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Disclaimer : Je ne tire profit, en aucune façon, de cette histoire. L'univers MARVEL COMICS et l'univers MARVEL STUDIO sont la propriété de trop de monde et c'est tellement complexe que je ne veux pas faire de bêtise en mettant un propriétaire DC Comics surtout maintenant que SpiderMan appartient aux deux… Donc ils appartiennent à leurs propriétaires et voilà. Je ne retire rien de l'histoire qui suit et tous les droits de création des personnages leur appartiennent.
Rating : Pour tous ceux qui veulent / peuvent lire du Marvel
Genre : Pour ce chapitre : Friendship
Personnages : Loki – OC
Situation temporelle : Après Thor – The Dark World
Changements de situation : Aucun.
Date : 26 juillet 2018
Ce chapitre résulte d'un challenge d'écriture initié sous l'enseigne du FoF, le forum francophone ! Vous aurez des liens et des détails sur mon profil !
Les mots de ce challenge sont : Épave, Boite de sécurité, Commander, Costume, Dynamitage, Contaminant, Pêche, Succursale. Ils sont soulignés dans le texte.
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Bonne lecture
CHAPITRE 5
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J + 223
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Je sais, j'aurais pu vous écrire avant, mais je ne cède pas au chantage de la colère et de la frustration, juste de la solitude ou de la peine. Je ne sais toujours pas la raison qui vous a démoralisé l'autre jour, mais j'ai du donner la bonne réponse et cela ne vous a pas plus du tout – et c'est un euphémisme, vous en conviendrez. J'ai supporté votre colère sans nom durant plus d'une semaine, étant moi-même irascible, à tel point que je me suis fait renvoyée de trois cours (heureusement, M. Ston me connais maintenant et a accepté que je ne participe pas durant son cours comme j'en ai l'habitude. Il m'a prit à part à la fin de la première séance où je n'ai pas décroché un mot et je lui ai expliqué que j'avais des problèmes personnels, que je suivrais son cours autant que je le pourrais et que cela ne se ressentirait pas sur mes résultats et il m'a laissé tranquille, passant juste de temps à autre chez moi pour vérifier que tout allait le mieux possible (il est vraiment adorable)).
Ma frustration est ressortie depuis quelques jours, augmentant au fur et à mesure que vous allez de plus en plus mal. Que puis-je faire pour vous aider ? Je me sens si inutile. Je sais, je le suis, mais tout de même !
Bon sang, si, pour que vous alliez mieux, il faut que je sois au fond du trou… Je ne veux pas. Pas totalement en tout cas. J'ai bien saisis que vous aimiez vous réjouir de mon malheur. Et je veux vous aider à la mesure de mes maigres possibilités. Vous aider. Pas vous permettre de vous complaire dans votre sadisme. Je ne me transformerai pas en épave pour votre plaisir.
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J + 228
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Je ne sais pas ce que j'ai encore écris pour vous mettre dans cet état là mais je ne vais pas vous laisser m'envoyer ce mépris constant à la figure sans réagir.
De toute manière, vous savez pertinemment que ce n'est pas ce genre de réaction de votre part qui me fera vaciller. Votre dédain ne me choque pas. Au contraire, vu nos positions respectives, il est logique.
Je ne vais pas alimenter votre désintérêt pour moi avec des lettres, j'attendrai que vous ayez besoin de distraction pour me manifester de nouveau.
Peut-être à jamais,
Salomé
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J + 319
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Bon sang que se passe-t-il ? Je n'ai jamais senti la panique émaner de vous.
Je vous en conjure, dites-moi ce qu'il se passe ! Vous sentez mon inquiétude, elle est le reflet de la vôtre. J'ai peur pour vous. Ne me torturez pas, je vous en supplie,
Je sais que je n'ai aucun droit de vous commander quoi que ce soit, et ce n'est pas un ordre. C'est... s'il vous plait, dites-moi !
Salomé
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J + 321
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Arrêtez, je vous en prie ! Pourquoi ne me tuez-vous pas ? Je n'arrive pas à pleurer mais je sens que vous le faites, votre douleur m'écrase, mon impuissance me fait suffoquer, je suis terrorisée. Vous avez tellement mal et j'ai besoin que ça sorte. J'ai l'impression d'assister au dynamitage de votre vie par procuration et je ne vais plus tenir longtemps. Vous le savez. Vous le sentez. Si vous vouliez bien appuyer sur ce bouton et abréger mes souffrances, puisque je ne peux rien faire pour vous.
S.H.
