-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-

Disclaimer : Je ne tire profit, en aucune façon, de cette histoire. L'univers MARVEL COMICS et l'univers MARVEL STUDIO sont la propriété de trop de monde et c'est tellement complexe que je ne veux pas faire de bêtise en mettant un propriétaire DC Comics surtout maintenant que SpiderMan appartient aux deux… Donc ils appartiennent à leurs propriétaires et voilà. Je ne retire rien de l'histoire qui suit et tous les droits de création des personnages leur appartiennent.

Rating : Pour tous ceux qui veulent / peuvent lire du Marvel.

Genre : Pour ce chapitre : Friendship.

Personnages : Loki – OC.

Situation temporelle : Après Thor – The Dark World.

Changements de situation : Aucun.

Date : 22 janvier 2015.

-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-

Eh bien voilà le second jet, avec trois jours d'avance, c'est incroyable ! Je suis en a-van-ce ! Ju', si tu lis ceci, pas taper, je bosse sur la quête depuis trois jours, j'ai écrit… oh, au moins tout ça… Mais Tom me parle plus que Richard ces temps-ci… *soupir désespéré*… Tom

À la base, cet OS résulte d'un challenge d'écriture initié sous l'enseigne du FoF, forum francophone, situé à l'adresse suivante : w w myforums/Forum_francophone/577456/"

Les mots de ce challenge étaient : Poste, Langue, Chouette, Penderie, Réfrigérateur, Forum, Griller, Tyrannosaure. Ils sont soulignés dans le texte. Cette fois, c'est du tyrex dont j'ai honte et de la langue aussi.

Le contenu des lettres est en italique, le reste est de la narration.

-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-

Bonne lecture

CHAPITRE 2

-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-

Le Dieu de La malice s'était toujours senti fier de sa capacité à se maîtriser, quelles que soit les circonstances. Très tôt, dès l'enfance, il avait appris à ne plus réagir aux incessantes piques et provocations en tout genre de son frère, qui croyait que la force physique faisait tout – pauvre idiot. Les siècles passant, il avait acquis une véritable apparence de glace, se maîtrisant quelles que soient les circonstances. Les muscles de son visage, de ses épaules, de ses mains, son dos… son corps ne le trahissait jamais. Il arrivait même, lorsqu'il ne s'agissait que de proférer un mensonge, à empêcher ses pupilles de se dilater.

Bien évidemment, personne n'était au courant de tout ceci. Et cela était frustrant, parce qu'il ne pouvait bien évidemment s'en venter à personne. Malgré tout, la joie procurée par la manipulation était bien supérieure à cette frustration.

Ce qui le chiffonnait plus, en revanche, c'était que ces dernières années, il s'était plusieurs fois laissé aller. Devant le Père-de-Toute-Chose, lorsqu'il avait appris ses origines ; Sur Ásgard, alors qu'il sentait que la situation lui échappait ; Lorsqu'il lui avait fallu combattre Thor ; sur Midgard, alors qu'il sentait – une fois de plus – la situation lui échapper ; Lorsqu'il avait cru mourir dans les bras de celui qu'il avait recommencé à appeler frère… Et depuis qu'il avait découvert qu'un misérable insecte de Midgard pouvait lire en lui comme dans un livre ouvert.

C'était là où le bât blessait.

Car Loki, s'il était en apparence de marbre, ressentait les émotions vivement, plus vivement que les Asgardiens. On avait souvent reproché à Odin et ses prédécesseurs un manque de compassion, d'enthousiasme, de bienveillance, et de manière générale, d'empathie. Les théories les plus farfelues avaient été émises, mais la réalité était bien pauvre en imagination. Les habitants d'Ásgard n'étaient simplement pas capables de ressentir les émotions fortement.

Le jeune Dieu, donc, avait toujours fortement ressentit les émotions. Il les avait emprisonnées en lui, pour ne plus être la cible des railleries des autres enfants, qui le moquaient en voyant combien il pouvait réagir fortement aux émotions. Il s'était souvent demandé, depuis qu'il connaissait ses origines, s'il aurait pu mieux apprendre à se connaitre, savoir s'où venaient ses différences et ne pas se demander sans cesse ce qui n'était pas normal chez lui, s'il avait su dès qu'il avait été en âge de comprendre, qu'il avait été adopté.

