c'est moi que v'lààààààààààààààààààà!
vioui je sais j'ai été très longue à écrire ce chapitre, enfin surtout à me décider à le faire, comme une réticence à écrire bientôt le chapitre final et à clore cette aventure mais il faut bien finir un jour même si je n'écrirais jamais le mot fin...
voilà donc un nouveau chapitre pour vous, en espérant qu'il vous plaira, une titite review pour me donner vos opinions serait la bienvenue ^^
bonne lecture et à très vite!
Phil était blottit contre le torse de Chris, calé entre ses jambes bien au chaud dans un jacuzzi, les mains du Canadien enserraient ses hanches puis se refermaient autour de son ventre ferme comme pour mieux le tenir contre lui. La douceur de son amant le ravissait, il se sentait aimé, choyé, protégé, libre de montrer une faiblesse sans se sentir jugé pour autant. Et il savourait les bienfaits de l'eau chaude bouillonnante sur son genou blessé tandis que les mains de Chris se faisaient caressantes sans se montrer intrusives. Chris le câlinait comme une mère câlinerait son enfant, le CM Punk des rings se serait rebellé contre une telle attitude de son homme à son égard, mais le Phil amoureux et fatigué qu'il était, aimait pouvoir se reposer sur son compagnon de temps en temps. Il recula la tête la posant sur l'épaule de son homme qui dévora la gorge ainsi offerte de petits baisers amoureux. Le chicagian frémit et gémit, agrippant les mains de son amant en soupirant de bonheur. Emporté soudain par la passion, il se retourna et passa à califourchon sur son homme, face à lui se positionnant sur ses genoux se baissant pour happer les lèvres gourmandes du Canadien. Un tic de douleur chiffonna le visage du jeune brun, l'expression n'échappa pas à son compagnon qui se hâta de saisir la cuisse gauche de Phil pour repasser ses deux jambes du même côté de son corps et l'asseoir sur ses genoux.
Hé ! S'exclama-t-il surpris et légèrement contrarié.
Chris haussa les épaules en entreprit de masser l'articulation douloureuse en serrant son compagnon contre son torse.
Un vrai papa poule ! grogna Phil.
Crois-moi l'envie me démange de plus en plus souvent de te montrer ce que ferait un vrai papa avec un gosse aussi indiscipliné et irresponsable que toi !
Phil leva un sourcil et lui lança un sourire provocateur et amusé, mettant au défi son soigneur de mettre en pratique sa menace, ils échangèrent un regard pendant plusieurs secondes et Chris soupira tandis que Phil éclatait de rire, il savait bien que jamais il ne prendrait le risque d'aller plus loin que les menaces dans ce jeu, Chris tenait bien trop à lui pour ne serait-ce qu'imaginer lui faire du mal, même s'il venait à lui demander ! Après tout, il avait toujours refusé de se montrer plus rude pour le prendre malgré les mois que duraient leur relation.
Sans le prévenir, Chris glissa ses bras sous ses jambes et se releva, emporta son amant hors de l'eau dans un style marié qui fit de nouveau protester Phil.
Il est temps de sortir de l'eau avant que tu ne finisses tout fripé comme un vieux !
Dois-je en déduire que tu as quelque chose contre les rides et les peaux flasques et pendouillantes que je finirais moi-même par te présenter un jour ? Plaisanta Phil.
Le Canadien explosa de rire devant la description peu reluisante que son amant lui faisait, accompagnant le tout d'une mine affligée de circonstances et sans la lueur espiègle qui brillait encore et toujours dans son regard, il aurait pu croire qu'il était sérieux !
Comme tu es romantique mon amour ! Non je n'aurais rien contre les tiennes, surtout que je serais dans le même état à ce moment-là mais crois-moi, j'ai une nette préférence pour tes muscles toniques et ta peau douce et ferme et j'ai bien l'intention d'en profiter !
Hum… intéressant !
