Bonjour tout le monde !
Excusez-moi pour le retard :(
Je rappelle encore une fois que ceci n'est qu'une traduction de la fiction « A Princely Claim », écrite par kaistrex et postée sur ArchiveOfOurOwn.
Merci à tous ceux et toutes celles qui ont lu jusqu'ici, laissé un mot, sont passé(e)s en coup de vent, ont décidé de suivre et/ou de mettre en favori ! Merci beaucoup !
Les réponses aux reviews des personnes non inscrites sont toujours en fin de chapitre ^^
J'espère que la traduction est à la hauteur et que c'est clair/compréhensible.
Pas de note de l'auteure pour ce chapitre. Je vous laisse donc avec le vif du sujet ^^
Bonne lecture !
Chapitre 5
Ce n'est qu'après le claquement de sa porte se fermant que Stiles se sent comme s'il pouvait respirer à nouveau. Il s'affaisse contre elle, engloutissant de profondes goulées d'air, remplissant ses poumons et frottant sa joue avec son col. Le râpement épineux de la barbe de trois jours de Derek est encore présent, ainsi que la douceur contrastante de ses lèvres, et il ne peut penser correctement avec ce picotement ruisselant toujours le long de sa colonne vertébrale. Il n'a pas été capable de reprendre son souffle depuis que cette chose toute entière a commencé.
Il est ridicule. Ce n'est pas comme si cette attraction envers un homme était un nouveau territoire.
Mais Derek est magnifique et captivant et pour certaines raisons, il regarde Stiles comme s'il était toutes ces choses aussi, et ses mains sont grandes, chaudes et fortes, son sourire pourrait facilement remplacer la lumière du soleil et il tient curieusement toujours debout après la tragédie qu'il a traversé. Tout cela a été du petit bois s'empilant toute la soirée et ensuite, il y a eu ce dont Stiles est à quatre-vingt-dix-neuf pourcents sûr qu'il s'agissait d'un presque-baiser versant de l'essence sur tout ça. Et ensuite cet éraflement de barbe de trois jours a été aussi bon qu'une allumette frappée contre sa peau, l'allumant de l'intérieur. Il n'a pas pu dire au revoir à Scott et Ally suffisamment rapidement.
Il passe ses doigts dans ses cheveux et détend son nœud papillon, soupirant profondément et lourdement, mais repère ensuite son téléphone sur sa table de nuit et son dos se raidit. Il n'a pas été allumé depuis le jour précédent et il est honteux d'admettre, même à lui-même, que c'est parce qu'il est un lâche. Mais maintenant il n'a plus le choix.
Il s'assoit sur le bord de son lit et appuie sur le bouton d'allumage jusqu'à ce qu'il sente la vibration qui signale qu'il s'éveille. L'avalanche de notifications qui le reçoit menace de l'ensevelir et il a l'intention de toutes les balayer au loin sans même regarder, mais le plus récent texto dans la conversation avec Lydia accroche son regard.
Réponds à mes textos, Stiles, ou alors Bonté Divine, je vais venir.
Ce dernier a été envoyé il y a juste plus de trois heures.
Au moment où il regarde les mots avec horreur, son téléphone bipe avec un nouveau message dans la conversation et il sursaute.
D'accord. Je serai là dans la matinée.
« Non ! crie-t-il, tapant le mot en même temps avec ses doigts. Sa gorge se resserre lorsqu'il réalise que c'est envoyé et qu'il n'y a aucun retour en arrière, mais ce n'est pas comme s'il avait un quelconque autre choix. Si Lydia arrive… Il ne veut même pas imaginer le nouveau comble de tempête de merde médiatique.
Son téléphone sonne. Après avoir soufflé une malédiction, il décroche.
- Stiles, comme c'est agréable de t'entendre ! dit Lydia, gentiment. Trop gentiment. Euh oh. Je comprends que tu as eu deux jours occupés, donc je vais essayer de ne pas te garder trop longtemps. Je voulais seulement avoir quelques clarifications sur le texto que tu as envoyé hier. Que voulais-tu exactement dire par là ? « Pour moi ou pour toi ? »
- Je pense que c'était évident », marmonne Stiles, mais sa voix devient plus forte en continuant. Il n'a pas besoin de l'apaiser plus longtemps. « Tu ne m'as jamais vu comme quelque chose de plus qu'une nuisance. Tu sautais probablement de joie lorsque tu as appris que tu n'aurais plus jamais à me voir.
