Bonjour à tous ! J'espère que vous allez bien, avec ce beau temps (en espérant que ça dure !)
Comme prévu, voici le chapitre de cette semaine. On pourra notamment y découvrir un côté un peu plus sombre et la psychologie assez complexe de Regulus. Et de lancer les premières investigations sur les origines de Théa.
En espérant que ça vous plaise, bonne lecture ! :)
9.
Théa se trouvait à une table au fond des Trois Balais, le pub de Mme Rosmerta, qu'elle avait été garder en attendant qu'Holly aille chercher leurs consommations au bar. Comme c'était le cas à chacune de leur sortie à Préaulard, le pub grouillait d'élèves de la célèbre école de magie, qui se donnaient tous rendez-vous ici pour déguster les fameuses Bièraubeurres.
La jeune sorcière avait eu l'autorisation de sortir de l'infirmerie la veille, et elle ne se l'était pas fait dire deux fois avant de prendre ses affaires et décamper. Depuis presque une semaine qu'elle traînait là-bas, ce n'était pas trop tôt. Elle se sentait parfaitement bien, n'avait plus de maux de tête, ni de vertiges ou d'envie de vomir. Son visage avait dégonflé et retrouvé sa forme normale mais malgré toutes les potions de Mme Pomfresh, le côté droit présentait encore un dégradé de couleurs allant du bleu au jaune. Ce n'était douloureux que si elle appuyait dessus. Ce qui lui arrivait souvent car, oubliant sa blessure, elle posait souvent sa tête sur sa main quand elle était attablée, ravivant à coup sûr la douleur.
Théa releva la tête en voyant du mouvement à côté d'elle. Un garçon brun aux traits réguliers et aux yeux bleus-gris portant une cravate verte et argent se tenait juste devant sa table. Elle fit semblant de ne pas reconnaître Regulus, avant de prendre un air étonné.
- Tiens, serait-ce mon sauveur ? Je ne suis pas trop sûre parce que j'ai pris un méchant coup sur la tête et comme ça fait longtemps que je ne t'ai pas vu...
- Je suis passé te voir à l'infirmerie. Une ou deux fois, répondit Black, qui avait tout de suite compris le reproche de Théa.
- Le coup a dû être plus fort que ce que je croyais parce que je ne me souviens pas t'avoir vu.
- Tu dormais...
- Bien sûr. Et repasser à un autre moment, peut être quand je ne dormais pas ?
- C'est compliqué.
- Tu sais quoi je te remercie de m'avoir rattrapé et de m'avoir sauvé. Mais maintenant laisse-moi tranquille. Retourne avec tes amis au sang pur et tout sera plus simple pour tout le monde.
Regulus la dévisagea, d'un air dur. Il serra la mâchoire, comme s'il se retenait de lui répondre. Théa ne savait pas vraiment ce qui lui avait pris, après tout il lui avait sauvé la vie. Mais en le voyant et en lui parlant, elle avait de nouveau pensé à son accident et la colère était montée d'un coup. Elle était énervée, en colère contre ce qui lui était arrivé, contre les Serpentards qui se pensaient supérieur à tous, contre ces fichus statuts du sang. Et aussi contre Regulus, qu'elle n'arrivait pas à comprendre. Pourquoi continuait-il à venir vers elle si au fond de lui il la méprisait parce que son sang n'était pas pur. Il rendait les choses compliquées tout seul.
Elle soutint son regard, histoire de montrer qu'elle pensait ce qu'elle disait, qu'elle voulait qu'il la laissa tranquille. Holly arriva à ce moment. En voyant Black, elle s'exclama :
- Regulus ! Je ne savais pas que tu étais là ! Tu veux te joindre à nous ?
- Non, j'allais partir, répondit le Serpentard d'une voix froide. Mes amis m'attendent.
Il tourna immédiatement les talons et disparu au milieu de la foule. Holly se retourna vers Théa, surprise. Cette dernière haussa les épaules.
- Ces Serpentards, ils sont vraiment bizarres, fit Holly en glissant sur la table trois Bièraubeurres et un sirop de cerise-soda avec une boule de glace, que s'empressa d'attraper Théa.
C'était Flitwick qui lui avait un jour montré cette boisson et la jeune fille en était tombée raide dingue. Depuis, elle prenait toujours son sirop de cerise-soda chaque fois qu'ils se rendaient aux Trois Balais, quand tous ces amis prenaient tout le temps des Bièraubeurres.
