Chapitre 65

alors ce chapitre ci est très particulier, j'y suis un peu plus attaché qu'aux autres et vous allez sûrement comprendre pourquoi ensuite, j'espère qu'il vous plaira et qui ravira mes impatients qui hurlent au retour des centon! ^^

merci aux lecteurs et reviewers et à très vite pour la suite

Phil franchit la porte après Chris, il la verrouilla rapidement derrière lui et avança vers son homme en restant dans son dos, ses mains glissèrent doucement sous ses bras pour entourer sa taille, il resserra sa prise tendrement autour de lui et tandis que sa main droite caressait suavement son torse, ses lèvres s'aventurèrent dans le creux de son cou dans un parcours incendiaire qui excita instantanément Captain Charisma.

Phil, il est tard. Tenta-t-il de protester.

Oh, on est en repos demain et ne me fais pas croire que tu n'en as pas envie ! Dit-il en effleurant langoureusement son membre déjà prêt déclenchant une cascade de râles.

Chris soupira de plaisir et de dépit, il avait perdu d'avance, il le savait, il avait attisé Phil à l'extrême dans les vestiaires, le faisant presque supplier d'en finir. Il ne laisserait pas passer cette chance de se venger aussi facilement, comme s'il lisait dans ses pensées, il lui dit :

Je t'ai laissé conduire tout à l'heure au vestiaire pour éviter que tu n'ameutes tout le quartier mais maintenant qu'on est tranquille, laisse-moi t'offrir cette danse. Murmura-t-il d'une voix pleine de luxure dans le creux de son oreille qui le faisant frémir et sa veste finit au sol.

Il ne pouvait pas voir son expression mais il devinait sans mal son air prédateur et gourmand.

Justin et Wade passèrent main dans la main devant la porte du couple, ils entendirent les faibles protestations de Chris et Wade éclata de rire en disant :

Je crois que notre ami Philou prend sa revanche !

Sa revanche ?

Tout à l'heure, Stephen cherchait Phil pour l'envoyer auprès de John au lieu de moi mais quand il est passé devant leur loge, il était très occupé avec son Canadien !

Oh alors là c'est plus qu'une revanche qu'il va prendre !

C'est plus que certain, à coup sûr Chris ne sera pas au top demain, ni là d'ailleurs !

Et dire qu'ils ont prévu une soirée demain, le pauvre !

En partant maintenant Chris sera peut-être à l'heure demain ! Plaisanta Stu.

Parce que tu crois que Phil va le laisser filer toi?

Non pas avant de l'avoir épuisé à l'extrême, pauvre Chris demain le capitaine Charisma sera le capitaine raplapla !

L'aube approchait et Phil était toujours aussi inépuisable, Chris, réveillé pour la 4ème fois geignit doucement, totalement lessivé en disant :

Tu sais philou, on est pas tous insomniaques comme toi !

Autant en profiter alors et puis j'ai fais le plein d'Energizer

C'est pas plutôt des duracell mon ptit lapin rose?

Tu sais ce qu'on dit sur les lapins et de leurs capacités dans ce domaine ? Voyons si on peut faire mieux qu'eux cette nuit !

Phiiiiil ! Pitié !

Seul le sourire moqueur de Phil lui répondit cette fois et Chris renonça à lui faire entendre raison, d'ailleurs il était loin de le torturer, s'il avait existait un dieu du sexe, Chris n'en aurait vénéré qu'un seul, son beau brun de Chicago ! Il serait juste passablement épuisé au réveil mais il aimait être vidé pour cette raison, un soir il lui avait dit qu'il finirait par le tuer au lit et Phil avait souri avec amusement en lui disant qu'au moins il mourrait heureux ! Depuis ils avaient gardé l'habitude de plaisanter sur le sujet en demandant à l'autre s'il allait le faire mourir heureux les soirs où ils étaient si fusionnels qu'ils étaient impossible de déterminer qui était qui.

