(Attention les personnages ne m'appartiennent pas, ils sont issus de la série télévisée Mentalist.

Attention, cet Os contient un couple fictif (Lisbon et Hightower) sous la demande de quelqu'un. Mais il n'est que peu présent et n'altère ps l'histoire.

A Ninon qui m'a demandé de faire cet Os.)

Les premiers rayons de soleil commençaient à percer, lorsque le téléphone de Teresa Lisbon sonna. Elle ouvrit difficilement les yeux, et prit son téléphone sur sa table de chevet. Dessus s'affichait le nom de Wayne Rigsby. Teresa se redressa avant de répondre.

"Rigsby, que se passe-t-il ? demanda-t-elle.

- Il y a eu un meurtre. répondit l'homme. Au 6770 Fields Landing Dr, dans la ville Fields Landing, à la troisième chambre de l'hôtel Silverside.

- J'arrive tout de suite."

Teresa raccrocha la conversation et se leva de son lit. Elle s'empressa de prendre une simple chemise, un jean noire et sa veste. Tout en ouvrant sa voiture, elle envoya un appel vers son collègue. Pas de réponse.

"Jane ? C'est Lisbon. Il y a eu un meurtre au 6770 Fields Landing Dr, dans la ville Fields Landing, à la troisième chambre de l'hôtel Silverside. Allez y de votre côté."

Elle raccrocha et partit sur les routes désertes de la Californie. La montre de Teresa indiquait dix heures lorsqu'elle arriva à destination. Plusieurs voitures y stationnaient déjà, gyrophares allumés. Quelques curieux s'étaient avancés, cherchant à comprendre ce qu'il se passait. Lisbon quitta sa voiture, attirant l'attention des habitants.

"Madame que s'est il passé ? Est ce un meurtre ? Un tueur en série ? Un suicide ?"

Teresa se retourna et fit face à une jeune adolescente. Elle devait être âgée de quinze ans, un air mature, presque ironique, se dessinait sur son visage. Lisbon soupira. Elle appela un policier qui gardait la scène et lui ordonna de s'occuper de l'enfant.

"Vous êtes du CBI n'est ce pas ? C'est un meurtre ? Un meurtre prémédité ? retenta l'apprentie journaliste.

- Si tu n'arrête pas bientôt, c'est sur qu'il y aura un meurtre. annonça le policier.

Lisbon quitta la rue, entrant dans l'hôtel. C'était un petit hôtel peu recommandé, perdu dans la ville de Fields Landing. Elle rejoignit Wayne Rigsby qui se trouvait devant la chambre trois. Il était de grande taille, dépassant sa chef de plusieurs centimètres.

"Patron." la salua-t-il.

Lisbon fit un signe de tête et entra dans la chambre sans attendre. Assis sur une chaise, face à une table, se trouvait un homme mort. Une balle lui avait transpercé la tête, laissant un filet de sang séché.

"Georges Rom, 35 ans, est mort une balle dans la tête. informa Rigsby. On a retrouvé son porte feuille et plusieurs bijoux sur lui.

- Ce n'est donc pas un vol. Il a de la famille ? Une femme ? demanda Teresa.

- Non. Il est de nationalité française, il est arrivé en Californie il y a 10 ans et il vivait seul.

- Hum... Vous savez qui a loué cette chambre ?

- Van Pelt s'en charge. annonça Wayne.

- Parfait." lança Lisbon.

Elle se redressa et partit à la rencontre de Van Pelt. L'accueil de l'hôtel se trouvait dehors, à quelques mètres des chambres. En sortant, elle aperçut au loin Jane, parlant avec une grande femme noire. Cette femme était Madeleine Hightower, la directrice de Lisbon.

"Ah Lisbon vous voilà ! s exclama Jane en la voyant.

C'était un bel homme, au regard océan et à l'esprit tordu.

"Bonjour Hightower. lança Lisbon. C'est rare de vous voir sur le terrain.

- Bonjour Lisbon. Jane m'a prévenu qu'il y avait eu un meurtre, alors j'ai proposé de l'accompagner."

Lisbon lui sourit et se tourna vers Jane.

"Le corps se trouve dans la chambre trois. Rigsby vous attend. Je dois aller voir Van Pelt pour savoir qui a loué la chambre. ordonna-t-elle à son subordonné.

- Je n'ai pas le droit à un petit sourire moi. lança Jane.

- Vous n'aviez qu'à être à l'heure. lui répondit Lisbon tentant de cacher un sourire.

Jane haussa les sourcils en souriant et partit en direction de la chambre trois. Dans le ciel cyan, le soleil indiquait midi. Lisbon se dirigea à grand pas vers l'accueil. Elle était surprise que sa chef se soit ainsi déplacée. Madeleine était une femme forte, avec une grande loyauté et une grande confiance envers Lisbon et son équipe. Teresa arriva devant l'accueil. Grâce Van Pelt et Kimball Cho interrogeaient le gérant, qui sortait des feuilles de son comptoir.

"Salut patron. fit Cho en la voyant.

D'origine asiatique, il avait, comme à son habitude, un visage sans expression.

" Cho, Vanpelt, savez vous qui a loué la chambre ? demanda Lisbon.

- C'est le mort. répondit Grace. Il l'a loué la veille.

Grace Van Pelt était une jolie femme au visage harmonieux et aux yeux émeraudes.

"Vous n'avez vu personne entrer dans sa chambre ? tenta par hasard Lisbon.

L'agent de sécurité secoua la tête.

"Ils n'ont aucune caméra. annonça Cho, prévoyant la question de sa supérieure.

Lisbon soupira et ressortit dehors accompagnés de ses deux agents.

Coincés dans un couloir sombre, Hightower et Jane avançaient en silence.

"Salut Jane ! lança Rigsby en voyant son ami arrivé. Hightower ? Que faites vous là ? Enfin je veux dire, c'est rare de vous croiser sur les scènes de crimes.

- Briser ma routine ne me fera pas de mal. Ou est le corps ? » demanda-t-elle.

Wayne ouvrit la porte, laissant passer les deux agents. Jane s'approcha du corps, tandis que Wayne récitait les mêmes explications qu'à son patron. Célibataire et sans famille.

"Il n'a pas été tué par la balle. répondit Jane.

- Comment ça ? demanda Wayne, surpris.

- Il a été empoisonné. Plus précisément il a eu un arrêt cardiaque, où une mort subite. Dans tous les cas, il ne s'y attendait pas."

Silence. Les deux agents du CBI attendaient une explication de la part de Jane.

"Il a les veines qui ressortent, le bout de ses ongles sont bleus et ses mains sont crispés sur la table, comme si il avait eu une violente douleur."

Wayne et Madeleine le regardèrent surpris. Il avait déduit tout cela seulement avec quelques détails.

"Tu as dit qu'il vivait seul ? demanda Jane à Rigsby.

- Oui, il ne vit avec personne."

Jane quitta la chambre, Hightower et Rigsby sur ses talons. Dehors ils croisèrent Lisbon et les autres. Mais Jane ne leur prêtèrent aucune attention, le regard perdu dans la foule.

"Alors ? demanda Lisbon à Wayne.

- Jane pense qu'il a été empoisonné. annonça Rigsby.

- Mais c'est idiot. Pourquoi empoisonné quelqu'un si c'est pour lui tirer dessus juste après ? lança Grace à Jane.

- Sauf si la personne qui la empoisonné n'est pas la même qui la tué. rectifia Jane. Ah trouvé.

