Le mercredi c'est Dramione-time ! Je suis en fin en vacances en attendant – ou en trépignant d'impatience – les résultats de mes écris ! En attendant, j'ai plus de temps pour écrire et je vais peut-être pouvoir prendre de l'avance sur cette fiction !
Vous avez été nombreux à lire et à commenter et je ne vous en remercierai jamais assez. Je me répète peut être, mais chacun de vos commentaires est un petit rayon de soleil dans ma vie :D
Je remercie Keloush qui est toujours ma bêta et qui corrige toutes mes fautes, et me donne son avis !
LilyOrya : Merci ! En effet, Drago va devoir faire des efforts, ou alors être plus discret ! Voici le chapitre tant attendu, en espérant ne pas te décevoir !
Leolili : Le passé est selon moi ce qui forge, et c'est ce qui arrive pour Drago. Il a souffert par le passé, et revois donc ses opinions autrement que par le biais de son éducation !
Nadra : Merci ! Et c'est moi qui te remercie d'avoir pris le temps de commenter, c'est toujours un plaisir de recevoir des commentaires.
PouleauPotter : Crabbe et Goyle sont insupportables au possible ! Voici le chapitre dramione, en espérant que ça te plaise ! Dis m'en des nouvelles !
Elorah : Ahah, ça marche, tu peux donner plus qu'un coup à Crabbe ! Merci d'avoir commenter, voici la suite.
Keloush : Merci ma belle )
ValarMorghulis : On est d'accord, Drago a été trop gentil ahah. C'est frustrant de ne pas voir ce qu'il y a dans la tête d'Hermione, mais j'ai pris le parti de faire un point de vue de Drago uniquement ! Voici la suite, j'espère que ça te plaira.
Camille : Merci pour ta review ! Voici le moment dramione, j'espère que ça te plaira !
Mearwyn : ahaha, on est déjà la semaine prochaine t'as vu ça, comme le temps passe vite ! Bon courage pour tes partiels en tout cas !
: Aaah, je suis contente de retrouver mes lectrices de mes fic précédentes ! Je suis ravie de t'avoir fait inscrire sur le site ! Je comprends pour les fic terminées, on est sûr d'avoir la fin au moins, mais je suis contente de te voir ici quand même ! J'adore Blaise aussi !
Mama : La suite arrive chaque mercredi ! Hermione serait ridicule de se rebeller alors qu'elle est un peu seule au monde et sans baguette. Voici la suite et merci pour ton commentaire.
Acide'nette : Je suis ravie que ma fic te plaise ! Ca me touche toujours quand on dit que c'est original, car c'est ce qu'on cherche tous n'est-ce pas ? Voici la suite et j'espère qu'elle te plaira !
Bonne lecture !
Depuis sa dernière discussion avec Blaise, Drago s'était muré dans un silence quasi implacable. Ses seuls mots allaient à ses recrues, tandis qu'il ignorait délibérément les autres formateurs. Il n'était pas en colère contre Blaise. C'était contre lui-même. Parce qu'il savait que son ami avait raison et qu'il faisait du favoritisme envers certaines de ses recrues. Envers une en particulier. Et il devait ajouter à cela le souci et l'inquiétude de voir son meilleur ami s'amouracher d'une de ses propres recrues et de se faire sévèrement punir par le Lord.
Crabbe et Goyle, quant à eux, étaient toujours aussi détestables. Malgré le mutisme de Drago, ils n'hésitaient jamais à lancer des piques dans sa direction et à se montrer de plus en plus stupides et mauvais. Depuis qu'il s'était fait briser le nez, Crabbe était plus irascible que jamais envers ses recrues, si bien que la moitié d'entre elle était en isolement toutes les nuits. C'en était ridicule, mais encore une fois, Drago n'avait pas le pouvoir de l'en empêcher. Chacun était responsable de ses propres troupes, et si Crabbe souhaitait trouver le respect et la discipline en punissant à tort et à travers, ça ne regardait que lui – et ses victimes.