Chris l'emporta dans la maison, il saisit la grosse serviette qu'il avait posée sur le chauffe-serviette avant de sortir avec lui dans leur jacuzzi extérieur et la posa sur Phil pour le tenir au chaud sans le lâcher une seconde avant de gravir l'escalier jusqu'à leur chambre. Phil mentionna qu'il était capable de marcher mais le blond ne tint pas compte de son commentaire et le déposa en douceur sur le lit pour finir de le sécher doucement, tendrement. Quand il eut fini de le sécher, il en fit de même pour lui avec beaucoup plus de rapidité, Phil lui lança un regard surpris et se redressa pour lui rendre la pareille mais son amour posa sa main sur son torse et le contraignit à se rallonger. Alors Phil saisit la main de Chris et lui mordilla les doigts avec un air mutin, Chris la lui retira et lui mit une tape sèche mais non douloureuse sur le torse avant de le rejoindre dans le lit. Il glissa son genou entre les jambes de son amant et les lui écarta, son genou vint alors volontairement stimuler le membre de Phil tandis qu'il se penchait pour l'embrasser lentement, longuement en feignant d'ignorer l'effet que son genou produisait. Phil se mit à gémir et à bouger pour obtenir davantage mais le Canadien recula son genou pour ne laisser qu'un contact minime.
Tu veux la jouer comme ça bébé ? Demanda le brun.
J'ignore à quoi tu fais référence mon amour.
Très bien, je n'ai plus qu'à m'en occuper moi-même alors ! Dit-il en avançant sa main vers son membre.
Chris intercepta sa main et se saisit de la seconde aussi vite, il les ramena au-dessus de la tête de son amant et les maintint contre le matelas en disant :
Ttt Ttt, je mène la danse chatounet, alors rentre tes griffes et commence à ronronner pour moi.
Chatounet ?
Ça te va comme un gant mon amour, t'as l'air d'un vrai chat repus quand on a fait l'amour.
Phil éclata de rire et Chris redescendit sur son torse, parcourant sa peau douce du bout des doigts, savourant les frissons de plaisir qu'il faisait naître chez son amant, il joignit peu à peu ses lèvres et le bout de sa langue à cette danse sensuelle, retraçant les contours des tatouages qu'il connaissait par cœur, Phil haletait sous lui, grognant pour obtenir plus ou pour demander à son homme de se décaler des zones fortement sensibles qu'il s'amusait à hyper stimuler depuis quelques minutes. Ne pouvant pas se servir de ses mains, il replia ses jambes et les enroula comme il put autour de son amant qui se recula et se libéra en douceur de la prise, il lâcha les poignets de Phil pour repousser ses jambes contre le matelas, il se servit de la serviette pour soulager le genou blessé du jeune homme et étendit ses jambes sur les côtés, les ouvrant au maximum pour pouvoir s'y glisser, il plaqua plus fortement la jambe indemne du Chicagian contre le lit et lui dit :
Tu les bouges pas de là, ne m'obliges pas à te ligoter.
Me ligoter ? Hummm, voilà une idée intéressante !
J'étais sûre qu'elle te plairait ! Dit Chris avec un regard taquin. Mais pas aujourd'hui.
Phil vit la préoccupation dans le regard de son amant, sa blessure l'inquiétait plus que lui mais il était une tête brûlée insouciante qui ne prenait pas grand soin de lui, ça n'avait donc rien d'étonnant. Il tendit la main vers lui, caressant sa joue avec tendresse pour le rassurer et le remercier aussi et Chris accepta la caresse avant de prendre sa main, il déposa un baiser dans le creux de sa paume et lui dit d'un ton soudain plus dur :
Il ne me semble pas t'avoir autorisé à les bouger.
Surpris par le ton, Phil se figea une seconde mais s'empressa de les remettre à la place où Chris les avait laissé face à son regard dur, le Canadien approuva d'un signe de tête et replongea sur son torse. Bien qu'il ne soit pas attaché, l'interdiction de bouger qu'il avait reçu le mettait au supplice, Chris ne se comportait pas ainsi en temps normal mais il savait que son amant brun regrettait qu'il ne se montre pas plus sauvage et autoritaire parfois dans leurs rapports et même s'il n'avait pas l'habitude de ça, il avait envie de le satisfaire sur ce point, d'autant plus qu'il était blessé, il voulait lui faire oublier la douleur pendant quelques temps.