11H sonnait quand Phil sortit son portable pour appeler John, il était étendu dans le lit avec l'air satisfait d'un gros chat gorgé de lait qui venait d'avaler une souris. La souris en question en la personne de Chris dormait recroquevillé contre lui, totalement épuisé. Phil l'avait laissé sombrer dans le sommeil pour de bon peu après l'aube. Il se sentait extraordinairement bien et vivant, un sourire qui ne l'avait quasiment pas quitté de la nuit visé sur les lèvres tandis qu'il admirait le profil paisible et craquant de son amant, il avait l'air si jeune lorsqu'il était ainsi plongé dans le sommeil.

Son humeur s'assombrit quand il repensa au regard mort de John, il ne pouvait pas le laisser s'éteindre sans réagir. John décrocha au 3ème appel, Phil savait qu'il ne dormait pas car il ne dormait presque plus, sa voix lointaine lui parvint et il soupira intérieurement.

La Terre appelle John, la Terre à John tu me reçois ?

Hum hum Grogna-t-il.

Phil commença à parler mais comme il sentait que John ne l'écoutait pas, il se lança dans un discours dénué de sens dans lequel il plaça le prénom de Randy.

Hein ? Réagit soudain John.

Enfin ! Te revoilà ! Maintenant que j'ai ton attention, je te rappelais pour te parler de la sortie de cette nuit !

Aucun intérêt !

Randy sera là lui…

A quelle heure on se retrouve ?

19h, au resto !

C'est noté, j'y serais.

Et John ? sois à l'heure et viens avec ton cerveau s'il te plait !

John grogna, vexé et raccrocha, Phil sourit de nouveau et décida de laisser son homme dormir aussi longtemps qu'il le voudrait, il appellerait le service d'étage à son réveil.

Randy avait passé la nuit dehors, lorsqu'il avait quitté le bar un peu avant minuit, il avait laissé sa moto sur place et était parti marcher, il était bien trop préoccupé pour piloter maintenant et même si ça lui faisait mal de l'admettre, son unique préoccupation était John. Il n'avait pas quitté le bar à cause des propos de Phil, même s'il avait utilisé ce prétexte pour justifier sa fuite en se montrant énervé, la réalité était qu'il ne supportait plus de voir et de ressentir la peine de John.

Depuis que Sheamus avait réveillé son humanité en lui en utilisant certains mots qui lui avaient faits très mal, il était incapable de replonger dans sa froide indifférence, la vipère avait eu quelques soubresauts durant la soirée et son masque avait brièvement recouvert son visage pour dissimuler sa propre douleur face à Phil mais elle n'était pas restée.

Il marchait seul au milieu de nulle part, au beau milieu de la nuit et John lui aurait sans nul doute fait remarquer le côté dangereux et inconscient de sa décision mais John n'était pas là, il était seul et sans la vipère pour le protéger, il se sentait étrangement nu et vulnérable. De sa vie, il ne se souvenait pas s'être senti aussi dépendant de quelqu'un ou quelque chose pour se sentir protéger, la vipère avait érigé une immense barrière infranchissable autour de lui lorsque John était revenu pour lui annoncer qu'il n'avait plus la force de le sauver, la douleur dans son cœur avait été si forte à ce moment-là qu'il n'arrivait toujours pas à comprendre comment il avait fait pour y survivre. Jusqu'à cet instant fatidique, il avait tenu le coup dans l'espoir que peut-être un jour John pourrait lui pardonner et revenir dans ses bras, qu'un jour enfin, John aurait de nouveau confiance en lui et que l'amour pourrait faire le reste car il savait que l'amour ne s'était jamais éteint entre eux, il décuplait la violence et le rejet de John. Quand John était entré en douceur ce jour-là, il aurait dû comprendre que quelque chose clochait vraiment, l'absence de colère était un premier signe mais ses paroles avaient été le coup de grâce ! John ne l'aimait plus c'était fini, le monde s'était effondré autour de lui, la douleur menaçant de le tuer, la vipère avait alors fait son apparition, enroulant ses anneaux autour de son cœur pour l'empêcher de tomber en miettes pour de bon, il avait survécu de justesse et la vipère l'avait aidé à le laisser partir, à accepter son départ pour une autre vie à laquelle il n'appartiendrait pas !

Après des mois de lutte et de vains espoirs entrecoupés d'autodestruction et d'alcoolisme, la Terre s'était ouverte sous ses pieds pour le précipiter tout droit en Enfer, il était prêt à accepter son sort à condition que son John qui ne l'était plus désormais, soit heureux dans sa vie.

