Le Soleil se fâche avec la Lune
Note de l'auteure : Dans le chapitre précédent, Louis s'est fait démasquer dû à son non tact qui, loin d'être naturel, le touche de temps en temps. Philippe a compris mais n'aime pas ce qu'il sait et Chevalier, abandonné par Liselotte qui s'est carapatée et trahit par son aimé, doit prier pour avoir l'opportunité de se cacher. Guillaume, lui, attend bien gentiment son Louis.
Soufflant pour la troisième fois en une heure, le roi de Hollande, portant le doux nom de Guillaume d'Orange, claqua son verre à pied rougit par le liquide fruité sur la table de chêne. Voilà maintenant un bout de temps que Louis n'était pas revenu, et bien qu'il ne soit d'ordinaire, pas d'un naturel très patient, il ne pouvait lutter contre son caractère qu'il ne voulait en rien réfréner.
Le français commençait à se faire attendre, si ce n'était se faire pourrir dans le fort intérieur d'un brun trop empreint d'impatience au point d'abandonner un délicieux verre de vin pour partir à sa recherche.
Grommelant, c'est après un petit tour par la fenêtre pour voir si le soleil n'était pas dans les jardins, que Guillaume d'Orange claqua la porte des appartements royaux, bien décidé à ramener le Monarque chez lui, ou plutôt, auprès de lui.
Marchant dans les longs couloirs à une vitesse fulgurante tout en ignorant les nobles qui s'abaissaient devant lui pour la énième fois, le nouveau roi se stoppa dans les salons, s'arrêtant un instant pour réfléchir.
Le français n'était ni chez Marshal, car oui, il avait en premier chercher dans les prisons, quitte à fouiner partout, autant voir dans l'endroit le plus improbable, ni avec Bontemps qui pourtant, l'accompagne tout le temps, ni avec cette dinde de Montespan, oui il était jaloux, et alors ? Ni dans les salons, ou avec sa reine, ni même près de la fontaine en compagnie de Maintenon qui espère encore le voir près d'elle, qu'elle idiote celle là… Il devait penser à autre chose, réfléchir… Et si l'un de ses espions était encore en mouvement ? Il avait pourtant interdit à ses espions d'être encore en service, c'est vrai, il se trouverait mal si son amant se faisait tuer par sa faute.
Il ignorait les regards qui se portaient sur lui et l'évidence le frappa. Louis n'avait pas fini de parler avec son frère. Cela faisait plus de deux heures tout de même… Et lui qui pensait que ça irait plus vite, mais qu'est-ce qui leur prenait autant de temps ? Et s'ils s'étaient entre tuer ? Non, Louis a surement du ne pas la jouer assez finement et… Et le blond de ce matin… N'étais-ce pas l'amant de Monsieur ? Si… Et donc, le blond et Madame ont parlés de ce qu'ils ont vus à Monsieur qui a donc déblatérer ce qu'il savait à son frère… Car le brun, avec un minimum d'intelligence, a bien du le deviner… Donc ils devaient, à l'heure actuelle, se manger le museau.
Guillaume sourit délicieusement… Oh, il n'oserait pas… Si ? C'est avec un nouveau but en tête qu'il quitta gaiment maintenant, les salons, se dirigeant dans les longs couloirs en direction de son nouveau but. Les nobles qui le voyaient changer d'expression totalement différente en cinq secondes, le dévisageaient, les protestants étaient diaboliques, leurs sourires le prouvaient.
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« Comment oses-tu ?! As-tu pensés aux français ?! À ceux qui croient en toi ?! As-tu ne serait-ce qu'un peu de respect pour ceux qui sont morts pour toi ?!
-Tu ne crois pas que tu en fais un peu trop ?
-Un peu trop ? Un peu trop ?! Tu… Je n'en reviens même pas que je vais dire ça… Tu couches avec le roi de Hollande ! Louis ! Comment veux-tu que je reste calme ?! »
Louis, debout, observait son frère qui, s'étant redressé aussi, une colère bien visible peinte sur le visage, tournait entre son fauteuil et sa cheminée, comme lion en cage. Il marchait vite, hurlait, serrait les poings pour éviter d'aller trop loin.
