Isis7981 : comme tu le dis si bien, une concurrente en moins, enfin ça dépendra… Miss Maria a peur pour sa fille, elle n'a eu que des problèmes depuis qu'elle est entrée dans le centre, oui elle n'aurait pas dû la virer, ce n'est pas professionnel. Oui, il n'y a plus de relation thérapeute/patient donc une autre relation peut s'installer entre Shizuru et Natsuki.

Firalsia : oui ça se complique et ça ne fait que commencer.


Natsuki était énervée, elle n'avait pas cinq ans, elle avait l'impression que Miss Maria la voyait toujours comme une enfant fragile et toujours aussi perturbée. Elle la traitait comme telle, une patiente. Peut-être était-ce une bonne idée de partir de ce centre ? Elle ne voulait pas que l'on contrôle continuellement son travail et ses agissements, être enchainés par sa hiérarchie était ce qui ennuyait la psychologue. Elle commençait à découvrir des choses sur ses patientes et elle ne pouvait plus les aider.

Cela faisait plusieurs jours qu'elle était installée à l'hôtel, bien que sa mère lui eût dit qu'elle pouvait rester à son domicile, elle ne put se résoudre de cohabiter dans de telles conditions. Kuga avait peur de dire ouvertement sa façon de penser, de plus, elle ne savait quand elle reverrait la directrice. Celle-ci lui avait demandé de garder le contact, oui, elle allait le faire, quand la situation aurait été moins tendue, car elle lui en voulait toujours de l'avoir mise sur la touche. C'était immature, mais elle n'était pas en tort. La bluette avait trouvé une place dans un centre hospitalier psychiatrique, il y avait une place dans la psychiatrie, c'était à Nagoya. Ses références lui avaient ouvert bien des portes.

Natsuki prépara ses affaires, elle allait partir demain matin pour Kyoto, elle devait trouver un logement et rencontrer ses nouveaux collègues. La louve observa l'heure, il était 16 heures de l'après-midi, elle soupira. Elle mit son orgueil de côté et prit son téléphone portable et appela un numéro en favori, il ne fallut que deux sonneries et son interlocuteur répondit instantanément.

« _Natsuki ? La voix fut tremblante presque agonisante, la beauté sombre se sentit coupable d'avoir mis cette distance, cela avait visiblement affecté sa mère.

_…salut…man…

_Na… Natsuki… je suis si désolée… pardonne-moi, je ne veux pas que tu me détestes… si tu veux reprendre ta place, tu peux, cependant, je ne veux pas que tu aies un quelconque contact avec Shizuru et Tomoe. Mais il y a d'autres jeunes femmes qui ont besoin de ton aide, tes autres patientes. Elles ne font que me parler de toi. Tu nous manques tous. Tu me manques. Kuga se massa les tempes, si elle avait eu cette proposition il y a quelques jours, elle aurait hésité, cependant, il était trop tard, elle n'était le genre de personne à revenir en arrière, elle avançait de l'avant. La vie était trop courte pour regretter, elle le savait parfaitement.

_ Ce n'est rien, tu n'as pas à t'excuser et je ne te déteste pas, jamais. Je peux comprendre tes actions bien que je ne les approuve pas, tu m'as injustement virée alors que je n'avais rien fait de mal dans le cadre du travail, c'était injuste, toutefois, je ne t'en veux pas. Aussi, j'ai déjà trouvé une autre place dans un hôpital public, mais ce n'est pas pour cette raison que je te contacte. Je t'appelais pour savoir si je pouvais venir au centre pour te dire au revoir, comme je pars tôt pour Nagoya demain, je ne sais pas quand je reviendrais dans la région. » Natsuki entendit un hoquet, elle se mit à mordre sa lèvre inférieure, elle avait redouté ce moment de séparation.

« _Bien sûr que tu peux venir, je vais prendre le reste de ma journée, on pourra diner ensemble.

_D'accord, j'arrive dans une demi-heure.

_À tout de suite.


Natsuki se trouva devant le centre, elle sortit de son véhicule, elle eut un message, un spam, elle l'effaça et percuta quelqu'un sans se rendre compte.

« Kannin na. Sourit poliment la femme. Une brune avec une longue cascade ondulée, elle était bien distinguée et droite, elle ne pouvait s'empêcher de l'admirer, cette étrangère irradiait par la beauté et la prestance. La brune s'excusa aussitôt.

_C'est ma faute. Excusez-moi, je n'ai pas fait attention où j'allais.

La protagoniste allait se rendre dans son ancien lieu de travail, néanmoins, elle s'arrêta net, elle avait cette étrange impression lorsqu'elle avait percuté cette inconnue, ce sourire, cette manière de se comporter, cet accent… cela lui paraissait tellement familier, un visage lui parvient à l'esprit. Non, elle devait se faire des idées, cependant, elle mit en pratique cette farfelue théorie, elle se retourna et interpella :

« Miki ? » Et la dénommée fit volte-face. Elle était intriguée qu'on puisse connaitre son identité, surtout qu'elle ne connaissait pas son interlocutrice.