Mais voilà, John n'était pas heureux bien au contraire, c'était une véritable loque, il ne l'avait jamais vu aussi mal au point qu'en ce moment et il tressaillit en pensant que John était dans cet état depuis qu'ils avaient quitté le bâtiment de la WWE, depuis qu'il l'avait senti le repousser de l'intérieur, John avait accusé le coup en silence, compréhensif, comme toujours ou presque rectifia-t-il mentalement au souvenir de son absence totale de compréhension ce fameux jour qui les avaient précipité dans cette tourmente infernale. Il avait fait des dizaines de tentatives pour réparer ses erreurs, au moins obtenir une chance de lui parler mais la vipère avait refermé ses anneaux encore plus étroitement autour de sa prise et il ne l'avait pas laissé approcher, le repoussant même violemment à grand renfort de mots durs ! Il n'agissait pas ainsi par vengeance comme certains semblaient le penser, Randy n'était pas ainsi, il ne faisait pas foi de faire payer les erreurs des autres indéfiniment, il était impulsif, quand il avait besoin de se venger, il le faisait immédiatement, contrairement à ce que la froideur de son personnage pouvait laisser supposer, il avait le sang chaud et il montait très vite en pression, John en avait fait les frais plus d'une fois mais lorsqu'il avait obtenu réparation ou vengeance, il passait à autre chose avec désinvolture.

Mais avec John, il ne pouvait pas, il était en conflit permanent avec lui-même, il refusait de le laisser partir quand la vipère refusait de le laisser entrer de son côté, perdu dans ses propres désirs, il ne parvenait plus à prendre une décision cohérente et chaque approche de John se soldait par un rejet des plus violents ! John sortait invariablement meurtri de ses tentatives et il le voyait s'effondrer de plus en plus, il était de moins en moins présent mentalement avec les autres et il savait que cette situation ne pouvait plus durer, c'était bien trop dangereux pour John, un jour ou l'autre, il provoquerait un accident grave de cette façon, ou il tomberait sur un catcheur agacé qui le blesserait, ou un incapable qui ne prendrait pas en compte l'absence de réactions du champ et porterait une prise qu'il serait incapable d'encaisser comme il le faut et le blesserait gravement !

Bien sûr il tuerait sur le champ le responsable de cette erreur mais ça n'arrangerait pas la situation de John, aussi, et malgré les fortes réticences de la vipère, il avait contacté Vince pour lui demander de choisir les adversaires de John à la place de Laurinaitis et il était heureux d'avoir pris cette décision qui avait permis à John d'éviter des affrontements qu'il n'était pas en mesure d'avoir pour le moment. Il ne dirait jamais à personne qu'il avait fait ça pour John, d'une part parce qu'il refusait de montrer son côté sensible et surtout et essentiellement parce qu'il devait protéger John, de lui-même pour le moment mais aussi des ragots et de l'atteinte à l'estime que les autres avaient pour lui si une telle rumeur venait à circuler !

Le leader de la Cenation avait multiplié les tentatives maladroites et désastreuses pour lui parler les jours précédents, provoquant la colère permanente de la vipère mais depuis 2 jours, John n'avait plus rien tenté, il était amorphe en permanence et s'il ne le connaissait pas aussi bien, il penserait qu'il se droguait, il tentait de faire son travail de son mieux, autant dire pas grand-chose, souffla méchamment la vipère avant qu'il n'ait le temps de la faire taire, avant de disparaître sans laisser de traces. Il avait entendu ses amis en discuter, retourner le stade sans parvenir à mettre la main dessus, preuve qu'ils le connaissaient bien mal finalement car lui savait d'instinct où trouver John à n'importe quel moment et il l'aurait trouvé sans effort s'il s'était donné cette peine ces deux derniers jours pour comprendre son comportement. Après autant d'insistance, son absence ne lassait pas de l'étonner, c'était comme s'il avait abandonné pour de bon… Mais John n'abandonnait jamais, non ?

