Un retour dans un pays prêt à redevenir Orange
Note de l'auteure : Dans le chapitre précédant, nous avons vu que les sentiments se mêlaient dans la passion qu'entretiennent Louis et Guillaume. Mais malheureusement, voilà, il se trouve que trois mois loin de son pays, c'est trop long, surtout pour une négociation, aussi bien d'un côté comme de l'autre. Et comme je me dois d'être un minimum réaliste, peut-être serait-il temps pour l'un comme pour l'autre de se dire adieu ou peut-être, tout simplement au revoir, à eux de voir, et à vous de le découvrir. Bonne rentrée à tous ! Perso, je passe en terminale L alors ça va être un peu compliqué pour le suivit des chapitres. Surement moins de temps, tout ça tout ça. En tout cas, pour le moment, je vous livre ce chapitre qui sera, je l'espère, bientôt suivit par le prochain !
Assis sur le lit moelleux, Guillaume, les mains caressant distraitement la couverture de velours bleu roi, attendait, les yeux rivés sur son amant, que celui-ci accepte ce qu'il venait de lui dire. Et visiblement, la réalisation se faisait assez compliquée car le monarque français refusait depuis un certain temps de relever la tête de son buffet, se trouvant d'un coup passionné par la blancheur du tissu qui le recouvrait tout en se triturant les bagues.
Le Hollandais souffla, baissant la tête pour l'incliner sur le côté. Il savait qu'il allait être dur de se faire entendre sans vexer son conjoint, ce qu'il venait de lui annoncer le dérangeait, et ce, très visiblement, cette action de faire tourner ses bagues en était la preuve. Le jeune roi commençait à le connaître, le français réfléchissait, voulait se dépêtrer de cette situation délicate, trouver une solution qui ne le mette pas ainsi que Guillaume, dans l'embarras.
Louis finit par relever la tête, faisant cette moue contrariée dont lui seul avait le secret. Il observa un instant le sol de parquet croisé blond avant de relever la tête, haussant puis rabaissant les bras qui claquèrent contre ses cuisses avec une expression fataliste. Il s'approcha du brun, ne le lâchant de ses yeux d'été, mettant, une fois à son niveau, ses mains sur les genoux de son roi hollandais, attirant ainsi les prunelles du cadet.
« Que veux-tu que je te dise ? Que je te gronde ? »
Le hollandais pouffa puis eu un léger sourire, regardant sur le côté avant de revenir sur l'autre visage royal. Il eut la même expression fataliste que Louis plus tôt puis baissa de nouveau la tête, très préoccupé par la situation actuelle. Après tout, Louis avait raison, que voulait-il qu'il fasse ? Il ne revint tout de même pas sur le visage de porcelaine du châtain, quelque peu embêté par la gêne qu'il venait d'amener.
Louis, qui ne voulait, pour une fois, ne pas se fâcher, laissa son caractère impétueux qui hurlait en son intérieur qu'il ne fallait pas que le brun parte, de côté. Il s'assit près de son seul amant et laissa sa main sur son genou, ne le quittant pas des yeux un instant avant de les fixer sur le paysage qui se voyait au travers de la fenêtre.
« Écoute, je n'ai pas à t'interdire quoi que se soit. Je ne suis pas ton roi, tu es le tiens, toi seul est libre de tes décisions et je n'ai pas à leur couper la route. Si après, tu estime que tu as besoin de ma bénédiction pour partir tranquillement… »
Il se tut marquant une pause, pause pendant laquelle il rattacha ses orbes à celles intéressées et inquiètes qui venaient de se tourner vers elles. Il crispa un instant ses lèvres avant de reprendre.
« C'est une autre histoire… » Souffla-t-il.
Il remonta sa main sur la cuisse de son conjoint, la serrant un peu, attendant une réaction de l'autre qui semblait dans la même attente. Comprenant qu'il était encore son tour de tenir la discussion, Louis continua sur une petite note d'humour, espérant par là, détendre l'atmosphère plus que tendue.
« Si j'en crois ce qui semble être ta réticence à partir, j'en déduis que c'est parce que Versailles t'a envouté. Finalement, j'aurais réussis mon coup en construisant mon château. »
La note ne fut pas fausse car elle provoqua un pouffement et un fin sourire sur le visage du second roi. Louis l'imita, fier de lui, puis le poussa légèrement de l'épaule, en profitant ainsi pour se déplacer se collant ainsi au maximum. L'étirement de lèvres de l'autre s'augmenta à cet assemblage de gestes, puis, plus détendu, il prit enfin la peine de desceller ses lèvres et énonça d'un ton sûr.
