Et voilà le chapitre 3 ! Comme promis. Il est encore long et fastidieux, mais promis, on y arrive, petit à petit. Voici le quotidien de la GUERR, mais aussi quelques informations de-ci de-là sur Drago et Hermione. J'espère que ça vous fera méditer !

Je remercie les nombreuses personnes à avoir commenté, c'est adorable, vous êtes toujours au rendez-vous et ça me fait chaud au cœur ! Alors milles fois merci !

Madison2220 : Merci beaucoup, ça me rassure ! En effet, Hermione semble bien mal en point, mais il faut se dire que tout n'est pas physique ! L'entraînement sportif n'est qu'1/4 de l'entraînement général, et Hermione sera surement meilleure en magie ! Ouiiii Happy End, promis !

Leolili : Ahah oui cobaye ça fait peur comme mot hein. Je suis contente que Drago te plaise ! Merci pour ce commentaire, ça fait plaisir.

Maud : Oui explosif c'est le mot haha. Merci et on est déjà mercrediiii !

Elorah : Je suis contente que cette idée te plaise ! Merci pour ton commentaire, et voici la suite.

PouleauPotter : Ahah je suis contente que ça te plaise alors. Voici la suite.

Pitouloulou : Merci pour ton commentaire qui me fait toujours autant plaisir. En ce moment je n'ai pas le temps de me relire correctement, j'avoue, mais tu as raison, je vais faire de mon mieux.

Magoo : Merciiiii !

LadyCocoMalefoy : Ah oui ce n'est pas le même Drago que dans La Couleur de l'Equinoxe ! Mais j'espère qu'il te plaira tout autant. Je prévois une vingtaine de chap ! Merci de ton commentaire en tout cas !

Karine : Aaah, ça me fait toujours plaisir quand quelqu'un reste quand même voir ce qui se passe ! Merci en tout cas d'avoir pris le temps de commenrce.

Mearwyn : Merci ! Ca me rassure ce que tu me dis. Voici la suite !

LilyP. Wooz : Oui, j'ai conscience que Drago ne se dévoile pas encore, mais promis ça viendra ! Laisse moi le temps ahah. Pour l'instant pas de Pansy, Neville tout ça, puisqu'il s'agit de la 1ère gen. De l'armée ! Tu en sauras plus bientôt !

Lisou : Merciiii. Voici la suite en espérant qu'elle te plaise !

Liloumoultipass : Merci Jean-Pierre ahah. Voici la suite !

Passion Fugace : Oula moi aussi je plains les recrues mdr. Oui drago ne se sent pas à sa place, mais tu verras pourquoi ( : Ahah oui, en effet, c'est un problème pour les relations dramione !

Lilarose12 : Oulala merci ça me touche tellement ! Merci pour tous ces compliments qui me font rougir !

Keloush : JE suis ravie de te retrouver ici ! Merci de me suivre en tout cas, et de commenter comme toujours !

Bonne lecture !


Le premier jour des entraînements. Drago l'avait redouté plus que tout autre. Parce qu'il ne savait que trop bien ce qui l'attendait, et ce qui attendait les recrues. Non pas qu'il leur voulait tout le bien du monde – après tout, il ne les connaissait pas – mais il ne se sentait pas l'âme d'un Général. Drago ne s'était jamais vu à la tête d'une foule, et encore moins d'une armée. Il avait l'âme sombre, certes, mais avant tout solitaire. Leader, il l'était sans doute. Mais certainement pas sous-fifre.

Observant de longues secondes la trace imprimée sur son bras, Drago se perdit dans ses réflexions. Il se souvenait de la discussion qu'il avait eut avec le Lord, une année au paravent.

C'était son père qui lui avait dit que le Lord le demandait. Drago s'était rendu au Manoir Jedusor – appartenant autrefois à Tom Jedusor Sr. Il en avait fait un quartier général grandiose, et où seuls les plus fidèles étaient conviés pour les réunions de plus haute importance. Après sa victoire, il s'était fait Premier Ministre, avec en bras droit Yaxley, et Bellatrix. Lucius n'avait hérité d'aucun titre de noblesse, il n'était plus dans les favoris du Lord. Tandis que Drago, lui… Représentait ce que Voldemort n'avait jamais pu acquérir. Un héritier. Un enfant prodige.