- Je croyais qu'on rejoignait Elliott et Robbie à Honeydukes après ? zozota Théa avec la paille dans la bouche.
- Oui, c'est le cas.
- Alors tu compte boire trois Bièraubeurres à toi toute seule ?
- Non, celles-ci sont pour Elijah et Caleb, qui ne devraient plus tarder. Ah, quand on parle des loups !
Holly fit signe aux deux Gryffondors qui les rejoignirent en se frayant un chemin à travers la foule à coup de coude. Théa jeta un regard en coin à la blonde. Toute la semaine, elle l'avait tenue au courant des avancées de l'opération Sédulijah. Apparemment, les choses avançaient plutôt bien. Le métisse avait d'ailleurs demandé à Holly d'être sa cavalière pour le bal d'Halloween, le week-end prochain. Ce qui rappela à la brunette qu'elle n'avait toujours pas de cavalier. Elle pourrait toujours y aller avec Elliott, à moins que ce dernier n'eut déjà un rendez-vous, bien qu'elle en douta fort –ça ne ressemblait pas à son ami.
Les quatre sorciers parlèrent, rirent et Caleb offrit même une seconde tournée. Quand l'heure de leur rendez-vous avec les garçons Serdaigles approcha, elles proposèrent à Caleb et Elijah de les accompagner mais ils avaient déjà autre chose de prévu. Ils se séparèrent donc à la porte du pub.
- Ils sont cool, hein, fit Holly qui était complètement sous le charme des Gryffondors. Tu imagines, si je sortais avec Elijah et toi avec Caleb !
- Tu as enfin abandonné ton ancienne opération ?
- Oh non. Mais comme ça tu auras deux garçons qui se battront rien que pour toi ! Le rêve de toutes les filles...
- Pas le mien. Je n'ai pas vraiment envie de voir Caleb et Black se battre.
- Je suis sûre que Caleb se défendrait très bien. Mais Regulus... je crois que c'est à cause de son côté sombre mais je pense que c'est lui qui gagnerait.
- Allez, arrête de raconter des conneries et achète moi des bonbons ! rit Théa en poussant la porte de la boutique Honeydukes, où les attendaient déjà leurs amis.
...
Le cours de potion venait de se finir et Théa ne s'était pas attardée en classe. Le cours lui avait paru durer une éternité, elle et Black ne s'étaient parlé que quand la situation l'exigeait : une consigne pour la potion, un ingrédient qu'elle ne trouvait pas. L'ambiance était pesante, et elle savait que c'était en grande partie de sa faute mais elle refusait de s'excuser.
Il la rattrapa au coin d'un couloir et la tira à l'écart. Elle dégagea son bras et se planta face à lui, les bras croisés sur la poitrine. Il n'était pas le seul à pouvoir prendre un air froid.
- Sérieusement ?! Pourquoi tu ne peux pas juste me laisser tranquille ?
- Je ne sais pas ! Je n'en ai pas envie, c'est tout.
- Et bien moi, si !
- Mais qu'est-ce que je t'ai fait ? grogna-t-il, énervé.
- Non, vraiment ? Pour commencer, je crois me souvenir de cette fois où tes amis m'ont très clairement fait comprendre que je n'étais qu'une moins que rien, que je ne valais pas la peine que tu perde ton temps avec moi puisque je ne suis qu'une « possible Sang de Bourbe ». Il ne me semble pas t'avoir entendu broncher. Ensuite, tu ne passe pas me voir à l'infirmerie parce que c'est « compliqué »...
- Tu ne comprends pas. C'est vraiment compliqué. Je n'ai rien dit à Callum et Evan parce qu'ils n'ont pas tord on ne sait pas ce que tu es.
- On ne sait pas ce que je suis ? s'écria Théa, sa voix s'élevant dans les aigus. Non mais tu t'entends parler des fois ? Je suis un être humain, comme toi, comme tes amis. Bien que pour vous parfois, j'ai de sérieux doutes.
- Alors maintenant, je n'ai pas le droit de dire le mot « Sang de Bourbe » sous peine de passer pour quelqu'un d'horrible mais toi tu as le droit de dire ce genre de chose et tu restes la parfaite petite fille sage et humaine ?