Il se dirigea à grand pas vers la foule qui s'était grossie depuis l'arrivée de Lisbon. Les autres le suivirent, captivés par les pensées du mentaliste.

"Cet homme ne vivait pas seul. les informa Jane.

- Comment... commença Lisbon.

- Il portait une odeur de fleur. la coupa Jane.

Teresa échangea un regard sceptique avec Madeleine. C'était une si faible preuve. Mais le consultant ne se trompait que rarement.

"Hé toi ! lança Jane à l'adolescente.

La jeune journaliste se tourna vers eux, les yeux pétillants de curiosités.

"Connais tu un Georges Rom ? demanda Jane.

- Oui pourquoi ? s'enquêta-t-elle de demander.

- Que peux-tu me dire sur lui ? la relança Jane.

- Vous... vous demandez à moi ? s'étonna-t-elle.

- Alors qui était il ? l'encouragea-t-il.

- Georges est un très gentil homme, rempli de manie française, avec un doux accent à l'oreille. Il aime beaucoup les abeilles et tous ce qui touche à la nature. Il est le huitième et dernier enfant de ses parents. Il travaille au restaurant du coin, le Boathouse Bar & Grill, mais rêve de devenir photographe. Il vit aussi juste à côté du bureau de poste, avec sa copine.

- Sa copine ? demanda Lisbon.

- Oui. C'est une étrange femme. Elle paraît à la fois jeune et vieille. Elle s'appelle Roméa Noct. Elle adore les fleurs, elle a un grand jardin et garde plein de fleur étrange chez elle. Je pense que c'est pour ça que Georges l'aime. Elle a une drôle de philosophie, et elle me fait personnellement peur. Il y a toujours une odeur de fleur chez elle. Odeur qui reste sur Georges. Je trouve qu'il gâche sa vie avec elle. Ils n'ont jamais prévu de se marier et personne n'est au courant de cette relation. Georges aime la discrétion. Et il compte sur moi pour ne rien dire."

Les adultes l'avaient écouté parler, Cho et Wayne écrivant rapidement sur leur carnet. Ils avaient du mal à suivre le rythme de l'enfant. Elle se coupait parfois en pleine phrase pour reprendre son souffle.

"Mais pourquoi voulez vous savoir tout ça ? s'inquiéta l'enfant. Il n'est rien arrivé à Georges ?

- Il est mort.» répondit Cho en fermant son carnet d'un coup sec.

Le CBI laissèrent l'enfant seule. Jane se tourna vers eux un sourire triomphant sur les lèvres. Lisbon et Hightower poussèrent un soupir.

"Rigsby et Van Pelt essayait de savoir ce que Rom avait bien pu faire ces dernières années pour mériter une double mort et allez fouiller sa maison. Cho, vous irez interroger le directeur du restaurant. Jane et moi on va interroger la copine du mort. ordonna Teresa avec assurance. Quant à vous Hightower... commença-t-elle hésitante.

- J'accompagnerais Cho. décida-t-elle.

La brune hocha la tête. Les agents se quittèrent et Lisbon et Jane partirent ensemble en direction du bureau de poste. Ils trouvèrent la maison Noct. C'était une grande maison recouverte de lierre, laissant s'échapper des fleurs de tous les côtés. Mille odeurs vinrent chatouiller les narines de Teresa. Un mélange de rose, jasmin, camélia, laurier, hibiscus, et pleins d'autres fleurs toutes les plus colorés les unes que les autres.
Un mot était fixé sur la porte annonçant que la maison était vide. Lisbon soupira, pensant que l'enfant leur avait raconté des mensonges. Elle donna trois coups mais aucune réponse. Elle retourna avec Jane devant le portail. Il était décoré d'une couronne de fleur orange naissante.

"C'est de la bignone. l'informa Jane. Elle fleurit seulement en été, elles sont très appréciés par leur ruralité."

Il prit une fleur qui avait poussé et l'accrocha dans les cheveux de Lisbon. La jeune femme le regarda bizarrement, sourcils levés.

"Je suis sur que Hightower va adorer ! » s'exclama le mentaliste.

Les joues de Teresa prirent une teinte rosée peu naturelle. Elle vit dans le regard de Jane une certaine malice. Que voulait dire ce regard ?

"Hé vous ! Ne touchez pas à ça ! s'exclama une voix.

Elle provenait de la maison. Sur le pan de la porte se trouvait une jeune femme, d'une trentaine d'années environ, coiffant ses long cheveux noirs d'une couronne de fleur blanche. Ses yeux ardoise lançaient des éclairs à Patrick et Teresa.

"Roméa Noct ? demanda Lisbon.

- Non ce n'est pas moi ! Vous vous êtes trompés de maison ! annonça la femme d'un ton ferme.

- Attention si nous n'entrons pas on va cueillir vos petites fleurs. ironisa Jane en prenant une autre fleur sur le portail.

La femme se crispa. Lisbon lui lança un regard noir tentant de cacher son amusement.

"Nous sommes du CBI ! s'écria Lisbon en montrant sa carte. Nous vous voulons aucun mal. Seulement vous parler de Georges Rom ! reprit elle en se tournant vers la femme.

En entendant le nom de son amant, elle se détendit. Jane lança un sourire victorieux à Lisbon et entra. Elle le suivit exaspérée. En la voyant entrer, Jane lui montra la fleur qu'elle avait gardé. Teresa l'enleva en vitesse, jetant un regard vers Noct. Elle poussa un faible soupir et regarda plus en profondeur la maison. Comme l'avait dit l'enfant, une odeur de fleur planait. Dans chaque coin, chaque espace libre se trouvait une fleur. Lisbon avançait avec précaution, évitant d'écraser les trésors de la femme. Elle suivit Jane qui se dirigeait vers le salon. Il donnait directement sur le jardin. Enfin, on pouvait le confondre avec un parc floral ou une serre. Au milieu de ce salon se trouvait une table accompagnée de cinq chaises en bois. Jane en prit une et Lisbon s'installa à ses côtés. En face d'eux, était assise Roméa Noct. Teresa sortit un carnet et commença à poser quelques questions à la femme.

"Vous habitiez ici avec Georges ? demanda Lisbon.

- Oui... répondit Roméa l'air sombre. Il est mort ? demanda-t-elle.

- Toutes mes condoléances. fit Lisbon en posant sa main sur celle de la veuve.

- On... On devait aménager le salon après qu'on est fait le jardin. Georges était un homme bon. Il avait le coeur gros, il voyait l'avenir dans chaque chose qu'il faisait. Pourquoi ? Pourquoi lui ? pleura-t-elle.

Lisbon la regarda pleurer en silence. Des familles, elle en avait brisé. Désormais quelques pleurs ne la touchait plus. Elle attendit que la femme se calme et continua son interrogation :

"Pensez vous qu'une personne voudrait sa mort ?

La femme secoua la tête avant de reprendre :

- Georges n'était pas un homme à problème. Il était juste et bon. Bien sur il avait ses défauts. Il cherchait toujours à aider les autres et il donnait son avis sur chaque chose. Cela pourrait en énerver certain, mais pas moi.

- Vous avez taillé votre laurier rose ? demanda Jane.

- Pardon ? demanda la femme.

- Votre laurier, dans le jardin, vous l'avez taillé. répéta-t-il.

- Hum, oui. Je l'ai taillé. répondit Noct.

