Bonjour. Oui je poste la suite de cette histoire à peu près un an plus tard, avec un chapitre plus court que normalement, mais j'ai décidé que je devais reprendre du service. Dorénavant, j'essayerai de poster plus de chapitres, courts, mais avec moins de temps entre eux.

Cette histoire me tient vraiment à cœur.

Disclaimer : Himaruya

Rating : T pour le chapitre, mais l'histoire est du M

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Chapitre III : Have you seen my Childhood ?


Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,

Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,

Et puis est retourné, plein d'usage et raison,

Vivre entre ses parents le reste de son âge !

Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village

Fumer la cheminée, et en quelle saison

Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,

Qui m'est une province, et beaucoup davantage ?

Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux,

Que des palais Romains le front audacieux,

Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine :

Plus mon Loir gaulois, que le Tibre latin,

Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,

Et plus que l'air marin la douceur angevine.

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Les regrets


Ce matin-là, quand la petite Liliane se réveilla, elle sut que quelque chose avait changé. Elle se leva de son lit constitué de peaux de moutons et commença à chercher sa mère dans la petite cabane qui leur servait de foyer depuis des années.

— Maman ?

Pas de réponse.

Liliane comprit que sa mère n'était pas là. En espérant la trouver dehors, elle sortit de la cabane et commença à crier.

— Maman ! Maman !

Mais toujours pas de réponse.

Liliane eut peur. Mais elle se dit que ça mère était sûrement partie à la chasse et qu'elle allait revenir avec plein de gibier à la viande fraîche (et peut-être même des fruits). Cette idée la réconforta un petit peu. Elle retourna à l'intérieur de la cabane et se dirigea vers son lit pour se recoucher. C'est là qu'elle vit le collier d'or posé à côté des peaux. La fillette se baissa pour le ramasser et comprit que quelque chose n'allait vraiment pas. Sa mère n'enlevait jamais son collier. Quelque chose avait dû lui arriver…

Des larmes montèrent aux yeux de Liliane. Cependant, elle les effaça d'un coup de main en se disant que peut-être, le bijou était tombé et que sa maman ne l'avait pas remarqué. Liliane imagina sa maman et le sourire qui allait s'épanouir sur son visage lorsqu'elle allait lui rendre son collier.

Elle mit la chaîne autour de son cou (comme ça, elle ne le perdait pas) et se recoucha dans son lit en laine, le temps d'attendre la venue de sa mère.

Or sa mère ne revint pas.

C'est des années plus tard que Liliane comprit qu'elle n'allait plus jamais la revoir.

Mais en ce fin de journée, alors que le soleil se couchait, sa mère n'apparut pas. Quand la lune fut montée au ciel, il n'y avait toujours pas de trace d'elle. Par la suite, au lever du soleil, Liliane avait continué à attendre sa mère. Elle avait attendu.

Le troisième jour, jour où Liliane rencontra pour la première fois un autre adulte que sa mère, un homme vint. Il était grand et musclé. Ses longs cheveux blonds tombaient en cascade sur son dos. Ses yeux d'un bleu délavé tirant vers le violet abritaient une lueur étrange, un peu enfantin. Il souriait beaucoup et pendant toute l'entretien que Liliane eut avec lui, il ne perdit jamais ce sourire. Il se présenta en tant que la Germanie. Liliane, à cause de la ressemblance qu'il y avait entre eux, crut qu'il s'agissait de son père.

— C'est vous, mon papa ? demanda-t-elle naïvement.

— Non, répondit Germanie. Mais je connais ton père.

« Quoique… », songea-t-il. « On ne sait jamais. Peut-être qu'elle est ma fille? Peut-être celle de mon fils? Qui sait… »

— C'est qui mon papa ?

— Un homme qui ne va pas tarder à venir, car il s'est rendu compte qu'il peut récupérer son enfant.

— Alors papa va venir me chercher ?

— Ça dépend…

— Comment ça ?

— Ta mère te…

— Vous connaissez maman ?

— Oui.

— Où est-elle ? Ça fait trois jours qu'elle est partie …

Liliane recommença à pleurer. Sa mère lui manquait beaucoup et elle ne savait pas quoi faire sans elle. À ses pleurs, Germanie la prit dans ses bras et essaya de la calmer. Son sourire était apaisant.

— Ta mère est partie, dit-il, et je ne pense pas qu'elle puisse revenir.

— Mais pourquoi ? gémit l'enfant entre ses bras.

— Parce qu'il le fallait.

— Pourquoi le fallait-il ?

