Lou courait, le vent et les branches lui fouettant le visage et les jambes. Elle avait peur. Peur pour ses amis, Cecil tout d'abord, et Périthale ensuite. Peur d'avoir laisser Thomas seul, alors que des monstres inconnus rodaient dans les environs. Peur parce qu'elle ne savait pas vers quoi elle courait. Mais il fallait qu'elle porte secours à Cecil qui avait hurlé après qu'un sifflement strident ait retentit. Elle arriva dans un endroit où tous les arbres avaient brûlés. Une trainée de poudre noire, comme celle chez la fille de Panacée, filait vers une rangée d'arbre bien trop alignés pour être naturels.

- CECIL ! PÉRITHALE ! appela Lou. OÙ ÊTES-VOUS ?

Elle suivit la trace de poudre, prudemment, faisant le moins de bruit possible. Mais l'humus qui recouvrait le sol en faisait bien trop à son goût. Elle luttait pour ne pas se mettre à hurler le nom de ses amis. Derrière elle, un craquement sec se fit entendre. Elle fit volte-face et une main se posa sur sa bouche. Thomas lui fit chut en portant son index à ses lèvres. Il enleva sa main de à bouche de Lou et pointa un point derrière elle.

- Je vois Cecil là-bas ! Je pars à gauche. Va à droite en arc de cercle !

Et il s'en alla sans plus d'explications. Lou fit comme il l'avait dit. Elle alla à droite en décrivant un arc de cercle. Elle se retrouva en face d'une clairière où un groupe était rassemblé autour d'une table de pierre. Dessus était allongé...

- Cecil ! murmura Lou, inquiète.

Elle aperçut Thomas de l'autre côté de la clairière, caché du mieux qu'il pouvait entre les rares arbres. Elle avait eu plus de chance car les bois étaient plus gros là où elle était. Lou se demanda si Thomas avait fait exprès de se mettre presque à découvert. C'est alors qu'un éclat brillant se fit voir derrière le demi-dieu, et avant qu'elle n'ait pu le prévenir, il se retrouva par terre, assommé. Une voix basse retenti soudain derrière elle.

- Alors Lou Ellen ? Comment vas-tu ? Cela faisait longtemps n'est-ce pas ?

Lou se retourna d'une traite, surprise d'entendre cette voix.

- Périthale ! Comme je suis soulagée de te revoir ! J'avais peur qu'il ne te soit arrivé malheur ! Comment t'es-tu échappée ?

- Échappée ? Pourquoi aurait-il fallu que je m'échappe de chez mes amis ? N'as-tu guère encore compris, fille d'Hécate ?

- Pardon ?

- C'est moi qui ai créer ces monstres aux yeux maladifs ! Si on les regarde trop longtemps droit dans les yeux, on se retrouve vidé de toute énergie ! Ton ami n'a pas tenu longtemps. Lorsque nous avons été sûr qu'il n'était plus une menace, nous l'avons achevé avec nos sifflements . C'est une petite nature dis-moi !

- C'était toi qui a fait ça ? Mais pourquoi ?

- Ta mère m'a maudite ! Elle m'a condamnée à rester telle que je suis pour l'éternité. Elle m'a offert des pouvoirs lorsque je la servais, et elle m'a maudite lorsque j'en ai fait usage pour soigner mon père malade ! Sais-tu quel âge j'ai ? Je suis âgée de 2435 ans ! Il y a si longtemps que je vis... Je me venge ! Les demi-dieux me rendent peu à peu mes pouvoirs, ils me vieillissent et je sens la malédiction qui se lève ! Je ne suis qu'à quelques pas du repos, lorsque j'aurais obtenu le pouvoir qui est le tient, je pourrais enfin lever ma malédiction ! Et ce ne sont pas trois demi-dieux farfouilleurs qui vont m'en empêcher !

Sur ce, elle asséna un coup avec la poignée de son épée sur la tête de Lou qui tomba à son tour, inconsciente. Lorsqu'elle se réveilla, elle se trouvait allongée sur une table de pierre elle aussi, aux côtés de Cecil, toujours inconscient, et de Thomas, qui était réveillé. Ils étaient tous attacher avec des liens solides.

- Ça va ? demanda Thomas en regardant la jeune fille.

- Ça peu aller ! Je viens juste de me rendre compte que nous avons été trahit par Périthale, mais bon.

C'est alors que la concernée apparu entre les monstres aux yeux jaunes et rouges. Elle portait une robe grecque d'un blanc éclatant retenue à la taille par une ceinture d'or. Autour de ses poignets, elle portait des bracelets du même métal et un collier identique. Ses cheveux étaient attachés en une tresse dans laquelle s'entrecroisaient des fils d'or, eux aussi. Elle s'avança d'une démarche gracieuse. Elle avait tout d'une princesse grecque habillée de la sorte.

- Mes chers amis, nous sommes ici aujourd'hui pour nous emparer, comme à notre habitude, des pouvoirs de ces demi-dieux. Mais aujourd'hui, une nouvelle chose va se passer. Nous allons tuer. Pour la première fois depuis votre création, nous avons capturé une fille de la déesse que je haïs le plus au monde, Hécate ! Son sacrifice sera dédié à ma mère, la déesse Panacée.

Les monstres hurlèrent leur joie et la montrèrent en levant leur mains armées. D'ailleurs, ils l'étaient jusqu'aux dents. Périthale s'approcha de Cecil qui commençait légèrement à reprendre connaissance.

- Tout d'abord, fit la demi-déesse machiavélique, je m'en prendrais à celui-ci. Je lui déroberais sa puissance qui lui viens de son père, l'Olympien, ensuite, je lui effacerais la mémoire, comme aux autres. Après, je ferais pareil à l'autre. Et enfin, je te volerais tes pouvoirs et je te sacrifierais.

- Tu peux toujours courir ! cracha Lou en se débattant de toutes ses forces.

- Tu me fais rire petite demi-déesse de pacotille ! s'exclaffa Périthale.

- Nous nous libérerons ! continua Lou.

Périthale éclata d'un rire mauvais et leva un poignard qu'elle venait de faire apparaître. Sa lame se mit à briller d'un éclat lunaire. D'ailleurs, la lune, haute dans le ciel, était pleine. Et ce genre de lune procurait des pouvoirs plus puissants encore que d'habitude, comme celui du loup-garou. Lou s'efforça de se concentrer afin de rassembler ses pouvoirs le plus vite possible et se libérer pour sauver ses amis par la suite. Une énergie considérable se concentra en elle, et avec toute sa rage, elle la libéra, priant pour que cette magie n'affecte que ses ennemis et non ses amis. Un nuage de poussière se souleva lorsqu'elle eut libérer son énergie. Elle sentit que ses poignets et ses chevilles étaient déliés et en profita pour de lever. Elle attendit que la poussière se dissipe afin de constater le désastre qu'elle avait certainement causé.