La poitrine de Regulus se soulevait et s'abaissait très rapidement, dans une vaine tentative de garder son calme –calme qu'il avait, de toutes façons, déjà perdu. Au fur et à mesure qu'ils s'engueulaient, il avait avancé vers la sorcière qui, du coup, avait reculé sans s'en rendre compte. Elle fit un pas supplémentaire en arrière et se retrouva dos au mur. Elle ne laissa rien paraître de sa surprise. Au lieu de quoi, elle continua, en reprenant les mots que le Serpentard avait utilisé plus tôt :
- Tu ne comprends pas c'est compliqué mais, au fond, je n'ai pas tort.
- Donc je ne serais pas humain.
- Au sens moral du terme, évidemment. Mais j'ai simplement dit que j'avais de sérieux dou...
Regulus abattit ses poings serrés sur le mur, des deux côtés de la tête de Théa qui se plaqua contre la pierre.
- Retire tes mains, ordonna la brune.
- Quoi, je t'aurais fais peur ? prit-il un air innocent.
- Je n'ai pas peur de toi, répondit-elle alors même que son cœur battait à cent à l'heure dans sa cage thoracique.
- Peut être que tu devrais. Tu l'as dit, tu doute de mon humanité.
- Quoi, parce que en plus tu es un psychopathe ?
Sa mâchoire se contracta puis il répondit, en détachant bien chaque mot :
- Tu ne sais pas qui je suis.
- Et tu ne sais pas qui je suis non plus.
- Ah, parce que toi, tu le sais ? lâcha-t-il avec un air dédaigneux. Tu ne sais même pas qui sont tes parents.
Théa ne réfléchit même pas avant de lui balancer une énorme claque. Regulus recula, plus choqué que sonné (bien que la jeune fille y avait mis le plus de force qu'elle avait pu). Elle avait tout de même réussi à le faire saigner au niveau de la lèvre inférieure. Il essuya le sang d'un revers de main avant de reposer sur elle son regard glacé. Mais il ne l'intimidait absolument pas, elle était beaucoup trop remontée pour ça. Il s'était aventuré sur un sujet qu'il ne fallait pas.
- Ne parle pas de ce que tu ne connais pas.
Elle n'avait pas crié, au contraire. Sa voix était posée, basse, presque effrayante pour qui avait l'habitude de côtoyer la jeune fille.
- Estime toi heureux de connaître les tiens, ta famille. Tu ne sais pas ce que c'est.
- Parce qu'évidemment, tu sais ce que c'est que d'avoir ma famille. Comme tu as l'air de tout savoir.
- Non, je ne sais pas, mais au moins, ils ne t'ont pas abandonné !
- Parfois j'aurais préféré.
Ses paroles choquèrent Théa. Elle qui avait réellement été abandonné par ses parents biologiques ne souhaiterait à personne ce sentiment et ces sensations qu'ils entraînaient immanquablement.
- Tu ne sais pas ce que tu dis.
- Et toi, tu ne connais pas ma famille. Tu ne sais pas qui sont mes parents. Tu ne sais pas à quel point ils sont névrosés. Ni que c'est moi qui ai du essuyé chaque pots cassés, chaque reproche dès que quelque chose n'allait pas. Que c'est sur moi que reposent tous leurs foutus espoirs de descendance pure. Pur. Pur. Toujours ce mot depuis ma naissance. Tu te demandes pourquoi on est comme ça, nous les descendants cinglés des lignées pures ? Tu as ta réponse.
Il reprit son souffle avant de secouer la tête et de tourner les talons, comme si ça l'avait épuisé. Théa, bien que toujours en colère, sentit tout de même une pointe de culpabilité. Elle l'avait repoussé dans ses retranchements, le forçant à lui confesser des choses sur lui qu'il n'avait certainement pas l'intention de dire.
- Regulus, attends, fit-elle.
- Quoi ? Si c'est pour me dire que je ne suis qu'un malade, je t'en prie, fais la queue.
- Non, ce n'est pas ça. Je... ton frère, alors ? il...
Le Serpentard fit volte face et plongea ses yeux gris glacés dans ceux de la jeune fille, qui resta pétrifiée sur place. Il serra les poing si fort que ses veines saillirent, contracta la mâchoire et respira fort, comme s'il se retenait de frapper à nouveau le mur en pierre.
