Je n'ai pas fait de psychologie mais de la philosophie bien que j'ai étudié Freud ainsi que des cas en psychologies que j'évoque dans ce chapitre, donc les propos de Natsuki sont mes propres raisonnements, on peut être d'accord ou non.


Elle observa attentivement le dossier qui avait été écrit par ses confrères, c'était si clair et à la fois si vague. Ce cas était si ardu, elle ne savait comment s'y prendre. Les premiers mots qui lui virent à l'esprit c'était : complexe, autodestruction, narcissisme, manipulation mais était-ce tout ? Ou moins ? Une réalité ou une façade ? Les mots ne désignaient pas une personne…

Elle relit de nouveau le rapport avec plus d'attention.

Shizuru Fujino 16 ans et demi et bientôt 17 ans, a tenté à de nombreuses reprises de se suicider, sa dernière tentative aurait pu être fatale, elle avait bu de l'alcool et mélangé de nombreux somnifères, on l'avait retrouvée inconsciente dans sa chambre d'étudiant. Des marques de scarification étaient présente au niveau de ses bras et de l'intérieur de ses cuisses. Elle portait aussi des hématomes au niveau de son ventre et épaule. S'était-elle auto-infligé ces blessures ou était-ce accidentelle ? Elle n'a pas voulu évoquer ce sujet, ni aucuns autres.

Après sa dernière tentative de suicide, elle n'avait montré aucun remord ou émotion. Elle semblait comme être détaché de la réalité. Aucun membre de sa famille n'a voulu la voir mais elle ne semblait pas être intéressé par leur présence. Personne d'autres n'étaient venu la voir, que ce soient amis ou petit ami.

On lui avait posé la question de la raison de ce geste, de ce suicide, elle s'était terré dans le silence, elle ne mangea plus, on lui découvrit des troubles alimentaires. Anorexie et boulimie.

Dans le centre de Fuuka, on n'a pas appris plus. Ce silence était-il une provocation ou une préservation ? Elle avait fait fuir deux autres psychologue en les analysant et blessant avec ses mots, elle trouva une sorte de plaisir dans le dénigrement et l'humiliation, c'était un pouvoir qu'elle avait découvert, l'art d'embobiner avec ses mots. Un autre caractère se dévoila, celui de la manipulation, la patiente utilisait ses charmes pour séduire les hommes, infirmiers, médecins. Ce fut de même par le passé, elle séduisait les garçons de sa classe, les professeurs, tout homme. Elle voulait qu'on ne voie qu'elle. Était-elle sujette au narcissisme ? L'affaire avec son psychologue John Smith prouva qu'elle était fragilisée par l'image qu'elle avait de soi, il y avait ce désir d'autodestruction et elle ne montra jamais une once d'empathie. Était-elle blessée qu'elle ne peut dévoiler ses émotions ou une sociopathe manipulatrice ?

« Alors qu'en penses-tu Natsuki ? » La nommée se gratta l'arrière de sa nuque et poussa un wow, elle semblait perplexe par le portrait de cette jeune patiente. Le terme sociopathe était très dur en psychologie, ces personnes faisaient volontairement mal aux gens car ils ne ressentaient aucun respect ou émotions. Ils prenaient du plaisir à blesser volontairement les autres, c'était un jeu qu'ils adoraient jouer. Ils ne cherchaient qu'à être vainqueur. En général, les tueurs en série étaient aussi froids et calculateurs, ils aimaient provoquer, montrer qu'ils étaient plus fort que les autres, ils tuaient sans remords. C'est pour cela qu'ils recommençaient de tuer car ils avaient besoin de ressentir cette domination sur les autres, qu'ils étaient invincibles. Mais si ce n'était pas cela ? L'affaire avec Smith lui prouvait que son raisonnement était correct, cependant, elle n'avait pas toutes les informations en main. Et s'il manquait des détails important ? Smith était en partie en tort, il avait quelqu'un de faible en face de lui et l'accuser de l'avoir manipulé, ce n'était pas une excuse. Il fallait imposer une limite ou simplement partir et ne pas céder.

