Bonjour bonjour !

Merci à toute personne qui est passée par ici, qui est restée inconnue ou qui a décidé de suivre, de mettre en favori ou de commenter ! (Ce ne sont que des « ou » inclusifs, of course). Ca fait très plaisir de voir que le travail de l'auteure plaît également au public francophone !

Les RAR pour les non-inscrits sont en fin de chapitre ^^

Bonne lecture !

PS : dans la note de l'auteure qui suit, ce qui est souligné est normalement barré. Vous comprendrez pourquoi après avoir lu ^^


Notes de l'auteure :

Note rapide : J'ai essayé de trouver si la viande de cerf est toujours appelée venaison (et si c'est réellement vraiment mangé) mais je n'ai pas réussi à trouver la réponse (Stiles m'aurait probablement traité de gêne). Je l'ai utilisé quand même. Merci VampuricWerewolf pour avoir confirmé que c'est correct !


Chapitre 4

Derek n'entend plus parler du palais pour le reste de la journée.

Une fois arrivée à la maison, sa meute reste silencieuse dans le salon, il peut donc facilement entendre son nom dans les reportages à la télé. Il ne veut pas particulièrement savoir ce que les gens disent, mais ce sera bénéfique d'au moins savoir où il en est. Sa meute attend patiemment qu'il s'habille et à peine entré dans le salon, Cora est sur lui, les bras autour de son cou.

« Je suis tellement fière de toi, murmure-t-elle, et Derek cache son sourire dans ses cheveux.

Elle s'éloigne avec les yeux humides à temps pour lui pour voir répétées des séquences filmées en direct, une heure avant, d'une journaliste parlant à la caméra depuis le lieu où elle se tient, derrière les portes du palais. Un moment plus tard, Derek s'éloigne en courant complètement transformé et sort du champ et c'est dur pour lui de comprendre le fait que tout ça s'est réellement passé.

- Comment ça s'est passé une fois que tu étais à l'intérieur ? demande Isaac, se levant pour permettre à Derek de s'asseoir au milieu du groupe.

Il se laisse tomber lourdement sur les coussins et soupire.

- Je ne sais pas. Je ne pense pas que le Roi m'apprécie tellement.

- Il faut s'y attendre pour l'instant, lui assure Cora, se rapprochant d'Isaac suffisamment prêt pour pouvoir se presser entre eux.

- Tu as fait ce qu'il fallait, dit Boyd depuis le sol à ses pieds.

Connaissant sa discrétion, l'approbation de son bêta stoïque aide à calmer les doutes agités de Derek.

- Maintenant, plus personne ne peut te couvrir, approuve Cora, caressant les cheveux de sa nuque.

- Ouais, littéralement ! chante Erica en pointant la télé du doigt qui maintenant montre une version censurée du moment où il énonce sa Revendication, bien que cette fois ce soit filmé par la caméra tremblante du téléphone de quelqu'un. Elle commence à glousser avec une femme située juste à la droite du champ qui essaie de couvrir les yeux de sa fille pendant que les adolescents la poussent et s'étirent pour avoir une meilleure vue.

- D'après un échantillon du public, tu es un honteux déviant qui force un brillant jeune homme à une relation homosexuelle, l'informe Erica, un peu trop joyeuse à son goût.

- Mais « homosexuel » n'est pas le mot qu'ils ont utilisé, ajoute sombrement Isaac.

- Et ils n'ont clairement pas vu la façon dont il te regardait. Non mais, regarde ! dit Erica, agitant sa main face à la bouche bée de Stiles, les yeux vitreux de son expression au moment où Derek a enlevé son tee-shirt devant lui. Le garçon est affamé !

- Erica ! s'exclame Derek, scandalisé, mais il ne peut nier ressentir une satisfaction grandissante à la constatation.

- Tu as déjà un site de fans sur internet, l'informe Cora en le faisant défiler sur son téléphone. Quelques filles ont déjà pleuré que le Prince n'était pas assez bon pour toi.

- Il n'est pas assez bon pour moi ? répète Derek, stupéfait.

Les présentateurs télés passent l'antenne à un envoyé spécial qui est loup-garou et qui commence à s'épancher sur combien c'est un honneur pour Derek d'avoir donné deux cerfs et combien il est un bon parti et comme c'est romantique et beau qu'il ait fait une telle déclaration devant tant de personnes. Les présentateurs doivent à vrai dire couper l'antenne parce qu'elle ne veut juste pas arrêter de parler, et ils commencent ensuite à discuter des nouvelles informations déterrées du passé de Derek, sonnant comme concernés par le fait qu'il pourrait être en danger et finalement Boyd éteint la télé.

- Alors, il est comment ? demande Erica dans le silence qui suit.

Derek fixe ses mains, toujours capable de sentir la tension enroulée autour du poing de Stiles, les battements de son cœur comme le tapotement de doigts contre chaque centimètre de sa peau, encore maintenant.

- Nerveux.

- Il va changer d'avis, promet Cora.

- Quand y retournes-tu ? demande Isaac.

- Le Roi a dit qu'ils prendront contact avec moi.

- Le Roi, répète Isaac avec une explosion de rire incrédule. Est-ce que ça a vraiment lieu ?

- Rien n'a lieu pour l'instant, corrige Derek, morose.

- Tout va fonctionner. Tu verras, dit Cora en même temps qu'elle pose un baiser sur sa tempe.

Il apprécie toute l'affection physique qu'elle offre, mais cela n'apaise pas son esprit.

Cette nuit, il renonce au prétexte de se préparer pour la nuit, sachant déjà que son esprit allait l'empêcher de dormir à chaque instant. Au lieu de ça, il se déshabille et se transforme pour passer des heures en solitaire avec son passe-temps préféré, soit patrouiller le long du périmètre du territoire. Il n'est pas encore convaincu qu'aucune sorte de groupes d'agents secrets militaires envoyés par le Roi ne va pas essayer de s'infiltrer au milieu de la nuit pour les réduire, sa meute et lui, au silence.

