Et voilà le chapitre de la semaine ! J'ai bien cru que je n'arriverai pas à le finir, même si je l'avais commencé depuis un moment, impossible de trouver le temps de le finir ! Bref c'est chose faite. J'espère que vous allez bien (beaucoup sont en vacances, les veinards !) Moi, demain c'est le GRAND jour ! Je passe mon CAPES d'anglais jeudi et vendredi, ou du moins les écrits. Alors envoyez moi toutes vos bonnes ondes, j'en aurai besoin :D

Je remercie toutes les personnes qui ont lu, mais je remercie plus encore celles qui ont pris le temps de mettre un commentaire, parce que c'est vraiment l'unique salaire de l'auteur, et ça fait toujours très plaisir de vous lire !

PouleauPotter : J'adore Blaise aussi ! Je crois que dans le monde de la fanfiction, c'est mon personnage préféré. Peu importe comment il est décrit, il est toujours super ahah. Merci pour ton commentaire, je te laisse découvrir le nouveau chapitre !

ValarMorghulis : Oui ce sont des gros porcs, je sais j'assume ahah. Gays ? A oui tiens, ça pourrait être drôle ça ! J'y penserai. J'adore lire vos spéculations et j'espère que vous ne serez pas déçus ahah. Merci pour ton commentaire en tout cas !

Elorah : Aaah je suis ravie que ça te plaise toujours ! J'ai toujours vu Pansy comme ça, alors je suis contente que tu partages mon point de vu ! Voici la suite et mille merci pour ta review !

Leolili : Ouais, Crabbe craint à mort quand même. Heureusement que Drago est là. Merci pour ton commentaire, et merci de m'avoir dit ta scène préférée, c'est toujours bon à savoir :D

Filet-Du-Diable : Je me souviens de toi :D Merci de me suivre ici aussi alors ! Personne n'aime Crabbe et Goyle, mais on ADORE les détester. Je suis contente que tu trouves mes récrits originaux et je te remercie de me laisser ton avis, et de me suivre dans mes fictions !

Lolo : Ahah, patience est mère de sureté. Promis, il y aura plus de passages Dramione mais je dois d'abord laisser le temps aux personnages de se rapprocher ! Merci pour tes compliments, et merci pour tes encouragements !

Mearwyn : Voici la suite, en espérant ne pas te décevoir.

Nadra : Merci pour les encouragements du CAPES et merci d'avoir pris le temps de laisser une review, c'est adorable !

Guest : Merci, ça me touche. Maintenant que Voldemort est au pouvoir, Bellatrix est à mon avis plus sereine, mais de là à dire qu'elle est normale…. Quel genre de personne tue de sang froid avant de reprendre son discours comme si de rien n'était ? Merci d'avoir pris le temps de commenter !

LilyOrya : Merci pour tes commentaires (TOUS tes commentaires sur mes fictions) c'est vraiment super gentil d'avoir pris le temps de donner ton avis, parce que c'est ce qui compte pour moi. Je suis contente que mon drago te plaise ! Pour l'évolution de la Dramione je te laisse découvrir ça au fil des chapitres ! Merci encore !

Camille : Merci pour ce commentaire enthousiaste ! J'espère que tu aimeras la suite !

Bonne lecture !


Même plusieurs semaines après l'humiliation qu'avait fait subir Crabbe à Granger en public, les esprits ne semblaient pas s'être apaisés. Crabbe s'était trouvé son bouc-émissaire, et s'acharnait sur elle à chaque fois que l'occasion se présentait – et Hermione en était venue à préférer les entraînements, certes intensifs et exténuants, aux temps calmes et aux repas en présence de tous les autres.

Drago n'était pas dupe. Et même s'il tentait désespérément de ne pas accorder la moindre importance à Granger, il ne pouvait s'empêcher de l'observer du coin de l'œil, quand elle se trouvait à proximité. Il s'était bien rendu compte du comportement qu'avaient les autres envers Granger. C'était à croire qu'elle était contagieuse, et que s'ils s'approchaient un peu trop d'elle, ils deviendraient à leur tour la tête de turc de ce très cher Crabbe. Ca lui donnait la nausée.

