« Est-ce que tu es célibataire ? »

« Est-ce que je t'ai donné l'autorisation de me tutoyer ? » Demanda Natsuki qui arqua un sourcil.

« Je m'octroie ce droit. »

« Comme de nombreux autres… »

« Grr…Hargneuse, j'adore ça ! »

« Masochiste ? Je vois. »

« Tu aimes avoir le dernier mot. »

« Ça dépend avec qui. »

« Alors tu es célibataire ? » Insista a beauté aux cramoisis.

« Pourquoi ? Tu es attirée par les personnes prises ? Mariée ou en couple ? Chacun son type. » Déclara sans attention la bluette alors qu'elle faisait un sudoku.

« Tu ne l'es pas alors. Mais les couples ne restent pas pour toujours ensemble. L'infidélité, la monotonie, l'ennuyeux, le manque d'amour. C'est facile de faire une erreur. Une passion, de l'attirance, on succombe à l'interdit. Même toi, tu peux pécher. Une tentation, c'est facile. » Fujino insista en regardant son médecin qui ne semblait pas déstabilisé par les propos, en réalité, Kuga voyait un enfant qui implorait un jouet ; ça n'avait rien d'attractif, enfin de son point de vue.

« On est humain, on peut faire des erreurs, on peut blesser des gens un moment dans sa vie. L'infidélité, la tromperie, le mensonge, tu devrais savoir pour les deux derniers. De plus, je ne vais pas pécher avec toi, alors ne te fais pas de souci. » La châtain soupirait, elle n'aimait pas ses réponses, elle voulait de l'indignation, de la colère ou l'embarras…pas ça…cependant elle n'allait pas abdiquer.

« Tu as quel âge ? La vingtaine ? »

« Non, la trentaine. Tu te trompes souvent sur moi, tu n'as plus tes dons de voyance ? C'est triste. »

« Hmm, on ne peut pas toujours être parfaite. »

« Ouais…parfaitement… c'est bien que tu le réalises. Mieux vaut tard que jamais. » Fujino ferma les yeux et secoua la tête.

« Ça ne se voit pas du tout que tu as la trentaine, je t'aurai donnée vingt et un ou vingt-deux ans, c'est dommage, tu es très belle, pourquoi tu es devenue une psychologue ? Je ne comprends pas, tu as l'air stupide donc l'intelligence ça ne doit pas être ça. C'est ennuyeux comme métier que de voir des cinglés chaque jour, on perd l'esprit à force. » Ce fut la deuxième séance entre Natsuki et Shizuru, la châtain préféra commencer à tâter doucement le terrain. Son adversaire était différente des autres, ça l'irritait.

« Tu te considères comme folle ? Tu t'inclues dans les cinglés que tu nommes ? Tu sais que l'on peut être malade sans être fou. La folie est un mal intellectuel, on peut le soigner ou apaiser la démence dans certains cas très critique. » S'interrogea Kuga alors qu'elle sortit ses lunettes de vue de son manteau.

« Je t'aurai vu comme mannequin ou actrice porno. Les lunettes vous rendent sexy. Est-ce que c'est parce que je t'ai dit que tu avais l'air d'une idiote que tu as mis ces lunettes ? » Natsuki roula des yeux, parce qu'elle n'avait pas cédé un seul instant aux avances de cette petite peste, celle-ci cherchait ouvertement à la faire sortir de ses gonds. Elle évitait aussi de répondre à ses questions en l'énervant. Elle devait se l'avouer qu'elle préféra être insulté que dragué. C'était glauque qu'une adolescente cherche à ce point l'attention des personnes plus âgé qu'elle. Le sexe, la séduction ; quel mélange.

« Non, j'ai mal à la tête sans elles quand j'écris ou je lis. Si tu penses que c'est un signe d'intelligence alors tu n'es pas un génie comme on le dit. Tu as regardé des films érotiques ? Dans quelle occasion ? Seule ? Avec des amis…ou un autre moment… ? » La bluette ne voulait pas dire ouvertement avec un membre de sa famille ou quelqu'un de proche, voisin, professeur, cependant, il fallait bien qu'elle pose des questions sans braquer son interlocutrice.

« Tu es une vraie petite curieuse Na-tsu-ki, tu regardes des films pornos ? Ecchi … » Susurra lascivement la beauté aux rubis. Natsuki poussa un gloussement, c'était avec ça qu'elle avait séduit les autres ? Papillonner les cils et jambes. Qu'importe. Au moins, elle était immunisée à ces conneries.

« À ton âge ? Oui une fois, par curiosité car au lycée on avait eu des cours sur la sexualité. Mais je savais que ce n'était pas la réalité, ça ne représente pas l'amour mais le fantasme de personne. »

« Les fantasmes peuvent se réaliser si l'on souhaite…quelles sont tes fantasmes Na-tsu-ki ? »

« Je crois que tu connais bien mon prénom pour autant le susurrer ou alors tu as des difficultés de prononciation…il faudra que tu voies un orthophoniste ou un psy. La chance, je suis la dernière. Tu cherches à me troubler ? Que tu m'appelle Natsuki ou Na-tsu-ki, ça reste toujours mon prénom Shi-zu-ru… » La nommée soupira, tout cette bataille lui donna mal à a tête.

« Ce n'est même pas amusant. » Maugréa Fujino qui avait toutefois un petit sourire au coin.

« Je ne cherchais pas à l'être. Ah ! Une question rhétorique. L'Homme est pourvu de fantasme plus ou moins réalisable. Il en existe trois formes, psychologique, sexuel et psychanalyse. Cela touche l'imaginaire et la fantaisie selon Sigmund Freud. J'imagine aller en Islande voire les aurores boréale…ou voyager dans le désert…un rêve plus qu'un fantasme… ? Mais qu'est-ce qu'un fantasme pour toi Shizuru ? Seulement le sexe ? » L'adolescente se mit à bailler ostensiblement, elle s'ennuyait à bavarder de ces choses inintéressantes.

« Oui, j'aimerai coucher avec toi sur ton bureau, que tu projettes toutes vos affaires sur le sol et que tu me prends encore et encore, j'aimerai hurler Natsuki à chacun de mes orgasmes. » Shizuru se leva de sa place et poussa la trousse de la bluette sur le sol ainsi que ses livres et ses dossiers. La châtain arqua un sourcil, elle se pencha ostensiblement devant la louve qui se leva, Shizuru s'approcha et mit ses main sur les hanches de Kuga qui attrapa son oreille et se mit à tirer dessus, la victime à la chevelure miel se mit à glapir de douleur.