nez, Chris explosa de rire en regardant son homme, le couvrant davantage de mousse et ce dernier se saisit de son tube de dentifrice, le débouchant avant de le presser vivement envoyant une giclée de savon sur le torse de son homme. Aussitôt le canadien se saisit du sien et une bataille démarra.
Ils étaient couverts de dentifrice, les deux hommes ne s'arrêtèrent de se bombarder que lorsque leur tube respectif fut vide, ils n'avaient pas cessé de rire tout au long de ce duel et le fou rire s'éternisa lorsqu'ils se regardèrent et contemplèrent le résultat de leur jeu, pas un centimètre de la salle de bain n'avait été épargné!

Non décidément, pensa Chris, Phil ne les laisserait jamais devenir un vieux couple, il était bien trop gamin pour ça. Il cessa de rire progressivement en se disant que c'était bien son côté blagueur qui l'avait séduit en premier, bien avant qu'il ne dévoile les autres qualités qui faisaient de lui l'homme idéal pour lui. Il lui sourit avec amour et lui dit qu'ils avaient besoin d'une douche et Phil acquiesça en allumant la douche pour qu'elle chauffe tandis qu'il aidait son compagnon à se débarrasser des vêtements qu'il portait en veillant, un peu tardivement, à en mettre le moins possible au sol, il se servit de ses propres habits pour essuyer les reliques de leur bataille et mit l'ensemble de leurs vêtements à tremper dans le lavabo tout en attirant son homme tendrement sous l'eau désormais chaude. La température était parfaite pour Chris et il sourit de nouveau en pensant une fois de plus à quel point il était chanceux d'être aimé par cet homme fantastique.
Il se glissa sous le jet d'eau en attirant Phil avec lui, il passa ses mains le long de son torse puis remonta sur son visage le débarrassant du dentifrice au passage, ses mains filèrent jusqu'à ses cheveux et les repoussèrent en arrière, profitant de l'eau bien chaude pour supprimer le maximum de savon possible en s'amusant à créer des piques hirsutes dans sa tignasse épaisse.
Phil avait attrapé les hanches de son homme dès le début avant que ses mains ne s'aventurent dans son dos massant les muscles endoloris par la semaine qui venait de s'achever. Chris soupira de bien-être en continuant de débarbouiller tendrement le Chicagian qui ne put s'empêcher de rire en remarquant qu'il était propre depuis longtemps.
Chris repensa à la plaisanterie de Phil sur le fait qu'il gagnait du temps sous la douche grâce à lui et il sourit à son tour en se disant que ce matin, il était hors de question de bâcler la douche, il leur fit faire demi-tour pour que Phil soit à son tour sous le jet et il en profita pour régler l'eau un peu moins chaude sachant que Phil n'aimait pas l'eau trop chaude. Le brun soupira à son tour avant d'embrasser Chris tendrement en se disant combien il était heureux à ses côtés, il ne regrettait pas un instant d'avoir prit le risque de l'embrasser ce soir-là car depuis il vivait sur un petit nuage.
La douche traîna en longueur, les hommes étaient propres depuis un bon moment mais ils savouraient un instant d'une infinie tendresse, échangeant caresses et baisers langoureusement, ils avaient le temps avant de reprendre la route pour le show du soir et alors qu'ils s'embrassaient une dernière fois en coupant l'eau, ils pensèrent tous deux à leurs meilleurs amis et se hâtèrent de se préparer.