Il vivait constamment avec un maelstrom d'émotions, de sentiments, de ressentiments, en lui, qu'il gérait plus ou moins bien selon les jours. Ils pouvaient devenir oppressants, inquiétant, projetant sur le Dieu leur ombre terrifiante, menaçant sans cesse de faire écrouler la forteresse d'indifférence si durement construite.

Savoir qu'une pauvre humaine avait connaissance de tout cela lui faisait peur. Il avait vécu sur le qui-vive durant plus d'une lune, se demandant à quel moment Thor allait lui tomber sur le dos. Mais les jours avaient passé, et rien ni personne n'était venu le déloger de son trône. Il avait alors réussis à se calmer – un peu – et avait décidé de répondre à cette femelle.

Si elle lui était sincèrement dévouée, alors elle serait sans doute ravie qu'il lui réponde, ainsi elle supposerait qu'elle avait une quelconque importance pour lui, et il la tiendrait sous sa coupe, pour peu qu'il fasse attention à ce qu'il dise – écrive. Mais n'était-il pas le Dieu du Mensonge ? N'était-il pas Langue-de-Serpent, Langue-de-Vipère, Langue-fourchue ?

-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-

Salomé éteint paresseusement son réveil, s'étira, puis s'assit sur le bord du lit dans un grognement. Elle releva brusquement les jambes lorsque la plante de ses pieds frôla le sol froid. Elle chercha ses pantoufles, avant de soupirer et de reposer ses pieds nus sur le carrelage.

Elle s'étira de nouveau une fois debout, pris la direction de la salle de bain. Une vingtaine de minutes plus tard, elle en sortit, douchée, coiffée et maquillée légèrement. Elle ouvrit sa penderie, en tira les premiers habits qui venaient – ce n'était pas comme si elle avait le choix. Au QG du SIELD, il fallait être habillé en tenue d'intervention tout le temps, au cas où on aurait besoin de vous. Qu'on sache ou non se battre n'était pas la question – et s'habilla rapidement. Elle prit la direction de la cuisine, sortit le pain du placard, en mit une tranche à griller, puis elle se dirigea vers le réfrigérateur duquel elle sortit le beurre et le lait.

Elle déjeuna rapidement, voulant profiter de la petite heure de calme dont elle disposait pour se promener dans le dédale de couloir en croisant le moins de monde possible. Alors que depuis qu'elle avait envoyé cette lettre, le Dieu de la malice était passé par une franche panique mêlée de rage, puis une inquiétude diffuse, enrobée de frustration, elle avait été interpellée la veille par une sorte d'excitation provenant du Dieu de la Malice et elle voulait se concentrer dessus afin d'en apprendre plus.

Elle se brossa rapidement les dents et s'apprêtait à sortir lorsqu'un éclair aveuglant extrêmement rapide l'arrêta. Elle récupéra sa vue au bout d'une vingtaine de secondes et repéra un morceau de papier sur son bureau en même temps qu'elle sentit que Loki était pris d'un accès d'inquiétude plus violent.

Les doigts tremblants, elle se saisit du morceau de papier et l'ouvrit.

-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-

Salomé Harley,

Comme vous l'avez sans doute sentit, vous m'agacez profondément.

Voici deux lunes que votre missive m'est parvenue, et personne n'est venu se plaindre de mon usurpation d'identité, j'en déduis que, comme indiqué dans votre lettre, vous m'êtes « dévouée ».

Vous voulez donc me distraire. Très bien. Avec ce mot, je vous ai transféré un petit objet, une gemme émeraude, que j'ai moi-même ensorcelée, qui apparaîtra lorsque vous aurez fini votre lecture. Vous la prendrai dans votre main et vous lui donnerez un mot de passe, en quatre syllabes. Vous patienterai quelques minutes jusqu'à ce qu'une légère lueur s'en dégage. Elle sera alors prête à l'emploi.