- Oh je vois. C'est bon nous avons fini. Merci d'avoir répondu à nos questions. fit Jane en se levant, tendant sa main à la femme.

- Quoi ? Non attendez je n'ai pas fini moi ! s'exclama Lisbon.

- Ah, elle n'a pas fini. Je vous attend dehors. D'ailleurs, pourrais-je avoir quelques roses ? demanda Jane à Noct.

Cette dernière hocha la tête, surprise par le spectacle que donnait les agents du CBI. Il partit, prenant des roses au passage et disparu par la porte. Lisbon soupira.

"Saviez vous ce que faisait votre mari dans une chambre d'hôtel hier soir ?

- Non, il m'a seulement dit qu'il avait un rendez-vous important.

- Bien, je vois. Encore une dernière question. Ou étiez vous hier soir ? demanda Lisbon.

- Ici. J'attendais Georges. J'étais seule.

- Très bien, merci."

Lisbon quitta la table et partit rejoindre Jane. Il attendait de l'autre côté du portail, bouquet de fleur en main. Lisbon s'approcha de lui, sur ses gardes.

"Puis je savoir ce que vous allez faire de ces roses ? s exclama-t-elle.

- Les offrir.

- Et à qui ? demanda Teresa un sourire en coin.

- À vous. répondit Jane en la regardant dans les yeux.

- Mais oui. ria Lisbon. Alors à qui allez-vous les offrir ?

- À la gamine de ce matin.

- La journaliste ? Vous savez ou elle habite ? s'étonna Teresa.

- D'après vous où est ce qu'il y a un journal tenu par des enfants ? demanda Jane.

Lisbon le regarda quelques secondes jusqu'à comprendre.

"Une école.

- Exact. Vous m'accompagnez ? demanda Jane.

- Vous allez chercher des indices n'est ce pas ?

- Je suis si prévisible ? demanda Patrick un sourire en coin

- Je commence à être habituée à vos plans." sourit Lisbon.

Cho et Hightower entrèrent dans le bar restaurant. Un employé les accueillit avec un sourire. Il avait le teint blanchâtre et les yeux noisettes.

"Connaissez vous Georges Rom ? demanda Hightower.

- Oui, il est employé ici. Pourquoi ?

- Il est mort. répondit Cho.

- Georges est mort ? répéta le jeune tout chamboulé. Comment ?

- Empoisonné. On peut voir votre directeur ? le relança Hightower.

- Hein ? Oui bien sûr. Le patron. Je vais le chercher, attendez moi là.

Il disparut derrière le comptoir. Il revint quelques secondes plus tard accompagné d'un homme à la barbe naissante.

"Vous vouliez me voir ? demanda-t-il.

- CBI. Nous aurons quelques questions à vous poser à propos de Georges Rom.

- Oui bien sûr. Bien sur. Je suis prêt à vous répondre. Luc, va t'occuper des marchandises s'il te plaît.

Le jeune employé partit à contre coeur.

- Vous tutoyez vos employés ? s'étonna Madeleine.

- C'est mon neveu. avoua le patron. Vos questions ?

- Avez vous remarqué un changement chez Rom ? demanda Cho.

- Non... A moins que... Ces derniers temps il était un peu plus à l'ouest. Comme si quelques chose le dérangeait.

- C'est tout ? lança l'asiatique.

- Oui. Georges était un employé exemplaire. Il était d'un caractère discret mais enjoué. Tout le monde l'aimait. Vous pouvez demander. C'était l'ami de tous mais de personne à la fois. Il nous manquera.

Le patron soupira.

- Ce sera tout ? demanda-t-il.

- Il ne vous a rien dit ces dernières semaines ? demanda Hightower.

- Non, absolument rien qui puisse sortir de l'ordinaire. Il n'était pas très bavard.

- Bien ce sera tout, merci." annonça Cho en le quittant.

Avec Hightower ils quittèrent le magasin déçus. Ils n'avaient finalement rien appris.

Jane et Lisbon descendirent de leur voiture. Devant eux, se dressait un grand bâtiment aux pierres anciennes. Une pancarte était installée à l'entrée.

« South Bay Elementaty & Middle School. »

Ils entrèrent dans la bâtisse sous le regard surpris des élèves. C'était la première fois qu'il voyait la police entrer dans leur école. Humblement habillé, les élèves envoyaient des rumeurs sur la nouvelle de ce matin.

"Et comment comptez-vous la trouver maintenant ? demanda Teresa.

- Tenez-moi ça.» répondit Jane.

Il lui donna le bouquet de fleurs dans les mains. Lisbon le regarda surpris. Jane se dirigea vers un élève. Ce dernier éclata de rire avant de lui désigner un bâtiment de béton perdu au fond de la cour. Patrick retourna auprès de Lisbon, reprenant les fleurs. Ensemble ils se dirigèrent vers le bâtiment.

"C'est là bas où sont regroupés les clubs.» expliqua le consultant.

Son patron hocha la tête. Elle repensait à ses journées de lycée, coincée entre ses quatre murs. Une lumière nostalgique allumait ses yeux. Lumière qui n'échappa pas au mentaliste.

"Ah, les années de lycée. Ces années à essayer de draguer le beau brun ténébreux avec sa moto, ou bien la jolie jeune fille aux livres du CDI. soupira Jane en regardant Lisbon.

- Oui, si vous voulez. ria la femme. Tenez, voilà le club journaliste."

Ils étaient arrivés devant une porte indiquant le club journaliste. Trois membres y étaient inscrit. Lucien Rost, Gabriel Chambre et Ambre Marlon. L'adolescente de ce matin. Jane ouvrit la porte laissant passer Lisbon, puis entra à son tour. Assise sur une table la jeune journaliste leva les yeux vers les arrivants. Ils étaient bruns et mouillés de larmes récentes. Elle était seule. Jane s'approcha d'elle et lui donna le bouquet de fleur souriant.

"C'est pour moi ? demanda l'enfant surprise.

Jane lui sourit. La jeune fille baissa la tête, des larmes perlant aux coins de ses yeux.

"Tu l'aimais bien Georges ? demanda Jane d'une voix douce.

Ambre hocha la tête. Georges avait toujours été là pour elle. Il avait été le seul à vraiment s'intéresser à elle. Elle aimait passer du temps avec lui. Elle le considérait comme son père.

"Tu sais qui aurait voulu sa mort ? demanda à nouveau Jane de cette même voix.

Lisbon sortit son carnet, prête à noter. Ambre s'était immobilisé, le regard perdu devant elle. Elle réfléchissait. Elle savait des choses, mais il lui avait interdit d'en parler. C'était leur secret. Elle secoua négativement la tête. Jane fronça les sourcils. Il se leva sous le regard perdu de Teresa.

"Nous allons trouver qui a fait ça. lui fit Jane.

- Merci. Georges était vraiment une bonne personne. Mieux que la plupart des hommes sur Terre. Il ne faut pas se fier aux apparences. Le plus calme des hommes peut devenir la nuit un véritable monstre." répondit Ambre.

Elle avait perdu l'air mature de ce matin. Sur son visage se lisait une peur. Une peur que Jane et Lisbon ne pouvaient comprendre. Lisbon hocha la tête et regarda Jane. Patrick sourit une nouvelle fois à l'enfant et quitta les lieux.

"Elle sait quelque chose." fit il à Lisbon.

L'après-midi touchait à sa fin lorsqu'ils rejoignirent leur voiture. Lisbon sortit son portable et appela Rigsby.

