Bonjour tout le monde !
Merci infiniment pour l'accueil du premier chapitre, merci pour les reviews, merci pour les mises en favoris, les alertes et merci à ceux qui sont passés lire uniquement aussi ^^ Tout cela m'a fait grandement plaisir !
Je me suis rendue compte que je n'avais pas donné le lien du tumblr de l'auteur pour que vous puissiez voir le photoset qu'elle a composé. Le voici, il suffira de remettre les bouts de chaque ligne à la suite avec le ht truc habituel au début, puis kaistrex point tumblr point com slash et la suite est là ^^
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Prévenez-moi si jamais ça n'a pas fonctionné ^^
J'espère que ce chapitre vous plaira autant que le premier (voire plus hein, pourquoi pas :3).
Bonne lecture ! Je vous laisse avec la note de l'auteur puis le chapitre ^^
Notes de l'auteur
Merci beaucoup à toutes les personnes qui ont fait un retour sur le premier chapitre ! Je ne m'attendais vraiment pas à une telle réaction 3
Chapitre 2
Derek porte déjà un pot de cornichons au vinaigre dans une main quand son téléphone vibre quatre fois dans une kyrielle rapide de sms, tous d'Erica — qui demandent de savoir où il est et pourquoi elle n'a pas les cornichons et le chocolat dans ses mains maintenant — et c'est à se demander comment son téléphone ne devient pas un gros morceau froissé de métal et de plastique lancé à travers la fenêtre de devanture du magasin.
Pourquoi a-t-il cédé à Cora ? C'est censé être elle debout ici bombardée de trois autres textos, tous ne disant rien d'autre que cornichons au vinaigre. Au lieu de ça, il sort tout droit du site de construction, a besoin d'une vraie douche et est harcelé par les images des nouvelles envies de mélanges incroyablement perturbants de sa bêta enceinte. Il est trop altruiste pour son propre bien.
Récupérant autant de morceaux de sa patience s'effritant qu'il le peut, Derek dépose le bocal de cornichons au vinaigre dans son panier avec une précaution exagérée et continue vers le bas de l'allée avec ce qu'il espère être une expression de tranquillité. Au vu de l'homme battant en retraite dans l'allée avec son caddie après un regard sur lui, il a échoué misérablement, mais il n'arrive pas à se sentir trop déçu. Il y a des gens partout, fourmillant sur le trottoir de l'autre côté, errant sans but dans les allées et partout sur son chemin. C'est seulement lorsqu'il décharge son panier à la caisse qu'il découvre pourquoi.
« Il est là ! » crie une femme d'âge mûr, le nez pressé contre la fenêtre de devanture. Elle est bien trop âgée pour faire un tel tapage mais ses deux amies ne sont pas mieux, gloussant et se mettant sur la pointe des pieds pour apercevoir quelque chose en bas de la rue. Cela amène une ruée de tous les autres clients du magasin, la plupart se précipitant dehors pour avoir une meilleure vue.
« Maman, maman ! Je veux voir le Prince ! » pleurniche une jeune fille, tirant sur la manche de sa mère, et la position d'alerte de Derek s'adoucit, en revanche il est d'autant plus pressé de sortir d'ici et aussi loin que possible de l'émeute.
Lorsqu'il se retourne vers l'homme qui le servait, il tombe sur le garçon à moitié hors de son siège, prêt à rejoindre le reste des voyeurs, mais il retombe sur sa chaise avec un bruit sourd et un glapissement étouffé à la vue de l'unique sourcil levé de Derek.
Une fois que le garçon lui a rendu sa monnaie avec des mains tremblantes, il slalome à travers la foule pressante jusqu'à sa voiture garée en bas de la rue, grimaçant en voyant que cela le conduit en direction du vacarme. Quelques personnes marmonnent des louanges au sujet de quelque campagne pour soutenir les commerces locaux mais Derek les ignore, essayant de manœuvrer sa voiture, la porte ouverte, à travers la cohue.
Baboum, baboum, baboum.
