Titre : Hippolyte

Genre : Tragédie, Souffrance/Confort, Famille

Rating : T

Résumé : Phèdre, reine belle et froide. Un pic à la place du cœur, du venin à la place des paroles. Phèdre, reine belle et froide, réchauffée par le plus vertueux des cœurs. Un amour à sens unique, pour l'un comme pour l'autre.

Note de l'auteur : Bonjour tout le monde ! Le voici là, le voilà, l'épilogue de mon histoire et les réponses à toutes mes questions. Je vous retrouve à la fin pour quelques petites remarques ;-)

...

...


...

...

Épilogue :

S'il était un état de l'homme qui rebutait Hippolyte autant que l'amour, c'était l'ivresse.

Amour et ivresse, tous deux au carrefour du plaisir et du désespoir. Amour et alcool, tous deux conduisant inévitablement l'homme à la folie.

C'est pourquoi lorsque son père lui proposa un peu de la boisson préférée de Dionysos, Hippolyte tenta d'esquiver la chose.

En vain.

« Ce sera une première pour toi, fils ! »

Hippolyte, qui n'avait jamais rien refusé à son père, se laissa convaincre.

Et avala d'un trait le verre concocté par Ménesthée.

§...§

« Tu te souviens de ce que je t'ai dit n'est-ce pas ? répéta la grande servante. Tu dois enlever tes vêtements et dormir près de l'homme. Et tu devras faire tout ce qu'il te dira ! »

Hélène acquiesça mais au fond elle avait tout un tas de question dans la tête. L'homme à l'intérieur, ce serait Thésée, n'est-ce pas ? Et aujourd'hui, c'était sûrement le jour des « honneurs » qu'il lui avait promis. Mais de quels genres d'honneurs s'agissait-il ?

« Allez vas-y ! Et ne fais pas tout rater ! » la pressa la servante.

Et d'un geste, elle la précipita à l'intérieur. Hélène trébucha légèrement avant de se stabiliser sur ses appuis. La pièce était baignée par la lumière des étoiles et des cousins colorés étaient éparpillés dans un coin. Mais aucune trace d'homme.

« Et n'oublie pas de sortir avant qu'il ne se réveille ! » entendit-elle derrière son dos avant que les pas de la grande servante ne s'éloignent à vive allure.

Désormais seule dans la pièce, Hélène réfléchit à ce qu'elle devait faire. Peut-être attendre dans les cousins ? Elle opta pour cette idée et s'allongea. Mais le temps passa et personne ne se montra. Alors elle se releva pour sortir. Et c'est à ce moment qu'une personne déboula dans la pièce.

Un homme.

Hélène, pétrifiée sur place, ne put que l'observer tanguer et se jeter sur les cousins.

§...§

Hippolyte avait la sensation de flotter et d'étouffer à la fois. Sa vision était brumeuse et colorée. Les murs se rapprochaient de lui.

Et il avait chaud à en suffoquer.

Il fallait que ça sorte, que cette chaleur sorte !

Il atterrit brusquement dans une pièce où étaient installés à même le sol des centaines de cousins et tapis colorés. C'était vraiment très beau. Et ça semblait très accueillant. Hippolyte s'écroula dessus et effectivement, ils étaient très confortables.

Froid, doux, confortable.

Le roi de Trézène voulait profiter de cette fraicheur.

Alors il retira ses vêtements et s'étala.

§...§

Hélène ne savait plus quoi faire. En ce soir de pleine lune, la pièce était suffisamment éclairée pour qu'elle puisse absolument tout voir de l'homme.

Absolument tout.

Alors c'est à ça que ça ressemble un homme ?

Elle s'approcha timidement, prise de curiosité. Elle s'installa à genoux près de l'homme et le détailla des pieds à la tête. Son cœur rata un battement en voyant son visage.

C'était l'homme de la veille. Celui qu'elle avait vu, cachée derrière les colonnes. Celui qui lui avait donné envie de se faire belle comme Phèdre. L'homme aux cheveux courts et aux yeux tranchant.

Timidement, Hélène approcha son index et se mit à tracer les courbes de son visage. Même endormi et le visage tout rouge, il était vraiment beau.

La jeune princesse resta longuement ainsi, à tracer les contours de son visage.

Puis comme se réveillant d'un rêve, elle se souvint des directives et retira ses vêtements. Ensuite, elle s'allongea à côté de l'homme, comme on le lui avait appris.

§...§

Quelque chose de chaud se collait à lui. Quelque chose de moins chaud que le feu qui brûlait ses veines mais quelque chose de chaud quand même. Mécontent, Hippolyte remua pour se débarrasser de la chose mais se ravisa lorsqu'il remarqua que la chose était douce.

Très douce.

Ses doigts testèrent la texture, puis ce fut au tour de ses lèvres. Doux, chaud, moelleux...

Quelque chose de dur s'éveilla en lui, quelque chose qu'il devait expulser. Il plaça ce qui ressemblait à des jambes autours de ses hanches, et laissa la chose dure errer ici et ailleurs.

Ici, ailleurs, ici, ailleurs, ici, ailleurs, ici, ailleurs !

Ici.

§...§

Endormie contre la forme, Hélène savoura le contact de sa peau sur la sienne. Elle avait bien aimé ce qui s'était passé cette nuit. Ça avait vraiment été bon, un peu douloureux au milieu, mais vraiment bon.

Surtout les lèvres suçant ses seins.