"Alors, qu'est ce que ça a donné de votre côté ? demanda-t-elle.

- Il n'avait pas de réseaux sociaux, et sa maison était presque vide. répondit Wayne.

- C'est normal, il vivait chez sa copine. Retracez ses derniers appels, il y a bien quelqu'un qui devait le détester.

- Bien patron.»

Lisbon raccrocha en soupirant.

« Van Pelt et Rigsby n'ont rien trouvé pour le moment. A croire que tout le monde l'aimait.

- La gamine sait quelque chose. refit Jane.

- Comment pouvez vous le savoir ?

- Je le sais, c'est tout.

- Pour l'instant nous allons nous concentrer sur les appels avant d'aller martyriser une pauvre enfant. lui répondit Lisbon.

- Le mot est grand. fit Jane.

- Il est juste."

La nuit tombait lorsque Hightower marchait dans les couloirs vides du CBI. Elle cherchait quelque chose, ou plutôt quelqu'un.

"Lisbon ? appela-t-elle en voyant la porte du bureau de la jeune femme ouverte.

- Oui ? fit une voix dans son dos.

Lisbon se tenait devant elle, la dépassant presque. Elle était rentrée il y a peu de temps. Toute l'équipe était rentrée chez elle. Ils ne restaient qu'elles.

"Vous avez avancé dans l'enquête ? demanda Madeleine.

- Jane à quelques suppositions. Mais rien de concret.

Le ventre de Lisbon gargouilla. Elle n'avait pas mangé depuis ce matin. Elle détourna les yeux, les joues d'un rose peu naturelle.

- Je pense que finir cette conversation devant un repas ne vous fera pas de mal. Qu'en pensez-vous ? » proposa Hightower souriante.

Lisbon lui rendit son sourire, acceptant avec plaisir son invitation. Elles quittèrent ensemble le CBI, se retrouvant dans les rues sombres de Scramento. Madeleine se dirigea vers un petit restaurant vietnamien, à quelques rues de leur travail. Elles s'installèrent en silence. Lisbon était quelque peu gênée de dîner ainsi avec sa chef. Elles commandèrent et attendirent leur plat, toujours en silence. Ce fut Hightower qui le brisa.

"J'ai toujours aimé ce restaurant. avoua-t-elle.

- Je comprends. Il dégage une ambiance apaisante. sourit Teresa, un peu plus à l'aise.

Leur plat arrivèrent, dégageant une odeur épicée. Lisbon sourit devant son repas et l'entama avec entrain. Madeleine sourit. Elle attendit que Lisbon ait mangé à sa faim, avant de lui demander :

"Alors, quelles sont les pistes de Jane ?

- Il pense que Ambre Marlon sait qui a tué Georges Rom.

- Ambre Marlon ? répéta Hightower.

- La gamine journaliste de ce matin. répondit Lisbon.

- Pourquoi serait elle qui a tué Rom ?

- Ils étaient proches. proposa Lisbon.

Elle ne comprenait pas pourquoi son ami pensait que cette enfant avait quelque chose à voir avec la mort de cet homme.

- D'après Cho, votre interrogatoire au restaurant n'a rien donné. reprit Lisbon.

- Absolument rien. Je vois mal quelqu'un tuer Rom. Alors deux... soupira Hightower.

- Je pense la même chose.» répondit Lisbon.

Un nouveau silence s'installa entre elles. Mais ce n'était pas un silence gênant. C'était un silence songeur. Toutes deux se posaient la même question. Qui aurait pu tuer, ou empoisonner, Georges Rom ?
Elles quittèrent le restaurant ensemble, retournant au CBI.

"D'ailleurs, comment avance votre divorce ? demanda sans prévenir Lisbon.

- Oh... Et bien il avance. Il a fini par se faire à l'idée...» répondit Madeleine prise au dépourvue.

Elle n'aimait pas parler d'elle, et encore moins de ses problèmes. Lisbon lui sourit. Elle aimait ce sourire, si sincère et emplie de gentillesse. Lisbon était une honnête personne. Jane ne cessait de lui dire. Tout comme Hightower.

"Merci pour ce restaurant. Je vous dois un repas. sourit Lisbon.

Elles étaient arrivées au parking su CBI, devant la voiture de Lisbon.

- Prenez cela comme un cadeau de ma part.» répondit Madeleine souriante elle aussi.

Lisbon poussa un petit rire. Elle salua sa chef et entra dans sa voiture, quittant le centre de Sacramento. Il était minuit lorsque Lisbon rejoignit son lit dans l'espoir de pouvoir se reposer.

Trois coups résonnèrent. Assise à son bureau Teresa invita la personne à entrer. Wayne Rigsby se présenta devant elle, un dossier dans les mains.

"Ce sont tous les appels de Rom. Il n'a appelé que Ambre, son patron et Roméa dans les derniers jours. Excepté ce mercredi. fit Wayne en montrant l'appel.

- Deux jours avant sa mort. murmura Lisbon. Et qui est le concerné ? demanda-t-elle.

- Azer Marlon.

- Le père de Ambre. Mais pourquoi l'appellerait il ? s'étonna l'agent.

- C'est pas fini. Il a reçu plusieurs fois un appel d'un numéro provenant d'un téléphone jetable.

- Impossible de retrouver sa trace. soupira Lisbon. Allez interroger Roméa avec Cho, Jane et moi nous allons voir Marlon."

Rigsby hocha la tête et quitta son chef. Teresa se leva, suivant Wayne. Elle entra dans les bureaux de son équipe. Ils étaient tous assis à leur bureau, cherchant un sens à cette enquête.

"Patron, j'ai un truc sur la messagerie du mort. Venez écouter. lança Cho.

Lisbon se dirigea à grand pas vers l'asiatique, intriguée par cette enregistrement.

« Allô Georges ? Ouais c'est Roman. Tu te souviens de moi hein ? Je t'ai sauvé la vie enculé ! Je me suis sacrifié pour toi ! Et voilà comment tu me remercie ? Espèce de salaud ! J'ai perdu cinq ans de ma vie par ta faute ! Cinq ans ! Si jamais tu me croise, t'es un mec mort Rom ! Tu entends mort ! Comme ma soeur ! »

Une voix masculine s'éleva de l'interphone. Elle était française. Lisbon ne comprit que la moitié des mots. Cho lui donna une feuille. Dessus était la traduction qu'il avait fait du message. Lisbon le lut les sourcils froncés.

"Vous irez montrer ça à Roméa, et essayer de chercher ce Roman.

- Il a appelé depuis une cabine téléphonique. lança Cho.

- Avec un peu de chance, il est encore en Californie. Van Pelt tentez de faire des recherches sur un Roman français qui vivrait en Amérique. ordonna Lisbon. Jane nous allons...

Elle se stoppa. Jane n'était pas sur son habituel sofa. Lisbon poussa un soupir d'exaspération.

- Si jamais vous voyez Jane dites lui que je suis chez les Marlon. ajouta Lisbon à son équipe.

Grace hocha la tête et Cho et Rigsby quittèrent le CBI. Lisbon retourna dans son bureau mais se fit intercepté par Jane.

"Jane ! Ou étiez vous ? s'étonna Lisbon.

- Avec Bertram.

- Vous avez encore fait une bêtise ? s'inquiéta Lisbon.

- Pourquoi ? Vous avez peur pour moi ? la taquina Patrick.

- Si jamais vous faites un écart, c'est moi qui prend. lui répondit Teresa, un sourire en coin.

