Titre : Hippolyte

Genre : Tragédie, Souffrance/Confort, Famille

Rating : T

Résumé : Phèdre, reine belle et froide. Un pic à la place du cœur, du venin à la place des paroles. Phèdre, reine belle et froide, réchauffée par le plus vertueux des cœurs. Un amour à sens unique, pour l'un comme pour l'autre.

Réponses aux reviews :

Queen Puduhepa : Hello ! Je suis ravie (et soulagée) que l'origine de la «misogynie« (je ne suis pas sûr que le terme soit approprié) d'Hippolyte t'ait plu. J'ai eu énormément de mal à, à la fois trouver cette explication, mais surtout à l'exploiter. Créer, développer et finir en quelque chapitres une relation qui a compté pour Hippolyte n'a pas été évident. Au départ, j'avais même écris tout ça de manière expéditive (sans dialogue, rien). Mais niveau immersion, c'était pas top. Donc j'ai développé, mais pas trop non plus (sinon ça efface trop Phèdre alors que c'est quand même l'héroïne de cette histoire ! ^^). Donc vraiment heureuse que le résultat te plaise.

Pour Thésée, ouais, tu as visé dans le mille ! Est-ce que Phèdre lui fera payer ça très cher ? Hm... Rien n'est moins sûr. Car si Phèdre est claire et forte dans sa tête, dans ses actions, elle l'est beaucoup moins. Plutôt soumise même... Mais bon après qui sait, peut-être qu'elle va quand même agir à un moment ? ^^

Oui, Alcéise et Hélène sont la même personne. Je me suis fondée sur l'interprétation de Virgile (je crois que c'est lui) qui a énoncé qu'Hélène avait été enlevé dans l'enfance par Thésée. Dans la version de Virgile, il l'a fait après la mort de Phèdre et Hippolyte, alors qu'il avait 50 ans (charmant...). J'ai modifié la chronologie pour une raison assez précise mais je te laisse la découvrir (à moins que tu ne devines, ce qui n'est pas impossible ;-) )

Pour Tyndare et la flotte, disons que j'ai surinterprété un passage de l'Illiade (chant II, «le catalogue des vaisseaux«). Dedans, il est dit que Agamemnon avait à son commandement 100 navires, la flotte la plus importante. Au moment où j'ai écris ma fic, je n'avais pas considéré que ces navires étaient peut-être ceux de nation maritime fidèle (soumises ?) à Sparte et pas celles de Sparte elle-même. Et je suis partie du principe que les flottes appartenaient à Tyndare à l'origine. Donc oui, il y a de quoi être surprise ^^'

Acamas ? Eh bien très honnêtement, pour l'instant je ne l'ai pas fait apparaitre. Mais maintenant que tu l'évoques, je me demande si je ne vais pas l'insérer finalement. Pas comme personnage important, mais j'ai peut-être une idée de fond pour lui. Hm... à voir.

En tout cas merci pour tes commentaires ! Et j'espère que la suite continuera à te plaire ^^

I need a surname : Hey you ! (entre nous, j'adore ton «surname« :-D). Enfin, tout ça pour dire que ton commentaire m'a fait chaud au cœur ! Après si ça peut te rassurer, je ne compte pas du tout abandonner cette fic. Je l'ai terminé à 85% donc je la posterais en entière, c'est certain. Par contre, si personne n'avait aimé «Hippolyte«, alors ça aurait été mon unique fic sur la mythologie. Là, en voyant ton commentaire, je me dis que finalement, je devrais continuer sur ma lancée et en écrire d'autres. Alors merci ! Merci pour ton soutien et tes encouragements. Ça me motive à coucher d'autres de mes idées ! Merci, merci, merci !