On leur demandait d'être une armée, solide et solidaire, mais ils ne l'étaient pas. Ils ne se connaissaient pas, et ceux qui se connaissaient avaient formés des groupes qui ne semblaient accepter aucun nouveau membre. Les sangs-purs n'étaient certes, pas là de leur plein gré, mais ne se plaignaient pas de servir les idéologies de leurs parents. Les sangs-mêlés étaient plus mitigés, certains préféraient être là, avec certains de leurs amis, plutôt qu'ailleurs – en prison, à la fac, ou Merlin savait où. Mais c'était les nés-moldus qui en bavaient le plus.

La plus part avait été soustraits à leur famille – toutes référencées dans les registres du Ministère – mais certains, comme Granger, étaient d'anciens prisonniers. Arrêtés en cavale, se cachant pour ne pas subir la politique dictatoriale de Voldemort. Drago s'était bien souvent demandé pourquoi le Lord avait à tout prix voulu que des nés-moldus, rebelles, soient embrigadés. Il se souvenait parfaitement de ce qu'il lui avait répondu.

—Il est malheureux de voir que notre monde a été souillé. Vois-tu Drago, aujourd'hui, je crois que je pourrais compter les véritables familles sang-pur – celles qui remontent sur plus d'une vingtaine de générations – sur les doigts d'une main. Et celle des Malefoy en fait partie bien sûr. Mais les vices humains ont eut raison de beaucoup de sangs-purs. Ils se sont accouplés avec des moldus, pis encore, ils ont eux une descendance, dont le sang n'était pas plus précieux que de la boue. Car, qu'est la plus pure des eaux quand elle est mélangée à une poignée de terre ? Ces mariages contre nature ont fait de ce monde un bourbier, et de leurs bâtards, des sangs-de-bourbe. Si je ne devais constituer de mon armée que de Sang-Purs, elle se verrait trop réduite, et je ne veux pas sacrifier le peu de sang qu'il nous reste.

—Mais pourquoi les rebelles, Maître ? avait demandé Drago. N'avez-vous pas peur qu'ils se révoltent ?

—Peur ? avait répété Voldemort avec incrédulité. Je n'ai pas peur d'eux, Drago, et tu m'offenses en prétendant le contraire. Je sais que personne ne comprend, pour l'instant. Mais tout grand peuple a besoin d'un autre pour le servir. Les Romains ont eut les Gaulois, les Anglais ont eut les Américains – du moins, fut un temps. Les Hommes ont eut les Elfes et les Gobelins, et les Sangs-purs ont besoin des autres. Pour l'instant ce sont des rebelles, mais plus tard ce seront des domestiques, des soldats, des secrétaires, et pour les plus révolutionnaires d'entre eux, des esclaves.

—Pourquoi leur donner la même formation qu'aux sangs-purs alors ?

—Parce qu'ils doivent être assez forts pour faire de bons soldats. Les prendre, tels quels, et les jeter dans la fausse aux hippogriffes, ce seraient gaspiller des ressources pour rien. Mieux ils sauront se battre et moins les sangs-purs auront à le faire.

—Mais… commença Drago.

L'expression jusqu'ici sereine de Voldemort se mua petit à petit en un petit rictus, son humeur tournait.

—Poser des questions, Drago, c'est commencer à désobéir. Et tu ne veux pas me désobéir, n'est-ce pas ?

—Bien sûr que non, Maître.

C'était étrange, mais cela se tenait malgré tout. Cependant, Drago était curieux et impatient de voir ce que cela donnerait dans la pratique. Et a présent que les formations avaient commencé, il réalisait avec surprise que ceux qu'il pensait rebelles étaient aussi doux et inoffensifs qu'un poulain licorne.

Même Granger. C'était sans doute ce qui l'avait le plus étonné. Quand il l'avait vu, le premier jour, il s'était attendu à la voir haranguer les foules, à hurler haut et fort combien elle ne se laisserait pas faire. Et pourtant… elle se laissait faire, comme les autres. Elle courait quand on lui demandait de courir, elle mangeait quand on lui ordonnait de manger, elle se taisait quand on lui disait de la fermer. Et ça le dérangeait.

Sans qu'il puisse ne l'expliquer, ça le dérangeait. Non, ça l'emmerdait. Ca le mettait même hors de lui de voir ce qu'était devenu Granger. Elle qui avait toujours su l'ouvrir, elle qui ne se démontait pas, qui savait se battre pour ses idées, voilà à quoi elle en était réduite ? La guerre changeait-elle les gens à ce point ?

