kikou! voici le chapitre 62, avec un petit flash back dans les pensées de notre Johnny boy adoré ou détesté pour certains...

Mais avant tout, je remercie, comme toujours les lecteurs et reviewers, ma crazy chick et son post tout mignon tout plein d'amour qui m'a beaucoup touché, Kendall et un inconnu, je vous rassure, on va vers le mieux c'est promis! Bisous et bonne lecture!

chapitre 62: où tout commença...

" Ce n'est rien de plus qu'une machine désormais" Pensa Randy en s'éloignant doucement. Et pourtant, ces regards peinés, cette douleur qu'il manifestait à chacune de ses indélicatesses et pour finir sa réponse sur chouchou et loulou prouvaient tous le contraire. John lui avait renvoyé à la figure toute leur histoire, la base même de leur amour, chouchou et loulou, il ne pouvait avoir oublié l'intervention de John pour l'aider face à Lesnar dans ce couloir en lui hurlant de ne pas toucher à son homme, il ne pouvait oublier non plus les décors dans leurs vestiaires et cette banderole qu'il avait récupéré, comme il n'oubliait pas non plus ce weekend qui s'annonçait magique à St Louis. Il avait accroché la banderole dans sa chambre et John s'était figé en la voyant, il avait aussitôt compris la question sous-entendue derrière et avait trouvé une belle façon de s'en sortir en répondant qu'il serait chez lui partout tant qu'il serait avec lui. Il avait été touché par sa réponse, comprenant son refus de s'installer avec lui pour le moment, ce qui n'avait d'ailleurs aucun intérêt vu qu'ils étaient sans arrêt sur les routes et par la suite, John ne l'avait pas quitté d'une semelle chaque fois qu'ils avaient un jour de repos commun, où qu'ils soient, ils étaient ensemble. Mais ce weekend-là avait tourné au fiasco comme bien d'autres par la suite, il ne comptait plus les blessures qu'ils s'étaient infligés au long de ses mois de vie en couple, au point qu'il doutait désormais d'avoir réellement envie de reconstruire une histoire avec lui! Et pourtant il l'aimait, il l'aimait encore profondément comme il n'avait pas cessé une seconde de l'aimer, le tatouage qui ornait désormais son avant-bras était là pour le prouver et le lui rappeler quotidiennement et pourtant, par moment il le démangeait comme s'il était un corps étranger pour lui, John n'était donc plus que ça pour lui? Un corps étranger? Il s'était pourtant senti chez lui la veille blotti contre lui, ils avaient instantanément retrouvé l'alchimie qui les liait jusqu'à présent, c'était presque comme refaire du vélo après un long arrêt, il ne put s'empêcher de rire en pensant que John l'avait effectivement monté dans cet ascenseur. Mais si ça n'était que sexuel entre eux depuis le début pourquoi se sentait-il si mal loin de lui? Et pourquoi souffrait-il tant de l'avoir blessé inutilement à deux reprises quand John faisait enfin un geste vers lui, un geste qu'il avait attendu, espéré pendant si longtemps en vain? Il avait beau tenter de se convaincre que John n'était plus vraiment humain, il savait qu'il se mentait et ça ne soulageait même pas sa conscience d'avoir laissé John seul et malheureux sans un regard mais il ne pouvait se résoudre à aller le consoler, il avait quitté l'étage en se mordant la lèvre, les poings serrés, hargneux sans parvenir à déterminer si c'était envers lui ou envers John qu'il était furieux.

John était appuyé contre la porte, il s'était laissé glisser au sol dès que la porte s'était fermée, incapable de faire un mètre de plus, il était en boule, les genoux collés au menton et comme l'avait deviné Randy, il tremblait de tout son corps en tentant de contenir les sanglots de douleur déchirants qui le traversaient de part en part, son coeur menaçait de quitter sa poitrine dans l'affolement de ses battements erratiques, il avait oublié à quel point un coeur meurtri était douloureux!
Il resserra ses larges bras autour de ses genoux et laissa son front tomber lourdement dessus en cherchant sa respiration. Le sarcasme de Randy l'avait atteint de plein fouet, brisant d'un seul coup son coeur qu'il avait mis à nu devant lui pour lui parler!