Les battements de cœur aux alentours commencent à le submerger et Derek fronce les sourcils. Il n'a pas eu de problèmes ternissant ses sens depuis qu'il est un petit enfant, la technique allant de soi, alors pourquoi est-il affecté comme ça ? Il se sent comme s'il avait largué les amarres tout d'un coup, comme si toutes ses articulations flottaient séparément et qu'il ne pouvait les retenir ensemble.
« Respire profondément, se dit-il. Assieds-toi juste et attends que ça passe. »
Il a un pied dans la voiture avant que la réalité ne le frappe et que ses jambes se dérobent, l'air éjecté de sa poitrine. Parce que ce ne sont pas des battements de cœur qu'il entend. C'est un battement de cœur, un rythme martelant sort du lot.
Sa tête se tourne, et comme une preuve que ses sens fonctionnent naturellement parfaitement, il regarde directement à la source sans hésitation.
Là, flanqué de gardes du corps gérant la foule pressante, se tient le Prince. Il y a une rougeur en haut de ses joues, un contraste charmant avec le dessin distinct qu'y forment les taches de naissances, et son nez se plisse en un sourire timide alors qu'il fait un signe de la main aux fervents citoyens qui prennent des photos.
Le Prince Héritier. Prince Stiles. Son compagnon.
Maintenant Derek a vraiment besoin de s'asseoir.
Il a vu des photos du Prince avant, évidemment, savait qu'il était attirant d'un coup d'œil rapide en quelque sorte. Mais là, en personne, si près, le battement de cœur appelant le sien à s'adapter à son rythme... Cela change absolument tout ce qu'il n'avait jamais imaginé sur le fait de revendiquer son compagnon.
Le loup en lui commence à grandir, poussant les limites de son corps en prévision de la transformation, pour annoncer sa Revendication, mais Derek lutte contre elle avec une difficulté qu'il n'a pas ressentie depuis le choc d'être devenu un Alpha huit ans plus tôt. Une rue bondée n'est jamais l'endroit pour laisser un loup en liberté, surtout en présence de quelqu'un protégé par une escorte d'abord entraînée à tirer avec des balles à l'aconit et à poser des questions ensuite.
Non, ce n'est pas le moment. Des préparations doivent être faites. Pour l'instant, tout ce qu'il a à offrir est la liste de courses d'Erica et Derek Hale sera damné s'il annonce sa Revendication à son compagnon, un prince, avec un sac de Reese's cups et un bocal de cornichons au vinaigre. Il a besoin de prendre la nuit pour garder la tête froide.
Avec ses articulations qui bougent maintenant comme si elles étaient courbaturées et rouillées, il monte dans sa voiture, conscient d'où le Prince se tient en dépit du fait qu'il ne peut plus le voir. Ignorant tous ses instincts, il avance doucement sa voiture à travers la foule et hors de la ville. Pendant tout ce temps, le martèlement du cœur de son compagnon ne s'atténue pas.
L'allée sinueuse menant à la maison des Hale au fond du domaine de Beacon Hills donne l'impression que quelqu'un a pris un stylo et a dessiné à la fin une quinzaine de kilomètres en plus, le loup en lui gémissant du fait d'avoir laissé son compagnon, de plus en plus loin derrière lui.
Depuis qu'il est hors de portée du son physique des battements de cœur du Prince Stiles, il ne peut s'empêcher d'essayer de décrire comment est celui qui résonne toujours dans sa tête. Parce que ce n'est pas un son qu'il capte avec ses oreilles et cela ne cogne pas sourdement dans son cerveau. La meilleure façon qu'il a de l'expliquer est plus comme imaginer un son. Mais ça ne peut alors plus être appelé un son du tout, et maintenant qu'il essaie d'imaginer l'explosion d'un verre ou le claquement d'une porte, ils n'apportent pas la même sensation tangible.
Pour quelqu'un d'aussi habitué à avoir une compréhension parfaite de ses sens, le fait que ce soit une épreuve d'expliquer est frustrant, mais il est rapidement distrait par les battements de cœur de son compagnon s'accélérant brutalement et la soudaine précipitation fait que Derek résiste à l'envie irrépressible de faire un 180 pour s'assurer qu'il n'a pas été assailli par la foule ou ne s'est pas fait tirer dessus ou encore n'a pas été pris en otage. Il essaie de se dire qu'il devient ridicule mais une toute petite, minuscule, géante partie de lui est complètement trop consciente du fait que les scenarii devenant envahissants dans sa tête ne sont pas si loin des sortes de choses qui pourraient à vrai dire arriver. Il serre le volant avec une force telle qu'il n'est pas sûr que même le métal renforcé va résister et refuse de s'autoriser un unique coup d'œil dans le rétroviseur.