J'ai, de mon côté, sa jumelle, qui s'illuminera à son tour lorsque la vôtre sera active. Une seconde missive de ma part vous arrivera par ce biais bien plus sécurisé que les deux premiers papiers.

Odin, Roi d'Ásgard, souverain des Neuf Royaumes.

La jeune femme sentit son souffle se couper. Il lui avait répondu. IL LUI AVAIT REPONDU !

Un éclat verdâtre du côté de son bureau attira son attention. L'émeraude était arrivée. Elle la prit dans sa main et l'approcha de sa bouche.

« L.O.K.I » épela-t-elle – sans même y réfléchir – les lettres du Dieu, qui formèrent les quatre syllabes du mot de passe.

Elle passa les trois minutes et demi suivantes à regarder la pierre comme si elle était la huitième merveille du monde. Puis une nouvelle lueur verte émana de la gemme, qui brilla une dizaine de secondes, avant de se mettre à chauffer brutalement. De surprise, Salomé la lâcha. La pierre tomba sur la chaise de bureau et rétrécit rapidement, alors qu'une chainette dorée se déroula de part et d'autre de l'émeraude. Enfin, la lueur s'estompa et Salomé tendit une main hésitante vers la gemme transformée en pendentif. Elle le passa autour de son cou, la pierre retombant entre ses clavicules, sans se demander si c'était un piège. Elle n'avait pas confiance en lui, mais s'il voulait la tuer, alors il y arriverait. Oui, c'était stupide. Mais c'était ainsi. Et en toute honnêteté, elle était dans un tel état second que rien n'avait plus d'importance, hormis cette pierre autour de son cou. Et puis, trouvez un tel pendentif dans une bijouterie, vous y passeriez trois de vos salaires !

Rien ne se passa durant quelques instants, puis la pierre chauffa de nouveau, moins violemment. Posant une main par-dessus le pendentif, elle souffla les quatre syllabes du mot de passe. La gemme émit une nouvelle fois une lueur verte et un papier tomba à ses pieds. Elle se précipita dessus, l'ouvrit avec fébrilité et retint son souffle sans même s'en rendre compte.

Vraiment, vous ne manquez pas de toupet. Oser vous adresser ainsi à moi est d'une irrévérence magistrale. Je vous aurais sous la main, je vous ferais exécuter sans sommation pour ce que vous avez fait.

Malheureusement, ce n'est pas le cas et, pire encore, vous savez que la colère que je ressens envers vous n'est qu'une faible part des émotions qui m'ont animé depuis que j'ai connaissance de votre existence. Et vos capacités surhumaines sont en réalité les seules choses qui m'ont fait vous détester.

Je vous hais de m'obliger à me montrer sous mon vrai jour devant vous. Je ne peux rien vous cacher, quand bien même mes pensées vous sont inaccessibles, je suis trahi par mes émotions. J'ai passé ma vie à apprendre à me cacher des autres et voilà qu'en quelques secondes tout a volé en éclat. Je me suis senti mis à nu, complètement, et la peur qui m'a assaillie a été si violente que j'ai dû me retirer de la vie d'Ásgard quelques jours.

Même s'il est vrai que j'ai ressentit un certain amusement quant au contenu de votre papier, la peur et la fureur l'ont largement emporté à la fin de la lecture de votre lettre. Si vous vous demandiez quelle était la cause de mes émotions violentes, vous en savez désormais la raison. C'est vous.

Et malheureusement pout moi, je ne peux nier le soulagement qui m'a envahi lorsque j'ai compris que vous ne me trahiriez pas. La solitude me pesait encore plus que l'ennui, comme vous le savez, et j'ai l'impression de mieux respirer depuis deux lunes. Mais vous en avez aussi connaissance. S'en est insupportable, j'évite de trop y penser. Quoi qu'il en soit, je m'ennui assez aujourd'hui pour oser entamer une correspondance avec une insignifiante humaine telle que vous.

