Chapitre 2 : Retrouvaille

Le lendemain, lorsque les deux sœurs se réveillèrent, elles étaient seules dans le manoir Bathory, ce qui arrivait régulièrement depuis leur première mission en solo. Elles décidèrent de prendre leurs petit-déjeuner, durant lequel Adriana parla à Mélissa de la potion qui les aiderait à retrouver leur père. Elles firent la potion grâce aux ingrédients trouvés dans le laboratoire secret et les indications de Séphiroth qui s'était rétrécit pour ne faire que 50 cm (il fait 3m de long). Après 30 min à tourner la potion dans le sens des aiguilles d'une montre, Mélissa rajouta une mèche de cheveux de 2 cm de long. Après 3 minutes de patience, 2 noms apparurent : Ravena Gaunt et Severus Prince. Un regard entre les deux filles de 8 ans, et chacune s'empressa de prendre tous leurs effets personnels et les ranger à la va-vite dans l'appartement de la malle.

« -Que fait-on maintenant,Mélissa?

-On demande à Séphiroth. T'as une idée pour qu'on voyage jusqu'à notre père, demanda Adriana en passant au Fourchelangue tout en rangeant avec soin la malle rétrécie dans une poche secrète de sa veste?

- Le Maître utilisait le transplanage mais il m'a fait part du danger mortel qu'encourent ceux qui se risquent à voyager sans entraînement , répondit le serpent d'un ton grave.

-Bon, ben il n'y a plus qu'à improviser alors. Viens en face de moi et prends mes mains, Mel.

-D'accord.

-On va répéter une phrase. Que dis-tu de : « Magie, emmènes-nous là où notre père se trouve. » ?

-Il faut dire « Magia Magistra », jeune maîtresse, intervint le serpent. C'est comme ça que le Maître appelait La Dame.

-Merci, Séphiroth. Dit-le en même temps que moi. A trois, 1...2...3 »

Les deux fillettes répétèrent la phrase trois fois de suite avant que la magie opère. Les jumelles se sentirent très malades et crurent que leurs viscères essayaient de sortir de leur ventre. Mélissa était consciente lorsqu'elles percutèrent le sol. Elle vit un rayon argenté toucher sa sœur qui se souleva à plusieurs centimètres du sol puis un même rayon la frappa et elle tomba dans les pommes.


Quand elle se réveilla, Mélissa entendit des cris. « Quelqu'un se fait torturer. »pensa la jeune fille sans ouvrir puis elle entendit quelqu'un approcher.

« -Elle est réveillée, déclara un premier homme.

-Elle n'en a pas l'air, dit un deuxième ."

Mélissa n'eut aucune réaction.

« -Elle est peut-être morte, avança le deuxième homme qui semblait plus vieux.

-Attends, j'essaie. »

L'homme lança un maléfice cuisant à la fillette. Mais rien ne se passa.

" Tu l'as mal fait si ça se trouve, dit le plus vieux qui refit le même geste que son cadet."

Son essaie eut le mérite d'entraîner la réaction de la fillette.

« -ON NE PEUT PAS ÊTRE TRANQUILLE ICI , cria la fillette !

-Euh, firent en cœur les deux hommes, surpris!

-Qu'est-ce que vous me voulez, demanda la jeune fille avec autorité ?

-P-Pour-Pourquoi v-v-vous êtes venu ici, questionna le premier homme ?

-Rechercher quelqu'un, répondit-elle.

-Qui est-ce, demanda le deuxième homme ?

-Pas envie de répondre, lâcha Mélissa. Je veux voir votre chef et je ne parlerais qu'avec lui.

-Avec le chef? T'es pas bien, s'écria le premier!

-C'est la première fois qu'un prisonnier demande à le voir, s'étonna le second en se tournant vers le premier.

-J'aime savoir pour qui travaillent ceux qui essayent de me torturer. Bon, vous y allez ou je dois le faire moi-même ?

-Tu vas le chercher, Rabastan.

-Mais grand frère..

-Obéis !

-ALLEZ ME LE CHERCHER TOUS LES DEUX ! J'ai besoin de calme. »

Les deux adultes partirent chercher leur chef. Mélissa put enfin se regarder. Son cou, ses poignets et ses chevilles étaient enchaînés et elle avait plusieurs marques sur le corps dues aux récents sortilèges essuyés. Mélissa regarda ensuite Adriana, dans la cellule en face d'elle et fut soulagée de voir qu'on ne lui avait rien fait et que Séphiroth était sous sa forme de torque, certainement prêt à agir si quelqu'un tentait de faire du mal à sa jumelle. A moins qu'il soit tout bonnement endormi...