Non pas qu'il s'en considérait le père, mais en tout cas, le mentor et le formateur. Car, si Voldemort s'espérait éternel, il n'était pas sot au point de ne prévoir aucun plan de secours. Ainsi, c'était tombé sur Drago. Drago qui avait du quitter le Manoir Malefoy pour s'installer au près de Voldemort dès la fin de la guerre. Drago qui participait à toutes les réunions.

Bien sûr, le Lord avait pris ses précautions. Un serment inviolable avait fait de Drago sa petite marionnette. Il lui était interdit de divulguer la moindre information glanée lors de réunion, et encore moins de trahir Voldemort. Sans quand, il se verrait mourir dans d'atroces souffrances. Le Seigneur des Ténèbres avait été plus que clair sur ce point.

Pourtant, Drago n'avait pas si mal vécu pendant quatre ans. La vie au Manoir était calme, et intéressante. On lui avait appris la magie la plus noire qui soit, et Voldemort en personne lui donnait parfois des cours de duels. Personne, Ô grand jamais, n'aurait eu l'idée saugrenue de s'opposer à Drago Malefoy, devenu petit protégé du Lord. Ca en avait fait jaser, mais personne n'avait osé le dire un peu trop fort. Bellatrix n'avait été que trop heureuse de voir son neveu monter ainsi les échelons, quant à son père, Drago ne l'avait jamais vu si fier. Quant à Narcissa… Elle n'avait jamais eu l'occasion de lui dire, mais il avait lu en elle comme dans un livre ouvert. On lui arrachait son unique fils, le fruit de ses entrailles. Guerre ou non, Narcissa restait une mère aimante et protectrice. Elle avait failli à sa tâche.

Et puis, Voldemort avait dévoilé un peu plus des ses projets pour Drago. Il l'avait convoqué et lui avait parlé, seul à seul. Drago se souvenait d'avoir eu le cœur qui battait la chamade. Il craignait ce qu'on allait lui demander de faire, ce qu'il faudrait qu'il fasse pour convaincre.

—J'ai de grands projets pour toi, Drago, avait commencé le Seigneur des Ténèbres de sa voix froide et cruelle. Il est temps pour toi de prendre ta place au sein de mon plan. Dans un an, jour pour jour, tu seras le plus jeune Général que l'Histoire n'ai jamais connu.

—Général, Monsieur ? avait murmuré Drago avec effroi.

Voldemort l'avait regardé droit dans les yeux. Et sans doute avait-il lu la peur et le refus dans l'esprit de Drago, car un sourire sans joie était né sur ses lèvres inexistantes.

—Ah Drago, murmura-t-il sans ciller. J'ai toujours su que tu serais le plus difficile à convaincre. Tu es si différent des autres, tu as tes idées propres, et tu es en marge du troupeau de moutons. Mais c'est ce que jamais chez toi. Tu me fais penser à moi, à ton âge.

Des frissons de dégoût avaient secoué l'échine de Drago. Pour rien au monde il n'aurait voulu ressembler à Voldemort.

—Je ne suis pas assez fort pour mener une armée, Monsieur, avait tenté de le convaincre Drago.

Le rire froid et morbide de Voldemort avait résonné dans tout son bureau, et Drago avait sentit son sang se glacer dans ses veines. Etait-il possible de tuer quelqu'un avec pour seule arme, un rire déchirant et inquiétant ? Il n'était pas sûr de vouloir connaître la réponse.

—J'ai tout prévu, Drago. Tu as un an, jour pour jour, pour devenir l'homme de la situation. Tu pars pour Poudlard ce soir. Ta tante t'expliquera de quoi il en retourne. Je viendrai te voir une fois par semaine.

Il avait marqué une pause, comme pour ajouter quelque chose. Mais il n'avait rien dit. Quand l'entretien fut terminé, le Lord s'était retourné une dernière fois et lui avait fait une étrange promesse :

—Nous allons accomplir de grandes choses, toi et moi. Ne me déçois pas.

Et il s'en était allé. Il n'avait pas menti cependant.

