Bonjour bonjour ! Tout d'abord je tenais à m'excuser pour ce trèèèèès long délai, j'essaie vraiment de faire au mieux. Ensuite, merci beaucoup aux dernières personnes qui ont laissé un commentaire, ça me fait toujours un immense plaisir et ça me motive à essayer de vous mettre la suite le plus rapidement possible. Des bisous !


22.

Alors qu'elle remontait le couloir de l'aile gauche de Poudlard -bien que n'ayant rien à faire dans ce coin- Théa croisa Sirius Black. La dernière fois qu'elle l'avait vu, elle lui était rentrée dedans et avait fini sur les fesses au milieu du Grand Hall. C'était au début de l'année, à peine quelques semaines après la rentrée. Il lui semblait qu'une éternité s'était écoulée depuis.

L'aîné Black avait les yeux légèrement cernés, ce qui était très certainement dû aux révisions pour les ASPIC, les examens qui clôturaient la septième et dernière année des études à Poudlard et qui approchaient à grands pas. En voyant la sorcière, néanmoins, son visage s'éclaira et il s'arrêta pour la saluer.

- Comment tu vas, depuis la dernière fois ?

- Moi ? bien. Mais et toi alors, avec les ASPIC ?

- Oh, ça. Ça devrait aller les doigts dans le nez, ria Sirius.

La jeune fille ouvrit de grands yeux étonnés, ce qui accentua le rire du Gryffondor.

- Non, je rigole, c'est ultra dur. Mais on bosse comme des malades pour avoir les notes visées. Dis-moi, je peux te poser une question disons… indiscrète ? Mon frè... Regulus et toi, vous n'êtes plus ensemble ?

- Oh. Euh, non.

- C'est bien ce que j'avais cru voir... Mais, pourquoi ? Enfin, encore une fois, si c'est trop indiscret, tu n'es pas obligée de répondre.

Théa haussa les épaules.

- Disons qu'il a simplement décidé.

- C'est bête, vraiment. Tu devais lui faire beaucoup de bien. Mais bon, je ne peux pas dire que je suis étonné. Tout ce qui pourrait être bien pour lui, il le fuit.

Théa se mordit la lèvre pour ne pas rétorquer que c'était lui, Sirius, qui avait fui le premier et que c'était peut-être pour cette raison que Regulus était comme ça aujourd'hui. Mais elle ne dit rien car elle ne voulait ni défendre Regulus, ni lui trouver d'excuse et encore moins se mettre Sirius à dos alors que, les rares fois où elle lui avait parlé, il avait été gentil avec elle. Et puis, elle comprenait bien que ce n'était certainement pas son frère mais ses parents que Sirius avait fuis, il y avait de cela un an. Walburga devait faire de sa vie un enfer, lui, le fils indigne qui n'avait même pas été chez Serpentard. Alors elle ne dit rien, lui adressa un sourire contrit et haussa à nouveau les épaules.

- C'est lui qui t'a offert ça ? demanda alors Sirius en regardant son collier.

Elle porta la main à son cou et attrapa le serpent entre ses doigts. Elle n'avait pas résisté à l'envie de porter le collier, qu'elle trouvait très beau.

- Oui. À mon anniversaire.

- Je suis sûr que... commença Sirius avant de s'interrompre. Enfin, reprit-il, je sais qu'il a dû te faire souffrir mais ne l'abandonne pas. Pas complètement. Il pourrait avoir besoin de toi. Je sais que je donne l'impression de n'en avoir rien à faire de lui mais il reste quand même mon petit frère je m'inquiète pour lui. Je ne peux pas veiller sur lui mais toi, tu le peux. Je suis sûr qu'il finirait par te laisser faire.

Théa ne sut quoi répondre. Elle avait été touchée par ce qu'avait dit Sirius. Mais en même temps, elle ne savait pas ce qu'elle pouvait bien faire pour « veiller sur Regulus » quand il l'avait lui-même repoussé. Et surtout, elle était sûre qu'il ne la laisserait pas faire. Il tenait trop à rester secret. Mais peut-être qu'elle pourrait essayer d'aller vers lui, à nouveau ? « Et prendre le risque de se faire rejeter ? Et puis quoi encore ! » fit une voix dans sa tête. Elle pourrait certainement veiller sur lui en tant qu'amie. Certainement. Mais pas tout de suite. Elle avait encore besoin d'un peu de temps. Pour digérer.