Le dernier jour de Novembre, il se mit à neiger. De gros flocons blancs recouvrirent en une demi-journée le vaste parc de Poudlard, faisant de leur terrain d'entraînement une véritable patinoire. A chaque couloir qu'il parcourait, Drago ne pouvait s'empêcher d'admirer par la fenêtre l'épais manteau blanc qui habillait dès lors les jardins, ainsi que les traces de pas qu'avaient laissées les recrues de Blaise le matin même.
Quand Drago se dirigea vers la Grande Salle pour le déjeuner, il arriva dans le Hall d'entrée en même temps que son ami et ses recrues qui rentraient au château, complètement frigorifiés. Blaise avait les dents qui claquaient, et plusieurs de ses recrues avaient les lèvres bleues et le nez rouge. Lorsqu'il vit Drago, Blaise s'approcha à grandes enjambées de lui et le regarda droit dans les yeux.
—Écoute… commença Drago qui se sentait coupable de l'avoir ignoré de longues journées.
—Non, toi écoute.
Mais avant de commencer, il s'empara du bras de Drago et l'entraîna à l'abri des oreilles indiscrètes.
—J'ai découvert quelque chose, hier soir.
—Quoi ? souffla Drago.
—C'est le café…
Drago arqua un sourcil. Le café ? Quoi, le café ?
—Pas notre café, celui des recrues, continua Blaise à voix basse. Je l'ai goûté hier soir, et il n'a pas le même goût que le nôtre.
—Et alors ? J'imagine qu'il est de moins bonne qualité, éluda Drago en haussant les épaules.
—Non, je sais ce que je dis. Il n'a pas que le goût du café.
Drago le regarda fixement de longues secondes avant de murmurer d'une voix à peine audible :
—Où tu veux en venir, Blaise ?
—Je n'ai pas encore d'explication, mais j'ai pensé que tu voudrais le savoir.
—Savoir quoi ?
—Il y a quelque chose dans le café des recrues qui n'est pas dans le nôtre. Je vais à la cuisine vérifier ça sur le champ.
Et sans ajouter quoi que ce soit, il tourna les talons et se dirigea vers les cachots. Drago soupira et jeta un bref coup d'œil derrière lui avant de se lancer à la suite de Blaise. Il espérait que personne ne les suivrait, car si ce que Blaise disait était vrai, mieux valait que personne ne sache ce qui se tramait avant qu'ils n'en aient le cœur net.
Quand Drago arriva devant le tableau qui menait aux cuisines, Blaise était déjà en train, de chatouiller la poire, et le tableau pivota quelques secondes après, les laissant pénétrer les vastes cuisines de Poudlard, qui avaient plutôt l'allure d'une fourmilière. En effet, les elfes de maison astiquaient, préparaient, dressaient, lavaient, cuisaient toutes sortes de choses qu'ils envoyaient par la suite dans la Grande Salle où avaient lieu tous les repas.
—En quoi puis-je aider les deux jeunes Maîtres Formateurs ? couina une elfe qui s'était approchée d'eux, un plateau de club sandwich dans les mains.
Blaise regarda Drago un bref instant avant de s'agenouiller devant l'elfe et de lui demander d'une voix calme :
—Je veux deux tasses de café.
—Bien sûr, nous vous apportons cela tout de…
—Non, la coupa-t-il.
Sa voix trahissait son impatience et Drago le comprenait. Il avait retenu son souffle sans même s'en rendre compte, car il savait que Blaise était sûr de son coup et qu'il allait lui prouver sur le champ que les deux cafés n'étaient pas les mêmes.
—Je veux une tasse du café des formateurs et une tasse du café des recrues.
L'elfe ne posa pas de question et se contenta d'acquiescer docilement et de se diriger vers le fond de la cuisine, non sans déposer le plateau de sandwichs au préalable. En l'attendant, Blaise se redressa et se tourna vers Drago. Celui-ci avait les bras croisés sur sa poitrine, peu certain de ce qu'ils allaient trouver.
—Voici pour les maîtres.
L'elfe posa un seconnd plateau où trônait deux tasses et des petits biscuits sur la table la plus proche.
