Et coucou tout le monde! Bon, l'heure est tardive et je débauche donc je vais être brève. Oui, je sais depuis combien de temps je n'ai pas posté. Oui, j'en suis désolée. Non, mes fics n'avancent pas à la vitesse où elles devraient, parce que je suis en saison et que ben...les saisons...force et honneur, quoi. Je travaille quinze heures par jour six jours par semaine...donc, autant vous dire que jusqu'à fin août, nous allons avancer à allure d'escargot!

La suite de Fleur de Lys est en cours de rédaction, j'espère pouvoir vous la présenter bientôt. En plus de ça, comme je n'ai pas trop le temps de me mettre à fond dans l'écriture de ma fiction préférée, j'ai commencé plusieurs OS qui seront publiées lorsque terminés, sans doute aussi pas avant la fin de l'été. J'essaye, mais je ne peux rien promettre. Bon sang, j'ai besoin de vacances. Et de changer de métier. Et d'une bouteille de whisky pur malt.

Enfin bref, j'ai décidé de donner la priorité à Utricularia Gibba cette fois-ci!

On se retrouve en bas.

...

Chapitre 5.

Mercredi 6 Mai 1998

Quartier de Kensington, Londres

...

...

La pluie fine la glaça jusqu'à l'os dès qu'elle posa pied dans Londres.

Hermione acheva son transplanage, se trouvant dans une petite ruelle sombre. Des bâtiments décrépis se dressaient de part et d'autre de l'endroit où elle se tenait, et les poubelles d'un restaurant certainement pas aux normes sanitaires étaient envahies par les rats, à quelques mètres de là. Réprimant une grimace de dégoût, la jeune femme se retourna en entendant un craquement sonore derrière elle.

Drago Malefoy lui jeta un regard égal en apparaissant, et Hermione fut secrètement soulagée qu'il ne soit pas en retard. Non pas qu'elle appréciait le plaisir de sa compagnie, mais parce qu'elle ne voulait pas réellement courir derrière Goyle seule.

-Comptes-tu rester ici toute la journée, Granger, ou est-ce que tu vas te bouger ? lui parvint la voix exaspérée de Malefoy.

Il se trouvait devant elle, regardant par-dessus son épaule, et Hermione plissa les yeux avant de le rejoindre à grands pas.

-Remarque, je comprends, ajouta-t-il avec dégoût en désignant un rat qui passait devant eux en couinant. Tu voulais rester un peu avec ta famille.

L'instant d'après, il était plaqué contre le mur détrempé derrière lui, la baguette de Bellatrix- que Hermione gardait à la place de la sienne depuis leur aventure au Manoir Malefoy- enfoncée dans sa trachée.

-Entendons-nous bien, espèce de fumier blond, siffla-t-elle. Je suis avec toi parce que je n'ai pas le choix. Dès que Goyle est entre les mains des Aurors, je ne compte pas te revoir de ma vie, si ce n'est pour te tuer lorsque le Ministère se rendra compte que tu es un sale petit Mangemort comme les copains que tu balances. Si tu m'insultes encore une fois- une seule- je t'abattrai comme étant un obstacle à l'arrestation d'un suspect, tu m'entends ?

Drago l'avait regardé avec un amusement croissant lors de son petit discours, passé le choc initial, mais à présent il souriait franchement. Un sourire cruel, mauvais, qu'elle avait envie de lui ôter du visage à coups de Doloris.

Soudain, elle se retrouva à son tour plaqué contre le mur, la baguette de Malefoy sur la gorge, et sa main, qui tenait sa baguette, broyée dans la main du Mangemort mal repenti.

-Je me demande, Granger, si tu t'es entraînée devant le miroir pour ton petit monologue, lui lança-t-il d'une voix doucereuse. N'oublie pas que de nous deux, c'est moi qui suis rompu à la magie noire. Menace-moi encore une fois- une seule- et je te garantis qu'il ne restera rien de ton corps pour accuser quiconque de meurtre.

Elle parvint à arracher sa main de celle de Malefoy, et imita son rictus en enfonçant sa baguette dans le sternum du blond. Il ne broncha pas.

-Qui me dit que tu n'es pas ici pour aider Goyle ? demanda-t-elle avec suspicion.

Il se détendit légèrement.

-Personne hormis moi, Granger. On dirait que tu vas devoir apprendre à me faire confiance.

-Plutôt avaler un Veracrasse, marmonna-t-elle tandis qu'il s'écartait d'elle.

Il laissa échapper un bruit amusé et ils recommencèrent à marcher vers la rue principale.

-Allons, Granger, déclara-t-il. Nous avons plein de choses en commun.

Ce fut au tour de Hermione de ricaner, et il leva une main ostensiblement pour compter sur ses doigts :

-L'intelligence.

Malgré elle, et malgré son envie de l'ignorer, Hermione eut un bref hochement de tête. Pour tous ses défauts, Malefoy était réellement intelligent. Ils débouchèrent sur l'avenue principale, et elle regarda autour d'elle tandis que Malefoy semblait se concentrer uniquement sur ses propres pensées.