Jane lui sourit. Il avait un sourire charmeur, trompeur.

- Je vous cherchais justement. reprit Lisbon. Nous devons aller chez les Marlon. Georges les a appelé deux jours avant sa mort.

- Je suis d'accord avec vous, allons voir les les Marlon.» lança Jane.

Ils montèrent ensemble dans la voiture noire de Lisbon. Le consultant prit place sur le siège passager. Les grands bâtiments de la ville laissaient place à des campagnes isolées. Ils ne mirent pas longtemps à trouver la maison des Marlon. Elle se situait juste à côté de l'église de la ville. Elle comportait un petit jardin avant à la pelouse verte. Lisbon s'apprêtait à descendre, mais Jane lui en empêcha.

"Attendons la nuit. fit il.

- Pourquoi ? s'étonna son amie.

- Pour que Ambre puisse nous aider.

- Qu'elle sera la différence ?

- Faites moi confiance.» lui sourit Jane.

Lisbon haussa les sourcils, peu convaincue par les arguments de l'homme. Pourtant, elle savait qu'elle resterait assise à attendre la nuit avec lui.

"Que vous voulez Bertram ? retenta Lisbon après une heure de silence.

- Rien de grave. lui assura Jane. C'est moi qui est venu lui parler. avoua-t-il.

- Pourquoi ? Pourquoi cherchez vous à jouer avec le feu ?

- Parce que c'est plus fun. sourit Jane.

Il enleva son sourire devant l'air sceptique de Teresa.

- Croyez moi, il vaut mieux que vous ne le sachiez pas."

Lisbon poussa un soupir, vaincue. Les mystères que le mentaliste gardaient pour lui commençait à l'énerver. Elle se terra dans un silence boudeur.

Cho et Rigsby arrêtèrent la voiture devant la maison de Noct.

"Et ben, la gamine déconnait pas. C'est fleuries. lança Wayne.

- Ça me donne envie de vomir. envoya Cho en quittant la voiture.

Ils allèrent toquer à la porte. Roméa vint leur ouvrir, habillée d'une courte robe orangée. En la voyant pour la première fois, Wayne fut quelque peu déstabilisé, mais il se reprit rapidement.

"Bonjour, nous sommes du CBI. Nous voudrions vous parler de votre mari. Nous pouvons entrer ? demanda-t-il.

Noct hocha la tête et les laissa passer. Ils s'installèrent à la même table que Jane et Lisbon. Roméa reprit la même place. Cho sortit un interphone de sa poche et lui fit écouter l'enregistrement. La femme baissa la tête, abattue.

"Alors ? lança Cho.

- Georges m'avait parlé de ce message. Mais il m'a aussi dit qu'il n'avait rien à craindre de lui. Et puis il est français. Il doit vivre en France.

- Perdu. Il a appelé depuis la Californie.

Roméa regarda l'agent avec surprise.

- Vous ne savez rien de cet homme ? demanda Wayne.

- Georges ne m'a rien dit sur lui. murmura Noct d'une voix faible.

- Bien ce sera tout, merci.» finit par dire Rigsby d'une voix douce.

Il se leva et avec Cho ils quittèrent la maison, sans aucun indice en plus.

La nuit tomba sur Fields Landing. Les lampadaires éclairaient les rues vides de monde. Dans la voiture Jane réveilla Lisbon en douceur.

"On peut y aller. annonça-t-il.

- Enfin.» fit Teresa d'une voix ensommeillée.

Elle quitta la voiture et partit vers la maison des Marlon. Étrangement Jane restait en arrière. Elle lui lança un regard interrogatif, dont il répondit par un mouvement de tête vers la maison. Des cris étouffés se faisaient entendre. Lisbon sortit son arme et enfonça la porte d'un coup de coude. A l'intérieur toutes les lumières étaient allumés. Et au sol, en plein milieu du salon, se trouvait Ambre en pleurs et en sang. Elle regardait son père, de la peur dans les yeux. Il était au dessus de sa fille, le poing suspendu dans les airs. Avec les cris de Ambre il n'avait pas entendu sa porte. Il frappa à nouveau sa fille au visage, lui crachant des jurons dans une langue que Lisbon ne comprenait pas. Lisbon braqua son arme sur lui et hurla :

"Ne bougez plus ! Éloignez vous de votre fille sinon je tire !"

Le père se stoppa les mains en l'air. Il se leva avec lenteur, lançant un regard de haine vers l'agent de police.

"A terre, les mains sur la tête.» ordonna Teresa.

L'homme s'exécuta, les yeux braqués sur Ambre. Elle était restée au sol, les yeux fixés sur son père. Lisbon passa les menottes sur les poignets de père.

"C'est une honte de s'infiltrer ainsi chez moi. C'est immoral. lança Azer haineux.

- Vous battez votre fille. Question morale vous êtes le plus mal placé. lança Jane.

Il venait d'arriver, maintenant que le danger était passé.

- Je ne la battais pas. Je l'éduquais. se défendit Marlon.

- Vous nous expliquerez la façon d'éduquer votre fille dans les locaux du CBI. Je vous arrête pour maltraitance infantile.

- Tout de suite les grands mots.» maugréa le père.

Malgré la haute taille de l'homme, Lisbon le leva d'un geste brusque et l'enmenna dans la voiture.

"Jane, occupez vous de la gamine. ordonna-t-elle au passage.

Patrick s'approcha de l'enfant encore sous le choc. Sa peau comptait plusieurs hématomes, tirant sur le violet. Sa lèvre saignait et elle avait un oeil au beurre noire. Jane la prit dans ses bras et la leva avec douceur. Quinze ans. Ambre avait quinze ans. Quinze ans aurait été l'âge de sa fille si John le Rouge ne lui avait pas arraché la vie. Il la mena jusqu'à la voiture avec la même douceur et la même protection. Ambre se crispa en voyant son père assis à l'arrière.

"Jane, faites la monter devant. fit Teresa. Et vous montrerez à l'arrière.

- Comment ? s exclama Jane. A l'arrière avec lui ? Et si il décide de m'attaquer ?

- Il ne vous attaquera pas. soupira Lisbon.

- Vous avez une arme. Logiquement ce devrait être vous a l'arrière. reprit Jane.

- C'est bon j'ai compris, vous pouvez conduire." soupira Teresa vaincue.

La porte des locaux du CBI s'ouvrit sur Cho. Le visage fermé, Azer observait l'agent s'approcher.

"Alors Marlon, vous battez souvent votre fille ? lança Cho.

- Je ne la bats pas. Je lui apprend à me respecter. répondit le père.

- Et elle vous respecte souvent ?

- Pas assez à mon goût. sourit Azer.

Cho sortit de ses dossiers une photo de Georges Rom.

"Vous connaissez cet homme ? demanda-t-il.

Marlon regarda la photo avant de répondre à Kimball.

"Non.

- Pourtant il vous a appelé mercredi soir. reprit Cho.

Marlon se redressa sur son dossier et s'approcha de Cho. La colère se lisait dans son regard, mais cela n'impressionna pas l'agent qui le regardait dans les yeux.

"Je ne sais pas qui est cet homme. répondit Azer détachant chaque syllabe.

- Georges savait que vous frappiez votre fille. Il vous a appelé ce soir la pour vous demander d'arrêter. Alors vous avez décidé de le tuer. Par empoisonnement. récita Cho d'une voix calme.