« -Mel, tu vas bien?

-Je vais bien, ne t'inquiète pas pour moi. Je vais nous faire sortir de là. Fait semblant de dormir, Ady.

-OK. »

Après quelques minutes seulement, un homme entra dans le couloir. Il était grand, élancé et chauve. A la place du nez se trouvait deux fentes lui procurant un air de famille avec les serpents. L'homme portait une longue robe de sorcier entièrement noir.

« -Pourquoi mes subordonnés sont si inutiles, siffla l'homme avec mécontentement?

-Parce qu'ils sont idiots, proposa la jeune fille?

-Tu parles le Fourchelang, s'étonna l'adulte!

-Depuis toujours, m'sieur.

-C'est un don très rare que tu as. A part moi, il n'y a personne.

-Manifestement, vos informations sont erronées puisque ma sœur et moi savons le parler.

-Mes subordonnés m'ont dit que tu cherchais quelqu'un, qui est-ce ?

-Notre père.

-Quel est son nom ?

-D'après la potion qu'on a faite, Adriana et moi, il s'appelle Severus Prince. »

L'homme se mit à rire de façon nerveuse comprennant les implications de ce que lui disait la fillette de quoi? 9 ou 10 ans, pas plus selon lui.

« -Tu es sûre de ne pas t'être trompée dans les ingrédients ou leurs dosages?

-JE SAIS LIRE ET COMPRENDRE DES INSTRUCTIONS !

-Calme-toi. Il m'est juste difficile de croire que mon subordonné le plus solitaire a réussi à avoir une descendance.

-Vous pouvez nous parlez de notre père, demanda Adriana ?

-Je t'avais dit de te reposer! Tant que vous y êtes, vous pouvez nous délivrer. C'est pas qu'on n'y soit pas habituée mais c'est chiant de rester dans cette position. »

Le chef prit la clé et délivra les deux jeunes tout en gardant pour plus tard la remarque de l'enfant. "Pas qu'on n'y soit pas habituée", ceux qui avaient osé leur faire ça allaient souffrir plus que n'importe laquelle de ces victimes! Via l'occlumensie, le seigneur noir réprima son envie de partirà la recherches des coupables et emmena les jumelles récupérer leurs affaires puis les conduisit en cuisine. L'homme appela ensuite leur père et fit en sorte que personne ne les dérange. L'homme se présenta enfin sous le nom Tom Marvollo Gaunt. Les fillettes lui racontèrent leurs passés sans aucune omission, après qu'elles eurent compris que l'homme était leur grand-père. Les fillettes parlèrent longuement avec Tom jusqu'à ce qu'un homme portant une longue robe de sorcier noire entra. Il avait les cheveux gras et noirs et était légèrement moins grand que Tom.

« -Vous m'avez appelé, Maître ?

-Oui, Severus. Je crois que tu me dois des explications, dit Tom faisant un regard noir à son subordonné, le faisant d'ailleurs frissonner légèrement. Je ne sais pas si tu les reconnais mais ceux sont tes filles, dit l'homme en montrant les fillettes assises à coté de lui.

-Mélissa, Adriana, fit l'homme incertain ?

-Papa, tu m'as manqué, dit Mélissa en le prenant dans ses bras.

-Tu nous as manqué, reprit Adriana.

-On t'as retrouvé et on ne te lâchera plus, dirent les fillettes en cœur. »

Le grand-père, le père et ses filles passèrent le reste de la journée à parler de la vie de chacun pendant que les deux hommes essayèrent de répondre aux questions des fillettes le plus simplement possible. En début de soirée, Adriana s'endormit sur les genoux de son grand-père et Mélissa avait les yeux qui se fermaient tout seuls. Les deux fillettes purent dormir dans un lit des plus confortables cette nuit-là. Dès le lendemain, elles commenceront les cours d'étiquette pour devenir de parfaites petites sang-pures.


Lorsque Severus se retrouva de nouveau seul à seul avec le seigneur des Ténèbres, il sentit que la nuit serait très longue. Après tout, il avait ravi le coeur de Ravena, la fille bien-aimée de celui-ci et avait eu des enfants avec elle dans le plus grand des secrets. Personne à part Severus et Ravena ne connaissait l'existance des fillettes.

"-Je veux des explications, ordonna le plus vieux. Depuis le début.