—Celui de gauche est celui des recrues.
—Merci, répondit Blaise en s'approchant.
L'elfe repartit à ses occupations, tandis que Blaise et Drago s'approchaient tous deux du plateau, les yeux brillants d'excitation, mais aussi d'appréhension.
—A toi l'honneur, vieux.
Blaise recula légèrement et laissa Drago s'emparer de la tasse qui contenait le café des formateurs. Il porta le breuvage brûlant à ses lèvres et en avala plusieurs gorgées pour être certain de bien s'imprégner de son goût. C'était du très bon café, bien amer comme il l'aimait, assez corsé pour lui rester sur la langue de longues minutes avant de lui saisir l'œsophage.
Il reposa la tasse puis s'empara de la seconde. Drago respira l'odeur qui s'en élevait. C'était absolument la même que pour le café précédent. Et pourtant, quand il avala une, puis deux gorgées du café des recrues, il dut reconnaître que le goût était différent. Et il voyait exactement ce que Blaise voulait dire quand il disait que cela n'avait pas que le goût du café.
Sur ses papilles alertes, Drago reconnut l'exacte saveur du café des formateurs : aussi amer, aussi serré, aussi corsé. Le café était à l'identique, il ne s'agissait pas d'un café de moindre qualité. En revanche, on avait ajouté au breuvage des recrues quelque chose de plus. Quelque chose qui donnait un arrière goût presque salé au café. C'en était déconcertant.
—Qu'est-ce que ça peut bien être ? demanda Drago en toisant Blaise.
Celui-ci haussa les épaules.
—Je n'en ai pas la moindre idée. J'espérais que tu me le dirais, c'était toi qui t'en sortais le mieux en potions.
—Je n'ai jamais rien goûté de tel. Il faudrait faire des recherches, je vais en prendre un échantillon.
Drago sortit sa baguette et fit apparaître une fiole du néant. Il versa précautionneusement un peu de café ensorcelé dans le petit récipient de verre et le glissa dans une poche intérieure de sa veste.
—Qu'est-ce qu'on fait ? demanda Blaise en regardant la tasse que Drago reposait, avec dégoût.
—Rien pour l'instant.
Lord Voldemort n'avait pas jugé bon d'en parler avec Drago, et cela signifiait certainement quelque chose. Quelque chose que le Seigneur des Ténèbres ne voulait pas partager, même avec son poulain. Un secret bien gardé. Bien sûr, il aurait pu interroger les elfes, mais trop fidèles à leur maître, ils n'auraient jamais craché le morceau. Et de toute façon, Drago n'était même pas sûr que les elfes fussent eux-mêmes au courant. Après tout, c'était Bellatrix qui apportait les provisions chaque dimanche, et les elfes devaient se débrouiller avec ça pour faire les repas de la semaine. Ils avaient l'interdiction formelle de quitter Poudlard. Voldemort craignait trop que l'un ne parle et que ce qui se passait à l'intérieur du château ne fuite dans le reste du monde magique.
—Pas un mot à Crabbe et Goyle. Ni aux recrues, tant qu'on ne sait pas ce que c'est.
—Tu crois que c'est dangereux ?
—Non, le Maître ne veut pas affaiblir ses recrues, ce ne serait pas logique.
Et s'il y avait bien quelque chose qu'on ne pouvait retirer à Lord Voldemort, c'était bien sa logique et son sens de l'organisation. Rien n'échappait à sa vigilance, et tout ce qu'il entreprenait avait un rôle à jouer dans son schéma de conquête, Drago en était sûr.
—A mon avis c'est…
—Qu'est-ce que vous foutez-là tous les deux ?
La voix tonitruante et particulièrement désagréable de Crabbe s'était élevée derrière eux, et Blaise et Drago se retournèrent d'un seul mouvement pour tomber nez à nez avec la face rougeaude et luisante de leur collègue formateur.
—On boit un café, ça ne se voit pas ? rétorqua Blaise dont la bonne humeur se volatilisait toujours quand Crabbe ou Goyle se trouvait dans les parages.
