Yep de retours!
Disclaimer: Tous droits sur les personnages reviennent à Himaruya et la chanson utilisée au début à ses auteurs respectifs.
Rating: M
.
Chapitre V : If I see only what I believe
If I see only what I believe
Reality's bound by what I conceive
Pickin' the scab and watching it bleed
Behind the wall where I can't be seen
Broken bones
Broken bones
Broken bones
Stay alone
Broken bones
Broken bones
Broken bones
Stay alive
.
Broken Bones
Liliane courait. Elle courait pour son corps. Elle courait pour sa santé mentale. Elle courait pour sa vie.
Et ses frères couraient juste derrière elle, criant et hurlant qu'ils allaient l'attraper.
Pourquoi? Pourquoi avait-elle joué avec un de leurs jouets? Qu'est-ce qu'il lui avait prise? Elle avait juste trouvé dans un coin du jardin une peluche délaissée là depuis des mois et avait juste voulut s'amuser un peu avec. Elle était si seule! Et eux, maintenant, lui en voulait! Déjà qu'ils guettaient le moment où elle allait commettre une erreur pour pouvoir la frapper, elle leur avait passé le bâton en jouant avec un de leurs biens.
Liliane fut tirée en arrière par une force et se retrouva bloquée par les bras de Seth. Elle commença à crier mais c'était peine perdu car il n'y avait pas une seule âme qui puisse l'aider autour d'eux. Elle se débâtit et décida de mordre la main qui la retenait. Seth hurla de douleur en la lâchant et la fillette, utilisant ce moment de faiblesse de son frère, s'échappa et recommença à courir.
Elle était essoufflée et avait un goût métallique dans la bouche. La jeune fille contourna un mur, se cacha derrière et s'y adossa, retenant son souffle de peur. Ils étaient derrière elle, à quelques pas. Elle s'immobilisa, ferma les yeux et tenta d'arrêter les battements de son cœur. Elle sentait quelque chose, comme un certain pouls dans son dos. Elle n'y fit pas attention et se concentra à ralentir son cœur tout en retenant sa respiration.
Soudain, quelque chose lui sauta dessus et l'écrasa sous son poids. Elle se retrouva pour une deuxième reprise très rapidement emprisonnée, par Hades cette fois.
— Vengeance! hurla Seth. Je veux ma vengeance!
— On la mord aussi? demanda David.
— Non! Sinon ce ne sera pas une vengeance. Ce sera de l'œil pour œil, dent pour dent. Une vengeance, c'est quand tu fais encore plus mal.
— On fait quoi alors? dit Hades en essayant de mieux retenir Liliane. On la mord partout?
— Non... Seth eut l'air de réfléchir puis ses yeux s'illuminèrent. Je sais ce qu'on va faire!
Il alla vers un petit rocher et l'indiqua du doigt à Hades.
— Pose son poignet là-dessus.
Et il alla fouiller entre les herbes. Il revint quelques minutes plus tard avec une pierre aussi grosse q'un poing adulte avec un bout pointu.
— Que la vengeance commence! cria-t-il lorsque il frappa de la pierre le fragile poignet de Liliane.
o
Liliane était dans un champ hors des murs de Rome, couchée entre les hautes herbes, loin de la vue de tout le monde et particulièrement de celle de ses frères. Elle était dans un état mi-endormie, mi-consciente. Les plantes autour d'elle se balançaient, ondulaient au gré du vent telles des danseuses exotiques. Le ciel était dégagé et le soleil chauffait et même picotait la peau de la petite fille.
Elle se reposait pour la première fois depuis l'erreur qu'elle avait faite, c'est-à dire : oser jouer avec un jouet. Cette même erreur lui avait coûté sa main.
Mais dans ce champ, Liliane pouvait dormir sans avoir peur que quelque chose lui tombe dessus — comme un frère par exemple. Mais elle savait aussi qu'elle ne devait pas baisser ses gardes. Le danger pouvait surgir à tout moment.
Dans son léger sommeil, elle rêva des moments qu'elle avait vu sa mère pleurer tout doucement, répétant un prénom féminin, ne sachant pas qu'elle était épiée par sa fille. Gaule n'aurait jamais pleuré en la présence de Liliane. Pleurer était pour les faibles et Liliane ne devait pas prendre exemple sur elle et devenir faible à son tour.
Soudain, la fillette senti quelque chose contre son nez. Quelque chose qui chatouillait. Elle ouvrit les yeux et vit un visage penché sur elle. Liliane sursauta, recula du mieux qu'elle le pouvait mais se calma en voyant qu'il s'agissait de Germanie.