« Je ne sais que dire Maria. Lire un rapport sur une personne ne dévoile pas ce qu'elle est vraiment. Trois de mes confères ont heurté un mur, le dernier…c'était pire. Il y a deux opinions bien distinctes, un bien tranché et l'autre qui doute. Cette Shizuru peut-être une sociopathe sans empathie comme une victime d'une agression et elle se réfugie dans les mêmes vices de son bourreau, une sorte d'auto-préservation. Sinon pourquoi elle s'infligerait ces souffrances sur son propre corps ? La scarification est soit une punition sur ses mauvaises actions ou une échappatoire à sa souffrance, la douleur qu'elle se procure peut-être un soulagement à ses tourments ? Quant aux troubles alimentaires, c'est l'image qu'elle se voit, imparfaite ? Elle rejette comme elle peut cette image. Pourtant elle joue son charme sur son apparence, il y a déjà une contradiction sur cet aspect de sa personnalité. » La directrice du centre Otome acquiesçait silencieusement, elle bougea nerveusement son stylo. Elle ne savait que faire avec cette patiente, elle était jeune pour se diriger dans une telle voie, elle voulait l'aider mais comment ?

« Tu as raison Natsuki, elle est compliquée, je n'arrive pas à discerner du vrai du faux. J'ai l'impression qu'elle cherche à ce qu'on la haïsse alors qu'elle se comporte de manière si… »

« Vicieuse ? »

« Je n'aurai pas dit cela. » Grimaça la directrice alors que la bluette haussa les épaules. C'était étrange de parler de la sorte avec son mentor.

« Le vice n'est pas forcément péjoratif, c'est juste un défaut plus amplifié. Le vice du jeu, c'est qu'on ne peut s'empêcher de jouer juste à en prendre toutes ses économies. Cela devient maladif et destructeur car certains patients se mettent à voler leur proche pour avoir de l'argent, ils s'endettent et parfois cette culpabilité et cette addiction leur fait perdre la tête qu'il pense en finir avec les dette avec leur mort. Il y a cette image humiliante qu'ils ont d'eux et ne veulent pas que leur proche voit cet aspect de leur personnalité. » Miss Maria se mit à sourire avec tendresse en entendant tous ces propos, son interlocutrice se mit à froncer des sourcils.

« Est-ce que je dis quelque chose d'absurde ? »

« Non Natsuki, j'étais juste admirative. Tu as si bien grandi, tu as eu une bourse en psychologie, tu es une psychologue renommée à Tokyo, tu as même écris des livres, tu aides des victimes d'agressions, tu participes bénévolement à des événements, lorsqu'il y a eu ce tremblements de terre, tu es allée voir les rescapés pour leur parler. Tu es incroyable. Nous parlons d'égale à égale comme tu me l'avais promis par le passé. Je ne suis plus ton médecin, mais ta collègue, tu as changé, tu es devenue plus forte…ça va me faire pleurer, Saeko serait si fière de toi… » Natsuki commençait à avoir les larmes aux yeux, elle souffla pour reprendre ses esprits.

« Je ne fais rien d'exceptionnel. Je vais m'occuper de cette patiente. J'aimerai vous aider. »

« Natsuki, je ne t'aie pas appelé pour cela, je voulais vraiment que l'on se revoit. »

« C'est ce que nous faisons, je vais aussi travailler avec vous, j'ai lu les articles de journaux, je ne pouvais accepter tant de dénigrement sur ce centre et surtout sur vous. »

« Natsuki, cette jeune femme, j'ai peur qu'elle te détruise avec elle. Je ne le permettrai pas. Si j'avais à choisir entre vous deux, ce serait toi que je choisis. Et puis tu as un caractère assez impulsif, j'ai peur de vous mettre dans une même pièce et qu'il ait un mort ou vous deux. » Kuga se mit à sourire avec reconnaissance :

« Je ne me laisserai pas manipuler, je sais comment réagir, je ne suis pas aussi faible et crédule que vous le pensez, j'ai vu d'autres patients pires, je suis capable de riposter. Et j'ai une méthode particulière pour cette Shizuru. On ne va pas se tuer. Promis. »

« … je l'espère vraiment que tout ira bien… »