Il s'était demandé si c'était lui. Si avait un autre formateur, avec Crabbe ou Goyle, elle aurait eut plus de cran ? Mais après tout, Drago s'était révélé plus tolérant que les deux autres, alors sans doute aurait-elle pu se rebeller contre lui. Elle ne l'avait pas fait cependant.

Cette semaine là parut bien plus longue que les précédentes. Peut être parce que le froid avait envahi le château et que beaucoup des recrues avaient attrapé froid. Les courants d'air s'engouffraient dans la moindre brèche, dans le moindre petit recoin, et faisaient descendre la température d'une façon alarmante. Les feux que les elfes allumaient dans les cheminées n'y faisaient rien, si bien qu'il n'y avait plus que dans les salles de bain pour retrouver un climat favorable.

On avait fourni des pulls supplémentaires et des pantalons rembourrés aux recrues, mais cela ne les empêchaient pas de se rendre régulièrement à l'infirmerie : la fièvre s'était emparée d'un quart des jeunes soldats.

Le vendredi soir, la Grande Salle était plus silencieuse qu'à l'habitude, malgré quelques éternuements qui accompagnaient de temps à autres le bruit métalliques des couverts. A la table des formateurs, Goyle n'était pas au meilleur de sa forme. Il ne cessait de se moucher, et ses yeux étaient rendus vitreux par la fièvre. Ses éternuements mettaient toujours un peu plus les nerfs de Drago à rude épreuve.

—Pourquoi tu ne vas pas à l'infirmerie, Goyle, au lieu de nous cracher tes microbes à la gueule ? grogna Drago en portant son verre à ses lèvres.

—Il ne te dit pas quoi faire, alors ne lui dis pas ce qu'il doit faire, rétorqua Crabbe.

Drago eut un petit sourire narquois quand il tourna ses yeux pâles vers Crabbe.

—Tu prends la défense de ta petite copine, Crabbe ? s'amusa Blaise qui n'avait pas loupé une miette de ce qui se passait sous ses yeux.

—Ta gueule, Zabini.

—Ohoh, continua Blaise dont le sourire s'élargissait. Goyle n'est pas en sucre, il peut se défendre tout seul.

Un sourire en coin naquit sur les lèvres de Drago qui s'amusait toujours beaucoup des remarques de son meilleur ami. Celui-ci était si détaché, qu'il ne se privait jamais de donner son avis sur la situation, toujours avec humour et bonne humeur.

—On n'a pas à recevoir des leçons de toi Malefoy, dit Crabbe en détournant son attention de Blaise pour se concentrer à nouveau sur Drago.

—Et bien, en réalité, si. Etant donné que je suis formateur en chef et que toi tu n'es que formateur.

—Quand tu feras ton boulot, je ferais le mien, répliqua Crabbe en haussant le ton.

—Qu'est-ce que tu veux dire ? grogna Drago dont la mâchoire s'était crispée de colère. Vas-y Crabbe, il semblerait que tu aies quelque chose sur le cœur, je suis toute ouïe.

Goyle et Crabbe échangèrent un regard. Ils se mettaient au défi l'un l'autre de dire ce qu'ils pensaient visiblement tout bas depuis plusieurs semaines. Drago croisa le regard de Blaise qui semblait lui aussi très intéressé parce que les autres avaient à dire.

—Trois mois qu'on est là, commença Crabbe, trois mois. Et tout ce que tu as fait, c'est materner tes recrues. Aucune n'a jamais été punie…

—Parce que je sais les tenir, ils me respectent, ce n'est pas de ma faute si ton groupe te tient tête.

Crabbe sembla voir rouge, car il donna un coup de poing sur le table. Autour d'eux, toutes les recrues avaient tourné la tête dans leur direction.

—Je me fais respecter ! Sauf que moi je ne fais pas les yeux doux à des… des… DES SANG-DE-BOURBE !

Blaise ouvrit la bouche de surprise, et Goyle baissa ses yeux sur ses mains. Il ne semblait pas aussi confiant que Crabbe. Goyle avait un tempérament de suiveur, et bien longtemps c'était les pas de Drago qu'il suivait à la trace. Mais à présent que Crabbe était devenu son nouveau maître, il semblait avoir des remords de désobéir à son supérieur hiérarchique direct, Drago.