Louis n'arrivait à calmer son frère, aggravant parfois son cas en faisant des remarques déplacées qui ne sonnaient pas justes dans la tête de Monsieur. Il savait qu'il n'aurait pas du venir, Guillaume en entendrait parler. Le châtain, bien loin d'être énervé, mais qui se trouvait plutôt inquiet quand à la réaction de son cadet, détourna se yeux sur le côté pour voir Chevalier, droit sur sa chaise, la tête basse, tremblant de tout son long. Le blond n'osait regarder son entourage, il avait peur du jugement sévère de son roi, peur de l'éclat de colère de son aimé alors qu'il n'en était pas responsable. Louis souffla, il n'aurait aucun soutient de sa part. Le monarque jaune, fermant un instant les yeux, se focalisa sur le silence qui venait de tomber.
Philippe, accoudé au dossier de son fauteuil, dos à Louis, observait, les nerfs se détendant quelque peu, la cheminée sans feu, noircit par la suie.
Le roi rouvrit ses prunelles et reprit le plus calmement possible, mais tout de même froidement. Il n'avait pas oublié le petit détail qui faisait trembler le blond.
« Dites-moi Chevalier ? Le concerné couina. C'était son tour. Comment avez-vous su ? Le blond ne décela pas ses lèvres, regardant sur le côté pour éviter tout contact visuel avec son roi. Roi qui avançait en sa direction et qui s'abaissait à son niveau. M'auriez-vous espionné, Chevalier de Lorraine ? Le blond inspira, retenant son souffle, prenant encore soin de détourner encore le plus possible la tête du soleil. Vous savez qu'il s'agit d'un crime d'espionner son roi, n'est-ce pas ? Philippe jeta un coup d'œil par dessus son épaule, il bouillait de nouveau. Le blond trembla de plus belle. Et vous savez ce que vous risquez ? Non ? Le blond voulait partir loin, très loin. Le brun crispa de nouveau ses poings, son frère allait trop loin. Je trouve que vous vous faites un petit peu trop remarquer Chevalier… Et je commence réellement à perdre patience. La voix de Louis se faisait plus forte, plus dure et ses yeux devenaient encore plus pénétrants.
-Laisses-le. La voix était tranchante. Louis se releva mais ne quitta pas sa place près de la chaise. Ne t'en prends pas à lui parce que tu n'arrives pas à avoir le dessus sur moi. Il n'y est pour rien dans toute cette histoire. La faute te tombe dessus et tu en es le seul responsable. Philippe devenait froid. Il laissa son siège pour se placer en face de Louis.
-Réellement ? Alors tu vas nier qu'il l'a appris en m'observant. Les deux frères se turent et regardèrent le concerné.
-Tu en es pleinement responsable. Tu as laissé ce qui permet d'espionner ouvert et d'après les dires de Liselotte, tu faisais beaucoup de bruit. Philippe venait de replanter ses prunelles dans celles de son frère.
-Liselotte ? Louis haussa un sourcil.
-J'ai dis Liselotte ? Demanda Philippe avec un air faussement innocent. Ah. Ce n'était pas prévu. »
Louis se pinça l'arrête du nez. Même Liselotte était au courant. Le châtain grogna intérieurement. Mais pourquoi n'avait-il pas fermé ce maudis faux mur ?
Philippe l'observa. Puis, ne sachant lui-même pourquoi maintenant alors que tout le monde se parlait froidement, un nouvel éclaire d'une violente colère le prit. Il se remit à marcher en tapant son talon contre le sol vers sa cheminée, puis, en milieu de chemin, il se retourna vers son frère.
« Je n'arrive toujours pas à y croire. Il fulminait.
-Tu te répètes Philippe. Souffla Louis qui n'avait sur l'instant, pas totalement compris la gravité de l'état de Philippe.
