Les jeux avec les patientes de Natsuki se déroulaient sans encombre, la psychologue eut donnée de sa personne dans les charades, dont elle était la plus grande perdante ainsi que le mime. Nao s'était bien moquée d'elle. Kuga soupira, une activité plus physique lui ferait du bien, enfin, ce n'était pas certain.

« Bon, je vous laisse choisir notre prochaine activité, la majorité l'emporte. Dites-moi quand vous vous êtes mises d'accord. » Déclara la louve qui claqua dans ses mains se déchargeant de la responsabilité de trouver un jeu, elle avait assez donnée de sa personne. Elle alla en direction de Miss Maria qui semblait être fatiguée, elle s'était assise contre le tronc d'un arbre.

« Alors madame la directrice, on n'arrive pas à suivre la jeunesse ? » La nommée roula des yeux.

« Il fait chaud, c'est tout. »

« Des excuses, toujours des excuses. Tu as bu de l'eau ? Il ne faut pas te déshydrater. »

« Je vais bien, ne te moque pas de ta pauvre mère, je peux toujours te punir. » Natsuki grimaça, oui sa mère était capable de le faire. « Ça se passe bien, non ? » Commenta la responsable du centre psychiatrique en observant les patients qui riaient et se chamaillaient.

« Pour l'instant, je ne suis pas défaitiste mais réaliste, j'ai peur pour ses deux-là. J'espère que mes craintes ne se matérialiseront pas. » Kuga montra du regard Tomoe et Shizuru, celles-ci se toisaient du regard.

« Je m'inquiète aussi, elles sont toutes les deux un caractère fort et elles ont un point commun qui ne fait qu'attiser leur rivalité. »

« Moi… et je n'ai rien fait pour cela… » Soupira la louve qui repoussa d'un mouvement sa chevelure à l'arrière de son épaule.

« A part être gentille et attentionnée, je suppose que c'était ce qui leur manquait. Oui, c'était évident en les voyant se battre pour être auprès de toi. On dirait des enfants qui se battent pour un jouet.» La bluette souffla un coup à la comparaison qui était si proche de la réalité. C'était déjà assez compliqué de s'occuper d'adolescents, ils étaient dans une période instables de leur vie et de plus, ces personnes avaient tous vécus des moments difficiles, ce qui les rendaient encore plus vulnérables. Natsuki devait être un soutien, une oreille attentive mais surtout elle ne devait pas les rendre dépendant d'elle mais les aider à s'en sortir de leur démon intérieur afin qu'ils puissent s'envoler de leurs propres ailes et affronter le monde extérieur sans dommage.

« Natsuki ! » Appela Nina et secouant sa main en l'air.

« On dirait que le devoir m'appelle. Tu veux venir ? » Miss Maria secoua négativement la tête, elle s'éventa avec une pile de papier.

« Je comprends, les rhumatismes et l'ostéoporose, c'est dur de vieillir, tu as déjà les cheveux bien grisonnants. Je t'aiderai plus tard, si tu veux pour ton anniversaire, je t'achèterai une canne. » Nargua Natsuki, alors que sa mère fut outrée, elle lui balança des morceaux d'herbe vers sa cible qui marcha rapidement afin de s'échapper de l'attaque alors qu'elle riait.


Finalement après des discussions, le jeu choisit fut colin-maillard. Et naturellement, ce fut la perdante qui devait se coller à la tâche de trouver les autres. Bien entendu, Kuga accepta avec un peu de recul, mais elle n'avait guère le choix. Elles étaient toutes contre elle.

« Tu viens Shizuru ? » Questionna Natsuki en direction de la beauté de Kyoto qui était assise par terre.

« Non, j'ai mal à la tête, je vais me reposer un peu. »

« Tu vas bien ? Tu veux aller voir une infirmière ? Tu peux aussi rentrer à l'intérieur et te reposer calmement dans ton lit. » S'enquit soucieuse la psychologue aux émeraudes, Shizuru se mit à sourire doucement. Après tout ce qu'elle lui avait fait endurer, elle était toujours aussi aimable, elle détestait cela pour raison qui lui était obscure. Non, elle savait parfaitement la raison, cette femme était ce qui la rendait faible. Elle ne put l'accepter, pas après tout ce qu'elle avait endurée.