- Sauter de joie ? réplique Lydia.
- Eh bien, lorsqu'on t'a dit que tu allais te marier avec moi, tu as pleuré.
- Bien sûr que j'ai pleuré. J'avais six ans ! » Son accent devient plus fort et elle semble moins qu'heureuse qu'on lui rappelle la seule fois qu'il a vu de la morve ruisselant de ses deux narines. « Les garçons étaient de petits insectes dégoûtants. Tu avais de la boue sous tes ongles !
- Plus maintenant. Et je n'en avais définitivement pas à ta dernière fête d'anniversaire mais tu n'as pas arrêté de me scruter comme si j'avais été trempé dans un égout !
- Parce que cette pouffiasse de fille de noble était pendue à ton bras toute la soirée. N'as-tu pas vu cette monstruosité moutarde épouvantable qu'elle portait ? »
Stiles se souvient bien de la robe, ce qui signifie quelque chose puisqu'il ne remarque jamais ce qu'une fille porte d'habitude.
« Tu es manifestement désorienté — de plus d'une façon, continue Lydia. Probablement un résultat d'avoir eu notre mariage enfoncé dans ta gorge avant que tu puisses faire tes propres découvertes et maintenant tu te mets entièrement à jour sur ce qui est attendu de toi. Donc je vais l'expliquer clairement pour toi : tu n'as jamais voulu te marier avec moi.
- Quo— ? balbutie Stiles. Tu n'as jamais voulu te marier avec moi !
Il n'a absolument aucune idée de où elle veut en venir avec cette conversation.
- Stiles, commence Lydia, avec une voix qui signifie qu'elle parle à quelqu'un qui comprend difficilement les mots. Pas même une fois tu n'as regardé mes seins.
- Donc ?
Il essaie d'ignorer combien sa voix est devenue aiguë, mais qui peut l'accuser ? Ce n'est pas un sens qu'il n'a jamais imaginé aucune de leurs conversations prendre.
- Et pas même une fois tu n'as essayé de me faire filer en douce pour que nous puissions traîner dans quelque coin isolé.
- Mais tu es une princesse, nous ne pouvions—
- J'apprécie que tu fasses attention à ma vertu, dit-elle, ne semblant pas du tout s'en préoccuper, de sa vertu. Mais essaies-tu réellement de me dire que tu n'aurais rien essayé avec ce loup-garou bien foutu s'il avait été ton promis ?
- Non ! Non, j'aur—
Il se souvient de combien ils étaient proches d'un baiser à seulement leur seconde rencontre, se demande comment il aurait réussi à se retenir s'il y en avait eu vingt autres comme ça en plus, et le peu d'arguments qu'il avait reliés ensemble se casse en deux.
Lydia doit entendre sa conclusion dans son silence parce qu'elle sort un mhmm ennuyant et suffisant, mais lorsqu'elle parle ensuite elle est anormalement gentille.
- Tu n'es pas attiré par les femmes, Stiles. Tu ne l'as jamais été.
Ses mots résonnent dans son esprit sinon vide pendant qu'il fixe le mur opposé du regard.
- Je pense que j'ai besoin de m'asseoir, murmure-t-il. Je m'assois. Me coucher. J'ai besoin de me coucher.
Lydia soupire, le genre qui accompagne une levée d'yeux au ciel.
- J'aurais dû savoir ça à propos de moi. Pourquoi n'ai-je pas su ça à propos de moi ? Je me sens comme si on m'avait juste dit que j'étais en fait une femme ou quelque chose. Cela demande au moins trois heures d'introspection vigoureuse et—
- Tu es vraiment dramatique, souffle Lydia. Quel est le problème ? Tu savais déjà clairement que tu étais attiré par les hommes et nous n'avons plus lieu d'être. Il semble que ce Derek Hale est la meilleure chose qui n'aurait jamais pu t'arriver.