Devant son manque de lui qui était tout autant sentimental que physique, sans pour autant n'être que sexuel, Randy n'avait rien retenu d'autre que le côté sexe qui les avaient toujours parfaitement réuni, comme il le redoutait depuis qu'ils avaient quitté l'ascenseur, il le considérait comme une salope de nouveau, même si sur l'impulsivité du moment, il n'avait pas pensé à l'après, il réalisait que s'être donné à Randy était la pire des choses qu'il pouvait faire à cet instant-là.
" Déjà en manque Chouchou, t'as pas encore mal au cul d'hier? " Les mots ne le quittaient plus, ils les entendaient tourner en boucle dans sa tête avec l'intonation exacte de Randy, la hargne et l'ironie qu'il avait employé, le froid glacial de son regard quand il lui avait répondu, une copie conforme de son propre comportement envers Randy quelques mois plus tôt sauf que lui ne s'en rendait pas compte. A la façon dont Randy s'était figé en voyant l'impact que sa réplique avait eu sur lui, il avait eu parfaitement conscience de la cruauté de ses mots, il l'avait peut-être même savouré!
Il comprenait sa réaction, après tout, après tout le mal qu'il lui avait fait, il ne pouvait pas lui demander de tout oublier et de venir se blottir dans ses bras comme si de rien était, il savait qu'il aurait beaucoup de travail pour se faire pardonner mais il partait avec comme base l'idée que Randy savait qu'il l'aimait, principe qui semblait erroné d'après sa réaction du couloir.
Si Randy doutait de son amour au point de croire que ce n'était que sexuel entre eux, il aurait davantage de mal à lui faire comprendre et à se faire pardonner ses erreurs, il doutait même que ça soit possible, la vipère était de retour dans toute sa splendeur et elle protégeait farouchement Randy, le rendant de nouveau totalement inaccessible. Ce n'était pas la vipère qu'il devait convaincre mais Randy, pas son ami mais son homme, celui qu'il avait si fermement piétiné, bafoué jusqu'à le briser totalement. Cet homme s'était réfugié derrière sa froideur légendaire pour survivre et il ne savait pas comment le réchauffer.
Il n'avait jamais eu besoin de conquérir son coeur, Randy l'aimait, c'était lui-même qui avait pris le risque de lancer leur histoire, John se savait aimé de Randy, il n'avait jamais douté de ça jusqu'ici et malgré ses erreurs de parcours, ses maladresses et ses doutes, il savait que son coeur lui était acquis, il n'avait pas eu à se battre pour l'obtenir, Randy le lui avait offert en prime sans la moindre hésitation et lorsqu'il avait enfin fini de se chercher, il avait pu vivre à ses côtés de merveilleux moments d'amour qu'il ne pourrait jamais oublier quoi qu'il advienne à l'avenir. Mais aujourd'hui, les choses étaient différentes, malgré ses affirmations dans l'ascenseur sur le fait qu'il l'aimait toujours, John doutait, il avait bien trop meurtri son amant pour qu'il s'en sorte indemne. Le Randy qui lui avait fait face depuis son retour n'était plus le sien, celui-ci avait abandonné l'idée de vivre avec lui, il avait renoncé aussi à être son ami bien qu'il savait lui aussi que toute amitié entre-eux n'était plus possible, d'ailleurs il n'en voulait pas, il voulait le coeur de Randy comme avant. Mais il aurait à le reconquérir pour ça, si son amour lui était accordé d'office par le passé, John doutait que ça soit toujours le cas et il repensa aux galères précédentes qu'il avait traversé pour se faire pardonner de l'avoir blessé ou trahi, Randy était intransigeant, il avait eu bien des misères à reprendre sa place à ses côtés à cette époque mais quelque chose lui disait que les difficultés des mois passés lui sembleraient dérisoires face à celles qui se profilaient à l'horizon!

John respira profondément et puisa en lui toute l'énergie nécessaire pour faire front, sa volonté toujours intacte, il se redressa et boucla ses bagages avec détermination, s'il voulait Randy, il devrait se battre et encaisser les coups et c'était deux choses qu'il faisait très bien, il ne se laisserait pas abattre, il se montrerait fort comme il l'avait toujours été et il prouverait à Randy qu'il était l'homme qu'il lui fallait mais pour ça, il fallait qu'il parvienne à rendormir la vipère qui avait fait sa réapparition pour protéger Randy, elle lui servait de bouclier pour ne plus souffrir, ne plus s'investir émotionnellement avec personne, la vipère gardait farouchement son coeur, défiant quiconque d'oser s'en approcher et très rare étaient ceux qui s'y risquaient, John n'avait pas le choix, il devait amadouer le serpent pour récupérer son homme et il n'avait malheureusement aucun talent comme charmeur de serpent!
