Point de vue Nico :

Je n'arrivais pas à mettre des mots sur ce qui se passait en moi en ce moment. Colère, haine, déception, tristesse même mélancolie tout ces sentiments se mélangeaient. J'étais complètement perdu. J'entendais la voix de Reyna comme si elle me criait dessus mais de loin. Il m'était impossible de me remettre les pensées au clair, les mots que Will avait prononcés me restaient dans la tête, puis les évènements me revinrent petit à petit, le bisou avec Léo, puis la colère du blond et nos cris. Les voix de mes amis devenaient de plus en plus claires, ils avaient l'air très inquiets, et voilà je m'en voulais encore plus de leur avoir causé des soucis, une fois de plus. Je rassurai Reyna en disant que ça allait, j'allais juste rentrer, au moment ou je me levais, Léo sortis de la boîte me regarda et commença à partir vers chez moi sans un mot. Tout le monde le suivit et le retour se fit dans le plus grand des silences, un silence pesant et désagréable. Une fois arrivé, il devait être environ 3 heure du matin, nous partîmes tous nous coucher, Reyna et Léo dans une chambre, Frank et moi dans l'autre et le sommeil s'empara de moi immédiatement.

Quelques minutes plus tôt, du côté de Léo :

Rahhh comme je le pensais j'avas extrêmement envie de le frapper. Non seulement pour ce qu'il avait dit à Nico mais également parce qu'au fond de moi je savais qu'il était le mur insurmontable qui me séparait de Nico. Je le regardais dans les yeux en me demandant ce qu'il avait de mieux que moi. Un millier de réponses me vinrent à l'esprit immédiatement mais je n'étais pas là pour ça, j'avais pris une décision. Ce fut lui qui entama la conversation :

« - Toi aussi tu es venu me dire mes quatre vérités ?

- En quelques sortes oui.

- Qu'est-ce que tu veux dire ? Il y a d'autres trucs que j'ignore à part le fait que je sois un énorme enfoiré ignorant ?

- Oui, imbécile, il y a autre chose. Bon sang ce qu'il m'énervait. Ça me tue de le dire, mais Nico a besoin de toi.

- Pardon ? je pense plutôt que s'il avait la possibilité de me planter un pieu dans le cœur il le ferait immédiatement.

- Certes, mais tu sais tout comme moi, qu'il ne ressent pas que de l'amitié envers toi, et au vu des évènements de ce soir je dirais que toi non plus. Il me regarda avec plus d'attention. Il va te détester, c'est sûr, et j'espère que tu vas te détester aussi, tu t'es attaqué à la chose qui atteint le plus Nico et peu importe à quel point tu es un enfoiré, je ne te pensais pas capable de ça. Sans oublier Reyna et Frank qui ne vont pas oublier tes mots de sitôt.

- Je sais que je n'aurais jamais, mais jamais du dire ça. Je suis encore perdu au niveau de mes sentiments, c'est vrai, mais je ne vois pas comment il pourrait me pardonner après ça.

- Je ne sais pas non plus, mais Will Solace, tu vas me faire une promesse. Peu importe quand, au moment ou Nico aura le plus besoin de quelqu'un et que ni moi ni les autres ne pourront l'aider, tu devras le faire. Parce qu'il le mérite plus que tout.

- Tu l'aimes vraiment hein ? Je baissais le regard, peiné.

- Oui, je l'aime.

- Je suis désolé, tu mérites ses sentiments bien plus que moi. Je me rends bien compte de ce que cela doit te coûter de me demander ça. Alors oui, je te le promets, quand il aura besoin de moi, je serai là, j'essaierai aussi de me faire pardonner, même si je doute du résultat.