« Oui ? On se connait ? » La tête penchée sur le côté, ce sourire et regard… il était exactement comme celui de Shizuru, pourtant cette femme ne lui ressemblait en rien, il n'y avait aucune particularité physique qui les rapprochait. Elle avait les cheveux bruns et les yeux profondément noirs.

« Non, pas vraiment… est-ce que vous connaissez une certaine Shizuru Fujino ? » Natsuki observa attentivement toutes les réactions de cette Miki, était-ce celle qu'avait hurlée la châtaine lors de son agression avec Tomoe ? Ladite laissa échapper la surprise, puis elle était complètement impassible, elle sourit doucement, cela donna des frissons à la psychologue, c'était exactement le comportement provoquant de Shizuru. Cette brune devait avoir une dizaine d'années de plus que sa cadette.

« Ara, oui, je suis sa grande sœur. Pourquoi ? Elle a parlé de moi ?» Kuga semblait troublée par cette nouvelle information, elle devait creuser cette piste. Elle tenta de se remémora de ses séances avec la buveuse de thé, un indice devait être quelque part dans son esprit, elle devait réfléchir le plus rapidement possible, elle ne pourrait pas retenir indéfiniment cette femme. Elle devait être habile avec ses paroles.

« Oui. » Ce fut au tour de Miki d'être légèrement crispée, de nouveau, elle se calma avec adresse, cette attitude était de plus en plus suspicieuse.

« Vraiment ? Et en bien ? »

« Cela dépend de ce que vous dites de bien. » Miki se mit à rire.

« Je vois, Shizuru doit certainement nous critiquer avec père, elle doit nous détester de l'avoir enfermée dans ce centre, et c'est seulement pour son bien, nous ne voulons pas qu'elle se fasse du mal. Vous êtes son thérapeute ? »

« Oui. »

« Elle doit vous apprécier pour vous parler autant. »

« Peut-être. »

« Vous n'êtes pas très expressive dans vos mots, cela change des personnes que je côtoie, est-ce que je pourrais avoir votre numéro de téléphone, j'aimerais qu'on discute plus longuement de Shizuru, de son rétablissement ainsi que progression ou tout événement important. Pour l'instant, je ne peux pas m'attarder, je suis assez pressée, je dois retourner à Kyoto. » La psychologue donna son numéro, de nouveau, cette Miki tenta de la séduire avec son doux sourire, mais elle n'était pas dupe, elle ne lui faisait pas du tout confiance. Elle portait un masque, elle n'était pas sincère, elle pouvait le ressentir.


Natsuki ne cessait de cogiter face à cette impromptue rencontre, pourquoi la grande sœur de Shizuru venait aujourd'hui ? La brunette se dirigea vers le surveillant du centre, il s'occupait essentiellement des visites.

« Hé, Takumi, comment ça va ? »

« Natsuki ? Ça va bien et toi ? Ça fait un moment que l'on ne t'a pas vu. »

« Ça peut aller, oui je me fais rare ici, désolée. Je peux te poser une question ? »

« Bien sûr. »

« Tu as une invitée aujourd'hui, pour Shizuru Fujino, une grande brune, avec de longs cheveux bouclés. »

« Oh oui, je me rappelle de ce moment, c'était franchement bizarre. » Répondit l'homme en fronçant des sourcils. La beauté aux émeraudes semblait intriguée par cette réponse.

« Pourquoi ? »

« C'est difficile à expliquer, Shizuru est assez distante avec les gens, et sa sœur, elle fut son opposée, elle la serrait dans ses bras, elle ne cessait de lui sourire et de toucher la main. »

« Et en quoi c'est étrange ? »

« Shizuru n'arrêtait pas de trembler. Pourtant il ne fait pas froid, ou alors elle ne se sentait pas bien, elle était extrêmement pale… un moment, elle s'est mise à pleurer, mais sa sœur la calmer et c'est tout. » La psychologue aux émeraudes croisa des bras, ce n'était pas du tout normal ce comportement bipolaire de son ancienne patiente. Elle ne montrait pas si aisément ses émotions, et surtout le chagrin. Elle redoutait que ses réflexions soient véridiques. Miki Fujino avait un lien avec le mal-être profond de sa sœur, et si c'était elle cette belle-mère imaginaire qui avait abusé de la châtaine ? Cela restait dans le cercle familial.

« Merci, et tu sais où se trouve actuellement Shizuru ? »

« Elle est partie chercher une chaise à la salle commune pour lire tranquillement un livre dans le jardin. » La brunette était choquée de cette réponse. Kuga se précipita immédiatement dans le jardin, elle chercha du regard la créature au regard rubis, elle n'était pas là, elle alla ensuite dans la salle commune, mais aucun résultat concluant. Il ne restait que la chambre de Shizuru, si elle était à fleur de peau, la laisser seule était problématique. Kuga avait un mauvais pressentiment. Elle tapa à la porte, mais aucune réponse, ce n'était pas professionnel et elle n'avait plus le droit de réagir de la sorte en tant qu'étrangère du corps hospitalier, pourtant elle prit un risque immense de compromettre sa carrière, elle ouvrit la porte et à sa plus grande stupeur, Shizuru était pendu avec une écharpe avec le lustre.