Chapitre 7
Un sauvetage sous la bannière jaune
Note de l'auteure : Hey ! Et voici le chapitre 7 mes lapins shipper ! Bon, alors oui, la fin de mon précédant chapitre n'était pas très sympa, et je m'excuse de l'immense retard que j'ai pris. J'espère que vous avez passez de bonnes fêtes. Donc, Guillaume et Louis ont échangés des lettres et la situation de Guillaume n'est vraiment pas bonne. Au cas où vous l'auriez pas compris. XD Bon, en clair j'ai pas grand chose à vous dire... Mis à part… Louis recevra-t-il les lettres ? Vous le découvrirez en lisant ce chapitre !
Il faisait froid dans sa petite cabane, grelottant, il arriva à peine à ouvrir ses lèvres pour remercier Adrien qui le recouvrait d'une couverture donnée par une bonne sœur. Il souffla, fatigué, serrant l'étole rêche et peut épaisse, tentant de s'emmitoufler dedans du mieux qu'il le pouvait. Assis à même le sol de bois gelé, recroquevillé sur lui-même, la tête pâle nichée entre ses bras, il observait de ses yeux cernés les grains du bois pourris par l'humidité et les champignons verts et gris qui se formaient dans les creux des plaques de chêne brute. Il refusa l'eau qu'on lui offrit, d'ouvrir la bouche pour croquer dans une miche de pain, de dormir, il avait bien trop peur. Voilà bien quelques jours qu'il ne les avaient pas fermés, se beaux yeux bleus qui étaient aujourd'hui aussi brumeux et morne qu'un jour de tempête bien qu'ils soient secs. Il interdisait à ses yeux de s'humidifier, à ses larmes de couler, se concentrant sur sa rage, se peur et son cœur qui se serrait de rancœur, de craintes de doutes. Il releva sa tête, tournant toujours le dos à ses deux seules personnes de confiance, fixant le mur où une trace d'une ancienne cheminée s'imposait, marquant de noir le mur en cette forme si distinctive. Il n'arrivait pas à se réchauffer, il avait froid.
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Le regard perdu dans le feu, confortablement installé dans son fauteuil de velours bleu roi, Louis, inquiet, se triturait les bagues, tique de stress reconnaissable qui se fit rapidement arrêter par la main de son frère qui lui saisit le poignet, ne le regardant pas. Le roi sortit de ses pensées, lâchant la douce flamme dansante qui reflétait sa couleur orangée contre les pierres crèmes qui l'entourait, protégeant les maîtres des lieux. Il fixa un instant la main qui le tenait puis releva ses prunelles pour rencontrer celles grises de son cadet qui le considérait avec attention. Il baissa un instant les yeux, frustré de ne pas pouvoir continuer son geste.
« Tu vas avoir des nouvelles, ne t'en fait pas. »
Louis secoua légèrement la tête. Si même Aurtance n'arrivait pas à en avoir, il n'en aurait jamais. Apparemment, tout les points de relais d'Hollande sont bouchées, empêchant toute conversation, tout échange et ceux, même entre espions. Alors, pourquoi aurait-il des nouvelles de son roi ? Quelque chose s'était passée, mais quoi ? Son amant était-il ne serait-ce qu'en vie ? Il écarquilla légèrement les yeux à cette idée et souffla un peu plus rapidement, n'arrivant pas à calmer l'étau qui lui enserrait le cœur.
Philippe sentant la panique arriver, resserra sa prise, ramenant ainsi l'attention de son ainé sur lui, observant ainsi les effets que la paranoïa avait sur lui. Et alors qu'il entrouvrait les lèvres pour trouver de quoi le calmer, la porte s'ouvrit en un grand claquement, dévoilant aux deux hommes qui venaient de se retourner en sursaut, une jeune femme blonde paniquée avec une pile de papier dans sa main. Elle semblait chercher avec empressement le roi et sourit de soulagement en le trouvant enfin. Elle releva légèrement sa robe et couru pour atteindre en deux foulées le monarque jaune qui avisait avec espoir les papiers cachetés qu'elle tenait. Elle s'inclina tout de même légèrement et les lui tendit, ses yeux hantés par la préoccupation et l'horreur. Louis se leva et prit d'une main les lettres sans quitter le regard de la pauvre femme, faisant remonter son angoisse qu'il arriva à cacher, hochant la tête. Puis il se dirigea vers une petite table, posant le courrier sur celle-ci. Il se saisit d'une première lettre, la décachetant et la parcourant d'une main fébrile et d'un regard inquiet. Rapidement, il passa à la deuxième, la troisième, la quatrième, puis, il du se soutenir contre la table après la lecture de la cinquième, les bras tremblant, la tête basse, le visage caché par ses épaisses mèches de cheveux qui coulaient de ses épaules pour s'alourdirent doucement dans le vide. Sentant que la détresse gagnait son frère, Philippe se mit sur ses jambes et approcha Louis en quelques pas. Il posa doucement une main sur son épaule, tentant de voir son visage à travers la couleur châtain qui le cachait. Il caressa doucement l'épaule, puis, n'ayant aucune réponse, il prit doucement les lettres et les lut avec calme.