—C'est l'heure de manger.
Ah, le besoin primaire de Crabbe, songea Drago. Manger, dormir, se goinfrer, et peloter des filles. C'était tout ce qu'il lui fallait. L'hygiène, la réflexion et l'humour étaient malheureusement proscrits du conditionnement génétique de ce bon vieux Crabbe.
—On arrive, répondit Drago d'une voix sèche.
Crabbe avait l'œil suspicieux, mais il ne posa pas plus de questions, car déjà, un plateau de friandises trop sucrées et chocolatées pour être bonnes pour la santé, flottait sous son nez. Il sembla oublier de poser des questions, et s'empara d'une énorme poignée d'éclairs au chocolat et en engouffra au moins trois dans sa bouche.
Drago et Blaise profitèrent du moment de sa mastication – et de son incapacité de parler – pour faire demi-tour et quitter les cuisines. Ils avaient mis le doigt sur quelque chose, et même si tous deux se doutaient de ce que pouvait bien être l'ingrédient mystère du café, ni l'un ni l'autre n'osa mettre de mots sur leurs pensées. Tant qu'ils n'avaient pas de certitude, il était inutile de monter sur leurs grands hippogriffes.
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—Il est exactement dix heures du matin, déclara Drago en jetant un coup d'œil à sa montre. Et dans une demi-heure débutera votre premier entraînement intensif.
Les recrues qui se tenaient devant lui le regardaient d'un œil inquiet et intrigué. Personne n'osa parler, ni poser de questions, et tout le monde attendit patiemment que leur formateur ne daigne donner de plus amples détails sur ce fameux entraînement intensif.
—Pendant vingt-quatre heures, vous allez, par groupe de deux, devoir vous cacher et vous camoufler dans l'enceinte du château. Le groupe de Zabini devra vous chercher, et les binômes qui seront encore à couvert après que les vingt-quatre heures se soient écoulées auront gagné.
—Gagné quoi ? demanda Carter.
—Une journée de repos, répondit Drago d'un ton neutre. Une journée à faire absolument ce que vous voulez à Poudlard. Des batailles de boules de neige, des douches de trois heures, des siestes, des jeux, des parties de jambes en l'air…
Des petits sourires naquirent de part et d'autre, et Drago eut un petit rictus avant d'hausser les épaules.
—Ce que vous voulez, répéta-t-il. Mais avant, il faut gagner. Formez vos binômes. Assurez-vous de bien vous entendre avec, car vingt-quatre heures c'est long.
Drago laissa dix minutes à ses recrues pour créer les groupes de deux. Il passa au milieu d'entre eux, aidant les solitaires à se trouver des binômes, et s'arrachant les cheveux devant un groupe de filles qui voulaient absolument être quatre dans le même groupe.
—Qu'est-ce que vous ne comprenez pas dans binômes ? grogna Drago dont la patience s'essoufflait.
C'était ce que Crabbe reprochait à Drago. Le fait qu'il ne soit pas assez sévère. Pourtant, Drago n'avait jamais eu la réputation de quelqu'un de tolérant ou de patient. Mais il prenait sur lui, parce qu'il était persuadé, dans son for intérieur, que c'était la meilleure méthode. Plus il serait proche avec ses recrues et plus elles le respecteraient. Il n'avait d'ailleurs pas à se plaindre d'elles car jamais l'une d'entre elles n'avait eu un mot plus haut que l'autre.
Et puis, Drago les comprenait. Parce que contrairement à Crabbe ou Goyle, il n'était pas ici de son plein gré. On lui avait dit que sa place était ici, mais il n'avait jamais eu son avis à donner. On l'avait placé là, formateur en chef, d'une armée dont il ne savait rien. Et qu'il ne voulait pas. Le choix. C'était ce qui avait fait défaut à ses recrues, et s'il voulait s'assurer la cohésion du groupe, il fallait qu'il se mette dans le même panier.
—Par deux, Jones, par deux. Tu ne sais pas compter ?
—Si, Monsieur.