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J + 322
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Je n'arrive plus à vous sentir ! Je suis affolée, ne le sentez-vous pas ? J'ai peur qu'il vous soit arrivé quelque chose. S'il vous plait, dites-moi juste que vous êtes en vie. Faites chauffer la pierre, envoyez une plume d'oiseau, une miette de pain, ce que vous voulez, mais donnez-moi un putain de signe de vie !
S.H.
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J + 323
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Merci.
Vous avez senti mon soulagement de vous capter à nouveau, jusqu'à ce que vos émotions me terrassent. Je ne suis même pas certaine que vous me sentiez, en réalité. Moi-même j'ai du mal à repérer mes émotions tellement les vôtres sont fortes et sont contaminantes. Vous emmenez en moi l'impuissance à des niveaux que je ne pensais même pas possible d'atteindre. Je suis toujours partante pour le meurtre à distance, si vous vous demandez quoi faire de moi puisque je vous suis désormais inutile.
S.H.
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J + 325
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Allez, quoi !
Vous n'en êtes plus à une âme près !
Combien de personnes sont mortes à cause de vous ? Moi je vous le demande en plus ! Si vous vouliez être certain que je m'inquiétais pour vous, c'est fait maintenant, vous êtes allé à la pêche de l'information, tout droit à sa source. Vous pouvez arrêter.
Merde !
Tuez-moi, espèce de … Dieu.
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J + 326
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J'ai la vague impression de vous avoir écrit quelque chose hier mais ayant tenté de noyer vos émotions dans l'alcool fort, j'étais tellement saoule que je n'ai pas de souvenirs concret.
Je suppose que je vous ai – encore – demandé de me suicider. Vous pouvez.
J'espère que je n'ai pas été trop vulgaire ou désobligeante. Je vous présente mes plus sincères excuses si c'est le cas, je vous sens un peu blessé ce matin.
Par tous les dieux, dites-moi ce que je peux faire pour vous aider, je ne peux pas supporter de vous sentir si mal et me tourner les pouces ! Alors prenez un putain de papier, de quoi écrire et dites-moi !
Votre – énervée – dévouée.
Salomé Harley
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J + 330
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Que faites-vous ? Il m'arrive de ne plus vous sentir durant quelques minutes. Et je ne comprends pas ce que vous ressentez, cette douleur, elle n'est pas comme les autres. Essayez-vous de vous débarrasser de moi ? Un mot de votre part et vous n'entendrez plus parler de moi. Je vous laisserai tranquille, pas besoin de vous faire du mal – physiquement. Je vous rappelle que je sens votre douleur.
S.H.
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J + 331 (13h00)
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Vous êtes-vous déjà demandé s'il ne fallait pas que je vous touche une seconde fois pour que les effets disparaissent ? Je vous rappelle que si vous ne m'estimez pas digne de lire votre royale écriture, vous n'avez qu'un geste à faire pour me tuer via le collier. Et j'ai compris ce qu'était cette sensation. Vous essayez d'atténuer la douleur qui passe par le lien, par je ne sais quel moyen. Si vous le faites pour que je ne la sente pas, arrêtez immédiatement, c'est d'une stupidité sans borne.
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J + 331 (22h30)
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Arrêtez ! Vous avez de plus en plus mal ! Si vous ne voulez plus que je vous ressente, tuez-moi !
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J + 332 (03h27)
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Bordel, arrêtez ! Si vous pensez que je n'ai pas compris que quand je ne vous sens plus c'est que vous êtes inconscient, vous me sous-estimez ! Vous êtes en train de vous faire vivre un enfer pour... je ne sais pas. Je ne suis pas certaine. Mais si c'est en rapport avec moi... Arrêtez. Arrêtez. Si vous vous évanouissez encore une fois, je me supprime moi-même !
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J + 332 (04h00)
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Oh Seigneur, pourquoi cet accès de désespoir ? Arrêtez de vous faire mal et je ne cesserai pas de vivre. Et pourquoi n'écririez-vous pas ce que vous attendez de moi, pour changer !
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J + 332 (04h30)
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Allons, de l'impuissance à présent ? ÉCRIVEZ, MERDE !
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J + 332 (06h13)
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Vous êtes en enfer, je le sais ! Mais vous m'avez embarqué dans une de ses succursales en même temps ! Arrêtez avec cette frustration ! C'est moi qui suis frustrée ! Et impuissante ! Et en colère ! Parce que vous ne prenez pas la peine de me répondre ! Et PUTAIN arrêtez de vous faire du MAL !
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J + 332 (20h07)
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Je suis désolée ! DÉSOLÉE !
