Et voilà c'est mercredi ! Et qui dit mercredi, dit chapitre !

La suite donc des aventures de Drago le Général de Voldemort, dont le passé reste malgré tout bien mystérieux. J'espère que ça vous plaira, car on commence peu à peu à entrer dans le vif du sujet !

Vous avez été moins nombreuses sur le précédent chapitre à lire et à commenter, et j'avoue avoir eu peur de vous perdre en chemin, de ne pas vous divertir et tout ça, et puis je me suis dis que ce n'était pas juste de s'arrêter car il y avait quand même des personnes qui avaient pris le temps de lire et même de commenter. Alors mille merci, encore et encore, car que serait un auteur sans ses lecteurs ?

Je tiens aussi à remercier Keloush qui a fait la correction des chapitres précédents !

Keloush : Merci ! Préparer Poudlard pendant 1 an ? c'est sacrément long non ?

Leolili : Je suis contente qu'il te plaise, voici la suite en tout cas. Et oui Drago n'est pas si horrible que cela, il a mis de l'eau dans son vin !

Nadra : Je suis contente que ça te plaise ! Voici la suite.

Mearwyn : Merci pour ce commentaire, je suis contente que ça te plaise toujours autant !

Mini Mimi Lili : Aaah, je suis contente que tu adores alors ! Mais non Drago est cool dans le fond ahah. Bon courage pour tes concours en tout cas !

PouleauPotter : Merciiiiii. Aaaah pour Hermione nous verrons bien.

Passion Fugace : Étonnant pour le peu de résistance, n'est-ce pas ?:/ Je me demande ce que serait l'épouvantard de Drago. Peut être de lire la déception de son père dans ses yeux ? Qui sait.

Elorah : Voldemort est complètement fou, on est d'accord ahah. Merci d'avoir laissé ce commentaire, j'adore vous voir vous poser des questions car ça me remet moi-même en question, alors mille merci !

LadyCocoMalefoy : Exact, on est bien mal parti:/ Mais bon, impossible n'est pas Dramione. J'espère que la suite te plaira et merci d'être au rdv !

Ballerine : Je suis heureuse de te retrouver ici ! J'ai trouvé quelqu'un pour la correction, mais merci c'est adorable de t'être proposée ! Voici la suite !

Bonne lecture !


Toc toc toc.

Trois coups frappés sèchement sur la porte de bois des appartements de Drago. Celui-ci, installé à son bureau, était en train de rédiger les emplois du temps de la semaine. Il savait que ce moment ne tarderait pas à arriver, qu'on viendrait lui demander des comptes. Depuis plus d'un mois que l'entraînement intensif des recrues avait commencé, il n'avait envoyé que deux lettres à Voldemort pour lui assurer que tout allait pour le mieux.

Il n'avait pas donné de détails, après tout, Voldemort s'intéressait-il aux progrès de Richard Goldstein ? Des plaintes à propos des repas de Poudlard ? Ou encore du fait que Samantha Lloyd faisait des terreurs nocturnes ? Drago en doutait. Alors il se contentait d'écrire ce que le Seigneur des Ténèbres voulait entendre, que tout allait bien, et que les entraînements se passaient comme il avait été convenus : dans le calme et la discipline.

La discipline… Même un mois après, Drago s'étonnait toujours de voir à quel point il était facile de diriger ces troupes. Pas une seule fois, une recrue n'avait osé s'opposer à un formateur, et encore moins à fuir. Blaise avait fait la même constatation. Quant à Crabbe et Goyle, ils mettaient cette docilité sur le compte de leur autorité naturelle – hélas inexistante. Drago s'était pourtant essayé à leur faire comprendre que la torture qu'ils infligeaient à leurs recrues n'était pas la seule méthode à leur disposition pour se faire obéir, mais ils étaient restés sourds à toute recommandation.