Les équipes de journaliste sont campées à la toute fin de l'allée d'accès, rôdant le long du domaine, le désir d'un scoop exclusif n'étant pas suffisant pour les empêcher d'essayer de pénétrer illégalement sur le territoire d'un loup-garou. Personne ne veut qu'un Alpha de sa taille jaillisse hors des arbres et arrache la moitié des personnes présentes, surtout lorsqu'il fait froid, évidence complète, partout dans les médias, de ce que Derek a exactement fait précédemment.

Il s'attarde là-bas pendant un long moment, perturbé par le nombre aussi important de gens aussi proches de son territoire. Une partie de lui souhaite que quelqu'un fasse un mouvement, quelque chose pour brûler un peu de l'énergie bourdonnante qui se tortille en lui, mais il sait que n'importe quel type de confrontation lui donnerait une imagine négative, peu importe combien il serait dans ses droits.

Il repart, prudent pour ne pas faire de bruit qui pourrait les alerter de sa présence, et il continue son parcours. Si n'importe qui a décidé de mettre en place une attaque, ce ne sera pas sur la rue principale.

Il garde le rythme avec les battements de cœur de Stiles pendant qu'il court. Ils ne se sont toujours pas calmés grâce au sommeil en dépit de l'heure tardive et Derek ne peut s'empêcher d'agoniser sur ce que cela signifie. Qu'il est déchiré et ne peut décider ? Qu'il se tourne et se retourne parce qu'il envoie quelqu'un à la mort ? Ou peut-être qu'il ne peut pas dormir parce qu'il est anxieux mais avide de le voir à nouveau ?

Derek s'ébroue. L'odeur nauséabonde de la misère étouffante lorsqu'il a mentionné la fin des fiançailles de Stiles avec cette Princesse apparaît à nouveau dans ses narines et il sait que ce n'est définitivement pas la dernière fois que ça arrive. Il se souvient d'un des journalistes à la télé plus tôt cet après-midi se demandant comment la pauvre Princesse est tirée sous les projecteurs des journaux, et il ne s'arrête pas lorsqu'il termine son premier tour du périmètre.

Dans le ciel au-dessus, la lune est ronde et continue de croître, un sablier laissant couler du sable goutte à goutte sur sa tête.


Après des heures à traîner dans le domaine, Derek est réveillé dans la matinée d'un somme au pied de son arbre préféré, dans le jardin de derrière, par Cora criant son nom par la fenêtre de la cuisine.

« C'est pour toi ! appelle-t-elle, tendant le téléphone à l'extérieur.

Derek étire son dos en même temps qu'il se lève, un bâillement puissant scindant largement sa mâchoire, avant de trotter vers elle. Il se transforme sur le chemin, frottant ses yeux à moitié fermés avec ses mains humaines, mais cela ne le rend pas assez conscient pour un appel téléphonique de si bonne heure.

- Bonjour ?

- Derek ? Mon nom est Alan Deaton. J'appelle avec un message de Sa Majesté le Roi.

Ca le réveille définitivement. Aussi rudement qu'un cube de glace tombant dans le dos de son tee-shirt.

- Oh, répond-il maladroitement, entendant Cora grogner derrière lui.

- Il vous invite à dîner ce soir à dix-neuf heures précises.

Derek est toujours en train d'essayer de comprendre l'énormité de cette phrase lorsque Deaton reprend.

- Nous comprenons que votre meute est... eh bien...

Derek comprend l'hésitation d'Alan comme une réticence à causer une offense et se rattrape à vrai dire à temps pour le sauver de la difficulté de trouver un mot acceptable.

- Petite ? complète-t-il, et Alan semble soulagé de ne pas avoir besoin de pointer une faiblesse du doigt. Après tout, les Alphas trônent habituellement à la tête de bien plus grandes meutes et il est coutume qu'une délégation assiste à la seconde étape de la Revendication — si c'est ce à quoi le Roi l'invite.

- Ils sont tous les bienvenus pour nous rejoindre. Nous avons également remarqué qu'une de vos bêtas est enceinte.

Il marque une pause ici, comme s'il laissait de la place pour un « nous savons tout de vous » non prononcé. Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour subvenir à ses besoins.

- Elle ne peut pas manger de fromage, dit rapidement Derek, réticent à répéter quelque chose proche de la Grande Débâcle de Pizza qui s'est déroulé la semaine passée, surtout devant des invités. Ca n'a pas été mignon.

- Très bien, je vais en informer le personnel de cuisine.

Un léger grattage indique qu'il est en fait en train de le noter.

Ce n'est qu'au moment où Alan est sur le point de raccrocher — après avoir transmis quelques détails de plus, comme le fait qu'il s'attende à le voir arriver en voiture cette fois-ci — qu'il réalise que les battements dans sa tête coïncide avec uns de ceux au bout de la ligne.

- Est-il là ? demande-t-il avant que des pensées rationnelles ne se pèsent entre elles et arrivent à la conclusion que ce n'est pas probablement pas une question appropriée.

- Aimeriez-vous parler avec lui ? demande Alan, et Derek peut dire à qui il demande, mais en entendant les bruits de cris avortés à l'autre bout, Stiles donne une réponse suffisante.

Les cris deviennent plus bruyants, ponctués par un sifflement « Bâtard », et ensuite Stiles glapit dans le téléphone :

- Je ne parlais pas de toi !

- Je ne t'en aurais pas voulu si tu l'avais fait, répond Derek ironiquement, mais Stiles reste silencieux de l'autre côté, excepté pour les échos de son cœur.

Juste au moment où il réalise qu'il a oublié d'utiliser toute forme appropriée pour s'adresser à Stiles, le Prince lâche :

- Nous mangerons de la venaison !

Le halètement de Derek est seulement entendu par la tonalité à l'autre bout de la ligne et ses bras retombent à ses côtés comme des pâtes molles, à peine capable d'agripper le téléphone.

Il avait supposé que l'appel téléphonique serait seulement le prélude de bonnes nouvelles, surtout si le reste de sa meute avait été invité à être présent, mais l'entendre de la propre bouche de Stiles...

Son compagnon l'accepte.

Il se retourne pour fixer de ses yeux écarquillés Cora qui l'emmène, chancelant, jusqu'au rebord de la fenêtre pour un câlin amical.