—Bien alors ne me fais pas répéter ce que j'ai déjà dit.
Malgré leur mine renfrognée, les filles se séparèrent finalement en deux groupes.
Quand dix minutes se furent écoulées, Drago demanda le silence. Il n'avait pas eu le temps de passer dans tous les groupes, mais ils semblaient avoir tous compris.
Il sortit alors sa baguette et fit apparaître devant lui un sac en toile. Il le secoua et on ne put entendre que le froissement imperceptible du papier. Quand il l'ouvrit sous les yeux des recrues, chacune d'entre elles put voir que le sac en question contenait des dizaines de petits parchemins pliés en quatre. Quant à savoir ce qui pouvait bien être écrit à l'intérieur, le mystère restait entier.
—Sur chaque parchemin est écrit un lieu. Salle Commune, Toilettes, Douches, Cuisines, Parc, Terrain de Quiddtich, où que sais-je. Il y en a en tout une centaine. Chaque groupe va en piocher un et il devra alors rester cacher à cet endroit précis. C'est assez clair ?
Un garçon leva la main.
—Oui ?
—Comment se cacher si les autres recrues arrivent ?
—Vous aurez une baguette chacun et devrez utiliser tous les sorts de camouflage que vous connaissez. Le but est de rester dans votre secteur et de ne pas vous faire repérer.
Un murmure approbateur parcourut la pièce quand il évoqua les baguettes. En effet, les recrues étaient généralement dépourvues de baguette. Elles n'en utilisaient que pour les entraînements de magie noire et de duel, mais c'était toujours très bien encadré et seulement quelques minutes. C'était donc la première fois qu'elles auraient une baguette entre les mains pour une journée entière et de manière totalement autonome.
Drago se garda cependant de préciser que les baguettes avaient été ensorcelées et qu'il leur serait impossible de lancer des sorts d'offensive sur les autres et encore moins sur les formateurs. Le petit malin qui tenterait quoi que ce soit serait déçu et se retrouverait en bien mauvaise posture.
—Allez, premier groupe.
Drago tendit le sac, et bientôt, chaque groupe s'approcha pour piocher son secteur. Certains semblaient heureux de leur sort, d'autres moins. Quand tous les groupes furent passés, Drago réalisa qu'il n'avait pas vu Granger s'approcher du sac.
Il la chercha du regard, quelque secondes avant de l'apercevoir dans un coin de la pièce, à l'écart de tous les autres.
—Granger, tu n'es pas venue tirer avec ton groupe.
—Je n'ai pas de groupe, répliqua-t-elle d'une voix éteinte, en levant des yeux fatigués.
Drago jeta un coup d'œil autour de lui. Toutes les recrues s'étaient mises par deux, mais leur nombre impair avait dépourvu Granger d'un coéquipier.
—Bien, il y aura donc un groupe de trois. Qui prend Granger ?
Personne ne répondit. Toutes les recrues étaient subitement trop occupées à regarder le sol ou leurs ongles ou encore le plafond pour répondre à la question de leur formateur.
—Je n'ai pas de temps à perdre. Dépêchez vous, s'impatienta-t-il. Personne ?
—Elle a le mauvais œil.
La voix s'était élevée sur la gauche de Drago et celui-ci se retourna pour faire face à celle qui venait de parler. C'était Elisa Hammer, une grande blonde en surpoids avec un regard mauvais.
—Je te demande pardon ?
—Personne ne veut être avec elle. Cette fille-là n'attire que les ennuis. Elle pue la malchance à plein nez.
—J'ignorai ton odorat aussi développé, Hammer. Mais je ne m'étonne pas de voir à quel point tu es stupide.
Puis, se retournant vers les autres, Drago attendit que l'un d'entre eux se désigne. Personne ne le fit cependant.
—Très bien, grogna Drago. Vous voulez jouer à ça ? Trois mois que je m'acharne à créer une cohésion dans ce putain de groupe, et voilà comment vous réagissez ? Je m'en souviendrai.