Guest : Ohhh merci ! *rougit dans son coin*. Oh ne t'inquiète pas, Hippo, il n'a de commun avec un moine que le vœu de chasteté, pas le crâne dégarni ;-P En tout cas, merci de me lire ! :-D

Angelica R : Salut ! Je suis heureuse que ma fic te plaise ! *sautille partout dans son coin*. Je la publie une fois par mois, vers la fin du mois. J'essaye de me tenir à ce rythme de publication (et pour le moment, ça va). Donc, nous voici nous voilà pour le chapitre du mois de janvier ! Bonne lecture ! :-D

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Chapitre 9 :

Ménesthée l'avait enfin rencontrée, Hélène de Sparte. Et bien qu'officiellement elle était Alcéise, fille de naissance ingrate, il n'eut aucun mal à la reconnaitre : Hélène fille de Tyndare, beauté que même un voile n'arrivait à masquer !

Son cœur en aurait vacillé si elle n'eut pas été aussi jeune, et lui aussi vieux... Aussi ce qu'il ressentit ne fut pas de l'amour, mais un sentiment de jalousie. Être le père d'un tel joyau, qu'elle fierté ce devait être ! Et son enlèvement, quel désespoir cela a pu jeter...

Tyndare a dû être dévasté, c'est certain !

Et c'est sur ce désespoir que Ménesthée comptait tout miser. S'il glissait un mot à Tyndare sur l'identité du ravisseur de sa fille, s'il rendait sa fille à Tyndare, Ménesthée était presque certain d'obtenir son appui militaire.

Presque étant le mot clé.

Parce qu'il y avait une zone d'ombre, un trait de caractère du vieux roi de Sparte à ne pas négliger.

Son horreur du sang...

Tyndare, roi de Sparte, avait horreur du sang. Pour ce vieux roi, un bon complot était toujours plus attrayant qu'une marée de sang. Tyndare ne voyait aucune vertu dans le massacre. Du gâchis, du gâchis et encore du gâchis.

Or Ménesthée avait besoin de gâchis. Il avait besoin que le sang soit versé. Le sang du peuple athénien plus précisément.

Athènes devait souffrir, Athènes devait pleurer, Athènes devait pâtir les choix de Thésée.

Car ce n'est qu'après que ce peuple, en quête d'un sauveur, se tournera vers lui.

Il me faut une raison qui pousserait Tyndare dans sa colère la plus noire. Il me faut une Hélène traitée avec irrévérence, presque mépris...

Car même si elle était servante, Hélène était très bien portante. En bonne santé, libre de ses mouvements, vêtue de très jolis habits et vierge. Un argument qu'une vipère comme Thésée n'irait jamais manquer de faire jouer pour atténuer les tensions et s'en sortir avec maestria...

Je ne dois pas manquer ma chance. Je dois jouer la carte Hélène jusqu'au bout...

« Seigneur Ménesthée, la servante est arrivée.

— Faites-là entrer. »

Une jeune femme s'avança, tremblante de tous ses membres. Elle jetait des coups d'œil autour d'elle, incertaine.

« Femme !

— Oui monseigneur ?

— Au prochain banquet organisé par le roi, veille à verser ceci dans sa coupe. Tu seras grassement rémunéré pour ce service.

— Bien monseigneur ! » déclara la servante en attrapant la fiole et en se retirant de la pièce.

Lorsque la servante disparut de son champ de vision, Ménesthée leva la tête et fixa le plafond songeusement.

Si tout se déroulait comme prévu, il sera très prochainement le nouveau roi d'Athènes.

§...§

En 22 ans d'existence, ce fut la première fois qu'Hippolyte mit les pieds à Athènes. Il fut surpris par la dynamique de la ville, les hurlements dans les rues et le nombres d'enfant qui courraient les ruelles. Il n'était pas habitué à autant d'agitation...

« Par ici mon seigneur. »

Hippolyte acquiesça et enjoignit à son cheval de reprendre le galop. À l'instar de toutes les cités grecques, le palais de Thésée se situait en hauteur, dominant ainsi la ville basse.

Lorsque les colonnes de palais se dressèrent enfin, Hippolyte descendit de sa monture, rajusta sa cape et partit à la rencontre de son père. Dans la grande salle, portée par des colonnes ioniques, il attendit patiemment le retour du porteur d'information, parti prévenir son père de son arrivée.