Sans le savoir, Randy avait raison, John se droguait, il se droguait aux souvenirs qu'ils s'étaient créés ensemble, il avait passé tellement de temps dans ses souvenirs ces derniers temps qu'il était en état d'overdose permanent et que seule la présence de Randy auprès de lui, lui permettait de refaire surface. Il réagissait également à la mention de son prénom mais ça ne suffisait désormais plus qu'à le ramener à la réalité pendant à peine quelques secondes.

Randy ne savait pas à quel point il était en danger désormais, puisqu'il ne pouvait pas vivre avec lui, il vivrait dans ses souvenirs de lui, il s'éteignait de jour en jour, si Phil ne comprenait pas la profondeur de sa détresse, il savait qu'il y a avait urgence d'où ces deux sorties improvisées. Du fond de son coma mental, John avait parfaitement compris ses intentions, il savait que Randy aussi ce qui ne lassait pas de l'étonner. Vu sa façon de toute faire pour l'esquiver, pourquoi acceptait-il soudain des rencontres ? Etait-ce le fait qu'il ne lui ait pas parlé depuis deux jours ? La frustration d'avoir perdu son joujou et punching-ball favori ?

Au fond John s'en moquait bien, il n'était même pas en colère pour une fois en ayant de telles pensées, il avait bien mérité que Randy le fasse souffrir après la cruauté dont il avait fait preuve envers lui pendant tout ce temps. Une seule chose le tuait à petit feu, c'était la conviction que Randy ne voulait plus de lui désormais, ni aujourd'hui, ni demain, ni à jamais !

Il ne lui en voulait pas, non, il se haïssait lui-même d'avoir fait autant de mal à Randy, il avait finalement oublié plus que pardonné les propos blessants qu'il lui avait tenus, ils n'étaient que le résultat de son inquiétude et de sa possessivité dévorante qu'il avait toujours adoré jusqu'à ce jour-là. Ils auraient pu éviter tout ça si seulement il lui avait parlé de Stu à temps et si seulement Randy avait su être un peu patient et compréhensif, s'ils avaient su se faire confiance, ils vivraient sans doute toujours le parfait amour, Randy lui manquait tellement que s'en était sans arrêt douloureux. Il ne parvenait qu'à prendre des demi-respirations sans lui, l'air qui gonflait ses poumons ravivait l'incendie qui ravageait son cœur depuis qu'ils s'étaient retrouvés dans cet ascenseur mais cet incendie-là, n'avait rien de commun avec celui qu'il avait de nouveau ressentit lorsque leurs lèvres étaient entrées en contact, les ailes qu'il sentait quand il était en sa compagnie s'étaient depuis longtemps consumées, la brûlure n'était plus grisante mais destructrice, très bientôt, il ne resterait plus rien d'humain en lui, il s'étonnait d'ailleurs de ne pas être déjà tombé en cendres, seul l'espoir le maintenait en vie pour le moment et ce soir, l'espoir serait de nouveau de mise, il était prêt à endurer la même peine qu'hier soir si ça pouvait lui permettre une nouvelle chance d'être à ses côtés et de, pourquoi pas, réussir à arranger les choses !

Lorsqu'à 19h, les 4 hommes se retrouvèrent devant le restaurant convenu, ce sont trois zombies qui se saluèrent sous le regard goguenard de Phil, John et Randy sourirent devant l'air fatigué de Chris, ils auraient sans doute lancé quelques-unes de leurs plaisanteries habituelles mais un échange de regards entre eux avait suffi à les faire taire avec gène. Ils avaient l'air épuisés eux aussi et Phil et Chris se gardèrent bien de faire la moindre réflexion eux non plus, Randy n'était repassé au bar de la veille qu'en fin de matinée et il était passablement crevé quand il était remonté sur sa moto pour prendre la direction de l'hôtel, il avait mis sans discuter le prix d'une deuxième nuit pour pouvoir disposer de sa chambre pendant l'après-midi et se reposer un peu, ses jambes le lançaient, ses pieds meurtris suppliaient qu'il prenne un bain et ses épaules nouées par la tension criaient à l'agonie mais malgré tout ça, ce n'était toujours pas là que Randy souffrait le plus, le conflit permanent dont il avait été le théâtre toute la nuit entre son esprit et son cœur l'avait laissé si affaibli qu'un seul coup pourrait l'achever désormais, il ignorait s'il serait capable d'assumer la soirée avec la présence continuelle de John à ses côtés car il ne fallait pas compter sur leurs amis pour leur laisser une chance de se tenir à distance l'un de l'autre.