Fort de ses nouvelles résolutions, John saisit ses bagages avec énergie, il passa brièvement par la salle de bain vérifier son apparence et satisfait, il descendit rejoindre les autres pour le départ. Il remarqua que la tension était toujours bien présente dans son groupe d'amis, Randy se tenait légèrement en retrait et les deux couples l'observèrent approcher avec inquiétude mais John leur sourit en retour, décidé à maintenir son calme en surface mais son sourire diminua sensiblement lorsque son regard croisa celui de la vipère, le froid qu' il dégageait n'était qu' une façade tenta de se consoler le leader de la cenation, il avait eu le temps d'apercevoir Randy une fraction de seconde lorsque leurs regards s'étaient croisés.
Il avait perçu l'inquiétude et le remord qu'il ressentait à son égard avant que la vipère ne reprenne sa place devant Randy. Malgré le maigre espoir que l'apparition de Randy avait donné à John, le retour implacable d'une vipère aussi forte qu'au jour de leur rencontre lui mina le moral, il avait sous-estimé l'ampleur de la tâche qui l'attendait! Ce n'était pas réparer qu' il devait faire mais tout reprendre depuis le début ...
Il se souvenait parfaitement de leur rencontre, elle était aussi fraîche que si elle datait d'hier et pourtant! Ils s'étaient rencontrés 14 ans plus tôt, presque 15 et John eut le souffle coupé en y repensant, près de 15 ans passés côte à côte, une amitié quasi immédiate!

Il avait fallut bien du temps et du courage à Randy pour oser tenter leur relation, il ne savait que trop bien que Randy n'était pas partisan des risques au niveau relationnel, il préférait rester seul que s'engager émotionnellement avec une personne, comme s'il craignait sans arrêt qu'on le blesse ou qu'on profite de lui! Randy devait avoir raison en fin de compte plus que lui-même qui lui avait promis son amitié éternelle n'avait rien réussi de mieux que de le briser quand il lui avait enfin totalement ouvert son coeur.

John se souvenait parfaitement des circonstances de leur rencontre, Randy et lui étaient entrés à la OVW a quelques mois d'intervalle. Ils n'avaient pas bosser ensemble aux entraînements et John n'avait que put être intrigué par ce grand gaillard qui restait à distance de tout le monde mais il n'avait pas non plus chercher à l'approcher.
Mais environ deux semaines après son entrée à la OVW, ils avaient quitté la salle presque en même temps, Randal légèrement devant lui quand la lanière de son sac avait cédé, déversant au passage son contenu sur deux bons mètres.
Randal avait grogné de colère puis s'était précipité pour tout ramasser visiblement nerveux. C'était ce jour-là que John avait vu pour la première fois son besoin de contrôle absolu, Randy ne supportait pas que quoique ce soit lui échappe! Il s'était avancé et avait ramassé ses affaires rapidement avant de les lui tendre. Randy avait semblé agacé qu'il y ait un témoin et John avait souri sans moquerie en prononçant ses simples mots: " Ah les lanières de sac, y a pas pire traite!" en se trouvant totalement ridicule, il avait détaché sa propre lanière de son sac et l'avait tendue à Randy en souriant de plus bel. Randy l'avait refusé d'un signe de tête sans parvenir à le quitter des yeux, un rien étonné. John devait découvrir bien plus tard que cette expression trahissait la stupéfaction chez Randy.
John avait insisté en disant qu'il ne s'en servait pas et avait pris les devants en l'attachant lui-même à la place de la lanière cassée devant son absence de réaction. Il s'était ensuite présenté en lui tendant la main amicalement:
- Je suis John Cena!
- Je suis au courant.
John avait souri plus largement avec bonne humeur face à cette réponse et Randy n'avait pu s'empêcher de l'imiter.
- Et tu es? Avait Demandé John finalement.
- Randal, Randal Keith Orton.
Il l'avait dévisagé avec intérêt, tout le monde connaissait le nom des Orton dans le monde du catch et il évalua la réaction de John avait attention.