-Vous n'êtes pas sans savoir que votre fille et moi-même avons été tous deux répartis à Slytherin lors de notre première rentrée à Hogwarts. Après notre deuxième année, nous nous sommes liés d'amitiés. Ce n'est qu'à partir de notre quatrième année que nous avons senti des sentiments plus nobles l'un envers l'autre.

-Continue.

-Lorsque nous sommes sortis de Hogwarts, votre fille et moi entretenions notre relation par lettres. Nous ne nous voyons pas souvent à cause de mes études pour devenir maître en potions et de ses propres études pour travailler dans les plus hautes sphères du ministère. Lorsque mon ami, Lucius Malfoy est entré dans vos rangs, il m'avait parlé de vos idées qui m'ont charmé. Par conséquent, après 1 an en tant que maître des potions, j'ai décidé de rejoindre vos rangs. A ce moment-là, je n'avais aucune idée que vous étiez le père de celle que j'aimais et que j'aime toujours malgrés son décès prématuré.

-Quand l'as-tu appris? Par qui ?

-Ravena me l'as annoncé lors de l'une de nos rencontres nocturnes au manoir Prince après qu'elle a découvert la marque des Ténèbres. Nous avons décidé de vous cachez notre liaison pour nous sauvegarder. A Noël de l'année 1979, votre fille m'annonça qu'elle attendait des jumeaux ou des jumelles. Vos crises de colère de plus en plus fréquentes à cette époque lui faisaient peur. Elle craignait pour la vie de nos enfants à naître et pour ma vie. C'est pour ça qu'elle s'est enfuie pendant que vous étiez parti à un enième raid. Elle ne voulait pas rester au manoir Prince de peur que vous tuiez notre famille par excès de colère. Alors, elle est partie pour une maison moldue qu'elle avait acheté dans le secret avec la complicité des gobelins. On s'est échangé des lettres et parler par miroir à double-sens mais je n'ai pu aller la voir qu'après la naissance de nos filles. Durant les années qui ont suivi, je ne les voyais que dans le courant de la semaine du 6 mars, durant un weekend.

-Ma fille avait donc si peur de moi, murmura Tom plus pour lui que pour Severus. Pourquoi ne l'as-tu pas ramené en Angleterre après ma disparition?

-Ravena était têtue et refusait de retourner en Angleterre de peur qu'on apprenne sa filiation avec vous et qu'on ne fasse du mal aux filles. De plus, il était de notoriété commune qu'il ne faut ni transplanner ni utiliser les portkeys (portoloin dans la version française) sur des enfants en bas âge. Même le réseau de cheminette n'était pas sûr à l'époque. Pour ce qui est de sa crainte de voir nos enfants périr des mains du ministère, elle n'avait pas tord. Le peu de femme dans nos rangs qui se trouvait enceinte lors de leur arrestation était envoyé à Azkaban sans aucune pensée pour le bébé à naître, et pour ce qui est des quelques enfants en bas âge, soit ils étaient tués par "bavures" lors des arrestations de leurs parents, soit placés dans des familles dites lumineuses où ils subissaient un lavage de cerveau. Imaginez si Adriana et Mélissa s'étaient faites élever par les Weasley, par exemple. Cela aurait été une catastrophe, dit sombrement Severus.

-Oui, tu as raison. J'ai encore une question. Pourquoi depuis les quatre ans des fillettes, tu ne les as pas revu ni même pris en charge?

-Après avoir rendu ma visite annuelle le 6 mars 1984, j'ai eu un très mauvais pré-sentiment en rentrant chez moi. Au départ, je me suis dit que le stress d'être encore surveillé par Dumbledore était la cause de ce pré-sentiment et que ce n'était rien d'important. Mais ce sentiment n'avait pas disparu le weekend d'après. Je suis donc retourné là-bas. La maison était détruite, le toit avait été soufflé par une explosion magique. Je me suis mis aussitôt à chercher Ravena et les enfants mais aucune trace d'eux dans la maison. J'ai scanné la zone et j'ai suivi la signature magique de Ravena. Ça m'a mené à un ravin duquel sortait des flammes et de la fumée. Lorsque j'ai éteins le feu qui carbonisait la voiture de Ravena, j'ai découvert ses restes carbonisés ainsi que les restes des landaus des filles, continua-t-il les yeux brillant de tristesse. Beaucoup trop de résidus magiques flottaient dans l'air pour que je découvre leur survie. Jusqu'à maintenant, je croyais sincèrement que les filles avaient elles aussi péri dans les flammes, finit-il un léger sourire apparaissant sur ses lèvres. Je n'ai même pas été capable de retrouver ceux qui ont osé faire ça à notre famille, dit-il se laissant submerger par sa colère!