Après réflexion, j'ai décide de vous laisser la totale liberté de vos mots. Vous pouvez tout me dire ou me demander, tant que cela reste dans les convenances. De toute manière, si vous dépassiez les limites, je n'ai qu'un sort à lancer et le bijou que vous portez désormais à raz du cou vous tuera extrêmement rapidement. Estimez-vous privilégiée, votre mort sera sans douleur. Et, au cas où vous le demanderiez, vous ne pourrez plus enlever le pendentif. Aucun outil sur Middgard ne pourra le détruire sans vous endommager vous-même.

Que votre distraction soit à la mesure de mes attentes,

Loki, Roi d'Ásgard.

-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-

Salomé, une fois le dernier mot lu, repris sa lettre du début. Elle n'arrivait tout simplement pas à y croire. Elle allait correspondre avec un être plurimillénaire, dont les pouvoir, la force et l'intelligence dépassaient toutes les normes connues sur Terre, rien de moins. Elle se sentait comme un enfant devant une montagne de cadeau. Pourtant, ses sentiments étaient plus profonds. Elle eu un accès de profonde bienveillance envers le Roi.

La jeune femme se leva, touchant du bout des doigts l'émeraude. Un intense sentiment de satisfaction s'empara de son cœur et il lui fallu quelques secondes avant qu'elle comprenne qu'il ne venait pas d'elle, mais de Loki. Elle s'en amusa, un sourire venant effleurer ses lèvres. Elle prit la direction de son bureau.

Cinq petites minutes plus tard, elle fut arrêtée par Phil Coulson alors qu'elle arrivait dans son bureau. Il l'entretint à propos de la réunion de l'après midi dont le sujet principal serait : doit-on intégrer de nouveaux membres aux Avengers ? Autant dire que Salomé s'ennuyait déjà.

Elle rentra finalement dans son bureau. Elle s'assit devant son ordinateur et finit de taper son rapport de la veille. Elle se promena ensuite sur différents forums où elle avait ordre de tenter de repérer de potentiels terroristes – beaucoup d'incertitudes dans ce boulot là ! – avait-elle rétorqué à Fury.

Elle passa plus de trois heures sur internet, et s'arrêta lorsqu'elle se rendit compte que ses yeux se posaient plus souvent dans le vide que sur l'écran. Elle se leva, s'étira, et son regard accrocha une série de dessins clairement enfantins accrochés au mur. Une maison avec un étang, un chat, trois personnes qui se tiennent la main, une voiture, un tyrannosaure.

Vestiges d'un passé révolu, pensa-t-elle.

Elle aurait dû aller manger. Il était presque treize heures et son ventre grondait. Mais la vue de ces dessins, ajoutée à cette inquiétude qui n'avait toujours pas quitté le Dieu, la poussèrent à s'installer derrière son bureau. Elle ferma les yeux quelques secondes, prenant le temps de se rappeler les images de Loki, les photos qui avaient fleuri au moment de sa tentative d'invasion. Elle se rappela ce qu'elle avait lu sur lui, de la mythologie nordique de la Terre, ce qu'il avait fait, ce qu'il pourrait provoquer. Puis elle pensa à sa vie à elle. Ce qu'elle avait fait, ce qui était arrivé, ce qu'elle aurait aimé qu'il se passe.

Elle prit un papier et un stylo, et commença sa réponse.

-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-

Avons-nous une destinée ?

Nous pourrions être tellement de choses, tellement de personnes différentes. Pourquoi sommes-nous… qui nous sommes ? Nos choix nos définissent. Ils n'autorisent pas les autres à nous juger, malgré tout.

Mais pourquoi avons-nous fait un choix plutôt qu'un autre ?

Pourquoi ?

Quelqu'un nous guide-t-il ou sommes-nous réellement libres ?

Si nous sommes libres, pourquoi un choix plutôt qu'un autre ? qu'est-ce qui nous décide ? Notre environnement ? Notre expérience ? Notre éducation ? Notre vécu, de manière générale, non ? Alors, puisque nous avons été conditionnés, en un sens, sommes nous vraiment libres ?

