Un mois plus tard.

Elle observa longuement et en silence l'homme qui lui fit face avec un sourire amical, il était exactement comme les autres, il se disait différent mais elle savait parfaitement que ce n'était pas vrai. Pourquoi ? Elle pouvait remarquer la façon dont il la regardait. Certes, elle avait l'habitude de cette attitude à son égard, cela faisait de nombreuses années qu'elle provoquait cette réaction. Elle était une belle femme, elle n'en douta pas lorsqu'elle entendit de nombreux compliments sur ses attributs. Elle ne chercha pas à attirer le regard en sa direction, cependant, on ne pouvait s'empêcher de l'admirer, cette constance était l'un de ses atouts. Alors pour penser que ce soit un défaut ?

Elle allait de nouveau gagner. Comme toujours, c'était plus qu'évident, elle n'avait jamais échoué jusqu'à maintenant, et cela n'allait pas changer aujourd'hui. Avoir de l'ascendance sur son ennemi/adversaire, c'était comme les échecs mais en plus amusant, surtout en ces lieux pleins de monotonie. C'était le seul moment de plaisir qu'elle pouvait éprouver. Elle n'avait jamais perdu une bataille. Sûr d'elle, Shizuru croisa langoureusement les jambes et vit le regard de son psychologue lorgner un moment sur ses longues jambes. Il s'était fait prendre et détourna aussi la tête, il fut gêné néanmoins il tenta de mettre de la distance et il revêtît son masque professionnel. C'était si facile, ils tous étaient les mêmes. L'homme d'une quarantaine d'année toussota nerveusement et remit ses lunettes en place. D'une voix qu'il voulait ferme et claire, il commença :

« Vous êtes Shizuru Fujino ? » Pleine d'assurance et de confiance, celle-ci répondit sans détourner ses cramoisis de son interlocuteur.

« Que tu es intelligent en plus d'être beau Docteur. Je suis extrêmement chanceuse de t'avoir. Comment t'appelles-tu ? » Le concerné se mit à déglutir péniblement quand sa patiente se mit à s'humidifier de manière sensuelle sa lèvre inférieure. Lui-même imita le geste mais de manière plus maladroite.

« Je préférerai que nous nous vouvoyions. Nous ne sommes pas des amis ou de la famille. Je pense aussi que vous connaissez mon nom. Docteur Smith. On vous a déjà parlé de moi. »

« C'est vrai. Docteur Smith. Et votre prénom ? »

« Je ne peux le dévoiler. »

« Ohh mais c'est dommage. Pourtant tu connais le mien ainsi que toute ma vie. Nous allons avoir une longue relation de confiance tous les deux, c'est mieux que nous nous rapprochions maintenant. C'est le but de ces sessions, non ? »

« Je…peut-être plus tard. Je ne promets rien. Si cela vous met plus à l'aise alors nous changerons… Je suis John Smith…mais je préférerai que vous m'appeliez docteur. » Bégaya le médecin qui ne savait pas comment se comporter avec cette patiente si directe.

« Docteur sexy ? »

« Non...je…arrêtez de plaisanter. Ce n'est pas du tout amusant. »

« Et qui vous dit que j'étais en train de plaisanter, c'est la vérité ce que je dis. Vos confrères ne vous ont pas parlé de moi, je suis directe et honnête. »

« Je…ne sais pas… »

« Et si on faisait un petit jeu ? » Susurra la châtain avec un petit sourire amicale. De nouveau, elle se pencha en avant et montra plus attentivement ses courbes.

« Un petit jeu ? » Le psychologue questionna hésitant. Personne jusqu'à ce jour ne lui avait fait une telle proposition, il ne savait pas s'il devait s'en méfier ou non. Il avait lu le dossier de sa jeune patiente. Elle n'était pas méchante, elle était juste paumée, elle aimait provoquer, il fallait qu'il l'aide.

« Oui, comme vous allez me décortiquer pendant plusieurs heures, j'ai besoin de vous faire confiance pour me confier sans aucune limite, je sais que c'est étrange mais il faut bien que vous sachiez pour briser la glace entre nous. Ce serait un bon début non ? »


Natsuki, dans deux chapitres.