Il souffla un instant après la dernière lettre et ferma un instant les yeux pour se concentrer avant de les ouvrir et de nouveau poser sa main sur l'épaule de son ainé, de son roi qui se trouvait au plus mal. Il tenta de le bouger un peu de sa table en vain tant Louis était accroché. Il n'eut, comme réponse à ses gestes, qu'un simple gémissement triste et désespéré. Il fronça un peu les sourcils, peiné et lui saisit les deux épaules pour se rapprocher de son oreille pour lui murmurer.
« Ça va aller Louis, concentre-toi. Calme-toi. »
Les épaules du roi tressautèrent, il cherchait à respirer, il n'arrivait plus à capter l'air, à rester calme. Son souffle était rapide, désordonné, son cœur se serrait, la boule de stress remontait dans sa gorge, il venait de chuter, de redescendre sur Terre en tombant. Ses doigts se crispèrent contre le bois, ses bras tremblants. Il voulait se dégager de l'emprise de son frère qui, il en était sûr, ne comprenait rien. Comme d'habitude.
« Je n'ai pas été là pour lui. »
Ses yeux devinrent brumeux. Il était dans un état de trance, enfouit dans cette seconde nature paranoïaque, laissant parler ses craintes, ses peurs les plus profondes, comme lorsqu'il avait peur que l'on vienne le tuer. Il était rare de le voir dans cet état où il ne se contrôlait pas. Philippe, comprenant la détresse de son ainé, le retourna vers lui, agrippant ses épaules, le choquant par ce geste pour le forcer à le regarder dans les yeux, alliant ainsi leurs prunelles claires.
« Calme-toi ! Il rabaissa sa voix alors que son frère tournait la tête, les lèvres tremblantes et les yeux mouillants. Calme-toi. Tu n'arriveras à rien dans cet état là mon frère. Tu ne pouvais pas savoir ce qui se passait à ce moment là. Il est à des centaines de kilomètres de chez nous, il est normal que nous n'ayons pas été mis au courant tout de suite. Il faut que tu te calme et que tu vois les choses avec du recul mon frère. Tu es un roi, il faut que tu relève la tête et que tu ravale tes inquiétudes. D'accord ? »
Il fronça les sourcils, son frère ne voulait pas connecter leur regard. Il s'évertuait à fixer un point invisible sur le côté avant de laisser échapper un petit son triste qui ressemblait plus à un miaulement désespéré qu'autre chose. Il inspira, les lèvres toujours tremblantes, ravalant ses larmes. Il sembla réfléchir un instant puis se reprit, sans pour autant regarder Philippe.
« Ce n'est pas en tant que roi que j'ai peur. Mais en tant qu'homme. »
Il renifla, ayant un léger soubresaut. Son frère, quelque peu choqué, relâcha sa prise qu'il avait sur ses épaules, lui permettant de se dégager en un petit coup sec, regardant toujours tristement sur le côté. Le brun, peiné par la situation, hésita, mais tendit timidement ses bras, ayant pour réponse un petit regard triste et un reniflement. Prenant cette réponse comme étant affirmative, il enserra son frère dans se bras, le serrant fortement en le sentant l'entourer de ses bras faiblement et enfouir son visage dans son cou. Il le sentit tressauter un peu mais aucunes larmes. Son frère était tout de même un être très fier. Il eut un demi-sourire. Ça lui ressemblait tient.