- Je te l'avais dit, dit-elle et Derek est tellement fou de joie qu'il oublie de la pincer pour sa suffisance.

- Qu'est-ce que je vais porter ? hurle Erica depuis l'étage et Derek étouffe son rire dans le cou de Cora.


Des heures plus tard, Derek se tient devant le miroir de plain pied de sa chambre, alternant entre tirer sur les revers du blazer charbon qu'il porte et lisser quelques mèches de cheveux qui ne veulent. Juste pas. Rester.

- Allez Derek. Nous devons partir maintenant si nous voulons arriver dans les temps », dit Cora, traînant dans l'embrasure de la porte dans une robe bleu nuit que Derek n'a jamais vue auparavant. Elle siffle lorsqu'il se tourne pour lui faire face. Je t'avais dit que tu serais bien.

Il a froncé les sourcils plus tôt lorsqu'elle et Erica ont étendu son costume à pantalon noir, chemise blanche et le blazer, mais maintenant il ne peut s'empêcher d'approuver à contrecœur — même s'il n'en peut plus de tous les « Je te l'avais dit » de Cora.

Elle s'avance et défait un bouton supplémentaire de sa chemise, ce à quoi Derek répond par un haussement de sourcil.

« Quoi ? demande-t-elle en haussant les épaules. Il va aimer ça.

- Venez, vous deux ! appelle Isaac en direction du haut des escaliers et Cora prend Derek par la main pour le mener hors de la chambre.

- Le garçon va être désespéré ! crie Erica depuis le salon lorsqu'ils atteignent le rez-de-chaussée et Derek grogne.

- Si tu dis quelque chose comme ça lorsque nous seront au palais... prévient-il depuis l'embrasure de la porte pendant qu'Erica met une dernière touche de rouge à lèvres rouge, un rappel parfait de la robe qu'elle porte qui se resserre à la taille avant de s'évaser en une cascade lâche au-dessus de son ventre bombé. Elle serre ses lèvres ensemble pour qu'elles soient recouvertes uniformément — ou pour n'importe quelles raisons les filles font cette chose — puis lui lance un sourire espiègle.

- Chaussures, ordonne Cora, le rapprochant pour s'asseoir sur les escaliers, mais il finit par seulement regarder fixement ses lacets jusqu'à ce que sa sœur ait pitié de lui.

- De quoi t'inquiètes-tu autant ? demande-t-elle et Derek prend quelques longues secondes à avaler la boule d'anxiété dans son ventre, essayant de trouver la plus grande raison qui fait qu'il est dans un tel bazar.

- Et si la viande n'est pas bonne ? finit-il par demander et le cœur de Boyd ne loupe pas un battement lorsqu'il répond.

- Alors ils l'auront mal cuisinée.

La certitude avec laquelle il le dit est comme du soleil perçant à travers les nuages après un orage, et Derek arrête finalement d'agoniser suffisamment longtemps pour lacer son autre chaussure.

- Les garçons, souffle Erica, sortant du salon les yeux écarquillés et avec les mains sur son ventre bombé.

Le cœur de Derek fait une embardée, s'attendant pendant une seconde à ce qu'elle soit sur le point d'annoncer la venue de son bébé.

- Je vais peut-être accoucher dans le palais ! crie-t-elle, tapant ses mains sur sa bouche dans l'excitation, et Derek vacille en arrière, considérant l'idée de lui ordonner de rester à la maison.

Pendant qu'Isaac la réprimande pour leur avoir fait une belle frayeur, Derek récupère ses clés sur le plan de travail de la cuisine.

- Tu ne prends pas la Camaro, dit Cora, et Derek se retourne pour la voir avec les mains sur les hanches.

- Bien sûr que je la prends.

- Eh bien, tu ne conduis pas dans cet état, dit-elle, tendant sa main pour les clés.

Derek est un tel tourbillon qu'il les lui remet presque, mais recule violemment sa main à la dernière seconde.

- Je n'arriverai pas au palais dans le siège passager !

- Les Alphas, murmure-t-elle en secouant la tête.

- Je me souviens précisément de toi, insistant pour apporter à Isaac un animal fraîchement tué depuis les bois, repas après repas, lorsque tu lui faisais la cour. Peut-être que je devrais raconter cette histoire cette nuit à la table du dîner.

Elle plisse les yeux.

- Bien. Mais je monte à l'avant.

Ils la suivent tous à l'extérieur et elle se rapproche d'Isaac pour lui faire un bisou sur les lèves avant qu'ils soient finalement sur le chemin, le reste de ses bêtas dans le Land Rover de Boyd, roulant derrière eux.

Le seul mauvais moment du trajet a lieu à la fin de leur allée, lorsqu'ils doivent ralentir jusqu'à avoir l'allure d'un escargot pour éviter d'écraser un des journalistes ou caméramans avide d'une déclaration. A part ça, il est facile d'avancer, même si Derek regrette de ne pas pouvoir prendre la route la plus directe à travers les arbres dans la peau de son loup, sentir le sol défiler sous ses pattes, le vent dans sa fourrure. Il a essayé de baisser sa vitre pour obtenir un effet similaire mais Cora lui a donné un coup de poing dans l'épaule, faisant des histoires sur le fait de ruiner sa coiffure, donc il regarde maintenant le pare-brise de travers, niant avec véhémence le fait qu'il boude pendant que sa sœur continue un chant têtu de « Si, tu la ruines. » On dirait qu'ils sont des adolescents à nouveau et il prend un plaisir chaleureux et duveteux à savoir que certaines choses ne changeront jamais.

Lorsqu'ils commencent à s'approcher du palais, Cora semble commencer à tapoter avec énergie à côté de lui, se penchant en avant sur son siège pour avoir une meilleure vue. Plus d'équipes de journalistes — ou peut-être les mêmes — attendent à l'extérieur mais ils sont suffisamment faciles à ignorer.

Juste comme le jour précédent, les portes s'ouvrent lorsqu'ils s'approchent, cette fois peut-être en sachant leur plaque d'immatriculation plutôt que le choc d'un Alpha complètement transformé, et il peut déjà voir Stiles et le Roi John attendant en haut des escaliers avec un autre homme et une fille lorsqu'ils roulent à l'intérieur.