—Drago ? appela Blaise en poussant doucement la porte.

Le grincement de la porte et la voix de Blaise sortirent Drago de sa léthargie. Il rabattit sa manche d'un coup sec et leva ses yeux clairs vers son ami. Il esquissa un petit sourire en coin.

—J'ai cru que tu ne t'étais pas réveillé, expliqua Blaise en entrouvrant un peu plus la porte.

—Trop aimable de t'inquiéter pour moi.

Blaise lui adressa un sourire plein d'ironie, mais qui cachait une affection profonde. Les deux amis ne s'étaient plus quittés depuis Poudlard, et sans doute était-ce cela qui aidait Drago à tenir. La nonchalance et l'indifférence de Blaise rendait le quotidien plus supportable. C'était d'ailleurs Drago qui avait conseillé au Lord de prendre Blaise pour quatrième formateur, s'assurant par là-même un Second, un ami de confiance et une compagnie loyale à ses côtés.

—J'arrive, ajouta Drago.

Quand ils arrivèrent dans la Grande Salle, celle-ci était déjà pleine. Crabbe et Goyle s'étaient chargés du réveil, à grand renfort de cri et de sortilèges, Drago en était certain.

Blaise et lui vinrent s'asseoir à la table des formateurs, où les deux autres étaient déjà en train de s'empiffrer un petit déjeuner digne de ce nom. Pendant que les recrues se contentaient d'un café, d'un jus de fruit et de trois tartines beurrées, Crabbe et Goyle profitaient de bacon, d'œufs brouillés, de thé, de marmelade, de croissants et même de saucisses.

Voir le gras luire sur leur menton graisseux donna la nausée à Drago qui ne mangeait déjà pas beaucoup en temps normal. Il se demanda comme Crabbe et Goyle comptaient s'y prendre pour faire faire du sport aux recrues, alors qu'eux même étaient bien incapables de courir plus de dix mètres sans s'essouffler. Sans doute se contenteraient-ils de donner des ordres et de regarder.

Drago se servit un café noir et parcourut la salle du regard. Les recrues avaient l'air fatiguées. Surtout les siennes qui devaient être courbaturées, après leurs quatre-trois tours de la veille. Elles mangeaient en silence, sans se regarder. On n'entendait que le bruit des cuillères au fond des tasses et des verres qu'on repose. Désolant. Poudlard n'avait jamais été aussi triste, songea Drago en avant la dernière gorgée de son café.

—On commence par quoi, aujourd'hui ? demanda Blaise d'une voix détendue.

Drago sortit de sa poche trois emplois du temps qu'il distribua aux autres.

—Pour l'instant, chaque groupe s'entraînera séparément. Mais d'ici quelques semaines, on mélangera les groupes.

—Pourquoi ? grogna Crabbe, un bout de saucisse coincé entre les dents.

Drago fit mine de ne pas entendre. Il détestait avoir des comptes à rendre, et il était clair qu'il n'en avait aucun pour Crabbe. Celui-ci ne sembla pas le comprendre, car il reposa son verre brutalement – sûrement pour attirer son attention – et répéta d'une voix forte :

—Pourquoi ?

Quelques têtes se tournèrent dans leur direction, et Drago sentit son sang-froid perdre de sa superbe. Il approcha sa tête de celle de Crabbe et le regarda droit dans les yeux :

—Quand j'aurais des comptes à te rendre, tu seras le premier au courant Crabbe. En attendant, tu fais ce que je te dis. C'est clair ?

Crabbe soutint son regard de longues secondes, mais finit par capituler et détourna ses yeux porcins sans ajouter quoi que ce soit. Quant à Drago, il jeta un coup d'œil à Goyle qui semblait n'avoir rien à ajouter.

Lorsque le petit déjeuner fut terminé, chaque formateur se dirigea vers son groupe.

Drago arriva devant le sien, et attendit que tous les regards soient tournés vers lui pour prendre la parole.

—Entraînement physique. Tout le monde dans le parc.