Les minutes leurs parurent des heures, heures pendant lesquelles les frères s'étreignirent et le roi se calma, détendant ses muscles, récupérant le contrôle de sa respiration, le contrôle de son esprit. Il se décolla un peu de Philippe et hocha la tête en tant que remerciement, puis se détacha totalement de son cadet, maître de lui-même. Il relut rapidement les lettres d'un air sérieux, les yeux perçant, cherchant chaque détail qui pourrait l'aider. Il releva finalement la tête, ayant retrouvé l'autorité royale sur son visage, observant un instant Aurtance qui, bouche bée, n'avait pas bougée. Il se racla la gorge, la rappelant à la réalité, là où elle revint en clignant des yeux. Il s'approcha d'elle sous les yeux attentifs de Philippe. Se plaçant face à elle, il considéra sérieusement la jeune femme et énonça d'une voix sérieuse.
« Comment avez-vous atteint ces lettres ? Je pensais les points de relais de Hollande fermés.
-Et ils le sont sire. J'ai juste certains alliés en Hollande. Ma famille est prête à tout pour son roi. Ils croient en lui. C'est eux qui ont fait passés les lettres et ils sont à la recherche de Guillaume d'Orange ainsi que d'Adrien. Mon roi avait allié ma famille avec votre espion au cas où les choses tourneraient mal. Expliqua-t-elle d'une voix rapide et presque pleine d'espoir. Elle était elle aussi paniquée par la situation. Louis hocha la tête, commençant à monter un plan dans sa tête. Il plaça une main sur son épaule.
-Donc Adrien est rentré au sein du réseau Hollandais. S'assura Louis.
-Oui sire. Il se trouve que mon roi a une grande estime pour votre espion. Elle fronça les sourcils, ne s'empêchant de remarquer. Ce qui est étrange d'ailleurs. »
Pour toute réponse, Louis lui sourit, entendu puis se dirigea en direction de son frère avant, lui souriant, le remerciant d'un regard puis se tourna vers Aurtance.
« Pensez-vous pourvoir retrouver Adrien et ainsi communiquer avec votre roi ? Il reprit son tique, faisant doucement tourner ses bagues.
-Je le pense sire, mais ce sera très compliqué et je pense ne pouvoir en envoyer qu'un nombre limité. Elle baissa un peu la tête et joignit ses mains dans son dos. Je me suis d'ailleurs permis de lui en envoyer une.
-Bien. Sourit Louis. C'était ce que vous aviez à faire. Il souffla. Je pense qu'il est temps d'agir. Ces lettres dates du début du mois et nous en sommes à la fin. Il va falloir faire vite. Aurtance releva la tête, les yeux brillants d'espoir. J'ai décidé d'aller le chercher. »
Elle eu un immense sourire, remerciant mille fois le roi soleil en s'inclinant, promettant de trouver un moyen de contacter Adrien le plus rapidement possible dès qu'il lui aurait répondu. Le monarque hocha la tête et demanda à l'espionne et son frère de le rejoindre le lendemain à la salle de conseil dès neuf heure. Les deux acquiescèrent puis partirent l'un à la suite de l'autre après autorisation royale. Philippe promis à son frère de revenir le voir dans la soirée et celui-ci lui répondit qu'il le rejoindrait dans ses appartements, étant sûr d'y trouver du monde. Philippe eut un petit sourire et rejoignit Aurtance. Une fois la porte fermée, il lui bloqua le passage, la faisant l'observer de travers et hausser un sourcil. Puis, son visage s'éclaira, y laissant passer un fin sourire.
« Si vous vous inquiétez quand au fait que j'hurlerais sur tout les toits que le roi de France peut se montrer faible, je vous répondrai tout simplement que non. Je ne vais pas m'amuser à lui faire perdre du crédit, je ne suis pas là pour ça. »
Le brun hocha la tête, convaincu et satisfait puis rejoignit ses appartements. Arrivant à destination, il sourit en voyant sa femme lire paisiblement sur un canapé rouge tandis que son homme, allongé dans son lit, feuilletait paisiblement le dernier article de la Gazette d'un œil blasé et nullement intéressé, sûrement excédé par la redondance des éloges royales. Philippe ferma la porte, laissant passer un long souffle épuisé qui attira l'attention des deux blondes qui se trouvèrent soudain bien plus intéressés par lui que par leur lecture. Souriant, Chevalier posa son article sur une petite table et sauta du lit, rejoignant son amant avec un grand sourire. Liselotte, témoins de la scène leva les yeux au ciel et reprit son chapitre calmement, bien loin d'imaginer, tout comme le Chevalier, de la tragédie qui avait lieu. Le blond se posa devant lui, l'admirant de ses yeux bleus pétillants, lui montrant bien qu'il attendait quelque chose. Le brun secoua légèrement la tête et laissa échapper un petit rire puis répondit à sa demande en l'embrassant gentiment. Le blond ronronna d'aise et le suivit alors qu'il se dirigeait vers le buffet, se servant un verre de vin rouge. Tout sourire, le blond voulu prendre des nouvelles de la situation, se jetant sur le lit.