Jamais vous ne vous feriez du mal tout seul. Vous me tueriez et puis c'est tout. Comment n'ai-je pu comprendre ? Vous vous faites torturer. Vous avez été capturé. C'est pour cela que vous ne répondez pas, quand bien même vous l'auriez voulu. Qui vous a démasqué ? Est-ce Thor ? Je l'ai de nouveau enjoint à prendre des nouvelles d'Odin la semaine dernière, je n'ai pas pensé à vous prévenir Seigneur, si c'est ma faute, tuez-moi immédiatement. Je ne mérite rien d'autre.
Pardonnez ce temps depuis mon dernier message, j'ai passé la première partie de la journée à tenter de vous ignorer et la seconde à tenter de me calmer après avoir compris.
S.H.
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J + 332 (22h00)
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Je prends votre soulagement pour une confirmation.
Je pense aussi avoir compris pourquoi après avoir envoyé la lettre, la pierre reste parfois tiède un moment C'est parce que vous ne l'avez pas encore récupéré. Dès que vous l'avez acceptée – je l'ai senti toujours grâce à vos émotions qui se calment un peu lorsque vous lisez – la gemme redevient froide.
Je suppose également que vous êtes dans l'incapacité de faire de la magie, mais que les lettres passent toujours parce que l'enchantement est portée par les pierres et non par vous.
Si les lettres passent, je vais supposer que les objets de petite taille et de petite masse passent également. Je vous envoie donc avec cette réponse une feuille vierge et de quoi écrire. Je le mettrais bien dans une des boites de sécurité du SHIELD qui se fondent dans le décor tel un caméléon mais elle sera trop grosse. Vous devrez cacher cela où vous le pourrez.
Supposant que les périodes où vous avez mal sont des moments où vous vous faîtes torturer, j'attendrai donc un moment de calme pour vous les envoyer.
J'attends votre réponse avec impatience et inquiétude,
Votre dévouée,
Salomé
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J+333
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Salomé était dans sa chambre, essayant de dormir, alors qu'une fois de plus, elle ne sentait plus le Dieu, lorsque sa pierre chauffa. Elle sursauta, se redressa en position assise, le dos calé contre sa tête de lit, et murmura les quatre syllabes de son mot de passe.
Prenant une courte inspiration, les mains tremblantes, elle ouvrit la lettre avec fébrilité.
Sans raison, le collier se détacha et tomba sur le lit. Elle le regarda sans comprendre – refusant d'envisager la raison qui aurait brisé la magie de Loki – et commença sa lecture.
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Trois cent trente trois jours. Autant de nuits. Pas même une année entière.
Il y a trois cent trente trois jours, tout allait bien. J'étais souverain d'Àsgard et des neuf royaumes.
Le Dieu de la Malice était mort, il avait eu droit à des funérailles digne d'un prince – qu'il n'était pas – puisqu'il s'était quasiment sacrifié pour sauver son (faux) frère, redorant son blason.
J'avais plongé le Père de Toute Chose dans le Sommeil d'Odin, qui y resterait jusqu'à ce que je veuille bien l'y en sortir. Ce qui n'était pas près d'arriver.
J'étais enfin là où j'avais toujours rêvé d'être. Porter le costume d'un autre a toujours été mon jeu favori. Tirer les ficelles dans l'ombre a toujours été mon ultime but.
Les Chitauris avaient été renvoyés dans leur système stellaire, et même si Midgard avait ainsi déclaré au reste de l'Univers qu'elle était capable de se défendre contre les menaces extérieures, les Neuf Royaumes étaient en relative paix.
J'ai ensuite passé des mois entiers à régler des problèmes politiques, à apaiser des tensions, et je me suis découvert une vrai passion à endosser le rôle de celui sans qui l'équilibre et la paix ne peuvent exister. Je n'avais jamais imaginé combien ce pouvoir pouvait être grisant.
Je dois admettre que j'ai failli me faire emporter par ce pouvoir. J'en ai voulu de plus en plus. Forcément, je suis passé à deux doigts de me faire démasquer et j'ai compris – d'une manière tout sauf agréable – que je devais rester mesuré dans ma régence.
J'avais – finalement – trouvé ma place et j'ai souvent peiné à y croire.
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Et puis, ta lettre est apparue, apportée par un garde dont je serais bien incapable de me rappeler le visage. De quelle manière as-tu pu faire transiter ce pli entre nos planètes est un mystère. Et ma vie a une fois de plus basculée. Oui, tu n'es rien, mais tu as fait virer ma vie de bord d'au moins cent quatre vingt degrés. Et comme à chaque fois, j'ai plongé en plein cauchemar.