- Randal suffira non? Avait-il répondu avec humour et Randy avait serré sa main en retour, satisfait
de ce qu'il avait vu sur son visage, honnêteté et bienveillance.
- Tu as raison, juste Randal et merci pour ta lanière, je te la rendrais demain sans faute!
John avait fait un geste de la main signifiant qu'il s'en moquait totalement et Randal avait souri une nouvelle fois, le sac de John était passablement usé, seul la lanière était neuve, signe qu'il ne s'en servait vraiment pas et il avait été touché et surprit de sa générosité vu le peu de moyen dont il semblait disposer.
Le lendemain, Randal lui avait donné sa lanière comme promis et si John avait à son tour tenté de la refuser faute d'utilité, le jeune homme ne lui avait pas davantage donné le choix en la refixant à sa place d'origine, John avait hoché de la tête sans un mot et Randal lui avait rendu son regard avec le même sérieux. Le jeune Cena avait été immédiatement marqué par le sérieux et le froid de son regard, il ressemblait parfois à un animal blessé et qui se protégeait de toutes ses forces, il s'était demandé ce qui s'était passé dans sa vie pour qu'il se méfie autant des autres mais n'avait posé aucune question tandis qu'ils se dirigeaient vers la salle d'entraînement.

Dans les semaines qui suivirent, ils se croisèrent quotidiennement, n'échangeant pas plus de quelques mots mais Randy observait John intensément, il avait un regard si lumineux, presque naïf, il débordait de bonne humeur et d'énergie si communicative que chacun de ses partenaires en était durablement affecté, malgré sa réserve habituelle, Randal ne pouvait pas y échapper, en sa compagnie, il se sentait bien, heureux même, il souriait qu'en sa présence et seul John obtenait son attention et ses plus beaux sourires. Les mois passant, ils se rapprochèrent peu à peu, Randal s'ouvrait davantage et John lui laissait tout le temps nécessaire sans le brusquer, il savait qu'il avait affaire à quelqu'un de farouche et n'était pas pressé pour l'apprivoiser mais ils quittaient chaque jour la salle à deux désormais. John jetait son sac de sport sur ses épaules en enfilant les anses pour en faire un sac à dos avant de saisir ses autres affaires et ils partaient côte à côté, ils étaient souvent les derniers à partir et c'était encore le cas lorsque quelques mois après leur rencontre, le sac de John lâcha à son tour, le tissu plus qu'usé, lâcha sous le poids de l'équipement qu'il contenait, le déversant au sol à l'endroit précis où les affaires de Randal avaient elles aussi finies au sol. John s'était retourné vivement, médusé, éparpillant davantage ses affaires et Randal avait éclaté de rire en l'empêchant de se retourner une nouvelle fois pour éviter que ses baskets ne volent à travers la salle.
John retira son sac de ses épaules et se rua pour tout ramasser à son tour, Randal l'y aida en faisant la réflexion que cette zone devait être le triangle des Bermudes des sacs et John avait éclaté de son rire si merveilleux, il avait relevé la tête pour le regarder, mort de rire et leurs regards s'étaient croisés plus intensément, ses yeux brillaient de mille feux comme deux saphirs sous les feux des projecteurs et Randal l'observa une fois de plus à la dérobée tandis qu'il remettait toutes ses affaires dans son sac en observant le trou énorme d'un oeil critique, cette fois, il était foutu pour de bon. Randal sortit son rouleau de strap et entreprit de refermer l'ouverture, voyant que ça ne fonctionnait pas, il demanda à John de tenir le bout du sac bien serré et fit des tas de fois le tour pour que ça tienne, en tentant de ne pas coller les doigts de John avec, sans grand succès.
Une fois libéré, John observa le résultat en explosant de rire et Randal se demanda la raison de son hilarité avant que John ne dise:
" On dirait une sucette géante, il ne manque plus que le bâton"
Randy avait sourit à son tour et avait ajouté:
" Vois le bon côté des choses, tu as toujours une lanière neuve!"
John avait rit de nouveau et ils s'étaient séparés de bonne humeur mais Randal ne pouvait oublier que John avait très peu de moyen et que la perte de ce sac était un coup dur pour lui.
