Amis du soir, bonsoir !

Tout d'abord, je tiens à m'excuser pour cette si longue absence (les partiels puis les vacances étant passées par là..), j'espère être pardonnée avec ce chapitre et qui sait, peut être un prochain qui suivrait dans pas longtemps.

A ceux qui ont rejoint cette histoire entre temps, je vous souhaite la bienvenue et vous remercie infiiiiiniment des commentaires que vous pourriez laisser (et même si vous n'en laissez pas, je vous remercie tout simplement de lire :p)

En espérant que la suite vous plaise ! Bonne lecture et à bientôt ! :D


13.

Sur la plate-forme 9 ¾, les Serdaigles dirent au revoir aux deux Gryffondors, avant de rejoindre le père de Robbie. Mr Stewart donna une grande accolade à son fils et serra la main de ses trois amis. Ce n'était pas la première fois que les parents de Robbie invitaient les jeunes gens à venir passer quelques jours chez eux : ils étaient vraiment très accueillants et sympas, à l'instar de leur fils.

La famille Stewart habitaient à Londres, dans la Cité de Westminster. Théa observa le paysage qui défilait derrière la vitre : elle n'avait pas tant l'habitude que ça de quitter le monde sorcier et chaque fois qu'elle se rendait dans le monde Moldu, elle était admirative de tout ce qu'ils accomplissaient sans magie. Mr Stewart se gara devant une maison à la devanture blanche et à peine sortis, ils furent accueillis par une femme brune au traits fins et qui portait un tablier par dessus ses vêtements. À ses côtés se tenaient un garçon brun qui ressemblait énormément à Robbie il affichait un immense sourire. Holly se pencha vers Robbie et chuchota :

- Quel âge il a, au fait, ton frère ?

- Euh, quinze ans. Pourquoi ?

- Non, comme ça.

Robbie la regarda avec un air suspicieux, mais il n'eut pas le temps de s'attarder car son frère lui sautait déjà dans les bras.

- Tu m'as manqué, frérot !

- Toi aussi Willy !

- Si tu ne veux pas que je t'appelle Robert, ne m'appelle pas Willy, s'esclaffa son frère en lui ébouriffant les cheveux.

- Will ! s'exclama Elliott quand ce dernier s'approcha pour le saluer et les deux garçon se donnèrent une grande accolade.

Il embrassa ensuite les filles et entraîna les quatre sorciers à l'intérieur –qui saluèrent la mère des garçons au passage. Cette dernière rayonnait de revoir son fils aîné et avait l'air extrêmement heureuse de recevoir ses amis. Une délicieuse odeur de cake flottait dans la maison, décorée avec goût, dans des tons clairs et chaleureux.

- Comme d'habitude, les filles, vous dormirez dans la chambre d'amis. Elliott et toi, Robbie, dans ta chambre. Je vous laisse monter vos affaires, et après vous viendrez manger un morceau, vous devez avoir faim après ce long voyage !

- Merci, Mrs Adams ! firent en cœur Elliott, Holly et Théa.

Ils attrapèrent leur valise et se précipitèrent à l'étage, en riant et chahutant, comme à leur habitude. Une fois seules dans la chambre d'amis, Théa fit face à Holly, les mains sur les hanches :

- Dites donc Mademoiselle. C'était quoi cette interrogation sur Will ? Dois-je vous rappeler que vous avez un copain ?

- Mais non ! C'était pour toi, idiote ! ria Holly en lui tapant le bout du nez de l'index. Quoi ? fit-elle face au regard que lui jeta sa meilleure amie. Il est devenu drôlement mignon ! Et il n'a qu'un an de moins.

- Si je t'écoutais, je serais déjà mariée dix fois à l'heure qu'il est.

- Oh dix, tu exagères !

- Il faut vraiment que tu arrête de vouloir me caser avec chaque garçon que tu trouves mignons !

- Tu n'as qu'à te bouger les fesses pour faire avancer les choses avec Regugu alors !

- Tu veux dire, comme tu as bougé les tiennes pour Elijah ? ria Théa.

- Exactement !

- S'il ne t'avait pas embrassé, vous seriez encore en train de vous tourner autour.

- Hum, il va falloir que j'aille parler à Black alors...

- Tu ne feras rien de tel !

- Essaie de m'en empêcher !