- Ce con se mêlait toujours des affaires des autres. Mais je m'en foutais si Ambre lui avait tout expliqué. Ce lâche n'aurait jamais osé aller voir la police. Pourquoi je l'aurais tué ? Je ne suis pas un meurtrier. J'ai une morale, croyez moi.

- J'ai du mal à vous croire. Ou étiez vous la nuit du meurtre ? demanda Cho.

- Je demande un avocat.» ordonna Azer d'une voix dure.

Dans le bureau de Teresa était assise Ambre, une tasse de thé à la main. Jane était assis à ses côtés, tandis que Lisbon arrivait, sortit de l'interrogatoire du père de Ambre..

"J'ai appelé ton cousin. Il arrive le plus vite possible. Il sera dans quelques heures. fit elle a l'enfant.

- Merci. sourit sombrement Ambre. Au début il n'était pas comme ça. commença-t-elle après un court silence. Il était aimant envers maman. Je... j'avais une soeur. Une soeur jumelle. Elle était la préféré. Mais pour elle, c'était moi sa préféré. Un jour, je lui ai demandé de venir me chercher à l'école. Elle a prit la voiture avec maman. Elle roulait correctement. Tout aurait dû bien se passer, mais elles ont eu un accident. Quelqu'un leur est rentré dedans. Elles sont mortes sur le coup. Papa était en colère. En colère contre le conducteur. En colère contre moi. Moi aussi j'étais en colère contre moi. Pourquoi ? Pourquoi n'aurais je pas utiliser mes pieds ? Pourquoi elle et pas moi ? C'est elle qui aurait du vivre. Papa voyait sa vie basculé. Il ne le fait pas exprès. Il veut juste retrouver un peu de ma mère et de ma soeur en moi."

Silence. Ambre se sentait obligé d'expliquer la folie de son père. Il n'était pas mauvais. Juste malheureux. Il n'était pas un monstre. Il pensait bien faire. Il croyait bien faire. Alors pourquoi elle le détestait ? Pourquoi n'arrivait elle pas à l'aimer comme un père ?

"Tu as toujours été la dernière. fit Jane. Mais pour Georges tu étais la première.

- Oui, un peu. Je n'étais pas juste la. J'étais Ambre."

Un lourd silence s'installa. Lisbon avait refermé la porte et s'était approché de l'enfant. Elle avait un grand coeur. Elle cherchait une raison à la folie de son père. Elle était bonne. Mais personne ne le voyait. Personne ne remarquait les bleus sur son corps, et la lumière dans son coeur.

"Je, reprit elle d'une voix hésitante, je pense savoir qui a tué Georges »

Lisbon se redressa et sortit un petit carnet de sa poche. Jane lui lança un regard éloquent. Une nouvelle fois il avait raison.

"Un jour, Georges m'a avoué, que avant, il avait fait parti d'un gang. Un gang français. Et il les avait soudainement quitté. Je crois que c'était les Frogz. elle fit une petite pause avant de reprendre. Il m'a fait promettre de ne rien dire à personne, mais je pense que sa mort doit être lié au gang. On ne quitte pas un gang comme ça."

Ambre baissa la tête, cachant ses yeux humide sous ses cheveux noir. Jane posa sa main sur son épaule.

"Merci Ambre."

La jeune fille haussa les épaules. Jane se leva et quitta le bureau de son patron, suivit de Teresa, laissant l'enfant seule avec ses pensées.
Ils partirent rejoindre Van Pelt, Rigsby et Cho regroupé dans leur bureaux. Lisbon avait assisté à l'interrogatoire de Marlon, caché derrière la vitre miroir. Rom avait été peut être empoisonné par cet homme. Elle ne lui faisait pas confiance. Hightower arriva au même moment.

"Alors Cho, comment s'est passé votre interrogatoire ? demanda-t-elle.

- C'est peut être le type qui a empoisonné Rom. Il a un motif et aucun alibi pour l'instant.

- Ce n'est pas lui. lança Jane.

- Comment pouvez vous le savoir ? s'exclama Teresa.

- Il était entrain de battre sa fille. Il n'allait pas nous l'avouer. répondit Jane.

- Qu'importe. Nous allons garder ici encore quelque temps. fit Hightower. Et pour Noct ?

- Elle connaissait l'existence du message mais ignorait qu'il avait été fait depuis la Californie.

- Elle ment. lança à nouveau Jane.

Lisbon ouvrit la bouche, prête à répliquer, mais fit devancer par Hightower qui lui demanda :

"La gamine vous a dit quelque chose ?

- Georges faisait partit d'un gang. Il les a quitté subitement. C'est un gang français. Ce sont...

- Les Frogz. la coupa Cho.

Lisbon regarda son coéquipier. Il avait fait parti d'un gang avant d'être agent au CBI.

- C'est exact. Van Pelt, appelez l'anti gang et demandez leur des infos sur les Frogz. continua Lisbon.

- Peut être que le Roman du message faisait partie des Frogz. tenta Wayne.

Sa recherche sur le mystérieux appel l'avait mené à un cul de sac.

- C'est possible. Bien. Il commence à être tard. Vous pouvez disposer."

Le lendemain, Van Pelt avait réussi à contacter le service anti gang de Californie. Réunis autour d'une table, ils attendaient Jane avant de commencer. Le consultant arriva en silence et prit place aux côtés de Rigsby. Lisbon fit signe à Van Pelt de commencer.

"L'anti-gang m'a confirmé la présence d'un Roman chez les Frogz. avoua la rousse.

- C'est bien beau tout ça, mais comment on va attraper un homme dont on ignore l'identité ? demanda Wayne.

- Ils ont intercepté un appel hier soir. Il doit normalement avoir un rendez-vous dans le Fort Memory à Conorado.

- Il n'est pas en construction ? s'étonna Lisbon.

- Si justement.

- Et avec qui a-t-il rendez vous ? demanda Hightower.

- Avec un Martin et une Lucy.

- Conorado, c'est à côté de San Diego ? les interrompit Jane.

- Exact. A quelle heure ont ils rendez vous ?

- 14h. L'unité anti-gang nous autorise une attaque sur ce trafic.

- Parfait. Allez vous préparer, on part. ordonna Hightower.

Ils hochèrent la tête et quittèrent en vitesse.

- Je vais aller faire un tour chez le médecin légiste.» annonça Jane a Madeleine.

La femme sourit. Jane n'aimait pas la violence et il tentait de fuir les combats autant que possible. Du courage, il n'en avait pas. Pourtant au fond de lui, il était le plus valeureux des hommes, à faire face à ses malheurs. Il y avait une autre personne forte dans le service. La courageuse Teresa Lisbon.

"Ayez confiance, tout va bien se passer.» lança sans prévenir Jane.

Hightower sursauta. De quoi parlait il ? Jane la regardait souriant, le regard empli d'une grande malice. Il quitta Madeleine, prenant sa veste au passage. Hightower le regarda partir les sourcils froncés. Que racontait il ? De son divorce ? Ou d'autre chose ?

"Hightower ? Nous sommes prêt, il ne reste plus que vous."

Hightower sursauta. Lisbon venait d'arriver, un gilet par balle sur le torse. Madeleine hocha la tête et partit se changer. Elle avait une attaque à faire. Elle n'avait pas le temps de penser aux étranges paroles du mentaliste.