Malgré tout, Drago restait prudent. Comme convenu avec le Lord, il s'était déniché un mouchard, une recrue peu scrupuleuse qui n'hésitait pas à laisser traîner ses oreilles un peu partout pour s'assurer du bon déroulement de l'entraînement. Son mouchard s'appelait Abigail Holmes. C'était une petite garce de vingt-deux ans, qui avait autrefois étudié à Serpentard et avait eu l'occasion de passer une ou deux nuits dans la chambre de Drago. De ce fait, elle pensait avoir le privilège d'être plus proche de son formateur que l'étaient les autres. Or, cette proximité ne plaisait pas du tout à Drago. Il ne pouvait cependant pas se montrer trop froid ni trop cruel envers la jeune femme s'il voulait s'assurer des comptes rendus fidèles et quotidiens de ce qui se passait dans les douches, les dortoirs et tous les endroits où Drago n'accompagnait pas ses recrues.

Drago fut sorti de ses pensées par le grincement caractéristique de la porte de sa chambre.

—On ne t'a jamais appris à frapper avant d'entrer ? grogna-t-il sans même se retourner.

Le parfum de sa tante avaient déjà empli la pièce. C'était une odeur forte et sucrée, entêtante même mais qui avait toujours donné à Drago des haut-le-cœur. Bellatrix avait été un temps très proche de Drago, à l'époque où il se cherchait et que sa propre figure maternelle ne lui convenait pas. Narcissa était la fleur fragile et influençable de la famille Black, et longtemps Drago lui en avait voulu d'être aussi faible. Mais avec le temps, il avait compris. Il avait compris que sa mère n'était pas faible, elle était humaine, et une mère aimante qui faisait passer les besoins de son fils avant les idéologies de son époux. Et pour cela, il regrettait de ne pas avoir dit à sa mère combien il l'aimait. Celle-ci était morte de chagrin, l'année précédente, sans que Drago n'ait l'occasion de lui dire au revoir.

—Mais je suis chez toi comme chez moi, mon cher neveu.

A mon plus grand dam, songea Drago avec amertume. Même à l'intérieur de ses propres appartements, Drago n'était pas chez lui. Et sa tante se faisait un plaisir de le lui rappeler. Toujours accoudé à son bureau, Drago tendit l'oreille. Il savait qu'elle s'approcherait, car c'était sa façon de s'approprier l'autre, de le dominer, de le gouverner.

Il entendit ses talons claquer régulièrement sur le parquet, jusqu'à ce qu'une main aux longs ongles noirs se pose sur son épaule. Drago se sentit frissonner, de dégoût, d'amertume, de regret aussi. Le regret de ne pas avoir une famille digne de ce nom, de n'avoir pour père qu'un lâche et pour tante qu'une folle à lier.

—Le maître s'impatiente, il ne veut pas perdre son temps et son énergie avec des recrues qui n'en valent pas la peine, lui susurra Bellatrix à l'oreille.

—Ce n'est pas son temps, c'est le mien, répliqua Drago d'une voix glaciale.

Il se retourna juste à temps pour voir sa tante se figer sur place. Elle sembla horrifiée et recula de deux pas. Ses grands yeux noirs reflétaient les flammes de l'enfer, tandis qu'elle plaquait une main théâtrale sur ses lèvres tremblantes.

—Comment oses-tu parler ainsi ? Le maître a été trop bon avec toi Drago, tu devrais lui en être reconnaissant.

Drago ne répondit rien. Lui être reconnaissant ? Sa tante était pourtant au courant de l'enfer qu'avait vécu Drago, elle savait qu'il n'était rien d'autre que la poupée, la marionnette du Seigneur des Ténèbres, celui qu'il espérait former à son image. Mais personne n'avait demandé son avis à Drago, et s'il avait eu à le donner, ce n'était sûrement pas la vie qu'il avait espéré mener.

—Le maître veut que tu ne gardes que les cent meilleures recrues. Tu m'envoies celles qui ne sont pas au niveau. Compris ?

Silencieux, Drago acquiesça. Que pouvait-il ajouter ? Le Lord ordonnait, et il se devait d'obéir. Bellatrix sembla satisfaite, car un sourire goguenard apparut sur ses lèvres minces. Elle posa ses deux mains sur les épaules de Drago et le regarda droit dans les yeux. S'il ne la connaissait pas mieux, Drago aurait été persuadé de voir luire la fierté dans les prunelles de sa tante. Hélas, Bellatrix n'aimait personne assez fort pour éprouver ce genre de sentiment, mis à part Voldemort en personne, sans doute.

—Ne le déçois pas, Drago.