Ils se levèrent en silence, et contournèrent leur banc pour se ranger en file indienne. Drago à leur tête, le petit groupe marcha jusqu'au hall d'entrée, puis passèrent les portes de chêne massif et s'aventurèrent dans le parc de Poudlard. Celui-ci était immense, et Drago se perdit dans la contemplation de la verdure et des rares fleurs qui avaient survécu à la main des mangemorts. D'un pas ferme, il emmena ses recrues jusqu'au terrain de Quidditch, où aurait lieu le premier entraînement physique.

—Bien, tous ceux à ma gauche, vous ferez cinq tours de terrain pour vous échauffer. Ceux à ma droite cinquante pompes, puis cinquante abdos. Puis on échangera.

Drago entendit quelques recrues soupirer, ou murmurer, mais dans l'ensemble, aucune n'osa se rebeller. Il s'était attendu à bien plus d'opposition que cela. Il fallait croire que, depuis quatre ans que le Lord l'avait emporté sur Potter, l'espoir avait déserté toute parcelle de leur esprit.

Il fallut quelques minutes aux deux groupes pour se mettre en marche, mais cinq minutes plus tard, les uns faisaient des tours de terrains quand les autres s'étaient allongés pour faire des pompes.

L'entraînement se passait bien. Du moins, jusqu'à ce que l'une des recrues ne se blesse. C'était prévisible bien sûr, mais Drago avait espéré que ce n'arriverait pas dès le premier entraînement.

Quelqu'un était tombé, mais Drago ne voyait pas de qui il s'agissait. Ils s'étaient tous agglutinés autour, et deux filles commençaient déjà à se pencher pour aider le malheureux. En s'approchant Drago vit qu'il s'agissait d'un garçon qui ne devait pas peser plus de cinquante kilos. Il était verdâtre et se plaignait d'une douleur à la cheville. Marius Grind.

Drago se planta à ses côtés et regarda les deux filles qui tentaient de l'aider. Evidemment, Granger faisait partie du lot.

—Je vous interdis de l'aider, dit Drago d'une voix calme.

—Mais enfin, il s'est peut être cassé quelque chose, répliqua Granger.

Leurs regards se croisèrent, se défiant l'un l'autre. Granger ne lâcha pas l'affaire cependant, et se pencha pour passer un bras dans le dos de Marius.

—J'ai dis non, grogna Drago en empoignant Granger.

Il lui tira sur le poignet et l'écarta de Marius. Elle tenta de se débattre, mais Drago serrait bien trop fort. Et ce ne fut que lorsqu'elle cessa de gesticuler qu'il relâcha légèrement la pression, sans pour autant la laisser libre de ses mouvements.

—Lève-toi, dit-il à Marius.

Celui-ci se releva tant bien que mal, boitillant sur sa cheville déjà enflée.

—Tu fais trois allers retour jusqu'à la Cabane, là-bas, ajouta Drago en pointant l'ancienne cabane du Garde Chasse, à trois cent mètres de là. Si tu n'y arrives pas, ce n'est pas la peine de revenir.

Sa voix était dure et ne tolérait aucun échec. Marius pâlit, mais ne dit rien. Il prit un air résolu et se mit à courir tant bien que mal jusqu'à la cabane. Tout le monde retenait son souffle, car il était clair que Marius n'aurait pas de seconde chance. A côté de Drago, Granger trépignait.

—C'est ridicule, murmura-t-elle, sans doute plus pour elle-même que pour le reste du groupe.

—Granger, fais-moi cinq tours du Terrain de Quidditch, ça m'évitera d'entendre tes commentaires.

Il n'avait pas pris la peine de se retourner pour le lui dire, mais il l'entendit soupirer. Quant il se retourna enfin, elle était déjà en train de courir. Au moins, elle ne se rebellait que pour les autres. Quand il s'agissait d'elle, Granger était bien plus docile.

La journée s'était déroulée ainsi. Dans le calme, et en silence. Drago avait presque été déçu. Après tout, si lui-même avait été recruté de force dans une telle armée, il était certain qu'il se serait rebellé. Mais eux n'avaient rien fait. Ils s'étaient contentés d'obéir aux ordres et de baisser les yeux quand ils croisaient le regard de Drago.