Sommes-nous libres ? Pourquoi y a-t-il tant de religions différentes ? Tant de Dieux ? Pourquoi chaque minute qui passe nous impose de faire des choix ? Continuer à marcher. S'arrêter. Tendre une main secourable. Dire bonjour. Sauver une vie, ou la condamner. Tuer un innocent, sauver un coupable. Enfermer sa conscience qui nous hurle qu'on a tord – pourquoi notre conscience se laisse-t-elle si aisément corrompre ? – alors que nous donnons des ordres qui nous répugnent, des ordres reçus d'un plus haut qui lui-même les a reçu… Donner un ordre contraire à nos convictions – saleté de conscience ! – Tuer un homme parce que c'est lui ou vous, et vous en vouloir parce que vous avez l'impression de ne pas regretter assez votre geste mortel. Regarder un animal dans les yeux au moment où vous allez l'abattre et baisser votre arme parce qu'il n'a rien demandé d'autre que de le laisser vivre en paix, alors qu'on assassine des enfants qui eux non plus n'ont rien demandé.

Pourquoi rencontrons-nous certaines personnes, et pas leurs voisins, parents, enfants, cousins ? Qui place les personnes que nous rencontrons sur notre route ? Pourquoi chacune de ses personnes a quelque chose à nous apporter ? Pourquoi doit-on accepter que même le mal incarné, lorsque nous le côtoyons, nous aide à devenir la personne que nous sommes destinées à devenir ?

Et revoilà le destin. Que vient-il faire ici ?

Pourquoi vivre sa vie d'humain – ou d'Àsgardien, ou de Jötunn ? Pourquoi se battre chaque jour pour réussir à vivre la vie qu'il nous plairait d'avoir si, à la fin, on comprend que tout a été écrit d'avance et que nous arrivons là où on nous avait demandé d'aller ? Et si nous nous en rendons compte avant la fin ?

Je ne sais plus. Ai-je jamais su la moindre chose importante ? (Je vous prierais de garder vos sarcasmes pour vous, merci. Je sais combien je suis insignifiante. Je m'en contre fiche !)

Je me suis laissé submerger, aujourd'hui, par les questions que j'ai appris à refouler chaque jour depuis que j'ai compris que les très rares personnes qui auraient pu me guider un peu, je ne les rencontrerais jamais. Malgré tout, dans les moments de doutes, ces questions ressortent. C'est peut-être bien la première fois que je les partage, depuis que je suis considérée comme une adulte.

Je n'ai pas vraiment peur de tout ça malgré tout. Je ne sais pas pourquoi non plus…

Parfois, je n'ai pas l'impression d'être du même monde que les gens que je côtoie. J'ai le sentiment que je n'ai rien à faire parmi cette masse grouillante sans cervelle, qui a décidé il y a des siècles qu'il était beaucoup plus simple pour elle de suivre bêtement les ordres sans avoir de questions existentielles à se poser, ce qui est d'autant plus arrangeant qu'ils peuvent ainsi se défausser de la moindre responsabilité. « Ce n'est pas ma faute, je ne faisais que suivre les ordres ! » Abrutis !

Le problème de cette chère vieille Terre, aujourd'hui, c'est que le pouvoir a corrompu les hommes qui prennent les décisions. Attention, lorsque je dis « aujourd'hui », je veux dire depuis un ou deux millénaires. Les chefs d'états se grignotent l'égo les uns les autres dans une macabre et éternelle danse, pendant que leurs peuples agonisent, la moitié dans des prisons dorées, l'autre moitié à même le sol, sans avoir de quoi boire ou manger.

Le monde court à sa perte.

Pourquoi ?

Pourquoi vivre dans la haine, la douleur et le désespoir si c'est pour de toute façon mourir un jour ? Pourquoi appauvrir les planètes de leurs ressources, si c'est pour les saccager ?

Quel est le but de notre vie ? (non, ce n'est pas rendre grâce à des soi-disant Dieux qui ne savent même plus qu'à l'autre bout de la galaxie il y a des peuples qui les ont autrefois vénéré).

Quel est l'intérêt de vivre ? La trace que nous laisserons dans l'histoire ? Que cela changera-t-il, que pourrons-nous bien en faire lorsque nous ne serons plus que des morceaux de chair et d'os en décomposition ?