Le Germanique planta ses yeux bleus dans ceux de la fillette. Son sourire s'agrandit et il dit :

— Je ne peux pas t'expliquer pourquoi elle est partie, car moi-même, je ne le sais pas. Mais je pense, qu'un jour, tu trouveras la réponse à ta question.

Germanie mentait. Il savait très bien que Gaule Celtique était morte. C'était même lui qui, après avoir eu un pressentiment (car il avait des dons de voyance), était allé chercher le corps sans vie pour accomplir les rites funéraires. Mais comment dire à un petit enfant que sa mère était morte pour que son enfant ne meure pas ? Germanie le savait, Gaule Celtique avait décidé de mourir de son propre chef, pour que sa fille hérite ses terres. Liliane était un enfant fragile et ne représentait aucune terre, jusqu'à la mort de sa mère. Dans la majorité des cas, les représentants pouvaient survivre sans représenter une quelconque parcelle de terrain, mais parfois, des représentants sans terre n'étaient pas assez forts et étaient donc voués à mourir. Gaule, en utilisant la magie, avait pu, tant bien que mal, à prolonger la vie de sa fille. Cependant le pouvoir de la magie n'était pas éternel, elle l'avait bien vite compris. Combien de jour, Liliane était tombée malade et avait souffert ? Combien de fois, Gaule avait cru que la dernière minute de sa fille était venue ? Combien de maladie sa fille avait-elle eu, juste parce qu'elle n'avait pas de terre à représenter ? Alors Gaule s'était dit, que quand sa fille allait grandir encore un peu, elle allait lui léguer son territoire et disparaître pour laisser sa place à Liliane.

— Vous êtes sûr monsieur ?

— Oui. Tu es une fille intelligente Liliane et je peux te garantir que tu feras de grandes choses dans ce monde.

— Ah bon ?

Les yeux de la fillette commencèrent à briller de joie. Mais très rapidement, cette étincelle s'évanouit pour laisser sa place à la tristesse. Elle avait peur pour sa maman.

— Et papa ? Il va venir me chercher ? Il ne m'a pas abandonné ?

Germanie avait pitié de cette enfant maintenant. Il était venu pour l'emmener avec lui et ainsi, rajouter des terres aux siennes facilement, mais ce visage sans espoir qui attendait un signe de son paternel était beaucoup trop émouvant. Il avait planifié de la ramener avec lui, mais cette enfant voulait voir son père. Germanie était dans une impasse : sa raison lui disait de la prendre avec lui, et ainsi une grande partie des terres de l'Europe, mais son cœur lui hurlait de laisser Liliane à son père, de faire le bonheur de la petite mais de, cependant, perdre la chance d'avoir des terres gratuitement. Or Germanie, en plus d'être un homme plutôt gentil et bon guerrier, ne connaissait malheureusement pas la philosophie qui dictait la vie des Romains.

— Tu as deux choix, Liliane. Soit tu viens avec moi, soit tu attends la venue de ton père.

Cette fois, ce fut l'impasse pour Liliane. Germanie lui paraissait être un homme bon et gentil, or sa mère lui avait dit de ne faire confiance à personne. Elle voulait aussi voir son père, mais est-ce que cet homme qui l'avait abandonnée était une bonne personne ? Mais elle se dit qu'elle pouvait faire plus confiance à une personne avec qui elle partageait le même sang qu'à une personne avec qui elle n'avait aucun lien.

— Je veux attendre papa…

— Je comprends, murmura Germanie. Alors je vais partir et toi, tu resteras ici bien sagement, le temps que ton père vienne.

Le Germanique se dit qu'il faisait la meilleure chose, car il n'allait pas être la cause d'une séparation fille-père. Or Liliane comprit aussi, des années plus tard, que ce jour, elle avait pris une des plus désastreuses et monstrueuses décisions de toute sa vie.

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Liliane se fit balancer sur le sol de marbre froid, juste devant les pieds d'un homme en habit blanc et rouge. Cet homme se pencha, la prit par le col de son vêtement pour la soulever, puis la leva à la hauteur de son visage. Il avait le teint hâlé, des cheveux d'un noir de jais et des yeux d'un rouge pale, tirant presque au rose.

— Une fille ? fit-il doucement. Tch... une fille…, répèta-t-il en balançant sa tête de droite à gauche. Ses boucles noires virevoltèrent autour de son beau visage sévère. Lamentable…

— Excusez-moi père, je…, fit un autre homme qui se tenait devant celui qui tenait Liliane.

Cet homme, c'était celui qui était venu la chercher, en se présentant en tant que son père. Il était grand, beau et musclé. Il avait la même chevelure que l'homme qu'il nommait « père », mais ses yeux, ils étaient différents de ceux rouges de son père. Ils avaient une forme différente, et des pupilles de couleur ambré.