-Calme-toi Severus, c'est du passé maintenant, essaya Tom pour calmer son gendre qui laissait sa magie détruit un peu le salon où ils se trouvaient. J'AI DIT "CALME-TOI" SEVERUS, réitéra-t-il après un instant d'attente, en laissant sa magie opprimer légèrement celle de Severus!"

Severus se calma peu de temps après, reprenant par la même occasion son masque imperméable que lui avait appris sa chère et tendre.

Après quelques minutes de silence, Tom repris d'un ton moins pressant.

"- Est-ce que ma fille t'aurais laissé un mot pour moi, par hasard?

-Elle m'avais dit de ne vous la remettre que lorsque vous aurez réccupéré vos horcrux.

- Tu sais bien que si je suis déjà de retour c'est gràce à la réabsorption de mes horcrux. Puis-je avoir cette lettre?

-Bien sûr, répondit le plus jeune en sortant une lettre de sa poche intérieur.

-Puis-je savoir pourquoi tu ne me l'as pas donné avant?

-Vous êtes toujours très occupés. Je me suis dit que vous prendriez très mal ma liaison cachée avec Ravena et le fait que nous vous avions cachés nos jumelles."

Tom hocha la tête puis congédia le père de ses petites-filles. Ses petites-filles. Il ne pensait jamais pouvoir penser ou dire ces mots un jour et pourtant, il l'avait fait pendant toute cette après-midi. Tom n'eut pas le temps d'ouvrir la lettre que celle-ci s'envola de ses mains jusqu'à hauteur de son visage.

"Cher Père,

Si tu reçois cette lettre, c'est que tu as découvert Adriana et Mélissa ainsi que Severus et que je ne suis plus parmi vous.

Ne sois pas dure avec lui. Il a toujours été doux et prévenant avec nous.

Si je ne lui avais pas interdit de le faire, il t'aurait prévenu de notre liaison dès qu'il a su qui tu étais.

Pas parce que tu es le Seigneur des Ténèbres mais parce qu'il ne voulait pas froissé le protocole auquel tu tiens tant.

Avant que je ne parte définitivement de la maison, tu es devenu de plus en plus obsédé par le pouvoir. La création de tes horcrux t'ont fait perdre ton humanité.

Tu n'étais plus le même. Au par avant, tu n'auras jamais fait de mal à tes subordonnés car "le rôle d'un leader est de prendre soin de ceux qui le suivent".

N'est-ce pas ce que tu me répétais lorsque j'étais encore enfant? L'as-tu déjà oublié? Etait-ce juste des belles paroles sans valeurs pour toi ?

Je suppose que mes filles et Severus t'ont expliqué tout ce qu'il s'était passé après mon départ.

La veille de mon départ, tu étais très en colère et tu avais congédié tous tes mangemorts .

Je voulais te parler de ma décision de déménager dans un endroit où je n'aurais pas à craindre pour ma vie à chaque seconde.

Lorsque je suis rentrée dans ton bureau, tu n'as même pas pris le temps de t'enquérir de qui c'était.

Tu m'as lancé un de tes sorts vicieux!

Tu aurais pu TUER mes enfants à ceux moment-là si je ne portais pas l'anneau de l'épouse des Prince en plus de l'anneau d'héritier de notre propre maison!

Oui, tu m'as bien entendue. Severus et moi étions déjà mariés depuis notre sortie de Hogwarts.

Nous nous aimons à la folie. Chose que tu ne sembles plus connaître. Je parle bien sûr de l'Amour. Tu t'enfonces dans la folie de plus en plus ce qui te rends aveugle.

Tous les tableaux de nos ancêtres me lancent des félicitations depuis un mois mais tu n'as pas remarqué que ta fille chérie portait des enfants! Tu n'as jamais remarqué ma grossesse qui commençait pourtant à très bien se voir!

J'ai un souhait que j'aimerais que tu exauces.

Protèges mes enfants. Protèges-les de ta folie en leur racontant comment tu m'as perdu en utilisant la magie noire.

Apprends-leurs à devenir des représentantes intelligentes des anciennes coutumes.

Raconte leurs les histoires de nos ancêtres.

ET JE T'INTERDIS DELESUTILISER POUR COMBATTRE LE VIEUX FOU!

Suis-je claire?

Jure-le sur ta magie!

C'est la dernière chose que je te demande, Papa.

Je t'aime, Papa"

Tom se fit le serment de tout faire pour protéger ses deux dernières descendantes puis il partit se coucher, serrant dans sa main la dernière lettre de sa fille.