Quand il sort finalement devant la maison, la porte d'entrée s'ouvre en grand et Erica s'affaisse devant, les yeux dorés de bêta.
« Qu'est-ce qui t'a pris autant de temps ? » siffle-t-elle entre ses crocs, et Derek aurait levé les yeux au ciel s'il ne s'était pas percé la peau avec ses griffes pour ses problèmes déjà aujourd'hui. Il commence vraiment à se demander qui est le vrai Alpha.
Mais quand il fait le tour de la voiture et voit sa main posée sur son ventre gonflé, l'irritation frémissante s'évapore, calmée par l'arrivée à ses sens de deux battements de cœur supplémentaires.
Il ne s'embête pas à répondre, récupère seulement le sac et la suit à l'intérieur, prenant une profonde inspiration du sauté de poulet de Boyd. Son plat de prédilection est ses lasagnes et Derek aurait aimé qu'il y en ait pour une portion copieuse, mais avec la soudaine aversion d'Erica au fromage, au lieu de ça, il va devoir le cuisiner avec des nouilles.
Après avoir salué Cora et Isaac qui regardent la télé dans le salon, il monte les escaliers pour faire un brin de toilettes avant le dîner, content de garder les nouvelles pour lui pour un petit moment encore.
Entouré par sa meute, son premier instinct est de garder son compagnon secret, comme si le présenter déjà Revendiqué allait le révéler être un Alpha compétent, mais son compagnon étant une personne avec une si grande notoriété, le seul moyen d'être capable de leur cacher est qu'il fasse sa Revendication en privé. Derek répugne à utiliser cette approche, et pas seulement à cause de la propension à la possessivité manifeste de son loup.
Quelques années auparavant, il y avait eu de nombreuses rumeurs sur un loup qui avait juste fait ça pour une princesse étrangère, sans respect pour l'agitation que sa Revendication allait créer. Il n'a soi-disant jamais été revu.
Derek est bien trop conscient qu'il y a moins d'une semaine jusqu'à la prochaine pleine lune, moins d'une semaine pour courtiser un prince et administrer la morsure de Revendication avant que son loup ne faiblisse sous l'attraction de la lune et ne se sépare de son corps, un processus qui ne se terminerait que par sa mort.
Ca ne lui arrivera pas. Il allait attirer toute l'attention qu'il pourrait, le crier sur les toits. Il ne se verrait pas refusé.
Une fois que sa meute est complètement assise pour dîner, il fait l'annonce. Cora laisse tomber ses couverts, sa fourchette rebondissant sur le sol, Erica fond en larmes qu'elle essuie avec colère de ses yeux, sanglotant sur ses « putains d'hormones ». Boyd est stoïque comme toujours — bien qu'il caresse le dos d'Erica — pendant que les yeux grands ouverts alternent rapidement entre eux, un minuscule sourire enthousiaste étirant les coins de sa bouche.
Le grand plaisir de sa meute nourrit le sien. Après tout, on n'a pas besoin d'être un génie pour comprendre que ça devient dur d'être constamment la troisième ou cinquième roue du carrosse, en étant l'Alpha de deux couples de compagnons avec un cercle social pas beaucoup plus grand à qui parler.
Mais les choses se sont si bien passées, mieux qu'il ne l'avait jamais imaginé après la perte de presque toute sa famille, qu'il n'avait jamais voulu montrer même pas un petit morceau de mécontentement juste dans le cas où le destin serait tenté. Cela lui avait pris un long moment avant de s'autoriser à vouloir même de simples luxes dépassant les besoins de sa meute, toujours à un pied de s'échapper par la porte pour passer la nuit à garder le périmètre du territoire des Hale en transformation complète.