La voiture de Lisbon suivait celle de Cho. Il roulait à vive allure en direction de San Diego. Il n'avait que quatre heure pour parvenir à l'heure de rendez-vous et avoir une chance de piéger leur homme.
Le soleil était haut dans le soleil lorsqu'ils arrêtèrent leur voiture. Ils étaient arrivé devant un grand bâtiment aux murs grisâtres. Au dessus des grues étaient immobiles, portant encore des pierres dans les airs. Hightower sortit de sa voiture et fit signe aux autres de la suivre.

"Van Pelt, Cho et Rigsby vous prenez par l'arrière. Lisbon et moi nous allons à l'avant. Attendez mon signal avant d'intervenir." ordonna Hightower.

Les agents hochèrent la tête. Rigsby, Cho et Grace partirent en silence trouver une ouverture arrière. Lisbon et Hightower s'échangèrent un regard. Elles sortirent leurs armes et partirent à l'entrée du hangar. Lisbon partit à gauche de l'entrée tandis que Hightower restait sur le côté droit. Les grandes portes étaient entrouvertes. Lisbon jeta un coup d'oeil intérieur.
Plusieurs cartons et meubles abandonnés étaient posés dans le hangar. Au milieu de tout cela, se trouvaient deux hommes et une femme. Le premier homme était seul, habillé d'un pull-over bleu. Il semblait se disputer avec les deux autres. Lisbon s'éloigna et fit signe à Hightower. C'était le moment. Sa chef hocha la tête et alluma son talkie-walkie :

"Cho, vous êtes prêt ?"

Aucune réponse. Elle regarda Teresa sourcils froncés. Elles n'avaient pas le temps d'attendre. Ils allaient leur échapper.

"Nous allons entrer. Rejoignez nous le plus vite possible." répéta Hightower à Cho.

Elle se tourna vers Lisbon qui hocha la tête. Elle se recula de la porte. Madeleine inspira profondément avant de dénoncer la porte d'un grand coup de pied.

« CBI que personne ne bouge ! » cria-t-elle arme levé.

Les deux hommes et la femme se tournèrent vers les deux agents surpris. Ce fut l'homme au pull-over bleu qui dégaina son arme le plus vite. Il tira en direction de Lisbon, mais cette dernière s'était déjà cachée derrière un vieux meuble en bois. Les deux autres avaient sorti leurs armes. Des balles fusaient dans tous les sens, espérant toucher une cible. Cachée derrière son meuble, Lisbon se releva tirant a l'aveuglette, se fiant aux bruits, plus qu'à la vue. Une balle lui frôla le bras, déchirant son t-shirt et sa peau. Elle se replia, le visage déformé par la vive douleur qu'elle ressentait. Hightower lui jeta un regard. Les balles volaient toujours sur elle. Elle était en danger. N'écoutant que son courage, elle sortit de sa cachette et tira sans hésiter sur un homme. Il s'écroula au sol, plusieurs balles dans la poitrine. Derrière lui se tenait Grace Van Pelt, de la fumée s'échappant de son arme. Elle avait tiré en même temps que Hightower. Essoufflée, elle regarda sa chef, arme levé.

"On a croisé quelqu'un." expliqua la rousse.

Hightower hocha la tête.

"CBI ! Posez vos armes et on ne fera rien ! » s'écria Rigsby d'une voix forte.

Lisbon sortit de sa cachette, l'arme braquée sur la femme. Forcés, l'homme et la femme posèrent leurs armes au sol et levèrent les mains, le regard noir. Cho s'approcha du premier, portant un pull bleu. Il le mit à terre et le fouilla. Il en sortit plusieurs sachets de poudre blanche.

« Lâchez ça ! » s'exclama l'homme.

Cho ne répondit rien et rangea les sachets dans sa poche. Il passa ensuite les menottes aux poignets du trafiquant.
Grace s'approcha de la femme. Elle était jeune. Même trop jeune. Elle regardait Van Pelt s'approchait, une colère luisant dans ses yeux. Grace la mit sol violemment et la fouilla sans rien trouver.

« Vous l'avez tué ! » cracha la jeune femme en direction de la policière.

Grace resta de marbre, toisant de son regard brun la femme au sol. Elle et Cho les emmenèrent dans leurs voitures, suivit de Rigsby.
Lisbon s'approcha de sa chef essoufflée. Un petit filet de sang s'écoulait de sa blessure. Elle regarda Madeleine souriante. Elle lui avait sauvé la vie. Elle n'avait pas hésité à se mettre en danger. Si Jane aurait été la, il aurait sûrement remarqué l'étrange lueur qui brûlait dans les yeux de Lisbon, mais Hightower n'était pas Jane. Elle ne remarqua pas cette lumière si particulière dans le regard de Teresa.

"Merci. lâcha Lisbon au bout d'un moment.

- Ce n'est rien.» sourit Hightower.

Lisbon poussa un petit rire et partit rejoindre sa voiture, Hightower à ses côtés. En arrivant, Rigsby lui annonça qu'ils étaient prêt à partir. Lisbon hocha la tête et prit place sur le siège passager, laissant le volant Hightower. Elle avait confiance en elle.

"Mathieu Lefèvre, plus connu sous le nom de Roman. C'est ça ?

Assis en face de Cho se trouvait un homme d'une trentaine d'années avec un pull over bleu. Son visage était fermé et son regard noir.

- Pourquoi vous appelé Roman ? relanca Cho.

L'homme ne répondit rien.

- Georges Rom, ça vous dit quelque chose ?

L'homme se crispa mais garda son silence.

- Vous l'avez tué pour vous venger de votre soeur n'est ce pas ?

Silence.

- On a retrouvé sur vous des sachets de cocaïne. Si vous cooperez, votre charge sera allégé. Vous le savez ?

- Je ne dirais rien, enculé. répondit l'homme dans sa langue natale.

- Tu te crois malin ? Écoute t'es pas avec tes flics français ici. Sois tu réponds à mes questions, soit tu pars en taule." répondit Cho en français.

Coincée dans son bureau, Lisbon soignait son bras lorsque Jane arriva.

"Vous êtes seule ? demanda-t-il.

- Oui. Cho interroge Roman. Hightower m'a demandé de me reposer. sourit Lisbon.

- Et vous ne pouviez pas lui refuser. sourit Jane.

- C'est mon patron ! s'exclama Teresa les joues rosies.

Patrick lui fit un sourire en coin.

- Vous pensez que vous pouvez m'accompagner chez Noct ? ironisa Jane.

- Bien sûr. Mais pourquoi voulez vous y aller ?

- Vous verrez.» sourit Jane.

Lisbon soupira et partit accompagner Jane à Fields Landing.

Le visage fermé de Mathieu se changea en celui de la surprise. Il ne s'attendait pas qu'il comprenne le français. Il détourna le regard, hésitant.

"Roman, ça ressemble beaucoup au nom de votre soeur non ? Romane si je ne me trompe pas. Elle est morte en France il y a vingt ans. Dans un accident de voiture. redemanda Cho en anglais.

- Ne parlez pas d'elle ! s'exclama Mathieu en français.

- Vous comprenez l'anglais c'est déjà ça. Pourquoi pensez vous que c'est Rom qui la tué ?

Mathieu lança un regard noir à Cho.

- Cet accident de voiture, c'est lui qui la causé. Pour impressionner ma soeur. Il voulait se la faire ce connard. Puis finalement c'est elle qui est morte et lui vivant.

- Vous avez tué Rom pour venger votre soeur. affirma Cho.

Mathieu éclata de rire.