-Je me répètes ? Je me répète ?! C'est tout ce que tu trouves à dire ?! Tu veux que je te rappel pourquoi on en est arrivé à cette situation ?! Ah non, non, je me répèterais si je le faisais. Je m'excuse mon frère, oh, encore pardon, mon roi, d'ainsi vous abîmer les oreilles en vous rappelant votre propre faute ! Car, je vous le rappel, vous avez eu l'audace de venir me demander des conseils pour pouvoir au mieux, il était à 3 centimètres de son frère. Coucher avec Guillaume d'Orange ! »
Les portes d'entrée claquèrent, coupant Louis dans ce qu'il allait dire. Tous se tournèrent vers ce qui venait de causer ce bruit et vers l'impertinent qui osait venir les déranger avant d'écarquiller les yeux, une sentiment différent à l'égard de l'importun.
Guillaume, droit, le visage sérieux, venait de faire sa grande entrée devant ceux qui pensaient à lui en ce moment précis. Un fin sourire naquit sur ses lèvres et il avança, en fermant les portes derrière lui, vers son amant et son frère. Chevalier, ne s'attendant à cette entrée, gardait les yeux écarquillés… Et voulu fuir une fois de plus. Mais comme-si son mal ne suffisait pas, il devait évidemment énoncer ce que tout le monde pensait tout bas.
« Vous arrivez à point nommé… »
Le roi de Hollande l'observa, puis une grimace apparue sur son visage.
« Il y a plutôt intérêt. Je pensais que vous me nommeriez plus tôt, il regarda Philippe puis Louis tour à tour. Cela fait depuis au moins trente minutes que j'attends derrière cette porte. Il se retourna pleinement vers Louis. Et laisse-moi te dire que tes gardes ne sont pas aimables… Surtout avec ce qu'ils viennent d'apprendre. »
Louis pâlit. Oh non, ils avaient hurlé trop fort. Il devrait les faire renvoyer ou trouver autre chose pour ne pas qu'ils parlent, tout en évitant de les tuer. Il se laissa tomber sur sa chaise, les coudes sur la table et la tête dans les mains, se retrouvant face au Chevalier qui venait une fois de plus de baisser la tête. Philippe, comprenant la détresse soudaine de son ainé, laissa retomber, non amèrement, un peu de sa colère, se contentant de placer une main sur l'épaule du châtain. Puis, après avoir tenté de faire le vide en fermant un instant les yeux, il reprit en ouvrant ses dure prunelles bleues.
« Guillaume d'Orange, je vous prierais de vous asseoir près de mon frère, je dois vous faire part de quelques mots. »
Le brun s'exécuta, ne lâchant le cadet des yeux. Aussi souple qu'un félin, Philippe se plaça en face, amorçant une discussion qui se pouvait être assez longue. Le hollandais souffla intérieurement. Était-il réellement judicieux de venir ici ?
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« Là n'est pas la question Louis, je veux juste savoir depuis combien de temps ça dure. C'est tout. Je me fiche bien de savoir que je ne pourrais rien y changer. Répond, c'est tout. Le brun soufflait. »
Il avait troqué son énervement contre l'exaspération que lui provoquaient les réponses de son frère et la non coopération de Guillaume, qui, les bras croisés, refusait avec un petit sourire, de parler.
« Je… Louis observa tout le monde les uns après les autres. Depuis deux mois… Céda le roi.
-Bien… Donc, deux mois…Louis… Philippe souffla, encore. Dans quelles histoires t'es-tu encore embourbé ? Guillaume ? Je sais que vous ne voulez pas coopérer mais répondez tout de même. Pourquoi mon frère en particulier ? Pour ne pas perdre dans les négociations ? Pour gagner quelque chose ? Vous n'allez tout de même pas me faire croire que c'est sans intérêt. Philippe, les yeux brûlants d'accusation, fixait le jeune monarque, il attendait de voir quelles réactions il aurait. Ne pensez-vous pas qu'il est triste d'ainsi s'abaisser ? Surtout pour un roi ? Louis lança un regard mauvais à son frère tandis que Chevalier lui en lançait un plutôt inquiet. Était-il sûr de ce qu'il faisait ? Il avait l'air en tout cas.
-Voilà pourquoi je refuse de vous répondre. Vous criez tout de suite au scandale sans rien connaître.