Le lendemain, il était revenu avec son sac sucette comme il l'appelait désormais, Randal était absent ce qui l'avait surpris mais il avait ouvert son casier sans trop y réfléchir, après tout Randal était libre
de venir ou non, ça ne le regardait pas, mais il s'était stoppé net en regardant un sac tout neuf pendu dans son casier à la place où il attaché d'ordinaire le sien. Il avait hésité un instant avant d'approcher sa main comme s'il craignait qu'il ne disparaisse sous ses yeux mais le sac était bel et bien là, magnifique qui plus est mais il ne pouvait pas accepter.
Il s'était changé et avait gagné la salle avec les autres, Randal était là, déjà à l'échauffement et il l'avait rejoins. Ce dernier l'avait salué gaiement mais il ne lui avait pas rendu son sourire, à son étonnement, il s'était aussitôt figé pour l'écouter.
- C'est toi le sac?
- Le sac?
- Joue pas à ça Randal, je sais que c'est toi!
- Et alors?
- C'est très gentil de ta part mais je n'accepte pas la charité!
- Alors considère ça comme le cadeau d'un ami. Avait-il répondu de sa voix de baryton.
- Un ami? avait répété John.
Randal avait hoché la tête avec sérieux, vaguement inquiet et le visage de John s'était illuminé avant qu'il ne lui serre la main avec un large sourire en le remerciant et c'était ce jour qu'avait réellement commencé leur amitié si précieuse.

Malgré tout, John avait juré de rembourser Randal au plus vite et si le jeune homme avait clairement refusé, John n'en démordait pas, il n'accepterait jamais la charité, encore moins d'un fils de, il aurait alors l'impression de profiter de lui et ce n'était certainement pas dans sa nature, il était déjà fier et orgueilleux, ne prenait que ce qu'il méritait, aussi il acceptait son amitié mais pas son cadeau, il n'avait pas besoin de ça pour croire en l'amitié qui les liait, il la sentait depuis leur première poignée de main, il attendait juste que Randal s'en aperçoive à son tour. Aussi John se mit à travailler bien plus dur, enchaînant les postes de nuit et les heures sup, il tenait à peine debout pour les entraînements mais là encore il donnait le meilleur de lui-même. Randal s'inquiétait, il était étrangement pâle, ses yeux injectés de sang trahissaient sa fatigue et sa nervosité à fleur de peau mais il ne posait aucune question, il savait que ce n'était pas à lui de poser des questions et de lui faire la leçon mais plutôt à ses parents et il se demanda brièvement où étaient ses parents et ce qu'ils penseraient de voir leur fils dans cet état. Quelques semaines plus tard, John arriva pour la première fois en retard à l'entraînement à l'étonnement de tous, il s'excusa auprès de leur entraîneur et prit sa place parmi ses camarades.
Quelques jours passèrent sans incident mais John était nerveux et Randal voyait de moins en moins souvent son sourire, jusqu'à ce que ce dernier affronte l'un des plus avancés pour un combat d'entraînement, l'autre plaça mal une de ses prises et Randal tomba sur le ring dans un cri de douleur, sa chute brutale avait bien failli lui coûter la vie et John s'était précipité sur le ring, fou d'inquiétude puis de rage, il avait vérifié rapidement que Randal allait bien avant d'insulter son adversaire, lui reprochant son manque total de maîtrise et son incompétence, si tout le monde avait été surpris par sa véhémence, personne n'était intervenu en dehors de Randal qui s'était légèrement redressé en disant:
- ça va John, j'ai rien, calme-toi.
John était retourné auprès de lui immédiatement, l'empêchant de se relever.
- Doucement Randy, te relève pas maintenant, on sait jamais.
- Randy?
- Hum? Oh pardon, Randal.
- Non, j'aime bien, tu peux m'appeler comme ça. ça va, t'inquiète, laisse-moi me lever.
- D'accord, Randy mais mollo hein!
- Mais oui papa!
John avait souri malgré lui et pendant un bref instant, il avait revu le John des semaines précédentes mais le voile de fatigue et de stress avait rapidement recouvert son regard et Randal avait soupiré en se demandant ce qui pouvait bien le mettre dans cet état.