« Alors ? Louis a enfin eu des nouvelles du hollandais ? »
Le blond rit, suivit par Liselotte qui continuait sa lecture en écoutant la discussion d'une oreille. Le brun souffla tristement, faisant comprendre par là qu'il n'était pas le moment de rire. Chevalier devint d'un coup sérieux, perdant son étirement de lèvre, amenant Liselotte à lâcher son livre et à en faire de même. Philippe comprit alors qu'ils attendaient après lui. Soufflant, il posa son verre sur la nappe blanche et se retourner vers eux, haussant les épaules.
« Que voulez-vous que je vous dise ? La guerre civile a éclaté, Guillaume est resté jusqu'au bout et a dû fuir, nous avons réussit à débloquer un point de relais car tout les autres sont hors d'atteinte. Nous n'avons aucuns moyens pour le moment de savoir où se trouve Guillaume d'Orange ou même s'il est encore en vie. Ses dernières lettres ont été datées et on voit qu'elles ont été écrites au début du mois et nous venons à peine de les recevoir ce matin. La dernière était un appel au secours. Juste une phrase. Il les observa un instant, ils voulaient en savoir plus. Il souffla, lâchant prise. Ils finiraient bien par le savoir un jour où l'autre de toute façon. « Viens me chercher. » Voilà ce qu'il y avait écrit. »
Ses deux compagnons le regardèrent, choqués, étant loin d'imaginer que la situation était aussi grave. Philippe fit une moue préoccupée et finit son verre de vin rouge d'une traite puis le reposa, soufflant. Il réfléchit un instant. Comment atteindre le roi hollandais ? Si évidemment, ils arrivaient par n'importe quel miracle à pouvoir rétablir un lien épistolaire avec l'homme d'état, il faudrait aller le chercher. Mais comment ? Discrètement avec une petite poignée d'hommes ? Un homme seul et que le monarque connaît ? Avec une petite armée au cas où une attaque se ferait ? Avec une armée entière pour mater la rébellion ? Il tiqua. C'était une très mauvaise idée. Mater la rébellion maintenant et surtout, sans plan, n'était pas ce qu'il y avait de mieux. En effet, peut-être fallait-il ramener le jeune homme qui devait être en ce moment même, terrifié. Peut-être que le ramener en France était la meilleure idée pour le moment. Nouveau verre de vin, il était stressé. Un coup d'œil vers sa femme qui lui lançait un regard réprobateur et il souffla en écartant son verre. Peut-être que l'énerver n'était pas une bonne idée non plus. Et puis, elle avait raison, boire ne l'aiderait en rien, il fallait qu'il ai l'esprit clair pour pouvoir au mieux réfléchir.
Il s'approcha d'elle et lui sourit, embrassant le dessus de sa tête. Il s'assit ensuite à ses côtés, mettant une main dans la sienne. Elle tourna la tête, fuyant tristement son regard, lui amenant un air peiné sur le visage. Il savait qu'elle n'allait pas au mieux en ce moment, ce qui lui rappela que la Hollande n'était pas son seul problème. Sa femme avait perdu leur enfant. Il lui caressa la joue, sentant qu'elle se retenait de pleurer, parfois la bonne figure était compliquée à garder. Il fit disparaître uns larme qui s'échappait, le faisant sourire tristement alors qu'elle faisait de même.
« Je suis désolé…Dit elle tout en tentant de se calmer.
-Ce n'est rien ma grande, ce n'est pas de ta faute. Il lui parlait calmement et lui embrassa le front. Ce n'est pas toi qui contrôle ce genre de chose. »
Elle hocha la tête, reconnaissante et sembla soulagée d'un poids. C'est vrai qu'avec son frère qui lui demandait d'être constamment à ses côtés, ils n'avaient pas réellement eu le temps d'en parler. Elle lui sourit plus volontiers. Alors elle avait eu peur en plus de pleurer la mort du bébé. Le brun comprit. C'est vrai qu'elle avait dû ressentir un stress, en tant que femme elle avait du apprendre que la présence d'un héritier était le plus important lors d'un mariage, et comme il n'avait eu que deux filles… Elle sembla hésiter et lui demanda d'une petite voix.