-Alors dites-moi ce que je dois savoir. »
Le sourire de Guillaume s'agrandit. Il commençait à comprendre. Le but de Monsieur n'était pas de l'accuser, mais bien d'avoir les informations qu'il voulait sans avoir à avouer qu'il s'inquiétait pour son frère. Le Hollandais retint un rire. Malin le cadet.
« Que c'est votre frère qui se serait abaissé comme c'est lui qui m'a invité dans ses appartements. Mais si vous me demandez pourquoi j'ai accepté, je vous dirais que c'est tout simplement parce que votre frère m'intéressait.
-Vous intéressait ? Reprit Philippe qui avait déjà du mal à croire que son frère avait commencé.
-Pas du tout sur le point de vue des affaires. Simplement comme vous avez pu être intéressez par votre… Il fit un signe en direction de Chevalier. Homme. Je vous assure que je ne souhaitais rien obtenir par la suite. Et puis, de toute façon… Il tiqua en regardant sur le côté. Il ne pourrait pas laisser cette phrase en suspens, mais il était allé trop loin. Philippe redressa un sourcil. J'ai complètement perdus le contrôle sur la situation.
-Que sous entendez-vous par là ? Demanda Philippe qui n'était pas sûr quand à ce qu'il devait comprendre. C'est envoyant la gêne arriver sur le visage du jeune monarque qu'il comprit que les sentiments s'en étaient mêlés. Louis arrivait toujours à avoir ce qu'il voulait, à croire que son frère était un sorcier. Ne dites rien, je crois que j'ai compris.
-Ah oui ? Et qu'avez-vous compris ? Questionna rapidemment le brun qui n'aimait pas trop le sourire du cadet.
-Que vous tenez plus à mon frère que vous l'auriez imaginé… Ou plutôt, plus qu'à Maastricht. »
Fier de sa plaisanterie et d'avoir déstabilisé Guillaume, Philippe laissait un vrai sourire prendre place sur son visage. Puis, d'un coup lassé, il demanda aux monarques de quitter ses appartements.
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Le blond sur ses genoux, assis sur le matelas et suçotant la peau blanche du cou de son amant, Philippe profitait du calme qui venait de s'installer, partageant cet instant doux avec son compagnon qui soufflait d'aise, la tête en arrière et les yeux clos. Laissant une marque violacée, le brun remonta le long de la carotide de son amant pour atteindre sa mâchoire, embrassant avec passion ce visage de porcelaine. Il s'arrêta un instant, prenant le temps d'admirer son amant qui ouvrait doucement ses paupières, sentant le vide qu'avait provoqué l'absence des lèvres de son aimé.
Le blond rencontra le regard quelque peu peiné et le sourire un peu timide du brun qui semblait presque lui demander pardon. Il haussa un sourcil, ne comprenant pas vraiment pourquoi son aimé ferait une telle demande, puis, il se souvint de ce qui l'avait mené sur ses genoux, ramenant ainsi un air vexé sur son visage qu'il détourna.
Philippe souffla, alors ça ne servait à rien, son amant n'avait pas oublié. Il laissa un petit temps, cherchant les mots justes, mais il ne trouva rien. Alors, c'est avec le plus d'ardeur possible et la plus grande des sincérités qu'il parla, presque suppliant.
« Je te demande pardon amour. »
Le blond ne dit rien, détournant encore plus le regard si c'était possible, se contentant de souffler tout en croisant les bras. Ça n'allait pas être facile.
« C'est vrai, je m'excuse. Je n'aurais jamais dû te servir ainsi aux menaces de Louis… Il tentait de capter le regard de son amour, en vain. Il continua tout de même sur un ton quelque peu pressé, il détestait s'excuser. Je n'aurais jamais dû lui dévoiler que je savais, je… Je sais que j'ai trahit te confiance, mais s'il te plait, regardes-moi. »
Le blond, les sourcils froncés, jetait à présent un regard noir de reproche vers son amour qui ne savait à présent, plus comment gérer la situation. Puis, Philippe remarqua avec un petit plaisir non dissimulé que son homme se trouvait toujours sur ses genoux. Le blond releva un sourcil interrogateur qui ne voulait dire qu'une chose. « Quoi ?! » Même si cette question n'était pas à proprement dit, posée, il semblait à Philippe qu'il entendait sa douce voix vexée et amère dans sa tête. Ce qui, évidemment, fit tout le contraire de l'effet voulu et l'amusa encore plus.