Les jours suivants, John multiplia les retards et leur formateur devenait de moins en moins patient, il fit remarquer assez sèchement à John son nouveau retard qui au lieu de s'en excuser, s'emporta et invectiva l'homme. Aussitôt le ton monta et John fut expulsé de la salle, il la quitta en shootant dans ses affaires avec violence, le bruit résonna dans tout le vestiaire, amplifié par le silence de mort qui régnait dans la salle. La porte extérieure claqua violemment, faisant tressaillir tout le monde et Randy s'avança vers leur coach pour lui parler.
- Cooch, si vous permettez, John n'est pas dans son état normal et...
- Je le sais bien Randal mais je ne pouvais pas laisser passer une nouvelle fois son retard, sinon chacun n'en fera qu'à sa tête ici!
- Je comprends bien, monsieur, me permettriez-vous de rater l'entraînement à mon tour?
- Je t'y encourage même vivement!
- Je... euh ? Merci monsieur
- Va vite, il ne doit pas encore être trop loin! Allez file!
Randy avait rejoint John très rapidement, sans même prendre le temps de se changer, il avait juste enfilé son jean par-dessus son short et était sorti dans la rue, torse nu et pieds nus, il avait repéré, John au loin et avait couru après lui, le rejoignant au moment où il montait dans sa voiture.
- John attends!
- Qu'est-ce que tu veux Randy?
- Des explications!
- Je vois pas pourquoi je t'en donnerais, je ne te dois rien d'autre qu'un sac neuf!
- Jt'ai déjà dis que c'était un cadeau!
- Et moi que je voulais pas de ta charité!
- S'en est pas!
- Bien sûr que si! Jte fais pitié avoue-le! Tu t'es dit que j'aurais pas les moyens de me le remplacer c'est ça! Et toi dans ta grande générosité de fils de, tu as fait ta B A, j'ai une nouvelle pour toi Randal, j'suis pas un crève la faim ni un mendiant; si tu veux te rendre utile, va plutôt au foyer pour SDF!
- John, depuis quand tu n'as pas dormi?
- En quoi ça te regarde?
- ça me regarde parce que mon ami pète les plombs, arrive presque tous les jours en retard à un entraînement qu'il ne raterait pour rien au monde et fini par incendier quelqu'un qu'il admire et enfin parce que mon ami dont j'adore le sourire, ne souries presque plus jamais.
- Je suis ton ami?
- C'est pas ce qu'on a dit il y a quelques semaines? Que tu voulais bien de mon amitié mais pas de ma charité?
- Et ce sac alors c'est quoi?
- Un cadeau à la première personne qui ne m'a traité comme un fils de depuis des années, enfin jusqu'ici!
John eut l'air désolé et la colère naissante de Randal retomba aussitôt, John avait vraiment l'air épuisé et il se demanda s'il était prudent de le laisser prendre le volant.
- Où vas-tu maintenant?
- Bosser vu que l'entraînement c'est cuit pour aujourd'hui, si j'appelle mon boss, il aura peut-être du boulot à me confier ce matin.
- Tu tiens plus debout!
- Sauf que moi j'ai besoin de bosser pour m'en sortir et payer mes dettes!
- Contrairement au fils de!
- Randy, non, je suis dés...
- ça va te fatigue pas, j'ai compris! Soit on s'accroche à moi pour des faveurs, soit on me jalouse, j'ai l'habitude! J'te croyais différent, j'me suis planté!
- Je ne veux ni de tes faveurs ni de ta renommée, et je ne te jalouse pas, au contraire, je n'aimerais pas avoir à porter le poids du nom de mes ancêtres et encore moins la pression qui va avec, au final je te plains presque Randy!
- C'est la première chose sincère que tu me dis au moins!
- Désolé qu'il n'y ait pas de bouquet de fleurs pour accompagner!
Randy éclata de rire et John sourit avant de bailler largement, Randy retrouva son sérieux instantanément et lui dit:
- Allez pousse-toi de là, j'te ramène chez toi!
- Hein? Pas question, jvais bosser là!
- T'as assez bossé comme ça, c'est l'heure de dormir et tu ne discutes pas!
Ce jour-là, Randy l'avait poussé de son fauteuil sans ménagement et avait pris sa place au volant, toujours torse nu, il l'avait raccompagné jusque chez lui et John l'avait invité à entrer pour la première fois d'une très longue suite, ils avaient discuté un moment en buvant une verre et John avait sombré dans le sommeil sur le canapé, Randy l'avait allongé et couvert tandis que ses ronflements sonores s'élevaient dans la pièce puis il avait fait le tour du studio et été tombé sur le planning de dingue que tenait John depuis des semaines entre ses 3 boulots et son entraînement et il avait réalisé la charge énorme qui reposait sur ses épaules.