Stiles réussit à faire un rire sans joie. Peut-être. Mais Stiles ne va pas être la meilleure chose qui lui arrive.
- Tout ce temps…, commence Lydia et l'estomac de Stiles se tortille de combien elle semble vulnérable. As-tu pensé que j'étais déçue de toi ?
- Eh bien, ouais ?
- Je n'ai—
Son téléphone sonne à cause de l'alerte d'un nouveau texto, lui rappelant la raison pour laquelle il avait éteint son téléphone en premier lieu et il couine, interrompant quelque chose qui semblait comme le début d'une quelconque sorte d'excuse — plus rare que de la poussière de fée lorsque cela vient de Lydia. Il peste contre le timing, mais, suffisamment sûr de lui, lorsqu'il éloigne le téléphone de son oreille, il voit un numéro inconnu et les mots Je me suis bien amusé cette nuit.
- Quoi ? vient la voix étouffée de Lydia. Que s'est-il passé ?
Il soulève le téléphone de nouveau à son oreille d'une main tremblante.
- Je— J'ai peut-être glissé mon numéro à Derek ?
Même si « glissé » implique quelque sorte de niveau de furtivité ou de discrétion qu'il n'a pas vraiment atteint non plus.
- Je suis vraiment impressionnée, dit Lydia après un temps. Je ne m'attendais pas à ce que tu montres une telle initiative.
- Eh, je peux initier ! Je vais tout initier avec lui ! grimace-t-il dès qu'il l'énonce et le silence de Lydia ne semble plus impressionné. Ne. Dis. Rien. J'ai eu une longue journée.
Heureusement, elle obéit vraiment.
- Bon ?
- Bon quoi ?
- Qu'est-ce que ça dit !
- Ca dit « Je me suis bien amusé cette nuit », récite-t-il de mémoire.
- Est-ce tout ?
- Ouais.
Elle pousse un autre soupir et jure dans sa langue natale.
- Raconte-moi tout ce qui s'est passé entre vous deux et quand tu le revois la prochaine fois. Vous avez tous les deux clairement besoin de toute l'aide que vous pouvez avoir.
Stiles s'offense de cela mais Lydia refuse d'entendre ses protestations.
Le matin arrive nuageux et lourd, et Stiles espère que ce n'est pas un signe du jour à venir.
Heureusement, le soleil commence à percer à travers les nuages après déjeuner et pendant que Stiles attend que Derek arrive, il a réussi à passer au travers.
Il a été debout jusque tard, écoutant — et rejetant beaucoup — les conseils de Lydia, à savoir son encouragement à répondre au texto de Derek en lui disant combien il a été beau. (« C'est un loup-garou Alpha Stiles. Savoir que tu le trouves physiquement et esthétiquement plaisant va faire des miracles. Je peux garantir qu'il l'a déjà senti sur toi. ») Au lieu de cela, il s'est fixé sur un simple Moi aussi. A demain :). Il a regretté immédiatement l'émoticône souriant, mais il en a reçu un en retour lorsque Derek a dit qu'il avait hâte et lui a souhaité bonne nuit, donc il ne s'est pas attardé sur cela trop longtemps.
Derek arrive dans la même voiture qu'il conduisait la nuit précédente, élégante et d'un noir brillant, ressemblant tellement à sa forme d'Alpha. Il braque pour faire une halte devant lui et l'estomac de Stiles se retourne avec une boule de nerfs comme avant de monter dans une montagne russe, sachant qu'il ne pourra pas descendre avant que ce ne soit terminé.
Stiles ouvre la porte du côté passager avant que Derek ne puisse sortir et sa suite de sécurité qui attendait se dépêche de monter dans les quatre SUV alignés qui vont les accompagner.
- Bon après-midi, Votre Altesse Royale, le salue Derek et Stiles prend une profonde respiration.
Et voilà une des étapes des instructions de Lydia qu'il avait jugée acceptable.
- Stiles. »
Derek cligne des yeux, ne comprenant clairement pas ce qu'il doit faire avec une telle réponse.
« Tu peux m'appeler Stiles, élabore-t-il et il entrevoit les dents de devant trop longues de Derek avant de réussir à réprimer son sourire et de se retourner.
