Désolé pour le petit retard :/
Merci beaucoup pour les reviews, ça fait toujours plaisir de savoir ce que vous pensez de l'histoire jusqu'ici ; que ce soit en positif ou négatif toute remarque est toujours bonne à prendre ;) N'hésitez pas à en laisser d'autres au fil des chapitres. Voilà, je vous laisse avec Théa & Co. en espérant que ce chapitre vous plaise :D
...
6.
- Théa ! appela une voix dans le dos de la jeune fille.
En se retournant, elle aperçut Elijah qui courrait en petite foulée pour la rattraper. Elle s'arrêta pour l'attendre.
- Ça va ? demanda-t-elle quand il fut arrivé à sa hauteur.
- Plutôt bien, et toi ?
- Aussi. Holly m'a dit que tu avais été lui parler.
- Elle te raconte tout, hein, s'amusa le jeune homme.
- En effet. Je serais toi, je ferais attention à ce que je dis à mon sujet, le taquina Théa.
- Oh ne t'inquiète pas pour ça, je ne dirais jamais rien de méchant sur toi. Sauf peut être en période de match. Là, je ne peux rien te promettre.
- Je suppose que je ne pourrais pas t'en vouloir si je fais la même chose. Sinon, que me vaut l'honneur ?
- Bien renvoyé, remarqua-t-il en se souvenant que c'était ce qu'il lui avait dit la première fois où elle avait été lui parler. Ça va sûrement te sembler bizarre à toi aussi mais...
- Au point où j'en grand-chose crois que plus rien ne pourrais me sembler bizarre !
- Caleb, mon meilleur pote, nous a vu en train de parler la dernière fois et depuis, il arrête pas de me bassiner à ton sujet. Enfin, ce n'est pas que j'en ai marre d'entendre parler de toi mais...
- Ouch ! rit la jeune sorcière.
- Non, je rigole. Enfin, je connais Caleb et lui non plus ne viendra pas te parler le premier alors...
- Alors... (puis, comprenant ce que voulait dire Elijah : ) Alors tu voudrais que moi j'aille le voir. Essaierais-tu de me voler mes ailes de Cupidon ?
- Je te les laisse volontiers. Mais, comme il s'agit de mon meilleur ami, je te les emprunte juste cinq minutes.
- Tu sais que je ne sais même pas qui c'est ! rigola Théa.
- Tu auras juste à regarder un jour, quand l'envie t'en prendras, à la table des Gryffondors. On est toujours fourré ensemble. Un brun avec des lunettes. Tu ne pourras pas le louper, c'est le seul glandu à ne jamais attacher sa cravate.
Elijah rigola en revoyant l'image de son ami dans sa tête. Caleb refusait d'attacher sa cravate car, selon ses dires, cela l'étranglait.
- Bon, je crois que tu allais aller manger, je vais donc te laisser, prit congé le sorcier avant de se retourner et se diriger aussi vers la Grande Salle.
- À plus.
À peine Elijah s'était-il éloigné qu'une Holly passablement curieuse lui tomba dessus.
- Je ne savais pas que tu le connaissais !
- Si, je t'avais dit, je le connais du Quidditch.
- Désolé, j'écoutais à peine ce que tu disais ce soir là, j'avais la tête ailleurs.
Holly lui adressa une grimace d'excuse avant d'éclater de rire.
- Qu'est-ce qu'il te voulait ?
- Oh, il voudrait me présenter son meilleur ami.
- ELIJAH ! hurla soudain Holly, faisant sursauter Théa.
Le jeune homme qui n'avait pas encore atteint la porte de la Grande Salle se retourna, surpris. D'un mouvement de doigt, Holly lui fit signe de venir les rejoindre. « Et mer-lin ! » pensa Théa. Elle adressa une moue d'excuse au Gryffondor. Même elle n'avait pas compris la réaction d'Holly et savait encore moins ce qu'elle avait en tête.
- Tu ne peux pas présenter ton meilleur ami à Théa. Enfin, tu ne peux pas le lui présenter d'un point de vue romantique. Parce qu'elle a déjà quelqu'un.
Théa regarda la blondinette avec des yeux ronds comme des Gallions. Mais que lui prenait-il, par Merlin ! Elijah regarda Théa, un peu gêné. Il bafouilla :
- Je suis désolé... Enfin, je ne savais pas. Pourquoi tu ne m'as pas dit ?
- Le seul univers où j'ai quelqu'un c'est dans l'imagination très –très- débordante d'Holly !