C'est pourquoi le jour où il s'est finalement ouvert à Cora sur le fait de vouloir trouver son compagnon a été une étape importante dans sa guérison. Ce n'est pas passé inaperçu que la propre disposition de Cora s'est améliorée drastiquement en rencontrant son compagnon humain, Isaac, et Derek peut quand même admettre éventuellement qu'il a été envieux de l'encouragement supplémentaire que cela lui a donné pour vaincre ses démons.
Il sait que cette conversation est fraîche dans leurs esprits quand il regarde autour de la table, celle-ci s'étant terminée sur eux, tous blottis les uns contre les autres pour dormir dans le salon, réconfortant leur Alpha.
Maintenant qu'il lui a été donné quelque chose pour lequel il va se permettre le courage d'espérer pour, il va le saisir à deux mains et ne jamais le laisser partir.
Cela prend deux minutes pour qu'ils commencent à argumenter sur qui est responsable du fait qu'il ait trouvé son compagnon.
« Premièrement, sans que je ne lui envoie une liste de courses, il n'aurait jamais été là-bas ! dit Erica, indignée.
- Et si je ne l'avais pas fait aller à ma place ce ne serait pas arrivé ! soutient Cora. Derek ne pense pas qu'il a déjà entendu quelqu'un paraître si fier de fuir ses responsabilités.
- Sur qui paries-tu : la sœur ou la femme enceinte ? murmure Isaac à Boyd.
C'est définitivement un bras-de-fer.
Cora sourit d'un air suffisant de victoire.
- Elle ne va pas être enceinte pour longtemps, mais je serai toujours sa sœur, dit-elle, comme si c'était terminé.
Cela continue pour le reste du repas, et quand ils sont bien en train de faire la vaisselle, Derek essaie d'y mettre fin.
- Je suis celui qui est responsable de l'avoir trouvé.
- Et comment as-tu deviné ça ? demande Cora, une main restant sur sa hanche penchée de manière menaçante.
- Parce je suis l'Alpha, dit-il, simplement.
Bien sûr, Erica a ordonné à un d'entre eux d'aller faire les courses, et oui, Cora lui a refilé la tâche alors que c'était son tour, mais ce sont ses instincts de protection et de service envers la meute — et son bébé à naître — qui l'ont mené à Beacon Hills au moment exact où le battement de cœur qui l'avait évité depuis les vingt-six dernières années a résonné dans sa tête.
Cora et Erica se jette un coup d'œil puis Derek les a accrochées chacune à un bras, s'étirant pour frotter leurs joues contre les siennes.
- Ooh, écoutez l'effrayant nounours ! chantonne sa sœur.
- Si grand et méchant, approuve Erica, adoptant la voix qu'elle utilise pour parler à la bosse de son bébé.
Derek souffle et lève les yeux au plafond.
- Vous ne le rencontrerez jamais, jure Derek, et leurs exclamations scandalisées sont comme de la musique à ses oreilles.
Cette nuit — le gagnant du premier tour d'argument laissé irrésolu — Cora l'enveloppe dans une étreinte serrée devant sa porte de chambre.
- Un putain de prince, murmure-t-elle dans son oreille. L'émerveillement en conflit avec l'incrédulité dans sa voix.
- Toutes ces années où tu as attendu, et ton compagnon se révèle être un putain. De Prince. Tu ne peux pas faire les choses à moitié, n'est-ce pas ? rigole-t-elle, ébouriffant ses cheveux. »
Il frémit de fierté. « Non, approuve-t-il. Et un prince n'accepterait rien de moins. »
Lorsqu'il se couche pour dormir, le battement de cœur de son compagnon s'est déjà adouci de sommeil et cela l'endort plutôt que de le garder éveillé. Il étreint son oreiller dans ses bras, un leurre pour substitut du corps qui l'appelle, et rêve de chasse fructueuse.
Les sabots de chevaux tels des battements de cœur s'élevant devant lui sont un doux crescendo qu'il n'a pas entendu depuis longtemps. Les battements de cœur de son compagnon sont tel un métronome inébranlable pour les animaux apeurés dont il part à la poursuite, son propre cœur chantant. Il est tellement gagné par l'excitation de sa Revendication, laissant son loup prendre le dessus, qu'il en tue un second sans s'arrêter pour penser. Une fois qu'il a récupéré les deux corps, sa poitrine se gonfle.