Après l'entraînement physique, Drago avait donné un cours de Duel. Pour cela, il avait distribué une baguette à chacun – qui serait récupérée à la fin de l'entrainement – et avait commencé par les bases des sorts de défense, puis quelques sorts offensifs. La plus part maniait leur baguette plus ou moins correctement, mais quelques uns avaient eu des difficultés à lancer un simple Protego.

A l'heure du déjeuner, Drago était déjà fatigué par tant de médiocrité.

—Alors, comme ça s'est passé ? demanda Blaise en arrivant à son tour.

—Ils sont plus nuls les uns que les autres.

—Pareil. Mais aucun problème d'autorité. Bizarre, non ?

Drago leva les yeux vers Blaise. Son ami avait mis le doigt sur ce qui l'avait intrigué, lui aussi. Blaise non plus n'avait pas rencontré de problème de rébellion, alors qu'en était-il de Crabbe et Goyle ?

—Quoi ? demanda Blaise.

—Rien, rien.

Quand ils arrivèrent, Crabbe et Goyle ne firent aucun commentaire sur leurs entraînements respectifs. Drago se demanda s'ils avaient eut des soucis d'autorité, mais ne posa pas de questions, sachant pertinemment que s'il y avait le moindre problème, il serait le premier au courant. Et puis, il ne lui restait plus quelques minutes pour achever son repas, avant d'enchaîner sur l'entraînement à la résistance psychologique. Sans doute celui qu'il redoutait le plus.

Quand l'heure sonna – Bellatrix avait ensorcelé la cloche de l'école pour qu'elle sonne en concordance avec les nouveaux horaires – Drago se leva à nouveau et rassembla son groupe qui le suivit jusqu'aux cachots et aux cellules d'isolement.

Des bancs avaient été installés dans le fond de la pièce et il y fit asseoir ses recrues avant de quitter la pièce et de se diriger vers la salle voisine où il récupéra une norme caisse qui contenait des dizaines de bouteilles d'eau.

Des regards intrigués se tournèrent vers lui quand il revint, ainsi chargé, mais personne n'eut le temps de poser de question, car déjà, Drago avait posé la caisse dans un coin et avait commencé.

—Qui a déjà été confronté ici, au sortilège de l'imperium ?

Sur les tentes recrues qui constituaient le groupe deux, seules trois levèrent la main.

—Qui a déjà subi le sortilège Doloris ? continua Drago.

Une seule main se leva. Et pour l'avoir vu se lever de bien nombreuses fois, Drago n'eut même pas besoin de voir à qui elle appartenait pour deviner qu'il s'agissait de celle de Granger. Evidemment. Elle était la seule à avoir combattu pour l'Ordre du Phénix, la seule à avoir été dans les premières lignes de cette guerre. La seule à avoir connu la réalité dure et cruelle de la guerre. Pendant que les autres se cachaient dans les jupons de leur mère.

—Granger, lève-toi.

Celle-ci s'exécuta.

—Décris à tes camarades, l'effet du sortilège Doloris.

Granger sembla pâlir, mais ne se démonta pas.

—Le sort Doloris s'attaqua à tout votre système nerveux. Il fait se contracter tout vos muscles et lance des décharges électriques à toutes vos terminaisons nerveuses, de telle sorte que vous ne pouvez plus rien ressentir, si ce n'est la douleur, dit-elle d'un air docte.

Drago la regarda fixement avant d'applaudir à deux mains, d'un air mauvais.

—Merci Granger, mais je ne te demandais pas un cours. Je veux que tu leurs dises ce que l'on ressent.

Granger le fixa du regard, et elle se mit à parler. Sans jamais ciller, sans jamais détourner les yeux, comme si elle ne s'adressait qu'à lui.

—Ca fait mal. Terriblement mal. En fait, ça fait tellement mal, qu'on a envie de mourir, pour que tout s'arrête. Ca vous prend de part en part, comme transpercé par une lame chauffée à blanc. Mais vous ne criez pas. Pas que nous ne voulez pas, mais vous ne pouvez pas. Parce que chacun de vos muscles est tellement crispé que même ouvrir la bouche pour hurler serait trop douloureux. Vous ne pouvez que subir, et attendre que cela cesse. Mais ça ne cesse jamais vraiment. Parce qu'une fois que vous avez été touché, vous appréhendez chaque jour que cela recommence. Et c'est sans doute là, la pire douleur. Celle de savoir qu'il y aura une prochaine fois, et que ce sera plus douloureux encore.

