chapitre 68: l'amour c'est le pouvoir de détruire
Randy sortit son portable pour consulter rapidement ses derniers messages tout en marchant dans la chambre pour atteindre le petit coin salon face à la télé, il était tellement absorbé par sa lecture qu'il ne pensa pas une seconde à regarder ce qui se trouvait sur son chemin jusqu'à ce que son genou entre directement en collision avec le coin de la table basse cerclée de fer ! Randy lâcha son portable de douleur en poussant un juron bien senti après un cri de douleur rageur assez sonore. Randy se baissa pour ramasser son portable et ses morceaux éparpillés dans sa chute, il n'était pas cassé, seuls les éléments amovibles avaient sauté mais ça suffit à renforcer la rage de la vipère. John sortit précipitamment de la salle de bains, tout juste rasé, juste à temps pour assister à la seconde explosion de colère de son compagnon et il eut un sourire amusé en venant jusqu'à lui.
Il observa Randy se frotter un genou meurtri avec agacement en continuant à pester contre la table et il lui dit avec amusement :
Un bisou qui souffle bébé ?
Très drôle John ! C'est cette saloperie de table là !
Je m'en vais régler son compte à cette table monstrueuse qui a osé te faire du mal ! Plaisanta-t-il en avançant de plus belle vers la table et Randy.
Ces quelques mots dis en plaisantant éveillèrent des souvenirs douloureux pour Randy, il se retrouva instantanément précipité dans sa mémoire, John qui le sortait d'un ring après l'avoir protégé contre les coups de deux brutes sans cervelle, leur retour dans le vestiaire, lui qui demandait pourquoi il était venu alors qu'il le haïssait à ce moment-là et John qui lui répondait que personne n'avait…
John tenta de prendre Randy dans ses bras qui le repoussa violemment en disant :
Personne n'a le droit de me faire du mal… A part toi bien sûr !
John recula de 3 mètres autant par le geste de le repousser physiquement de Randy que sous le choc des mots, interdit il se figea en se demandant la raison de la soudaine hostilité de la vipère.
La guerre faisait rage dans l'esprit de Randy, il revoyait toutes les altercations physiques qu'il avait eu depuis son premier baiser dans les vestiaires, ce coup de poing qu'il lui avait mis dans le ventre lui faisant un bleu énorme malgré ses abdos en béton armé, cette bagarre quelques jours plus tard que John avait intercepté en le plaquant au sol, encaissant ses coups jusqu'à ce qu'il se calme enfin. John était le seul assez fort pour le maîtriser quand il était en pleine crise de colère, le seul assez fort pour le blesser cruellement… Il revit la seconde bagarre qui avait suivi les opposant l'un à l'autre cette fois après qu'il lui ait fracturé le poignet. Sa découverte de tous les impacts que John portait sur le corps suite à sa crise de la veille, l'horreur qu'il avait ressenti en voyant le mal qu'il pouvait lui faire, vite remplacée par un désir consumant de toucher sa peau, de soigner ses blessures d'une toute autre façon…
Les guerres qu'ils avaient menées sur le ring l'un contre l'autre, John, le nez en sang « Va te faire soigner, tu fous du sang partout » Avait-il craché avec mépris. Tous ces coups, toutes ces attaques physiques ou verbales qui les avaient tous deux terriblement affaiblis. Lui-même le nez en sang à son tour, étendu dans le couloir, tenu par les bras effarés de Ryder, cette phrase de nouveau, dite par John cette fois et son regard de haine « T'as pas le droit, Randy, pas le droit »
Les plaques qu'il portait toujours en dépit de tout ça lui brûlèrent la peau et il serra brutalement le poing autour d'elles à travers son tee-shirt. « T'as pas le droit, pas le droit ! » S'écria-t-il soudain.
Il grimaça de haine et de douleur, la vipère le poussait à le rejeter de toutes ses forces et il rejeta la tête en arrière en découvrant les dents, luttant contre la vipère pour ne pas la laisser faire du mal à John, pas encore une fois ! C'est la dernière chose qu'il fit avant de se retrouver plaqué au sol. Il luttait de toutes ses forces pour se dégager, se libérer de ce corps qui le maintenait plaqué par terre, empêchant tout mouvement, toute fuite également. La force que l'autre utilisait pour le maintenir plaqué au sol était colossale, il sentait presque ses os grincer sous la pression de ses mains, il n'y avait qu'une seule personne au monde capable de cette prouesse, John ! La haine recula, il força la vipère à reculer, à se rendormir et perçut enfin la douce voix de son compagnon :
Bébé, c'est moi, calme-toi, je vais pas te faire de mal.