- Tu sais Will… Si on s'était connus dans d'autres circonstances, je pense sérieusement qu'on aurait pu être amis. Et alors que je m'en allais, je me devais de lâcher une pique, n'est pas Léo Valdez qui veut après tout. Au fait, il embrasse superbement bien, je dirais même aussi bien que Frank frappe fort. »

Retour sur le réveil de Nico :

J'avais un mal de crâne terrible à mon réveil, alors qu'à côté Frank dormait comme un ours en pleine hibernation. En bas personne n'était levé, ma mère nous avait laissé de quoi déjeuner en laissant un mot pour mes amis, qu'elle ne reverrait pas avant qu'ils partent. La réalité me frappa de plein fouet, la soirée, Léo, Will, ce retour pesant. Ils partaient ce soir, et quel que soit mon Etat mental actuel je devais mettre les choses à plat avec eux, je ne supporterais pas de perdre leur soutien. Encore une pensée égoïste. Léo devait me détester, j'avais joué avec ses sentiments comme si de rien n'était, Reyna m'en voudra également c'est sûr. Il fallait que je parle à mon père.

Je me dirigeais vers le fond du jardin ou ma mère avait dressé une sorte d'autel en l'honneur de mon père. En effet, étant enterré à Paris, nous ne pouvions plus nous recueillir fréquemment comme nous avions l'habitude de le faire. Bonjour Papa, ça fait un certain temps que je ne suis pas venu hein ?

Sur l'autel on pouvait voir une photo de Papa au milieu de deux autres, une avec son régiment et une avec nous, on avait vraiment l'air d'une famille heureuse. Je ne savais vraiment pas quoi faire, qu'est-ce qu'il aurait fait à ma place, il avait toujours le mot juste, et savait comment me réconforter.

Mon père était vraiment ce genre de personne qui sortait toujours des vieux proverbes, plus ou moins ridicules, plus ou moins vrais. Je me souviens d'un jour ou je lui avais raconté les histoires de Léo et Calypso il m'avait alors dit de toujours supporter mon ami pour ses peines de cœurs, car « quand l'amour se fait attendre, l'amitié est ne valeur sûre ». Aujourd'hui, alors que l'amitié que je partageais avec Frank, Léo et Reyna était une valeur sûre et me permettait de lutter contre l'amour qui ne cessait de me décevoir, j'ai mis en danger ce lien. Je m'en voulais tellement. Je devais clairement m'excuser. Le plus dur aller sans aucun doute être Reyna et le plus gênant Léo, autant commencer par le plus facile.

Je remontais dans ma chambre et alors que j'avais pour intention de parler à Frank, je croisai Reyna dans l'escalier, C'est comme commencer un nouveau jeu Pokémon et combattre directement le maitre de la ligue sans déconner. Elle m'adressa un regard noir et me dépassa sans un mot. Je la suivi dans la cuisine où elle s'assit, attendant que je prenne la parole.

« - Ecoute Reyna je-

- Oui t'inquiètes pas j'écoute. Bien, j'avais fait une comparaison avec le maitre de la ligue, je reviens sur mes mots, le maitre de la tour de combat.

- Je me déteste tellement pour ce que j'ais dis, ce que j'ai fait, ce que je vous ais caché je me déteste vraiment. Je suis tellement perdu, je m'en veux d'avoir perdu la tête pour un connard pareil, d'avoir mis en danger notre amitié pour lui. Au final les mots sortaient tout seuls.

- Bon c'est déjà un bon début, mais on gérera le cas de ce déchet ensemble et plus tard. J'ai d'abord une question à te poser, est-ce que tu étais au courant des sentiments de Léo pour toi ?

- Non, enfin je pense que je l'ai réalisé quand nous dansions ensemble tous les deux, je ne sais pas pourquoi je l'ai réalisé qu'à ce moment, son regard surement. Tu le savais toi ? Bien sûr, c'est Reyna, pourquoi tu demandes.

- Bien sûr, pourquoi tu demandes Nico, paf en plein dans le mille. Je pensais que tu noterais tous les petits regards glissants ou même les allusions qu'il a faites à propos de Will au nouvel an et qui le concernaient plus que tout. Vraiment je ne t'en veux pas d'avoir réagir de cette manière avec ce con de Will, mais comment as-tu pu embrasser Léo de cette manière, à moins que je ne me trompe sur tes sentiments ? Son ton était clairement accusateur, et je ne pouvais que baisser la tête.