Il plongea entre ses jambes, ses lèvres semant un sentier brûlant sur son membre, attisant un brasier en lui qu'il ne lui donnait aucune chance de pouvoir satisfaire, sa bouche se referma doucement autour d'une de ses glandes avant de la titiller prudemment à petits coups de dents lui arrachant des cris inédits, issus d'un plaisir douloureux, il profita de l'occasion pour enfoncer son pouce en lui et Phil émit alors un grand cri de jouissance tandis qu'il tentait de donner des coups de bassin vers lui pour lui demander de bouger. Chris l'en empêcha en immobilisant ses hanches contre le lit et émit quelques claquements de langues appuyés pour lui signifier qu'il n'acceptait pas qu'il prenne la main. Les vibrations se répercutant dans son membre, Phil gémit de plus belle en se prenant la tête, le regard de Chris suffit à lui faire remettre ses mains à leur place et il murmura doucement :
S'il te plait.
Hum et moi qui croyait que tu ne connaissais pas ce mot !
Tu veux que je supplie ? Demanda Phil légèrement indigné mais excité malgré tout à cette idée.
Pas maintenant, ça serait trop facile ! Répondit Chris avec une lueur prédatrice dans le regard.
Il avait perçu l'hésitation dans l'attitude de son amant mais avait vu l'excitation l'emporter sur sa fierté, il aimait le voir aussi libre, aussi confiant entre ses mains, il referma sa main sur les fesses de son amant sans sortir son pouce de lui et le souleva d'autorité pour le repousser vers la tête de lit, Phil ouvrit la bouche dans un cri muet en sentant son doigt s'enfoncer plus loin et plus fort que Chris le faisait d'ordinaire mais se laissa faire tandis qu'il remontait de 40 cm dans le lit, il avait laissé ses mains à leur place mais avait légèrement poussé sur ses talons pour aider son homme qui grogna en sentant Phil l'aider.
Attrape la tête de lit et ne bouge plus tes mains de là et si tu tentes encore de bouger tes jambes je te jure que tu t'en mordras les doigts !
Tu vas me punir ? Le provoqua Phil.
C'est une idée oui, ne pas te laisser jouir… (Phil grogna) ou te faire jouir plusieurs fois d'affilées, je sais combien tu es sensible après un tour alors imagine après deux ou trois…
Les yeux de Phil s'agrandirent à cette déclaration, il serra la tête de lit fortement et étala ses jambes comme Chris les avait positionnées en prenant un air de chiot battu, il secoua doucement la tête pour lui demander de ne pas faire ça et Chris éclata de rire avant de reprendre son air sévère :
Alors tu ne bouges plus.
Oui missieu ! répondit Phil avec un accent de noir Africain redéclenchant l'hilarité du blond.
Comment veux-tu que j'y arrive si tu me fais tout le temps rire chéri ? Demanda-t-il.
Phil prit un air contrit pas du tout crédible et Chris se vengea en lui mordillant le téton, observant attentivement les mains et le visage de son amant qui ferma les yeux en contractant ses doigts autour du bois en grognant :
Tricheur, c'est pas beau de se servir de mes points faibles.
Fais-toi une raison bébé, c'est toi le sexe faible entre nous deux !
Phil fronça les sourcils, s'apprêtant à protester fortement mais Chris posa son doigt sur ses lèvres, lui intimant le silence en s'immisçant en lui. Le jeune brun fut surpris de son intrusion aussi rapide mais savoura ce moment rare venant de la part du Canadien qui s'immobilisa aussitôt pour ne causer aucune douleur à son amant qui s'impatienta et grogna, il finit par râler un « bouge » agacé et Chris sourit en refusant de la tête.
S'il te plait bébéee.
Cédant à ses suppliques, Chris commença de lents vas et viens, compensant sa lenteur par son intensité, Phil voulut s'agripper à lui mais se souvient des consignes données et garda les mains sur la tête de lit avec dépit tandis que Chris accélérait le rythme de ses coups de hanches. Il saisit soudain son amant par les fesses et décolla ses hanches du lit pour mieux lui faire ressentir sa présence en lui, Phil hurla de plaisir en contractant son corps mince violemment, désormais au supplice de ne pas avoir le droit de bouger. Chris se rapprocha encore et glissa ses genoux sous les fesses de Phil, le cambrant davantage, il se plongea dans le regard de son amant et lui dit d'une voix altérée par la passion :
Tu peux chéri, vas-y.