Son ton de menace sembla en secouer plus d'un, mais Drago ne leur laissa pas le temps de cogiter, et avant que l'un des groupes ne finisse enfin par se sacrifier, il s'avança à grands pas de Granger et lui tendit le sac.
—Pioche. Tu seras avec moi.
Au moment-même où Drago avait décidé ça, il savait que c'était une mauvaise idée. Il savait que ça ferait jaser, que les autres parleraient. Il savait qu'il aurait du forcer Granger à rejoindre l'un des groupes, mais il n'avait pas pu s'y résoudre. Parce qu'elle était sans doute plus intelligente que tous les autres réunis, parce qu'elle était la seule à dire ce qu'elle pensait, parce qu'elle était son contre pouvoir. Encore et encore.
Elle était restée silencieuse. Elle n'avait même pas pris sa propre défense, non. Elle était restée comme l'ombre d'elle-même. Trop fatiguée pour défendre une cause qui n'en valait pas la peine à ses yeux.
Elle plongea une main dans le sac, et quand elle déroula le parchemin qu'elle avait tiré, Drago put lire à l'envers « Tour d'Astronomie ». Tant mieux, pensa-t-il. Au moins, ils pourraient observer les étoiles pour passer le temps et ne seraient pas obligés de parler. Lui qui venait de dire à ses recrues de se choisir un bon partenaire, voilà qu'il se retrouvait avec son ennemie de Poudlard.
Leurs regards se croisèrent un bref instant, et Drago crut lire le soulagement dans les yeux de Granger. Celui de ne pas être avec des gens qui avaient une bien piètre opinion d'elle ? Celui de ne pas se retrouver toute seule ?
Drago jeta un nouveau coup d'œil à sa montre.
—Bien, à mon signalement, vous pourrez y aller. Pas de nourriture, pas d'eau, et pas d'assoupissement. N'oubliez pas de prendre une baguette sur la table qui est là. On se retrouve dans vingt-quatre heures. C'est parti.
Les groupes se dispersèrent et bientôt, il ne resta plus que Granger et Drago dans la pièce. Celle-ci n'avait pas dit un traître mot, et se contenta de se sortir en courant, Drago sur ses talons, et de monter quatre à quatre les trop nombreuses marches qui les mèneraient à la tour d'Astronomie, sans doute le plus bel endroit mais aussi le plus vertigineux de Poudlard.
—Pourquoi tu ne m'as pas laissée toute seule ? demanda Granger alors qu'ils étaient appuyés sur la rambarde de la tour.
—Parce que les consignes étaient de former des binômes, répondit Drago sans la regarder.
—C'est toi qui fais les consignes, Malefoy.
Drago eut un petit sourire mais n'ajouta rien.
Ils restèrent là un long moment. Accoudés à la rambarde, ils regardèrent le soleil se lever dans le ciel. Ils avaient une vue imprenable sur le parc, et bientôt, ils purent apercevoir les recrues de Blaise fourmiller par groupe de trois ou quatre à la recherche des autres.
—Ils ne vont pas tarder à venir voir ici, remarqua Granger.
—Sans doute. Mais on les entendra arriver.
Le silence s'installa entre eux.
C'était une situation étrange. Il ne s'agissait pas d'un silence gênant ou même inquiétant. C'était quelque chose d'apaisant. C'était la première fois depuis bien longtemps que Drago n'avait pas connu cela. A côté de lui, Granger regardait le ciel d'un air serein, il la voyait parfois se tendre quand un bruit suspect – un oiseau, le vent dans les arbres – venait perturber leur havre de silence.
—Voldemort veut créer une armée pour conquérir le reste du monde.
Ce n'était pas une question. Granger avait parlé comme ça, mais elle ne semblait pas attendre de réponse. Peut être une affirmation. Drago resta silencieux. Il l'entendit se tourner vers lui et sentit bientôt ses yeux noisette se poser sur lui. Il s'entêta à regarder fixement la cime d'un arbre de la forêt interdite.
—Mais ce que je ne comprends pas c'est ce que je fais là.
C'était là toute la question. Drago lui-même n'était pas sûr de le savoir.