Sauf qu'il n'y a pas eu que le cauchemar. Il y a eu – et Odin sait que j'ai tenté de le nier – le soulagement. Tu savais. Tu comprenais et – peu importe le mépris que j'avais pour toi – j'ai eu l'impression que j'existais à nouveau. Je m'en étais pas rendu compte, mais à force de vivre avec l'apparence d'Odin durant des mois, j'avais commencé à me perdre, à oublier qui j'étais et ce qui me définissait. J'ai voulu te haïr, pourtant, mais le soulagement a toujours été le plus fort.
Plus les siècles ont passé, plus j'ai réussis à me mentir à moi-même, à me leurrer sur ma vie. Et toi, saleté de femelle, dans toute ta naïveté et ton honnêteté, tu m'as tout balancé en plein visage.
Avant même de recevoir ta seconde lettre, j'ai décidé de t'ignorer et pourtant ; non seulement tu ne t'es pas lassé, mais tu as compris pourquoi je n'allais pas m'abaisser à te répondre et ça ne t'a pas découragé. Tu peux ajouter à cela que je n'ai jamais pu ne pas lire ce que tu m'envoyais.
Une fois de plus, je n'ai pas remarqué le changement immédiatement. Mais à chaque fois que j'ai eu l'impression de ne plus supporter ma solitude, ma pierre chauffait et la solitude s'éloignait.
Une part de moi a espéré que tu ne sois pas sincère, que tu ressentes de la pitié, de l'amusement, de la moquerie. Mais je n'ai rien senti de tout cela en toi, et j'en ai été autant apeuré qu'apaisé.
Jamais quiconque ne s'était préoccupé de moi, juste pour moi. Les femmes ne voulaient que profiter d'un bon moment, Odin n'a toujours vu que l'utilité que j'allais avoir, Thor n'a eu besoin que de mes services, que je le sorte des problèmes où il s'était enfoncé tout seul. Je suppose qu'il a réellement eu de l'affection pour moi durant notre enfance, mais en dehors de l'aide que je pouvais lui apporter, je n'étais que le petit frère qu'il fallait trimbaler avec lui parce qu'il ne pouvait pas le laisser sans surveillance. Même ma... Frigga, qui s'est le plus occupé de moi, ne cherchait qu'à avoir une famille unie, avant tout. Avant moi.
L'idée que quelqu'un se soucie de moi, pour moi, sans rien attendre en retour, me perturbe. Je ne peux m'y attacher, parce que dans un battement de cil – pour moi – tu ne seras plus là.
Bien entendu, je t'ai blessé en ne répondant pas – ce qui a réjoui une part de moi – mais tu as continué à écrire. Au début, j'aurais parié – si j'avais eu quelqu'un avec qui le faire – que tu allais me harceler durant des semaines en mendiant pour une réponse et que tu finirait par laisser tomber dans une dernière lettre dans laquelle tu m'aurais insulté de tous les noms. Heureusement que je n'ai pas parié, finalement, parce que tu n'as jamais supplié – jusqu'au moment où je me suis fait capturé mais la situation est différente, je te l'accorde – pour que je te réponde, même si tu l'as effectivement demandé, sans insister.
Tu ne t'es manifesté que lorsque j'allais trop mal, et ce que tu as écris aurait pu correspondre aux discussions que nous aurions eu si tu avais été en face de moi. Et, peut-être ne t'en es-tu pas rendu compte, mais à partir du moment où tu te décidais à écrire, tu m'envoyais une sérénité à toute épreuve, que je n'ai jamais comprise. Pourquoi cela te fait-il tant de bien de m'écrire ? Tu sais que tu n'auras pas de réponse et pourtant, tu es contente. Tu serais n'importe qui, je dirais que le simple fait d'avoir l'autorisation de m'écrire te réjouirait – mais là encore, ce ne serait pas de la sérénité – mais j'ai bien fini par comprendre que tu n'étais pas n'importe qui. Oui, c'est un compliment. Tu n'es peut-être pas complètement un insecte finalement. Ou un insecte jusque là inconnu, avec des qualités étonnantes. Passons.
Dans tes lettres, tu dis ce que tu penses, tu ne t'embarrasses pas de fioritures, d'enrobage d'insultes – ce qui m'a relativement offusqué dans un premier temps, jusqu'à ce que j'apprécie de ne pas avoir à chercher le sens caché de chaque phrase – ou de simagrées pour tenter de plaire à Sa Majesté. Tu as rapidement découvert que je pouvais également sentir tes émotions grâce à la pierre, et non seulement tu n'en a – quasiment — pas été agacée, mais les sensations de soulagement et de justice rétablie qui ont émané de toi m'ont frustré et rassuré en même temps. Tu savais que ta pauvre vie d'humaine était entre les mains d'un Dieu, mais cela ne t'importait pas.