— Salut, petite, dit-il doucement, toujours avec son sourire chaleureux, et il fit tournoyer entre ses doigts une valériane des collines.
— Bonjour...
Il s'assit en tailleur devant la fillette et lui décoiffa les cheveux amicalement en passant sa main sur la petite tête. Il était à contre-jour et son corps cachait le soleil, laissant Liliane dans l'ombre.
— Alors, ça va? Tu te plaît ici?
Elle ne répondît pas. La petite fille ne voulait pas mentir, mais ne voulait pas non plus dire la vérité. Comment pouvait-elle expliquer ce qu'elle vivait? Elle fût gênée et embrassée à l'idée même de dire à quelqu'un ce qu'elle endurait.
Elle n'avait pas à en avoir honte. Elle n'avait fait rien de mal.
Et pourtant...
Et pourtant, c'était malaisant pour elle.
Elle ne voulait pas en parler... et pourtant... d'un côté, si, elle le voulait.
Mais elle savait aussi d'autre part qu'elle ne devait rien dire. Alors aucun son ne sortit de sa bouche.
— Ça va, petite? s'inquiéta Germanie.
— Je... Je ne sais pas, murmura Liliane. Non, souffla-t-elle.
C'est à ce moment que le Germanique remarqua la main de la Française. Elle repoussait doucement, se régénérant petit à petit. Il serra la mâchoire et des doutes apparurent dans son esprits.
Il prit tout doucement la petite main à moitié formée entre ses doigts et la caressa, essayant de faire preuve de la plus grande délicatesse.
— C'était ton père ou ton grand-père?
— Aucun des deux, répondit-elle.
Le Germanique leva ses yeux de la main pour fixer les orbes violettes.
— Alors qui?
Liliane se tut. Il répéta sa question. Elle baissa son regard.
— Mes frères, avoua-t-elle.
— Et ton père le sait?
— Oui...
Le Germanique ferma ses paupières pour quelques secondes. Ses doutes avaient été confirmés; elle était maltraitée par sa famille.
Il soupira et relâcha la main déformée.
— Je vais te sauver, dit-il en se relevant.
Et il partit, laissant la fillette seule entre les hautes herbes qui dansaient toujours pour le vent.
Il avait dit qu'il allait la sauver, mais Liliane n'y croyait pas. Elle avait perdu foi en tout, malgré son jeune âge. Depuis peu, les paroles de sa mère résonnaient en boucle dans son petit crâne.
Premièrement, elle ne devait pas montrer ses sentiments.
C'est ce qu'elle avait fait. Elle n'avait pas, ou presque pas parler de ce qu'il lui arrivait. Elle avait juste dit les faits, pas ses sentiments dessus. Elle n'affichait plus qu'un visage stoïque maintenant.
Deuxièmement, elle ne devait pas créer de lien avec les gens.
C'est pourquoi, elle n'espérait rien de la part de Germanie. Ce « Je vais te sauver » sonnait vide aux oreilles de Liliane.
Troisièmement, elle ne devait pas tomber amoureuse.
Pour la petite fille, cette règle était divisée en deux parties: ne pas tomber amoureuse et n'aimer personne, même si c'était amicalement.
Ça, c'était simple. Elle était entourée de gens les uns plus détestables que les autres. Elle n'aimait personne.
Personne.
Personne.
Et personne.
Ils étaient bien trop méchants pour que Liliane puisse avoir une moindre part de sympathie à leurs égards.
o
Rome brûlait. Du moins, une partie.
Et Liliane regardait, impassible, les flammes lécher les murs, marquer le sol, s'ériger vers le ciel et faire leur cette ville qu'était Rome.
Rome brûlait. Du moins, une partie.
Ses frères pleuraient. Leurs larmes traçaient des chemins le longs de leurs joues, se mêlant à ce qui coulait de leur nez. Ils criaient et hurlaient comme des singes.
Ils étaient moches, tout comme Rome.
Du moins, comme une partie.
Un homme sortit d'entre les flammes. Sa peau et ses cheveux étaient couverts de suie. Il haletait alors qu'il s'avançait vers Liliane. Il s'arrêta, la prie dans ses bras, monta sur son cheval et ils s'éloignèrent. Liliane caressa les longs cheveux blonds du guerrier avec dégoût.
Tout la dégoûtait: Rome, son père, son grand-père, ses frères et même cet homme.
— Je t'avais bien dit que j'allais te sauver, murmura-t-il.