—Et ce que toi, tu fais là.
A ces mots, Drago, jusqu'ici maître de lui-même, ne put s'empêcher de tourner la tête et de planter ses yeux dans ceux de Granger. Où voulait-elle en venir ? Il était là, parce qu'il était un Mangemort, et parce que Voldemort le lui avait ordonné. On ne désobéit par à Lord Voldemort, et puisque son souhait était que Drago forme son armée, ce dernier avait courbé l'échine et fait ce qu'on lui avait ordonné de faire.
—Ça me semblait évident, répondit Drago d'un ton sarcastique.
—Pas tant que ça. Ce serait sous-estimer Voldemort que de le traiter d'imbécile.
—En effet.
—Mais s'il n'a pas vu que tu n'étais pas son plus fidèle soldat, c'est que sa soif de pouvoir et de vie éternelle l'ont rendu complètement aveugle.
Drago se tendit comme la corde de l'arc qu'on bande. Où voulait-elle en venir ?
—Je fais ce que le Seigneur des Ténèbres m'ordonne de faire, rétorqua Drago plus sèchement qu'il ne l'aurait voulu.
—Bien sûr. Ça ne fait pas de toi son mangemort le plus loyal.
La mâchoire de Drago se crispa, tandis qu'il scrutait Granger d'un air impassible. Il ne savait pas pourquoi, mais il avait la désagréable sensation qu'elle lisait en lui comme dans un livre ouvert. Comment pouvait-elle savoir que Drago avait quelques réserves vis-à-vis de Voldemort ? Elle ne le connaissait pas et ils ne s'étaient pas vus depuis Poudlard. Alors comment pouvait-elle lire ce que même le Seigneur des Ténèbres n'avait pas su déchiffrer ?
Il lui sembla que le sort du serment inviolable lui picotait légèrement le bras. Si Granger était capable qu'il n'était pas aussi fervent qu'il le laissait croire, Voldemort ne tarderait pas à venir lui rappeler sa promesse.
—Je le savais, sourit-elle, alors que Drago n'avait même pas dit un mot.
—Tu savais quoi ? grogna-t-il avec agacement.
Mais elle n'eut pas le temps de répondre. Des bruits de pas avaient retenti dans l'escalier et un groupe de recrues de Blaise allait arriver d'un moment à l'autre. Drago sentit son cœur bondir dans sa poitrine et l'adrénaline animer ses veines en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire. Il s'empara du bras frêle – mais devenu musclé – de Granger et l'entraînant vers le fond de la pièce où se trouvaient de grandes armoires. Celles-ci contenaient microscopes et autres lunettes géantes, aussi dut-il les écarter pour se faire un peu de place.
Il poussa Granger à l'intérieur et au moment où il refermait la porte, trois recrues pénétraient la tour d'Astronomie.
Drago et Granger étaient à présent coincés dans le coin de l'armoire. Tandis que Granger était dos au mur, Drago, face à elle, devait coopérer avec un énorme trépied qui lui rentrait à moitié dans le dos. S'empêchant de bouger, Drago prit soin de réguler sa respiration. Conscient de son équilibre précaire, il plaça une main contre le mur, à quelques centimètres de la tête de sa recrue.
—C'est ça ou je te tombe dessus, marmonna-t-il.
—Je n'ai rien dit, répondit-elle à voix si basse que Drago dut tendre l'oreille pour comprendre.
En effet, elle n'avait rien dit.
Leurs corps étaient si proches l'un de l'autre que Drago pouvait sentir le souffle saccadé et chaud de Granger sur son visage. Il pouvait voir sa poitrine se soulever à un rythme irrégulier et sa bouche entrouverte qui recrachait l'air de ses poumons. C'était la première fois depuis bien longtemps que Drago se trouvait aussi proche d'une femme. Et sans doute n'aurait-il pas parié sur Granger, si on le lui avait demandé.