J'ai tenté de maîtriser mes émotions, sans succès, bien sûr. Je peux les empêcher de paraître à l'extérieur, mais les étouffer… je n'y suis pas arrivé, et tu sais combien cela m'a frustré. Pour ma défense, j'ai du apprendre à gérer tes sentiments et à les différencier des miens, ce qui n'et pas aisé. Mais tu le sais également.
Le jour où tu as brièvement décidé d'arrêter d'écrire… Eh bien, tu sais ce que j'ai ressenti, d'autant que je me suis retrouvé effondré sous ta propre souffrance. Tu as fait quelque chose de stupide ce jour-là.
Les mois ont passés, jusqu'à cette lettre où tu m'as une nouvelle fois percé à jour. La journée où vous avez travaillé avec ce professeur stupide. Oui, je veux exiger d'être le seul qui t'apporte du bien-être. Et c'étais le cas, jusqu'à ce qu'il se mêle de ce qui ne le regarde pas.
Les lettres suivantes ont été plus sèches, je sentais ton ressentiment chaque jour, et ça m'a réjouis profondément. J'étais de nouveau dans toutes tes pensées.
Et puis j'ai eu la mauvaise idée d'aller jeter un œil sur Jötunheim. Je voulais savoir où ils en étaient dans leurs reconstruction, depuis que j'avais tenté de détruire la planète – encore une fois où tu as visé juste. Je ne pouvais pas me permettre de la détruire immédiatement, ça aurait paru bizarre, surtout à Thor.
Il faut que tu saches que les passages clandestins entre les mondes sont mouvants. Ils peuvent ne pas bouger durant des siècles, voir des millénaires et d'un coup se déplacer de plusieurs kilomètres. Celui de Jötunheim a bougé très rapidement et j'ai réapparu en plein dans ce qu'il reste de leur palais royal.
Bien évidemment, je n'y suis pas allé dans la peau d'Odin. J'avais pris ma véritable apparence – non pas que je l'apprécie, c'est tout l'inverse, mais je résiste au froid de Jötunheim sous cette apparence – avec une peau bleue et les yeux rouges, que tu ne connais pas. Peu importe. Ils m'ont immédiatement attrapé et m'ont jeté dans les cachots. Laufey, le roi, et accessoirement ma mère, le seul qui aurait pu m'être favorable, étant mort, j'ai pu compter sur a cruauté et la rancœur de mes frères de sang.
Je peux encore utiliser ma magie, car les Jötunn n'en ont pas – ne me demande pas d'où vient la mienne, je ne le sais pas – donc leurs cellules ne bloquent pas la magie. Mais si je m'en sers, ils la sentiront et les connaissant, ce que je subis depuis quelques jours équivaudra à une promenade de santé.
J'ai été assez attentif ces derniers jours pour savoir que je devrais pouvoir m'échapper dans les prochains.
Si jamais... non
S'ils me capturent... non
Je ne veux pas que tu... non
Si ... non
Oh, merde !
Pardon.
Je sais que je n'en ai plus pour longtemps. Je couperai le lien du collier dès que tu auras reçu cette lettre. Je ne veux pas prendre le risque de t'emporter avec moi.
Avec mes remerciements pour ces mois passés à me distraire,
Le Père de...
Le Roi d'Asg...
Loki
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Salomé posa la lettre d'une main tremblante sur le lit et attrapa le collier à sa place. Elle tenta de le raccrocher, en vain. Puis elle éclata en sanglots. Une peur panique prit possession d'elle. Il était seul. Il était tout seul. Et elle n'avait plus aucun moyen de le contacter. Personne ne savait qu'il était là bas.
Il était seul.
Il allait mourir.
Il était peut-être déjà mort...
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Et voilà.
J'ai un peu hésité avant de finir ainsi. Mais c'est ce qui se rapproche le plus de la vérité, non ? Qu'aurait-elle pu faire ?
Je sais, vous me détestez.
Faites-vous plaisir. Hurlez-moi dessus. Ju', pas trop fort, je tiens à mes tympans.
Merci de m'avoir suivi ces quelques chapitres. L'expérience de la correspondance!fic était intéressante, mais très difficile. Je suis contente d'avoir essayé en tout cas.
Kae