- Je n'ai pas de frère. Je n'en ai plus eu dès l'instant où il a franchi la porte de notre manoir en me laissant seul avec eux.
- Je suis désolée, souffla-t-elle.
Elle le dévisagea. Il avait un mélange de colère, de tristesse et peut être même une petite (toute petite) pointe de vulnérabilité peints sur son visage. Elle le trouva encore plus beau que d'habitude, même si elle n'aurait jamais pensé qu'une telle chose fut possible.
- Pourquoi tu me regardes comme ça ? Je t'assure que si tu as pitié de moi...
- Non. La pitié est bien la dernière chose que je pourrais ressentir pour toi.
- Qu'est-ce que tu pourrais ressentir d'autre alors ?
Son regard avait changé, il n'était plus glaçant, au contraire. Théa sentit ses joues rougir.
- Quoi ? Rien. (Puis, pour changer au plus vite de sujet : ) Qu'est-il arrivé à l'autre Regulus ?
- L'autre Regulus ?
- Le gars froid, énervé, qui prend les gens de haut.
Il pinça les lèvres avant de répondre :
- Il s'est dit qu'il avait assez gueulé pour aujourd'hui.
- Je vois.
Il laissa passer un moment, puis allait tourner les talons mais finalement, se reprit et lança, du tac au tac, changeant de sujet –et d'humeur- comme lui seul savait le faire :
- Ça va sûrement te paraître bizarre mais, tu as déjà cherché à savoir qui étaient –ou sont- tes parents biologiques ?
- Non, j'attendais justement que quelqu'un comme toi me le suggère avant de m'y mettre ! Pourquoi je n'y ai pas pensé toute seule ! ne put-elle s'empêcher d'ironiser en se frappant le front.
- J'ai souvent de très bonnes idées. Si jamais un jour tu as besoin d'aide pour chercher, fais moi signe.
- Je … Je veux bien, lâcha-t-elle au moment où il tournait les talons. Que tu m'aides. Peut être que tu auras plus de chance que moi pour trouver quelque chose.
- Vingt et une heure à la bibliothèque.
- Oui maître, à vos ordres maître.
Il la regarda en haussant les sourcils, d'un air mi-hautain, mi-amusé. Théa se reprit et se força à sourire, sourire qui parut à peine forcé.
- J'y serais.
Il leva les yeux au ciel et finalement, s'éloigna enfin.
...
Regulus et Théa étaient assis à une table tout au fond de la bibliothèque, complètement à l'écart d'éventuelles oreilles indiscrètes –qui n'étaient plus très nombreuse à cette heure-ci. Ils avaient une heure avant la fermeture des lieux.
- Pourquoi la bibliothèque, au fait ? demanda-t-elle à Black, debout à côté de la table –pour une raison mystérieuse, il ne s'était pas encore assis.
- Je me suis dit que si on avait besoin de consulter un document quelconque, un registre ou autre, la bibliothèque était l'endroit le plus avisé.
- Pas faux. Par où on commence ?
- Par le début. Tu as été adoptée, n'est-ce pas ? Tu as déjà interrogé tes parents ? Ils doivent bien savoir quelque chose.
- Il n'y a que mon père et moi et, oui, je l'ai déjà interrogé mais il ne sait rien. Il m'a trouvé devant le portail de son … euh, sa maison.
- Devant son portail ? Ce n'est certainement pas une coïncidence. Tu ne dépose pas un bébé devant le portail de n'importe qui. Pourquoi lui ? Tes parents biologiques devaient forcément le connaître.
- Si tu veux mon avis, on ne dépose tout simplement pas un bébé devant un portail, qu'on connaisse ou non la personne. Mais oui, ils devaient certainement le connaître parce que mon père est … disons, un grand sorcier. Assez connu.
- McArthur... réfléchit Regulus. C'est marrant, ça ne me dit rien.
Théa hésita un instant, se tritura l'ongle du pouce, puis se décida à lui avouer la vérité.
- Comme tu vas m'aider, je suppose qu'il serait utile que je te dise la vérité... McArthur, c'est mon nom d'usage mais ce n'est pas mon vrai nom.
- Ah oui ? Et c'est quoi alors ? Pourquoi as-tu changé ?
- Pour ne pas qu'on fasse le lien entre moi et mon père, ici, à l'école. Je m'appelle Théa Dumbledore.