Sirius finit par lui dire au revoir et s'éclipsa il avait encore beaucoup de travail et commençait à être en retard. Mais il était content de l'avoir croisé et d'avoir parlé avec elle. Peut-être se sentait-il surtout soulagé d'avoir confié la garde de son frère à quelqu'un de façon à ne plus se sentir coupable d'être celui qui était parti. On ne le saurait probablement jamais.

...

Théa déboula dans la chambre qu'elle partageait avec Holly et deux autres Serdaigles -mais, ces deux dernières n'étaient presque jamais là. Elle râlait déjà avant même d'avoir passé le seuil de la porte.

- Je suis sûre que mon père me cache des choses sur mon père !

- Wow, quoi ? Reprend depuis le début, s'il te plaît, je n'ai rien compris.

- Je suis sûre que A. en sait plus que ce qu'il veut bien laisser croire sur mon père biologique !

- Pourquoi tu penses une chose pareille ?

- Parce que, quand je lui pose des questions sur qui il pourrait bien être, il s'empresse d'éluder et de changer de sujet. Il ne fait pas ça quand je veux parler de ma mère.

- Enfin, ça ne veut rien dire Théa ! Pourquoi est-ce qu'il te mentirait en te jurant qu'il ne sait pas qui est ton père ? Ça n'a aucun sens !

- Il dit que s'il ne voulait pas me parler de mes parents c'était pour me protéger... Peut-être que mon père biologique n'était pas quelqu'un de bien et que c'est de ça qu'il veut me protéger, fit la brune en haussant les épaules.

- Ou peut-être que c'est une façon de se protéger, lui.

- Je ne comprends pas.

- Le fait que tu cherches à savoir qui est ton père biologique le blesse peut-être. Il doit avoir l'impression de ne pas être suffisant.

- Mais enfin, c'est ridicule !

- Pour toi, oui. Mais essaie de voir les choses de son point de vue. Je trouve que ça a du sens.

- Rien de ce que je pourrais découvrir ne changera le fait que A. est mon père, mon vrai père. Je ne cherche pas un père. Juste... une identité. J'ai juste besoin de savoir qui il était.

- Je ne cherche pas à prendre le parti de qui que ce soit...

- Pourtant on dirait, la coupa Théa, ce qui valut un soupir de Holly.

- Mais de là à croire qu'il te ment, Théa ! C'est un peu extrême.

- Je connais mon père, Holly. Je sais quand il me cache quelque chose qu'il ne veut pas que je sache. Et là, il me cache quelque chose. Je suis sûre qu'il sait qui il était.

- Écoute, si tu dis vrai, je suis avec toi à cent pour cent. J'ai envie de savoir aussi qui étaient tes parents. Mais, si A. est décidé à ne rien te dire, comment tu vas faire pour découvrir ce qu'il sait ?

- Je ne sais pas encore. Mais je trouverai bien une façon. Ah ! soupira la sorcière. Pourquoi les garçons sont si compliqués ?!

- Et pourquoi j'ai l'impression que tu ne penses pas qu'à ton père en disant cela ?

- Si, je pense à lui. Mais aussi à Sirius, Regulus... Caleb.

- Caleb ?

- On se voit beaucoup, ces temps-ci. Je m'entends vraiment bien avec lui. Mais...

- Mais ?

- Est-ce qu'il attend plus ?

- Oh. Je ne sais pas.

- Holly. Bien sûr que tu sais.

- Ce n'est pas un sujet que j'ai le droit d'aborder. Elijah me tuerait.

- Elijah sait pertinemment que tout ce qu'il te raconte a quatre-vingt-dix-neuf pour cent de chance de finir dans mon oreille alors il ne pourra s'en prendre qu'à lui-même de t'avoir raconté.

- Huuum, fit la blonde, qui pesait visiblement le pour et le contre -lequel l'emporta haut la main, puisqu'elle finit par dire : enfin, ce n'est pas une nouvelle si je te dis que tu l'as toujours intéressé. Et disons que, maintenant que Regulus n'est plus dans les parages, pourquoi pas ?

- Oh, non, gémit Théa en se laissant tomber sur le lit.

- C'est vraiment quelqu'un de bien. Et puis, il est vachement mignon et vous iriez bien ensemble...

- Holly ! Ce n'est pas... Enfin, ce que tu dis est vrai mais... C'est trop tôt. Et je...

- Tu aimes encore Regulus.

- Je suis vraiment ridicule, souffla la brune en se cachant le visage.

