Partie 3 : Famille et retrouvailles.
Une fois qu'elles furent sorties du puits, retrouver Anastasie et Gothel ne fut pas très long. Et, lorsqu'elle revit sa fille, devant elle, bien vivante, Raiponce ne put s'empêcher de sourire.
Gothel sursauta, puis laissa un mauvais sourire se former sur ses lèvres.
« Toi ? Ma chère Raiponce… Que fais-tu ici ?
- Je suis venue pour récupérer ma fille, l'emmener loin de toi, je vais faire ce que je n'ai pas su faire autrefois avec Javotte. Je vais me battre pour ma famille. »
Gothel eut un rictus. Anastasie se trouvait là, juste à côté d'elle, et on aurait dit qu'elle ne comprenait pas complètement la situation.
« Maman ? Javotte ? Qu'est-ce qu'il se passe ?
- Ne t'en fait pas ma chérie, tout va bien. Je suis là maintenant, et tout va bien se passer. Il faut que tu viennes avec nous, cette femme, Gothel, elle est mauvaise.
- Parce que toi, tu ne l'es pas peut-être ? La railla la sorcière.
- Oh, bien sûr que si, lui rétorqua Javotte, prenant alors la défense de sa mère pour la première fois. Tout comme moi, d'ailleurs. Par ta faute. Et tu es bien pire qu'elle, Gothel, maintenant, je le sais. Ana, je suis désolée d'avoir voulu te prendre tes pouvoirs, sincèrement, je suis désolée de t'avoir dit que je te détestais, parce que ce n'est pas le cas. Ce n'est pas de ta faute si maman est devenue aussi mauvaise, c'est de sa faute à elle.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé pendant j'étais endormie ? Qu'est-ce qu'il… qu'est-ce qu'il vous est arrivé ?
- Aussi touchante que ces retrouvailles familiales puissent être, les interrompit brutalement Gothel, Anastasie et moi, nous devons partir au plus vite. Rappelle-toi, fit-elle à la jeune adolescente, prenant sa main pour la forcer à la suivre, nous devons réveiller nos sœurs.
- NON ! S'exclama avec force Anastasie, se rebellant contre elle pour la première fois depuis qu'elle s'était réveillée. Se dégageant de l'emprise de Gothel, elle s'éloigna d'elle, sa magie s'activant alors à nouveau, faisant naître une lueur de peur dans les yeux de l'autre sorcière. Je veux rester avec ma mère et ma sœur.
- Tu n'es pas sérieuse, lui dit Gothel, tâchant de paraître moins effrayée qu'elle ne l'était réellement. Ce n'est pas ta place.
- Bien sûr que si ! Clama la jeune sorcière. C'est ma famille. Pourquoi est-ce que je voudrais venir avec vous au juste ? »
Puis, s'écartant définitivement d'elle, elle alla se réfugier dans les bras de sa mère, qui l'accueillit avec soulagement.
« Ana, ma chérie, tu m'as tellement manqué… Je suis tellement désolée de ne pas avoir pu te protéger de cette sorcière. Et, voyant le regard blessé de Javotte, elle comprit qu'elle ne devait pas refaire les mêmes erreurs, et elle entraîna son autre fille dans l'étreinte. Je suis désolée, pour vous deux. Je suis désolée de ne pas avoir pu être la mère que vous méritez toutes les deux d'avoir. »
Lorsque Gothel fit mine de vouloir reprendre Anastasie, la jeune sorcière se retourna vers elle, et l'envoya contre le mur, permettant la rencontre de son crâne avec celui-ci.
Quelques minutes passèrent, pendant lesquelles la mère et les deux sœurs se retrouvèrent enfin, après toutes ces années.
« Qu'est-ce qu'on fait d'elle maintenant ? Demanda Javotte.
- Cette femme est dangereuse, et elle doit être enfermée. Je ne pense pas qu'on peut réellement la mettre en prison, mais il est hors de question qu'on la laisse en liberté. »
Se saisissant des fameux bracelets, Javotte se dirigea vers son ancienne mentor, et lui passa une des deux paire de bracelets aux poignets, prenant l'autre pour elle.
« Javotte, qu'est-ce que tu fais ? Lui demanda sa mère.
- Je la mets hors d'état de nuire, et je lui fais ce qu'elle m'a fait. Je vais lui prendre sa magie. »
Raiponce eut un sourire, se rapprocha de sa fille, et lui posa sa main sur son épaule.
« Très bonne idée ma chérie, lui fit-elle. Je suis fière de toi. »
Ce n'était rien, bien sûr, ce que Javotte était en train de faire, mais Raiponce avait désormais conscience du fait qu'elle devait faire de nombreux efforts pour réparer sa relation brisée avec sa fille.