Sans se faire prier, Phil se redressa et enroula ses bras et sa jambe valide autour de son amant, veillant à ne pas bouger l'autre pour ne pas l'inquiéter et rompre ce moment de bonheur total. Il se mit aussitôt en mouvement, accompagnant les mouvements de hanche du Canadien de son mieux en ne prenant appui que sur un seul talon. Sans sortir de son homme, Chris se leva du lit et l'appuya contre le mur, Phil s'enroula intégralement autour de son corps, accueillant les coups de boutoirs de plus en plus dynamiques du blond. Leurs cris rauques de plaisir se mêlaient dans la chambre tandis que leurs souffles courts se synchronisaient ensemble entre leurs baisers passionnés. Sentant la fin venir, Chris se plongea dans les yeux de son amant et raffermit sa prise sur lui, les muscles de Phil se contractèrent autour de lui tandis qu'il jouissait et il le rejoignit aussitôt, savourant le « Je t'aime » que lui hurla Phil en fermant les yeux de bonheur et de plaisir.
Il s'affaissa contre Phil, le maintenant collé au mur le temps de retrouver son souffle et le Chicagian fut impressionné qu'il tienne encore debout alors que lui se sentait vidé de ses forces. Chris le décolla alors du mur et l'emporta jusqu'à la douche avant de sortir de lui, il alluma l'eau chaude et ils se glissèrent en dessous, échangeant des centaines de baisers en se lavant, Phil ne croyait pas ça possible et pourtant, il aimait son amant chaque jour un peu plus et pas seulement parce qu'il envisageait sans la moindre peur de vieillir à ses côtés. Chris était l'homme de sa vie, il le savait depuis leur première fois, il n'en serait jamais plus sûr qu'aujourd'hui. Le jeune Ontarien soutint soigneusement la jambe de Phil pendant leur douche et ils regagnèrent leur lit ensemble, emmitouflés dans la même serviette, collés l'un à l'autre, si Chris laissa Phil marcher cette fois, son bras le soutenait fermement et ce dernier lui sourit tendrement en s'affaissant contre lui dans le lit, épuisé mais heureux.
Alors qu'il allait s'endormir contre son homme, le portable de Phil sonna, il grogna, agacé, peu décidé à répondre et Chris sourit en disant :
Je vais te le chercher.
Gnan, reste bougonna-t-il.
Je te connais, si tu réponds pas, tu vas vouloir quand même savoir qui a appelé et pourquoi et tu dormiras quand même pas.
Pas faux !
Chris sourit en s'emparant du téléphone de son petit ami avant de lui tendre, ce dernier vérifia l'identité de l'appelant et se redressa soudain avec sérieux. Chris l'interrogea du regard et il souffla : « Vince » en décrochant.
Chris n'entendait que les réponses de son homme mais il devinait à son ton et à son visage que Phil était content des nouvelles que le big boss lui donnait et il l'écouta le remercier chaleureusement avant de raccrocher sourire aux lèvres.
Alors ? Quoi de neuf baby ? Demanda-t-il curieux.
Vince m'offre une nouvelle feud !
C'est super ça ! Elle démarre quand ?
Dès la semaine prochaine !
C'est rapide ça ! Contre qui ?
Contre Ryan Reeves.
Ry.. Ryback ?
Oui, lui !
Bébé c'est de la folie ! S'exclama Chris terrifié.
Qu'est-ce qui te prend chéri ?
Mais enfin, c'est un monstre ce gars !
Il est pas comme ça dans la vraie vie tu sais ? Tenta de plaisanter Phil.
Mais la plaisanterie échoua et Chris resta terrorisé en face de lui.
Chris, bébé, qu'est-ce qui va pas ?
Tu es blessé, c'est pas prudent une feud contre un novice dans ton état, surtout contre une baraque comme lui.
Tu as peur pour moi ?
Oui.
Faut pas mon amour, tu sais bien que je suis costaud non ?
Pas contre lui.
Mais enfin, c'est qu'une feud de plus, je comprends pas, ça sera comme d'habitude, programmé, prévu, cascades comprises.
Y a toujours un risque et tu le sais, d'autant plus face à un débutant qui crève d'envie de faire ses preuves et qui te connaît pas.