- Dumbledore comme... comme Dumbledore Dumbledore ? fit le Serpentard, choqué.
- Comme Dumbledore le directeur de cette école, oui. Tu comprends pourquoi il fallait que je change.
- Et on t'a déposé devant chez lui ?
Il avait l'air sonné. Et un peu effrayé.
- Non, devant Poudlard.
- Mais il y a pleins de professeurs dans cette école, tu aurais aussi bien pu être trouvé par lui que McGonagall ou même Chourave.
- J'étais emballée dans une couverture avec un mot qui spécifiait « Prenez soin de moi, Albus ».
- Ça réduit en effet les possibilités. Je comprends maintenant pourquoi tous les prof t'adorent. Il faut bien chouchouter la fifille du patron.
- Ne sois pas jaloux, s'ils m'aiment bien, c'est parce que j'ai de très bons résultats. Et éventuellement parce qu'ils m'ont vu grandir .
- Moi, jaloux ? Ça ne risque pas. Et, tu veux dire que tu habite ici, à Poudlard ?
- Les professeurs habitent ici à l'année, Dumbledore ne déroge pas à cette règle donc oui, Poudlard est ma maison. De toutes façons, on habite tous un peu ici.
- Mouais. Pour en revenir à nos recherches, si tu as été déposée ici à l'attention de Dumbledore –ça fait vraiment trop bizarre- peut être que ta mère ou ton père ou même les deux ont été élèves ici.
- Peut être mais ça nous avancerait à quoi ? Ce n'est pas comme si on allait les trouver en consultant un registre d'anciens élèves. D'ailleurs, ça existe ça ?
- Certainement et, vu l'âge de l'école, ça doit remonter loin ! Il ne nous reste plus qu'à arpenter les étagères de la bibliothèque, voir si on trouve quelque chose. Je prends le côté gauche !
À contre-cœur, la jeune fille décolla ses fesses de sa chaise. Elle avait eu son deuxième cours de transplanage ce matin et les courbatures se faisaient déjà ressentir. Elle parcourut le côté droit de la bibliothèque –elle était persuadée qu'il contenait plus de livres et grimoires que le gauche et elle soupçonnait Black de le lui avoir laissé exprès. Les étagères de la bibliothèque de Poudlard étaient vraiment remplies de tout et n'importe quoi : des livres de sorts –pour certains tellement anciens qu'ils n'avaient presque plus de reliure-, de métamorphose, d'histoires pour enfants, de romans... Mais rien qui ne pouvait s'apparenter de près ou de loin à un registre. Et puis, ce n'est pas comme si Dumbledore auraient laissé traîner ce genre de document à la portée des élèves.
Elle s'arrêta de déchiffrer les arrêtes des livres cinq minutes pour se frotter les yeux : elle commençait à voir tout flou. Elle en profita pour jeter un œil au brun à sa gauche. Il était concentré sur sa tâche. Théa ne comprenait pas pourquoi il l'aidait comme ça. Ce n'était pas comme s'il y avait vraiment des chances qu'ils découvrirent qu'elle était en fait une Sang Pur –pourquoi ses parents l'auraient-ils abandonné sinon ? Non, le scénario le plus probable, selon elle, c'était que l'un de ses parents était un Sang Pur qui avait fricoter avec un Moldu et qui avait donc, par honte, décidé d'abandonner le bébé.
Elle reporta son regard sur les étagères qui s'étalaient devant elle et poussa un soupir. Tant pis, elle en avait assez pour ce soir. Elle se glissa à pas de velours vers le brun, toujours autant absorber par ses livres.
- Tu trouves quelque chose ? chuchota la sorcière juste derrière le Serpentard qui sursauta.
- Tu m'as fait peur. Non, rien. Et toi ?
- Rien du tout. Et j'ai faim.
- Et qu'est-ce que tu veux que j'y fasse ?
- Tiens ! Regulus 1, ça faisait un moment que je ne t'avais pas vu.
Il leva les yeux au ciel avant de l'attraper par le poignet et de la tirer derrière lui alors qu'il se dirigeait vers la porte de la bibliothèque. La jeune fille protesta et planta les talons dans le sol, en vain. Il avait beaucoup plus de force qu'elle.
- Je t'emmène en cuisine, on va voir si les elfes te trouvent quelque chose.