Randy expira lentement l'air contenu dans ses poumons en fermant les yeux, quand il les rouvrit, il était de nouveau lui-même et il cessa totalement de se débattre, John desserra lentement ses prises sur Randy, il démêla ses jambes qu'il avait enroulé autour des siennes pour l'empêcher de donner des coups de pieds et libéra enfin ses poignets, il se recula en restant accroupi autour de lui, vérifiant que Randy avait bien retrouvé sa maîtrise de lui alors il se releva et l'aida à en faire autant avant de l'asseoir sur le lit. Les crises de colère de Randy le vidait toujours de son énergie, elles s'étaient faites de plus en plus rares ces derniers temps, John n'avait eu à en gérer que deux depuis le début de leur histoire en comptant celle-ci et tout bien réfléchi, elles n'avaient eu lieu que lorsque Randy et lui n'étaient pas en couple.
Il enroula son compagnon dans une couverture en voyant les premiers effets de la crise apparaître, tremblements, froid, fatigue intense et il quitta la pièce un instant pour aller se passer le visage à l'eau et reprendre lui-même le contrôle de ses nerfs avant de revenir.
John marchait de long en large dans la chambre tandis que Randy restait assis sur le lit, à l'observer en silence, il comprenait sa peine mais il ne pouvait rien faire pour la soulager, il n'en était plus capable.
- Aimer c'est donner le pouvoir à l'autre de te détruire tout en espérant qu'il ne le fasse pas et je t'aime moi Randy. Et sache que je te laisserais me détruire sans riposter si c'est ce que tu désires. Je ne peux pas te demander de m'aimer après tout ce que je t'ai fait mais j'espère juste que tu ne me détestes pas trop pour me laisser une chance d'essayer, juste d'essayer d'être de nouveau le compagnon que tu mérites à tes côtés.
- Je ne te déteste pas, John, je ne l'ai jamais fait et ne le ferais jamais! Alors s'il te plait, cesse de te détester toi-même!
- Tu ne me hais pas?
- Non.
- Mais tu ne peux plus m'aimer non plus.
- Pas selon cette définition mais je t'aime toujours d'une certaine façon.
- Je m'en contenterais alors! Randy, dit-il en s'agenouillant devant lui pour lui prendre les mains, Je te promets de tout faire pour qu'un jour tu puisses de nouveau m'aimer qu'elle que soit la définition.
- John, je...
- Chuuut, ne dis rien mon amour, je comprends, ne t'en fais pas. Je vais y aller, il va être l'heure, on m'attend et bref... à plus tard.
John quitta la chambre doucement et le chagrin étreignit Randy si fort qu'il pensa se briser!
Combien de fois rejoueraient-ils cette scène? Combien de fois le laisserait-il partir sans lui courir après? Sans le consoler alors qu'il sentait son chagrin? Et combien de fois encore John encaisserait-il encore sa défiance sans broncher? Et combien de fois enfin, John reviendrait-il vers lui?
John avait beau être l'homme le plus fort qu'il ait jamais rencontré, il se brisait un peu plus à chacune de leurs rencontres infructueuses. Que John n'ait plus tenté le moindre geste d'affection plus poussé qu'une caresse sur la joue depuis la dernière fois catastrophique qu'ils avaient partagé le même lit n'arrangeait rien. Ils étaient restés sur un mauvais souvenir et John respectait si bien sa volonté ou plutôt son incapacité à décider qu'il ne tentait plus rien qui pourrait conduire à la même situation. Ils étaient dans une impasse, John ne bougerait pas tant que Randy ne lui donnerait pas d'encouragements à le faire et lui-même était incapable de se résoudre à avancer. Ce petit jeu pouvait durer indéfiniment dans ces conditions mais il doutait que John parvienne à encaisser la douleur qu'il lui causait aussi longtemps, lui-même ne le supporterait pas.
Il voulait pourtant John de toutes ses forces mais une part de lui qui s'éveillait à chaque fois que John entrait dans son espace intime l'en empêchait en le repoussant violemment malgré lui. Il contrôlait juste assez ses réactions pour ne pas se montrer trop brutal et sauvage avec lui mais malgré tous ses efforts, John ressortait invariablement meurtri de leurs échanges.
John revint quelques heures plus tard, il frappa à la porte et entra en entendant Randy l'y inviter, il semblait surpris que John ait frappé et l'observait avec attention.
Ça va mieux ? lui demanda John.
Oui, je gère mais toi ?
Ne t'inquiète pas pour moi.
Il me semble que ça fait partie de mes prérogatives.