Le brun fit doucement remonter ses mains du ventre au torse de Chevalier, lui permettant ainsi de l'enserrer et par la même occasion, de lui voler un câlin. Il cala sa tête entre son cou et son épaule, puis lui embrassa la peau au combien douce de son cou.
Chevalier, sans quitter son air irrité, tendit tout de même le cou, attendant patiemment la suite.
« Je t'aime tu sais. Soufflait Monsieur alors qu'il embrassait sa peau. Je ne veux pas me fâcher avec toi… Alors, s'il te plait… Je t'en prie… Continuait-il de murmurer alors qu'il remontait le cou de son Chevalier, atteignant l'arrière de l'oreille, qu'il embrassa. Fais-le pour moi… Pour nous ? Demanda-t-il sans vraiment le faire avant d'agripper le lobe de son blond de ses dents, lui arrachant un gémissement. Pardonne-moi. »
Souffla-t-il à son oreille sur le ton de la confidence la plus lubrique qu'il soit.
Chevalier tourna de nouveau la tête vers lui avec, toujours ce petit air vexé, mais aussi, un petit sourire libertin qui ne pouvait qu'annoncer un abandon, mais aussi, de l'amusement pendant une bonne nuit entière.
« On va dire que je te pardonne. Dit-il d'un air faussement sérieux alors que le brun s'évertuait à de nouveau, dévorer son cou. Mais, à une seule condition. Dit-il tout en pivotant sur les genoux du brun, se retrouvant donc totalement face à lui, à l'enserrer de ses jambes au niveau de la taille. Il prit le menton de son brun d'une main et le releva d'un coup, imposant sa supériorité, ce qui eut le don de faire sourire le dominé. J'ai tout les droits sur toi ce soir et tu as interdiction de me freiner dans ce que je veux faire ou même de m'interdire quoique ce soit. Je veux que tu sois entièrement à moi cette nuit et que tu subisses les derniers outrages. C'est d'accord ? »
Demanda-t-il, connaissant déjà la réponse à la vision du sourire grimpant sur les lèvres de son amant.
Sans plus attendre, c'est avec un grand sourire que Chevalier se jeta sur Philippe, capturant ses lèvres pour débuter un baiser fougueux et passionné, débutant une nuit aussi chaude et longue que libertine et libérée de toute bienséance.
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« Oh, tu ne vas pas me reprocher ça quand même. Louis, un peu de sérieux, s'il te plait.
-Tu ne me trouveras sérieux, que lorsque que tu auras décider de l'être, ce qui n'est évidemment pas le cas. »
Louis, vexé, après avoir craché sa phrase, se détourna du fauteuil sur lequel Guillaume était installé, les genoux se pliant sur l'un des accoudoirs tandis que l'autre soutenait son dos et que l'un de ses bras se reposait sur le dossier de façon nonchalante.
Le jeune roi d'expérience, pleurait maintenant de rire en repensant à l'histoire que venait de lui raconter Louis. Il venait d'entendre l'histoire la plus drôle de ce dernier moi voir, de cette année. S'il avait bien compris, alors son compagnon n'avait rien trouvé de mieux à faire que d'arriver et de lancer de but en blanc la vérité à son frère. Soit : « J'ai besoin de conseil pour savoir comment me comporter avec un homme. ». Ce que Louis pouvait se montrer maladroit, c'était rare, mais lorsque ça arrivait, s'en était des plus drôle. Il ne pouvait s'empêcher de rire en imaginant la tête du cadet.
Louis se retourna pour s'approcher à pas rapides du fauteuil rouge, faisant s'asseoir Guillaume convenablement, soit, toucher le parquet de ses chaussures.