Il se sent comme s'il avait gagné quelque chose.
- Stiles, murmure Derek, comme s'il testait la sensation des lettres dans sa bouche, avant de bouger pour partir en voiture.
- Attends. Ils vont être complètement vexés si tu n'en laisses pas deux d'entre eux devant, dit Stiles, indiquant de son pouce les SUV au-delà de son épaule. Je ne pense pas qu'avoir quatre d'entre eux est vraiment nécessaire, mais que vas-tu faire ?
- Ta sécurité est importante, lui dit Derek, les traces de satisfaction qui avaient traîné autour de sa bouche parties au loin.
- Pouah, je croirais juste entendre mon père, grogne Stiles, attachant sa ceinture.
- Ce n'est pas une si mauvaise chose.
- Lèche-cul, marmonne-t-il et Derek sourit.
La majeure partie du voyage est familière, il est donc difficile de garder ses yeux sur le paysage avec Derek si proche. C'est la première fois que Stiles le voit dans ses vêtements décontractés — jean noir et un Henley à manches courtes d'un violet sombre qui rendent Stiles extrêmement envieux de cela vu la manière dont cela moule chaque centimètre de lui — mais il pense qu'il réussit plutôt bien à limiter ses coups d'œil. Sauf que Derek commence à montrer un tout petit sourire narquois qui devient de plus en plus grand comme il regarde.
- Quoi ?
- T'aimes ce que tu vois ? demande-t-il avec une intonation provocante et Stiles tousse — même s'il est content qu'un Derek conduisant signifie qu'il ne peut pas avoir une bonne vue sur ses joues enflammées. Il ne veut pas savoir si Derek a utilisé son battement de cœur ou n'importe quelle odeur qui émane de lui pour en venir à cette conclusion, mais maintenant qu'il sait que Derek est conscient de cela, il ne peut empêcher ses pensées de partir complètement dans le fantasme, plein de biceps, de cheveux sombres et de peau dorée. Il remue sur son siège.
Les mains de Derek se resserrent sur le volant, ses narines se dilatant et ses sourcils se rident lorsqu'il les fronce en direction du pare-brise.
Stiles avale difficilement, conscient de Lydia lui disant que Derek avait probablement déjà senti son intérêt, et éclaircit son esprit en jurant contre lui-même. Le problème est qu'il ne peut pas dire si la réaction de Derek est positive ou si cela signifie que son odeur est répugnante, et s'il continue avec une autre instruction de Lydia plus tard, ce n'est pas vraiment une erreur qu'il peut se permettre.
- Est-ce que je sens bon pour toi ?
Il est étonné de sa propre audace.
Derek sursaute, les yeux grand ouverts, et Stiles est surpris qu'il n'ait pas écrasé la pédale de frein. C'est la première fois que Stiles le voit baisser sa garde.
- Oui, répond-il finalement après quelques profondes respirations, et Stiles peut contempler à sa faim le bout rose de la seule oreille qu'il peut voir.
- Genre, vraiment bon ?
- Oui, Stiles. Vraiment bon.
- Bon à savoir.
Derek jette rapidement un coup d'œil suspicieux dans sa direction.
- Yeux sur la route, réprimande Stiles, pressé de changer de sujet avant que Derek ne puisse lui poser une quelconque question. Ma sécurité est importante.
- Tu ne devrais pas être si désinvolte, murmure Derek.
Stiles ouvre sa bouche — pour être léger à nouveau — mais se souvient ensuite d'à qui il est en train de parler et où il est en train d'aller.
Derek est absolument justifié dans son inquiétude après tout ce qu'il a perdu.
- Désolé, bredouille-t-il, regardant par la fenêtre.
Derek reste silencieux pendant un moment, tendu, mais finit par se détendre et s'étend pour presser légèrement les mains de Stiles. Il replace sa main sur le volant après quelques secondes, mais sa chaleur reste.
Stiles savait que Derek aurait déjà deviné qu'il était au courant de son passé, mais cette petite excuse l'a seulement confirmé. Cela le fait regretter d'avoir entendu le passé Derek compilé en un dossier en papier kraft impersonnel, comme s'il était un intrus, et il ne peut pas revenir en arrière.