- Je ne me l'explique pas à moi-même et bien sur que non Reyna, je ne peux pas retourner ses sentiments à Léo et tu le sais très bien !

- Tu veux que je te l'explique, Nico tu as fait ça, cette bêtise, pour rendre Will jaloux. Et je ne pensais pas qu'un gars, un connard qui plus est, aurais fais pencher ta balance amour-amitié à ce point et je dois avouer que c'est blessant en plus d'être décevant. Ouch, celui la faisait mal, cette fourbe savait faire mal, ça c'était sûr.

- Je ne peux rien répondre à ça Reyna, si ce n'est demandé pardon, je lui pris les mains, et je vous demande pardon à tous, je vous promets que je vais me ressaisir et redevenir celui que j'étais avant. D'ailleurs autant vite commencer car les larmes montaient et je n'en étais qu'à l'étape une.

- Aller, vas-y, ce n'est pas moi qui doit te prendre le plus de temps, Frank est dans la salle de bain si tu veux, je crois qu'il à besoin d'un petit remontant lui aussi. »

Et alors que je commençais à repartir vers les escaliers, Reyna m'appela : « Et Nico, te pose pas trop de questions, je te connais depuis un bout de temps, et j'ai aucun doute sur le fait que tu te rachèteras, de n'importe quelle manière. Sois juste toi, c'est ce Nico là qu'on aime. » Elle me fit un clin d'œil et ouvrit le frigo.

Dans la salle de bain, Frank prenait une douche, étant donné que la gêne n'existe pas, entre aucun de nous, enfin j'espère que c'est toujours d'actualité, j'ouvris la porte et m'assis sur les toilettes à coté de la douche. Frank me remarqua et baissa les yeux, allez savoir pourquoi cet idiot se sentait coupable de quelque chose.

« - Bon sang Frank pourquoi tu baisses les yeux comme ça, c'est moi qui ait tout gâché, j'ai fais mon gros con, avec vous tous alors que vous avez fais un sacré chemin pour venir ici et me remonter le moral. Je m'étais rarement senti autant dans le vrai dis-donc, leur parler me faisait réaliser les choses également.

- Ca c'est bien vrai, franchement t'abuses Nico. Mais bon tu sais très bien que quoique vous fassiez je ne pourrais jamais vous en vouloir, pas à vous. Je ne le savais que trop bien cela, et j'espère sincèrement que jamais personne ne se servira de ta gentillesse.

- Je voulais aussi te dire Frank, merci.

- Merci de quoi ?

- De l'avoir cogné. Tu n'as pas à t'en vouloir, c'est comme cela que tout ami aurait réagi et je suis sûr que si Reyna avait ta force elle lui aurait arraché la tête. Ah ! Je vois un sourire.

- Ne vends pas la peau de l'ours avant de l'avoir tué petit être, c'est pas parce que tu as passé le dragon Reyna que la princesse Léo va bien vouloir te pardonner.

- Je ne le sais que trop bien… Bon aller bonne douche, ne tarde pas trop, j'aimerais vous dire quelque chose à tous avant que vous partiez.

OK, deuxième étape de passée, autant avec ces deux je savais à peu près comment m'y prendre, autant avec Léo, le mystère est total puisqu'apparemment je m'étais totalement fourvoyé sur son compte. Il était là dans le lit, les yeux ouverts, il était clair qu'il réfléchissait à quelque chose et que j'interrompais le cours de ses pensées.

« - Je peux te rejoindre ? Il me dévisagea, n'ayant pas noté ma présence, je lis sur son visage une sorte de peur, je n'aimais pas du tout cela, depuis quand est-ce qu'il y avait ce genre de sentiment entre nous ?

- Oui, oui bien sûr, depuis quand tu demandes de toute façon ? Il marquait un point, clairement.

- Il faudrait qu'on parle non ? lui chuchotais-je en me glissant dans le lit.

- Tu sais, je t'aime vraiment Nico, ouf ça c'étais cash.

- Hum…. Bordel qu'est-ce que je devais répondre à cela, je n'ai pas pour habitude d'être gêné quand e parle à Léo.

