Heeeeeey !

Bonnneee lectuuure !

Chapitre 6 : Je t'aime

Il n'y avait pas de réunion dans l'après midi. Les hauts gradés étaient libre pour une semaine. Ainsi et comme c'est souvent le cas dans ce genre de situation, la cafétéria qui leur été réservé était vide. Généralement chacun préféraient mangé chez soi en ville ou au restaurant. La salle était donc vide si ce n'était les quatre voyageurs dans le temps, assis sur une table :

-Aller Borsalino ! Fais un effort

-Non, non et non !

Les bras croisés et les sourcils froncés, l'enfant refusait catégoriquement de goûter la soupe qu'il avait devant lui.

-Je sais que tu déteste la soupe mais ton système digestif est très affecté. Tu peux prendre que de la nourriture liquide sinon ça va te faire très très mal, tenta de lui expliquer le colonel à la coupe afro

-M'en fiche

Pourtant il avait faim, très très faim. Déjà qu'il était plus maigre que la normal, là c'était encore pire. Il a toujours eu besoin de mangé deux fois plus que les autres, il a toujours été en sous nutrition depuis qu'il est à Marinford. Même quand il avait faim, il ne ressentait pas le désir de manger, juste le besoin. Les médecins parlaient de dépression ou d'effet post-traumatisme mais ils préféraient garder ça entre eux, ils avaient trop peur de ce que pourrait faire l'amiral en chef si il entendait ça. Cependant il ne pouvait pas changer la réalité : l'enfant était traumatisé, il ne ressentait que trop rarement l'envie de manger. Et quand il se forçait à avaler de la nourriture il n'en éprouvait aucun plaisir.

Borsalino jeta de nouveau un coup d'œil à sa soupe. Une soupe. Dans une grande assiette. Un souvenir fit son apparition dans son esprit. Souvenir qu'il aurait tellement aimé oublier à jamais…

Flashback

Il faisait un puzzle. Le puzzle n'avait que quatre pièces mais il n'arrivait pas à les assembler. Il représentait un beau soleil jaune. Lassé par ce jeu et surtout pas son incapacité à le résoudre il regarda sa mère, assise sur un fauteuil qui était en train de tricoter. Sa mère était belle, très belle. La plus belle du village, de toute l'île et même du monde entier et plus encore ! Elle avait de si beaux yeux… Vert comme de l'émeraude. Enfin ça c'est ce que papa disait, l'enfant n'avait jamais vu d'émeraude de sa vie

-Qu'est ce que tu regardes comme ça mon bébé ?

Il sourit et courut dans ces bras :

-Toi !

Elle rigola et le bombarda de bisous sous une pluie de rire

-Maman maman ! Manger quoi ce soir ?

-Une bonne soupe comme tu les aimes mon bébé

-Ah oui ? C'est génial moi aussi j'adore tes soupes !

Borsalino se retourna et vit son papa. Il était en tenue de chrpentier. Il couru vers lui pour l'accueillir du travail comme il se doit. Sa maman se leva aussi et déposa un bisou sur les lèvres de son mari

-Beuuuurk !

La couple rigola sans plus de remarque. Son papa parti à la douche tandis que sa maman se mit à préparer le repas du soir. Borsalino était impatient, il adorait les soupes plus que tout au monde parce que c'étaient celle de sa maman.

Fin du flashback

Il secoua violemment sa tête. Il détestait les soupes. Le souvenir de sa mère revenait à chaque fois qu'il voyait une soupe. Et dès qu'il repensait à sa mère il repensait aussi à sa mort et à celle de son père. Son père, un charpentier banal qui a traversé tout Grand Line pour ne trouver que la mort. Il continua de secouer sa tête en la tenant entre ces mains et en hurlant pour chasser toutes ces images. Non, non, non et non ! Il ne devait plus y penser ! Il devait oublier ! Oublier !

Sengoku attrapa ces mains pour le stopper. Il comprenait bien que quelque chose n'allait pas et que ça n'avait rien à voir avec une question de goût, le problème semblait être plus profond que ça.

-Calmes toi Borsalino. Tu dois comprendre qu'actuellement tu ne peux rien avaler de plus que de la nourriture liquide. Et tu dois aussi comprendre que tu dois absolument manger, ça fait presque cinq jours. Tu dois reprendre des forces.

Il le comprenait. Il le voulait même ! D'habitude il ne mangeait que pas besoin naturel pas parce qu'il en avait envie mais là ce n'était pas le cas ! Manger un bon gros repas était actuellement son seul désir. Mais une soupe, il ne le pouvait pas. Il avait l'impression de trahir sa mère en mangeant une soupe qu'elle n'avait pas cuisiné.