Quelqu'un s'avance pour prendre ses clés quand il sort de la voiture, et Derek ne peut s'empêcher de faire briller ses yeux en avertissement à la manière impatiente qu'a l'homme de regarder la Camaro. Cora le tape dans le dos et il les lui confie, réticent, se retournant pour voir que Boyd a déjà fait la même chose.

Il ne bouge plus pendant un moment — du moins, c'est tout ce qu'il espère que c'est—lorsqu'il obtient une meilleure vue de Stiles en haut des escaliers. Il est dans son propre pantalon noir, mettant en valeur ses jambes d'un kilomètre de long, et il porte même un nœud papillon qui— a le motif du logo Batman. Derek doit mordre sa lèvre pour s'empêcher de sourire, mais il ne pense pas qu'il a réussi.

Cora et Erica saluent Stiles et le Roi avec les petites révérences qu'elles ont pratiquées toute la journée comme Derek leur a présentées, ainsi qu'Isaac et Boyd qui inclinent leur tête. Le Roi semble assez heureux de les rencontrer, son front ridé d'hier ne pouvant être aperçu, au moins lorsqu'il les présente au meilleur ami de Stiles, Scott et sa petite amie Allison.

Qu'eux deux soient présents à une occasion si importante fait bien comprendre à Derek qu'il rencontre pratiquement la meute de Stiles, humaine, comme ils doivent tous l'être. Scott et Allison sourient poliment et ne soufflent aucun mot mensonger lorsqu'ils disent qu'ils sont ravis de les rencontrer, mais leur opinion de lui va avoir beaucoup d'influence sur celle de Stiles et elle pourrait changer pour un rien.

Ils sont invités à entrer, Scott demandant déjà à Isaac et Boyd comment s'est passé leur trajet pendant qu'Allison commence à discuter avec Cora et Erica, mais Stiles reste dans l'embrasure de la porte. Son cœur palpite comme les ailes d'un colibri lorsqu'il rencontre les yeux de Derek, ses lèvres perpétuellement entrouvertes mordillées jusqu'au sang et luisantes. Derek veut le presser contre le mur derrière lui et garder son nez contre l'articulation de sa mâchoire, mais il a déjà suffisamment donné d'images aux vautours au portail, donc il étouffe cette envie irrépressible et suit les autres à l'intérieur, Stiles commençant à marcher derrière lui avec son regard sur ses pieds.

Il regarde le Prince fourrer ses mains dans ses poches, épaules voûtées, avant de les sortir à nouveau et serrer puis desserrer ses poings. Il veut prendre une de ses mains dans la sienne, mais il se souvient ce qui s'en est suivi le jour précédent et doit rester éloigné en faisant des poings avec les siennes.

Un homme trapu s'avance juste devant les portes, quelque chose à voir avec la sécurité du palais au vu de son oreillette, mais le Roi lui fait signe de partir. L'homme ouvre la bouche pour argumenter.

- Hughes, prévient le Roi et la bouche de l'homme se referme et il acquiesce d'un signe de tête, reculant, même si faire cela semble le faire souffrir autant que de faire ses adieux à son bras.

Derek peut seulement supposer qu'il avait l'intention de les fouiller — futile lorsque les invités sont des loups-garous, soit avec des armes non détachables.

Ils sont accompagnés à traves un réfectoire avec une table prenant presque toute la longueur de la pièce, qui doit uniquement être utilisée lorsqu'il y a des réceptions. Derek essaie d'imaginer Stiles et son père assis seul à un bout — ou alors à l'autre — et l'image est trop solitaire pour lui pour qu'il s'attarde.

Le Roi s'assoie en tête de table et Stiles prend le siège à sa gauche, laissant Derek avec la place d'honneur à la droite du Roi. Ses betas et les amis de Stiles s'assoient sur les autres sièges, sa sœur à côté de lui, avec Scott à côté de Stiles, dans ce qui est probablement une manière de montrer leur soutien. Allison s'assoie à côté de son petit ami pendant qu'Isaac prend place à la fin et Erica le siège à côté de Cora. Boyd s'assoit certainement près d'elle, dû à son instinct subconscient de protéger sa compagne lourdement enceinte.

C'est un sujet majeur pendant un moment, Allison avide d'entendre où elle en est — « Prête à éclater ! » — et exprimant son désir d'avoir ses propres enfants un jour. Scott sort un gémissement étranglé qui déclenche de nombreux rires, surtout lorsqu'ils se souviennent qu'eux doivent avoir le même âge que Stiles, un an ou deux de plus au maximum.

Une entrée de soupe de courge butternut est servie et il y a une pause dans la conversation lorsque tout le monde commence à manger. C'est sucré et épicé avec un soupçon de gingembre et Derek n'a pas besoin de regarder Boyd pour savoir qu'il catalogue chaque couche du goût pour essayer de le recréer à la maison.

Aussi délicieuse soit l'entrée, c'est le plat principal dont s'inquiète Derek, et sa participation dans la conversation pendant l'attente du deuxième plat — le fonctionnement d'une Revendication lorsque les deux impliqués sont des loups-garous (Erica a courtisé Boyd — surprise !) — est presque non-existante. Son estomac se retourne lorsqu'il est finalement apporté.

Tous se tournent vers Stiles une fois que tout le monde est servi et le Prince avale de manière visible sous la pression de leur attention. Derek est heureux que l'importance des quelques secondes suivantes ne soit pas sur lui. Dans de rares cas, la tradition est strictement imposée et la personne Revendiquée est supposée prendre une bouchée de l'offrande crue, il est donc sûr que Stiles est reconnaissant que Derek n'ait même pas pensé à suggérer quelque chose comme ça.

Le Prince ne peut pas cacher les tremblements des ses doigts pendant qu'il prend ses couverts et coupe la viande que Derek a attrapée pour lui, la plaçant délicatement dans sa bouche. Dès que ses lèvres se referment autour, tous les autres sont libres de manger maintenant que le Revendiqué a goûté le premier, mais Derek est trop occupé à sourire à Stiles, le contraire même de penser à mâcher.