- C'est bien plus compliqué que vous le pensez. Je l'ai pas tué simplement par vengeance. D'ailleurs je ne l'ai même pas tué. Il était déjà mort avant que je ne puisse me venger. rit Roman.

- C'était un ordre non ?

- C'est que vous êtes malin pour un flic vous.» sourit Mathieu.

Dans l'autre salle, Grace Van Pelt parlait avec la jeune femme. Elle avait les yeux rougies. Elle regardait Van Pelt d'un oeil noir.

"Alors, Lucy Mor que faisiez-vous dans ce hangar vide ? demanda l'agent.

- Rien. lança la jeune fille.

- Vous alliez faire du trafic de drogue.

- J'étais pas là pour ça. répondit elle.

- Et vous étiez là bas pour quoi ?

- Pour le mec que vous avez descendu salope ! hurla Lucy.

Grace haussa les sourcils, ignorant les dernières paroles de la femme.

- L'homme au pull bleu, vous le connaissez ?

- Non, Martin m'a juste dit qu'il fait parti des Frogz.

- Martin ? répéta Grace.

- D'après vous ?» relanca Lucy.

Grace lui lança un regard hautain avant d'écrire sur son carnet. Puis elle la quitta sans un mot de plus.

"Hé ! Attendez ! Revenez ! Vous allez pas me laisser là ! C'est ridicule ! Je veux voir un avocat !" s'exclama Lucy en voyant la rousse quitter les lieux.

Lorsque Jane et Lisbon arrivèrent, la soleil se couchait sur la ville balnéaire. Jane descendit de la voiture suivit de Lisbon. Elle frappa à plusieurs reprises chez Noct, jusqu'à ce que Roméa vint ouvrir. Elle portait un peignoir soleil et son même air ahuri.

«Nous venons pour vous donner des avancés de l'enquête.» annonça Lisbon d'un air sombre.

Noct les laissa passer et s'installa sur la table de son salon. Sa maison ne comportait aucun canapé libre. Elle sortit deux tasses et servit du thé à ses invités, en silence. Une odeur de fleur se dégageait des tasse. Lisbon regarda Jane qui buvait déjà dans sa tasse.

"Que se passe-t-il ? demanda Noct.

Jane prit le temps de finir sa gorgée avant de répondre.

- Tout à l'heure je suis allé voir le médecin légiste, pour avoir une autopsie du corps. Et ce dernier a confirmé mes craintes.

Il laissa planer un silence théâtrale avant de reprendre.

- Votre mari a bien été empoisonné par un puissant et douloureux poison.

Le regard de Roméa s'écarquilla.

- Vous dites qu'il a souffert ?

- Il a tout d'abord eu de violentes douleurs à l'estomac, suivit de vomissements, accompagnés de douloureuses convulsions. Il a ensuite eu la sensation que ses poumons brûlaient et que son coeur allait partir de sa poitrine, et enfin il est mort.

- Non... Non, c'est impossible... murmura Roméa à elle même.

- Pardon ? demanda Lisbon.

- C'est impossible. Il n'a pas pu souffrir ! s'exclama-t-elle en se levant.

- Comment pouvez vous le savoir ? la lança Jane.

Lisbon avait sortit son carnet prête à écrire, tandis que Jane se levait à son tour.

- Je le sais car c'est moi qui l'est empoisonné ! Avec du laurier rose ! Il n'aurait pas du souffrir ! Pitié dites moi qu'il n'a pas souffert !? s'écria-t-elle en direction de Jane.

Dans ses yeux brûlaient des larmes de peur et de remord.

- CBI, vous allez devoir nous suivre madame. Les mains dans le dos.» ordonna Lisbon en sortant les menottes.

Roméa se laissa faire, le regard fixé sur Jane. Elle attendait sa réponse. Elle voulait sa réponse.

"Vous avez réussi, Roméa, il n'a pas souffert." annonça Jane.

Le visage de la femme s'apaisa tandis que Lisbon la faisait monter dans la voiture. Jane les rejoignit en silence.

Jane et Lisbon étaient assis face Roméa, toujours en peignoir. Elle avait perdu son air ahuri et portait un visage neutre.

"Bien. Roméa, pourquoi avoir tué votre homme ? demanda Lisbon.

- Je ne l'ai pas tué, je l'ai sauvé d'une mort douloureuse.

- Vous n'avez sauvé personne Roméa. affirma Jane.

- Je l'ai sauvé de la douleur. Dans tous les cas il allait mourir. Il le savait mais refusait de me croire.

- Comment ça "de toute façon il allait mourir" ? demanda Lisbon.

- Le Roman qui a laissé ce message sur la messagerie de Georges, il a rappelé il y a peu de temps. Il voulait qu'ils se revoient en mémoire de sa soeur. C'était un piège, je le sentais venir à des kilomètres. Il lui avait donné rendez-vous dans l'hôtel. Mais Georges ne m'a pas écouté, et a dit qu'il devait y aller, pour cette "Romane".

Elle soupira.

"Alors j'ai glissé plusieurs feuilles de laurier infusés dans son repas. Si il devait mourir, je ne voulais pas qu'il souffre. Je l'aimais. Je préférais aller en prison, plutôt que de m'imaginer l'homme que j'aimais entrain de souffrir.

Elle se tut quelques instants, repensant à ses souvenirs avec l'homme de son coeur.

- Comment l'avez vous su ? demanda-t-elle à Jane.

- Le laurier. Personne ne taille son arbre au début de l'été. annonça-t-il.

- Oh, bien sûr. Bien observé." avoua la femme.

La nuit était tombée lorsque Jane et Lisbon quittèrent la salle d'interrogatoire. Ils furent rejoints par Hightower qui avait écouté l'interrogatoire derrière la vitre.

"Cette affaire ma donné le cafard. annonça Lisbon. Une femme qui tue son mari pour ne pas qu'il souffre, c'est trop pour moi.

- Je suis d'accord avec vous. confirma Madeleine. Et qu'en pensez vous Jane ? Jane ?

Il n'y avait plus aucune trace du mentaliste. Lisbon et Hightower se jeterent un regard exaspéré avant de se sourire.

"A chaque fin d'enquête nous avons pour habitude de manger une pizza. l'invita Teresa.

- Comment pourrais je refuser.» sourit Madeleine.

Elles quittèrent ensemble le CBI et partirent à la Roma's Pizza, à quelques mètres seulement du CBI. Elles commandèrent leur pizza, avec entrain.
Teresa contait ses nombreuses mésaventures dans ses enquêtes, souvent provoquées par Jane, sous le regard bienveillant et rieur de Madeleine. Elles ne virent pas le temps passer, coincées dans cette boucle hors du temps qui leur plaisait. En sortant du restaurant, elles avaient toutes deux le sourire aux lèvres, et le regard allumé par une flamme secrète et interdite.
Madeleine s'arrêta soudainement, se tournant vers Teresa. Lisbon la regarda souriante, les sourcils levés.

"Me faîtes vous confiance ? demanda Hightower.

- Oui. répondit spontanément Teresa.

- Fermez les yeux.»

Teresa s'exécuta, amusée. Elle sentit la main de Madeleine lui frôlait la joue, avant de sentir le goût de ses lèvres sur les siennes. Surprise Lisbon ouvrit les yeux. Elle posa une main sur la joue de Hightower et lui rendit son baiser.
Perdue dans une petite rue, à l'abri des lumières artificielles, elles venaient toutes deux de comprendre la flamme qui allumait si souvent leur regard et qui brûlait leur coeur.