L'humeur sombre colore le reste de la route, et même si Stiles ne jugerait pas cela comme étouffant, il regrette toujours qu'ils n'aient pas pu revenir aux taquineries inoffensives de la première moitié.
Au moment où ils sortent de la ville de Beacon Hills, il se remémore son voyage de deux jours auparavant, le déclencheur pour Derek arrivant au palais avec ses deux cerfs en offrande.
- C'est ici que je t'ai entendu en premier, dit Derek, sur le même train de pensée.
Stiles regarde par la fenêtre la petite rue inoffensive du village. Cela a été si ordinaire pour lui, mais pour Derek cela a été le moment où son monde a été bouleversé.
- A quel point as-tu été choqué lorsque tu as vu que c'était moi ? Savais-tu au moins qui j'étais ?
- Bien sûr que je le savais ! dit Derek avec le genre de voix qu'il utilise pour demander Pour qui tu me prends ?.
- Qu'as-tu fait ?
- Je suis juste monté dans ma voiture et suis parti.
- Cela a sûrement été la décision la plus sage.
Derek rit et Stiles sait qu'ils sont tous les deux en train d'imaginer les nombreuses façons désastreuses dont cela aurait pu se passer s'il avait essayé de s'approcher.
Ils quittent la ville derrière eux et un kilomètre ou deux après, les voitures devant eux quittent la route, mais ils doivent attendre que les journalistes s'enlèvent du chemin. Stiles est habitué à les ignorer mais il a peur que cela ne dérange Derek. Lorsqu'il jette un coup d'œil vers lui, il ne montre aucun signe de mécontentement.
- Notre territoire commence ici, l'informe Derek, fier, lorsqu'ils dépassent les caméras.
Stiles veut se mettre à l'aise, mettre ses mains derrière la tête et le taquiner avec le fait que le pays tout entier est son territoire, mais il sait combien ce moment est important pour lui. Il ne veut pas sembler dénigrant, surtout quand Derek a toutes les raisons d'être fier de ses terres.
Au lieu de cela, il regarde les arbres passer de chaque côté de la route boueuse et s'émerveille de combien c'est un endroit parfait pour une meute de loups-garous. Il se retrouve à sourire en imaginant Derek grandir ici, un loup bondissant à travers les arbres en chassant les papillons.
- N'as-tu jamais été un petit bébé loup-garou ? demande-t-il, les mots sortant de sa bouche avant de pouvoir réaliser combien la réponse est évidente et combien il semble ridicule.
Derek confirme ses pensées avec un coup d'œil d'un sourcil levé.
- C'est juste que, ta transformation d'Alpha est tellement grande. Je n'avais jamais vraiment pensé au fait qu'elle grandissait juste comme ton— dit-il en faisant des gestes vers le haut et le bas de Derek assis à côté de lui. —côté humain l'a fait.
- Oui, j'ai été un petit bébé loup-garou, répond-il en levant ses yeux exaspérés au ciel, mais il ne peut cacher son amusement.
- S'il te plaît, dis-moi que tu as des photos.
- O— Non. Je ne crois pas.
Il n'est pas assez rapide pour cacher l'erreur et Stiles réprime un sourire espiègle.
- Oui oui. » Il reste silencieux quelques secondes pour faire croire à Derek qu'il a gagné, puis dit : « Je demanderai à Cora.
- Non, tu ne demanderas pas.
- Essaie de m'arrêter.
L'air entre eux s'est considérablement allégé avant que les arbres ne s'ouvrent et que Stiles ne repère la maison dans une clairière. Il n'essaie même pas de contenir une exclamation d'émerveillement lorsqu'il remarque les trois étages complétés par une véranda et une balancelle.
Quand ils sortent de la voiture, Derek montre où les SUV devraient ses garer et la sécurité se déploient autour du bâtiment.
Pendant un moment, Stiles s'attend à cligner des yeux et avoir une vision de cette nuit. Des corps, du sang et des ténèbres. Il se secoue. Il ne va pas laisser le fait qu'il le sache ternir ses impressions à propos de l'endroit.
Derek fixe la maison du regard, l'amusement pétillant dans ses yeux.