« Louis, tu es sérieux ? Tu as… Pfft-Ha ! Ha ! Ha ! »
Guillaume repartit de plus belle. Puis, remarquant qu'il venait de nouveau de vexer son aimé, il s'arrêta et fixa le roi soleil qui le considérait avec cet air neutre mais tout de même empreint d'un énervement certain qui empêchait tout qui que ce soit de continuer sur la voie qu'il venait d'emprunter. Le brun se stoppa donc et, après avoir claquer des mains, il releva une tête qui se voulait avenante, sans pour autant quitter son sourire et ses yeux rieurs. Il sembla chercher ses mots, puis, après un petit rire gêné, il osa tout de même parler.
« Écoute, je comprends que tu puisses être fâché mais… Ce n'est pas de ma faute si tu ne sais pas comment t'y prendre avec ton frère ou même, simplement cacher un secret.
-Pas de ta faute ? Demanda le français en s'abaissant, se mettant au niveau de l'autre roi. Il rit un peu nerveusement pour tenter de faire passer ses nerfs, mais le contraire se fit. Bien sûr que non ce n'est pas de ta faute. Après tout, qui t'a invité dans ses appartements… Hein ?! Dit-il en criant presque.
-Arrête, il est inutile de t'énerver pour ça. Ce qui est fait est fait. Tenta Guillaume.
-C'est vrai, tu as raison, on ne peut pas revenir en arrière. Mais si je le pouvais, alors je le ferais. Dit Louis d'un ton froid tout en ancrant ses prunelles bleues dans celles de son conjoint.
-Et tu fermerais ce faux mur ? Rit le brun.
-Pourquoi dois-tu toujours tout prendre en comédie et rire dès que quiconque est dans l'embarras ? Mais si tu veux ta réponse, alors je dirais que non, je ne m'arrêterais pas à cet épisode car je remonterais beaucoup… Il approcha son visage au plus près de celui de son conjoint. Beaucoup plus loin. Il se redressa d'un coup, puis partit vers sa porte. Faisant se redresser d'un coup, un Guillaume entre paniqué et énervé.
-Tu ne vas pas me dire que tu regrettes ?! Le châtain regarda par dessus son épaule, triturant ses bagues, observant avec une neutralité bien calculée le hollandais.
-Et si c'était le cas ? Il posa l'une de ses bagues sur le buffet. Tu rentres en Hollande demain. Ton peuple doit t'attendre. »
Le temps sembla se figer pour le brun qui ne sut comment prendre la nouvelle. Le français ne pouvait tenir ces propos, c'était forcément une mauvaise blague. Pas vrai ? Le stress monta, il ne voulait pas rentrer, il ne voulait pas que tout se termine. Non, pas maintenant, ça allait trop vite. Alors, pour se rassurer, il avança, sourcils froncés vers son amant et posa une main sur l'épaule du soleil qui, dos à lui, ne daignait même pas se retourner, restant simplement droit, impassible.
« Tu plaisantes j'espère. Tu es en train de me dire que tout est finit, c'est ça ?! Je ne peux pas ou même ne veux pas le croire.
-Fais comme tu veux. Commença Louis d'un ton froid sans se retourner. Du temps que ça ne t'empêche pas de prendre la calèche qui t'attendra avec tes affaires demain matin. »
Le Hollandais laissa glisser sa main, dépité. Alors le français était sérieux. Alors tout venait de finir sur une énième vexation royale. Il fallait bien que ça arrive un jour. Il perdit ses mots, devint encore plus pâle qu'à l'accoutumée et garda la bouche entrouverte de stupéfaction. Rien ne voulait sortir de sa gorge qui commençait d'un coup à lui brûler. Non, ce n'était définitivement pas possible qu'il le jette ainsi, comme ses vulgaires dindes et il allait le lui faire comprendre, le lui montrer.
« Non, tu me joues un mauvais tour pas vrai ?
-Désolé de te décevoir mais je n'ai jamais appris à jouer la comédie. Je ne suis pas né pour faire rire les gens, mais pour les diriger. Expliqua Louis avec lassitude, jetant un coup d'œil par dessus son épaule avec un regard emplit de mauvaise pitié.