Une mèche de cheveux bruns s'était coincée sous la paume de Drago, et quand Granger tira légèrement dessus pour se défaire de son emprise, il se sentit légèrement basculer vers l'avant et s'aplatir moins délicatement qu'il ne l'avait prévu sur le corps svelte de Granger. Quand il se redressa, leur bouche n'était qu'à quelques centimètres l'une de l'autre. Et l'attraction qui s'échappait des lèvres des Granger était fascinante. C'était comme si Drago n'aspirait plus qu'à une chose : goûter au fruit défendu.
Complètement obnubilé, envoûté par le parfum naturel de Granger, Drago sentit son cœur tambouriner contre sa poitrine. Fais quelque chose, Granger, pensa-t-il avec amertume. Mais elle ne bougeait pas, ne disait rien. Elle se contentait de le regarder droit dans les yeux. Son souffle, qui aurait dû retrouver son rythme, était toujours aussi irrégulier, et à chaque inspiration qu'elle prenait, sa poitrine frôlait celle de Drago.
Pourquoi diable n'arrivait-il pas à se soustraire à son emprise ? Drago ne parvenait pas à briser ce contact certes ténu mais bien présent, qui s'était créé entre leurs deux corps. Et leurs yeux qui ne se quittaient pas, et leurs lèvres qui s'appelaient, leurs corps qui se frôlaient.
—A quoi on joue ? murmura Granger d'une voix haletante.
—Tu…
La voix de Drago n'était qu'un souffle. Leurs lèvres n'étaient qu'à quelques millimètres, et sans doute Drago se serait laissé tenter si à cet instant précis, quelqu'un n'avait pas tourné la poignée de l'armoire. Granger fut la plus rapide. Un millième de seconde avant que la recrue de Blaise n'ouvre la porte du placard, elle avait lancé un sort de désillusion. Si bien que lorsque le groupe regarda à l'intérieur, il ne put voir rien d'autre que des instruments d'astronomie.
—R.A.S, déclara l'un d'entre eux.
—J'étais persuadé d'avoir entendu quelque chose, répliqua un second.
—Tu vois bien qu'il n'y a personne, Rob.
Le dénommé Rob s'approcha néanmoins et regarda à droite et à gauche. Drago retint son souffle et il sentit Granger se tendre contre lui. Rob ne semblait pas convaincu, mais le temps continuait de tourner, et leur but étant de découvrir un maximum des recrues de Drago, ils ne s'attardèrent pas.
—On reviendra quand on en aura trouvé d'autres.
Et ils quittèrent la tour d'Astronomie au pas de course. Drago souffla de soulagement et s'écarta légèrement de Granger. Celle-ci le regardait avec amusement. C'était la première fois depuis trois mois qu'il voyait ses yeux pétiller.
—C'était moins une, murmura-t-elle en lui passant devant.
Mais Drago ignorait de quoi elle parlait. Du fait qu'ils avaient manqué de se faire prendre par les recrues de Zabini, ou bien du fait qu'ils étaient sur le point de s'embrasser à ce moment précis. Il se demanda d'ailleurs si elle ne parlait pas des deux, mais Granger ne donna aucun autre détail, se contentant d'aller jeter un coup d'œil dans la cage d'escalier, tandis que Drago s'extirpait tant bien que mal de l'armoire, prêtant bien attention à ne pas faire tomber les lunettes à l'équilibre précaire.
Et voilààààààà ! Alors, verdict ? Qu'avez-vous pensé de cette grande avancée entre nos deux personnages préférés ? C'était assez dramione pour vous j'espère ? :O N'oubliez pas qu'il faut prendre son temps, et tout vient à point à qui sait attendre !
J'ai hâte que vous me donniez tous votre avis ! En attendant, n'hésitez pas à me dire aussi ce qui ne vous plait pas ou ce qui vous a vraiment plu, ça me permet de me faire une idée !
Je tenais à rappeler que les commentaires sont le seul salaire de l'auteur, et même si j'écris pour moi, j'écris aussi pour vous, et je prends toujours le soin de vous répondre, alors vous aussi, prenez le temps de m'écrire, c'est comme ça que je m'améliorerai !
A mercredi prochain, et en attendant, portez vous bien !