Il nous faut une motivation pour nous lever chaque matin, pour endurer la même journée indéfiniment.

À quoi sert l'amour ? (enlevez ce sourire méprisant de votre figure, je vous ai déjà dit que ça ne vous allait pas).

Les joies qu'il engendre paraissent bien ridicules vis-à-vis des souffrances qu'il provoque. Combien de guerres déclarées en son nom ? Combien de morts ? Combien de cris, de larmes, de suicides ?

Trop.

Vous avez beau avoir vécu quatre vingt quinze pour cent de votre vie en compagnie de la personne que vous aimez, les cinq pour cents qui reste vous font tant agoniser que le temps parait dix fois plus long que lorsqu'elle était à vos côtés.

Malgré tout, devons-nous nous fermer à l'amour ? Devons-nous nous en protéger ? Y être hermétique ? S'il peut nous aider, ne serait-ce que dix pour cent du temps de notre vie, qui sommes-nous pour le dédaigner ?

Pourquoi passer son temps à se questionner ? Cela parait tellement plus simple de suivre sans se poser de questions.

J'ai toujours su que je ne serais pas de ceux qui recouvrent leur conscience d'une chape d'acier trempé et qui regardent les gens en face d'eux partout sauf dans les yeux. Je ne peux simplement pas faire cela. Si je me suis trompé, je veux pouvoir défendre mon erreur et ne pas juste subir la réprimande. Je veux savoir pourquoi je fais une chose et pas une autre, je veux convaincre les autres que mon idée est celle qui est juste – parce qu'elle est dans l'intérêt des autres, la plupart du temps.

Il y a les personnes qui ont le pouvoir et les autres.

Parmi les autres, il y a ceux qui subissent, et ceux qui tentent d'agir. Peu importe d'être ou non en accord avec sa hiérarchie. Il faut faire chaque chose parce qu'on l'a décidé.

J'ai décidé de vous écrire cette première lettre.

J'ai décidé de ne pas me préoccuper de qui vous êtes. Cela m'importe peu.

J'ai décidé d'apprendre à vous connaître en ignorant l'image que l'on renvoie de vous, ici, sur Terre. Je ne dis pas que cela ne m'influencera jamais, ce serait mentir.

J'ai décidé d'être honnête.

J'ai décidé de ne pas seulement utiliser mon don pour punir les « méchants ». J'ai décidé de faire tout ce que je pourrais pour vous aider. J'ai décidé que je ne supporterais plus votre solitude en silence. j'ai décidé d'agir, et tant pis si vous le preniez mal, l'important était que vous le sachiez (attention, s'il y a une chose que vous devez retenir, c'est que je vous respecte profondément. Quoi que je puisse écrire, ne l'oubliez jamais. Peut-être paraitrai-je emportée quelques fois et mes mots dépasseront ma pensée. Mais jamais, JAMAIS, entendez-vous, je n'aurai la moindre pensée qui vous manque de respect !)

J'ai décidé de vous écrire sans réfléchir, d'écrire selon mes sentiments, parce que vous ne pouvez sentir les miens comme je sens les vôtres. Ainsi, j'essaie de rétablir un minimum d'équilibre.

J'ai décidé d'être – je le répète – honnête

J'ai décidé d'être moi.

Votre dévouée,

Salomé

-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-

Elle prit la pierre dans une main, la lettre dans l'autre, et souffla le mot de passe. La lettre disparut dans un éclat vert brillant. La jeune femme eut un sourire. Elle aurait pu se croire dans Harry Potter, où chouettes et hiboux faisaient office de poste. Elle avait juste à remplacer Hedwige par sa pierre (elle prenait moins de place, de temps, et était toujours à portée).

Les sentiments oppressants qui l'avaient presque forcé à écrire s'étaient apaisés au fur et à mesure qu'elle couchait ses émotions sur papier. La bienveillance et la joie pure qu'elle avait ressentit à la réception de la lettre étaient revenues et c'est avec circonspection qu'elle sentit, provenant d'Ásgard, de la curiosité mêlée d'un très léger soulagement. Si elle n'avait pas été certaine du contraire, elle aurait juré que lui aussi pouvait sentir ce qu'elle ressentait.