« Je crois que j'ai été plus comblé par le soleil qu'il renfermait que par l'édifice en lui même… Sans vouloir te vexer…Il souffla son dernier mot. Bien sûr. »
Louis eut un petit rire avant de se redresser, suivit par Guillaume. Le français, d'un coup las, s'approcha du centre de la pièce, observant au même moment l'immense toile qui trônait au dessus de sa cheminé. Il s'y voyait, chevauchant un magnifique cheval blanc, fonçant, épée à la main, vers l'ennemi. Il se retourna ensuite vers son conjoint, puis inclina la tête sur le côté, un doigt plié sur les lèvres, visiblement songeur. Les sourcils froncés, il semblait détailler l'autre homme, qui, intrigué, adoptait lui aussi l'inclination de tête. Soudain, le roi doré reprit une posture droite ainsi qu'un air des plus sérieux, rejoignant en deux pas le roi orange.
Plaçant ses mains sur les épaules de l'autre homme, Louis profita de ce moment pour sceller ses lèvres à celles de Guillaume qui gémit sous la pression, ne s'attendant pas à un tel geste dans l'immédiat. Puis, le plus expérimenté en politique sourit, retournant après avoir lissé le tissu des épaules du manteau, vers le buffet où il prit un verre de cristal au liquide rouge. Il fit face à Guillaume avec une moue préoccupée, ce qui amena une plus curieuse de la part du détaillé.
« Nous avons un problème… Tiqua le monarque doré en baissant la tête.
-Lequel ? Demanda, un sourcil relevé, le roi orange.
-Tu veux rentrer, certes. Mais il va falloir te trouver une excuse. Tu es resté ici trop longtemps. Souffla Louis en s'affaissant dans un fauteuil bleu roi au broderies aussi doré que les pieds d'or. Trois mois… Comment pouvons-nous justifier ça ? »
Guillaume le rejoignit, s'asseyant en face, croisant ses mains sur ses genoux, s'intéressant d'un coup plus à ses chaussures brunes qu'à son interlocuteur. Interlocuteur qui semblait, lui, préférer la vue qu'il avait sur l'extérieure du château, admirant sans le faire la toiture de tuile et le marbre rose, le menton contre la paume de sa main, les bras reposant tout deux sur les accoudoirs. Un silence tomba, un silence presque bouffant, étouffant, qui forçait quiconque qui rentrait à repartir. Ce silence était signe de tracas, de réflexions profondes, de ce genre de chose dont personne ne veut être mêlé pour ne pas s'attirer de problème, et encore plus s'il s'agissait de réflexion royale et de leurs problèmes. Puis, le français lâcha sa fenêtre, Guillaume détectant un mouvement, quitta ses pieds. Il n'avait trouvé aucune solution, mais Louis semblait en avoir une. Le hollandais, confiant envers l'autre, écouta attentivement ce qu'on avait à lui dire.
« J'ai bien une solution à laquelle je réfléchissais depuis un temps. Je me demande juste, si elle va te convenir. Et si elle ne paraît pas trop suspicieuse.
-Vas y, parle, je t'écoute. »
OoOoOoO
Tout le monde, ministres déchus au rang de conseillers ainsi que les proches du roi, se tenait debout, près à entendre ce qu'avait à dire leur roi. Le monarque, la démarche allongée et le dos bien droit, ne faisait attention aux nombreux saluts respectueux ni même aux courbettes qu'on lui présentait, préférant, le regard déterminé et le visage sûr et fermé, atteindre se place royale, rapidement suivit par Philippe qui se posta derrière lui, étonné d'avoir été choisit pour suivre ces négociations qu'il savait être préparés à l'avance, ce qui l'amusait intérieurement. Guillaume arriva en dernier, l'air tout aussi impassible que Louis, il fit fermer les portes par les gardes derrière lui, annonçant ainsi, muet, le début de cette dernière séance de négociation.
« Bien, puisque tout le monde est présent, je vous demanderais, messieurs, de bien vouloir vous asseoir. »
De nombreux bruits s'élevèrent, caractéristiques de chaises que l'on raclerait contre le sol. Au vu de la discussion qui se préparait, et qui pouvait être assez longue, Marchal et Bontemps s'offrirent eux aussi, le luxe d'une chaise de bois. Le roi soleil se racla la gorge, faisant résonner ce son dans toute la pièce, marquant par là, le véritable début d'un quelconque commerce. Il commença donc de sa voix neutre.
« Messieurs, je vous ai en partit menti. Des sons étonnés parcoururent l'assemblées, Philippe fronça les sourcils, son frère semblait sûr de lui, mais il avait tout de même quelques doutes quand à la suite des évènements. Enfin, nous vous avons menti. Il se trouve que depuis cela deux mois, Guillaume d'Orange et moi même… » Non, il n'allait tout de même pas… Pensa le cadet à pleine vitesse.