Ils entrèrent ensemble et s'installèrent comme la veille, face à face, Randy soupira en pensant à la soirée à devoir ranger ses longues jambes sous sa chaise et comme s'il avait compris ses pensées, John, installa les siennes en dehors de la table pour permettre à Randy de prendre autant de place qu'il le voulait, Randy eut l'air surpris au début mais il lui adressa un petit signe de tête de remerciement en s'étalant de tout son long, malgré ses tentatives pour se détendre, ses muscles étaient toujours noués et ses épaules le lançaient en permanence, John eut un froncement de sourcil en observant sa posture et il réprima le chagrin de ne pas pouvoir lui venir en aide à ce sujet, il connaissait Randy depuis 13 ans, il savait quoi faire pour soulager ses épaules et il était très doué pour ça mais il n' y avait aucune chance que la vipère le laisse faire ce soir.

Malgré les efforts évidents des convives pour que la soirée se passe bien et en dépit des pitreries de Phil qui leurs avaient arrachés quelques rires, l'atmosphère restait tendue et la souffrance qui émanait de Randy et John contaminait toute la salle, Phil cessa rapidement d'essayer de les faire rire, il avait l'impression de commettre un sacrilège, comme de piquer un fou rire au beau milieu d'un enterrement et ce n'était pas très loin de la réalité, John et Randy enterraient leur amour, leur vie commune mais aussi leur vie en solitaire car il leur était impossible de vivre l'un sans l'autre.

Ils finirent leur repas dans le calme, John régla l'addition pour tous malgré les protestations de ses amis et ils quittèrent le restaurant, Phil et Chris proposèrent alors de boire un dernier verre dans un bar, ni John ni Randy n'en avaient envie mais aucun des deux ne voulait rentrer avant l'autre alors ils acceptèrent et les suivre dans un bar assez proche du restaurant, une musique en émanait, l'ambiance y semblait chaleureuse et pleine de vie, l'exact contraire des deux ex amants et c'est sans doute ce qui décida le couple à les y entraîner. Randy leva les yeux sur la pancarte lumineuse plantée devant la porte, soirée Karaoké, génial ! Songea-t-il en soupirant de plus bel. Les premières notes d'une chanson chantée par une jeune femme leur parvinrent et les Centon se figèrent ensemble, le visage tordu de chagrin :

Oh, tell me

Oh dis-moi

Look at me

Regarde moi

I don't know how to love you

Je ne sais plus comment t'aimer

Or how keep you

Ni comment te garder

Talk to me

Parle-moi

Yes talk to me

Oui, parle moi

I don't know why love you

Je ne sais pourquoi t'aimer

Or why continue

Ni pourquoi continuer!

You are there, but you're so far away,

Tu es ici mais tu es si loin

From Me

De moi

I don't know how to pursue

Je ne sais plus comment poursuivre

That Love which isn't longer

Cet amour qui n'en est plus

I only know just suffer

Je ne sais plus que souffrir

Suffer as much as I believed

Souffrir autant que j'y ai cru

Randy retint son souffle avant de le laisser s'échapper doucement entre ses dents serrés, il ferma les yeux pour retrouver un semblant de calme et John lutta âprement pour ne pas s'enfuir en courant tandis que les larmes menaçaient de s'échapper de ses yeux, il réprima son chagrin au prix d'un violent effort de volonté en pensant à son père et il eut la surprise de sentir la main de Randy se refermer brièvement sur la sienne tandis que sa voix teintée d'émotion s'élevait près de son oreille pour lui souffler « Ne pense pas à lui » Randy lâcha sa main et entra dans le bar, aucun des deux autres hommes n'avaient vu ce qui venait de se passer et John se hâta d'entrer à son tour en gardant la sensation de chaleur de la main de Randy dans la sienne, un contact depuis longtemps oublié qui l'avait bouleversé presque autant que cette chanson.