Un petit sourire se dessina sur les lèvres de Drago, tandis qu'il acquiesçait d'un signe de tête.

—Merci Granger. C'est exactement ça. Dix points pour Gryffondor.

Puis s'adressant au reste du groupe :

—Le sortilège de Doloris ne s'apprivoise pas. Vous pouvez le subir autant de fois que possible, vous ne vous y habituerez jamais. Car il s'attaque directement au système nerveux, et que vous ne pouvez pas contrôler votre corps. En revanche, ajouta-t-il, le sort de l'imperium, lui, s'apprivoise. Cela fera l'objet de l'entraînement Magique de cet après-midi. Aujourd'hui, nous allons d'abord vérifier votre tolérance à la douleur, puis nous finirons avec un épouvantard, afin que chacun connaisse la plus grande peur des autres. Est-ce assez clair ?

Personne ne répondit, mais Drago en déduit qu'ils avaient compris où il voulait en venir.

—Bien, Granger on commence par toi. Place-toi devant moi.

L'intéressée – qui avait comprit depuis bien longtemps ce qui l'attendait – ne se démonta pas et s'extirpa du groupe. Elle vint se placer en face de Drago, laissant cinq mètres les séparés et attendant patiemment que le sort ne la frappe.

Drago ne prit pas la peine de sortir sa baguette, et sans un mot, sans même que quiconque ne s'y attende, Granger se mit à se tordre de douleur. Il avait suffit à Drago de penser le sortilège pour qu'elle se mette à le ressentir.

Granger était à présent allongée sur le sol, les bras autour de ses genoux. Elle ne criait pas, mais on voyait la douleur le défigurer, et déformer chacun de ses traits. Drago attendit qu'une seconde s'écoule avant de toute arrêter. Une minute, c'était déjà un bon score, et puis il ne voulait pas rendre folle la seule qui mettait un peu de piment à ses cours.

Quand l'effet du sort se fut dissipé, Granger se releva péniblement.

—Pas mal, Granger.

—C'est tout ce que t'as, Malefoy ? murmura-t-elle de façon à ce qu'il soit le seul à l'entendre.

Drago esquissa un petit sourire, et se contenta d'ajouter :

—Prends une bouteille d'eau et va t'asseoir. Au suivant.

Pendant l'heure qui suivit, toutes les recrues passa sous les sorts experts de Drago. Celui-ci s'appliquait à les lancer à chaque fois de la même manière et de la même intensité. Il attendait qu'une minute s'écoule pour arrêter. Si la recrue se levait toute seule, c'était qu'elle était prête, pour les autres, il y aurait plus de boulot. Plus de trois quarts des résultats furent satisfaisants.

—Bien, dit Drago quand le dernier fut passé. Je dois dire que je m'attendais à pire. Maintenant que nous connaissons votre résistance à la douleur, nous allons passer à votre résistance à la peur. Tout le monde s'est retrouvé au moins une fois devant un Epouvantard ?

Tout le monde acquiesça, au grand soulagement de Drago qui ne se voyait pas donner, en plus, un cours théorique sur les effets des épouvantards et la manière de s'en débarrasser.

—Aujourd'hui, il n'est pas question de le battre, mais de lister vos plus grandes peurs. Car c'est grâce à cela que vous parviendrez à vous blinder, psychologiquement parlant. Mettez vous en rang.

Pendant que les recrues se mettaient en file indienne, Drago tira à deux mains une énorme malle noire qui se trouvait dans le coin de la pièce, juste à côté de celle des bouteilles dos. Il la plaça devant les recrues et se mit lui-même derrière, de manière à ouvrir le couvercle sans que l'épouvantard ne le voit. Avant de commencer, il se munit d'une plume et d'un calepin.

—Prêts ? C'est parti.

D'un coup de pied, il ouvrit la malle.