« Avons décidé de faire une alliance.
-Tu comptes vraiment leur dire ça ? Tu ne penses pas que commencer par ''Je vous l'ai caché.'' Est une mauvaise idée ?
-Attends un peu de connaître la suite. Argua Louis avec un sourire. »
« Une alliance ?! Mais mon roi, pourquoi continuer à vouloir Maastricht devant nous ? Et pourquoi ne pas nous en avoir parlé ? » Demanda Bontemps, d'un coup paniqué à l'idée de ne plus être mit dans les confidences royales.
Tous, choqués et avide de connaître la suite, se pendirent aux lèvres du soleil qui ferma un instant les yeux, soufflant quelque peu de lassitude, profitant de ce moment de flottement pour se souvenir de son texte, et ainsi, de son plan d'action. Il jeta un œil vers Guillaume, qui tout en restant calme et neutre, s'était tout de même détendu, puis vers son frère, qui semblant avoir compris, attendant le moindre signe pour venir en aide à son ainé. Bien, Philippe était derrière lui, ils se comprirent d'un regard, puis Louis énonça enfin sa réponse.
« Je ne vous ai pas mis au courant car il s'agissait d'une démarche assez délicate, car, comme vous le savez… Notre invité n'est pas très enclin à négocier en grande foule. C'est donc dans mes appartements que nous avons convenu de certains détails ainsi que de cette alliance. Les conclusions, se devant être faite devant un membre extérieur pour être sûr que tout se passe dans le respect des règles de l'autre, on été en quelque sorte signées en la direction de mon frère, ce qui explique sa présence ici. »
Louis, de son visage royal, observa son frère qui sut lire entre les lignes. Il renvoya donc le même regard sérieux vers son ainé tout en attrapant en toute discrétion un fin morceau de papier cacheté. Il se retrouva ainsi rassuré. Il voulait bien l'aider, mais si son frère ne faisait rien pour lui rendre la tache facile, alors il commencerait à abandonner.
« Philippe vous fera donc la lecture des dites conclusions, don j'affinerais les détails devant… »
« Vous. Je ne pense pas qu'il soit très utile de vous rappelez que la Hollande s'est retrouvée à terre après cette guerre durement menée. Il est donc naturel que je demande un du. Expliqua Louis, un large sourire taquin aux lèvres, tout en s'approchant énormément de ses nouvelles cibles, les lèvres de Guillaume, qui se recula contre le dossier de son siège, amenant un visage des plus boudeurs.
-Non, non, non… On finit avant la récompense, je ne sais toujours pas ce que tu as à proposer. Guillaume, taquin, s'amusa de voir les yeux de Louis s'illuminer, comme un enfant content de raconter à ses parents, ses multiples aventures.
-Mais, je dois vous avouer autre chose. Cette alliance faite n'est, comme vous l'avez peut-être deviné par le procédé, pas comme les autres. En effet, nous avons travaillé dessus jusqu'à des heures impossibles, ce qui nous à valu de nous rapprocher quelque peu. Je suis donc fier Messieurs, de vous annoncer que la Hollande ne sera pas qu'une simple alliée, mais qu'elle est aussi devenue, par ses rois… »
« Une amie. »
« Tu vas vraiment leur dire ça ? Sourit le Orange.
-Et pourquoi pas ? » Accompagna Louis, ce qui les amena tout deux dans un grand rire, avant de reprendre.
« Nous avons donc crée, vous devez vous en doutez, quelques sympathies, ce qui nous a amené à une, si vous contez le fait que cela fait depuis deux mois maintenant, récente amitié. Chose qui n'aurait pas été possible, si nous n'avions pas entretenu ces entrevus en dehors du conseil. Cela vous va-t-il, Bontemps ? Demanda le roi doré en le fixant, lui faisant quelque peu baisser la tête sous les reproches pas si déguisés que cela. S'en voulant tout de même un peu, il reprit avec un fin sourire. Néanmoins, j'apprécie toujours votre inquiétude et vos conseils sont toujours aussi bons pour moi à prendre. Bontemps, rassuré, releva la tête, remerciant le roi qui redevint après un geste de tête, sérieux. Philippe pourrais-tu… »
« Nous lire les termes qui lient notre contrat d'alliance s'il te plait.
-Et donc là, ton frère les lirait ?! Demanda Guillaume, de plus en plus curieux, qui se pendait aux lèvres de Louis, envieux de connaître la suite.