Les hommes s'installèrent à une nouvelle table et reprirent leur conversation avec un peu plus d'entrain que pendant la sortie au restaurant, John et Randy échangeaient davantage de regards et ils semblaient lancés dans une conversation silencieuse fondée sur des regards et des changements presque imperceptible d'expressions faciales, ils répondaient à leurs amis mais n'échangeaient toujours pas le moindre mot dans le vacarme ambiant, mélange de chanteur plus ou moins bons et des cris du public. Toute cette agitation leur aurait sans doute posée problème si John ou Randy était venu seul ici mais ensemble, ils avaient toujours été plus forts et ce soir ne ferait pas exception à la règle. Une autre heure passa ainsi sans qu'aucune chanson ne les interpelle jusqu'à ce qu'une autre jeune femme s'empare du micro, elle était ravissante, bien plus que sa voix selon les goûts des 4 hommes et ils se désintéressèrent d'elle aussitôt jusqu'à ce qu'elle entame la seconde partie de sa chanson, alors Randy se redressa vivement, il connaissait cette chanson, il avait même appris à la détester depuis quelques temps !

Tell me did you prefer me

Dis moi tu m'préfères,

At knees,

A genoux

Leave or ground?

At your feet

A tes pieds

To look of

Pour avoir l'air

To don't be nothing

De n'pas être rien?

Should I stop ?
Faut-il que j'arrête?

A word and
Un mot et

I only do on your idea
J' n'en fais qu'à ta tête

I dissapear
J'disparais

Change of planet
Change de planète

Unless you hold me
Sauf si tu me retiens

What do you want from me?

Que veux tu de moi?

I'll wait
J'attendrai que

You tell me
Tu me le dises

Love or not ?
Un amour ou pas?

Somebody who ask you
Quelqu'un qui te demande à toi:

Would you like me ?
Voudrais-tu de moi?

Randy serra fortement les poings en grimaçant, John n'aurait su dire si c'était de colère ou de douleur tant son visage était contracté mais il l'entendit distinctement prononcer deux mots « Mon ange » de sa voix hachée. Sans réfléchir, John avança ses jambes sous la table et enserra celles de Randy entre les siennes dans une pression réconfortante dénuée de romantisme et Randy lui répondit en frottant doucement son genou contre le sien en cessant de grimacer, la chanson se termina et Randy reprit son calme, si Phil et Chris n'avaient pas vu ce qui s'était passé sous la table, l'expression de Randy puis celle de John en réponse ne leur avaient pas échappé et ils échangèrent à leur tour un regard complice. Quelques minutes plus tard, John quitta la table en s'excusant, ses amis le laissèrent partir sans demander d'explications, pensant qu'il allait sûrement aux toilettes et ils continuèrent à discuter à trois du programme pour le show du lendemain.

Quelques instants plus tard, une douce mélodie à la guitare s'éleva dans la salle, ramenant le calme, aucun des hommes ne connaissaient cette mélodie, aussi ils n'y prêtèrent pas la moindre attention jusqu'à ce qu'une vis, bien connue celle-là commence à entonner les paroles avec amour :

you're so far away from me
I don't feel your breath on my skin
Your fiery eyes is off
I would like ...

the warmth of your voice
and the hollow of your arms
hear your heart beating
even for me.

I built a temple in honor
of the love I have for you
It's so empty
private of the sound of your steps !

I wish I could write you
what I didn't know to tell you
if only it could hold you

I love you
hear my voice
I love you
listen to your heart

I'll always be there for you
I'll never leave you again
please, trust me

I love you
I'm nothing without you
I love you
my home is in your arms

I would go to the end of the world
As you come with me
I can't live without you, my love

if you came to tell me it's too late
I beg you to leave me one last chance
but if you told me you don't love me any more
I 'll let you get away with a broken heart
praying for you to be happy , my love

but if I could tell you ,
what I couldn't write to you
is that I'll shake your in my arms
and I 'll softly sing to you
all the love I have for you

I love you
hear my voice
I love you
listen to your heart

I'll always be there for you
I'll never leave you again
please, trust me

I love you
I'm nothing without you
I love you
my home is in your arms

I love you
hear my voice
I love you
listen to your heart

I love you...

tu es si loin de moi
je ne sens plus ton souffle sur ma peau
ton regard de braise s'est éteint
je voudrais...