Un prince.
Il est content que personne d'autre ne soit là pour voir sa queue cogner le sol comme un chiot enthousiaste.
Transporter les carcasses est laborieux, mais il ne fait aucun doute dans son esprit que son compagnon sera ravi. Impressionné. Le Roi, aussi, sera fier que son fils ait un compagnon si capable.
Lorsqu'il atteint la ville — quasiment à une heure de route de Beacon Hills, mais plus rapide en loup — le trafic s'arrête. Il sait qu'il a une allure terrifiante, mais la présence des cerfs est suffisante pour faire comprendre qu'il ne veut aucun mal. Il marche lentement le long de la rue avec sa tête tenue haute, royale, et une petite foule se rassemble derrière lui, grandissant pendant qu'il avance. Au moment où il atteint la Promenade Royale, il semble qu'il traîne la moitié de la ville. Il ne peut empêcher le bruissement fier occasionnel de sa queue à la pensée d'un tel public pour sa Revendication.
Il se met à marcher au centre du large chemin, ignorant les civils bouche bée restés sur les bancs ou se relaxant à l'abri du soleil. Il se concentre plutôt sur les battements du cœur du Prince Stiles qu'il sait venir de quelque part juste devant, et il attend le moment où ses oreilles capteront les vrais.
Une fois avoir atteint les portes en métal forgé du palace, il prévoit de déposer ses offrandes et d'attendre, c'est donc inattendu lorsqu'elles s'ouvrent, les fioritures dorées étincelant sous le soleil de midi. Il n'hésite pas à avancer lentement à l'intérieur, les armes pointées sur lui de tous les côtés loin de ses préoccupations.
Le Roi John apparaît à l'entrée principale et se tient en haut des escaliers du palais, entouré par ses propres gardes personnels. Ses yeux verts sont neutres mais sa mâchoire fixe est sombre et Derek est sûr qu'il aurait brandi une de ses armes s'il en avait eu une à la main. Il se demande si le Roi lui aurait tiré dessus avant qu'il ne puisse parler s'il avait su que Derek était sur le point d'annoncer sa Revendication pour son fils.
Personne ne bouge, mais les battements de cœur du Prince Stiles sont hauts, bien sûr, cela frappe les oreilles de Derek juste au moment où quelqu'un a l'intérieur crie le prénom du Prince, audible à travers les portes ouvertes du bâtiment différemment insonorisé. Il apparaît après avoir couru un moment plus tard, s'agitant pour s'arrêter à côté de son père, et Derek se tient la tête encore plus haute sous l'attention de son compagnon. C'est la première fois que le Prince pose les yeux sur lui et il frissonne à l'idée que son compagnon découvre l'homme en-dessous.
Après avoir déposé les carcasses à ses pieds, il amadoue son loup pour reprendre le contrôle pour regarder encore une fois son compagnon avec ses yeux humains, absolument pas embarrassé par sa nudité.
Les yeux du Prince Stiles s'écarquillent, aussi larges que des assiettes et Derek soupire de sentir la rougeur exquise s'étalant sur ses jours et jusqu'en bas de son cou sous le bout de ses doigts. Il garde son emprise au sol, les pieds fermement ancrés et les épaules en arrière, se contentant du martèlement erratique du cœur de son compagnon qui saute un battement. Il ne peut s'empêcher de pavaner sous son attention et en sachant que son apparence lui plaît en dépit du fait qu'il est poisseux de sang.
« Qui prononce cette Revendication devant Luna, déesse de la Lune ? »
Le début de la Revendication orale fait rater un battement au propre cœur de Derek et il prend une profonde respiration, sachant qu'il ne fera ça qu'une fois.
« Derek Hale. » Sa voix résonne dans la cour et il ne baisse pas le regard même en face du Roi, fier de son nom et de son propre héritage.
« Et qui Luna, déesse de la Lune, bénit-elle pour recevoir cette Revendication ? »
C'est son estomac qui tressaute cette fois, le premier vestige de nervosité qu'il lui fait savoir. Ses prochains mots vont changer le destin du pays tout entier.