-Non.

Sengoku soupira et s'adressa à l'autre colonel présent qui avait un gigot dans la bouche

-Fais quelque chose Garp ! Je peux pas m'en occuper tout seul !

-Que veut tu que j'y fasse ? Garp semblait être totalement désintéressé par l'enfant ce qui été faux mais quand il se savait impuissant il préférait ne rien voir, c'est toujours plus facile à accepter

Sengoku soupira de nouveau. Le petit Sakazuki assis à côté de Garp et juste devant Borsalino et Sengoku ne savait pas quoi faire. Il savait pourquoi Borsalino refusait de manger de la soupe mais actuellement c'est tous ce qui pouvait le sauver. Cependant il était incapable de lui demander de le faire, c'était impossible. L'obliger à boire cette fichu soupe lui ferait trop mal. Il voulait oublier le goût que pouvait avoir ce plat. Oublier est un pas en avant vers l'oublie de sa mère, un pas en avant vers sa guérison. C'est comme ça que Borsalino pensait même si Sakazuki lui avait dit plusieurs fois qu'oublier ne veut pas dire guérir mais il n'écoutait pas. Le futur amiral rouge ne savait pas quoi faire, alors il resta silencieux en regardant son plateau. Il n'avait même plus envie d'avaler quoi que ce soit.

-S'tu manzes pas viens on va faire un tour

L'enfant de lumière releva la tête.

-Mouaiiis…

Il n'était pas motivé. Il pris la béquille que lui avait donner Soraya et se dirigea vers la sortie

-Attendez ! Borsalino tu…

-Laisse les Sengoku, l'interrompit son collègue

De toute façon les enfants étaient déjà en dehors de la cafétéria. Ils marchèrent en silence, sans un mot, sans savoir où ils allaient. Ils se laissaient guidés par leur instinct. Au bout de plusieurs minutes de marche et de multiples virages dans les longs couloirs de Marinford ils arrivèrent dans un grand jardin.

-Ça doit être l'espace détente ou un truc d'genre, proposa Sakazuki

Borsalino regardait autour de lui : c'était rempli de verdure et de fleur. Un jardin parfaitement traditionnel, le genre d'endroit où il adore être. Sakazuki était fasciné par les arbres et les fleurs, il ne le disait pas à tout le monde mais il s'intéresse beaucoup au jardinage. C'était une activité tellement reposante. Et surtout la nature est vivante. Il s'occupe d'un être vivant. Mais contrairement aux humains la nature n'est pas ingrate.

Ils se mirent à explorer davantage le jardin. Sakazuki regardait chacune des fleurs avec fascination tandis que Borsalino s'était arrêté devant la mini rivière. Le bruit était reposant. Il ferma les yeux et sa laissa bercer par mère nature. Il voulu dormir mais il rouvrit les yeux en sursaut, dormir dans son état pouvait facilement être synonyme de mort.

-Borsalino ?

Son ami qui avait finit d'explorer l'endroit s'était assis aux pieds du maigrichon :

-Z'crois qu'il faut qu'on parle d'plusieurs choses

-Oooh… Comme le fait que tu as mangé toutes les provisions seulement pour pouvoir sortir et vivre des aventures ? J'espère que tu les a eu tes aventures bidons

Il s'assit à son tour. Sakazuki lui resta silencieux un moment avant de reprendre :

-Non z'parlais pas de ça. Il y a pleins d'trucs que z'aurais pas du faire et z'en suis conscient mais c'pas de ça que z'parle. Z'veux parler d'toi

-Aaah…? Tu as des choses à me reprocher ?

-Oui…

-T'es… culotté. Non ?

-Tais toi et écoute moi

Il mit sa tête dans ces genoux. Il repensa à tous les événements. Tous. Il prit une grande inspiration et commença :

-Z'veux pas que tu meures. Ce que z'te reprozes c'est d'avoir faillit mourir. Tu dis qu'tu veux m'protéger mais à quoi ça sert ? Z'pourrais pas vivre sans toi

Il marqua une pause et reprit :

-On a tous fait ensemble depuis qu'on est arrivé. Z'veux qu'ça continue encore longtemps. Ze m'imazine pas vivre cette vie sans qu'tu sois à mes côtés. Z'veux pas qu'tu meures. Z'veux pas qu'tu me laisses.

-Sakazuki… C'est pareil pour moi. Je préfère mourir que de te voir mourir

-Mais c'est stupide ! Z'veux plus zamais qu'tu fasse ça Borsalino, zamais

Le silence reprit. Ou plutôt le doux bruit que produisait mère nature. Les oiseaux, le ruisseau, le vents contres les feuilles. C'était si reposant. Aucun des deux ne voulaient briser cette si magnifique mélodie pourtant Sakazuki le fit à contre cœur. Il se leva et invita son ami à se lever lui aussi

-Pourquoi ?