-Évidemment. Dit Louis en souriant de plus belle, appréciant la curiosité de son brun avec des yeux pétillants.
-La suite ? Que lirait-il donc ? Le pressa le fougueux impatient.
-Alors, tout d'abord… »
« La France ne laissera aucun homme, aucune trace d'armée dans le pays conquis… »
Philippe marqua une pause, écarquillant quelque peu les yeux. Alors son frère avait réellement confiance en cet homme. Après un rapide coup d'œil, il s'assura que l'ordre ne venait réellement que de lui, puis reprit. Après tout, son ainé savait ce qu'il faisait.
« Seulement si, les autre termes du contrat sont acceptés. Comme, bien que nouvellement allié, le pays reste perdant, il devra, en remplacement d'un territoire, donner un tribu d'un montant définit, soit deux milles florins mensuels. »
C'est cet instant que choisit Guillaume pour tiquer, redevenant normal après certains regards tournés vers lui.
« Sérieusement Louis ?! Deux milles florins mensuels ?! Mais c'est n'importe quoi ! Déjà que je ne pouvais pas t'en donner seize millions d'un coup car ça mangeait toutes mes ressources, tu t'imagines bien que je ne pourrais jamais en payer deux milles par mois, c'est beaucoup trop ! »
Guillaume venait de faire retomber la curiosité, dessus. De plus, comment allait-il expliquer à son peuple qu'il était resté trois mois entiers dans la cour de France pour ne revenir avec rien à son avantage, à part qu'il garde une ville et donc une partie de son peuple ? Mais, comme s'il lisait dans ses pensées, Louis le calma instantanément en serrant tendrement sa cuisse pour le détendre et sous forme de soutient. Il avait ce sourire aussi taquin que confiant et ses yeux toujours aussi pétillants, qui réveillèrent immédiatement la curiosité à semi montrée du hollandais.
-Je sais, je sais, calmes-toi. Je n'ai jamais dit que tu étais obligé de tout suivre et donc, de tout payer. Le roi, même rebelle, peux rester allié et… Désiré.
-Tu veux dire que je ne suis pas obligé de payer, ou du moins, pas en totalité ?
-Après tout, tu peux tout aussi bien montrer à ton peuple que tu n'as fait cette alliance que pour pouvoir t'en sortir avec ton pays, vivant et aussi que tu es prêt à résister une fois de plus aux français. Tu ne m'en paiera qu'une minuscule partie, disons… Deux cents Florins ?
-Va pour les deux cents Florins ! Ronronna, soulagé, le roi novice, qui, pour le coup, attendait impatiemment la suite.
-Mais, la France ne mettra aucune armée de façon logique pour tout le monde, seulement si tu acceptes les derniers critères.
-Qui sont ? »
Philippe, après avoir vu l'air neutre de Louis, comprit. Ce n'était que joué, et assez bien pour que tout le monde ne se doute de rien. Il reprit donc ce qui était convenu.
« Pour des raison politiques évidentes, la France, qui ne domine toujours pas la Hollande, mais qui, ayant le partit gagnant, se voit tout de même de demander une participation dans certains choix, notamment militaires, qu'engagerait le pays. En effet, les deux nations étant amenée à s'allier, il est normal que chacun ai un compte rendu de ce qui se passe militairement dans chacun des deux pays. Aussi, pour une plus grande facilité de communication, il y aura une latence de cinq mois entre chaque réunion entre pays, latence qui ne pourra, sauf information contraire, être allongée. »
Philippe nota pour lui même avec un petit sourire intérieure que Louis ne parlait pas d'interdiction de raccourcir cette latence. Dans un sens, cela pourrait paraître logique pour un cas d'extrême urgence, mais lorsqu'on savait comme lui ce que son frère cachait, ça en devenait presque adorable. Surtout avec cette interdiction d'allonger le temps.
« Et enfin… »
« Et enfin, la dernière condition est que les deux pays dominent une partie de Maastricht, et qu'ils s'allient tout deux pour récupérer la partie manquante, soit, la deuxième qu'on voulu garder les espagnols, ce qui fait qu'elle leur appartient encore comme ils en détiennent le centre. Ici figure… »
« Ici figure, les signatures des deux pays maintenant nouvellement alliés. »
« Hum… J'aime bien, vraiment. Mais cinq mois ?! Ça va être long. Soupira avec tragédie le roi de Hollande.
-Je sais… Le rejoignit Louis. Mais deux mois feraient trop court, trop souvent, et ça amènerait les questions.
-Hum… Si tu le dis… Tu as vraiment réfléchi à tout. Dit, aussi malicieux que son sourire, le hollandais qui s'étirait, tel un félin languissant, contre le dossier de son fauteuil.