Le premier de la file était Carter Lloyd, celui qui avait adressé la parole à Drago, la veille. Il n'avait pas fière allure car le sortilège Doloris avait été une étape difficile pour ce grand gaillard. Démuni de sa baguette, Carte avait l'air encore plus mal à l'aise quand l'épouvantard se transforma sous ses yeux en une énorme boîte en verre, clause, et dans la quelle on pouvait voir Carter en personne. Le Carter-épouvantard se débattait à l'intérieur, tentant de s'en échapper par tous les moyens. Mais plus il se débattait et plus les parois de verre se rapprochaient les unes des autres, jusqu'à devenir un véritable cercueil de verre. Ainsi donc, Carte était claustrophobe.

Et la séance s'enchaîna, comme un engrenage parfaitement huilé. Après Carte vint le tour de Hamilton, Keegan, Jackson, Green, Hopkins, et tous les autres. Leurs peurs étaient toutes surmontables, pour quiconque ne les subissait pas. Le vertige, le feu, les insectes en tous genres, les tigres, les serpents, les parents violents, et la mort des proches. Puis vint le tour de Granger. Encore et toujours.

Quand elle se plaça devant l'épouvantard, Drago se demanda ce qui pouvait bien apparaître devant elle. Etait-elle sujette aux peurs communes ? Il en doutait. Granger avait vu bien des choses, et sans doute avait-elle vaincu ses peurs primaires. Mais qu'en était-il de ses peurs viscérales ? Celles qu'on ne vainc pas, mais avec les quelles on apprend à vivre ?

Le viol. Voilà quelle était la plus grande peur de Granger. L'épouvantard se transforma en un homme capuchonné – et toute ressemblance avec un mangemort n'était sûrement pas fortuite. Il s'approcha d'elle avec assurance, tandis que Granger était pétrifiée par la peur. L'homme s'avançait de plus en plus près jusqu'à poser ses mains sur elle. Ce fut l'électrochoc pour Granger qui commença à se débattre. Mais plus elle se débattait, plus l'homme s'accrochait, l'allongeant sur le sol, posant ses mains sur des zones interdites. C'en était trop.

—Ridiculus, grogna Drago en levant sa baguette sur l'épouvantard qui se transforma soudain en une peluche hideuse avant de retourner dans sa malle.

Drago ne regarda pas Granger une seule seconde. Il se contenta de détourner les yeux, une façon de lui laisser sa dignité sûrement, et de repousser la malle jusqu'au fond de la classe. Alors, c'était ce cela dont avait peur Granger ? C'était tellement étrange. Drago avait pensé à tout, mais pas à ça. Même s'il n'avait jamais aimé Granger – et c'était un euphémisme – il l'avait toujours trouvé courageuse. Et la voir ainsi, amoindrie et victime d'une peur telle que celle du viol était plus qu'intriguant. C'en était même inquiétant. Pour en avoir une telle peur, se pouvait-il que Granger eut déjà vécu pareille atrocité ?

Drago secoua la tête. Quand bien même, ça ne le regardait pas, et ça l'intéressait encore moins. Il devait se concentrer sur l'entraînement. Du reste, les recrues n'étaient que des pions sur l'immense échiquier de Voldemort. Il ça devait le rester pour Drago aussi.

—Ca ira pour aujourd'hui, finit-il par dire. Direction l'entraînement de Magie Noire.


Voilà voilà ! C'est finiiiiiii. Pour l'instant en tout cas, jusqu'à mercredi prochain ! J'espère que vous n'êtes pas déçu et ça vous a plu.

N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez ! D'ailleurs, vous pensez que Drago a fait quoi pendant 1 an, avant Poudlard ?

Ah, et je voulais vous poser une question d'ailleurs, en parlant de commentaires. Est-ce que vous préférez que je vous réponde dans chaque chapitre ou bien que je vous réponde par MP ? Parce que les MP sont aussi pratiques pour échanger, mais quand c'est dans le chapitre, tout le monde profite des réponses. Bref dites vous ce que vous en pensez, et je ferais comme vous préférez !

Bisous et à mercredi, si vous êtes sages !

(PS : je n'ai pas le temps de relire, demain concours blanc, mais je cherche un bêta reader, si ça intéresse quelqu'un, MPottez moi !)