- J'en connais un qui ne va pas être content d'entendre ça, fit Holly en pinçant les lèvres et en secouant la tête comme une maman qui réprimanderait son enfant.
- Holly ! Il s'en ficherait parce qu'on ne sort PAS ensemble !
- Pas encore. Mais dans un futur proche...
- Je ne suis pas très sûr de comprendre...
Le pauvre Elijah avait l'air perdu.
- Eh, Elijah ! Je t'ai chercher partout, mec !
Les trois comparses se retournèrent vers un garçon brun portant une paire de lunette carrée à monture noire. Théa ne put s'empêcher de remarquer sa cravate défaite. C'était Caleb, le meilleur ami d'Elijah. Les joues de Théa s'échauffèrent. Il était vraiment mignon. Et apparemment, d'après le jeune métisse, elle l'intéressait.
- En fait elle n'a personne ! s'exclama Holly.
- Pardon, j'interromps peut être, s'excusa le brun.
- Pas du tout !
Holly était lancée, impossible de l'arrêter. Théa sentit ses joues la brûler, anticipant à l'avance ce que sa meilleure amie pourrait bien faire comme gaffe.
- Euh, Caleb, je te présente Théa et Holly. Les filles, Caleb, mon meilleur ami, s'empressa d'intervenir Elijah.
- Enchanté.
- On était juste en train de parler du bal d'Halloween. Théa n'a pas encore de cavalier.
- Ah, c'est... bon à savoir, fit Caleb, sa timidité lui faisant rosir les joues.
- Excusez nous mais il faut qu'on y aille, on est en retard ! C'était sympa de te rencontrer Caleb, dit Théa en tirant le bras de sa meilleure amie.
- Mais on n'est pas en retard ! C'est la pause déjeuner ! se plaignit Holly.
- Si, on est en retard, Robbie et Elliott nous attendent.
- Mais je croyais qu'on ne mangeait pas avec eux aujourd'hui !
- On a changé les plans ce matin pendant que tu n'écoutais pas !
Holly haussa les épaules et lança un sourire d'excuse aux deux garçons. Ils devaient être persuadés à présent que les jeunes sorcières étaient folles et que leur place était à Sainte Mangouste. Une fois suffisamment loin des Gryffondors, Théa assena une claque sur l'épaule d'Holly.
- Aïe-euh ! Mais pourquoi tu fais ça ?
- À ton avis !
- Je sais, désolée. Mais il est trop mignon ce Caleb !
- Oui, il l'est. Sauf que maintenant, jamais je ne pourrais aller lui parler tellement j'aurais honte.
- Il avait l'air très intéressé par le fait que tu n'ais pas de cavalier pour le bal d'Halloween, fit Holly en haussant les sourcils. D'ailleurs, j'ai bien vu comment tu as rougis. C'est pour ça que tu as voulu t'enfuir.
- Je n'ai pas voulu m'enfuir pour ça mais parce que partie comme tu l'étais, tu nous aurais passé la bague au doigt.
- Rappelle toi juste que c'est moi ta demoiselle d'honneur !
- Seulement si tu me promets de ne plus me faire un coup pareil.
- Promis juré ! se dépêcha de dire Holly.
Théa leva les yeux au ciel. Toute cette histoire lui avait ouvert l'appétit, son estomac grognait. Elle s'installa donc à la table des Serdaigles et commença immédiatement à manger.
- Je savais bien que Robbie et Elliott n'étaient pas là ce midi !
La brunette ne répondit rien et se contenta de sourire.
Théa sortait de la Grande Salle, après mangé. Holly l'avait abandonné une dizaine de minutes plus tôt pour une envie pressante. Elle avait encore un peu de temps avant son prochain cours, elle pensait donc repasser par la Salle Commune des Serdaigles pour récupérer son manuel de Défense contre les forces du mal.
...
- Théa.
À force, la jeune fille finissait par reconnaître cette voix grave.
- Regulus.
Elle se retourna pour lui faire face. Ses cheveux brun étaient ébouriffés et le nœud de sa cravate légèrement défait, comme s'il avait voulu l'enlever avant de changer d'avis. Elle attendit quelque secondes mais, voyant qu'il ne disait plus rien, se contentant de la fixer –ce qui la gênait beaucoup- elle s'apprêtait à reprendre son chemin quand finalement, il reprit la parole :
- J'étais juste curieux. Ton philtre, tu en as fait quoi ?
- Je l'ai dilué à l'eau courante de l'école pour que tout le monde ici en bénéficie. Je rigole, ajouta-t-elle face au regard plus que surpris du Serpentard. Je l'ai juste jeté. Les vapeurs m'ont suffit je n'ose même pas imaginer ce que le philtre en lui-même ferait.