la chaleur de ta voix
et le creux de tes bras
entendre ton cœur qui bat
encore pour moi.

j'ai bâti un temple en l'honneur

de l'amour que j'ai pour toi
Il est tellement vide

privé du son de tes pas!

je voudrais pouvoir t'écrire
tout ce que je n'ai pas su te dire
si seulement ça pouvait te retenir

je t'aime
écoute ma voix
je t'aime
écoute ton cœur

je serais toujours là pour toi
plus jamais je ne te laisserais
s'il te plait, fais-moi confiance

je t'aime
je ne suis rien sans toi
je t'aime
ma maison est dans tes bras

j'irais au bout du monde
tant que tu viens avec moi
je ne peux vivre sans toi, mon amour

si tu venais me dire qu'il est trop tard
je te supplierais de me laisser une dernière chance
mais si tu me disais que tu ne m'aimes plus du tout
je te laisserais partir avec le cœur brisé
en priant pour que tu sois heureux, mon amour

mais si je pouvais te dire,
tout ce que je n'ai pas pu t'écrire
c'est que je te serrerais dans mes bras

et que te chanterais tout bas
tout l'amour que j'ai pour toi

je t'aime
écoute ma voix
je t'aime
écoute ton cœur

je serais toujours là pour toi
plus jamais je ne te laisserais
s'il te plait, fais-moi confiance

je t'aime
je ne suis rien sans toi
je t'aime
ma maison est dans tes bras

je t'aime
écoute ma voix
je t'aime
écoute ton cœur

je t'aime…

Randy se retourna brusquement en entendant la voix de John s'élever doucement sur cet air de guitare, le public s'était tu, certains avait reconnu la superstar derrière le micro mais malgré tout, aucun autre son que celle de la chanson de John ne retentissait, chacun écoutait le timbre incomparable d'un homme amoureux mettant son cœur à nu pour l'être aimé.

Phil et Chris observait les réactions de Randy aussi discrètement que possible, chaque mot semblait le transpercer et le fait que John le regarde droit dans les yeux en chantant son refrain ne permettait aucun doute sur la signification de cette chanson improvisée, John était en train de lui faire une déclaration d'amour en public ! Il se sentait à la fois euphorique et terrifié mais lorsque John aborda la partie où il lui promettait de le laisser partir en échange de la garantie de son bonheur, le chagrin supplanta toutes les autres émotions, il senti les larmes rouler sur ses joues sans chercher à les essuyer tandis qu'il regardait le doux sourire de John revenir alors qu'il entonnait le refrain pour la seconde fois, son cœur battit frénétiquement pour tenter de résister à l'assaut de ses émotions, la vipère se serra convulsivement autour pour éviter qu'il n'implose mais elle-même ne fut d'aucun secours et elle recula précipitamment comme brûlée au contact de son cœur. Il s'embrassait de l'intérieur, John allait finir par le faire se consumer totalement, si le chagrin et la colère ne l'avait pas détruit, le trop plein d'amour allait s'en charger et il quitta précipitamment le bar tandis que la voix de John s'éteignait sur son dernier « Je t'aime! »

John vit Randy se précipiter vers la sortie avec horreur, la douleur fut si forte face à sa nouvelle fuite qu'il eut un mal fou un retenir le cri de souffrance ultime de son cœur, son chant de cygne fut si pathétique en comparaison de sa nouvelle tentative manquée qu'il fit exactement la même chose que Randy, il chercha la sortie la plus proche en misant sur celle de secours. Un homme lui souffla ses félicitations, son ami en profita pour lui dire la chance qu'avait la femme à laquelle cette chanson était destinée et qu'il espérait qu'il la retrouverait vite. John les remercia d'un signe de tête avant de s'éloigner précipitamment quand une main se referma brusquement sur son biceps, l'arrêtant dans sa course, il n'eut aucun besoin de se tourner vers l'importun pour savoir à qui appartenait cette voix désagréable :

Alors fifille ! On pousse la sérénade pour sa copine ? Y a de l'eau dans le gaz on dirait !

John tourna son regard mort vers lui, il avait l'air d'un homme sur le bûcher et Brock recula d'un bond en disant, soudain touché :

Wahh ! C'est à ce point-là ? John, si je peux faire quelque chose pour t'aider, dis-le !