- Je te dois bien quelques explications après le savon qu'à du te passer Reyna après tout. Ne t'inquiète pas, ce n'est pas un amour qui date depuis des années et que je te cache, je n'ai pas bâti notre amitié sur un mensonge, si amitié il y a encore …

- Léo, ne dis pas de bêtise, je serais bien le dernier des cons si je ne voulais pas de ton amitié.

- Hm. Je pense que je m'en suis rendu compte un peu avant ton départ. On passait beaucoup de temps ensemble et chaque jour qui passait j'appréhendai ton départ, je pensais au départ que c'était de l'amitié et rien de plus. Je veux dire, je ne l'ai même pas imaginé, j'ai jamais été attiré par un garçon, enfin du moins je crois. Je veux dire t'as toujours été là pour moi, dès que ça n'allait pas, c'était toi que j'appelai, je t'admirai, t'as pu te relever du décès de ton père alors que moi ça me hante encore. Puis petit à petit cette admiration s'est transformée en attirance, j'avais envie de t'embrasser. Mais bien sur je voulais pas briser notre amitié, à tous. Alors ces envies je les ais bien cachées au fond de moi, sous une bonne couche de mensonge comme ceux avec calypso mais bon c'était sans compter sur Reyna qui à tout compris, comme d'habitude. Voilà tu sais à peu près tout. Il ne pleurait pas, mais il avait l'air vide, comme s'il en avait marre et qu'il voulait tout balancer.

- Léo, je ne sais pas quoi te dire… J'étais réellement touché, je ne pensais pas que Léo souffrait autant.

- Alors ne dis rien et laisse-moi, j'ai assez honte tu sais. Il était blessé, quoi de plus normal, et moi qui l'avait tant soûlé avec Will et toutes mes histoires.

- Je suis désolé, mais je ne peux pas créer des sentiments que je n'ai pas, tu es mon meilleur ami, une personne sur qui je pourrais toujours compter et quoi qu'il se passe, jamais je ne jugerais ce que tu penses, ressens, ou même fais. Hier soir j'ai été le plus con des enfoirés vraiment, je ne mérite aucun d'entre vous.

- Tais-toi un peu tu veux. Tu ne nous mérite pas ? Tu nous as tous acceptés avec nos défauts sans poser de questions, que ce soit Reyna et son côté madame je sais tout, Frank et sa timidité maladive, ou moi et mon manque d'intelligence, ma lourdeur enfin t'as compris le truc. Et en plus de nous accepter, tu nous as aidé à changer, tous on a grandi à tes côtés et toi aussi. Tu sais, avec ma mère ce n'est pas facile tous les jours, en plus du boulot elle n'est pas vraiment très ouverte. Et toi tu m'as créé une deuxième famille qui m'a accepté pour ce que j'étais, alors juste ne dis pas que tu ne mérites pas notre amitié. J'étais réellement ému par ce que venais de dire Léo, c'était la plus belle déclaration d'amitié que l'on m'ais faite.

- Merci, merci pour tout. Et pour ce que tu m'as dit avant je suis sincèrement désolé. Tu es une personne formidable, je ne le dirai jamais assez mais je t'ais assez fais souffrir et je me dois d'être honnête.

- Oui ne t'inquiète pas, pour ce qu'il s'est passé hier je m'en fous vraiment. Sinon, ce n'est pas que tu pues mais juste j'aimerais être un peu seul pour faire le deuil d'une non-relation si ça ne te dérange pas.

- Ah euh oui bien sûr.

Bon au final tout ne s'est pas trop mal passé. Reyna ne m'en veut pas trop, Frank a déjà oublié et est trop gentil pour aborder l'histoire avec Léo, enfin c'est un gars intelligent, juste naïf, il a déjà du tout comprendre. Quant à Léo il ne semble pas m'en vouloir mais je ne peux que comprendre sa tristesse, après ce que je lui ais fait et dit. Ils repartaient dans deux heures, ça me laissait largement le temps de me laver, m'habiller et de leur dire ce que j'aurais du leur dire depuis le début de l'année.

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