- C'était vraiment une bonne idée, n'empêche. De mélanger le philtre à l'eau de l'école. Je suis déçu de ne pas y avoir pensé.
Les sourcils du jeune sorcier s'étaient plissés, contrarié.
- Pourquoi, qu'est-ce que tu en as fait du tien ?
- J'ai fait ce que tu m'avais dit de ne pas faire, je l'ai essayé sur moi. Je suis désolé de te décevoir, mais mon cerveau va bien.
- Tu n'as pas fait ça.
- Non, je ne suis pas bête à ce point. Je l'ai donné à Evan qu'il en fasse ce qu'il veut.
- Tu aurais juste dû le jeter aussi. Slughorn n'aurait pas dû nous laisser avoir un échantillon d'une potion qui peut manipuler les sentiments d'une autre personne.
- Tu sais, un philtre d'amour ce n'est pas bien difficile à préparer. N'importe quel étudiant peut le faire si l'envie lui prend, du moment qu'il réussit à mettre la main sur les ingrédients. Mais, comme tu l'as dit, manipuler les sentiments des gens, ça ne sert à rien. Ce n'est pas comme si c'était réel, après tout.
Théa ouvrit la bouche pour répondre mais une voix qu'elle ne connaissait pas la coupa.
- Regulus, tu te ramène ?
- Cinq minutes, j'arrive ! répliqua Black, agacé.
- Je ne comprends pas pourquoi tu t'embête à lui parler. On ne sait même pas ce qu'elle est. Si ça se trouve, c'est une Sang de bourbe et elle n'est même pas au courant. Je me demande ce qui est pire : savoir que ton sang est impur ou ne pas savoir tout en sachant qu'il y a de grande chance qu'il le soit. Qu'est-ce que tu en penses, Evan ?
Théa dévisagea le garçon, la bouche ouverte de stupéfaction. Son cœur cognait fort dans sa poitrine et ses yeux la piquaient. Imperceptiblement, elle vit la main de Regulus se refermer en un poing.
- Callum, lâcha-t-il.
- Il a raison, ne pas savoir, c'est pire, intervint le blond, le dénommé Evan.
Ils la regardaient avec un air de dégoût. Théa se mordit très fort la langue pour faire disparaître la boule dans sa gorge. Elle s'avança d'un pas vers eux, les défiant du regard.
- Peut être que je ne sais pas qui sont mes parents. Et peut être que je ne sais pas si mon sang est pur. Mais au moins je sais qui je suis, je sais que je suis une meilleure sorcière que vous ne pourrez jamais l'être et je sais que je suis quelqu'un de bien. Tout ça pourtant, sans connaître la pureté de mon sang. Je ne crois pas que vous puissiez en dire autant. (Puis, se tournant vers Regulus : ) Amuse-toi bien avec tes amis.
Elle passa entre les deux Serpentards qui la regardaient, complètement cois, et en profita pour les bousculer au passage. Elle continua dans le hall avant de prendre le premier couloir à sa droite. Il ne menait absolument pas à la Salle Commune des Serdaigles mais Théa s'en fichait. Elle avait juste besoin de s'isoler, le plus vite possible. Elle tourna une nouvelle fois à droite, puis à gauche et encore à gauche.
Elle déboucha dans un couloir où il n'y avait personne. Là, elle s'appuya dos au mur et se laissa glisser jusqu'au sol. Des larmes s'étaient mises à couler sur ses joues. Elle ne voulait pas que les paroles de ces abrutis de Serpentards l'atteignent à ce point. Elle s'en fichait de toutes leurs histoires de statut du sang. Mais le fait de ne pas savoir ce petit détail insignifiant signifiait surtout pour elle qu'elle ne savait toujours pas qui étaient ses parents. Étaient-ils en vie ? Se demandaient-ils parfois ce qu'elle devenait ? Plus le temps passait et plus elle sentait le poids de ce point d'interrogation géant qui planait au dessus d'elle, manquant de l'écraser.
Elle prit alors la décision de se remettre à chercher l'identité de ses géniteurs. Elle avait bien entamé quelques recherches un ou deux ans plus tôt, mais ne trouvant rien, elle avait vite abandonné. Elle n'abandonnerait pas cette fois. Elle était déterminée. Elle resta assise par terre encore un moment, puis s'essuya les yeux. Au moment où elle se relevait, elle tomba nez à nez avec un blond aux yeux bleus qui venait de débarquer dans le couloir.
