Edko-Maru : en effet, c'est prévu. Vraiment? Merci! Ça fait vraiment plaisir, j'avais un peu peur que ça ne reflète pas assez ce que je voulais et que ça rende bizarre. Le film n'est sorti qu'en anglais je crois. En tout cas merci, ta rewiew fait plaisir, j'espère que la suite te plaira.


DAY 4 : BUT WHAT IF YOU SAW A MOMENT YOU'D NEVER LIVED


Je me vois me tenir à table avec mes parents. Le problème c'est que je ne suis pas assis à la table, je suis juste à côté, debout à les regarder manger, pourtant je me vois bel et bien assis à leurs côtés.

- Nico…

Je me retourne en sursautant et tombe nez à nez avec… moi. Qu'est-ce que c'est que ce délire? Je rêve, ça ne peut être que ça.

- Qui es-tu?

Il sourit. Mais ce n'est pas un sourire amical, loin de là.

- Et bien vois-tu, bientôt je serais celui qui se tiendrais à cette table.

Je me retourne et me regarde, manger, rigoler avec mes parents. Je me retourne vers l'autre moi mais il n'est plus là. D'un coup des frissons parcourent mon corps, mes os gèlent. Tout est froid et sombre autour de moi, je jette un coup d'œil derrière moi et je le vois, assis à ma place, rigoler avec mes parents.

- NON!

Je me relève d'un coup, en sueur dans mon lit. Un rêve, juste un rêve. Je regarde le réveil, 4h57?! J'ai dormi toute une journée?! Une lueur attire mon regard, mon ordinateur. C'est impossible, qu'est-ce qu'il fait allumé? Je l'ai éteint, j'en suis sûr. Et puis même si je ne l'avais pas fait, ma mère l'aurait fait. Je me lève et me dirige vers mon bureau pour l'éteindre quand quelque chose attire mon attention. Cette photo… comment cette foutue photo a atterri en fond d'écran. Après le rêve que je viens de faire, je n'aime pas ça, vraiment pas. Un courant d'air froid traverse la pièce, je regarde mais la fenêtre est fermer. Je ressens des picotements désagréables dans mon dos, cette sensation, celle d'être observé alors qu'il n'y a personne d'autre dans la pièce. Je cours vers l'interrupteur, l'allume et regarde autour de moi. Personne. Il n'y a personne. Je soupire en glissant contre le mur, il n'y a personne. L'ordinateur avait sans doute bogué, je ne vois que ça. Ça ne peut être que ça.

- Tout va bien, murmurai-je pour me rassurer.

Je me lève et attrape mon téléphone, j'ai plusieurs messages.

Honnêtement, je ne sais pas ce que t'avait aujourd'hui mais j'espère que ça va durais.

Han, je ne savais pas que t'étais si doué avec ta bouche. ;)

Répond Bébé…

?

Quoi? De quoi il parle au juste?! J'ai passé la journée à dormir. Plusieurs autres messages sont juste des allusions venant de Leo comme quoi je me serais enfin décoincé, c'est quoi ces conneries? Un des messages vient que mon propre portable… Je me suis envoyer un message à moi-même? Je ne comprends plus rien là, je fais ça seulement quand il faut que je pense à quelque chose le lendemain pour être sûr de ne pas oublier. Septique, je l'ouvre.

Demande à ton très cher père qui est Marie.

Quelqu'un est venu dans ma chambre! C'est impossible… et puis qui c'est ça Marie? Mon cœur s'accélère, comment ça Marie?! La pièce me paraît bien froide d'un coup, encore cette sensation… Je m'effondre sur mon lit et me roule en boule.

- Il n'y a personne, murmurai-je en boucle pour me rassuré.

Je me lève et descends en bas des escaliers pour prendre un verre d'eau afin de me calmer. Je m'appuie contre le frigo, je me sens vidé. Je sors de la cuisine et tombe sur la porte d'entrée, grande ouverte. Mes parents dorment, je les aurais entendus s'ils étaient sortis. J'attrape le parapluie accroché aux portemanteaux de l'entrée et avance vers le salon lentement. J'entre dans le salon en me traitant mentalement d'idiot, j'aurais dû prendre un couteau pas un parapluie…

- Qui est Marie?

Je me retourne mais évidemment il n'y a personne… Je deviens fou. Je grimpe les marches de l'escalier quatre par quatre et m'enferme dans ma chambre. J'ai déjà vu des témoignages de personnes soi-disant hantées sans jamais les prendre au sérieux, et si c'était ça? Je suis hanté, mais par qui? Et pourquoi? Peut-être cette Marie?