Les joues de Stiles sont rouge brillant, sa tête baissée, mais il lève parfaitement les yeux vers Derek à travers ses cils — rougissant encore plus pour ça — et la poitrine de Derek est tellement pleine qu'il veut rire. Lorsqu'il goûte finalement la viande, cuisinée dans une sauce au vin rouge, il souffle un soupir mental de soulagement car il n'avait à s'inquiéter de rien à ce propos et Boyd se penche en arrière pour lui faire un signe de tête approbateur à travers les filles entre eux.

Pendant qu'ils attendent pour le dessert, Isaac fait remarquer que les dispositions des sièges ont inconsciemment fini avec les quatre loups assis en face des humains et cela mène à une discussion avec Isaac au centre de ce qui semble être l'humain isolé contre une meute de loups. Cela ouvre la voix à des anecdotes amusantes — comme les loups ayant besoin de répéter en chuchotant ce qui a été dit à chaque fois qu'il y a une dispute dans une partie différente de la maison, permettant à ceux impliqués d'entendre chaque mots qu'ils ont dits être répétés — et cela les porte sur tout le long jusqu'au dessert, un gâteau aux pommes fraîchement cuit au four.

Presque tout au long du repas, le Roi semble satisfait d'être assis et d'écouter, la sorte de tendresse sur son visage que quelqu'un peut adopter lorsqu'il pense ah, la jeunesse. Sa façon de le traiter avait été une autre inquiétude tourmentant ses pensées, conscient qu'il allait devoir jouer sur le long terme si jamais il voulait que le Roi finisse par l'apprécier, mais il semble qu'il soit arrivé au bout de ce problème. Avec le succès de la viande et le Roi à l'aise, Derek trouve difficile de réellement se souvenir de la raison pour laquelle il était si nerveux.

Mais la plus grande surprise vient d'Erica, jouant la plus petite et réservée des fleurs que vous n'avez jamais vues, rougissant même — rougissant ! — lorsque la conversation retourne à sa grossesse et le Roi fait remarquer que John est un fort beau nom qui va revenir à la mode un jour ou l'autre.

Stiles regarde Derek et lève les yeux au ciel face à son père embarrassant, et les joues de Derek commencent à être douloureuses en ayant souri si largement au fait que tout cela est si facile. Combien c'est juste et facile de les imaginer tous autour de la table à la maison de la meute, le Roi inclus : berçant le bébé d'Erica et de Boyd sur ses genoux — ou peut-être même sur ceux de Stiles et Derek, peu importe la méthode qu'ils auraient choisi pour avoir leurs propres enfants. Il sait qu'il part loin dans sa tête — Stiles a toujours dix-sept ans, après tout — mais un jour, il sait que son rêve deviendra réalité.

Après le repas, ils sont menés à la pièce attenante, avec des canapés confortables et des fauteuils et le Roi s'excuse, voulant laisser les plus jeunes s'amuser entre eux. Derek l'arrête juste avant qu'il sorte de la pièce.

- Je souhaiterais vous parler en privé, Monsieur.

Stiles se redresse et Derek hésite, conscient que ce n'est pas à lui de lui ordonner de rester ici, mais heureusement le Roi le fait pour lui. Le Prince fait la tête, sachant qu'il n'a aucune chance d'espionner sans que Derek ne remarque son approche.

Le Roi le guide jusque dans le couloir et ils finissent dans la même salle d'audience que le jour précédent.

- Je suis sûr que vous avez fait en sorte d'être au courant de mon passé, commence-t-il, et l'expression du Roi ne change pas pour confirmer ou nier. Quand—… Il prend une inspiration stabilisante et se jette à l'eau. Quand la compagne de cet Alpha que j'ai tué, Kali, s'est échappée avant que je ne puisse la tuer, elle a juré qu'elle serait de retour un jour—

- Naturellement, l'interrompt le Roi avec un grognement dépourvu d'humour.

Derek souffle un rire de son goût. C'avait été très cliché-et-méchant-esque.

- Et vous pensez qu'aujourd'hui serait le jour qu'elle a choisi pour le faire ?

- Avec un peu de chance, elle est déjà morte, Monsieur. Mais ce serait d'une pierre deux coups : je perds mon compagnon comme elle l'a perdu et ensuite j'affronte la mort à la pleine lune sans lui. Je sais que vous prenez sa sécurité au sérieux, mais je ne suis pas sûr que lui le fait, dit-il, se souvenant de la manière dont, hier, Stiles avait déboulé dehors, devant l'entrée principale du palais, lorsque le danger de la présence de Derek n'avait pas été fixé.

Le Roi semble excessivement fatigué pendant un moment, le genre d'expression qui vient avec des années de Stiles l'épuisant.

- Je vais informer toute la sécurité de la menace et nous allons resserrer sa garde personnelle. Je suppose que vous me le dites à moi parce que vous avez l'intention de lui demander de voir votre maison ?

La partie suivante de la Revendication, maintenant qu'il a été accepté, est que Stiles voit où Derek habite, ce qui serait traditionnellement un moyen pour le loup de prouver qu'il peut fournir le confort nécessaire. D'habitude, c'est le moment de montrer à la personne Revendiquée où ils vont habiter une fois que le processus entier sera terminé, mais avec Stiles, ce ne sera pas si simple.

- J'espérais, demain…

Le Roi soupire.

- Je suppose que nous ne disposons que de peu de temps.

Evidemment, aucune des étapes menant à la morsure de Revendication ne sont réellement nécessaire tant que l'étape finale est menée à bien, même si un loup rêve de chacun comme un humain rêve de tous les aspects d'un mariage. Les ignorer serait pour le moins décourageant. Le fait que le Roi soit si compréhensif et essaie de leur laisser de l'espace donne envie à Derek de l'envelopper dans une étreinte si étroite qu'il le soulèverait du sol.

- Je vais agrandir sa suite. Même si —… Il jette un coup d'œil ici à Derek qui peut seulement imaginer le décrire comme de l'approbation. — avec vous là-bas, je ne pense pas que j'ai beaucoup à m'en faire.

Derek sait que sa poitrine se gonfle sous l'éloge, mais il n'y a rien qu'il peut faire pour l'en empêcher bien que le Roi le remarque, il ne peut réprimer son sourire. Il disparaît rapidement.