« Penses-tu qu'il serait possible de…Elle chercha ses mots, la tête sur le côté et revint vers lui. Recommencer ? »
Philippe laissa échapper un rire en voyant Chevalier se redresser et les fusiller l'un comme l'autre du regard avant de se recoucher en grognant. Le brun eut un sourire, fixant son amant gentiment puis revint sur sa femme, l'amusement toujours bien visible et partagé. Il redevint sérieux et lui répondit d'une voix complice.
« Je pense que l'on pourrait s'arranger. Il lui embrassa de nouveau le sommet du crâne et se releva, lui demandant tout de même soucieux. Mais ça ira pour toi ?
-Oui. Souffla-t-elle avec un petit sourire. Il faut bien que je continue à vivre et je savais bien que c'était un grand risque. Ça va aller, ne t'en fais pas. »
Il hocha la tête. Ça femme était forte, bien. Il se tourna vers son lit et s'assit aux côtés d'un Chevalier boudeur. Secouant légèrement la tête en signe de négation, il posa une main sur son dos pour le forcer à se retourner vers lui. Le blond accepta, lui dévoilant une mine vexée, ce qui fit rire légèrement le brun, levant les yeux au ciel, il l'embrassa légèrement et se fit répondre avec plus de passion. Une fois détaché, il observa son homme amoureusement.
« Tu es jaloux ?
-À ton avis. Répondit le blond, boudeur. Philippe lui passa une main dans ses cheveux, les caressant distraitement.
-On en a déjà parlé… Soupira le prince, compréhensif mais en même temps lassé.
-Je sais… Répondit l'amant avec tristesse et amertume. Je n'arrive pas à m'y faire.
-Ne t'en fais pas. Philippe lui embrassa le front. Je ne t'oublie pas. »
Il rit et sauta du lit pour aller en direction de la fenêtre, rapidement suivit par son blond qui l'enlaça par derrière pour mettre sa tête sur son épaule. Le brun ne dit rien, soufflant de nouveau en observant la forêt qui s'étendait derrière les grilles d'or. Qu'allaient-ils faire maintenant ?
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Adrien ferma vivement la porte, enlevant son manteau trempé par la pluie, un petit papier dans le même état dans la main. Il salua le conseiller qui les avait suivis et s'approcha du roi qui leur tournait toujours le dos. Il se plaça derrière lui, reprit son souffle et énonça d'une voix enthousiaste et pleine d'espoir.
« Sire, votre majesté. Nous avons des nouvelles de France. Votre espionne a transmis un message. Un point de relais a été transmis par sa famille et nous permettrait de communiquer avec eux. Elle nous enverra un nouveau message bientôt. Ils viennent de recevoir les lettres et aux dernières nouvelles, elle les a amenées à Louis. »
Il attendit. Aucune réponse, aucun mouvement, même pas un frémissement d'épaule. Adrien laissa retomber son espoir, laissant le papier sur la table, faisant un signe de négation au conseiller. Leur roi resterait dans son mutisme, il ne servirait à rien d'insister. L'espion se retint contre le mur, parlant un peu avec le conseiller pour passer le temps, en attendant le prochain message ou la prochaine lettre.
Toujours dans son mutisme, Guillaume assimilait les idées reçues par le message d'Adrien. Ils avaient reçu ses appels au secours, enfin. Une larme lui échappa, enfin. Un soulagement l'emplit peu à peu, mais il ne bougea pas pour autant. Il préférait rester là, comme si son instinct le prévenait qu'à tout moment, il mourrait. Mais même s'il ne le montrait pas, il commençait à être soulagé. Et pour la première fois depuis bien longtemps et tout un mois, des larmes coulèrent le long de son visage creusé de sillions par la fatigue et bleuis par les cernes. Il allait être sauvé, Louis viendrait le chercher. Il tut l'empressement de cet espoir. Il ne fallait pas se sentir sauvé tout de suite, après tout, tout pourrait très vite changer.
La porte de la cabane s'ouvrit, laissant passer une silhouette habillée de blanc et de noir. Quand on parlait de changement.
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Ils avaient enfin réussi à le localiser, après quatre semaines de dur de recherche et de contact très rares avec le pays voisin, ils détenaient enfin la réponse la plus dure à avoir, la région dans laquelle se trouvait le jeune roi. La tâche fut des plus ardue, Philippe s'en souviendrais longtemps et son corps aussi qui le punissait actuellement en l'assommant de fatigue. Il souffla en se laissant retomber dans le siège, heureux d'avoir enfin réussit à déchiffrer les codes en compagnie de Marchal et d'Aurtance. Adrien et la famille de la Veine étaient fort sympathiques et l'idée d'écrire en code et en énigme pour qu'on ne puisse pas lire les messages était certes intelligente mais se trouvaient-ils dans l'obligation de les faire si dur ?