—S'il m'arrivait de faire les yeux doux à mes recrues, ce serait toujours plus honorable que des les peloter dans les douches sans leur consentement, rétorqua Drago d'une voix qu'il s'efforçait de garder calme.

—Honorable ? s'étrangla Crabbe qui s'était levé. L'honneur n'a plus rien à voir avec la famille Malefoy depuis bien longtemps.

C'en était trop, le coup partit sans qu'il ne puisse le retenir. Drago abattit son poing dans le nez de Crabbe, et un craquement sinistre résonna dans la Grande Salle désormais silencieuse. Toutes les recrues avaient assisté au spectacle, et venait de voir leur formateur en chef briser le nez du formateur le plus détestable de Poudlard.

Le sang avait jailli du nez de Crabbe, et celui-ci se le tenait en jurant tout son répertoire d'insultes. Drago, hors de lui, jeta un coup d'œil féroce à l'assemblée. Malgré quelques sourires victorieux qui naissaient sur les visages des recrues de Crabbe, Drago les mettait au défi de crier victoire.

Il inspira profondément avant de se tourner vers Goyle et de lui ordonner d'une voix dure :

— Emmène-le à l'infirmerie avant qu'il se vide entièrement de son sang. Et vous, dit-il en se tournant vers les recrues, finissez votre dessert et allez vous coucher. En silence.

Et sur ces mots, Drago quitta la Grande Salle. Crabbe allait en entendre parler. Drago s'était toujours maîtrisé, il avait toujours pris soin de ne pas saper l'autorité de Crabbe devant les autres, mais ce crétin ne s'était pas gêné. Et à présent, c'était Drago qui devrait en répondre, car il ne doutait pas une seule seconde que Voldemort serait mis en courant tôt ou tard.

Toujours en colère, il se dirigea vers ses appartements où il resta toute la soirée, refusant d'ouvrir la porte à Blaise qui avait tenté de venir lui parler deux ou trois fois avant que minuit ne sonne.

Drago ne dormit presque pas cette nuit-là. Sa rage contre Crabbe, sa colère contre lui-même ne pas s'être contrôlé et d'avoir cassé le nez de son ancien acolyte. Et les paroles de Crabbe qui lui revenaient sans cesse en mémoire. Drago faisait-il les yeux doux à … Granger ? Car il était certain que c'était d'elle dont il était question.

Quand Drago se leva le lendemain matin, la fatigue avait eut raison de ses traits, faisant naître sous ses yeux autrefois séducteurs des poches violettes. Ce soir là avait lieu leur première soirée. Celle où seuls les formateurs et les sangs-purs étaient conviés, tandis que tous les autres seraient rassemblés dans la Grande Salle, avec des jeux de sociétés à disposition – sous le regard implacable des elfes de maison.

Des jeux de société… C'était ridicule, songea Drago. Il ne comprenait pas que des soirées de cette sorte puissent exister. Ils étaient là pour s'entraîner, par pour s'amuser. Et pourtant Voldemort avait tenu à ce que les formateurs organisent des petites sauteries. Drago aurait mis sa main à couper que le Lord espérait peut être que les sangs-purs se mélangent et assurent la descendance de la pureté du sang.

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Drago avait cette étrange impression d'être revenu des années en arrière. La salle commune de Serpentard était égale à elle-même, à l'image des souvenirs qu'en avait Drago. L'argent et le vert se mariaient toujours aussi bien, et les canapés de cuir vert semblaient toujours aussi moelleux. L'ambiance sombre et dérangeant qui y avait toujours régnait était au rendez-vous. Les volutes de fumées, les vapeurs d'alcool, et sans doute, des rails de poudres magiques sur le coin de la table en verre. La débauche était la seconde vertu des Serpentard – après la manipulation. Tous les autres élèves de Poudlard l'ignoraient, mais eux savaient. Ils savaient que le soir venu, quand le château était endormi, les Serpentard sortaient de leur cachette, et alors, la fête pouvait commencer.

Même sept ans après, rien n'avait changé : la soirée détente des formateurs serait à l'image des soirées qui avaient autrefois animés les murs humides de la maison de Salazar.

Quand Drago arriva, la salle commune était déjà bien pleine. Une trentaine de personnes, dont Crabbe, Goyle et Blaise qui étaient déjà présent. C'était Blaise qui s'était chargé de tout. Il était sorti à Pré-au-Lard pour acheter de la bièraubeurre et du whisky pur feu, et même de l'hydromel. Il s'était procuré des cigarettes – Drago ne voulait même pas savoir où – sans oublier des verres, de la nourriture et de la bonne musique. Impossible de le nier, Blaise avait toujours été un as dans l'art de faire la fête.