—Alors laisse-moi faire mon travail, répliqua Drago en se redressant.

—Je suis là pour te conseiller.

—Tu es là pour me surveiller.

Un sourire entendu naquit sur les lèvres de Bellatrix. Elle ne démentit pas.

—Toi et les autres formateurs ferez les sélections le week-end prochain. Vous mélangerez les équipes et choisirez à quatre qui reste et qui part. Pas de favoritisme – ni sur le sang, ni sur les affinités. Le maître veut une hétérogénéité maximum.

Si l'on suivait l'idéologie de Voldemort, l'hétérogénéité n'avait pas sa place dans la GUER. Pourtant, il avait fait le choix de mélanger les Sangs-Purs et les Nés-Moldus, et de les loger à la même enseigne. Mais bien sûr, comme le Lord l'avait si bien dit, ce n'était qu'un moyen comme un autre de s'assurer des premières lignes, de la chair à saucisse que l'on envoie au front pour jauger des capacités de l'ennemi.

Drago se leva de sa chaise.

Sa tante était légèrement plus petite que lui, aussi prit-il un malin plaisir à baisser les yeux pour mieux la regarder. Celle-ci dut se sentir bien moins à son avantage, car elle recula de quelques centimètres avant de lui adresser un ultime sourire mauvais.

—Bien. A très bientôt alors.

—C'est ça, à très bientôt, chère tante.

Et sans plus de ménagement, il raccompagna sa tante jusqu'à la porte, avant de la lui claquer sur le nez. Drago retourna derrière son bureau et ouvrit la fenêtre d'un geste vif. Il ne supportait pas l'odeur fruitée de sa tante, et sentait la nausée lui monter. Plus jamais il ne voulait d'elle dans sa chambre, et la prochaine fois qu'elle viendrait, il prendrait bien soin de la retrouver dans une salle de classe, où son parfum ne viendrait pas s'emparer de tous les tissus que l'on pouvait trouver aux alentours.

Drago resta dans sa chambre de longues heures. Il ne voulait pas recroiser sa tante. Il était à peu près certain qu'elle s'était faufilée jusqu'aux appartements de Crabbe et de Goyle – ses deux chiens fidèles – pour s'assurer que les ordres seraient suivis. En ne les disant qu'à Drago, elle aurait pris le risque de ne pas être écoutée, mais à présent que trois formateurs sur quatre étaient au courant de la sélection qui aurait lieu la semaine prochaine, elle pouvait être certaine que personne ne désobéirait au Lord.

Bellatrix avait toujours eu plus de jugeote que son maître, lorsqu'il s'agissait de son neveu. Sans doute le connaissait-elle bien, ou peut être craignait-elle que le sang de Narcissa, si douce, si faible, ne vienne entacher la volonté de Drago de servir le Seigneur des Ténèbres. Mais le fait été qu'elle n'avait jamais laissé Drago sans surveillance et s'était toujours arrangée pour qu'il obéisse aux ordres.

Les ordres, Drago ne les avait jamais occultés. Et il ne commencerait pas aujourd'hui. Il était pieds et poings liés, et devait se plier aux désirs du premier Ministre. Il avait une semaine pour organiser les sélections qui auraient lieux le week-end suivant. Jamais dimanche n'avait été aussi pénible. Drago passa une grande partie de son après-midi à organiser les entraînements en fonction des sélections. Et quand l'heure de la douche sonna, il n'en avait pas terminé la moitié. Il soupira à l'idée de passer la nuit entière sur de telles futilités.

Drago posa sa plume à côté de son parchemin, et fit craquer ses phalanges avec nonchalance. Il avait besoin de se changer les idées, et la douche était le meilleur moyen de se détendre.

Il y avait une douche personnelle, dans les appartements de Drago, mais une toute autre idée lui était venue à l'esprit. La salle de bain des préfets n'avait sans doute pas servi depuis des années, et il était certain que les trois autres n'avaient pas eu l'idée de s'y rendre. Une immense baignoire d'eau chaude parfumée était exactement ce qu'il fallait à Drago. Ce dernier ne tarda pas et s'empara d'une serviette de bain, étendue sur le dossier d'une chaise, avant de quitter ses appartements.