John sourit doucement, un peu tristement d'ailleurs et ne répondit pas. Il passa rapidement dans la salle de bains et revint avec ses affaires puis il alla jusqu'à son sac et les y rangea avant de chercher ses éventuels vêtements oubliés.
Qu'est-ce que tu fais ? Demanda Randy nerveusement.
Je prépare mes affaires.
Ça je le vois bien mais pourquoi ? Tu…pars ?
Non Randy, je vais juste prendre une chambre pour moi, c'était une mauvaise idée de revenir dans la tienne, je n'aurais pas dû céder cette fois même si j'en mourrais d'envie moi aussi.
Fais pas ça ! Reste !
Tu as peur de moi Randy, la vipère fait tout pour m'empêcher de t'approcher et je la comprends d'ailleurs, je l'aime pour ça elle aussi car elle te protège, ce que je suis incapable de faire visiblement !
Randy se leva d'un bond et s'empara du sac de John avant de le jeter sur le lit, loin de son propriétaire incrédule. John observa immédiatement le visage de son compagnon, craignant une nouvelle crise de colère mais n'en vit pas la moindre trace.
Je me contrôle Dit Randy en comprenant les pensées de John. Je veux juste pas que tu partes. Je refuse de te faire fuir de nouveau. Reste je t'en prie… mon ange.
John frémit à son surnom et demanda :
Tu es sûr que c'est ce que tu veux ? Je veux ce qu'il y a de mieux pour toi et je doute que ma présence dans cette chambre en fasse partie.
Moi pas, je suis sûr John. Reste s'il te plait.
D'accord, je reste.
Merci bébé.
Ils se rendirent au stade ensemble et tout semblait bien se passer, John commençait même à se détendre de nouveau quand ils regagnèrent leur chambre à deux. Ils plaisantèrent et allèrent se laver les dents avant de se coucher, John fit tomber son bouchon par terre, la pièce était relativement étroite et John agrippa instinctivement la hanche de Randy pour s'équilibrer tandis qu'il s'accroupissait sous l'évier pour le ramasser. Il sentit les muscles de son compagnon se tendre sous ses doigts et desserra aussitôt sa prise, se faisant ses doigts glissèrent de quelques centimètres vers ses fesses et Randy se dégagea brutalement, déséquilibrant John qui se cogna fortement la tête dans sa chute. Randy se retourna, paniqué en voyant John se frotter le crâne en grimaçant.
John ? T'as rien ? T'es blessé ? Faut que j'appelle les secours !
Zen, Randy, ça va, je me suis juste cogné la tête, aide-moi à me relever plutôt.
Il lui tendit la main pour le relever et le conduisit à son tour jusqu'au lit, John dissimula tant bien que mal la douleur que le nouveau rejet de Randy lui avait occasionnée, il n'avait pourtant rien fait de mal, sa réaction était très excessive et il ne savait plus quoi penser. Randy était plein de remord, il papillonné autour de lui, complétement perdu, sans oser le toucher, il s'était déjà enquis une dizaine de fois de sa tête et John commençait à perdre patience.
Je t'ai dit que je n'avais rien, Randy, c'est bon, calme-toi maintenant.
Je suis désolé John, vraiment désolé.
Bébé, détends-toi, c'est pas grave, on subit bien pire sur le ring !
C'est vrai. Je … Je vais faire un tour, repose-toi, je vais revenir.
D'accord, fais gaffe à toi !
Toi fais gaffe ! Répondis Randy automatiquement.
John hocha de la tête en souriant doucement, c'était leurs répliques depuis des années, chaque fois que John lui disait de faire attention, Randy lui renvoyait la pareille, c'était devenu un rituel, des mots qu'ils prononçaient à l'instinct sans même y réfléchir et John voyait bien justement que Randy n'avait pas réfléchi en lui répondant ça. La porte se referma derrière lui et John soupira avant d'aller allumer la télé, l'attente sera longue avant son retour.