- Mais non, la démentit Holly. Tu n'es pas ridicule.

- Je suis encore tellement énervée après lui, parfois j'ai même envie d'aller le frapper. Mais, malgré ça, il me manque quand même. J'ai certainement juste besoin de temps, pour l'oublier.

- Tu sais, si Elijah rompait pour une raison ou une autre, et même si je lui en voulais au point de le haïr, je ne pourrais quand même pas ne plus l'aimer. Et je ne pourrais pas être avec un autre garçon. Même dans l'éventualité où je ne pourrais plus jamais être avec lui. C'est comme ça, on ne choisit pas. Si Regulus est le bon...

- Ça ne changerait rien. Je ne vais pas retourner vers lui alors qu'il a été clair sur le fait qu'il ne voulait plus être avec moi.

- Mouais, enfin, ce n'était pas si clair que ça...

- Holly, la réprimanda sa meilleure amie.

- Pardon, s'excusa cette dernière. Enfin, pour en revenir à Caleb, ce n'est pas parce qu'il espère plus que tu dois te sentir obligée de quoi que ce soit. Mais juste sois honnête avec lui, pour qu'il n'ait pas de faux espoirs. Parce que c'est vraiment un garçon bien.

- Ouais. Je lui dirais. Ça risque certainement d'être la conversation la plus embarrassante de toute ma vie.

- Certainement, rit Holly.

...

Les vacances d'avril étaient arrivées en un clin d'œil, accompagnées d'une météo de plus en plus clémente. La pelouse du parc qui entourait le château avait été prise d'assaut par des centaines d'élèves qui, manches retroussées jusqu'aux coudes et capes étendues au sol en guise de couvertures, révisaient dehors pour profiter de chaque rayon de soleil.

Dans les couloirs du château, une montagne de valises laissées à l'abandon par leurs propriétaires attendait l'heure du départ, en fin de matinée. Holly traîna difficilement la sienne à travers le couloir reliant la tour Serdaigle au reste de l'école. Une fois son dur labeur accompli, elle souffla sur ses cheveux pour les dégager de ses yeux avant de se tourner vers sa meilleure amie.

- Tu es sûre que tu ne veux pas que je reste ici avec toi pendant les vacances ?

- Pour la millième fois Holly : non. Va profiter de tes vacances avec Elijah et ne t'en fais pas pour moi.

- Mais on avait prévu ces vacances avant de savoir que ni Robbie, ni Elliott ne pourraient rester ! Sinon, j'aurais dit non à Eli.

- Miss Jacobs, ne vous servez pas de votre meilleure amie comme d'une excuse pour vous défiler et ne pas rencontrer les parents de votre copain.

- Huh, quoi ? Je ne vois pas de quoi tu veux parler. Moi ? Trouver des excuses ? N'importe quoi.

- C'est cela, ria Théa. Allez, ça va bien se passer. Je suis sûre que les Johnson sont des gens adorables -à l'image de leur fils. Et tu me raconteras tout en détails quand tu rentreras -même si cela ne t'empêche pas de m'envoyer au moins un ou deux hiboux !

- Promis ! Qu'est-ce que tu vas faire ici pendant deux semaines, toute seule ?

- Réviser. Fouiner.

- Fouiner ?

- A. va partir quelques jours, pour un sommet en Amérique ou je ne sais trop quoi. Je vais en profiter pour faire avancer mes recherches sur mon père biologique.

- Tu me tiendras au courant des avancées.

En guise de réponse, la brune lui adressa un clin d'œil. Puis, d'un mouvement de baguette, elle fit léviter la valise de Holly et commença à descendre les escaliers. Elle accompagna ses amis jusqu'au train et, après nombre d'au revoir, regarda le Poudlard Express s'éloigner. Tous étaient partis passer les dernières vacances de l'année scolaire chez leur famille. Bien sûr, Elliott avait insisté pour qu'elle vienne avec lui en lui rappelant qu'elle était de la famille au même titre que ses frères et sœurs mais Théa avait décliné -bien que l'idée eût été tentante. Mais elle avait des recherches à effectuer et, pour cela, elle devait rester au château. Elle rebroussa donc chemin vers l'immense masse grise qu'était Poudlard, impatiente de pouvoir commencer ses investigations : son père lui cachait-il réellement et intentionnellement l'identité de son géniteur ? Si tout se passait comme prévu, elle aurait des réponses à ses questions dans les jours à venir, dès que Albus aurait quitté l'école.