-Évidemment. »
Bâilla Louis, sans lâcher son homme des yeux.
Homme qui d'ailleurs, laissa l'air mutin prendre place sur celui plus curieux, et qui se levait déjà pour venir se placer sur les cuisses de son monarque doré, donnant au passage un coup de rein, faisant semblant que ce n'était pas exprès, et parlant d'un coup d'une voix faussement innocente devant le visage neutre d'un Louis qui se retenait, et qui donc, en disait long sur la suit du programme.
« Oups ! Désolé, je n'ai pas fait exprès. »
Puis, il s'abaissa, mordillant, léchant, suçotant un peu la peau blanche du roi devenu rouge par le plaisir et la chaleur, tout en soupirant de manière très peu conventionnel. Le roi se montrait impatient, pensa Guillaume avec délectation, sentant se qui se passait sous ses reins. C'est totalement amusé qu'il chuchota à son oreille.
« Dis, tu penses qu'ils feront quelle tête tes conseillers quand ils apprendront tout ça ?
-Hum, je ne sais pas, rit le roi.
-En tout cas, je pense que tout ceci va bien les ennuyer. Ricana Guillaume contre l'oreille du roi.
-Avoue que cela te fais plaisir. »
Louis souris en sentant l'autre acquiescer d'un vibrement de gorge.
« Tu aimes trop t'amuser du malheur des autres toi hein ? Souffla Louis, visiblement lassé. Puis, il reprit avec un très large sourire nostalgique. Tu va me manquer. »
Guillaume recula sa tête pour rencontrer les prunelles bleutées de Louis, prunelles attristées et presque désespérées. Il l'embrassa à pleine bouche, puis fit de même sur son front avant de pouvoir à son tour, parler.
« Énormément. »
C'est après un intense regard où tout deux se comprirent que Louis, vraiment plus qu'impatient, prit son homme entre ses bras pour l'amener sur son lit. Il le dominait, allongé de tout son long, profitant de ce moment pour le détailler, l'embrasser fougueusement, le toucher, le caresser sous ses vêtements, le faire gémir, fermer les yeux haleter de plus en plus fort, de l'aimer. Un regard, un sentiment non dit, une caresse dans les cheveux, et le voilà de nouveau perdu pour un instant de pur bonheur, de pur plaisir partagé.
Tous, sans exceptions, à part bien sûr, les deux monarques, applaudirent leur roi dans la plus grande des cérémonies. Les deux hommes centraux, eux, s'échangèrent un regard complice qui échappa à tous sauf à Philippe qui savait exactement comment le prendre et qui songeait vaguement que son frère venait d'être touché.
Bientôt, tout le monde fut sorti de la salle de conseil, bavardant à propos des nouveaux accords et félicitant un roi qui tentait de cacher avec succès, son absence. C'est sous l'air plus qu'amusé de Philippe que les deux partirent avec quelques mots. Alors, son frère commençait déjà à se lasser des compliments ? Voilà qui devenait amusant.
« J'ai, quelques petites choses concernant les accords et votre rentrée prochaine à voir avec vous Guillaume. Voulez-vous bien m'accompagner jusqu'à mes appartements ?
-Je vous accompagne de ce pas mon cher Louis. »
OoOoOoO
Louis, sourire aux lèvres, roula sur le côté, s'étalant en écartant quelque peu les bras. Haletant, il cherchait à happer le peu d'air frais qui tentait de se faire une place entre la moiteur et la chaleur qui s'émanaient des corps. Fermant les yeux, il se concentrait sur sa respiration qui levait et baissait sa poitrine, tentant de la calmer, de la faire passer de folle à apaisée avec un certain succès. Il tourna doucement la tête vers son conjoint, qui, perdu dans le décor que lui proposait le plafond peint de bleu et d'or, avalait en grande goulée l'air nouveau qui reprenait sa place entre les murs.
Guillaume semblait ailleurs, admirant finalement sans le faire son décor lumineux, le sourire presque effacé, quasi inexistant. Perdu dans ses songes, il soufflait de temps à autres et laissait le temps filer, l'arracher progressivement à cet endroit qui ne lui manquerait pas tant que ça, l'arracher à son homme qui lui manquerait atrocement, même s'il essayait de se prouver à lui-même le contraire. Il redoutait de plus en plus ce moment fatidique, cet au revoir où se cacherait peut-être un adieu. Une boule se forma dans son estomac, le crispant, le faisant quelque peu grimacer. Il avalait l'air de plus en plus vite, en plus grandes bouffées, sa poitrine s'activait encore une fois avec force mais pas pour la même raison. Il ferma les yeux, forcés par cette respiration folle, tentant de la calmer en vain.