Théa se jeta sur son amie et l'attaqua à coup de chatouille. Elles basculèrent sur le lit, et Holly s'empara d'un oreiller pour contre-attaquer. Les filles luttèrent elles riaient tellement qu'elles durent s'arrêter car elles n'avaient plus de souffle. Les garçons firent irruption dans la chambre, sans même demander la permission comme à leur habitude.

- Quoi ? Ça fait une bataille d'oreiller dans MA maison, et ça ne m'invite même pas ? bouda Robbie.

- On n'oubliera pas de t'envoyer une invitation pour la prochaine, lui fit Théa avec un clin d'œil.

Les filles réarrangèrent leur cheveux puis ils descendirent rejoindre la mère de Robbie qui les attendait.

...

Le lendemain, comme promis, le père de Robbie les amena au Zoo de Londres, un des plus vieux zoo du monde, d'après ce qu'il leur raconta. Une fois à l'intérieur, il laissa les jeunes aller visiter de leur côté. Il y eut un grand débat pour savoir par quoi ils devaient commencer : les filles voulaient aller voir les tigres, les garçons insistaient pour commencer par les singes. Elles finirent par leur céder et les suivirent.

Robbie et Will s'étaient improvisés guides touristiques et s'amusaient à ponctuer chacun de leurs arrêts devant les cages de petits commentaires et anecdotes qui amusaient beaucoup les trois autres. Elliott et Théa, qui avaient tous deux été entièrement élevés dans le monde sorcier, posaient pas mal de question sur les animaux qu'ils ne connaissaient pas. Certaines de leurs interrogations déstabilisaient Will ; le frère de Robbie n'avait pas l'habitude de côtoyer des sorciers et oubliait parfois que ces derniers ne connaissaient pas bien leur monde.

Finalement, la journée passa si vite que le soir était déjà tombé lorsqu'ils regagnèrent la maison des Stewart où les attendait un somptueux repas préparé par la mère de Robbie. Les parents de ce derniers se donnaient vraiment beaucoup de mal pour que les sorciers se plaisent et passent un agréable séjour et ces derniers essayaient de le leur rendre en aidant au maximum aux tâches ménagèrent qui, pour Théa, relevaient souvent plus de l'amusement que de l'obligation ; elle qui n'avait jamais vu la vaisselle se faire autrement que grâce à un sortilège lancé en deux secondes.

Elle se coucha ce soir-là la tête encore pleine des images de tous les animaux découverts dans la journée. Et peut être, pensera-t-elle le lendemain, que c'était leur visite du vivarium qui avait entraîné l'étrange et dérangeant rêve qu'elle fit cette nuit-là.

Elle marchait dans un des couloirs de Poudlard, celui du deuxième étage elle le reconnaissait aux armures exposées le long du mur droit et aux tableaux toujours vides de leurs occupants qui préféraient aller fureter chez leurs comparses du troisième.

Il était tard et il n'y avait pas âme qui vive, rendant l'atmosphère lugubre, même pour la jeune sorcière qui adorait pourtant se balader dans le château de nuit, lorsqu'elle était plus jeune. Et il y faisait si froid que chacune de ses respirations engendrait un nuage de vapeur. Se frottant les bras dans une vaine tentative pour se réchauffer, elle poursuivait tout de même son ascension du couloir. Elle n'avait aucune idée de ce qu'elle faisait ici qu'avait-elle bien pu venir chercher ? Et ce froid qui ne la quittait pas... Elle savait cependant qu'elle devait continuer, comme un étrange pressentiment au fond de sa poitrine.

Un bruit soudain attira son attention. Ténu, presque inaudible, cela tenait plus du chuchotement. Elle tourna sur elle-même, à la recherche de l'origine. Mais c'était comme s'il avait émané de partout. Il reprit, de plus en plus fort, et elle continuait de tourner jusqu'à se stopper. Elle venait enfin de trouver l'origine. Cela venait du bout du couloir. Le ventre tordu par l'angoisse, elle farfouilla ses poches à la recherche de sa baguette et, la brandissant, avança.

Là, enfin, posé au beau milieu du couloir, se trouvait un serpent. Très long et fin, son corps recouvert d'écailles noires et rouges enroulé sur lui-même, et sa langue effectuant de rapide va et vient, il semblait siffloter. La narguer.