-Arrête de te croire plus malin. Haussa Guillaume, les sourcils froncés. Je ne te permets pas de me traiter ainsi. Il stoppa sa phrase, une main violemment agrippée sur l'épaule du soleil.
-Et vous, je ne vous permets ni de me toucher, ni de me tutoyer, roi de Hollande. Reprocha tout aussi violemment le français en dégageant la main de ce qu'il voulait être son ex-amant, se retournant ainsi, complètement face à lui. »
Guillaume serra les dents. Voilà qu'il le vouvoyait maintenant, comme s'il venait d'oublier tout ce qu'ils avaient vécus ensemble, comme si tout ceci n'avait jamais existé. Comme si tout ça n'était qu'une vaste blague, une extrêmement mauvaise plaisanterie. Le roi le moins expérimenté, ne voulant perdre la face devant ce qui semblait redevenir petit à petit son ennemi, se mit à le fixer avec supériorité et dédain, renfermant encore plus l'autre dans une considération mauvaise. Mais, Guillaume ne parvenait tout de même pas à calmer son caractère fier et facilement vexé qui était en se moment touché. Aussi, respirait-il fort et rapidement, se qui le fit, après une dizaine de secondes, reprendre la parole d'une voix colérique et nerveuse. Il leva un doigt accusateur vers le roi doré et commença à rugir ce qu'il avait sur le cœur, ne sachant plus lui même s'il voulait rattraper la situation ou non.
« Tu ne me permets pas de te tutoyer, c'est ça ? Hein ?! Alors, pour toi, tout est finit, je ne suis qu'une simple conquête rajoutée à la liste des pays que tu as battu et à celle qui t'arrive jusqu'aux chevilles où figure chaque noms et date de début et de fin de tes relations ?! C'est ça ?! Alors, tu irais jusque là pour m'humilier ?!
-Vous humilier ? Non, ce n'était pas mon dessein. Au contraire, au vu de nos anciennes relations, je pensais plutôt à vous demander ce qui vous arrangeait les plus parmi toutes les propositions que j'allais vous faire. Mais, attendez-vous bien à des accords plutôt rudes. J'ai gagné la guerre, je vous le rappel, donc, je pense vous présenter ce que j'aimerais obtenir… Il marqua un temps, fronçant les sourcils, semblant réfléchir, puis, le monarque jaune reprit avec un petit reniflement de mécontentement, les sourcils toujours froncés. Je voulais vous laisser me dire le champ des possible pour accommoder mes demandes pour ne pas trop vous mettre dans un embarras financier et politique, mais au vu de votre manque de respect flagrant, je crois que je vais rester sur mon choix initial, c'est à dire, demander au pays perdant et avoir sous peine d'une autre attaque plus ou moins violente. Ma demande est pour l'instant simple… Louis laissa un temps, avant de sourire victorieusement. Je veux Maastricht. »
Guillaume assimila ce qui venait d'être dit, puis, les poings aussi serrés que ses dents, il retint avec dignité un gémissement de douleur. Il baissa la tête un instant, canalisant la colère qui montait doucement en lui. Il devait absolument se retenir, se garder de mettre un coup de poing bien mérité sur ce visage un peu trop triomphant. Il souffla, ravala sa salive, s'humidifia rapidement ses lèvres sèches et d'un coup gercées, puis conclu cette horrible et interminable discussion qui n'était qu'odieuse à son égard et aucunement équitable. Il retint les perles salées qui brillaient sur le coin de ses yeux, puis lâcha comme l'on laisse tomber une hache bien tranchante sur le cou d'un condamné, sa dernière parole qu'il se jurait de lui dire.