Toutes les recrues étaient déjà rassemblées dans les immenses salles de bains aménagées récemment. Une paroi séparait celles des filles et celles des garçons, mais du reste, il n'y avait aucune pudeur à avoir, car toutes les cabines de douche étaient en verre transparent. Les formateurs – tous des hommes – ne se rendaient jamais dans la salle de bain des filles. Drago en avait donné l'ordre. Des elfes de maison avaient été réquisitionnés pour les surveiller, tandis que les garçons étaient toujours accompagnés de deux formateurs.

Ce soir-là, c'était au tour de Blaise et Crabbe.

Avant de se rendre dans la salle de bain des préfets, Drago fit un détour pour s'assurer que tout allait bien, du côté des garçons. L'eau brûlante qui coulait à flot faisait s'échapper des douches un épais nuage de vapeur, si bien qu'on ne voyait que les contours incertains des recrues qui allaient et venaient entre les douches et les lavabos. Blaise était adossé au mur du fond, les bras croisés, et regardait d'un air absent ses recrues. Quand il croisa le regard de Drago, il eut un petit sourire.

—C'est pas ton tour de garde, que je sache Malefoy.

—Je venais voir si tu voulais que je te frotte le dos, Zabini, répliqua Drago d'un air goguenard.

Blaise eut un petit rire rauque. Il était sur le point de répondre quelque chose, quand un grand bruit se fit entendre, sur leur droite. Tous deux tournèrent la tête juste à temps pour voir une recrue retomber sur le sol carrelé et mouillé. Clark Salmon venait de glisser sur un morceau de savon. Si personne n'osa rire aux éclats, quelques sourires naquirent de part et d'autre de la salle de bain. Drago leva les yeux au ciel, tandis qu'un garçon aidait Salmon à se relever.

—Rien de cassé ? demanda Blaise qui tentait tant bien que mal de cacher son sourire.

—Non, non, ça va aller, grogna Salmon dont les joues étaient en feu.

Il se baissa pour ramasser sa serviette, qui flottait paresseusement dans une flaque d'eau.

—Va voir Crabbe, demande lui une serviette sèche.

Blaise était sans doute le formateur le plus aimé de la GUER. Il était sympathique, souriant et ne criait jamais. Il n'avait pas pour habitude de rabaisser les gens et encore moins de torturer. Ses recrues disaient de lui qu'il était un formidable formateur et qu'ils avaient eu de la chance de tomber sur lui. Et Drago les comprenait. Blaise était devenu au fil du temps son meilleur ami, et c'était sans doute parce qu'il était aux antipodes de son ami. Blaise, sa peau foncée et son sourire serein donnait l'impression d'un véritable être solaire, quand Drago n'était que pâleur et froideur. Sans doute se complétaient-ils bien.

—Tu es un vrai papa poule, s'amusa Drago quand Clark fut parti.

—Ils n'ont pas demandé à être là, eux-non plus. Autant rendre ça plus agréable à vivre.

—On n'est pas dans une foutue colonie de vacances, Blaise.

—Je sais, mais on n'est pas en prison non plus.

Sans doute avait-il raison, mais aux yeux de Drago, Poudlard s'apparentait plus à une prison qu'à une colonie de vacances. Il n'eut pas le temps d'en faire la remarque cependant, car Clark revenait déjà, un air hébété sur le visage.

—Je ne trouve pas Mr. Crabbe, expliqua-t-il.

Drago arqua un sourcil.

—Il est à l'entrée des douches normalement, dit Blaise, surpris. Tu ne l'as pas vu en entrant, Drago ?

Drago hocha la tête : non, il n'avait pas vu Crabbe, et c'était étrange puisque celui-ci était de surveillance ce soir là. Alors s'il n'était pas dans les douches des garçons, où pouvait-il bien être ?

— Donne-lui sa serviette, murmura Drago en jetant un coup d'œil à Salmon. Je vais chercher Crabbe.

Il tourna les talons et se fraya un chemin parmi l'épaisse vapeur et les recrues trempées qui constituaient la jungle de la salle de bain. Quand il arriva à l'entrée de celle-ci, il dut se rendre à l'évidence que Crabbe ne s'y trouvait pas et ne s'y était sans doute pas trouvé très longtemps. Drago sentit la colère monter peu à peu en lui.