- Je devrais en profiter pour m'excuser d'avoir été si blessant avec vous hier. Je sais que vous n'avez pas choisi tout ça.

- Vous n'avez pas besoin de faire ça ! » Derek est tellement choqué de recevoir des excuses du Roi qu'il commence à secouer ses bras, un geste peu typique auquel il se dépêche de mettre fin. « Je comprendre tout à fait. Je ne voulais juste pas que ma Revendication soit étouffée et cachée.

- Stiles n'aurait jamais accepté ça, soupire le Roi. Pour être complètement franc, j'étais entièrement pour annoncer que vous aviez fait une fausse Revendication en une tentative de devenir célèbre, mais c'est Stiles qui s'est battu pour vous. Vous ne réalisez juste pas encore combien vous êtes chanceux de l'avoir.

- Je le suis, dit Derek, doucement, solennellement, et le Roi lui jette un long coup d'œil calculé.

- Pendant que nous sommes sur le sujet de la Revendication, si vous utilisez ne serait-ce qu'une fois ces yeux d'Alpha que vous avez pour autre chose que lui sauver la vie, j'abattrai tout le pouvoir militaire de ce pays sur votre tête et vous remplirai de trente sortes d'aconit dont vous n'avez jamais entendu parler. Autrement dit, si Stiles n'en arrive pas là avant, ne pensez pas une seconde qu'il ne sait pas se servir d'une arme.

- Monsieur, ce n'est pas— Vous n'avez pas à— Jamais je ne—

Son bras se débat à nouveau et le Roi éclate de rire, le tapant sur l'épaule.

- Allez, fils. Retournez avec votre meute. Et assurez-vous que Stiles a toujours des ongles au bout des doigts.*

- Oui, Monsieur, dit Derek, abasourdi pendant que le Roi le conduit vers la pièce et lui fait un signe de la main une fois dans le couloir. Il s'arrête pour reprendre contenance une fois qu'il a tourné au coin, souffrant d'un traumatisme mental dû au contraste entre l'humeur du Roi d'hier et la révélation du fait que Stiles s'est battu pour lui, a argumenté contre son père — qui était complètement pour le tuer, ne soyons pas trop rapide à l'oublier — pour accueillir Derek comme son compagnon. Même s'il l'a fait uniquement pour sauver la vie de Derek et rien de plus, c'est toujours une preuve de sa vertu. Il ne peut s'empêcher d'admirer le Roi également, pour avoir admis devant lui qu'il aurait pris une décision qui aurait fini par sa mort. Il essaie d'imaginer ce que Stiles a dû dire pour faire changer autant totalement d'avis le Roi, mais se réprimande vite.

Une fois qu'il a réussi à éclaircir ses pensées et ses émotions, il se concentre sur les voix de sa meute, plus bas dans le couloir, et s'arrête lorsque Boyd commence à parler.

- Trop de gens voient Derek comme un grand et méchant Alpha fait de pierre, mais il ressent les choses profondément.

Le visage de Derek s'inonde de chaleur pendant que Boyd continue à le mettre à nu mais il ne peut forcer ses pieds à bouger.

- Euh, est-ce que c'est la conversation obligatoire du blesse-le-et-nous-t'-éviscérons ? demande Stiles, le cœur battant aussi vite qu'un lapin qui détale.

Erica glousse, comme une petite fille, mais sinistrement, preuve claire qu'elle a dit adieu à son alter ego timide lorsqu'elle a quitté la table du dîner, et cela incite Derek à s'avancer.

- Oh, je ne pense pas que ce sera nécessaire, dit-elle, mais son ton insinue qu'elle est effectivement en train de proférer quelque sorte de menaces, probablement avec ses griffes.

Quand Derek fait irruption dans la pièce, elle est assise avec les mains sur le ventre, l'image de l'innocence même. Elle se lève en sautant, laissant de la place à côté de Stiles sur le canapé pour Derek, même si le Prince ne semble rien d'autre qu'inquiet. Il est à vrai dire en train de sourire et Derek ne comprend pas ce qui a pu seulement se passer.

Il défait le bouton de sa veste en même temps qu'il s'assoit, intentionnellement trop près, mais il se déplace quand Stiles se tend. Manifestement, le Prince trouve sa soif de contact étouffante, et même si cela déplaît au loup d'être si près sans pouvoir le toucher, il fera de son mieux pour se maîtriser.

La conversation reprend autour d'eux mais aucune n'offre la possibilité de participer. Tout ce à quoi Derek peut penser est avoir Stiles seul, pour s'imprégner de lui sans les battements de cœur ou les odeurs de quelqu'un d'autre dans le chemin. Il arrive finalement à grappiller suffisamment de courage pour pivoter son corps et ainsi faire face à Stiles, avec un bras le long du dossier du canapé, prêt au rejet quand il murmure :

- Peut-être que Son Altesse Royale pourrait me montrer les jardins du palais ?

Les yeux du Prince écarquillés et ambres sont hypnotiques d'aussi près et Derek doit serrer ses cuisses avec ses deux mains pour s'empêcher de saisir son menton et incliner la tête de Stiles, ainsi ses yeux capteront la lumière venant d'au-dessus de leurs têtes.

- E-euh—. Stiles éclaircit sa gorge et tire sur ses pieds. Je vais montrer les terres à Derek.

Un frisson parcourt la colonne vertébrale de Derek en entendant Stiles prononcer son nom pour la première fois, mais il se lève avec aisance pour le suivre, ignorant la manière dont Allison rit bêtement et Scott dit « Okay, mec » d'une voix complice. Stiles lui lance un regard et Derek mord sa lèvre pour réprimer son propre gloussement, même si c'est à son tour de froncer les sourcils lorsqu'il remarque Erica minaudant de manière moqueuse à voix basse, en même temps qu'ils ferment la porte derrière eux.

- Peut-être que je pourrais m'agenouiller et sucer votre queue, si cela fait plaisir à Votre Princieuté Royale, Monsieur.

Il savait que son meilleur comportement était trop bon pour durer.

Il grogne entre ses dents contre elle juste au moment où Stiles pose sa main sur son bras pour le conduire dans l'autre direction et le Prince recule précipitamment sa main.