— Une fille… murmura l'homme qui tenait Liliane. C'est une horreur. Une fille ne peut pas représenter des terres. Les femmes sont beaucoup trop faibles pour un boulot pareil. Elles ne savent pas se battre parce qu'elles sont faibles de nature… Elles pleurnichent pour un oui ou un non… Elle ne sont bonnes qu'à enfanter… La place d'une femme est à côté d'un homme… Et elle ne doit pas oser quitter sa position…

— Exactement, père, vous avez totalement raison, acquiesça le plus jeune des deux hommes. Que voulez-vous que je fasse de cette enfant ?

Le père réfléchit pendant un moment avant de dire :

— Je ne sais pas... Ne la tue pas, mais... Quoique... non... Traite-la comme ces petites souris de maison. Qu'elle existe, mais qu'on ne la voit pas. Je ne veux pas l'apercevoir. Non, non, je ne veux pas voir de petite barbare dans ma maison. Et quand elle aura grandi un peu plus, on la mariera avec un représentant de notre choix, histoire d'avoir des liens familiaux avec les autres.

Et il balança Liliane sur le sol de marbre comme s'il s'agissait d'une ordure.

— Si sa présence est si dérangeante, elle peut toujours rester dans les cellules des esclaves.

— Non ! Les cellules des esclaves sont beaucoup trop luxueuses pour elle. Les écuries de porcs feront parfaitement l'affaire. Elles sont adéquates à une petite barbare de son espèce.

— Bien père.

Le jeune homme qui se tenait derrière Liliane s'avança vers elle et la souleva du sol par le col de la tunique de celle-ci. C'était un bel homme, qui portait une armure dorée (le même que celui de leur rencontre) et des sandales aux lanières qui lui remontait jusqu'aux genoux. Si cet homme était son père, alors celui qui se tenait juste devant elle, assis dans une posture royale, devait être son grand-père.

Liliane frissonna, elle avait imaginé sa famille côté paternel plus différemment. Après le départ de Germanie, elle avait attendu pendant des semaines la venue de son père, mais la personne qui était apparue devant elle l'avait profondément déçue. Liliane s'était attendue à un homme bien-aimant, gentil et paternel, mais à la place, elle avait eu droit à un guerrier d'une cruauté qu'elle n'aurait jamais pu imaginer. Il avait brûlé la petite cabane où elle habitait depuis des années avec sa mère et l'avait attrapé du col de son vêtement sans un mot pour la jeter dans une cage tirée par un cheval.

Il n'y avait eu pas un mot de sa part.

Mais des cris mélangés à des pleurs de tristesse du côté de Liliane.

Elle avait hurlé de terreur, jusqu'à ce qu'après trois jours de voyage, il ne daigne lui dire qu'il était son père. Alors elle s'était calmée, jusqu'à ce qu'elle se rappelle de ce qu'avait dit sa mère.

« Ne fais jamais confiance à une personne. »

Sur ce, Liliane avait décidé de respecter à la lettre les trois ordres de sa mère, le temps qu'elle revienne pour la récupérer.

Maintenant, soulevée par sa nuque comme un chaton par son père, faisant face à son grand-père, elle se dit que même s'ils étaient de sa famille, même si le même sang coulait dans leurs veines, leurs faire confiance serait une erreur fatale.

Il fallait juste qu'elle attende le retour de sa mère. Liliane le savait, sa mère n'allait pas la laisser ici, avec des brutes. Elle allait revenir pour elle. Elle allait revenir et elles allaient vivre une belle vie comme avant.

Pas vrai ?...

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Liliane se réveilla à l'aube, en même temps que les coqs. Les porcs couchés auprès d'elle dormaient encore alors qu'elle se levait et dépoussiérait de quelques petites tapes sa tunique de fortune, puis elle sortit en courant des écuries. Ce jour-là, ses frères avaient un rendez-vous sous le grand châtaignier en dehors de la ville de Rome. Elle avait quatre frères qu'elle connaissait, mais elle doutait fortement que sa fratrie s'arrêtait là. Son père devait avoir encore pleins d'autres enfants. Mais pour l'instant, il n'y avait qu'eux qu'elle connaissait. Il n'y avait pas vraiment de différence entre eux. Ils étaient tous des bâtards et orphelins de mère. Or il y avait quant même une grande inégalité entre ces garçons et elle. Et cette inégalité se situait dans l'amour que leur père leur portait. Eux étaient aimés et choyés, elle, méprisée.