Je veux pas de ta pitié Lesnar !

Ce n'est pas de la pitié, écoute, tu sais où me trouver au cas où !

John se dégagea rapidement et se précipita dehors, l'air froid de la nuit le saisit à vif et il tituba le long du bâtiment avant de se laisser tomber contre le mur.

Dans la salle, une fois la surprise passée, les clients commencèrent à discuter de cette chanson tandis que Phil et Chris échangeaient un dernier regard en se serrant les mains, ils se précipitèrent à leur tour vers les sorties, chacun poursuivant son ami en titre, la nuit allait être difficile !

Un Randy fou de chagrin et de terreur fuyait dans les rues de la ville, talonné par son meilleur ami, Chris l'avait déjà retrouvé dans de telles circonstances, c'était la seconde fois qu'il s'enfuyait suite à une action de John, lui qui n'avait jamais fui, jamais montré la moindre faiblesse dans sa vie était réduit à l'état de gosse terrifié par John !

La déclaration de John était sans nulle doute la plus belle chose qu'il ait pu entendre et de façon certaine, la plus belle chose que John aurait pu faire pour lui, il n'avait désormais plus le droit de douter de l'amour que John lui portait et c'était sans doute pour cette raison qu'il avait aussi peur désormais, John était sa force et sa faiblesse à la fois, il pouvait faire de lui un dieu rien qu'en l'aimant ou le condamner aux Enfers en se détournant de lui. Il avait déjà connu les deux extrêmes à ses côtés et il n'était pas sûr d'être prêt à reprendre ce risque avec lui. L'amour qui les liait était indéniable, Randy l'aimait de tout son cœur et même la vipère ne trouvait rien à redire à ça !

Mais elle se battait farouchement en lui à l'idée de se remettre à la merci de l'homme qui l'avait laissé dans cet état de faiblesse permanent, l'obligeant à se replacer de nouveau devant lui pour le protéger et parer les coups à sa place, chose qu'elle n'avait plus eu à faire depuis des années maintenant, cette situation lui déplaisait profondément et elle entendait bien faire savoir à son propriétaire qu'elle ne laisserait pas faire ça sans se battre.

Haletant, Randy finit par s'arrêter de courir, les pas qui le suivaient se rapprochèrent, la vipère se dressa, prête à attaquer mais Randy la musela en reconnaissant la personne qui l'approchait. Chris posa la main sur son épaule et avec un léger signe de tête lui indiqua le parc un peu plus loin sur leur gauche où ils entrèrent pour discuter. Une fois encore, le Canadien laissa tout son temps à son ami pour mettre de l'ordre dans ses idées, il savait déjà quel était le problème de Randy et il n'y avait malheureusement que deux solutions pour le résoudre, il avait déjà expérimenté les deux avant de se placer dans une position intermédiaire invivable pour lui comme pour John. Cette fois, il était temps de choisir pour de bon et il attendit patiemment qu'il ne prenne sa décision.

Pendant ce temps, Phil s'était précipité par la sortie de secours à son tour, il avait regardé dans tous les sens sans apercevoir la silhouette de son ami dans la pénombre de la nuit et avait décidé de contourner le bâtiment pour retrouver sa trace, il faillit buter sur son corps avachi contre le mur et il s'écria en découvrant son état :

John, tiens bon ! Me lâche pas maintenant !

Chansons utilisées : pour le besoin de ma fiction et conserver la logique, j'ai décidé de traduire les deux premières chansons en anglais, il s'agit de Parle-moi d'Isabelle Boulay et de Ecris l'histoire de Grégory Lemarchal ( d'où le rappel pour Randy de « son ange »)

La dernière est très particulière, il s'agit de My love écrite par Lilou, autant dire moi, j'ai choisi d'écrire une chanson spécialement pour les centon qui méritent bien ça selon moi, c'est certainement pas du grand art mais je l'ai écrite avec le cœur et je pense qu'elle résume parfaitement leur histoire d'amour, libre à vous de l'aimer ou non mais s'il vous plait, respectez là en tant que ma propriété exclusive à l'instar de toute ma fiction. Merci