Il sortit dans le couloir et jeta un coup d'œil à droite et à gauche, dans l'espoir de le voir revenir en courant, prétextant une envie pressante ou Merlin savait quoi. Mais il n'en fut rien et Drago dut se mettre à sa recherche, préparant par la même occasion une diatribe colérique.

Mais il ne chercha pas longtemps. Il fut vite alerté par des cris qui provenaient directement de la salle de bain des filles. Évidemment, songea Drago qui connaissait les penchants presque pervers de Crabbe. Fou de rage, il se précipita jusqu'aux douches des filles et y entra sans ménagement. Autour de lui, les recrues regardaient toutes dans la même direction. Dans la dernière cabine de douche, Crabbe était étendu sur le sol, inconscient. A côté, une fille de son groupe, complètement nue, se tenait horrifiée contre le mur et tremblait de tout son corps.

Drago ne mit pas longtemps à comprendre ce qui venait de se passer. Crabbe s'était faufilé jusqu'à la salle de bain des filles et s'était approché de la fille en question. Il ne voulait même pas savoir ce qu'il lui avait fait – ou du moins tenté de faire – et était trop heureux que sa pauvre victime se soit retournée contre lui.

—Donnez-lui un peignoir, grogna Drago en détournant les yeux.

Il avait longtemps été un homme à femme. La fin de ses années Poudlard avait vu de nombreuses filles se glisser dans sa chambre de préfet, une fois la nuit venue, mais depuis plus de deux ans à présent, Drago n'avait plus touché de femmes. Parce qu'il n'en avait pas le temps, et qu'il n'était plus le même. Il n'était plus l'adolescent titillé par ses hormones, ni ce coureur de jupons qui n'avait aucun autre souci que celui de savoir combien il en embrasserait en une soirée.

Et il était hors de question de s'enticher d'une des recrues.

Jetant un coup d'œil dégoûté à Crabbe, Drago releva les yeux et observa les filles une à une.

—Qu'est-ce qu'il s'est passé ? demanda-t-il d'une voix forte.

Personne n'osa répondre. Car chacune d'entre elle savait que la sentence serait terrible pour celle qui avait osé assommer l'un des formateurs. Pourtant, Drago n'avait pas mis longtemps à comprendre que le bourreau de Crabbe n'était autre que sa victime. Celle-ci tremblait dans les bras d'une de ses camarades.

—Comment tu t'appelles ? la questionna Drago.

—Marilyn, Mr., Marilyn Carrington.

—Et bien Marilyn, on dirait que nous avons un problème.

Il crut entendre toutes les filles autour de lui retenir leur souffle. Elles étaient suspendues à ses lèvres, attendant douloureusement que la sentence ne tombe pour la pauvre Marilyn. Mais au moment où Drago allait répondre, Blaise arriva en courant. Essoufflé, il posa une main sur l'épaule de Drago pour reprendre son souffle, avant de jeter un petit coup d'œil à Crabbe.

Drago ne douta pas une seule seconde que Blaise comprit la situation en une seconde.

—Mr. Crabbe a glissé et s'est cogné contre la paroi, n'est-ce pas ? demanda-t-il d'une voix pleine de sous-entendus.

Toutes les filles se regardèrent d'un air inquiet, puis l'une d'entre elle s'avança légèrement et dit d'une voix claire :

—Oui. Il était venu chercher du savon pour les garçons et il a glissé.

Granger, évidemment. Qui d'autre pour inventer une telle histoire. Si Crabbe pouvait être sacrément con, il ne l'était sans doute pas au point de glisser sur une savonnette. A peine vêtue d'une serviette, Granger regardait sans ciller les deux formateurs, sans doute prête à répondre à un interrogatoire poussé. Elle fut surprise cependant.

—Bien, l'affaire est close alors, avec toute cette vapeur, il n'a pas du voir où il mettait les pieds, décréta Blaise.

Drago regarda Blaise fixement. Ni lui, ni Blaise ne croyait une seule seconde à cette histoire. Crabbe avait sûrement dû profiter de l'absence de Blaise pour se faufiler jusque dans les douches des filles, il avait choisi sa proie et avait tenté de la soumettre. Marilyn avait dû crier et attirer l'attention des autres, et en même temps – forte de son entraînement physique – elle avait dû se débattre. Peut être lui avait-elle donné un coup de pied bien placé, ou bien s'était-elle contentée de l'assommer contre le mur. Le fait était qu'elle avait réussi à le mettre hors d'état de nuire.

