Deux semaines plus tard.

Elle s'était enfoncée dans le mutisme depuis plusieurs jours. Elle croyait en avoir fini avec ces maudites consultations, plus aucuns psychologues ne voulait l'affronter à cause de sa mauvaise réputation. Soit ils fuyaient en courant ou ils se retrouvaient en prison, c'était mieux de ne pas jouer avec le feu. Elle avait clamé victoire un peu trop vite. Mais ce n'était que partie remise, elle allait de nouveau savourer la satisfaction d'humilier. Qui se serait cette fois-ci, un type arrogant ? Une gentille petite dame qui à de nombreux chat ? Un psychologue qui &tait intelligent, plus que les autres ? Un homme qui voulait être son ami, un père ? Elle observa le plafond, qu'elle s'ennuyait, elle chuchota l'air de moolight sonota de Beethoven et pianota dans les airs les notes de la mélodie. La porte s'ouvrit, elle détourna son regard vers son invité. Une jeune femme à la longue chevelure saphir, elle portait un blouson en cuir noir, un débardeur blanc ainsi qu'un jean bleu ciel délavé et des bottines avec au moins six centimètres de talon. Pour une fois, elle se retrouva avec quelqu'un de son envergure, elle était jeune et très belle. Grande, svelte. Sexy.

« Wow, vous avez un beau petit derrière. » Siffla la châtain alors que la bluette roula des yeux. Est-ce qu'elle se trouvait avec un adolescent bourré d'hormone ? Etait-ce un jeu ? Ou sa véritable pensée ? Déjà des interrogations.

Amusant, se dit Fujino face au désintéressée plus évident de son compliment, peut-être qu'elle n'allait pas regretter son nouveau joujou…il fallait qu'elle en profite un minimum et qu'elle ne le casse pas rapidement.

Elle chercha dans son esprit des moyens à la corrompre, à en faire son esclave, à rabattre son air supérieur et à la mettre plus bas que terre. Trouver son point faible, sa vie, son passé, son présent, tout était possible. Il fallait pointer sur la souffrance, un détail qui fait mal. Un amour impossible, une enfance difficile, un mari volage, les gens étaient si faibles lorsque cela concernait leur vie. Elle n'allait pas se laisser faire par cette femme, ce serait moins facile que les autres. Mais elle allait la mettre à genou, à la faire implorer. Ça allait être moche et si jouissif. Elle ne se rendit pas compte que sa nouvelle victime était en face d'elle. Shizuru surprise se colla subitement contre le cuir de son siège alors que sa proie avait pris le rôle du chasseur, elle posa ses mains sur les accoudoirs du fauteuil et se rapprocha du visage de sa patiente, elle tira ensuite ses balles avant que tout ne commence entre elles :

« Tu as l'air plus idiote que je ne le pensais…tu as vraiment eu un diplôme en psychologie ? Ou tu l'as payé ? » Se moqua Shizuru alors que Natsuki n'écouta pas cette pique, elle se fichait de l'opinion de cette personne, elle n'était pas de la famille ou une aie mais simplement une inconnue. Si elle se vexait, cela serait simplement en son désavantage.

« Tu penses réellement que tu es spéciale ? Je me demande pourquoi ? Tant de confrère sont tombés dans tes pièges, je n'arrive pas à savoir ce que tu leur provoques…tu es normale…tu es belle mais il y a des femmes encore plus attirantes que toi…plus grande, avec des yeux bleus voir gris, j'en ai vu une dans la rue, comme on dit il faut se méfier des apparences… » Shizuru semblait surprise par cette phrase, elle s'attendait au baratin de la politesse et voilà enfin quelqu'un qui allait droit au but. Alors elle devait rendre les politesses à sa nouvelle amie.

« Non, c'est les autres qui le pensent que je suis spéciale, je n'ai pas d'opinion sur ce sujet. »

« Les autres, ouais… » Ironisa la protagoniste aux émeraudes. Une moitié de la vérité. Le comportement de la jeune femme prouvait qu'elle cherchait à l'attirer, ce sourire, ce regard sûr.

« Et vous, vous me trouvez spéciale ? » Natsuki se mit à rire aux éclats, oui, elle s'attendait à ce genre de comportement, c'était si évident et tellement risible. Cette volonté d'être aimé, d'être complimenté, elle devait avoir l'habitude de claquer des doigts pour obtenir ce qu'elle souhaitait.

« Moi ? Mon avis t'intéresse-t-il vraiment ou tu as déjà une opinion toute tracée ? »

« Je ne sais pas, je veux juste une confirmation bien que je connaisse déjà la réponse. »

« Je ne le pense pas. Tu es si égocentrique, c'est si révélateur de ta personnalité. »

« Ah bon ? Alors dites-moi ce que vous voyez en moi doc ? » Susurra la buveuse de thé en soufflant délicatement chacun des mots.

« Tu voudrais que je dise une femme sûre d'elle, qui a un charme envoûtant ? Que tu me trouble ? »

« Hmm, ce n'est pas moi qui le dit, mais vous. »

« Non, moi aussi je suis capable de mentir et de te dire que tu as dû vivre des moments terribles par le passé, c'est pour cette raison que tu as ce comportement abject, ce serait trop de flatterie pour une gamine de ton genre que de te féliciter de briser les gens. Ce que je vois, c'est une pauvre petite fille paumée qui joue les victimes pour qu'on s'intéresse à elle. Elle gagne quelques instants de gloire mais au final, elle se retrouve toujours seule. Un jour à trop jouer avec le feu, tu vas te brûler. Tu peux bouger le petit doigt, je ne succomberai pas à tes mensonges ou à ton charme. »

« On pari ? » La jambe droite de Shizuru ramena contre elle son psychologue. La bluette se rapprocha dangereusement du visage de la châtain qui cessa de respirer, elle ne s'attendit pas à ce que ça aille aussi vite, elle ferma les yeux et Kuga donna une forte pichenette à sa patiente qui revenait sur terre et se mit à grimacer de douleur.

« Tu rêves, c'est seulement les enfants qui parient, je ne te vois même pas comme une femme, ta séduction me fait plus rire qu'autre chose, un petit chiot qui demande l'attention, au moins, je m'amuse avec tes pitreries. Je ne sais pour quelle raison tu veux absolument devenir une femme. La sexualité semble ne pas te troubler ou est-ce le contraire. »

« Car j'aime le sexe… tu veux que je te prouve à quel point je suis douée ? »

« Bon, je n'ai pas de temps à perdre avec tes bêtises, j'ai la migraine, oui tu sais que c'est l'excuse que l'on donne pour pas avoir du sexe, toi qui es si adulte. Aussi, je sais que tu vas m'ennuyer, si tu veux partir, vas-y mais tu auras des soucis avec l'administration. Ah j'oubliais, je vais regarder un film, on a une séance d'une heure et demi, j'aurai certainement fini de voir mon film. Fais ce que tu veux, à part te suicider ou casser des choses, tu devras rembourser, non je devrais dire papa. » Fujino se mit à cligner des yeux, est-ce qu'elle avait mal entendu ? Elle observa la brune se diriger vers son bureau, elle prit son sac et sortit son ordinateur portable ainsi que des écouteurs.

« Vous plaisantez, n'est-ce pas ? »

« Parle moins fort, je n'entends pas bien, ta voix de crécelle est insupportable. »

« Allez-vous faire foutre. »

« Merci, à dans une heure et demi. »