On va bosser ensemble, on va apprendre à se connaître, je risquerais rien.
Chris secoua la tête d'un air buté et Phil s'écria en écartant les bras :
Bébé !
Je veux pas que tu la fasses ! J't'en prie, je te demande jamais rien et je te demanderais jamais plus rien mais fait pas cette feud mon amour.
T'es sérieux là ?
Oui. Répondit-il timidement en détournant le regard.
William regarde-moi.
Le Canadien tressaillit en entendant son homme l'appeler par son véritable prénom sans même user d'un diminutif et le regarda.
Me demandes-tu ça parce que tu me crois incapable de faire cette feud ?
Quoi ? Nooon ! Bien sûr que non !
Alors pourquoi ?
Parce que j'ai peur qu'il te blesse.
Tu doutes donc de mes capacités de catcheur.
Chris blêmit, sachant que cette conversation allait mal finir quoi qu'il dise mais il tenait trop à Phil pour le laisser prendre un tel risque.
Certainement pas mais…
Mais quoi ? Si tu me sais capable de faire cette feud, que tu ne doutes pas de mes talents de catcheur et donc de ma capacité à éviter les blessures, où est le problème ?
Ce type est un monstre, même John le dit, c'est trop gros pour toi mon amour.
Rien n'est trop gros pour moi, je suis CM Punk, the best in the world !
C'est seulement une gimmick !
Quoi ? Alors maintenant en prime je suis un faux catcheur, un personnage bidon ! Super ! c'est toujours des gens qu'on aime le plus que viennent les pires blessures, je le savais pourtant ! Je pensais que tu m'aimais assez pour te réjouir pour moi de l'avancée de ma carrière mais j'ai dû me tromper sur ça aussi, après tout normal, je suis que du chiqué, pas étonnant que je confonde mes rêves avec la réalité ! Hurla-t-il furieux.
Bébé, non attends, c'est pas…
C'est bon, laisse tomber, t'en as assez dit, je… je vais y aller à plus tard.
Le blond tenta de le retenir mais Phil se dégagea sèchement de sa prise, emporta ses vêtements et quitta la chambre, il s'habilla dans le vestibule et partit en claquant la porte, Chris tressaillit en entendant son départ furieux et se maudit d'avoir parlé de cette façon mais il n'avait pas changé d'avis, Ryan était trop dangereux pour lui, c'était un jeune loup inexpérimenté qui rêvait de se faire les dents sur un vétéran pour lancer sa carrière, il ne reculerait devant rien et son amant n'était pas John, il ne pouvait pas encaisser des coups aussi puissants que lui. Il ne pouvait pas le laisser faire ça, il devait intervenir même si c'était la dernière chose qu'il faisait pour l'homme de sa vie.
Pendant ce temps, John et Randy faisaient escale en Louisiane, ils avaient passé une magnifique journée dans les quartiers Français très atypiques et avaient savouré l'anonymat que la foule de touristes leur conférait, ils avaient pu se balader ensemble, parfois même main dans la main sans que personne ne les reconnaisse et ne les arrête et John avait passé la journée à sourire en compagnie de celui qu'il aimait plus que tout au monde. Il s'estimait être l'homme le plus chanceux et le plus heureux de la planète.
Le soir venu, John avait attiré Randy dans un petit restaurant Français baptisé la bulle d'Ô, le décor était chic mais pas trop, un endroit sympa et romantique à souhait et ils s'étaient installés pour dîner tranquillement avec la musique en sourdine. Les titres diffusés étaient quasiment tous en français aussi les deux hommes n'y prêtait qu'une attention limitée mais soudain John se redressa en entendant les premières mesures d'une chanson, les yeux brillants, il connaissait ce titre pour l'avoir écouté bien des fois en pensant à son homme pendant leur séparation. Il se leva, attirant le regard de Randy et lui tendit la main en disant :
Danse avec moi.
Randy hésita, incrédule, ils étaient au beau milieu d'un restaurant, bourrés d'inconnus et il n'avait jamais encore dansé avec lui. Il l'observa et dit :
John, on n'est pas seul.
Il n'y a que toi et moi qui comptons.