- Quoi ?
- Ils essaient de prétendre qu'ils n'ont pas couru partout comme des poulets sans tête pour avoir la maison correcte pour ton arrivée. » Il se tourne vers Stiles et fait un signe de tête en direction de la porte d'entrée. « Allez. »
Stiles est soudainement heureux d'avoir déjà rencontré la meute de Derek. Il ne peut imaginer la nausée qu'il aurait ressentie là maintenant s'il n'avait pas su à quoi s'attendre. La nervosité est toujours présente, mais il y a aussi de l'excitation. De l'enthousiasme.
Lorsqu'ils entrent, la meute les accueille, Cora donnant un coup de poing dans le bras de Derek dont Stiles est content qu'il ne s'agisse pas de son corps qui le reçoive.
Erica se tient avec la main sur son ventre et Stiles lui sourit joyeusement. Elle peut avoir caressé sa joue avec ses griffes la nuit précédente au lieu de l'avoir menacé verbalement, cela n'a servi qu'à consolider sa position de favorite pour lui. Pas qu'il le dirait à haute voix. Quelque chose lui dit que Derek ne serait pas très ravi de l'entendre, même s'il s'agissait d'une plaisanterie.
« Je vais te faire faire le tour, annonce Derek, éloignant sa meute d'un signe de main.
Son expression s'aigrit lorsqu'ils insistent tous pour les joindre, traînant Stiles sur le sol pendant que leur Alpha les suit.
Lorsqu'ils arrivent au moment de monter la première volée d'escaliers, Derek stoppe leur chemin après avoir laissé Stiles passer en premier, et ils les laissent à contrecœur monter seuls.
- Oh, Cora ? s'arrête Stiles lorsqu'il est presque en haut.
La femme en question se tient droite immédiatement, méfiante.
- Non, grogne Derek, attrapant l'arrière du cou de Stiles de sa main et le portant presque en haut des marches.
- Si tu pouvais déterrer quelques photos de—. » La main bouge pour couvrir sa bouche et Stiles renifle et glousse, essayant de l'enlever. « Bébé Dere— ! réussit-il à dire en évitant la paume de Derek. C'est suffisant.
- Je suis sur le coup ! crie Cora après eux et Derek grogne vraiment cette fois-ci, de défaite et de frustration, enlevant sa main.
- Si tu en trouves quelques unes en loup, ce serait génial ! appelle Stiles, penché au-dessus de la rampe, avant de rejoindre un Derek au regard noir à la première porte du couloir de l'étage.
- Tu vas voir quand je vais demander des photos de toi à ton père.
- J'étais adorable, dit Stiles en haussant les épaules et Derek réprime un rire.
La première chambre est celle de Boyd et Erica et Stiles ne jette qu'un coup d'œil rapide à l'intérieur pour voir les murs bleu ciel pendant qu'ils avancent.
Celle opposée est la chambre d'enfant et Derek ne peut contenir sa fierté lorsqu'il montre l'intérieur à Stiles.
Les murs sont jaune beurre, allant bien de paire avec les larges fenêtres pour illuminer la pièce et la rendre accueillante. Un mobile d'éléphants colorés différemment pend déjà au-dessus du berceau au milieu de la pièce, un ours en peluche étonnamment doux attaché à un petit carré de couverture reposant à l'intérieur.
- C'est génial, lui dit Stiles pendant qu'il laisse traîner ses doigts sur une veilleuse en forme de croissant de lune avec des étoiles découpées, restant sur une commode.
Derek laisse retomber la tension qui avait commencé à prendre place dans ses épaules, comme s'il avait attendu l'approbation de Stiles, et il rayonne face à lui.
- Ouais », murmure-t-il, parlant déjà comme si un bébé était endormi dans le couffin.
Après la chambre d'enfant se tient une salle de bain.
« Et ça », dit Derek, ouvrant la porte suivante. « C'est ma chambre. »
C'est comme s'il avait hésité une demi-seconde sur le fait qu'il devait plutôt dire « notre » et, par conséquent, lorsque Stiles regarde à l'intérieur, ce n'est pas vraiment la palette de couleurs café et crème ou la large fenêtre donnant sur le jardin de derrière qui attire son regard, mais le lit king size.