Son meilleur ami arrivait déjà en sa direction, un verre de whisky à la main. Il le lui tendit et lui asséna une grande claque dans le dos, un large sourire aux lèvres.

—Ca fait un bail qu'on n'a pas fait la fête, lui dit-il en buvant une gorgée de son propre verre.

—Et qu'est-ce qu'on fête, hein ? grogna Drago avec mauvaise humeur.

Blaise le regarda droit dans les yeux avant d'hocher la tête.

—Essaie de t'amuser.

S'amuser ? C'était pour le moins incongru, quand on se souvenait de la raison pour la quelle ils se trouvaient tous là. Ils devaient créer une armée, et certainement pas batifoler comme des adolescents aux hormones en ébullition. Drago alla s'asseoir sur un fauteuil, et regarda les recrues défiler sous ses yeux. Des couples s'étaient formés, et à présent, tous se déhanchaient sur la piste de danse improvisée.

A l'autre bout de la salle, Crabbe et Goyle était en grande conversation avec deux recrues – qui ne faisaient pas partie de son propre groupe. Les deux filles riaient aux éclats des blagues douteuses et salaces de Crabbe, tandis que Goyle prenait bien soin de remplir leur verre à chaque fois qu'il se retrouvait vide.

Drago en avait la nausée.

Les heures défilèrent, et Drago ne bougea pas une seule fois de son fauteuil. On vint lui servir plusieurs fois du whisky, dont il se délecta pleinement, mais il prit bien soin de ne pas tourner à l'ivresse et de conserver son sang froid.

Il était plus de une heure du matin quand une recrue de Crabbe s'approcha de lui dans une démarche féline, et vint s'asseoir sur ses genoux d'un air qu'elle aurait sans doute désiré voluptueux, mais qui était en réalité pitoyable.

—Mr. Malefoy, couina-t-elle.

Son haleine empestait l'alcool. Elle passa deux bras autour du cou de Drago et vint lui murmurer à l'oreille.

—Si vous m'accordez cette danse, je vous accorde ma nuit.

—Si tu restes ici, c'est dans les cellules d'isolement que tu passeras ta nuit.

Cela la dégrisa un peu, car la recrue sembla prendre peur et se retira rapidement des genoux de Drago.

Elle dut faire passer le message à toutes ses copines, car aucune d'entre elle ne vint plus jamais l'importuner, et Drago se retrouva seul – mais tranquille – jusqu'à une heure avancée de la nuit.

Au bout d'un moment, c'est Blaise qui arriva à sa hauteur. Drago se releva de son fauteuil et posa une main sur l'épaule de son ami.

—Je vais faire un tour chez les autres recrues, m'assurer que tout va bien, cria Drago à l'oreille de Blaise, pour recouvrir la musique environnante.

Blaise acquiesça et Drago tourna les talons. Lorsqu'il fut sorti de la salle commune, le silence eut l'effet d'un remède sur ses oreilles. On sous-estimait trop souvent le pouvoir du silence, il était réparateur et apaisait bien des mœurs, peut être même plus que la musique.

D'un pas lent et nonchalant, Drago traversa les couloirs qu'il connaissait par cœur. L'extinction des feux avait lieux à deux heures du matin chez les recrues qui ne participaient pas à la sauterie des formateurs. Et il était près de deux heures et demie quand Drago pénétra enfin le grand dortoir des recrues.

Elles dormaient toutes. Toutes, sauf une. Un lit, tout au fond sur la droit, avait gardé sa petite lumière allumée, et Drago ne fut guère surpris quand il découvrit qu'il s'agissait de Granger, qui tenait dans ses mains un énorme livre. Ce ne fut que lorsqu'il se plaça juste à côté d'elle que Granger daigna lever les yeux sur lui.

—Granger, qu'est-ce que tu ne comprends pas dans extinction des feux ?

—La pauvre sang-de-bourbe que je suis ne comprend pas tout ce qu'on lui dit, répliqua Granger avec sarcasme.

—J'avais oublié ton sens de l'humour.

Granger eut un petit sourire.