- Théa ! fit Elliott, surpris. Qu'est-ce que tu fais là, toute seule ? Tu as pleuré ?
Elle se dépêcha de se frotter les yeux. Elliott était adorable mais il prenait son rôle de grand frère de substitution très à cœur alors, quand il s'agissait de la défendre (elle ou Holly, d'ailleurs), il devenait plus féroce qu'un Magyar à pointe. Ce n'était pas l'envie de le voir foutre son poing dans les têtes de ces petits vaniteux de Sang-Purs qui lui manquait, mais elle ne voulait pas que son ami ait des problèmes à cause d'elle.
- Non, j'ai juste quelque chose dans l'œil qui me fait mal, je n'arrive pas à le faire partir.
- Tu veux que je regarde ?
Elle haussa les épaules et le laissa ausculter son œil. Puis, il souffla dessus, pour faire partir la saleté imaginaire.
- Ça a l'air d'être parti, merci.
- Pas de quoi. Mais tu n'aurais pas dû te frotter les yeux aussi forts, tu as des marques toutes rouges.
- Ça ne te dérange pas si on fait un crochet par les toilettes des filles pour que je me passe le visage à l'eau alors ?
- Toute ma vie j'ai attendu qu'on m'invite dans les toilettes des filles ! plaisanta Elliott.
Elle ria et attrapa le bras qu'il lui tendait. Avec Elliott, la question du sang ne se posait même pas. Elle savait qu'il la considérait comme sa sœur, peut importait que le même sang ou un différent coule dans leurs veines.
- Au fait ! se rappela-t-elle soudain. Slughorn m'a invité à sa soirée vendredi soir. Je n'ai pas spécialement envie d'y aller, mais ça ne serait pas poli –et puis surtout, j'aimerai éviter qu'il aille se plaindre auprès de Al, ce serait bien son genre ! Enfin bref, tout cela pour dire que j'ai le droit à un « plus un ». Donc, mon très cher Monsieur McMillan, me feriez-vous l'honneur d'être mon cavalier et me soutenir vendredi soir.
- Ma très chère Miss McArthur... commença Elliott en riant. Êtes-vous au courant que vous avez déjà requis ma présence en tant que chevalier servant pour cette soirée ?
- J'ai fait ça, moi ? Je crois que je m'en serais souvenue si je t'avais déjà demandé, réfléchit la brunette en se grattant le haut du crâne, en proie à une intense réflexion.
- C'était avant-hier. Mais je ne suis pas surpris que tu ne t'en souviennes plus. Holly et toi n'étiez vraiment pas dans votre état normal. C'était tellement drôle ! se remémora le blond.
- C'est pas vrai ! Foutu Horace et foutus philtres d'amour !
- Tu penses qu'on y aura le droit aussi ?
- Connaissant Horace, le désastre post-inspiration-des-effluves-de-philtre-d'amour ne l'aura absolument pas découragé.
Elle posa solennellement sa main sur l'épaule de son camarade :
- Courage, il faut que tu sois fort. Ce sera à notre tour de rigoler, se moqua-t-elle. Oh et, surtout : quand tu seras sous l'emprise des vapeurs euphorisantes, ne te laisse pas avoir par une Gryffondor !
Le garçon prit un air épouvanté.
- Je n'y avais même pas pensé ! Tu fais bien de me prévenir.
- C'est à ça que servent les amies, ria Théa, se moquant par la même occasion de l'aversion d'Elliott pour leurs camarades. Bon mais sinon : je ne me rappelle plus t'avoir demandé d'être mon... Chevalier servant ? Non, j'ai vraiment dit ça ?
- Je n'ai rien inventé.
- Et qu'avais-tu répondu ? Dis moi que tu avais dit oui ? supplia Théa en joignant ses mains sous son menton, prenant une moue de petite fille pour attendrir son ami.
- Comment j'aurais pu refuser ? Il faut bien que quelqu'un t'accompagne pour « t'aider à survivre dans une salle pleine de serpents ».
- J'en ai dit des conneries ce soir là, dis-moi.
- J'aurais dû vous enregistrer.
- Mais finalement, tu t'es rappelé que tu tenais trop à ta vie pour faire un truc pareil.
- Ah ! Parce que c'est vrai que vous m'effrayez, les deux crevettes !
Elliott n'attendit même pas la réponse de son ami, il se protégea le visage de ses avants-bras et partit en courant, Théa à ses trousses.
- Tu vas voir ce qu'elle va te faire, la crevette !