-L'ambition, ajouta-t-il.

Une fois de plus, ce n'était pas discutable. Hermione décida de s'engager à droite. Il fallait bien commencer quelque part...où pouvait se terrer un ver de l'espèce Goyle ?

-Gauche, Granger, la corrigea Malefoy en cessant un instant de lister leurs points communs.

-Droite, aboya-t-elle simplement.

Malefoy secoua la tête.

-Greg a une maison secondaire sur Lord Quinn's Road, expliqua-t-il, nous commencerons par là. Il n'y a rien de ce côté-ci, Granger.

Hermione pinça les lèvres, balayant la rue des yeux, et Malefoy ricana en reprenant sa liste.

-Nous n'aimons pas admettre avoir tort...

-Qu'est-ce qui m'indique que tu ne m'attires pas dans un piège, Malefoy ?

Il posa des yeux amusés sur elle, mais elle ne pouvait manquer l'étincelle d'avertissement contenue dans son regard. Croisant les bras, Hermione lui offrit un rictus dédaigneux.

-Encore une fois, Granger, susurra-t-il, tu n'as pas d'autre choix que de me faire confiance. Nous pouvons passer trois mois à parcourir Londres, ou tu peux simplement m'écouter et être chez toi ce soir pour l'heure du dîner.

Elle serra la mâchoire, ignorant son regard goguenard, avant de décréter,

-Je t'ai à l'œil, Malefoy.

-Je n'en doute pas, marmonna-t-il.

Hermione fit cependant demi-tour pour s'engager dans la direction indiquée par son collègue de mission, et le blond reprit.

-La prudence...

-Vas-tu arrêter, s'énerva-t-elle, ou vas-tu nous comparer toute la journée ?

Il lui décocha un regard narquois mais se tut enfin, enfonçant ses mains dans la poche de son pantalon.

-Nous aimons les mêmes choses, se contenta-t-il de répliquer.

Hermione lui jeta un regard profondément mauvais. Sa baguette la démangeait.

-Nous aimons l'adrénaline, souffla-t-il. Nous aimons la puissance, la mort et la souffrance. Et nous aimons tout cela depuis très peu, n'est-ce pas ?

La jeune femme s'arrêta net, faisant immédiatement volte-face pour le regarder, son visage étrangement neutre. Puis sans prévenir, elle leva la main et le gifla de toutes ses forces.

Ignorant les regards choqués des quelques Moldus dans leur entourage, les yeux d'orage de Drago Malefoy se posèrent sur sa partenaire, et elle le sentit furieux. Malgré elle, Hermione se prit presque à souhaiter qu'il lui rende la pareille, afin de lui fournir une excuse pour le tuer...

-J'aime ta souffrance, en effet, lança-t-elle. Celle des autres ? Beaucoup moins.

Il se frotta la joue d'un air absent, l'observant attentivement, comme s'il la jaugeait. Hermione eut la désagréable sensation qu'il cherchait quelque chose en elle.

-Imagine-moi mort, Granger, rétorqua-t-il soudain. Imagine-moi allongé sur ce trottoir, les vêtements inondés de sang, un dernier râle agonisant s'échappant de ma gorge. Imagine mes yeux crevés, ma gorge tranchée, mon cœur poignardé. Qu'est-ce que cela t'évoque ?

Elle le regarda comme s'il avait perdu l'esprit.

-Si tu voyais une telle scène, insista-t-il, que ressentirais-tu ? Que ferais-tu ?

La jeune femme eut un frisson. Malgré elle, la scène s'imposait devant ses yeux, faisant lever en elle une nausée à peine masquée.

-Tu es immonde, siffla-t-elle en secouant la tête.

Il la regardait avec quelque chose comme de la folie au fond du regard, comme s'il tenait une théorie qu'elle confirmait.

-Regarde cet homme à ta droite.

Hermione détourna les yeux, son regard se glissant automatiquement vers un homme assis à un arrêt de bus à l'allure de comptable mal dégrossi, se tenant engoncé dans un costume mal taillé.

-Maintenant imagine-le mort, lui. Imagine son sang collant à tes semelles, imagine ses entrailles éparpillées sur la vitre de l'abri de bus, imagine sa peau se refroidissant de minute en minute...

Une fois de plus, Hermione réprima un frisson. Cependant, cette fois, les paroles de Malefoy éveillaient quelque chose en elle. La même sensation qu'elle avait ressentie en tuant Dolohov, une sorte de sentiment de puissance mêlé à une joie malsaine, un plaisir intense, presque orgasmique dans sa nature...

Elle se tourna à nouveau vers le blond, sourcils froncés.

-Moi aussi, Granger, souffla-t-il d'une voix glaciale. Comme toi. Je l'ai vu quand je t'ai vu observer le cadavre de Dolohov dans la grande salle. Tu revivais sa mort comme s'il s'agissait du meilleur moment de ta courte vie. L'idée que d'autres meurent de ta main, dans d'atroces souffrances...cela te plaît. Tu le désires ardemment...