Liliane se doutait de la raison d'un tel dédain ; c'était tout simplement parce qu'elle était une fille. Une fille. Voilà la raison pour laquelle elle dormait entre les cochons puants, se collant à leurs peaux crasseuses pour avoir un semblant de chaleur, alors que ces frères se prélassaient entre des couvertures brodées avec minutie de perles. Voilà pourquoi chaque jour, elle se contentait des restes de repas jetés aux chiens, dont eux-mêmes n'en voulaient pas, alors que ces restes provenaient des mets préparés à l'intention de ses frères. Voilà pourquoi, elle se faisait battre à mort si on la voyait dans la maison, alors que ces frères couraient pendant ce temps-là le long des couloirs en criant. Voilà pourquoi elle n'avait pas le droit de parler en présence des adultes alors que ces frères hurlaient de caprices aux côtés des invités importants.

Tout ça, parce qu'elle était une fille. Tout ça pour cette simple et bête raison. Pour quelque chose qu'elle n'avait même pas choisi.

Même si elle était jeune, Liliane avait compris la philosophie qui dictait la vie de son grand-père. Pour lui, il y avait une pyramide. Sur cette pyramide, les peuples étaient classés de façon à ce que les plus importants soient tout en haut du triangle, alors que ceux moins importants, se situaient tout en bas. C'était très simple de placer un peuple sur cette pyramide : il ne fallait seulement calculer à quel point celle-ci était « civilisée » par rapport à des critères, bien évidemment décidés par son grand-père. Mais en dessous de cette pyramide, il y avait une place et cette place n'était pas pour un peuple, mais pour un sexe. Le sexe féminin.

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Liliane se cacha derrière un tas de buissons et épia le plus discrètement possible une horde de quatre garçons qui la cherchaient. Ils ne la cherchaient pas pour jouer, mais pour la torturer. Ou quoique, aux yeux de ces quatre gamins, battre leur sœur était un jeu très distrayant.

Ce groupe était composé d'un leader au nom de Diego. C'était un ibérique au teint halé, cheveux noirs et aux yeux rouges, et malgré le fait qu'il n'était pas l'ainé, il dirigeait ses frères. Il n'était pas le plus méchants d'entre tous, mais il participait à la torture de Liliane.

L'ainé, c'était un garçon hyperactif. Il se nommait Hadès, tel le Dieu des Enfers. Il adorait dire que tout le monde devait se prosterner devant lui car il était tout simplement divin grâce à son prénom. Et vous, savez quoi? Son père ne l'arrêtait pas dans son délire mégalomane alors qu'il n'avait que sept ans physiquement. Il ne disait rien quand Hadès torturait des animaux parce qu'ils ne se pliaient pas à ses ordres. Ce n'était pas la faute du gamin bon sang, mais de ces foutus bestioles. Et en plus, en grandissant, on arrête d'avoir des caprices.

Sachez que l'on est à ses septante ans ce que l'on était à ses sept.

Après lui, venait un garçon égyptien. Nommé lui aussi d'après un Dieu (et encore un qui est plutôt sombre). Il était la "némésis" de Hadès, car l'ainé se voulait seul Dieu, mais quand il y avait un autre qui portait aussi un prénom divin, ça ne marchait plus. De ce fait, ces deux n'arrêtaient pas de se battre, parce que mine de rien, Seth aussi voulait devenir Dieu.

Par la suite, on ne savait pas trop qui était né avant et après qui. Diego, David et Liliane avait à peu près le même âge.

La fillette retint son souffle, Seth n'était qu'à quelques pas d'elle. Frissonnant, Liliane ferma ses yeux. Le noir l'entoura et elle se senti un peu en sécurité. Elle allait s'épargner de voir les visages illuminés de ses frères quand ils allaient la trouver.

Ou pas.

Il y avait aussi la possibilité qu'ils ne la retrouve pas. Ah quelle chance cela aurait été!

Mais Liliane n'avait pas de chance dans la vie. Et ces jolis petit doigts furent découpés un par un par ses frères car elle avait osé manger une pomme qui se trouvait dans un panier à leur intention.

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A suivre...


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Le bla-bla de l'auteur qui raconte tout et n'importe quoi : Je n'ai pas fini de tourmenter Liliane. Elle vivra encore pleins de trucs. Comme toujours, je ne sais pas si j'ai été claire dans mon chapitre, alors si vous avez des questions, ne vous retenez pas!

Le titre du chapitre est le nom d'une des chansons de Michael Jackson. Je trouvais que le titre collait au chapitre mais pas les paroles de la chanson. Alors j'ai utilisé un des poèmes les plus connus de Joachim Du Bellay.

Voilà, voilà! A la prochaine!