Phil saisit leurs serviettes et enroula Chris dans la sienne bien chaudement avant de lui-même s'enrouler dans sa serviette, il embrassa une nouvelle fois son amant amoureusement avant de se sécher rapidement puis il frictionna Chris dans sa serviette en riant:
- Pour un Canadien, t'es sacrément frileux, mon petit Prince, tu n'as as dû manger assez de sirop d'érable en étant petit!
Chris tenta de répondre mais ses mots se perdirent dans les claquements de dents qu'amplifièrent les secousses vigoureuses de Phil pour le réchauffer. Très vite ensuite, ils se rhabillèrent et descendirent retrouver leurs amis, en espérant les trouver joyeusement attablés mais leurs espoirs furent vite déçus. Les 4 hommes étaient installés ensemble, Stu et Paul se faisaient face, obligeant les centon à en faire de même mais avant même d'atteindre la table, Phil perçut le malaise qui régnait entre les convives, les Wadin ne disaient pas un mot tandis que Randy et John regardaient dans des directions différentes pour ne pas avoir à se regarder et John ressemblait à un homme sur le bûcher chaque fois que ses yeux se posaient sur Randy. Il ne le regardait pas plus de quelques secondes mais son visage trahissait son angoisse et sa douleur, il avait l'air au supplice et les brokian s'arrêtèrent une seconde en se demandant ce qu'ils devaient et pouvaient faire pour les aider.

Randy et John étaient de grands gaillards, ils avaient tous deux besoin de place et d'ordinaire, ils étendaient leurs jambes en les entre croisant entre eux suivant la technique qu'ils utilisaient depuis des années mais aujourd'hui Randy avait replié ses jambes si loin sous son siège qu'il en était presque déséquilibré et John avait croisé ses chevilles autour de son pied de table, laissant une jambe en dehors de la table, comme s'ils refusaient de se toucher! Phil comprit immédiatement que l'origine de cette drôle d'idée venait de Randy et que John faisait tout son possible de son côté pour satisfaire les désirs de son ancien amant car il était clair à leur comportement que rien n'était réparé entre eux et Phil soupira en se demandant ce qu'ils avaient bien pu faire de leur nuit avant de remarquer deux clés de chambre différentes sur la table.
Il échangea un regard avec son canadien et rapprocha une table de celle de leurs amis pour s'y installer. Il se laissa tomber sur une chaise avec sa nonchalance habituelle et se tourna vers les 4 hommes pour les saluer dans un large bâillement. Les Centons lui rendirent son bonjour mais sans cette étincelle d'humour qui les caractérisait, ils n'auraient pas raté une telle occasion de se moquer de lui en temps normal et Phil se demanda si un jour il retrouverait ses amis comme avant, avec leur humour et leur connivence inégalée pour le mettre en boîte. Ils finirent de déjeuner en silence, malgré les maigres tentatives de Phil pour détendre l'atmosphère. Il avait bien vite renoncé et entrelacé ses jambes avec celles de son amant dans lequel il puisait chaque jour la force de se battre, pour son job, pour ses amis, pour avoir le plaisir de les revoir heureux et uni mais là il commençait à se décourager et Chris resserra ses jambes sur le genou de son compagnon pour lui manifester son soutien et le consoler, il détestait le voir triste et Phil ne l'était jamais plus que lorsque ses amis souffraient, il avait enfin retrouvé toute sa bonne humeur la veille en croyant Randy et John réunis, à tort. Tout était encore à faire mais seuls les deux concernés pouvaient résoudre le problème si tant est qu'ils en aient envie!
John avait un plateau plein devant lui, il y avait à peine touché, il chipotait avec sa nourriture ce qui ne lui arrivait jamais, il avait toujours faim même Randy le disait, il l'observa un instant mélanger pour la dix-huitième fois sa confiture sans pour autant l'étaler et John tourna la tête vers lui en sentant son regard peser sur lui. Randy avait cette manie de le dévisager longuement au début de leur relation comme s'il craignait toujours de le voir disparaître s'il le quittait des yeux et après ce qu'il lui avait dit la veille dans l'ascenseur c'était très probablement ça, à moins qu'il pensait rêver et avait peur de se réveiller mais John avait toujours aimé sa façon de le regarder par le passé, comme s'il était unique, il se sentait tellement aimé sous son regard mais cette sensation avait disparu, le regard de Randy, aussi bref fut-il, était dérangeant et John l'observa en retour une fraction de seconde, mal à l'aise, avant de se détourner de nouveau. En se détournant, il se rappela la scène de la veille, lorsque mal à l'aise, il avait fui le regard de Randy dans l'ascenseur en se disant qu'il allait de nouveau le prendre pour une salope et la réplique qui avait suivi avait confirmé ses craintes, son " combien je te dois? " l'avait anéanti même s'il l'avait bien cherché, il avait vu le remord de sa vipère immédiatement et avait décidé de lui pardonner et même de s'excuser en retour, il pensait que cet épisode désastreux était clos, il se trompait.
Il laissa tomber sa cuillère dans un tintement de porcelaine sonore qui attira les regards de ses compagnons et s'excusa avant de quitter précipitamment la table