« Non, je veux que tu me laisses tranquille, tu comprends ce que je veux dire ou je dois je forcer à le comprendre que tu m'insupportes avec ta pitié et même ta tête de sainte ! Je déteste ton sourire et ta gentillesse ! » Cracha acerbe la créature aux rubis, son interlocutrice serra des dents, elle ne devait pas s'irriter, cela ne servait à rien. D'une voix posée, Kuga répondit :

« C'est ton choix. Je ne vais pas te forcer à faire quelque chose que tu ne souhaites pas. Tu n'as pas besoin d'être désagréable pour exprimer ta contrariété, de plus, c'était toi qui voulait que je sois dans ton équipe. Ma tête ne te reviens pas ? QU'importe, je ne vais pas changer pour toi. En tout cas, je ne vais plus te déranger. » Tomoe qui voyait du mauvais yeux l'interaction entre les deux protagonistes se rapprocha et attrapa le bras de son médecin la ramenant loin de sa rivale.

« Merde ! » Fujino tapa de frustration son poing contre le sol.


On mit devant le champ de vision du psychologue un foulard, celui de la directrice, d'une certaine façon, elle participait aux festivités. Natsuki fut tournée sur elle-même six fois de suite, ce fut un peu trop pour elle. Elle tituba sous les rires enjoués de ses patientes.

« Rira bien qui rira en dernier. » Pesta vexée la bluette qui trébucha sur le sol et elle entendit les ricanements. Pourquoi elle avait eu cette idée de faire des jeux !

« Hé le chien, viens, viens. » Déclara Nao en claquant à plusieurs reprises sa langue contre ses dents pour appeler la bluette. Kuga se mit à grimacer, elle allait attraper cette gamine et lui faire payer son impolitesse.

Natsuki ne parvient pas toucher quiconque et cela faisait plusieurs bonnes minutes. Cela la frustrée. Elle en avait assez pour la journée.

« Tu es aussi nulle que dans les mimes et tout le reste. Tu fais pitié la pucelle ! » Kuga écouta attentivement le son de la voix et attrapa dans ses bras sa proie et la ramena soudainement contre elle avec un immense sourire :

« Alors Nao, on croit pouvoir m'échapper ? » Mais Yuuki ne bougeait pas et ne répondit rien.

« Ce n'est pas moi espèce d'idiote ! » Se moqua la rousse, elle sentit un souffle irrégulier contre sa poitrine. Intriguée, Natsuki retira son bandeau et vit à sa plus grande stupeur qu'elle avait prise dans ses bras Shizuru. Elle leva aussitôt les mains en l'air et se recula presque en bondissant. La châtain n'avait-elle pas mentionnée qu'elle ne participerait pas ? La beauté sombre ne voulait pas affronter une crise de colère, elle avait déjà donnée.

« Pardon, je ne m'attendais pas à ce que ce soit toi. »

« Ce n'est rien. Ce n'est pas la peine de te mettre dans un état pareil, tu es ridicule. » Fujino s'en alla comme si rien d'important ne s'était produit et Kuga soupira de soulagement. La châtain était rougissante, elle toucha son corps, cette chaleur et odeur qui la recouvrait, elle croyait se noyer. Elle ferma les yeux alors que sa respiration tremblait furieusement. La jeune femme à la cascade miel ne réalisa qu'elle venait de percuter Tomoe, celle-ci était presque à grogner. Marguerite agrippa violemment le poignet de la buveuse de thé et la força à s'éloigner du groupe


« Kannin na mais tu devrais me lâcher avant que je m'énerve réellement ! Je n'ai pas de temps à perdre avec toi. » Rétorqua sèchement Shizuru qui se retira de la poigne de son ennemie, elle la poussa loin d'elle. Sans gêneur pour les déranger, les deux jeunes se retrouvèrent finalement en tête à tête à dire toutes leur vérité.

« Alors, qu'est-ce que tu me veux Tomoe ? » Ricana froidement Shizuru, elle s'attendit à ce que sa rivale vienne la confronter mais pas si tôt.

« Tu laisses ma Natsuki tranquille ! Si tu recommences à t'approcher d'elle, je te tuerais ! » Siffla comme un serpent Marguerite. Fujino pencha la tête sur le côté, on dirait que son adversaire dévoilait sa véritable personnalité, où était passé cette jeune femme silencieuse et introvertie ?

« Ta Natsuki ? À ce que je vois, tu es véritablement folle, elle ne t'appartient pas. Mais j'avoue qu'elle me plait bien, elle a un corps somptueux et des lèvres si tentatrices. Je devrais essayer de les goûter tout comme le reste ? Et si je disais à ta Natsuki quel genre de manipulatrice tu es ? Elle va te détester. Les personnes comme toi, qui jouent un rôle de fille modèle auprès des autres sont les êtres que j'exècre le plus. Vous êtes tous les mêmes ! » Tomoe chargea sur Fujino et elles tombèrent sur le sol. Marguerite empoigna le cou de la châtain et commença à l'étrangler.