Mais finalement, ce qui s'était passé cette nuit, c'était quoi ? Est-ce que ça voulait dire que cet homme était son époux ? Elle aimerait bien ! Il était tellement attirant...

L'aube se levait dehors et Hélène soupira d'aise avant de se relever brusquement. Elle venait de se souvenir de la dernière directive de la servante !

§...§

« Est-ce qu'il est venu cette nuit ? »

Alcéise hocha la tête.

« Tu as fait comme je t'ai demandé de le faire ? »

Nouvelle acquiescement.

« Bien, très bien. Mais écoute moi bien : Phèdre ne devra jamais l'apprendre. Car crois moi, elle te tuerait le cas contraire ! »

Alcéise acquiesça à nouveau, même si elle ne comprit pas vraiment le rapport entre Phèdre et l'homme de la nuit dernière.

§...§

Hélène ne comprenait pas ce qu'il lui arrivait !

Depuis qu'elle était rentrée chez elle auprès des siens, son ventre s'arrondissait. Et le temps passant ne fit qu'empirer la chose. Elle avait peur d'être malade, contagieuse et que tout le monde la rejette. Alors elle porta des vêtements amples. De plus en plus amples.

Et puis un jour, une servante la dénonça à son père. Et son père, lui d'ordinaire si doux et affectueux, lui hurla dessus.

« Qui t'a fait ? Qui a osé te faire ça ?! C'est Thésée n'est-ce pas ? »

Elle avait pleuré, beaucoup pleuré. Elle s'était excusée aussi, à plusieurs reprises. Mais sans savoir de quelle faute elle réclamait la clémence. Son père s'excusa, longuement. Il était redevenu l'homme doux et affectueux.

Les servantes lui expliquèrent ce qui lui arrivait.

Elle attendait un enfant.

« Hélène, ma fille, mon trésor, ma fierté... »

Elle ne voulait pas de cet enfant, elle ne voulait pas être mère.

Elle voulait juste être libre.

Son père sembla entendre ses prières. Quelque jours plus tard, il ordonna le confinement de ses deux filles au Palais.

Hélène la vierge enfantera, mais Clytemnestre la mariée sera la mère.

Et personne au monde n'en saura rien.

Hélène accoucha quelques mois plus tard, dans la douleur et la peur, Clytemnestre à ses côtés.

L'enfant sortit. Hélène ferma les yeux.

Et s'éleva chaudement dans la pièce la voix d'ordinaire grave et sans vie de Clytemnestre.

« Bonjour Iphigénie, je suis ta maman. »

...

...


Nous y sommes, la fin de mon histoire et l'une de mes visions du mythe de Phèdre et d'Hippolyte. A l'origine, je voulais vraiment concentrer cette histoire sur Hippolyte et Phèdre (la fic faisait genre...6 chapitres ?). Sauf qu'en parallèle, je m'imaginais également l'histoire de Clytemnestre et puis... Et puis l'idée d'Iphigénie fille d'Hippolyte et Hélène m'a traversée l'esprit. Et j'arrivais pas à m'en défaire. Donc j'ai voulu l'introduire dans l'histoire d'Hippolyte. Sauf que je tenais également à cette idée de base d'un Hippolyte complètement détaché de l'amour. Ça me tenait vraiment à cœur... Mais impossible de concilier ces deux idées. D'autant plus qu'introduire une histoire d'amour entre Hippolyte et Hélène revenait à ranger Phèdre à un second plan alors qu'elle est quand même la perso principale (quand même !). Je devais abandonner l'une de mes idées (à mon plus grand regret...sniff.)

Et puis mon chevalier servant s'est présenté sur son beau destrier blanc : Ménesthée ! La suite vous la connaissez ^^

J'espère vraiment que cette fic vous aura plu. J'ai vraiment beaucoup d'idées pour la suite (parce que oui, j'aimerais continuer à écrire sur la mythologie grecque) mais pas beaucoup de temps à y consacrer. J'ai beaucoup d'histoire en attente et j'ai décidé de privilégier la suite de celle qui plaisent à un plus de monde (et malheureusement pour moi, Hippolyte n'en faisait pas parti).

La prochaine histoire devrait se concentrer sur Clytemnestre.

Voili voilou ! A la prochaine tout le monde ! :-D

Angelica R : Hello ! Et je ne te contredis pas : Thésée est un connard ! Et tu as eu bon sur l'identité de l'enfant et de sa mère : Hélène et Iphigénie ^^. J'espère que ma fic t'aura plu. Je te remercie beaucoup de l'avoir commenté. Merci ! :-D

Queen Puduhepa : Hello ! J'ai corrigé tous les points que tu as pointé ^^. Oui, pour le suicide de Phèdre, j'en suis restée à la version originale et l'ai situé avant la mort d'Hippolyte. Je ne voulais pas faire d'elle une femme revancharde mais plutôt écrasée par sa condition de femme. Version diabolique de Thésée ? Je ne sais pas. Je n'ai jamais imaginé Thésée comme quelqu'un de bien. Égoïste, faisant passer ses intérêts avant le reste, c'est comme ça que je l'ai toujours imaginé ^^'

Et pour les trois questions, ben comme tu as pu le voir, tu as eu tout bon ! ^^

En tout cas, je voulais te remercier pour tout avoir suivie cette histoire tout au long. Tes messages m'ont à chaque fois fait chaud au cœur et encouragé à en poursuivre l'écriture. Merci Queen Puduhepa ! :-D