Elle soupira. Il ne lui restait qu'à aller à cette maudite réunion sur les foutus Avengers.

-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-

Mais les intentions du Dieu de la Malice étaient – comme on pouvait s'y attendre – plus complexes que simplement se distraire. Il était absolument inconcevable qu'il la laisse ainsi avoir du pouvoir sur lui sans réagir. En effet, la pierre, si elle servait de téléport pour des objets de masse très réduite, était également ensorcelée pour transmettre les émotions de sa porteuse au jeune Dieu.

Ledit Dieu avait été incroyablement surpris. Elle avait à peine mis sept minutes pour attacher cette pierre autour de son cou – quelle naïve ! – et les émotions de la jeune femme lui avait presque coupé le souffle. Comment pouvait-elle ressentir autant de joie ? Autant de reconnaissance ? C'était bien ce qu'il lui avait semblé. Il suffisait qu'il lui fasse croire qu'elle avait son attention, et elle lui mangerait dans la main...

Puis les sentiments s'étaient faits ennuyeux, fatigués et soudain presque angoissants. il avait ressenti une sorte d'urgence, qui s'était progressivement calmée.

Il dut bien admettre qu'il était curieux et frustré. Cette urgence, il la connaissait, elle faisait partie de ses vieilles amies. Comment avait-elle fait pour se calmer ? Il devait savoir. Heureusement, il eut sa réponse quelques minutes plus tard, lorsque sa gemme se mit à chauffer. Il effleura sa chevalière en marmonnant son mot de passe.

Il ne lut pas, il dévora la missive. Il dut la relire une seconde fois pour comprendre que ce qui avait soulagé la Midgardienne, c'était simplement le fait d'écrire. Il grogna de dépit. Il était hors de question qu'il s'abaisse à écrire ce qui le rongeait. Et certainement pas à elle. Elle avait assez de pouvoir sur lui.

Froissant la lettre, il la jeta au sol, où elle roula sous sa table de chevet.

Il ne lui répondrait pas. Tout ceci n'était qu'une stupidité de plus à ajouter à la longue liste des mauvaises idées qu'il avait pu avoir au fil des siècles. Il effaça une grimace de ses traits, repris son apparence d'Odin, se tint aussi droit que son bedonnant corps pouvait lui permettre et sortit de la suite royale.

C'était fini. Il ne devait plus penser à elle. Il ne se rappelait d'ailleurs même plus de son nom. Il retint un ricanement. Elle allait se désespérer de ne pas avoir de réponse. La douleur qu'il allait ressentir provenant d'elle allait égayer ses journées et, lorsqu'il se lasserait, il la tuerait.

Un sourire cruel se fraya un chemin jusqu'à ses lèvres, qu'il réprima sans problème. C'était très bien. Elle allait souffrir, et il n'entendrait plus jamais parler d'elle…

-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-

Eh bien, voilà ce second O.S.

J'ai eu du mal à le terminer de telle sorte qu'il paraisse se suffire à lui-même, sans paraître attendre de suite.

-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-

Si vous trouvez mon vocabulaire un peu plus élevé que d'ordinaire, c'est normal, même si ce n'est absolument pas conscient. Je suis en train de regarder « The Hollow Crown » et c'est un pur bonheur que d'écouter ces rimes de Shakespeare dans les bouches de Jeremy Iron et des autres.

Une review ? (même si c'est simplement pour parler de Tom !) Quoique ça, ça se ferait plutôt par MP…

Au prochain défi !

Kae

P.S. : Je remplacerai ce PS par la date du prochain défi dès que je la connaîtrai.

-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-

EDIT du 10 septembre 2017 : Suppression du blabla de fin qui, certes était une louange à Tom Hiddleston mais tout de même, ça faisait beaucoup 370 mots…

Modification du pseudo.

-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-._.-

Prochain défi avant le 7 décembre 2017

(Si, si, deux ans après, je recommence ce challenge. Tout n'est pas perdu. On dit "Merci Julindy pour avoir relancé cette flemmarde !").