Je…
Ecoute, je sais que je t'ai blessé, que j'ai tout foutu en l'air, que je t'ai trahi, bafoué et abandonné et je n'attends pas que tu puisses me pardonner tout ça mais je…
John, c'est d'accord, je ne danserais pas pour toi mais je danserais avec toi.
Merci.
Ils allèrent vers le côté du restaurant, veillant toujours à ne pas se mettre trop en ligne de mire et de ne gêner aucun autre mangeur ni aucun membre du personnel et John prit Randy dans ses bras pour entamer un lent slow. Il colla sa bouche à son oreille et lui murmura les paroles en Anglais de la chanson qui passait en arrière-plan « Paumé au fond de mes voyages, entre mes pistes d'atterrissage, la seule chose que je garde c'est toi… J'ai vu des aurores, des orages, des sirènes qui prennent en otage,
La seule chose que je garde, c'est toi, c'est toi. Tu es ma force et mon repère, mon atmosphère dans la nuit noire, tu es mon écorce et ma terre, mon univers, ma tour d'ivoire, ma vie entière, et mon espoir… »
Randy se laissa porter par la douceur de la voix de John et la pureté des paroles, même s'il continuait à préférer la chanson qu'il avait composée pour lui, il trouvait celle-ci très belle et il se laissa aller à l'étreinte tendre que maintenait John pour danser avec lui, oubliant tout le reste, ils n'étaient plus que seuls au monde, le monde avait disparu, le bruit, les conversations, les autres, il ne restait que John et la mélodie qu'il lui susurrait à l'oreille de sa voix grave et sensuelle.
« On peut m'offrir tous les mirages, pour moi tu vaux bien davantage, la seule chose qui me garde, c'est toi… »
Poussant sa chance un peu plus loin et faisant fi des autres convives, John tourna légèrement la tête et embrassa Randy, frémissant de bonheur en sentant son homme y répondre avec autant d'amour que lui. Ils prolongèrent le baiser pendant quelques secondes avant de regagner leurs chaises main dans la main, souriant largement.
Chris était seul depuis des heures, la journée avançait vite et Phil ne donnait aucunes nouvelles, il avait même éteint son portable et Chris décida de passer le coup de fil qu'il avait en tête depuis le départ de son homme même s'il savait qu'il n'en avait pas le droit, sa peur était trop grande, il devait agir !
Mais Vince, c'est trop dangereux ! Vous pouvez pas le laisser faire ça, vous savez comment il est, en plus il est blessé !
C'est un moyen pour le faire sortir à la fin, tu le sais bien.
Oui mais d'ici là, dans quel état sera-t-il ? Vous ne vous rendez pas compte de ce que vous faites !
Dis-moi Chris, ton homme est-il au courant que nous avons cette discussion ? N'as-tu pas essayé d'en parler avec lui d'abord avant de venir me prendre la tête ?
Bien sûr que si que j'ai essayé !
Et alors ?
Il est parti furieux après moi en disant que je ne croyais pas en lui et en ses capacités.
Il n'a pas totalement tort pour le coup et je pourrais ajouter que tu ne crois pas en mon discernement, crois-tu réellement que je mettrais l'une de mes meilleures superstars en danger ?
Non, je ne… Ryan est trop lourd, trop puissant, c'est trop dangereux pour Phil.
Il me semble avoir déjà répondu à cette partie-là de ton problème il y a une demi-heure Chris, je ne reviendrais pas sur mes arguments que tu sais être justes. Si tu veux que Phil abandonne cette feud, c'est lui qu'il faut convaincre de le faire pas moi et tu sais comme moi que c'est un combat perdu d'avance.
Phil montait lentement les escaliers sur son genou blessé, il était rentré de son tour, calmé, disposé à discuter avec Chris s'il le désirait mais aucunement à abandonner la feud qu'on venait de lui offrir, il entendait la voix de son amant à l'étage mais personne lui répondre, il en déduisit qu'il était au téléphone et s'apprêtait à redescendre quand il entendit Chris dire :
Vince, je vous laisse 6 mois de mon salaire en échange de la disparition de cette feud.
Chris…
1 an ! 10 ! Ce que vous voulez mais je vous en prie !