« Je te hais. »
Il y eut un instant de vide, de flottement qui paru durer des heures aux deux monarques. C'est tendrement que Louis sourit cette fois-ci, content d'avoir gagner, d'avoir fait peur à son amant qui était maintenant au bord de l'explosion mentale tant il devait être énervé et dessus. Doucement, le roi jaune se rapprocha de sa cible d'un pas et posa une main sur la joue de son partenaire qui frémit. Il laissa Guillaume redresser ses prunelles pour s'enfoncer dans les siennes, avant de fondre sur lui, capturant ses lèvres dans une douce et chaude embrassade. Le Hollandais, qui n'arrivait à mettre ses idées en ordre quand à ce qu'il se passait, se laissa faire, fermant les yeux pour apprécier au mieux ce contact qu'il avait pensé, pendant un instant, ne jamais retrouver. Louis détacha ses lèvres, récupérant son souffle, puis, tout aussi calmement que depuis le début de ses actions, il s'aventura sur le cou de son roi d'amant, qui souffla d'aise, s'arrêtant au niveau de son oreille pour y prodiguer quelques murmures. Toujours avec le yeux fermés, Guillaume écouta avec une petite appréhension et une boule au ventre, ce qu'avait à lui dire Louis.
« Leçon numéro un, ne jamais montrer ses sentiments ouvertement. Il ne faut jamais s'énerver en face d'un ennemi, et je rajouterais même, en face d'un amant un peu trop taquin. »
Louis revint sur le visage d'un Guillaume qui comprenait petit à petit la situation, souriant amusé devant la tête du hollandais. Guillaume d'Orange aurait pu crier sa rage, lui hurler ses quatre vérités, lui mettre une gifle pour la frayeur vécue, mais il ne fit rien de tout cela, il se contenta, grandement soulagé, de laisser échapper un petit rire.
« Je te déteste. » Rit-il à moitié, ne sachant réellement lui-même ce qu'il devait ressentir en ce moment précis.
Louis accompagna le rire discret de son amant à cette remarque, puis embrassa le front de celui-ci, avant de détourner les talons, prenant sa bague restée sur le buffet qu'il remit, puis, dès qu'il fut devant les portes, il se retourna vers son amant qui le regardait curieusement.
« Il faut que je règle une affaire de garde avec Marchal et Bontemps. Je te laisse, si tu restes dans mes appartements, je serais de retour dans une petite heure. Sinon, je t'attendrais dans tes appartements si je ne te trouve pas ici à mon retour. »
Puis, sans plus de cérémonie, il quitta les lieux après une petite révérence caricaturale et un sourire complice, fier de lui.
Guillaume souffla, et laissa un fin sourire franchir le seuil de ses lèvres, les bras croisés. Son amant aimait vraiment jouer, il aimait ça. C'est après qu'un éclaire de désir lui ai traversé les yeux et qu'il se soit léché les lèvres qu'il eut une promesse muette en direction du roi soleil. Ce soir, ou plutôt, lorsqu'il le retrouverait, il lui ferait subir les derniers outrages et le ravagerait pendant toute la nuit.
Il s'étira enfin, se dirigeant lui aussi vers la porte.
Qu'est ce qu'il pourrait bien faire du reste de sa journée en attendant.
Note de l'auteure : Et voilàààààààààà ! C'était la quatrième partie de cette histoire. Bon, elle est un peu loin d'être finie. Bon, sinon, je vous prépare peut-être une nouvelle fiction, ça dépend de mes envies. En fait, j'ai ma fiction de drabbles où je poste une petite série d'histoires de mon crue, c'est à dire en imagination libre, sur le personnage de Marie-Louise, qui était la première fille de Philippe. Évidemment, ma relation avec notre histoire de France s'arrête là, car, ne connaissant pas son caractère, ni comment Philipe agit avec ses enfants, j'ai due improviser. De plus, l'enfant ayant eue une vie adulte malheureuse et beaucoup trop courte due à des décisions politiques pourries, je lui ai refais une histoire qui je le crois, lui va mieux. Donc, tout ça pour vous dire que si vous le voulez, je pourrais très bien en faire une fiction à part, sinon, vous êtes au moins prévenus que cette histoire existe. Merci, si vous l'avez fait, d'avoir ma petite, grosse note. Et on se retrouve bientôt, pour un nouveau chapitre, des idées, ça, j'en ai, mais les vôtres seront toujours les bienvenues, évidemment.
Big bisous à tous et à toutes, mes bourriquets de l'Aveyron à cheval dans la campagne française en pleine nature. Oui, j'ai écrit ce chapitre en vacances à la campagne.