- Qu'est-ce que... balbutia-t-elle, interloquée.

Le serpent se déroula d'un coup, souple, et s'enfuit dans le couloir avant de tourner au coin à gauche.

- Non, attends, cria Théa qui, sans comprendre pourquoi elle le faisait, se rua sur sa trace.

Lorsqu'elle tourna au coin où il avait disparu, elle s'arrêta nette, hors d'haleine et pétrifiée. Le reptile était là, posant fièrement devant un amoncellement de cadavres. La poitrine soulevée de spasmes, la jeune fille réprima un cri. D'où sortait ces gens et que leur était-il arrivé ? Puis elle reconnu parmi eux la tignasse brune de Robbie, celle de Caleb et encore d'autres élèves de l'école. Tout ceux qu'elle reconnaissait avait un point en commun : ils étaient ou bien nés Moldus ou bien issus d'un couple métissé.

- Ils mourront tous, siffla soudainement le serpent. Tel est leur destin.

Alors Théa hurla. À plein poumon et à s'en décrocher la mâchoire. Et elle n'arrêta que lorsqu'elle vit la mine inquiète d'Holly penchée sur elle, la secouant frénétiquement.

- Théa, Théa ! disait-elle. Tu as fait un cauchemar. Chut, ce n'est rien, la berçait-elle alors que des larmes coulaient le long des joues de son amie.

- C'était horrible, il a dit, hoqueta la brune, il a dit qu'ils allaient tous mourir.

- Personne ne va mourir, la rassura Holly. Ce n'était qu'un cauchemar.

Théa se laissa aller contre son amie et laissa la main d'Holly aller et venir dans ses boucles brunes, dans une tentative pour l'apaiser. Elle se calma peu à peu, reprenant une respiration normale.

- Tu as raison, soupira-t-elle alors. Ce n'était qu'un cauchemar. Les serpents, ça ne parle pas.

...

Deux jours plus tard, à peine Holly et Théa eurent-elles posé leur valise dans l'entrée de la maison des Jacobs qu'Helena, la mère d'Holly, leur sautait dessus pour les accueillir.

- Vous m'avez tellement manqué !

- Toi aussi, tu nous as manqué maman.

Holly déposa un baiser sur la joue de sa mère avant de se lancer dans le couloir, à la recherche de son grand frère de vingt ans, Isaac.

- ISAAC RAMÈNE TES GROSSES FESSES ICI, LA PRINCESSE EST RENTRÉE !

- Elle a hérité de l'élégance et la raffinerie de son père ! souleva Helena, faisant pouffer Théa.

- Princesse de mon cul, oui, gueula le garçon à l'étage.

- ISAAC ! le réprimanda sa mère. Il n'y en a pas un pour rattraper l'autre, se désola-t-elle.

- Salut, Isaac, cria Théa dans la cage d'escalier.

- Oh, Théa est là !

Moins de deux secondes plus tard, il avait dévalé l'escalier et étreignait la brune, sous le regard ébahi de sa sœur.

- Pour moi, tu n'aurais même pas bouger un orteil.

- Tu es trop mignonne, quand tu es jalouse, fit le blond avant d'attraper dans ses bras sa sœur qui tentait de s'enfuir.

Isaac adorait embêter Holly, c'était son activité favorite. Quand il était encore à Poudlard, il ne manquait jamais une occasion. Mais il était aussi très protecteur envers sa sœur et jamais il ne laisserait quelqu'un lui faire du tort. Avec le temps, il avait étendu ses attentions à la meilleure amie d'Holly, qu'ils considéraient tous deux comme leur sœur. D'ailleurs, la famille Jacobs entière avait adopté Théa, qui passait quasiment tous ses étés avec eux, ainsi que certaines vacances de Noël, comme c'était le cas cette année.

Helena entraîna ses trois enfants à la cuisine, où elle avait préparé des gâteaux de Noël en tout genre. Elle les obligea à manger pour « prendre des forces » car ils devaient aller chercher le sapin. Ils s'y prenaient certes un peu tard, mais elle avait insisté pour attendre l'arrivée des filles, tenant tête à son mari et son fils qui voulaient absolument installer l'arbre plus tôt. Pour Helena, toute la magie des fêtes de fin d'année résidait surtout dans toutes ces petites tâches que l'on pouvait accomplir en famille et qui perdaient donc de leur sens si un membre était absent. Isaac emmena donc les filles choisir le sapin.