Le plan de Blaise était loin d'être sot néanmoins. Car avec cette version officielle, personne n'était en tort. Sauf peut être la savonnette. Crabbe n'étant pas accusé de s'être introduit chez les filles pour autre chose que du savon ne pouvait pas dénoncer Marilyn de l'avoir assommé. Après tout, il aurait bien tort de relancer cette affaire, car la lumière aurait très certainement été faite sur ses attitudes plus que déplacées envers les filles.

Les filles ne semblaient pas croire à leur chance. Granger ouvrit de grands yeux ronds, tandis que Blaise et Drago passaient tous deux un bras dans le dos de Crabbe pour le relever.

x

Le week-end des sélections arriva bien plus rapidement que Drago ne l'avait espéré. La veille, chaque formateur avait expliqué à son groupe le déroulement du week-end et ce qui en résulterait.

—Vous serez mélangés avec les autres groupes et passerez donc une épreuve par demi-journée, leur avait expliqué Drago. Le samedi matin sera réservé au duel magique. Vous tirerez au sort votre binôme et devrez vous battre en duel jusqu'à ce que l'autre soit K.O. Le samedi après-midi, vous serez notés sur votre pratique de la Magie Noire. Puis le dimanche matin, nous testerons votre résistance psychologique et enfin, nous terminerons l'après-midi sur le combat physique. Des questions ?

Bien sûr, Granger en avait une.

—Pourquoi nous mettre le combat physique en dernier, alors que nous serons tous exténués ?

—Parce que vous serez tous exténués, Granger, répliqua Drago d'un air las. Vous êtes une armée, et notre but est justement de voir comment vous vivez tous ces entraînements, et s'y vous y survivrez en temps de guerre.

Ça avait dû lui suffire, car elle n'avait rien ajouté de plus, mais Drago aurait mis sa main à couper que son cerveau était entré en ébullition. Si elle n'avait pas été Née-Moldue, Granger aurait sans doute fait un parfait Général et une fine stratège.

x

Les sélections avaient été une horreur.

D'abord, parce qu'après seulement un mois d'entraînement, la plupart des recrues étaient tout ce qu'il y avait de plus nul. Il n'était alors plus question de garder les meilleures, mais de sélectionner les moins nulles. Ce qui, au vu des résultats que chacun avait, ne donnait guère de place à plus de trois ou quatre recrues par groupe. Or, Bellatrix avait été claire, ils devaient sélectionner cent recrues, pas une de plus, pas une de moins

Ensuite, sélectionner des recrues à quatre s'était révélé particulièrement pénible. Si Blaise était le plus souvent d'accord avec Drago, Crabbe et Goyle semblaient avoir une tendresse toute particulière pour la contradiction, et à chaque recrue que Drago voulait éjecter, ils trouvaient toujours à redire.

Le dimanche midi, alors qu'ils s'étaient tous les quatre rassemblés dans une salle de classe pour faire le point sur les recrues à garder ou non, l'atmosphère était tendue.

—On garde Muller, répliqua Goyle de sa voix bourrue.

—Son tour de poitrine ne suffit pas à faire d'elle une bonne recrue, répliqua Blaise d'un ton moqueur.

—Elle est toujours mieux que Carrington, répliqua Crabbe.

Blaise et Drago se regardèrent un bref instant. Tous deux savaient pertinemment pourquoi Crabbe voulait se débarrasser de Marilyn. Si cette dernière n'était pas retenue, elle ne serait plus au château pour colporter des rumeurs – qui n'en étaient pas – sur Crabbe. Il pourrait alors recommencer tout à loisir.

Ils débattirent de longues minutes, créant peu à peu un brouillon de liste. Après tout, la dernière épreuve n'avait pas eu lieu et de nombreuses choses pouvaient encore changer.