« Son Altesse Royale, le Prince Héritier de Beacon. »
Personne ne fait un bruit, pas même la foule dans son dos, et Derek se trouve finalement content qu'aucun doigt choqué ne presse une détente.
« QUOI ? »
Il rigole presque au choc du Prince Stiles, la joie s'échappant par tous les pores de sa peau, mais le Roi John se contracte, se plaçant partiellement devant son fils et le visage de Derek s'assombrit. Le Roi réalise son erreur même si cela se produit avec un sursaut presque imperceptible et retourne à sa position initiale. Mais c'est trop tard. L'insulte est évidente. Son réflexe parental accusant facilement Derek de n'avoir aucun contrôle, comme s'il s'attendait à le voir sauter sur son fils maintenant que sa Revendication a été prononcée, plonger ses dents dans son cou et le monter ici et maintenant sans un soupir de consentement.
Il le veut. Par Dieu, oui il le veut. Dévoiler le cou de son compagnon, goûter ce pouls qui le hante à chaque instant, regarder son magnifique compagnon accueillir chaque large centimètre de lui jusqu'à ce qu'ils s'accouplent, cette belle bouche rose, rouge d'avoir été mordue et suppliant pour son nœud.
Mais Derek est un Alpha d'un contrôle impeccable. Ses yeux n'étincèlent même pas à l'affront, là où n'importe quel Alpha moins important aurait grogné et montré leurs dents à n'importe quelle personne qui aurait voulu empêcher leur Revendication, roi ou non.
Pendant que les spectateurs restent pétrifiés, Stiles se penche pour parler à l'oreille de son père d'une voix éraillée, trop basse pour les personnes de la sécurité et les habitants qui filment probablement chaque seconde au-delà du portail, mais Derek capte chaque mot essoufflé.
« Mais comment ? Je n'ai jamais rencontré cette homme, il n'y a aucun moyen que ce soit réel, c'est une erreur, ça doit l'être, je ne peux pas être le compagnon de quelqu'un, je suis un prince, ça ne peut pas se produire maintenant — »
Ses battements de cœur tonnent aux oreilles de Derek, juste comme le martèlement frénétique de sabots comme plus tôt dans la matinée. Mais au lieu de l'excitation de la chasse, cela le fait juste se sentir malade. Il se demande, de manière absente, en même temps qu'il fait un pas lent en avant, s'il sera capable de sentir les émotions de Stiles sans être à côté de lui, juste en apprenant les nuances de ses battements de cœur.
« Reste en arrière ! l'agresse le garde juste devant lui et Derek s'arrête.
Cela stoppe le babillage du Prince, mais sa respiration comment juste à s'accélérer, des halètements saccadés ponctuant le martèlement aux oreilles de Derek. Il fixe son compagnon de ses yeux carmin, suivant son instinct nouvellement éveillé.
- Respire, murmure-t-il, les vibrations de son autorité d'Alpha grondant dans sa poitrine, et cela ne devrait pas être possible, pas avec un humain, pas avec quelqu'un qui ne fait pas officiellement partie de la meute, mais c'est là : les poumons de Stiles se gonflent, son corps s'exécutant sous l'ordre, une respiration prudente à la fois. Avec ça, la vérité de sa Revendication est incontestable, la preuve du lien qu'ils attendaient.
Le Roi prend deux seconds pour traîner sa main sur sa figure.
- Oh par l'enfer, grommelle-t-il, la bouche ne bougeant pratiquement pas, un cauchemar politique se gravant sur chaque ligne de son sourcil froncé.
- Apportez-lui des vêtements », ordonne-t-il à toute la cour avant de baisser sa voix pour que seules les oreilles de Derek ne l'entendent.
« Et ensuite nous déciderons de ce que nous allons faire de vous. »
Notes de fin de chapitre de l'auteur
Je déteste quand les auteurs changent de points de vue seulement pour reprendre exactement la même scène — et voilà que je le fais ! Je voulais donc juste dire qu'il n'y aura plus aucun point commun entre les chapitres et maintenant on se concentre seulement sur l'intrigue ^^
Alors ce second chapitre ?
A la semaine prochaine et merci d'avoir lu jusqu'ici !