Trois heures plus tard, ils revenaient avec un magnifique épicéa, qu'ils installèrent dans un coin de la pièce principale. Helena et Richard, qui venaient de les rejoindre, leur avaient préparé les décorations et ils s'affairèrent tous à décorer l'arbre vert, l'entourant de guirlandes, accrochant des boules sur ses branches. Tout cela sous la supervision de Holly, qui s'était reconvertie pour l'occasion en décoratrice d'intérieur et qui savait mieux qu'eux ce qui allait donner un bon rendu ou pas. Ce à quoi Isaac et Théa répondirent, après s'être concertés du coin de l'œil, en saucissonnant la jeune patronne à l'aide de guirlandes qui restaient en rab. Tout le monde rigolait et finalement, ils héritèrent tous d'une guirlande en guise d'écharpe ou de boules de Noël comme boucles d'oreilles. Ils finirent de décorer la maison, qui s'était en quelques heures à peine, imprégnée de la magie de Noël. C'était le genre de magie qu'adorait par dessus tout Théa.

...

Holly venait de rejoindre son amie dans leur lit la blonde se jeta comme un poids mort sur le matelas, déclenchant le rire de la brune.

- Je suis lessivée ! Mais j'ai tellement hâte que ce soit Noël !

- Moi aussi. Plus que deux jours à tenir !

Holly se glissa sous la couette et constata avec une mine réjouie que sa meilleure amie, ce radiateur ambulant, avait déjà réchauffé l'espace. C'était pour cette raison que la blonde était toujours la dernière à se coucher : elle attendait en fait que Théa, en bonne bouillotte qu'elle était, chauffe le lit froid avant de rentrer à son tour dedans. Elle poussa un « Ah ! » de confort avant de souhaiter une bonne nuit à sa meilleure amie. Puis, dès les lumières éteintes, elle colla ses pieds sur les mollets de la brune, lui arrachant un cri.

- Holly ! Retire tout de suite tes pieds gelés !

- Mais attends, je les réchauffe ! ria-t-elle.

Pour se protéger, Théa s'enroula dans la couette, rendant impossible l'accès à ses mollets.

- Ce n'est pas juste, fit Holly en faisant semblant de renifler. Et puis je te préviens : si tu voles toute la couverture cette nuit, je te pique ton oreiller !

- Comme je dors sans, je t'en pries, fais donc, répondit Théa avec un rire machiavélique. Allez, on a une journée chargée demain. Bonne nuit.

- Bonne nuit.

Le silence s'installa et Théa commençait à sombrer dans le sommeil quand Holly reprit la parole :

- Théa, est-ce que tu es heureuse ?

- Bien sûr, répondit la brune, un peu déboussolée par la question de son amie. Pourquoi tu me demandes ça ?

- C'est juste que, comme tu cherches tes parents biologiques, je ne sais pas, je me demandais si c'était parce que tu n'étais pas heureuse, qu'il y avait peut être un manque.

- Oh. Non, ce n'est pas ça. Pas du tout, même. Tu sais, je ne cherche pas des parents. Parce que, selon moi, les parents ce sont les personnes qui t'ont élevé, qui t'ont aimé dès la seconde où tu es entré dans leur vie et qui t'aimeront jusqu'à la fin. Albus est mon père, je ne cherche ni à le remplacer, ni à « compléter » quoi que ce soit. Et puis, il y a toi, ton frère, tes parents, Robbie et Elliott. C'est vous ma famille. Si je cherche mes parents biologiques c'est parce que... je ne sais pas trop comment formuler ça mais j'ai juste besoin de savoir qui ils étaient, en tant que personne pour peut être comprendre un peu mieux qui je suis. Parce que, on peut dire ce qu'on veut, mais la génétique joue quand même un rôle très important sur ce qu'on est.

- Je comprends. J'espère que tu trouveras. Qui qu'ils aient été, ils ont fait une fille géniale. C'est eux qui ont tout perdu à ne pas te connaître.

Théa sourit dans le noir et, à tâtons, trouva la main de son amie qu'elle serra fort. Elle espérait, à travers ce geste, lui communiquer à quel point elle l'aimait.