Fou de rage, il gravit les dernières marches à toute vitesse sans se soucier de la douleur vive de son genou et hurla :
Non mais j'y crois pas ! Non seulement tu doutes de moi mais tu passes dans mon dos pour effacer ma feud ! Je te croyais incapable d'une telle traitrise, encore une fois j'avais tort !
Phiiiil ! Non attends, c'est pas ce que tu crois !Hurla Chris en bondissant du lit
Phil est rentré c'est ça ? Et il a tout entendu ? Demanda Vince
Oui.
Ben cours-lui après crétin ! Le laisse pas s'enfuir !
Chris raccrocha sans attendre et fonça dans les escaliers après Phil, il le rejoignit dans le hall juste avant qu'il n'atteigne la porte et il se précipita pour lui barrer la route.
Phil, non t'en vas pas, je peux t'expliquer !
M'expliquer quoi ? Que l'homme de ma vie ne croit pas en moi ? Qu'il doute au point de me poignarder dans le dos ? Qu'il me respecte si peu que mon avis n'a aucune importance pour lui ? ça va tout ça je l'ai compris, laisse-moi passer maintenant.
Ça n'a rien à voir avec ça, laisse-moi t'expliquer !
J'en ai assez entendu, pousse-toi j'ai dit ou c'est moi qui te pousserait !
Les yeux du jeune catcheur étincelaient de rage et de douleur quand il les posa sur son homme qui jugea plus sage de le laisser partir malgré sa peine. Il se décala de deux pas sur le côté et Phil le dépassa en trombe, boitant fortement, avant qu'il n'ouvre la porte, Chris lui dit :
Je t'aime !
Phil ouvrit la porte, marqua un temps d'arrêt et répondit :
J'en doute fort ! Avant de laisser la porte se refermer doucement derrière lui.
Effondré, Chris fit la seule chose qu'il pouvait faire en plus de pleurer comme un bébé, il retourna dans sa chambre et saisit son portable, il appela la seule personne qui saurait l'écouter et le comprendre, son meilleur ami, Randy. Il lui raconta tout et Randy l'écouta sans émettre la moindre critique, ni le moindre commentaire désobligeant, il le laissa vider son sac et lorsqu'il eut fini, dit la seule chose que voulait entendre un homme désespéré : « J'arrive »
On dirait que c'est à nous de les aider ! Dit John avec un sourire.
Oui, il est temps de payer nos dettes, en route !
John et Randy étaient déjà sur le retour de la Louisiane, arriver à Rockford, Illinois, ville que les amants avaient choisi pour s'établir temporairement car Chris y avait un petit appartement, ne leur prit pas beaucoup de temps, ils y furent au midi vers 13h, John se chargea de dénicher Phil et Randy alla récupérer Chris à l'appartement, moins d'une demi-heure plus tard, Randy et Chris étaient attablés ensemble dans un petit bistro sympa, ils discutaient tranquillement, Chris avec chagrin, Randy en observant régulièrement la porte et un sourire illumina soudain son visage quand son propre compagnon entra dans le bistro suivi par son meilleur ami.
Phil lança un regard colérique à son homme et à ses amis avant de vouloir partir mais le bras de John solidement posé sur ses épaules l'en empêcha et ils gagnèrent la table ensemble.
Un coup monté ! S'exclama Phil.
Juste retour des choses tu crois pas ? Dit Randy.
Te plains pas, c'est pas un ascenseur en panne au moins ! Grogna John.
Le souvenir fit rire les trois hommes et John sourit à son tour en incitant Phil à s'asseoir, ils demandèrent alors à leurs deux amis de leur expliquer le problème en conservant leur patience d'un bout d'un l'autre et quand la base fut expliquée, Chris lança soudain :
Attends, qu'est-ce que tu aurais fait toi Randy à ma place ? Tu n'aurais pas cherché à empêcher ça ?
Si mais je m'y serais pris autrement !
Ah bon ?
Moi j'aurais ligoté John à notre lit tout le temps qu'il n'aurait pas été guéri et j'aurais menacé son adversaire des pires représailles possibles s'il avait blessé John pendant leurs matchs d'ailleurs j'ai fait les deux.
Les deux ? T'es sérieux ? Questionna Phil incrédule.