Bon, il n'y avait plus à se le demander, ils venaient de les déchiffrer, et c'était pour le mieux. Ils détenaient la réponse qu'ils voulaient. Le roi venait de bouger il y a deux jours pour atteindre le lieu où Louis et lui s'étaient tenus en tête à tête pour la première fois. Il ne manquait donc plus qu'à utiliser la mémoire de son frère pour pouvoir trouver le roi de Hollande. Ça ne devrait pas être trop dur.
Il se leva, remerciant Aurtance et Marchal puis se dirigea, papiers en main, vers les appartements royaux.
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« Entrez. »
Sa voix stricte résonna et son frère apparu, lui amenant une moue rieuse. Depuis quand toquait-il ? Philippe compris bien ce que pensait son ainé et eu un sourire fataliste en faisant claquer ses bras sur ses flancs. On ne pouvait se refaire pour certaines situations. Reprenant son sérieux, il s'avança vers le roi soleil et posa les papiers sur la table. Après un petit regard vers Philippe, Louis prit les traductions de code et les lut puis eu un sourire nostalgique. Au moins, il le savait en sécurité, personne n'irait attaquer une Église. Il hocha la tête et demanda à son frère de s'asseoir, se plaçant face à lui. Bon, la discussion importante allait avoir lieu, il fallait prévoir un plan d'attaque.
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D'une démarche rapide, le châtain atteint la salle de conseil dont il poussa les lourdes portes, s'immergeant dans un décor finement décoré tout en étant étrangement épuré. Ils venaient de changer les tentures pour des couleurs plus sobres. Il revint sur le sujet. Penser tissus n'était vraiment pas sa priorité.
Il atteint sa place et se tourna vers l'assemblée, les codes et traductions l'attendait et son frère ferma la porte, le rejoignant en quelques pas. Il hocha la tête en sa direction, sérieux, et se tourna enfin vers son assemblée. Louvois et Colbert semblaient inquiets, sûrement ne savaient-ils pas pourquoi ils étaient là. Bontemps, à se côtés, le regardait, ignorant des dernières nouvelles qui se trouvaient plus ou moins bonnes au vu de la situation dans laquelle ils étaient. Marchal, droit, attendait l'autorisation pour commencer à lui exposer ses idées. C'est bien, il voulait en venir à l'essentiel. Le plus rapide et efficace était forcément la meilleure idée. Il hocha la tête. Tout le monde se trouvaient présents, les éléments étaient sur la table, bien, la réunion pouvait alors commencer.
« Asseyez-vous messieurs. Et mademoiselle. »
Dit-il en se tournant vers Aurtance que tout le monde dévisageait. N'était-elle pas une espionne ? Et qu'est-ce qu'une femme fait ici, au plus près du roi, à la place que devrait occuper un conseiller ? Et pourquoi ni Marchal, ni Monsieur, ni même Bontemps s'en retrouvaient dérangés ? Ils turent leurs pensées, après tout, les choix du roi n'appartenaient qu'à lui.
Louis se racla la gorge, amenant chaque regard vers lui, après qu'il se soit assis et qu'il eut croisé ses bras sur la table.
« Bien, vous connaissez les nouvelles. La Hollande est en guerre. Une guerre civile qui vise à déchoir son roi. Le peuple hollandais et certains soldats, nobles ou même conseillers de confiance ont prit les armes, poussant leur roi à la fuite dans un endroit où ils ne le retrouveront pas. Tout d'abord, messieurs, je veux que tout ceci reste pour le moment confidentiel. Il faut que l'on parle aux tables de jeu ainsi qu'aux salons qu'une alliance entre la France et la Hollande est la meilleure idée qui soit car ensemble, les deux pays conquerront le monde. Me suis-je bien fais comprendre ?
-Oui sire.
-Quelques tensions dans le pays de Guillaume d'Orange et une guerre civile couve tout de même. Déclara finalement Louis, étonnant Louvois ainsi que Colbert qui prit la parole.
-Vous voulez que l'on dise ça aussi sire ?