J'allume chaque lumière de ma chambre ainsi que les bougies, hors de question que je sois dans le noir, je veux voir ce qui m'entoure. Je me glisse dans mon lit et m'enroule dans la couette.

- Il n'y a personne, murmurai-je en boucle une fois de plus pour me rassurer.

Un son strident me réveille soudainement en me perçant les oreilles. Je rampe vers le réveil pour l'éteindre. Je grimace, j'ai des courbatures partout, la tête comme prise dans un étau, un goût horrible dans la bouche, ce n'est pas possible de finir aussi mal après un simple rhume si? Je descends dans la cuisine pour prendre un doliprane mais des éclats de voix m'arrêtent dans ma course.

- Comment as-tu pu me cacher une chose pareille?!

Ma mère? Qui pleure?!

- Écoute, je n'ai pas eu le choix d'accord, t'en parler n'aurait strictement rien changé!

- Rien changé?! J'estime que cela me concerne non!?

- Il faut que j'aille travailler.

Mon père sort en trompe de la cuisine, l'air profondément agacé, il se fige en me voyant. Il s'approche de moi, mais instinctivement, je recule. Il vient de faire pleurer maman…

- Nico… Écoute, je sais que tu n'en as pas l'habitude mais… il arrive que les parents se disputent de temps en temps, ne te prend pas la tête pour ça d'accord? Ce n'est rien de grave.

Il sort de la maison sans se retourner. Maman est tellement gentille, trop gentille, au point que la plupart des gens en profitent à mauvais escient. Que papa la fasse pleurer ainsi… Un profond dégoût me prend aux tripes. Comment peut-il oser faire ça? Ma mère sort en pleurs de la cuisine, se fige elle aussi en me voyant et redouble de sanglot en s'effondrant au sol. Que père lui a-t-il dit ou fait au juste? Je me précipite pour la prendre dans mes bras mais j'ignore quoi dire ou quoi faire. Je n'ai pas l'habitude de la voir dans cet état. Heureusement que c'est samedi, je vais pouvoir rester avec elle.

- Maman, tu veux que je fasse quelque chose?

Elle se lève précipitamment et monte dans la chambre des parents. Je reste là, assis par terre, me demandant ce qui pouvait bien se passer en ce moment. J'ai l'impression que tout par en couilles… Ma mère redescend en furie, apprêter pour sortir.

- Écoute Nico, il faut que je sorte, ne t'en fais pas, je reviens vite d'accord?

Elle sort, toujours en pleurs, sans attendre ma réponse. Qu'est-ce qui ce passe au juste? Des larmes me montent aux yeux, voir ma mère comme ça… Je me sens horrible, j'aurais dû dire quelque chose, faire quelque chose. Je suis un fils indigne.

Je remonte dans ma chambre ne sachant quoi faire de plus. J'entre et entend mon téléphone sonner, le nom de Will s'affiche. Je me jette dessus et m'empresse de répondre.

- Hey! Pourquoi tu ne réponds pas à mes messages?!

- Euh… excuse-moi, j'étais malade tout hier, j'ai dormi pratiquement toute la journée, et ce matin mes parents se sont disputer, mais genre méchant…

- …tu te fous de moi…?

- Quoi?

- Hier, tu étais au lycée…

- Quoi? Non, hier j'ai dormi toute la journée!

- Bébé, tu es sur que tout va bien? Parce que je t'assure que hier tu étais au lycée…

- Que… tu…

Ce n'est pas possible… enfin de quoi est-ce qu'il parle?

- Bébé je te rappelle.

Je raccroche sans attendre sa réponse. Je ne suis pas allé au lycée hier, je le sais. Mais les messages, et maintenant ça. Je repense à la fois où Will pensé que je l'avais appelé pour lui dire de ne pas venir me chercher, alors que je ne l'avais pas fait.

- Qu'est-ce qui se passe?

Je me lamente en fessant les cent pas dans ma chambre. Je sursaute en entendant la porte d'entrée claquée. Je cours en bas, c'est sans doute ma mère qui revient et je veux être là pour elle cette fois.

La porte c'est grande ouverte, mais personne. Je m'empresse de la fermer, pitié pas encore…

- Nico… Nico… Nico…

Je m'effondre contre la porte

- Arrêter… pitié…

Je prends ma tête entre mes mains et me recroqueville.