- Désolé, couine-t-il, les yeux écarquillés et terrifié.

- Ce n'est pas— !

Derek attrape sa main comme il essaie de se dépêcher à travers le couloir.

Stiles s'immobilise et regarde fixement lorsque Derek entrelace prudemment leurs doigts.

- Est-ce que ça va ? demande-t-il, à peine plus fort qu'un murmure.

Le Prince ne bouge pas pendant quelques bonnes secondes et Derek sait qu'il aurait dû lâcher prise mais il ne peut récupérer sa main pour répondre. Mais ensuite, Stiles baisse son bras, et leurs mains enserrées pendent alors entre eux, et fait le plus petit mouvement de tête possible.

- Montre le chemin, dit Derek, pas plus fort qu'avant, et suit un demi-pas derrière pendant que Stiles l'emmène plus bas dans le couloir.

- Désolé, murmure le Prince, si doucement qu'un humain n'aurait pas entendu.

- Pour quoi ? demande Derek, mais le Prince garde sa bouche fermer et secoue la tête et Derek réalise que, peut-être, il n'était pas censé l'entendre non plus. C'est ce qui — la leçon sur le fait qu'il soit impoli d'être indiscret en usant de ses sens — le garde d'insister sur le sujet, bien que l'odeur de la même détresse que le jour précédent menace de l'étouffer.

Pendant qu'ils se déplacent à travers le palais, ils passent devant quelques membres de l'équipe de sécurité, et même si Derek n'attrape jamais leur regard qui est fixé droit devant, il peut toujours sentir des yeux curieux dès que son dos est tourné. Il se demande s'ils devraient peut-être s'écarter l'un de l'autre, mais Stiles ne fait aucun geste pour laisser tomber sa main jusqu'à ce qu'ils aient atteint une série de double-portes menant dans un patio. Derek la prend à nouveau dès qu'il les a ouvertes et qu'ils sont tous les deux dehors. Un rougissement marbré prend place en haut des joues de Stiles en réponse pendant qu'ils continuent à marcher, un petit sourire pinçant le coin de ses lèvres, et la chaleur douillette de son odeur informe Derek qu'il est soudainement heureux. Derek n'a absolument aucune idée de quoi faire de lui.

En marchant, ils laissent la partie du palais dans laquelle ils se trouvaient derrière eux, deux autres ailes s'étendant le long de leurs deux côtés pour créer une énorme cour triangulaire de chemins en pierre, de haies, de lits de fleurs et d'arbres. Les allées sont toutes illuminées par de petites lumières parsemées le long des bords et d'une lumière occasionnelle comme un ancien réverbère victorien.

Ils marchent en silence, et même si ce n'est pas pareil que d'être au fond de son domaine pour les oreilles de son loup-garou, il se délecte toujours d'avoir le battement de cœur de Stiles à ses côtés, loin des autres battements de cœur, loin d'une audience, aucune ligne téléphonique pour le diluer. Avec les parfums des myriades de fleurs et de terre et de Stiles — et avec la Lune visible juste au-dessus d'une aile du palais — Derek veut se transformer et se rouler en boule avec le Prince protégé contre son ventre, utilisant peut-être une des pattes de Derek comme un oreiller pour dormir jusqu'à ce que le Soleil se lève.

- Je me demandais si tu voulais venir et voir la maison de la meute demain, dit Derek avec hésitation. J'ai déjà clarifié le sujet avec ton père.

- Est-ce de ça dont tu voulais lui parler ?

- En partie.

Stiles lui lance un regard qui dit bien, garde tes secrets mais cela devient bientôt un de contentement.

- D'accord.

- Je sais que tu vas avoir besoin d'un garde armé pour t'escorter, mais j'espérais que je pourrais venir pour passer te prendre moi-même.

- Du moment que tu le fais dans cette voiture, sourit narquoisement Stiles et Derek sait que ses oreilles sont en train de rosir au moment où il dit : Deal.

Il convient de le rencontrer après déjeuner et ensuite Stiles s'arrête à un banc presque entièrement entouré par une haie plus grande que Derek et couvert par les branches surplombantes d'un chêne. Il domine un étang dérangé par l'éclat occasionnel d'écailles.

Stiles s'assoit et Derek se joint à lui, regardant vers la Lune.

- Est-ce douloureux ? » Stiles développe quand Derek se tourne vers lui avec des yeux interrogateurs. « Devenir un loup.

- Seulement l'inverse. » Du fait de parler de la transformation, sa peau le démange avec son compagnon si près. « Devenir un loup est comme devenir libre. Retourner à l'humanité est comme être en cage, pressé dans quelque chose de plus petit.

- Est-ce que tu le veux maintenant ? »

Derek ferme les yeux, penche à nouveau la tête en arrière et acquiesce.

« Tu peux. T'sais, si tu veux. »

Derek se tourne vers lui avec un regard scrutateur qu'il laisse s'étendre en un sourire narquois pendant qu'il se met sur ses pieds et ôte son blazer.

Stiles bredouille et se lève d'un bond, s'approchant du pont de l'étang pour donner un peu d'intimité à Derek. Il veut faire un commentaire, quelque chose d'inapproprié comme admettre que ce serait ok pour lui de regarder — t'sais, si tu veux — parce que bien que son côté humain sait que Derek est mineur, le loup ne fait pas une telle distinction. Cela devient de plus en plus difficile de retenir ça lorsqu'il est sur le point de laisser son loup sortir, mais il se contraint à ne pas dire quelque chose par la pure force de volonté. Stiles est assez nerveux comme ça.

Derek fait attention à plier ses affaires le plus proprement qu'il le peut et lorsqu'il se transforme, il se frotte contre le dos de Stiles. Il n'y a pas tant d'espace que ça dans leur petit coin au milieu des haies, mais cela ne le dérange pas de prétexter vouloir être confortable. Il donne un petit coup avec le côté de sa tête contre celui de Stiles lorsqu'il est prêt.

« Tu te transformes en un grand chiot comme ça, non ? » rit le Prince.

Derek retrousse ses lèvres sur ses dents avec un grognement d'avertissement et baisse son corps comme s'il s'apprêtait à bondir, mais Stiles rit seulement à nouveau et donne un petit coup sur sa truffe.