La seule chose à laquelle il puisse alors penser est la Revendication, mais pas la partie morsure de l'équation. Son père a déjà été extrêmement clair sur le fait qu'il n'y aurait pas de sexe — dont il serait au courant — avant que Stiles n'ait dix-huit ans, mais il sait que Derek ne considérera pas la Revendication comme complète jusqu'à leur première fois ensemble. Cela dit, il se souvient ensuite que cela ait censé avoir lieu à l'extérieur sous la Lune, tout comme la morsure, et, même si ce n'est pas ordinaire de nos jours, il est habituel qu'il y ait aussi une vieille tradition que cela soit public. Il ne peut imaginer que Derek inviterait des étrangers à une telle chose mais, et s'il s'attend à ce que sa meute soit présente ? Que vont penser les gens en voyant son corps blafard, maigrichon et dégingandé à côté de Derek avec son corps d'un ancien dieu grec ? Que va penser Derek ?
Il est conscient assez lointainement de quelque chose le tirant hors de la chambre et fermant la porte, de mains sur ses joues, des murs lumineux de la chambre d'enfant. Ce sont des yeux rouges qui le ramènent dans le présent et la même demande de respirer que celle qu'il a déjà entendue une fois auparavant.
« Qu'est-ce que j'ai fait de mal ? demande Derek. Stiles, bébé, j'ai besoin que tu me le dises comme ça je ne le ferai plus.
C'est la tendresse qui le sort réellement de là. Il se tourne et respire profondément, pas sûr de s'il doit rire ou pleurer du fait que Derek pense que l'émotivité de Stiles est de sa faute.
- Ce n'est rien, essaie-t-il, mais Derek ne le laisse pas passer.
- Ce n'est pas la première fois que ça arrive à cause de moi. S'il y a quelque chose de mal—
- Tu n'as rien fait de mal. C'est seulement moi.
Il essaie de ne pas laisser sa voix se casser, mais il n'est pas certain de si c'est une réussite.
- Toi ?
Stiles ne sait même plus. Toutes ses insécurités l'ont jugulé pendant Lydia, toujours Lydia, mais maintenant il sait que toutes ses suppositions sur ce qu'elle ressentait envers lui étaient simplement un rêve. Il n'a plus aucune base pour ses inquiétudes d'infériorité. Mais elles ne vont pas juste s'en aller.
- Et si— Et si je ne suis pas assez bien ?
Il déteste combien sa voix sonne faible.
- Pour quoi ?
Stiles jette un coup d'œil aux yeux de Derek et au loin à nouveau, incapable de répondre, mais ce seul regard semble dire à Derek tout ce dont il avait besoin.
- Je sais que c'est difficile pour toi de comprendre parce que tu n'as pas les mêmes instincts, mais je vais essayer de t'expliquer. » Derek s'approche doucement de lui, le tenant gentiment par les épaules de ses mains pour l'empêcher de se tourner à nouveau. « Pendant des années, j'ai su qu'il y avait quelque chose qui manquait. Quelqu'un. Et c'est comme si j'attendais seulement pour les rencontrer au prochain tournant, au prochain tournant, au prochain. C'est comme ça que j'ai vécu pendant des années. Et dès que j'ai entendu ton cœur battre dans ma tête et que j'ai posé mes yeux sur toi, j'ai su que c'était pour toi que j'avais attendu. Et ce n'est même pas que l'on se correspond ou que l'on rentre dans une case. C'est comme si tu te tissais en moi. Ou comme si tu avais toujours été là et que j'avais seulement été capable de lui donner un nom. Je ne peux pas— Je ne peux pas mesurer combien je suis chanceux d'avoir attendu ma vie entière pour te rencontrer. Je ne peux pas comprendre pourquoi personne n'est ici pour me provoquer en duel pour toi. J'aurais combattu n'importe qui. J'aurais combattu jusqu'à ce que mes griffes soient ruinées et que je respire du sang. Et que Dieu aide quiconque essaie un jour de te blesser. Donc tu peux me croire lorsque je te dis qu'il est impossible que tu me déçoives un jour. »
La paume forte de Derek prend sa joue en coupe, balayant une larme qui avait réussi à s'échapper. Il essaie de se tourner, embarrassé, mais Derek l'en empêche.