Oh que oui ! Confirma John
Si c'était à refaire, je n'hésiterais pas une seconde ! Je n'ai qu'un seul regret, celui de ne pas avoir prévu de jouets pour divertir John pendant que moi j'allais combattre. Je ne commettrais pas la même erreur désormais.
Phil et Chris échangèrent un regard ahuri, imaginer Randy kidnapper John pour l'empêcher de combattre était hallucinant mais John et Randy semblaient tout à fait sérieux à ce sujet et Phil demanda :
Et tu ne lui en as pas voulu John ?
Bien sûr que si, je lui ai fait payer sa conduite au plus vite, il a eu beaucoup de mal à s'asseoir les jours suivants, j'avais beaucoup d'énergie à dépenser de sa faute !
Randy grimaça à ce souvenir, il avait en effet dû occuper John autrement et il n'avait pas été tendre pour se venger de l'immobilité forcée dans laquelle il l'avait mis.
Sans compter la fois où tu m'as renvoyé chez moi pendant un mois pour une fracture du poignet !
Aussi ! Tu étais aussi furieux après moi que Phil l'est après Chris.
Et comment ça s'est arrangé ? Demanda le Canadien.
Il a compris que je faisais ça pour son bien et m'a pardonné, désormais quand on est en désaccord sur ce genre de choses, on en discute longuement sans s'énerver et on choisit la meilleure solution pour tous les deux.
C'est-à-dire ?
Le compromis !
Chris ne passe plus jamais dans le dos de ton homme et toi Phil cesse de te braquer comme un âne dès qu'on s'inquiète pour toi, ce n'est pas remettre tes capacités en question que Chris a fait c'est juste manifester son angoisse de te voir blesser.
Je te veux vieillir à tes côtés mon amour et je veux que tu vieillisses bien, pas comme nos amis qui ont dû raccrocher avant d'avoir 40 ans pour avoir trop forcé pendant toute leur carrière, je veux te voir en papy bien portant, pas en chaise roulante même si je la pousserais au bout du monde pour toi s'il le fallait !
Je suis désolé, je me suis emporté sans te laisser une chance de t'expliquer.
Et j'ai tenté de te priver de ton désir pour te protéger, j'en suis navré, sache que je crois en toi, à 200%, je serais toujours derrière toi, quoi que tu fasses et j'hurlerais ton nom comme tes groupies pendant tes matchs si tu me jures d'être prudent !
Je te le jure !
Je t'aime !
Je t'aime aussi petit prince ! Ah, juste une chose, tu ne seras pas toujours derrière moi….
Les trois hommes se tendirent à cette déclaration dite d'un ton très sérieux avant qu'une lueur espiègle ne brille dans ses yeux quand il finit :
J'ai bien l'intention de me mettre derrière toi très régulièrement moi aussi !
Chris rougit tandis que John et Randy explosaient de rire et Randy lui fit un clin d'œil en disant :
Assure-toi quand même qu'il puisse s'asseoir !
Très gentil à toi de t'en préoccuper Ran' Intervint Chris.
J'ai donné, autant t'épargner ça !
John explosa de rire de plus bel et les hommes se joignirent à eux, ils finirent tranquillement leurs verres avant de se séparer en riant toujours, les deux couples prirent chacun la route de leur logement, l'hôtel pour les centon, la maison pour Phil et Chris. Ces derniers avaient proposé de les héberger mais ils avaient refusé l'invitation sachant que le couple avait encore des choses à mettre à plat entre eux et ils ne voulaient absolument pas se trouver entre eux à ce moment-là !
Tu es bien songeur John. Fit remarquer Randy.
Je me disais que c'était bien d'avoir pu les réconcilier aussi facilement.
Oui c'est drôlement chouette de pouvoir faire ça pour eux après tout ce qu'on leur doit.
Je me demandais…
Oui ?
Tu as encore les cordes que tu avais utilisées pour m'attacher ? dit-il avec un sourire lubrique
Toujours ! Elles sont bien rangées au cas où je devrais de nouveau t'empêcher de combattre !
Je crois que d'autres occasions de s'en servir pourraient se présenter ! Dit-il avec un clin d'œil.
Randy rit à sa plaisanterie, il se promit de très vite piéger John à son propre jeu et ils regagnèrent l'hôtel ensemble, plus amoureux que jamais.