Il tourna la tête, affolé, son souffle ne voulait pas s'apaiser. Il rencontra ce qu'il voulait éviter, le regard bleu de son amant dont il n'avait pas remarqué la présence. Depuis quand l'observait-il ?
Louis, le regard impénétrable, avança sa main pour la poser contre le front de son conjoint, le détaillant le plus calmement possible. Il fit voyager sa paume, caressant la peau douce de son partenaire qui retint un petit moment son souffle avant de le relâcher lorsque les doigts fins s'emmêlèrent dans sa chevelure. Il ferma les yeux, entrouvrit ses lèvres, laissant l'air le quitter et le rejoindre plus calmement maintenant, au rythme de son souffle apaisé. Continuant ses caresses, la main atteint la nuque, créant des frissons le long de la colonne vertébrale, puis remonta de nouveau dans la chevelure brune qu'elle agrippa légèrement avant de la relâcher, recommençant ce geste jusqu'à ce qu'un bruit d'aise ne sorte d'entre les lèvres de l'homme qui recevait tout ces soins et qui se retournait maintenant complètement en direction de son châtain qui lui caressait la joue du dos de sa main. Sans se montrer surprit, il laissa Guillaume lui enserrer les hanches, se collant à lui le plus possible et enfouissant son visage contre son épaule.
C'est pendant deux heures que Louis tenta avec succès de calmer le roi novice. Il finit par fermer un instant les yeux, continuant ses caresses le long du dos du hollandais qui se laissait faire, loin de se plaindre ou de se retirer de cette douce emprise. Le châtain souffla, il comprenait la situation de son amant, lui aussi s'inquièterait quand à la suite des évènements s'il se trouvait à sa place. Il embrassa son épaule, puis remonta de nouveau sa main dans les cheveux bruns, massant calmement la tête de son homme.
« Ça va aller. De quoi est-ce que tu t'inquiètes ? »
Guillaume remua un peu, enfouissant encore plus son visage contre l'épaule de l'autre homme.
« Ils ne voudront plus de moi. Tous contestaient déjà mon pouvoir et tu n'imagines pas l'état du peuple et des nobles qui m'entourent après avoir perdu la guerre. Et voilà que je reviens devant eux après trois mois d'absence avec une alliance que j'ai fait seul, sans consulter le moindre conseillé.
-Tu n'avais pourtant pas l'air inquiet avec mes propositions, tu disais même que ça arrangeait tes problèmes.
-Je sais…Souffla Guillaume. Mais entre temps, j'ai reçus une missive. Le peuple, par endroits, se rebelle. Même si je le savais déjà, ce n'était qu'un ou deux petits villages au commencement, maintenant… De plus, les accords passés en ont outrés certains qui hurlent à la traitrise de leur roi, qui racontent que je n'ai rien fait. Je me suis absenté trop longtemps, c'est un fait. J'ai envoyé une lettre de réponse, expliquant que je ne donnerais jamais la somme entière mais irait aux réunions pour apporter le calme. Il m'a répondu que ceci n'était même pas un espoir et que, pour le conseil, c'était une évidence. Néanmoins, ça en à calmé certains qui se sont maintenant, en partie tut. Il s'arrêta là, fermant les yeux sans briser le contact de son front et de la nuque du roi de France.
-Tu rentres donc presque en territoire ennemi si j'ai compris ? »
S'inquiéta Louis. Jamais après son père, il n'avait vu un tel retournement de situation sous aussi peu de temps. Aussi, il se préoccupa du sort de son amant. Certes, il y a quelque mois, ça l'aurais arrangé que le hollandais meurt, tué par son peuple. Mais maintenant… Maintenant, ce serait un cauchemar, un épouvantable cauchemar. Aussi, il serra d'avantage son emprise sur le corps fin qui l'enlaçait. Il devait réfléchir à une solution. La Hollande et plus particulièrement son peuple, c'était récemment montré, du moins, de sa vision extérieure, plutôt hostile à la royauté, ayant déchiqueté membres par membres le dernier occupant du trône, l'amenant ainsi à Guillaume. Cette réflexion en amena d'ailleurs une autre. Même le complot pouvait se montrer plus doux. D'ailleurs, un complot, c'est ce qui se tramait en Hollande, son roi le sentait, c'était en partie pour ça qu'il devait rentrer, il se devait d'y mettre un terme. Et peut-être installer une monarchie absolue, tout comme lui, cela éviterait les conseillers et ministres trop insolents. Tout comme il devrait se procurer des gens de confiances. Sur ce plan là, le hollandais se montrait pire que lui.