« Ressens-tu quelque chose ? » murmure Derek, la voix soudainement fragile après un si fervent discours.
Stiles déglutit, réfléchissant fortement aux deux derniers jours : l'éclat de désir après avoir vu Derek la première fois, la colère étouffante après avoir appris ce qui lui était arrivé, le choc d'allégresse après avoir vu Derek sourire lorsqu'il a mangé la venaison. Même s'il n'a pas le même profond lot d'instincts que Derek, il ne peut nier qu'il ressent quelque chose ici lorsqu'il pense à lui.
Il acquiesce.
Le sourire que lui renvoie Derek est encore plus lumineux qu'il ne s'en souvient, s'atténuant légèrement quand il essaie de le contrôler, mais il ne peut le réprimer plus longtemps. Il commence à s'approcher, tellement lentement que Stiles se sent comme une biche que Derek ne veut pas surprendre, lui donnant beaucoup de temps pour s'éloigner.
Stiles ferme les yeux et attends, son corps entier sursautant au premier contact des lèvres de Derek contre les siennes, le retour de l'égratignure par sa barbe de trois jours. Ses lèves sont encore plus douces que ce que le baiser sur sa joue l'avait laissé imaginer, et il agrippe les épaules de Derek pour l'amener plus près. Elles sont enroulées de tension sous ses doigts, comme si cela lui coûtait tout pour se retenir, et quand ils se séparent finalement, Stiles est sûr de voir un éclat de rouge dans les yeux de Derek.
En dépit des confessions faites légèrement plus tôt, tout semble encore plus fragile, comme une nouvelle peau rose encore tendre. La voix douce, pleine d'espoir de Derek — quand il réussit à la retrouver — montre qu'il le ressent également.
« D'accord. Nous pouvons terminer le tour une autre fois. » Il passe la pulpe de son pouce le long de la lèvre inférieure de Stiles, s'égarant un moment jusqu'à ce qu'une petite secousse de sa tête le sorte de quelque nouvelle transe dans laquelle il était tombé. « Peut-être pouvons-nous nous faire une balade avant le dîner ?
Stiles mord sa lèvre pour se retenir de rire face à la soudaine incapacité de Derek à se concentrer, un flou prenant place dans sa propre poitrine quand il réalise que peut-être tout ce qu'a dit Derek était vraiment vrai.
- Ca me tente. »
Hors de la chambre d'enfant, c'est comme si les pieds de Derek étaient eux-mêmes collés au sol et qu'il avait du mal à les séparer de lui. Stiles donne un petit coup de coude dans son épaule et Derek grimace mais réussit à marcher à grands pas dans le couloir, le dos raide.
Dans l'intimité de la salle de bain, Stiles presse ses deux paumes à plat contre la porcelaine blanche du lavabo et fixe son reflet du regard. Ses lèvres picotent encore à cause du premier baiser et il est toujours consumé par l'intensité du regard de Derek, la sincérité de ses mots. Il ne sait même pas comment commencer à les digérer, comment comprendre des émotions si puissantes qui le concernent. Il essaie de mettre tout cela de côté, sachant qu'il n'a pas le temps de s'y retrouver pour l'instant.
Au lieu de cela, il va observer le bon côté de cette situation humiliante parce que, au moins, cela lui donne l'opportunité de mettre à exécution la deuxième étape des instructions de Lydia.
Après une dernière respiration stabilisante, il commence à déboutonner sa chemise.
[RAR]
A Babylon : Plutôt mignon, oui, mais cela va-t-il se poursuivre ? :p Tes soupçons se confirmeront…ou non :D Merci à toi, j'espère que ce chapitre t'aura plu ^^
A Akane : Merci pour ta review ^^ Je tiens toutefois à te rappeler que je ne fais que traduire. L'idée géniale qu'est cette fiction est l'œuvre de kaistrex ^^
J'espère que ce chapitre vous aura plu. Merci d'avoir lu jusqu'ici et à la semaine prochaine !