-Tu es complètement fou, Malefoy, aboya-t-elle en se détournant de lui pour reprendre la marche.

-Mais ma mort à moi...tu ne la veux pas, cracha-t-il dans son dos. Ni celle de tes amis, ce qui est compréhensible...mais la mienne...

-Ferme-la, bon sang, Malefoy-

Il se tut enfin, mais les rouages du cerveau de Hermione étaient lancés, et toutes les sensations étranges qu'elle éprouvait depuis sa cavale sauvage à travers le pays, Voldemort à ses trousses, remontaient à présent. Le mépris pour tout ce qui n'était pas ses amis ou elle, la haine sanguinolente de ses ennemis, le désir brut et inaltérable, non seulement de tuer, mais de torturer...elle haleta à cette pensée.

La guerre l'avait-elle changée à ce point? Trop de mort, de souffrance autour d'elle en avait peut-être fait une malade...devait-elle chercher à se soigner? Cela se soignait-il, même, ce mal intime sur lequel elle ne parvenait pas à mettre de mots?

Tentant de cacher son trouble à son camarade, elle se tourna vers lui, visage soigneusement impassible.

-Je ne sais pas de quoi tu parles, lança-t-elle d'une voix blanche. Il faudrait peut-être songer à voir un Guérisseur, Malefoy. Tu couves sans doute quelque chose.

Il plissa les yeux, lui envoyant un regard qui lui signifia clairement qu'il n'était pas dupe, mais à sa surprise- et son soulagement- il ne reprit pas le cours de la conversation, se contentant de montrer la direction dans laquelle il souhaitait aller d'un doigt.

-C'est par là, assura-t-il.

Perturbée par ses pensées, la jeune femme se contenta de le suivre à travers des dédales de ruelles, jusqu'à ce qu'ils parviennent devant un immeuble bancal et visiblement abandonné d'un boyau à l'évidence mal famé. Malefoy produisit sa baguette et indiqua la porte, d'une couleur mal définie, d'un geste de la main.

-C'est ici.

Hermione ôta sa propre baguette de sa ceinture et le mit immédiatement en joue.

-Comment le sais-tu?

Le blond lui jeta un regard exaspéré entre ses cils épais.

-Toutes les possessions personnelles des Mangemorts appartenaient à Tu-Sais-Qui durant son règne. Il entendait faire des planques possibles des maisons des uns et des autres. La famille Goyle habite à Leeds, dans un manoir décrépi, mais ils possèdent cette maison en sus. J'y suis venu une fois pour remettre des documents au père de Greg. Satisfaite?

Elle secoua la tête, sentant ses boucles brunes rebondir contre ses épaules.

-Comment est-ce que je sais que ce n'est pas un piège?

-Pour cela, je ne peux rien garantir. Je ne sais pas s'il sait que nous venons ou pas-

-Je parlais de toi.

Malefoy inspira longuement avant de braquer ses yeux d'orage sur elle, avec un sérieux méprisant.

-Tu sembles associer mon nom à celui de la bigoterie anti-Moldus, mais sache qu'être un Malefoy, c'est d'abord savoir s'adapter pour faire toujours partie de l'élite, cracha-t-il. Hier, l'élite était de Sang Pur, vénérait Tu-Sais-Qui et méprisait ceux de ton espèce. Aujourd'hui, faire partie de l'élite, c'est aider le nouveau Ministère à punir les criminels de guerre et faire amende honorable. Si demain, faire partie de l'élite signifie que nous devons baiser avec des Martiennes vertes, alors tu sais quoi, Granger? Je baiserai avec des putains de Martiennes vertes. Tu peux me croire ou pas, ça m'est totalement égal, mais si tu crois que je vais laisser ma liberté et ma fortune s'échapper parce que je suis trop buté pour changer mes agissements, alors tu es bien loin d'être la fille intelligente que tout le monde prétend que tu es.

Elle leva les yeux au ciel à sa dernière remarque, et considéra plutôt ce qu'il avait dit.

-N'oublie jamais que Kingsley m'a autorisé à abattre sans sommation tout élément gênant l'arrestation, le prévint-elle.

Il serra la mâchoire et montra la porte à nouveau.

-Tu ne me feras pas de mal, Granger. Maintenant, bouge ton-

-Ne parie pas ta vie là-dessus.

-Je suis prêt à la parier là-dessus, intervint-il à son tour en la regardant étrangement. Bon, on y va ou tu comptes servir le thé pendant que nous bavardons juste devant l'entrée?

Hermione roula ses yeux d'ambre, mais leva sa baguette et, dans un bruit assourdissant, fit exploser la porte d'entrée.

...

Hmm-hmmm...alors qu'en avez-vous pensé? Notre blond national a détecté un changement d'esprit radical chez notre Hermione préférée. D'où cela peut-il venir? Est-il vraiment digne de confiance? Qu'en pensez-vous?

La bise et à...ah nan attendez, j'allais dire à bientôt mais tout est relatif. La bise et au plus vite possible, alors.

DIL.