-Lève toi et c'est tout

Il obéit. Une fois debout, face à face, dans ce grand jardin et devant ce petit ruisseau, Sakazuki lui tendit le petit doigts :

-Z'veux qu'on se le promette, ici, que quand on s'ra grand on deviendra amiral ensemble. Aucun de nous deux n'a le droit d'mourir avant qu'on soit devenu amiral d'accord ? On a tout fait ensemble, z'veux qu'ça continue jusqu'au bout et plus encore… Tu promet ?

Borsalino le regarda quelques secondes avant de sourire et de tendre son petit doigts à son tour

-C'est d'accord Sakazuki… Je te promet de ne pas mourir avant de devenir amiral à tes côtés

-Z'promet la même chose

Deux petits doigts qui se nouent. Deux sourires. Des rires. Et un câlin. Tout ça pour sceller une promesse éternelle. Ils ne le savaient pas encore, mais cette promesse leur permettra de survivre au dur entraînement qui les attend et à toutes ces épreuves qui composent la vie. Ils s'en sortiront. Ils vivront. Ils survivront et feront honneur à cette promesse.

Ils ne le savent pas non plus mais à quelques mètres deux hommes les ont discrètement observé. Ils ont tout vu, tout entendu. Mais ça ne les a pas surpris, ils savaient déjà ce qui allait se passer au moment où ils le faisaient

-Oooh. Qu'est ce que t'en penses ?

-Qu'est ce que tu veux que je te répondes ?

L'amiral Kizaru habillé en kimono rigola :

-On est chou non ?

-Hmpf tais toi

Il rigola encore un peu tout en continuant de regarder les enfants qu'ils avaient été. Sakazuki, le torse découvert s'occupait de ces arbres. Malgré qu'ils avaient oublié presque tout ce qui s'était passé ici, cette scène été parfaitement resté gravé dans leurs mémoires. Cette promesse ils ne l'avaient pas oublié. Sakazuki soupira, il n'était plus concentré, il arrêta son activité favorite pour s'asseoir aux côtés de son ami et boire une petite coupe de saké :

-C'est bizarre maintenant qu'on y repense. On se promettait de devenir amiral alors que nos nous plus âgés nous regardaient et eux ils étaient déjà amiral. Et maintenant c'est nous qui les regardons se promettre de devenir amiral alors qu'on l'est déjà… Puis dans cinquante ans ils se regarderont se faire cette promesse tout en étant amiral… T'es d'accord que c'est bizarre non ?

-C'est mignon

-Je te parle pas de ça !

Plus loin les deux enfants discutaient tranquillement en rigolant. C'était un bon moment de détente dans un magnifique paysage.

-Tu sais Sakazuki…

L'amiral jaune reprit la parole. Il avait perdu son sourire mais gardait un air enjoué. Il était sérieux sans trop l'être non plus, il paraissait détendu, nostalgique :

-Même si on est amiral… Même si on a tenu nos promesses… Je veux quand même pas que tu meures.

-Mais fermes là crétin tu dis n'importe quoi !

Ses joues étaient rouges, il tentait de cacher sa gêne derrière une pseudo-colère

-C'est la vérité. J'ai toujours vécu avec toi, je sais pas vivre sans toi.

-Tss

Il ne répondit pas davantage. Borsalino n'avait donc honte de rien ? Il avait toujours été sans gêne mais il y avait des limites…

-Tu sais Sakazuki, je t'aime

-M-MAIS-MAIS TAIS TOI CRÉTIN ! LA SITUATION EST HYPER GÊNANTE LÀ !

-Hmm… Ah bon ? Bah non je te dis juste que je t'aime. Y'a rien de mal si ?

De la fumée sortait de sa tête, son visage étant devenue totalement rouge. Borsalino lui se demandait pourquoi son ami était dans cet état. C'était un amour fraternel qui les unissait, Sakazuki le savait mais quand même ! Il pouvait pas lui dire ça comme ça ! C'était plus des gamins, c'était des hommes maintenant !

D'ailleurs les deux gamins ayant remarqué leur présence s'approchèrent vers eux

-Oooh… On vous dérange ?

-Hmm… Non, ça va…

-Bah il est zolie cet arbre !

L'enfant s'y approcha et fut rejoint par son alter-égo. Les deux se mirent à discuter de jardinage. Ils se découvraient les mêmes passions et bizarrement les mêmes goûts. Enfin pas si bizarrement que ça vu qu'ils étaient la même personne mais l'enfant ne l'avait pas compris.