« Ne te bas pas, je sais que tu veux uniquement des câlins.

Derek grogne et se laisse tomber sur estomac, le corps enroulé sur lui-même pour rentrer et Stiles se coule jambes croisées dans l'espace qu'il laisse entre ses pattes avant et arrière.

En loup, cela semble plus facile pour Stiles d'interagir avec lui, et même si le loup ne se plaint pas, la partie humaine de Derek frémissant sous la surface sous cette forme ne peut s'empêcher de se sentir déçue. Il peut peut-être obtenir le contact dont il brûle d'envie, mais il ne veut pas que Stiles tombe dans l'illusion qu'il n'est qu'un animal, réticent à communiquer quand Derek ne peut pas parler en retour. Avec le loup au premier plan, content maintenant d'obtenir ne serait-ce que ça, il est facile de laisser disparaître ce genre de pensées.

Il n'est pas sûr du temps qu'ils ont passé assis ici, Stiles jetant une pierre occasionnelle dans l'eau et Derek respirant seulement, mais sa sœur brise éventuellement leur paix.

- Derek, il est temps de partir ! appelle-t-elle et Derek presse son museau contre le cou de Stiles et gémit.

Stiles glousse et l'écrase pour l'éloigner avant d'entortiller ses doigts dans son manteau.

- Allez, grand garçon.

Cora ne peut-elle pas faire le retour dans la voiture de Boyd ? pense-t-il, soufflant de l'air, mais il n'a d'autre choix que de suivre lorsque Stiles se lève sur ses pieds.

Il veut revenir et faire ça un après-midi décontracté d'été, dans leur propre petite bulle d'intimité, avec les longs doigts de Stiles balayant à travers sa fourrure, lisant un livre pendant que Derek somnolerait dans la chaleur du soleil.

Pendant qu'il se retransforme, Stiles prend sa veste à l'endroit où elle a été pliée sur le banc et s'éloigne, son rythme cardiaque monte en flèche en tripotant quelque chose. Lorsque Derek porte à nouveau ses vêtements, Stiles se tourne vers lui et lui tend son blazer, son cœur cliquetant toujours avec nervosité. Derek ne fait aucun commentaire en le drapant sur son bras mais leurs yeux ne se quittent pas même quand Stiles plonge ses dents dans sa lèvre inférieure et le frémissement constant de l'embrasser se cabre en lui si soudainement qu'il commence à chanceler en avant.

Stiles sursaute et se tourne pour s'éloigner, laissant Derek debout sur le pont de l'étang, essayant de reprendre son souffle. Il expire longuement et minutieusement — tassant son désir de mettre sa veste en morceaux pour trouver tout ce que Stiles lui a donné — avant de rattraper son retard, se demandant si tout le progrès qu'ils ont fait durant la soirée peut juste avoir été réduit en cendres.

Les autres ne les ont pas attendus dans le patio, donc ils continuent à l'intérieur, tout le chemin, jusqu'à l'entrée principale où Derek se retrouve déçu de trouver toutes les voitures attendant déjà.

Tout le monde commence à dire au revoir dès qu'ils les ont rejoints et Erica s'arrête pour froncer en regardant son ventre gonflé avec concentration. Boyd soupire et attrape son bras, la dirigeant vers la voiture avant qu'elle ne puisse se rendre prête à accoucher juste ici sur les marches.

Derek hésite maladroitement devant Stiles pendant un moment, se demandant comment il devrait lui dire au revoir. Il est conscient de sa décision prise plus tôt de donner de l'espace à Stiles mais finalement pense Tu sais quoi ? Rien à foutre, et se penche en avant pour déposer un baiser sur la joue du Prince.

- Bonne nuit, Votre Altesse », murmure-t-il, capable de sentir le pic de chaleur rayonnant de la peau de Stiles, mais il se force à ne pas regarder. Au lieu de cela, il se retourne et glisse dans le siège conducteur de la Camaro, ne s'autorisant pas un seul coup d'œil pendant qu'il s'éloigne en conduisant.

Sa sensation de victoire est de courte durée cependant, lorsqu'il se souvient qu'il a quelque chose laissant un trou dans sa poche et qu'il ne peut regarder avec Cora le harcelant pour chaque détail de son temps seul avec le Prince. Ce n'est que jusqu'à ce qu'il soit à mi-chemin de la maison qu'il réalise que Stiles était tellement choqué qu'il n'a pas réussi à lui dire au revoir en retour.


Et assurez-vous que Stiles a toujours des ongles au bout des doigts.* = Si Stiles est nerveux, il se ronge les ongles, donc Derek doit s'assurer que Stiles ne stresse pas trop.


Notes de l'auteure :

Les choses ne semblaient pas aller bien ce matin donc je ne m'attendais vraiment pas à ce que ce chapitre respecte ma date limite, mais je suis là ! Et comment cela a-t-il été si long ? Quasiment rien ne s'est passé ! J'avais pensé que la fic en entier ne dépasserait pas les 15k donc je ne sais clairement pas comment les mots fonctionnent.

Merci à chaque personne qui a commenté jusqu'à présent, les retours ont été vraiment géniaux ! J'espère que tout le monde apprécie toujours ^^


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A samsillon : Alors le « nouveau » Roi ? J'espère que ce chapitre aura calmé tes peurs et redonner confiance en Derek et Stiles ^^ Cora est déjà en couple avec Isaac héhé :p

A Guest : Tu adores toujours, ça va ? J'espère que ce chapitre t'aura plu :3

A Babylon : Le suspense n'est pas terminé :3 Tu sauras si Stiles est heureux, mais pas tout de suite :D Merci à toi d'avoir commenté !

A nathydemon : Aaah Lydia ! Tu vas encore en apprendre sur elle ) On ne peut décemment pas être satisfait de son gendre uniquement s'il est sexy et costaud xD Mais c'est sûr que la partie protection de compagnon a de quoi plaire… Merci d'avoir laissé un mot :3


Voili voilou ! Alors, qu'en pensez-vous ? Merci d'avoir lu jusqu'ici, en espérant que la traduction vous plaise !