-Oui, le moment venu il ne faudrait pas que la cour sente qu'on lui a caché trop de choses. Sinon, elle va se poser des questions. Il ne faut pas qu'elle pense que son roi lui cache des choses, il faut qu'elle soit en petite partie au courant en pensant qu'elle sait tout. Il tourna la tête vers Philippe. Penses-tu pouvoir faire circuler cette information de cette manière ?
-Je pense que j'en suis capable. Répondit Philippe avec une petite moue d'évidence.
-Excusez-moi sire. Coupa Louvois, s'attirant le regard de son monarque.
-Oui, Louvois ?
-Vous parliez de… Moment venu ? Que voulez-vous dire par là ?
-Mon frère partira chercher Guillaume d'Orange et le ramènera en France. En tant qu'allier je lui ai promis une protection et malheureusement, je n'ai pas pu envoyer d'armée. Louis haussa la voix avant de nouveau se faire couper par le gros homme, faisant comprendre d'une voix tranchante qu'il avait prit sa décision. Et il est trop tard pour avoir l'avantage sur les rebelles en laissant leur roi dans le pays. Nous parlons d'une vraie guerre civile messieurs. Le château a été déserté. »
Un silence lourd s'abattit sur l'assemblée. La situation était vraiment critique. Les conseillers hochèrent la tête, comprenant le choix important de leur majesté. Louis fut quelque peu soulagé, ils n'étaient pas trop dur à convaincre ce matin. Il reprit donc d'une voix calme mais tout de même directive et décidée.
« Bien. Mon frère partira donc en votre compagnie Aurtance. La jeune fille se tourna vers lui alors que tout le monde la fixait.
-Moi, sire ?
-Oui, vous avez été envoyé par Guillaume d'Orange. Vous êtes donc une espionne hollandaise. J'imagine donc que vous connaissez la Hollande comme vote poche maintenant et que vous pourrez trouver des raccourcis pour atteindre notre but le plus rapidement possible. Elle hocha la tête.
-En effet, sire, je le peux. Il la remercia d'un regard.
-Bien, nous enverrons cinq hommes en plus. Au cas où un problème viendrait. Par soucis de discrétion, je ne peux pas en envoyer plus. Marchal, pensez-vous pouvoir nous en fournir ?
-Oui, sire. Répondit l'homme de main, droit et sûr.
-Bien. La mission sauvetage commencera demain. Par soucis de discrétion encore. Il se tourna vers Aurtance. N'envoyez pas de message où dites simplement que nous ne pouvons pas arriver avant…Il réfléchit. Trois semaines.
-Bien, sire. Répondit-elle, sérieuse.
-Je crois que c'est tout. Préparez-vous à une nouvelle guerre. Rompez messieurs, je vous libère. »
Un bruit de chaises raclant le sol se fit entendre, et une foule d'hommes habillés de noir au collerettes blanche se levèrent, quittant petit à petit la salle. Philippe se posta devant son frère.
« Louis, je veux bien colporter des informations, mais je ne peux pas le faire en un soir. Lui dit Philippe, faisant quelque peu rire son ainé. Il avait une idée derrière la tête.
-Toi, non, mais je connais un homme dans ton entourage qui pourrait le faire sans problème mon frère. »
Il lui tapota l'épaule, un sourire entendu peint sur le visage et il partit en souriant, fier de cette réunion avant de se faire arrêter de nouveau par la voix haussée de son cadet.
« Tu parles de Chevalier ?
-Qui d'autre ? »
Clos Louis en quittant définitivement la salle, engagé dans le couloir. Philippe souffla. Bien, il avait du travail.
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Foulant enfin la terre hollandaise, Philippe souffla enfin, profitant de ce petit instant. Il n'allait plus avoir de moment de pause, il fallait se dépêcher, Louis ne voulait pas qu'ils traînent et lui non plus d'ailleurs. Il fit un sourire à Aurtance, se détendit le dos et partit, faisant signe à ses hommes de les suivre, allant à la suite de la jeune femme.
Ils marchèrent longtemps, pendant une nuit entière, des heures à coller leurs bottes dans la boue, les marécages, la terre vaseuse. S'enfonçant toujours plus, ils rencontrèrent leur premier hôte. La pluie. Les cheveux s'inondèrent, la vue devint floue dû aux gouttes qui s'infiltraient dans leurs yeux. Leurs muscles se tendaient, s'étiraient, se crispaient par moment, subissaient la lourde conséquence d'une longue marche. Ils prévinrent, firent mal, mais personne de semblait les écouter, même les plus douillets. Ils n'avaient pas le temps. Il fallait qu'ils arrivent le plus vite possible. La vie du jeune roi pouvait à tout moment en dépendre. Même si le peuple avait un respect certain pour la religion, ça ne les empêcherait pas d'en détruire les portes pour tuer l'homme qu'ils recherchaient. Bon, déjà, ils avaient un peu de répit, ça n'allait pas être les bonnes sœurs qui allaient tuer un homme.