Thésée, le grand Thésée, repartait pour la mer, pour une nouvelle quête. Alors Hippolyte eut l'idée de partir avec lui, de le convaincre de l'emmener avec lui, cette fois. Partir en exploration avec son père, vivre une de ses aventures...

Et oublier les récentes tragédies.

« Hiip ! »

Hippolyte émergea de ses pensées et, surpris, se tourna vers la source du hoquet. Une ombre derrière les colonnes.

Une femme.

Et instantanément, Hippolyte irradia le mépris par tous les pores.

Viles créatures, inutiles en tout point, fourrées dans les ragots, incapables de courage, transformant le meilleur des hommes la pire des espèces !

« Sa majesté a été prévenue. Par ici, seigneur Hippolyte. »

Le chasseur détacha son regard de la femme, acquiesça gravement et suivit le messager. Lorsqu'il arriva dans la salle du trône et vit son père, ses traits se détendirent et un sourire transcenda son visage.

« Hippolyte, mon fils !

— Père ! »

Dans les bras de son père, Hippolyte se sentit renaitre.

Sa famille lui avait tellement manqué...

§...§

Comme à chaque matin depuis le dernier banquet, Phèdre se réveilla lourde, vidée de toute énergie.

Blonde Ariane, joyeuse Ariane, rebelle Ariane.

Naïve Ariane, aveugle Ariane, morte Ariane.

Phèdre s'extirpa hors de son lit, n'ayant plus de larme à verser. Après sa toilette et sa promenade matinale, elle croisa Démophon, discuta un moment avec lui et l'embrassa tendrement, pour le laisser en paix à ses jeux. De retour dans sa chambre, elle se figea en voyant une femme blonde, assise sur sa chaise.

« Ariane ? »

L'intruse sursauta et se retourna. C'était Alcéise.

La déception première de Phèdre se dissipa lentement lorsqu'elle remarqua que sa servante s'était autorisée à se parer de ses bijoux. La jeune fille retira chaque collier précipitamment et prit ses jambes à son cou.

« Attends ! »

Alcéise s'arrêta. Phèdre lui attrapa la main et la força à se rasseoir. Puis d'un geste, elle attrapa son peigne et les passa dans les cheveux blonds de l'adolescente, sous le regard surpris de celle-ci.

« Ce n'est pas la quantité de bijou qui fait la beauté mais l'agencement. Le bijou que tu portes doit te mettre en valeur. Pas l'inverse. »

Nouveau coup de peigne. Tout en douceur.

« Tu as vraiment de beaux cheveux Alcéise... Aussi blond que ceux de ma sœ- »

Phèdre ne peut en dire plus. Alors à la place, elle redressa les cheveux ondulés de l'adolescente et les coiffa en chignon lâche. Puis elle l'orna de bijou savamment choisi et d'une étoffe en soie en guise de ceinture. Phèdre sourit au résultat.

« Et voilà comment une femme met en valeur sa beauté. »

Elle attrapa son miroir et le tendit à l'adolescente. Et pendant que cette dernière s'observait curieusement sous toutes les coutures, Phèdre réfléchit.

Thésée se débarrassait de toutes les femmes qu'il avait aimé. Il s'était débarrassé de la naïve Ariane, de la farouche Antiope. Il se débarrasserait également de la froide Phèdre.

C'était inéluctable.

§...§

Convive à la somptueuse table de Thésée, Ménesthée savourait son repas. Mais il savoura avec encore plus de délice les évènements qui se déroulaient sous ses yeux. Thésée riant et festoyant joyeusement son prochain voyage. Peut-être le plus mystérieux d'ailleurs, vu qu'il en avait gardé secrète la destination. À ses côtés, de part et d'autre, son fils ainé, roi de Trézène, et son meilleur ami, le roi des Lapithes. La reine, quant à elle, brillait par son absence.