—C'est vrai que tu fais les yeux doux aux sang-de-bourbe ? répliqua-t-elle d'une voix qu'elle voulait innocente.

Ce mot dans sa bouche sonnait comme une véritable insulte. C'en était une bien sûr, mais elle semblait plus encore déplacée dans la bouche de Granger, la grande défenseur des droits des nés-moldus. Drago soupira.

—Tu as apprécié le spectacle j'espère, grogna-t-il.

Car il était sûr que voir le formateur en chef abattre son poing dans la figure du formateur le plus détestable de Poudlard avait quelque chose de tout à fait jouissif pour toutes les recrues.

—Je n'en ai pas loupé une miette.

Un sourire satisfait, mais pourtant sincère naquit sur les lèvres de Granger. Drago sentit son pouls s'accélérer, mais il n'en laissa rien paraître.

—Range ce bouquin, et dors, lâcha-t-il finalement.

Il attendit qu'elle s'exécute. Elle soupira d'un air las, et glissa son livre sous son oreiller. Avait-elle peur qu'on le lui vole ? Il n'y avait qu'elle pour lire encore et encore l'Histoire de Poudlard. Quand elle se fut installée, Drago pointa sa baguette sur la loupiote qui éclairait son lit. Il fit baisser la luminosité, mais avant qu'elle ne s'éteigne, la main glacée de Granger s'empara de sa propre main, le forçant à baisser sa baguette.

—N'éteins pas complètement… murmura-t-elle. S'il te plait.

C'était un contact inattendu. Agréable, et osait-il le dire ? Intime. Les doigts de Granger lui avaient arraché une vague de frissons incontrôlable, si bien qu'il n'avait pas tout de suite saisi ce qu'elle lui avait demandé. Il secoua légèrement la tête – comme pour se remettre les idées en place, puis il acquiesça doucement.

—On a peur du noir, Granger, souffla-t-il avec un sourire en coin.

Il n'y avait ni moquerie, ni méchanceté dans sa voix. Il la taquinait, simplement. Et quelle étrange sensation, que de se sentir serein dans une situation qui n'aurait pas du l'être. Il aurait du lui dire que c'était le règlement, que la lumière devait être éteinte et qu'elle n'aurait pas de traitement de faveur. Mais il ne put s'y résoudre, car dans sa tête, un autre souvenir avec ressurgi. L'épouvantard de Granger. Se pouvait-il qu'il y ait un lien entre cette peur archaïque de l'obscurité ?

La main de Granger desserra sa poigne, et doucement ses doigts se retirèrent un à un. Elle avait elle aussi un petit sourire, doux et triste à la fois.

—Merci.

—Je viendrai l'éteindre quand tu dormiras, dit Drago à voix basse avant de tourner les talons.

Quand il revint à la salle Commune, celle-ci était complètement vide. Etrange, il ne s'était pourtant absenté qu'une petite demi-heure.

—La fête est finie ? demanda Drago lorsqu'il pénétra pour la seconde fois de la soirée la Salle commune de Serpentard.

Blaise était assis sur un canapé au coin du feu, les pieds étendus sur la table basse, un énième verre de whisky à la main. Il regardait sans vraiment le voir le feu qui ronflait dans la cheminée, sans jamais ciller. Quand il entendit la voix de Drago il s'arracha de sa contemplation léthargique.

—Oui, Crabbe et Goyle sont retournés à leurs appartements en charmante compagnie, répondit Blaise avec une moue dégoûtée.

Drago haussa les épaules et s'assit à côté de Blaise.

—Si elles étaient consentantes…

—Oh tu sais, selon eux, elles le sont toujours. Heureusement pour eux, l'alcool rendrait beau un scrout à pétard.

Drago eut un petit rire discret. Il était bien, assis là, avec Blaise. Comme avant. Avant la guerre, avant les pertes, avant la victoire de Voldemort. A l'époque où leurs seuls soucis étaient de faire leurs devoirs et de gagner le match de Quidditch suivant. Il ne manquait plus que…

—Elle me manque tellement, soupira Blaise.

C'était comme s'il avait lu dans ses pensées, comme si à cet instant, il ne leur avait manqué que Pansy pour être profondément heureux.

—A moi aussi.

—Elle ne serait pas fière de nous.

—Elle nous aurait déjà mis une trempe, renchérit Drago avec un sourire nostalgique.