Le deuxième s'assit aux côtés du singe jaune, détendu. Aucun des deux ne parlèrent. C'est un gargouillis émanant du ventre de l'enfant qui brisa le silence, suivis des paroles de Kizaru :

-T'as faim ?

-Oui mais je peux manger que des trucs liquides…

-Ah… Les… Soupes. Je vois.

-J'aime pas !

-Je sais.

L'amiral porta sa main à son ventre. Quand les souvenirs de son enfance le hantait il ressentait toujours un nœud coincé en bas du ventre. Comme si il n'avait jamais digéré tout ça. Après tout, on ne guérit pas de son enfance et il le sait. Il n'avait jamais réussi à oublier malgré qu'il lui était arrivé de prier dieu pour qu'il chope Alzheimer mais rien. Il essayait juste de ne pas y penser. Le poison était dans sa tête. Courir pour fuir son passé c'est comme essayer de semer son ombre. Impossible. Il avait déjà entendu que pour guérir il faut en parler à d'autres. Il rigola intérieurement. Foutaises.

Il ne pourrait même pas dire ce qu'il voudrait faire entendre. Comment dire l'indicible ? Comment expliquer l'inexplicable ? Comment soigner l'inguérissable ?

-Borsalino ?

Les deux se retournèrent, pourtant l'appel n'était adressé qu'à l'enfant pas à l'adulte

-Yep ?

-Rien.

Le petit Sakazuki s'assit tout près de lui. Le grand Sakazuki aussi vient s'asseoir aux côtés de son ami. La brise de vent était fraîche. Il était à peine quatorze heure, c'était l'heure de la sieste. Le premier à bailler fut l'amiral Kizaru. Il s'allongea, les deux mains croisés derrière la tête. Le Borsalino plus petit prit appui sur le mur, son ami l'imita, il était à moitié appuyé contre le mur et à moitié appuyé contre lui. Le grand Sakazuki s'étira et finalement il s'allongea aussi.

-Borsalino ? demanda le jeune Sakazuki en regardant les nuages

-Mouais ?

L'enfant marqua un temps de silence, son regard se posa sur un oisillon dans le jardin

-T'vas dormir ?

-Je pense. Et toi ?

-Pareil.

L'oisillon était au bord de la branche. Sa mère l'encourageait à sauter pour déployer ces ailes. Mais le petit avait peur. Puis derrière la maman apparut un autre oisillon qui sauta et vola sans problème. Comme pour montrer l'exemple à celui qui avait peur, comme pour l'encourager à aller de l'avant. L'oisillon qui avait peur quelques secondes plus tôt sembla avoir reprit confiance en lui et fit le grand saut.

-Ze t'aime Borsalino, pour toute la vie.

-Je t'aime aussi pour toute la vie.

Les deux s'endormirent presque instantanément. Sakazuki ne vit pas l'oisillon voler dans tout le jardin aux côtés de l'autre oisillon qui lui avait montrer le chemin à suivre. Il ne verra pas non plus les deux oisillons devenir de grands et fiers oiseaux.

Leurs alter-égos encore parfaitement éveillés entendirent tout. Le jaune en gloussa :

-Y'a rien de honteux à se dire ça entre ami !

-Si tu le dis…

Sakazuki ferma doucement les yeux, bercés par la mélodie si unique de la nature. Il se sentait doucement s'envoler. Il aimait cet endroit plus que tout. Et surtout il aimait l'homme qui était à ses côtés.

-Mais à quoi bon se dire des choses qu'on sait déjà ?

-Oooh…, Kizaru ne put empêcher un sourire d'apparaître sur son visage

Les deux amiraux furent transportés au pays des rêves.

-Gwahahaha alors ils étaient là ?

-Je me demande bien qu'est ce qu'ils on pu se dire

-Gwahaha c'est bien des interrogations de femme ça Tsuru ! Viens, ils ont bien mérité un peu de repos non ? Laissons leur juste un mot.

Garp et Tsuru tournèrent tranquillement les talons pour prévenir toutes les unités que non les enfants n'avaient pas disparu. Ils étaient juste aller dans le jardin privé de Sakazuki. L'endroit où seul Kizaru avait le droit d'aller librement ? Oui. L'amiral Akainu ne les avaient pas carboniser ? Non. Est ce que ces gamins sont suicidaires ?

-Gwahahaha sans aucun doute !

Voilà ! Chapitre très court mais ça me tenait à cœur de le faire ! Je voulais un peu approfondir la relation entre Akainu et Kizaru ! D'ailleurs j'espère que vous avez bien compris qu'il n'y a que du fraternel entre eux deux hein ? Bande de pervers x)

Review ? :3