« Qu'on m'amène le vin et qu'il coule à flot ! »

Ménesthée, mordit dans un raisin et en suça les pépins, le visage devenu soudain avide. Parmi la dizaine d'esclaves qui arriva, la servante corrompue, une cruche à la main, se précipita vers le verre de Thésée et s'empressa de le remplir. L'excitation de Ménesthée atteignit son paroxysme et sa main se mit à trembler.

Thésée attrapait le verre, Thésée saluait ses convives avec le verre, Thésée portait le verre à ses lèvres, Thésée entrouvrait lentement ses verres au contact du-

Ménesthée se figea, incrédule. Thésée venait de reposer son verre, l'air sérieux à en mourir. Le sang quitta le visage du noble. Avait-il comprit ? Avait-il flairé le complot ? Allait-il mourir ?

« Hippolyte, mon fils, pourquoi ne festoies-tu pas avec nous ? s'enquit Thésée.

— Je...Je n'ai pas l'habitude de boire, père... »

La phrase jeta un long silence. Puis un rire gras le brisa. C'était Pirithoos, vite rejoint par Thésée. Et d'un geste qui brisa le cœur de Ménesthée, Thésée offrit son verre à son fils.

« Ce sera une première pour toi, allez fils ! »

Et Hippolyte, fils de Thésée, brisa tous ses rêves de grandeurs en avalant d'un trait le verre rempli d'aphrodisiaques.

§...§

En se réveillant le lendemain de la fête, Hippolyte réalisa très vite qu'il n'était pas dans sa chambre. Et les souvenirs de la veille lui rappelèrent qu'il n'était même pas à Trézène.

Oui, il était venu à Athènes dans l'espoir de convaincre son père de l'emmener avec lui vers son nouveau périple. Mais Thésée n'avait pas cillé d'un iota et refusa net la proposition.

« Je ne peux pas t'emmener là où je vais. C'est un périple bien trop dangereux. Un aller simple vers la mort. Et je ne veux pas t'emmener à la mort, fils. Il me faut quelqu'un pour veiller sur Trézène. »

Lorsque Hippolyte lui avait rétorqué que Trézène vivait très bien seule, Thésée avait secoué la tête.

« Ce n'est pas seulement pour Trézène que je te demande de rester. Mais également pour mon épouse et mon fils. Si jamais il devait m'arriver quelque chose, je ne pourrais alors compter que sur toi. »

Alors Hippolyte comprit que c'était peine perdue et abdiqua, comme toujours.

À l'heure qu'il est, ils doivent déjà être en haute mer, pensa amèrement le jeune homme.

Sur cette pensée, il attrapa sa toge pour se débarrasser de sa nudité.

§...§

Le vent soufflait fort, fouettant sans retenue son visage déjà bien assez marqué. La pluie s'abattait sans relâche, menaçant de briser chacun de ses os. Les planches glissaient sous lui, l'entrainant dans une danse infernale...

Pirithoos soupira d'aise...

Et s'offrit tout entier à la sensation !

« Il y en a un qui a l'air de s'amuser ! »

Le rouquin rouvrit les paupières et braqua ses yeux sur son interlocuteur. Ses lèvres s'étirèrent en un sourire narquois :

« Que veux-tu mon ami ? Peut-être la perspective d'une nouvelle épouse digne de ce nom ! »

Le visage souriant de Thésée se troubla un instant. Pirithoos se redressa légèrement, le regard pénétrant.

« Tu m'en veux, c'est ça ? »

Le souverain de l'Attique secoua la tête.

« Nous avions un engagement. Tu as tenu ta part du marché. C'est à mon tour maintenant.

— Mais cette fois-ci c'est différent ! rétorqua Pirithoos. Notre destination, ce n'est pas la première île venue, c'est- »

Le bateau tangua dangereusement.

« Les enfers, oui je sais ! Lança Thésée tout en s'accrochant à une barre. Mais pour toi, j'irai jusqu'au bout ! À la vie comme à la mort : c'est bien ce qu'on s'était dit mon ami ? »

Le visage souriant de Thésée baignant sous la pluie : cils mouillés, lèvres rougies, boucles alourdies par l'eau... Jamais Pirithoos ne le trouva plus beau qu'à cet instant !