Leur contre-pouvoir à tous les deux, voilà ce qu'avait toujours été Pansy. Leur garde fou, leur pilier, leur soutien, leur mère et leur amie à la fois. Jamais une amante cependant, contrairement à ce que tout le monde avait pu penser.

—J'espère qu'elle est bien, là où elle est, ajouta pensivement Blaise. Il n'y a pas une journée sans que je ne pense à elle. Elle pourrait me donner de précieux conseils pour…

Mais il s'interrompit, comme conscient qu'il était allait trop loin. Et sans doute l'alcool avait eut raison de lui, le laissant aller à quelques confidences. Drago n'était pas dupe, et il tourna imperceptiblement la tête en direction de son ami.

—Pour ?

—Laisse tomber.

Drago eut un petit sourire en coin. Lui, laisser-tomber ? Ca ne risquait pas. Et c'était bien mal le connaître que de lui demander de d'abandonner. Blaise le savait, et quand il sentit le regard pâle de Drago se poser sur lui avec insistance, il fit mine de ne pas le remarquer et de poser ses propres yeux partout, sauf sur son ami.

—Blaise, l'encouragea Drago.

L'intéressé tourna la tête dans sa direction et soupira longuement.

—Il y a cette fille… Thaïs.

Le regard de Drago s'assombrit. Thaïs McNamara était l'une des recrues de Blaise. Descendante d'une grande famille sang-pur écossaise, qui avait fait ses études à Dürmstrang, et que Blaise n'avait donc rencontrée que très récemment.

—Ne me dis pas que…

—Si. Elle est belle, elle est brillante, elle est drôle.

—C'est une recrue et tu es son formateur.

—Et alors ? Le Seigneur des Ténèbres n'a pas interdit de se détendre avec les recrues. Thaïs est de sang-pur.

—Mais les relations amoureuses sont interdites. Que tu la sautes dans un coin, je m'en fous Blaise. Mais je t'interdis de tomber amoureux, tu m'entends ?

La voix de Drago s'était faite plus froide, plus rude. Blaise allait se mettre dans de beaux draps. S'il tombait amoureux de Thaïs et qu'ils entamaient une relation de la sorte, Blaise ne servirait plus uniquement les intérêts du Lord, mais aussi les siens. Et ça ne passerait pas aux yeux de leur maître.

—C'est le formateur en chef ou l'ami qui parle ? grogna Blaise.

—L'ami. Alors ne tente rien que tu puisses regretter.

Le regard coupable de Blaise en disait néanmoins long sur ce qui s'était déjà passé entre eux.

Drago soupira et passa une main nerveuse dans ses cheveux.

—Tu ne dois pas faire ça Blaise, tu vas t'attirer des ennuis.

—On est déjà dans la merde, qu'est-ce que tu veux qu'il m'arrive de plus ?

—Tu veux que je te fasse un dessin ?

Rien que d'y penser, Drago avait froid dans le dos.

Blaise, quant à lui, haussa les épaules.

—Tu n'es pas mieux.

—De quoi tu parles ? grogna Drago.

—Tu fais du favoritisme.

—N'importe quoi.

—Ah oui ? Alors pourquoi Granger ne dort pas toutes les nuits dans cellule d'isolement ? D'après ce que j'ai entendu dire, elle passe son temps à te répondre.

Drago resta silencieux un moment. Il ne pouvait nier le fait que Granger aurait pu être punie pour moins que ça, mais il ne l'avait pas fait. Par esprit de contradiction envers Crabbe, mais aussi parce qu'il devait admettre que ça lui plaisait. Il aimait que Granger lui rentre dedans et lui tienne tête. Cela le faisait sentir… vivant.


Et voilà ( :

Drago est petit à petit en train de prendre conscience que son comportement peut paraître suspect. Et Blaise qui s'amourache de la belle Thaïs haha, égal à lui-même. J'espère que ce chapitre vous a plu !

Laissez un message, et vous pourrez donner un coup de poing à Crabbe ! Non plus sérieusement, n'hésitez pas à me laisser un petit commentaire (j'en ai besoin avec ce CAPES qui me sape le moral !) et à me donner votre point de vue.

La semaine prochaine, passage DRAMIONE au rendez-vous, vous m'en direz des nouvelles :P

Passez une bonne semaine, et à mercredi prochain (je serais débarrassée des ces foutues révisions !)