Quand l'heure de l'ultime épreuve arriva, Drago demanda à tout le monde de se rassembler dans la Grande Salle. Celle-ci avait été transformée en salle de sport, ou du moins, de boxe, car un immense carré de tapis trônait au milieu de ce qui était quelques minutes plus tôt leur réfectoire. Crabbe prit la parole sans demander l'avis des autres :

—Nous allons vous répartir par groupe de deux, et vous viendrez combattre sur le tapis jusqu'à mettre l'autre K.O.

Un murmure s'éleva du groupe de recrues. Déjà la veille, ils avaient du mettre leur adversaire K.O. lors des duels et certains ne s'en étaient pas vraiment remis. Deux recrues avaient déclaré forfait et quitteraient Poudlard le soir même.

La consigne était claire cependant et les formateurs passèrent les dix minutes qui suivirent à former les binômes. Tout était fait au hasard et de manière traditionnelle : il y avait deux sacs de toile remplis de petits morceaux de parchemins sur lesquels étaient écrits les prénoms des recrues. Il suffisait de tirer un papier dans le premier sac et un autre dans le second, et le binôme était formé. Rien de plus simple. Et rien de plus cruel.

Et le sort décida de s'acharner sur Granger. Ce fut Drago qui tira son nom et il sentit son sang ne faire qu'un tour quand il tira de l'autre côté le prénom du garçon le plus musclé et le plus lourd de Poudlard : Arthur McLain. Le seul avantage d'Hermione était que la matière s'était essentiellement concentrée dans les muscles de McLain, plus que dans sa cervelle.

Drago n'aurait su dire pourquoi, mais un nœud s'était formé dans son estomac, à l'instant même où il avait tiré les deux noms. Il avait la désagréable sensation d'envoyer Granger à la potence, et même s'il ne l'avait jamais aimée, il trouvait ce binôme tellement injuste qu'il ne put s'empêcher de la retenir par le bras avant qu'elle ne monte sur le ring.

—Tu peux t'en sortir, si tu t'y prends correctement, dit-il entre ses dents.

—Qu'est-ce que tu me racontes Malefoy, répliqua Granger, ce type fait trois fois mon poids et deux fois ma taille.

—Tu es plus petite et plus agile, si tu n'envoies pas les coups, essaie au moins de les éviter.

—Pourquoi tu fais ça ? demanda-t-elle en le fixant de ses yeux noisettes.

Mais Drago n'eut pas le temps de répondre, car déjà, Crabbe criait le nom de Granger de l'autre bout de la Grande Salle.

Drago espérait que ses conseils suffiraient.

Mais malheureusement, cela ne suffit pas.

Avec ses cinquante kilos et ses trente centimètres de moins, Granger ne tint pas longtemps. Si les premières minutes, elle esquiva les coups avec rapidité et fluidité, elle ne se remit pas du premier coup de poing que lui affubla McLain dans les côtes.

Drago regardait le spectacle sans un mot. Dans ses poches, ses poings serrés avaient fait blanchir ses jointures, des petits croissants de lune s'étaient formés à l'intérieur de ses paumes, à force de s'y enfoncer les ongles. Sa mâchoire était crispée et il se retenait à chaque nouveau coup d'hurler « Ça suffit maintenant ». Mais il ne pouvait pas. Et puis, pourquoi l'aurait-il fait ? C'était Granger et qu'elle ne soit pas sélectionnée était sans doute la meilleure chose qui puisse arriver à Drago.

Pourtant, quand McLain porta son ultime coup à Granger, Drago sentit son estomac se révulser. Le poing de McLain s'abattit brutalement contre l'arcade de son adversaire et un craquement lugubre laissa entendre qu'un os s'était brisé. Granger ne se releva pas et le combat fut terminé. Ce fut l'estomac noué que Drago ordonna à deux de ses recrues :

—Emmenez-la à l'infirmerie.


C'est la fin de ce chapitre, qui peut paraître pénible et long, mais qui est le vrai début de la Dramione. Car les choses sérieuses commencent dès le prochain chapitre, alors gardez patience car tout vient à point à qui sait attendre !

Et en attendant, n'hésitez pas à laisser des petits commentaires et des petits mots sur ce que vous pensez de ce chapitre ou même de l'histoire en générale, ou bien des OGM ou même des papillons roses et bleus.

Non plus sérieusement, j'espère ne pas vous avoir perdu en route, et je vous dis à très vite !