Un silence de plomb accueillit son départ, les hommes se regardèrent, ne sachant que dire ou que faire et Randy quitta à son tour la table mais partit dans la direction opposée de John.
Les deux couples restants échangèrent des regards consternés et se rapprochèrent pour discuter, la mine sombre, les jours à venir allaient être encore plus durs à vivre dans ces conditions!

John était sorti de l'hôtel précipitamment, le souffle court, son coeur menaçait d'exploser et il porta une fois encore la main à sa poitrine en expirant de son mieux, cette douleur constante le coupait en deux, c'était comme si l'emplacement vide dans sa poitrine s'était rempli d'un coup et qu'il prenait plus de place qu'initialement, il se sentait au bord de l'implosion, il ferait n'importe quoi pour récupérer Randy et se montrer à nouveau digne de lui quitte à le laisser le briser à son tour mais il doutait d'y parvenir compte tenu des réactions de Randy, tenter d'atteindre Randy revenait à prendre d'assaut un château fort lourdement armé tout seul et il déglutit péniblement en pensant que c'était lui qui l'avait armé pour lui faire face, il avait été si cruel à son égard que Randy ne pouvait que le détester désormais et pourtant dans cet ascenseur, il lui avait dit qu'il l'aimait, qu'il l'avait toujours aimé, comment était-ce possible?
John regarda sa montre en sursautant, il avait passé plus de temps qu'il ne le croyait à calmer son coeur à défaut de calmer son esprit, il était temps de faire ses valises et de partir.
Il regagna l'hôtel puis sa chambre et tomba nez à nez avec Randy qui sortait de la sienne, il essuya ses mains moites de stress sur son jean et son geste n'échappa pas au regard aiguisé de Randy, John se fit l'effet d'être une proie sans défense sous son regard de prédateur, il n'avait jamais eu peur de lui même dans ses folies mais aujourd'hui il craignait plus que tout qu'il ne le repousse à jamais, car il ne pouvait pas vivre sans lui, pas même survivre, l'état de catatonie sentimentale dont il sortait n'était plus envisageable désormais, il lui fallait Randy ou il en mourrait.

- Ra.. Randy?
- Mmh?
- Tu... Tu m'as beaucoup manqué cette nuit... Te savoir si proche et si loin à la fois... c'était vraiment... très dur et...
- T'es déjà en manque de sexe chouchou? T'as pas encore mal au cul d'hier?
John encaissa l'attaque avec difficulté, ses yeux reflétèrent le même chagrin insupportable qu'il avait déjà montré la veille et Randy s'en voulut sans parvenir à se rattraper, alors il se tut.
John se redressa, il s'était plié sous la douleur comme si elle était physique et il inspira profondément en fermant les yeux avant de répondre d'une voix blanche:
- Je croyais que c'était toi chouchou et que j'étais loulou...
Sans attendre de réponse, il entra dans sa chambre et referma la porte derrière lui à temps pour se laisser glisser au sol, fou de chagrin.
Comme la veille, Randy n'alla pas jusqu'à la chambre de John, il tenta vainement de ne pas prêter attention aux tremblements de la porte de John, signe qu'il était appuyé dessus et tremblait lui aussi, il préféra ne pas imaginer le visage dévasté de chagrin de John, ni son large corps recroquevillé au sol, c'était un spectacle qu'il ne connaissait que trop et ne supporterait plus.
Il s'éloigna doucement de son pas silencieux, laissant John panser sa nouvelle blessure en se disant: " Après tout ce n'est rien de plus qu'une machine désormais"