- Nico… Nico… Nico…

Je me lève, cours dans ma chambre et ferme la porte à clef derrière moi. Je veux que ça s'arrête. Les battements de mon cœur résonnent dans mon crâne. Quelqu'un commence à frapper frénétiquement contre la porte.

- Nico! Nico! Ouvre-moi! Regarde-moi!

- PARTER!

La poignée de la porte j'agite frénétiquement.

- NICO!

J'ai peur. Je veux que ça s'arrête. Je me lève et ouvre la porte. Mais il n'y a personne.

- Nico, regarde-moi.

- Qui parle? QUI ÊTES-VOUS?!

Personne. Aucune réponse.

- Pourquoi vous me faites ça…?

Je pleure.

- Qui êtes-vous?...

Je me jette sur mon téléphone et appelle ma mère. Une sonnerie résonne dans la maison, elle semble venir de la chambre des parents. Je m'avance lentement en m'appuyant sur le mur, mes jambes chancelantes à cause de l'émotion. Le téléphone de mère se trouve sur le lit. Elle est partie sans…

- Non… non… NON!

Je ne veux pas passer une seconde de plus dans cette maison. Je cours vers la porte et sors de la maison. Je cours, j'ignore où je vais, juste, je cours. Les larmes m'aveuglent. Après plusieurs minutes, essouffler je suis contraint de m'arrêter. Je regarde autour de moi, je suis dans le tunnel que j'emprunte tous les jours pour aller au lycée, j'ai dû prendre ce chemin par réflexe. Je m'accroupis, tente de reprendre mon souffle et calmer mes pleurs. Je finis par m'asseoir, ferme les yeux, pose ma main sur mon cœur et respire lentement.

- Tout va bien.

Je relève la tête, regarde le mur d'en face, quelque chose attire mon regarde. Écrit à la peinture rouge.

JE SUIS LA

Qui a peint ça? Ça me fait froid dans le dos. Je soupire, me relève et rentre. Le klaxon d'une voiture me fait sursauter j'ai le droit à une litanie de remarques plus obscène les unes que les autres. Il faut dire que je suis sortie en pyjama, c'est-à-dire, un jogging, sans t-shirt et pied nu. Il n'empêche que ces types sont écœurants. Je fais à peine quelques pas de plus qu'un autre bruit de klaxon me fais sursauter, je me retourne blaser et recule précipitamment quand je vois que la voiture se gare sur le bas-côté. Quelqu'un en sort, Will? Je me jette sur lui, heureux mais il se recule, son regard est froid et dur.

- Euh, je peux savoir ce que tu fous en pleins milieu de la rue habillé comme ça?!

- Je…

J'ignore quoi lui dire. Hey, salut, je crois que je suis hanté mais à part ça, ça va, et toi quoi de beau? Il me détaille, vois mes yeux rougis par les pleurs, s'approche et me prend dans ses bras.

- Nico, qu'est-ce qui t'arrive…?

Je fonds une fois de plus en larmes, dans ses bras. Il me fait grimper dans sa voiture et démarre. Quelques minutes plus tard, on est devant chez moi, il me porte jusqu'à l'intérieur, puis jusque dans ma chambre.

- Ok, Nico, qu'est-ce qu'il se passe?

- J'ai l'impression de devenir fou… Will, je crois que quelqu'un essaye de prendre ma place.

- Mais non, c'est n'imp... Tu es juste stressé en ce moment c'est tout.

Il me prend dans ses bras, m'entraîne avec lui sur le lit.

On doit être collé dans les bras de l'un et l'autre depuis plus d'une heure maintenant. Il caresse mes cheveux, je me sens bien. Je me demande comment il fait pour rester avec quelqu'un d'aussi timbré que moi? Je me relève d'un coup. Je ne suis pas fou et je vais lui prouver. Je me dirige vers mon ordinateur, l'allume et montre la photo à Will.

- Regarde!

Il la regarde à peine, ne me prenant sans doute pas au sérieux.

- C'est sans doute qu'un reflet Bébé…

Je m'effondre sur la chaise de bureau et le regarde droit dans les yeux.

- Pourquoi tu ne me crois pas?...

Il s'agenouille devant moi, prend mes mains et me regarde tendrement.

- Excuse-moi.

Il s'excuse, se sent coupable, mais ne me crois pas pour autant.

Pourquoi?