Randy marchait dans la rue, sans but précis, il errait dans la ville comme il errait dans son esprit, il était incapable de mettre de l'ordre dans ses pensées, ses émotions se bousculaient, se disputant avec ce qu'il lui restait de raison, il avait repoussé John une fois encore et il avait failli se blesser par sa faute, quand il s'était aperçu de la violence de son rejet, John s'était déjà fracassé le crâne sur le lavabo, de sa faute, il aurait pu finir avec une nouvelle commotion cérébrale ou avec le crâne ouvert et tout ça c'était de sa faute ! Parce qu'il n'arrivait plus à faire assez confiance à John pour le laisser le toucher en toute innocence, merde ! Même une vierge effarouchée ne réagirait pas comme ça ! Pesta-t-il intérieurement. Pourtant il avait aimé John si passionnément qu'il s'était consumé pour lui, il avait connu l'amour fou dans ses bras, il l'avait même rendu fou plus d'une fois, fou de passion, de désir, de jalousie mais surtout fou d'amour. Il s'était tellement senti fusionnel avec John qu'il pensait ne former plus qu'un avec lui, il n'avait jamais connu ça avec personne avec lui, c'était si fort, si dangereux et pourtant il n'avait pas peur, il se sentait en sécurité dans ses bras mais surtout, il s'était senti entier et vivant pour la première fois de sa vie. Il avait quelqu'un qui l'aimait, quelqu'un qui l'attendait, quelqu'un qui s'inquiétait pour lui et râlait même quand il faisait n'importe quoi, quelqu'un avec qui s'endormir et se réveiller, quelqu'un avec lequel il avait voulu passer le restant de ses jours mais l'amour fou c'était transformé en amour vache. Il avait commencé à être jaloux de tous ceux qui approchaient John, il avait commencé à craindre de le perdre alors que John n'avait jamais été autant à lui qu'à ce moment-là, il s'était montré si possessif qu'il avait étouffé John et l'amour qu'il lui vouait par la même occasion. John avait besoin de temps et d'espace et il lui avait refusé ce droit à plusieurs reprises jusqu'à ce qu'il lui sorte les plus belles horreurs qu'il n'ait jamais prononcé de sa vie ! Il se souvenait encore du regard brisé de John une fraction de seconde avant que la haine n'emporte tout, cette façon de le regarder comme si le monde venait de s'écrouler sous ses pas mais John avait refusé de s'écrouler avec lui et il avait combattu comme il le faisait toujours, transformant sa douleur en colère avant de lui jeter son ultime témoignage d'amour à la figure et de partir en lui renvoyant ce « nous » qui n'avait jamais existé à la figure. John s'était enfoncé dans la haine très rapidement, elle avait remplacé l'amour inébranlable qu'il lui vouait jusqu'ici, et face à sa volonté de réparer, John avait opposé sa volonté de tout détruire ! Il aurait dû savoir que la volonté de John était plus forte que la sienne et qu'il n'avait aucune chance mais tandis qu'il tombait dans la dépression, l'alcool et l'automutilation, John s'éloignait un peu plus chaque jour et il s'était perdu. John lui témoignait un mépris sans cesse renouvelé fortement renforcé par sa rage d'être tombé pour lui, il lui avait fallu du temps pour comprendre qu'il était l'unique faiblesse du grand John Cena et qu'il ne pouvait plus la tolérer après ce qu'il lui avait fait. Randy s'était enfoncé dans le remord, après avoir tout tenté pour réparer sans succès, il avait totalement perdu la raison, il n'avait pas re sombré dans la drogue de laquelle John l'avait sorti des années plus tôt car c'était John qui était devenu sa drogue, il était dépendant de lui au-delà du raisonnable, son absence était une souffrance qu'il ne pouvait supporter et il avait dû la remplacer par une autre, physique cette fois pour tromper son esprit et l'empêcher de sombrer définitivement dans la démence.
Il se souvenait du retour de John après sa suspension et de ces mots qu'il avait prononcé ensuite : « Je ne peux pas te sauver, Randy, je n'en ai plus la force » Alors le monde s'était véritablement écroulé pour lui, il avait tout fait pour redevenir le Randy d'avant, celui que John aimé sauf que John ne l'aimait plus, il avait tout détruit une fois de plus, il avait ruiné son bonheur et celui de John simplement parce qu'il avait refusé de lui faire confiance et sa conscience qui l'avait taraudé pour qu'il cesse de boire, le harcelait toujours autant pour lui faire voir la réalité en face. Si on faisait le procès de leur couple maintenant, Randy plaiderait coupable, coupable d'avoir tout foutu en l'air, coupable de ne pas avoir su lui faire confiance au moment le plus critique mais il ne plaiderait pas coupable d'être un monstre car malgré tout ce qu'on pouvait dire sur lui, le plus cruel des deux avait été John à ce petit jeu-là.
Et puis, alors qu'il croyait que tout était fini pour de bon, que cette fois, il n'y avait définitivement rien à sauver, John avait fait un pas vers lui, le premier d'une longue série de pas qu'il avait ensuite fait pour avoir le droit de revenir vers lui, son périple avait vite tourné en calvaire car la vipère refusait de se laisser blesser de nouveau, la confiance perdue de son entité était quasiment impossible à restaurer et il laissait toujours son instinct guider ses décisions dans ce genre de cas sauf que cette fois, la vipère prenait trop de place et refusait de lui laisser prendre la moindre décision par lui-même concernant John, elle le repoussait de toutes ses forces, physiques comme verbales et il était surpris de voir que John ne s'était pas encore entièrement brisé sous la violence de ses attaques alors que lui serait devenu complètement dingue si John l'avait soumis aussi longtemps au même traitement qu'il lui faisait subir depuis cette rencontre dans l'ascenseur.