Thésée avait connu beaucoup de femmes, Pirithoos ne l'ignorait pas. Et il les avait toutes aimées ardemment, passionnément. Mais il s'était toujours lassé de chacune d'entre elles. Il les avait toute abandonnées, parfois même tuées.

Mais jamais il ne l'abandonnerait lui.

Le regard de Pirithoos s'illumina à cette pensée et hurla à son tour : « À la vie comme à la mort, mon ami ! »

Jamais Thésée ne l'abandonnerait lui.

Parce que leur histoire à eux deux, elle était différente.

Elle était unique.

§...§

Le Bien, le Mal.

Cette summa divisio n'existait pas ici-bas, dans le monde souterrain d'Hadès. Les bons, les mauvais, tous les mortels se retrouvaient ici à la fin. Plus d'enveloppes charnelles, seulement des âmes. Des âmes en forme de flammes, violettes. Des âmes qui, faute de corps, n'avaient plus la faculté de communiquer.

Un état de fait qui chagrinait profondément la reine des enfers.

Alors lorsque des mortels possédant encore leurs dix doigts tel que Orphée ou Psyché s'aventuraient par ici, Perséphone veillait toujours à très bien les accueillir. Elle, qui en tant que déesse possédait et possèderait toujours son enveloppe corporelle, appréciait ces opportunités de discussions que les Égarés lui offraient. D'autant plus que son époux n'était pas d'un naturel très bavard.

Attentionné, très bon amant, mais pas bavard.

Alors lorsque Thésée et Pirithoos se présentèrent à elle, Perséphone les reçut avec beaucoup d'enthousiasme. Après une courte visite guidée, elle les installa autour de la Table de l'Abondance. Fruits, châtaignes, vins, chevreau, sanglier, mouton: tout avait été soigneusement déployé pour les mettre à l'aise. En particuliers leurs sièges...

La conversation allait bon train et Perséphone s'amusait comme une folle.

« Vos histoires sont vraiment fascinantes ! s'exclama la déesse en passant sa main droite sous son menton. Il y a tellement longtemps que je n'avais pas entendu ce genre d'anecdotes. C'est vraiment divertissant !

— C'est un honneur pour nous que de divertir une déesse aussi noble que sa Majesté », s'inclina Thésée.

La fille de Déméter s'amusa intérieurement des paroles caressantes de l'athénien. C'est à peine s'il ne transpirait pas le mensonge par tous les pores. Elle se tourna vers le plus roux.

« Et donc si vous êtes ici c'est pour récupérer votre défunte épouse ? Comme l'a fait Orphée avant vous ?

— Quelque chose dans le genre, répondit le roi des Lapithes en détournant le regard sous une gorgée de jus de raisin.

— Une entreprise des plus honorables ! loua la déesse. Mais malheureusement impossible. »

Sa voix se perdit dans les méandres des ténèbres, une mine faussement désolée barrant son joli front.

« Parce qu'elle n'est plus qu'une âme sans corps ? interrogea Thésée.

— Entre autres. » Une lueur espiègle illumina l'œil de la déesse. « Mais ce sont surtout vos chaises qui vont vous rendre cette tâche impossible.

— Nos chaises... ?

L'athénien jeta un coup d'œil à son siège et l'horreur se peignit sur son visage lorsqu'il vit les chaines. Chevilles, poignets, ceinture...tout y passa. Thésée essaya de se débattre mais son postérieur ne bougea pas d'un millimètre.

« Les trônes de l'Oubli, poursuivit Perséphone. Des chaises qui se nourrissent de l'existence de chacun. Plus les vies sont intéressantes, plus la chaise prendra son temps. Moins l'histoire n'a d'intérêt, plus vite l'hôte sera englouti. »

Une main sortie des ténèbres se posa sur son épaule et, sans quitter des yeux ses hôtes, elle la serra avec tendresse:

« J'espère pour vous que vos histoires sauront me divertir encore trèès longtemps... »