« J'ai des gens de confiance à ma cour Louis… Une bonne partie des soldats restent derrière moi ainsi que quelques courtisans. Ce sera une entreprise compliquée car je ne sais pas par où commencer en ce qui concerne mes recherches et parce que je n'ai pas la même police que toi, qui est, je l'avoue, très performante. Ce sera dur, mais j'y arriverais, je les arrêterais jusqu'au dernier…Il ne semblait pas sûr de lui. Louis pouvait le sentir. Il avait peur. Louis ? Si ça se passe mal…Tu viendras me chercher…N'est-ce pas ? »
Louis le serra un peu plus et acquiesça silencieusement. Bien sûr qu'il viendrait le chercher. Après tout, ils étaient alliés, non ?
OoOoOoO
Louis, le regard divaguant, observait les arbres d'une forêt touffue se balancer mollement à travers la fenêtre, assis sur son fauteuil l'œil morne, surement triste. Il porta avec un flegme bien visible le verre de vin à ses lèvres et en but distraitement une gorgée. Depuis quelques temps maintenant, il n'avait plus envie de rien, il se contentait de vivre une journée vide de sens. Il souffla pour la centième fois. Les hommes de Guillaume l'ont attendus dès le matin au port alors qu'ils n'étaient censés arriver que le soir. Les deux monarques ont presque sursauté à cette annonce. Les conseillers se préparaient déjà à soumettre une pression monstre sur le dos du jeune roi. Voilà qui marquait d'un mauvais point le retour au pays. Nouvelle gorgée.
Il n'avait plus envie de rien, rien mis à part toucher un corps, le faire siens. Il y avait bien des femmes à Versailles qui n'attendaient qu'une faveur venant de sa part. Mais pour une fois, l'envie c'était envolée, il ne s'y intéressait plus, il ne les désirait plus en ce jour. Peut-être demain. Et puis, de toutes les manières qu'il soit, il préférait être ce corps touché, ce corps prit.
Il avait faim, mais aucune envie de se lever. Voulait écouter une musique aux accents étrangère, mais personne avec qui la fredonner. Et pourquoi pas apprendre une dance française… Mais à qui ? En inventer une nouvelle ? L'envie lui manquait. La faire avec une personne la connaissant alors. Mais qui ? Mme de Maintenon ? Il n'y songeait plus. Sa reine ? Pourquoi pas, si ça pouvait lui changer les idées… Mais pas tout de suite. Peut-être bien ce soir, pour le moment, il se trouvait une occupation, il s'inquiétait. Et mine de rien, l'inquiétude était la plus grande ennemie de l'ennui, mais aussi de la tranquillité, ainsi que des idées. Nouvelle gorgée.
La porte claqua. Tient, oui, c'est vrai, il n'était pas venu à la dernière réunion. Peut-être étais-ce Bontemps, ça ne l'étonnerait pas. Oh, et puis, il n'allait pas dire non à un peu de compagnie.
Le nouveau venu ferma doucement la porte puis s'approcha d'une démarche féline, caractéristique de ce qu'il était. Il fit amener un fauteuil et s'installa tout près du monarque, de son frère. Louis se retourna, quelque peu surpris de sa présence, mais ne la refusa pas. Il lui fit un fin sourire sans conviction avant de retourner à sa position initiale.
« Tu n'étais pas là pour la réunion de tout à l'heure si j'ai bien compris. Commença Philippe en rejoignant le point de vision qui bougeait au grès du vent, de son frère.
-Oui, en effet, je n'y étais pas. Répondit mollement Louis.
-Bontemps s'est inquiété. Continua tout de même le brun, amenant sans réel succès de ce qu'il voulait, son frère à la réponse, sans être à la discussion.
-Tu n'as rien de nouveau ?
-Le roi de Hollande embarque ce soir. »
Clôtura Philippe, marquant un blanc immense dans la discussion, dissipé par Louis. Mais avant le monarque doré avait longtemps observé son frère qui l'imita pour finalement revenir sur son arbre, se triturant les bagues, toujours suivit de son cadet. Philippe était là pour lui après tout. S'il n'était pas tout aussi inquiet que les autres, voir même plus, il ne serait jamais venu. Ce n'est surement pas Bontemps qui a insisté. Tout ce qu'il a dû faire, c'était de lui dire que le roi était absent et qu'il s'inquiétait, et son frère était certainement sortit de ses appartements pour le rejoindre. Aussi, il avait décidé de se dévoiler, d'être dans un de ces rares lâchers prise qu'il s'octroyait de temps à autres.
« L'attente va être dure.