John l'attendait sûrement encore dans la chambre, il ne lui en voudrait pas de lui avoir, encore fait du mal, non il s'en voudrait à lui, une fois de plus, de l'avoir poussé à devenir celui qu'il était désormais. Mais il aimait toujours John pas selon la définition qu'il avait donné mais il l'aimait quand même et si John l'aimait ne serait-ce que moitié de ce qu'il percevait, alors il devait lui donner une seconde chance en donnant une chance à leur couple.
Randy rentra à l'hôtel et atteignit la chambre d'une démarche hésitante, il ouvrit la porte doucement, John ne dormait pas, il était assis sur une chaise, les mains serrées et il perçut son stress depuis la porte, il avança vers lui, toujours aussi peu équilibré et John le regarda en silence, immédiatement Randy le détrompa:
- Je ne suis pas allé boire John, j'ai marché.
- Pendant quatre heures?
- Hein? 4 h?
- Oui, Randy, j'étais mort d'inquiétude!
- Désolé, j'avais besoin de réfléchir.
- A nous?
- Oui essentiellement.
- Et alors?
- Randy, où allons-nous?
- Je ne sais pas John, il n'y a pas de nous, il n'y en a jamais eu, il n'y a que moi et ce que je croyais posséder et tu n'en fais pas parti.
Le champion soupira doucement, blessé malgré lui.
- Tu n'as pas pu oublier non plus toi? Chacun des mots que nous avons prononcé, chaque blessure qu'on s'est infligée...
- Non, je n'ai rien oublié, ni les mots... ni les blessures, elles me lancent toujours.
- Alors laisse-moi les panser.
Randy le regarda, hésitant tandis que John s'approchait sans brusquerie, il glissa sa main dans la sienne et l'amena doucement au lit en disant:
- Viens te coucher, bébé, il est tard.
Randy se glissa dans les draps et Cena le rejoignit, doucement, il se plaça derrière lui et l'entoura de ses bras pour l'amener contre son torse, il fit semblant d'ignorer le mouvement de recul de son amant mais fut touché en plein cœur. Il n'avait pas encore mesuré l'ampleur de la blessure qu'il lui avait infligée, elle semblait 100 fois pire que celle qui brûlait encore dans son cœur. Peu à peu, il sentit les muscles de son amant se détendre tandis qu'il sombrait dans le sommeil.
John, lui, gardait les yeux ouverts, incapable de s'endormir, hanté par les regards de peur ou de défiance qu'il surprenait parfois quand Randy posait les yeux sur lui. Était-il un monstre?
Il lui faudrait beaucoup de temps pour regagner la confiance de Randy, il savait pourtant que Randy ne laissait jamais de seconde chance quand il avait été déçu ou trahi, l'approcher revenait à approcher un animal sauvage, il fallait l'amadouer progressivement pour qu'il vous offre une chance d'entrer dans son cœur et de partager un peu de sa vie. John le savait et pourtant il avait brisé cette confiance durement acquise au fil des années. Seul l'amour qui les liait subsistait désormais, c'était la seule raison de sa présence dans ses bras cette nuit et il ignorait s'il suffirait cette fois. Un autre que lui n'aurait jamais pu avoir cette seconde chance, John s'estimait heureux qu'il puisse au moins tenter de tout reconstruire après s'être tant acharné à tout détruire.
Il avait lui-même réagi comme un animal blessé après les propos de Randy, fou de douleur, fou tout simplement, incapable de raisonner clairement et de voir ses torts, il avait repoussé et piétiné impitoyablement Randy et ses efforts pour s'expliquer et se réconcilier et bien que les torts étaient partagés à la base, il était désormais le seul responsable de cette situation, c'était donc à lui de tout faire pour réparer et il y parviendrait! Peu importe le temps que cela prendrait, John ne renoncerait pas, il regagnerait la confiance de Randy ou partirait si tel était son désir. Désormais, seuls les désirs de Randy lui importaient.
Mais avant de partir si tel était son désir, il devait tenter une dernière chose, tenter le tout pour le tout si après cette ultime tentative, Randy n'arrivait toujours pas à le laisser l'approcher alors cela signifierait qu'il était vraiment trop tard….