Et montrer à cette dernière qu'elle comptait pour elle.
Celle-ci la regarda avec émotion, et elle lui sourit.
« Merci maman. »
Alors que le transfert de magie s'effectuait, Lady Tremaine serra à nouveau ses deux filles dans ses bras.
Et elle se mit à sourire, voyant l'autre sorcière, son ennemi, son bourreau, toujours inconsciente et allongée sur le sol.
Tu as perdu Gothel.
Tu n'as pas réussi à nous détruire.
Et plus jamais je ne laisserais une seule de mes filles penser qu'elle ne vaut pas la peine qu'on se batte pour elle.
Elle repensa à celle qui était supposée être son autre fille, Ella, et elle soupira intérieurement.
Elle avait tellement de choses à se faire pardonner…
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Les trois femmes retournèrent aux tours de l'entreprise de Victoria, et elles prirent soin d'enfermer la sorcière dans un des bureaux inoccupés de la tour.
« Je pense que l'inspecteur Rogers ne sera pas très satisfait de la tournure des choses, s'il apprend que tu as encore enlevé Éloïse Gardener, fit Javotte en grimaçant.
- Il faudra qu'on pense à régulariser la chose, tu as raison… Le problème, c'est qu'elle n'a légalement commis aucun crime…
- Elle a tenté de kidnapper Ana… Toi, tu ne seras peut-être pas considérée comme un témoin valide, puisque tu l'as également enlevée avant cela, mais moi et l'inspecteur Weaver, on pourra témoigner, si il y a besoin. Et Ana aussi. L'adolescente hocha la tête, approuvant.
- C'est vrai que tu n'as eu aucun problème à témoigner contre moi, fit Raiponce, amère, mais souriant malgré tout. C'était de bonne guerre, après tout.
- Oui, c'est vrai…
- Je vais appeler l'inspecteur Weaver le plus vite possible.
- Du coup, est-ce qu'il se souvient ? Est-ce que Rumplestiltskin est réveillé ?
- Oui. Quand toi et Gothel êtes venues, lui et moi nous tentions de déterminer si Anastasie était le Gardien ou non. Et si elle pourrait réveiller Lucy. »
Javotte eut alors un léger sourire.
« Alors c'est vrai… murmura-t-elle, pensive.
- Quoi donc ?
- Tu es vraiment en train de changer, et d'essayer de réparer tes erreurs. J'imagine que vaut mieux tard que jamais.
- Et moi, j'imagine qu'il se passera un certain temps avant que tu me pardonnes. »
Javotte hocha la tête.
« Exact. Mais il ne s'agit pas de moi maintenant, pas tout de suite. Pendant que tu appelles Rumplestiltskin, Ana et moi, il faut qu'on aille ailleurs, dans un endroit sûr, chez quelqu'un qui est réveillé… que j'ai réveillé.
- Qui ? Demanda Anastasie, curieuse.
- Chez Roni, dans un bar. Enfin, chez Regina. Ma… ma petite-amie, admit-elle avec quelques difficultés. Elle se sentit incroyablement mieux après avoir dit ces mots. »
Un grand sourire apparut sur le visage d'Anastasie.
« Tu as une petite-amie ? L'interrogea-t-elle avec enthousiasme.
- J'avais, en tout cas, autrefois. Avant de jeter la malédiction. »
Un air de tristesse et de mélancolie atteignit le regard de Javotte, et, alors que leur mère se décidait à appeler le policier, Anastasie glissa sa main dans celle de sa sœur, pour la réconforter.
« Tu as intérêt à tout me raconter, tu m'entends ? »
Javotte regarda la main de sa sœur, qui paraissait si petite par rapport à la sienne, et elle sourit, en la regardant tendrement.
« Comment est-ce que tu fais ?
- Quoi donc ?
- Pour me pardonner aussi facilement. J'ai essayé de te prendre ta magie, et sans maman, tu serais toujours aux mains de Gothel. Comment fais-tu pour être aussi… compréhensive ?
- Tu es ma sœur Javotte. Et on a été séparées pendant toutes ces années, lorsque je n'étais pas là, bien sûr que je ne t'en veux pas. Je te pardonnerais toujours, petite sœur. »
Javotte sourit à nouveau à sa sœur, les larmes aux yeux.
« C'est moi ta grande sœur maintenant. Et c'est à mon tour de te protéger, petite sœur. »
Elle la serra une dernière fois dans ses bras.
« Bon, maintenant, allons chez Roni ! Lança sa sœur avec enthousiasme. Enfin, chez Regina, et pendant le trajet, tu pourras tout me raconter. »
Javotte grimaça.
« Tu sais, elle et moi, nous ne sommes pas en très bons termes… Alors, ne t'étonne pas si tu la vois être en colère à mon égard. »