John avait dormi pendant 15h d'affilées sans jamais se réveiller, Randy en avait profité pour passer quelques coups de fil et préparer un repas froid pour quand il se réveillerait et il ne l'avait pas quitté d'une semelle pendant son sommeil. Quand John avait enfin émergé, le matin suivant été là, l'aube se levait et Randy dormait lui aussi dans le fauteuil. John s'était frotté les yeux et la nuque qui était raide d'avoir dormi dans son vieux canapé et sursauta en découvrant le second dormeur, il bondit une seconde fois en voyant l'heure et se précipita pour se préparer, il pourrait au moins tenter de bosser quelques heures, finir son service de nuit.
Randy s'éveilla en l'entendant remuer, il s'étira et dit:
- Bonjour la marmotte! 15 Heures de sommeil! T'étais vraiment lessivé hein!
- T'es malade, t'aurais dû me réveiller, jvais me faire virer!
- Mais non, j'ai contacté tes employeurs, ils t'ont tous donné ta journée et même celle de demain!
- Tu quoi? ? J'ai besoin de cet argent!
- Jour de repos, tu connais? Tu es en repos là, deux jours, tu reprendras après mais là souffle un peu et tant que j'y pense, le coach a appelé, il veut te voir ce matin, il t'a demandé d'être là à 10h et de pas être en retard! Ce qui te laisse encore 4h pour manger, prendre une douche et te préparer! Tu m'en veux pas si je finis ma nuit pendant ce temps-là ?
- Il t'a dit ce qu'il voulait? Je suis viré c'est ça?
- ça m'étonnerait beaucoup John, il n'aurait pas pris la peine de te donner un rendez-vous si c'était le cas! Relax! Mange et prépare-toi!

Quelques heures plus tard, les deux hommes étaient en route pour le stade, John était nerveux mais il était bien moins sur les nerfs que les jours précédents, sa très longue nuit de sommeil lui avait été bénéfique et il avait fini par remercier Randy pour ses attentions et son repas, touché qu'il ne l'ait pas quitté d'une semelle pendant tout ce temps. John se gara devant le stade et toucha son nouveau sac avec hésitation avant de le laisser dans la voiture, Randy en descendit à son tour et ils échangèrent une accolade avant que John ne rentre dans le stade, seul.
Il en ressortit vingt minutes plus tard avec un large sourire et rejoignit Randy qui était appuyé contre sa voiture avec une nonchalance étudiée, attitude qui ne le quitterait jamais au long des années qui suivraient.
- Alors!
- Une bourse! Il m'offre une bourse pour m'entraîner ici!
- C'est génial!
- Ce qui veut dire que je vais pouvoir laisser tomber mon job de nuit!
- ça c'est encore mieux! Parce que excuse-moi mais le John troglodyte façon zombie camé, ça me plaisait moyen!
John explosa de rire et serra Randy dans ses bras une nouvelle fois, fou de joie. Il saisit son sac et ils rentrèrent ensemble dans le stade pour l'entraînement, Randy portait une des sweat-shirt de John, ayant laissé toutes ses affaires au stade la veille et ils commencèrent à s'échauffer avec les autres, à partir de ce jour, John ne fut plus jamais en retard et ses sourires furent aussi nombreux qu'avant, ses coéquipiers reprenaient plaisir à s'entraîner avec lui et Randy et lui étaient inséparables, on les appelait les frères siamois derrière leur dos et aucun deux n'avait eu un meilleur ami qu'en la personne de l'autre.

- John? Appela Phil. Tu es avec nous?
John refit surface brutalement dans le hall de l'hôtel sous le regard de ses amis, sa valise toujours en main, il chercha un instant le regard de Randy, tenta d'y retrouver son ami, en vain et soupira.
- Oui, je suis là, allons-y ! Répondit-il en avançant sans se préoccuper du regard de ses compagnons, le seul qui l'intéressait était le seul qu'il ne sentait pas sur sa nuque, il retrouverait son Randy, il en faisait la promesse, qu'importe le temps que ça lui prendrait!