-J'imagine. Suivit Philippe, soulagé que son frère délie sa langue en sa présence, comprenant parfaitement sa situation.
-Je m'inquiète pour lui. Sa sécurité est encore plus précaire que la mienne. »
Voyant l'air interrogatif de son frère, Louis reprit tout ce que son amant lui avait dit à propos de la situation politique actuelle de son pays, ne sautant aucuns détails, aucuns passages importants ou pouvant l'être. Il s'arrêta enfin pour croiser le regard de Philippe.
Le brun fut choqué tout comme il fut peiné. Pour une rare fois, Louis venait de totalement se libérer de ses habituelles chaînes royales qui enfermaient ses émotions. Son frère n'était pas simplement inquiet, ce sera une faute que de dire ça. Non, il était paniqué, enfin, il le semblait. Il le savait d'un naturel peureux et paranoïaque, mais si l'inquiétude en était arrivée à ce stade, cela voulait dire que la situation pouvait être assez grave. Néanmoins, Philippe se raisonna, il devait aider son frère à sortir de là ou alors il ne pourrait totalement se concentrer sur sa politique. Aussi, il lui sourit calmement, faisant ainsi baisser d'un cran la tension de son frère qui répondit presque timidement, hésitant, à sourire, se contentant d'un simple retroussement de lèvres. Puis, il se mit à le rassurer, l'amenant petit à petit sur un autre sujet plus doux, celui de souvenirs joyeux, lui montrant ainsi qu'il n'avait pas à s'en faire, lui disant même lorsque le sujet revint un peu trop à son gout, que Guillaume savait gérer un pays et que tout irait bien.
Ils finirent cette délicieuse journée entre frère, se racontant souvenirs et détails de leur vie infantile. Mis à part la scène de la bouillie que certaines personnes connaissaient étrangement à la cour, et elles devaient être beaucoup car même Liselotte la savait, comment le savait-elle d'ailleurs, leur enfance se trouvait être faite de quand même beaucoup de joie, de certaines frayeurs, mais aussi, de beaucoup de complicité.
Complicité qu'ils retrouvaient tout deux, ici, sur leur fauteuil, à parler de tout et de rien, à délier leur langue sur un sujet bien particulier qu'ils n'abordaient habituellement jamais ensemble due à un jugement de l'autre différend. C'est en riant de bon cœur sur une énième bêtise du Chevalier de Lorraine que Louis prit conscience d'une chose. Il pouvait faire pleinement confiance en son frère. Aujourd'hui, il avait passé son après midi entière à le rassurer, à l'aider à remonter cette pente, faisant disparaître toute inquiétude pour le moment. Il regretta un instant de ne pas l'avoir fait plus tôt, mais changea de pensée en riant à la chute de l'histoire et de ce pauvre noble qui c'était fait avoir.
Pour une fois, deux frères en rivalité constante avaient enterré la hache de guerre sans même y penser. Pour une fois, ils agissaient l'un envers l'autre comme de vrais frères, se confiaient des secrets qu'eux seuls connaissaient. Oui, pour une fois depuis longtemps, deux frères se retrouvaient, retombaient dans l'enfance pour remonter dans les souvenirs beaucoup plus adultes, échangeant des souvenirs qu'ils n'osaient jamais se conter, comme s'ils se retrouvaient après un très long voyage. Même si cette situation n'allait surement pas durer et qu'un faussé se recréerait surement après, le roi se conforta dans une idée. Ils avaient maintenant un gros point commun, un gros point commun que lui seul devrait cacher.
Mais un point commun qu'avec son frère, il pourrait enfin partager, sans avoir à le juger.
Note de l'auteure : Hey ! et voici la fin du chapitre qui se termine sur de petits moments tendres qui étaient, à mon sens, importants. Même s'ils se détestent parfois, dans le fond, ils s'aiment énormément ces deux frangins. Voilà pourquoi j'ai décidé de leur faire partager un petit moment qui, je l'espère, ne les a pas trop mis OOC. À mon sens, non, mais j'ai besoins de vos avis quand même. Bon, sinon, pour ce qui est de l'écriture de Guillaume, c'est pareil, je voulais mettre un petit moment de doute en son esprits, savoir si oui ou non, il allait arriver à tout gérer. On commence donc à entrer dans le sérieux mes enfants ! Et ce sera bientôt partit avec la suite avec le chapitre 6 qui arrivera, je l'espère, bientôt. Sinon, encore bonne rentrée à vous tous et bonne chance dans vos études ou dan votre travail !
Big bisous à tous et à toutes mes lapins en chocolat des montagnes enneigées du sud du Sahara que j'aime très très fort car vous supportez mes grosses conneries !