Liliane ne répondit pas. Elle arrêta ses caresses et commença à pleurer silencieusement et le guerrier ne remarqua rien.
De quoi était-elle sauvée? De la tyrannie de sa pseudo-famille? En quoi était-elle sauvé? Elle allait continuer à souffrir. Liliane le savait très bien. Elle ne se faisait pas de films. Elle avait compris à quel point le monde était cruel, que les gens qui le peuplait étaient tous des profiteurs, ne pensant qu'à ce qu'ils pouvaient tirer de bénéfique de chaque situation, au point de mettre la vie des autres en péril.
Plus tard, ses dirigeants allaient essayer de changer son prénom. Ils lui avaient dit que « Françoise » était préférable car elle représentait le peuple français. Liliane n'accepta jamais cela. Changer de prénom revenait à ignorer sa mère, à l'oublier. Elle ne voulait pas renier le prénom que sa génitrice avait choisi avec soin. Jamais elle n'accepta qu'on l'appelle d'une autre manière que « Liliane » et les hommes durent se rendre à l'évidence qu'ils ne pouvait rien pour changer son avis.
L'enfance de Liliane faisait partie des pires moments de sa vie.
Une des choses qui rendait son enfance aussi pitoyable fut sa rencontre avec l'ancien mari de sa mère et ses enfants. Liliane ne partageait un lien de sang qu'avec un des gamins sur les trois: une belle petite fille blonde qui faisait une tête de plus qu'elle, répondant au nom d'Emma.
Liliane ne la portait pas dans son cœur. Elle avait vu sa mère pleurer plusieurs fois discrètement en répétant ce prénom. Alors, pensant qu'elle vengeait sa mère, elle lui donna une claque. Une de ces belles qui laissent une trace derrières elles. Puis elle avait commencé à griffer et mordre la fillette. Elle évacuait toute la rage et tristesse qui s'étaient accumulées en elle. Inconsciemment, elle se vengeait pour toutes les fois qu'elle avait été maltraitée par sa famille. Cette gamine avait eu le droit à un bon père et pas elle. Pourquoi? Qu'est-ce qu'elle avait fait de mal? Quel dieu avait-elle énervé pour qu'elle soit maudite ainsi? Oh que Liliane jalousait cette Emma! C'est pourquoi elle ne se retint pas pour ses coups. Elle essaya de la détruire car elle voulait qu'elle devienne aussi pitoyable qu'elle l'était.
Liliane n'avait pas réfléchi aux conséquences de ses actes. Elle avait vu dans les yeux de l'ancien mari de sa mère une flamme de haine, mélangée à une pointe de pitié.
Les rares fois que Liliane le revue, cette petite flammèche de dédain et de mépris était toujours là, à la juger.
Liliane s'en fichait complètement de cette homme et de ce qu'il pouvait penser d'elle. Le souci de la Française, c'était Emma, sa sœur.
Si la jeune fille avait frappé cette gosse, c'était pour toutes les fois où sa mère avait pleuré.
Emma était la source de tristesse de Gaule. Emma était la fautive. Si Emma n'avait pas existé, alors la mère de Liliane n'aurait jamais autant pleuré en cachette pour sa fille qu'elle ne pouvait voir.
Emma était la méchante.
o
Un frisson parcouru Liliane le long de son échine. Elle jeta un regard autour, mais elle semblait être seule dans ce champ vaste et vide.
Quelqu'un est là.
La Française avait cette sensation quand un autre représentant était sur ses terres.
Et je ne le connais pas.
Pendant une semaine, après avoir eu l'approbation de son roi, Liliane monta vers le nord, essayant de s'approcher de cet être qui avait posé pied sur son territoire.
Et quand elle le vit, elle ne sut que ce garçon aux cheveux de feu et aux yeux verts un peu trop délavés allait devenir une de ses sources de misères.
Ce gamin fut son premier crush, si on peut l'appeler ainsi.
Et aussi son premier chagrin d'amour.
Car tout simplement, il était tellement écossais.
.
À suivre...
.
Le bla-bla de l'auteur qui dit tout et n'importe quoi :
Au chapitre précédent, j'avais dit que la chanson de chaque chapitre était décidée mais j'ai eu beaucoup de mal pour trouver celle de ce chapitre. Elle est du groupe CRX.
Ah, je n'ai toujours pas fini de tourmenter Liliane!
Bref, n'hésitez pas si vous avez des questions! (Ou si vous voyez des fautes d'orthographe)
Voilà voilà, à la prochaine !