Après la pluie, la vase, la boue, de nouveau marécage, mais pas une trace de beau temps, seulement une nouvelle menace pluvieuse. Ils fatiguaient, mais continuaient à marcher. Soudain, une promesse de repos vint à eux. L'église de pierre blanche, enfin. Ils toquèrent à une lourde porte de bois, se faisant ouvrir une vieille dame au traits plutôt aigris. Ils se présentèrent, la faisant hocher la tête et elle les laissa entrer, les prévenants qu'il fallait arrêter de mêler leur lieu de paix aux guerres, ce à quoi ils répondirent d'un hochement de tête entendu. Rapidement, une jolie jeune femme enrubannée de blanc et de noir les rejoignit, les guidant sans un mot vers une pièce plutôt grande où brûlait calmement du petit bois. Leurs manteaux trempés furent récupérés et amenés près du feu pour être réchauffés.
Quittant ses hommes avec un sourire, Philippe s'avança vers la grande cheminée, frottant ses mains et soufflant dedans pour espérer les réchauffer. Il soupira du au froid et après un frisson le long de sa colonne vertébrale, il décida de regarder la pièce à la recherche d'une présence hollandaise.
Il fronça les sourcils, remarquant une couverture recouvrant le dos de ce qui semblait être un homme recroquevillé sur lui-même, un peu lointain et placé sur le rebord d'une fenêtre. Il s'avança de deux pas qui se voulaient feutrés dans cette direction avant de se faire arrêter par un jeune homme essoufflé et presque euphorique.
« Je suis Adrien, l'espion français, j'ai été envoyé pour rester auprès de Guillaume d'Orange. »
Philippe lui adressa un hochement de tête et un sourire reconnaissant. Il lui présenta Aurtance qui venait des les rejoindre et expliqua à l'homme qu'ils partaient tous ensemble, ce qui lui enleva le poids qu'il avait sur l'estomac, se disant que leur calvaire serait bientôt fini. Il indiqua finalement assez tristement où se trouvait le roi en question.
« Il n'a pas bougé depuis que nous sommes arrivés ici et ne parle plus. Il n'a rien prononcé et se terre dans ce mutisme dès le moment où l'on a quitté le château en courant. Je m'inquiète Monsieur, il ne mange que le strict minimum et on doit le forcer à boire. De Wincher a peur aussi et ne veut pas risquer la vie de son roi.
-De Wincher ?
-Oui, un homme qui est venu avec nous, un conseillé qui est resté de notre côté. »
Philippe hocha la tête puis s'approcha de l'homme d'État, mettant une main sur son épaule. Il ne répondit pas, inquiétant le brun. Le prince tourna la tête vers Adrien qui lui fit un geste de négation, puis souffla. Ça allait être long.
Soudain, il sursauta, éclair venait de déchirer le ciel, faisant gémir très faiblement le hollandais qui se recroquevilla et se crispa, fermant ses yeux fatigués comme s'il voulait fuir quelque chose. Il semblait ailleurs, hors de tout, le roi fier avait peur, comme s'il était resté las bas, dans ce château qui devait être assiégé tout comme il devait être asséché. Philippe, le visage peiné, lui caressa l'épaule, voulant être rassurant.
Il regarda le ciel alors qu'une autre zébrure déchirait le ciel. Il retint un soupire de tristesse alors que Guillaume se crispait. Louis n'allait plus le reconnaître, son homme d'Orange.
Note de l'auteure : Voilà ! Le chapitre 7 est finit ! Alors ? Alors ? Bon, j'espère qu'il vous aura plut et que vous serez là pour les prochains ! J'adore écrire cette histoire, j'ai la fin en tête et plein plein d'idées pour la suite ! Je ne vous quitte avec cette grosse connerie qui était un délire transformé en quatre chapitres ! Je vous adore et espère vous retrouvez dans les commentaires. Bah quoi, je veux être payée moi !
Big bisous à tous et à toutes mes lapins vendéens de l'Everest du sud de l'orangeraie !
