« Pourquoi tu voulais devenir psychologue ? Le salaire n'est pas extraordinaire, à la place, tu peux passer à la télé ou radio. Tu voulais certainement aider les autres, peut-être que tu as vécu un événement traumatisant et tu voulais aider ceux qui ont vécu la même chose…ou tu es trop mégalomane, tu voulais sauver l'humanité avec ton savoir supérieur et barbant. » Ce fut la troisième séance entre Natsuki et Shizuru. Fujino malgré son hostilité envers son interlocutrice cherchait toujours à la piéger, à en connaitre plus sur cette femme qui ne ressemblait à personne autre.
« Je crois que tu regardes trop films. »
« Quoi, je me suis trompée ? Vraiment ? »
« Ça t'intéresse vraiment ? » La châtain fit la moue puis acquiesça timidement, elle en avait marre de ce silence donc entendre la belle voix de sa psychologue lui faisait du bien. De plus, dans le centre, plus personne n'osait lui adresser la parole, elle était devenue le paria. Elle pensait que ce serait passager mais cette solitude forcée était plus difficile à gérer qu'elle ne l'imaginait.
« Oui mais si tu ne veux pas en parler alors tant pis. »
« Je ne cherche pas à le cacher, j'ai dépassé ce stade. Je suis psychologue parce que ma sœur avait des problèmes, elle s'est scarifié et puis sauté par la fenêtre quand j'avais l'âge de sept ans. J'ai vu son corps devant l'entrée de notre appartement, lorsque je rentrais de cours avec ma mère. On avait appris par la suite qu'elle se faisait quotidiennement brutaliser à l'école. Je me suis dit que si j'avais été une bonne sœur, j'aurai pu l'empêcher de faire cette connerie. Elle était mal, elle cachait son corps meurtrit derrière de long vêtement. Elle ne souriait plus, elle mangeait très peu, elle n'était plus la même. On m'a dit que j'étais jeune mais je me sens toujours coupable. Si j'avais pu dire les mots qu'il fallait, elle serait peut-être à mes côtés…alors je veux aider ces autres personnes qui n'ont plus d'espoir en eux et qui appelle silencieusement à l'aide. Si les écouter peut les soulager alors c'est déjà un bon début. » La beauté aux rubis ne sut que dire, elle n'avait pas pensé que la bluette avait un tel passé, elle n'avait pas d'empathie pour elle, non…peut-être…
« Ma belle-mère…elle avait des réactions…pas très maternelle… à mon encontre… » Avoua Shizuru en se massant machinalement les paumes de sa main.
« Que veux-tu dire ? Elle te battait ? » Questionna soucieuse Natsuki, alors que la buveuse de thé sentit son cœur exploser par tant de tendresse et il n'y avait rien de caché derrière.
« Non, je l'aurai préférée…elle était un peu trop affectueuse à mon goût… »
« Elle…a…abusée de toi ? »
« Si tu veux dire qu'elle m'a violé, non ce n'est pas le cas. Elle me serrait dans ses bras, ma câlinais plus qu'il ne le fallait, sentait mes cheveux et parfois me volait des baisers sur la bouche. Mais si elle en avait eu l'opportunité, elle l'aurait fait… cependant j'ai pu fuir à temps…en …vous savez…en étant ici… »
« J'en suis désolée…cela a dû être traumatisant pour vous, et votre père ? Est-ce que vous lui en avait parlé ? »
« Il…m'insultait de salope, que je ressemblais à ma traînée de mère de jour en jour. C'est pour cette raison que les garçons voulaient sortir avec moi et coucher, car j'étais une traînée…mais-mais je n'étais pas intéressée par eux…jamais…alors je suis sorti avec le garçon le plus populaire de mon école, pour essayer…mais j'ai pas pu l'embrasser ou même aller plus loin, il m'a dit que je suis anormale, et une allumeuse…c'est vrai n'est-ce pas ? Si tout le monde le dit, c'est probablement la vérité ? Je ne ressentais rien pour les garçons…» Hoqueta effondrée la châtain en cachant son visage dans ses mains, elle détestait se montrer aussi vulnérable. Elle sentit rapidement une étreinte, surprise, elle sursauta et réalisa que c'était sa psychologue qui la serrait tendrement dans ses bras. Elle se sentit aussitôt apaisée, et s'appropria désespérément de la chaleur qu'elle n'avait jamais connue dans son existence…puis quand son médecin s'éloigna elle sentit aussitôt un immense vide. Elle voulait le combler de nouveau, mais c'était mal…elle était mauvaise…
« Tu es pathétique, faible, misérable, comment peux-tu avoir de telle pensé ? Tu te crois mieux ? Ahah… tu es vraiment une idiote…» Dit-elle avec une voix sombre. Natsuki fut surprise de ce changement de comportement, elle tenta une approche.
« Shizuru, hé Shizuru, regarde-moi. » Mais la concernée était rongée par ses démons qu'elle n'entendit pas l'imploration de son psychologue qui releva son menton pour qu'elle lui fasse attention. Voyant que son ses rubis prirent de nouveau vie, elle ajouta d'un ton doux : « Ne dis pas cela Shizuru, tu n'es pas en tort, mais ce sont ton père ainsi que ta belle-mère, quant aux garçons, il n'est pas nécessaire d'être attirée par eux. Il se peut que tu aimes les femmes ? » Ces paroles furent un déclic pour la beauté aux rubis, elle se mit à bouger furieusement dans tous les sens.
« Non, non, NON ! Je ne suis pas comme ça ! Je ne suis pas comme ça !»
« Il n'y a pas de honte à aimer des femmes. Peut-être cette répulsion est dû à ta belle-mère ? C'est pour cette raison que tu séduis essentiellement des hommes ou des personnes plus murs que ton âge… » La châtain se calma soudainement, elle effaça ses larmes et se mit à rire :
« Pff…tu es vraiment idiote, vous avez vraiment cru à mon histoire ? Tu es vraiment crédule. On n'est pas dans un film. Quel psychologue de merde vous êtes. Au moins, aujourd'hui, je me suis amusée. » Kuga n'en revenait pas, elle avait vraiment cru à cette histoire, la manière dont elle l'avait raconté, cela paraissait plausible. Peut-être une partie était véridique ou y avait-il un sens caché pour cette mise en scène, elle devait approfondir ce sujet.
« Shizuru, je sais que toute cette histoire est un jeu pour toi, mais un jour tu dépasseras les limites et plus personne ne voudra te donner la main pour t'aider et à ce moment-là, on ne te croira plus quand tu en auras besoin, tes mots seront simplement des mensonges pour les autres, tu regretteras toutes tes actions, tu t'en mordras les doigts. »
« On verra ça dans dix ans. Toujours à casser l'ambiance les psy…j'ai juste voulu vous raconter une histoire pour celle que vous m'avez raconté, c'était triste. Désolée pour ta sœur mais je ne suis pas elle, je n'ai pas besoin de ta pitié ou que tu viennes me secourir sur ton cheval blanc. » La louve reprit sa place et mit ses pieds sur son bureau, elle se mit à sourire :
« En tout cas, tu n'es pas la seule à pouvoir mentir. Je n'ai pas de sœur. Je suis fille unique. J'ai été inspiré d'un drama que j'ai vu il y a quelques jours, je savais que tu n'allais pas soudainement me dire ce que tu caches, je ne suis pas à ce point stupide. Qui est l'idiote ? » L'adolescente se mit à rire, il semblerait qu'elle avait en face d'elle un adversaire plus qu'intéressant.
