Déjà le huitième chapitre, le temps passe si vite ! Je suis ravie de vous retrouver chaque semaine, et vous êtes toujours un peu plus nombreux à lire, et c'est un plaisir que de partager mes histoires avec vous ! Voici donc le nouveau chapitre, qui, j'espère, vous plaira toujours autant que les précédents.

Je fais de mon mieux pour être à la hauteur, et je remercie tous ceux qui prennent la peine de laisser un petit mot, leurs impressions, leurs avis, c'est tellement agréable de vous lire, alors merci, merci et re-merci.

J'en profite pour faire ma petite publicité, même si j'y ai déjà retrouvé certains d'entre vous, j'ai commencé un recueil d'Os dramione, sur les contes de fée, qui s'intitule Les Contes de Madame la Bonne Fée, donc si vous vous ennuyez et que vous voulez lire du « sansprisedetête », allez y faire un tour !

Pouleaupotter : La tension était à son comble entre nos deux personnages ! Je suis ravie que ça te plaise toujours autant et je te remercie d'être toujours au rendez vous !

Madison2220 : Hahah, pour le café, on ne saura pas tout de suite ! Selon moi, il s'est mis avec elle surtout pour prouver aux recrues que la cohésion était la plus importante ! Voici la suite, j'espère qu'elle te plaira !

Maudloca7 : Voici ta notification du jour alors ! Je suis contente que le précédent chapitre t'ai plu, et j'espère que celui là sera toujours a la hauteur ! Merci pour ton petit mot en tout cas.

Leolili : n'est-ce paaaaas ? Je suis contente que ça t'ai plu ! Pour le café ce sera pour plus tard, patience !

Lolo : Merci pour ce petit message ! je suis enchantée que ça te plaise, et j'espère que tu ne seras pas déçue par la suite qui arrive !

ValarMorghulis : Tu sais quoi ? Je suis contente de te voir chaque semaine par review ! Mdrrr je crois que la lumière rouge était aussi dans la tête de Drago mais il sait se tenir ! En effet Blaise est intriguant, et il est l'un des personnages secondaires de la fic ! donc je suis ravie qu'il te plaise ! Voici la suiiiiiite.

LiliOrya : Bizarre c'est vrai ! c'est irrationnel mais son but est de prouver que la cohésion est le plus important dans l'armée. Ahah, oui qu'est-ce qui la pousse vers lui, je te le demande :P patience ! Je suis touchée d'être ton auteur dramione préférée, c'est adorable mais ça me met la pression !

Filet-Du-Diable : Ahah, 24h c'est pas assez pour craquer, mais ils se sont rapprochés indéniablement ! Pour la mort douloureuse de crabbe et goyle ce sera pour une autre fois haha, mais je suis d'accord avec toi ! Merci de ta review si gentille !

ElehannDerber : Je me souviens de toi :D Tu vas me faire rougir. Je suis toujours ravie de retrouver mes lectrices dans toutes mes fic, et ce que tu me dis me touche énormément. C'est exact, les anglais boivent du thé, mais je suis partie sur le café parce qu'il est selon moi plus addictif mais aussi un moyen de 'tenir'. Merci pour ta review, et voici la suite !

Nadra : Oh merci, c'est gentil ! Et merci d'avoir laissé un petit mot.

Acidenette : Mais oui c'est vrai ça, qu'est-ce qu'il y a dans le café ? Ahah. Le rapprochement grâce à Crabbe, qui l'aurait cru hein ? Voici la suite et merci d'être au rendez-vous :D

Myia : C'est toujours un plaisir de retrouver mes lectrices ! En effet, je pense avoir été très influencée par Divergent, j'espère que ça ne t'embête pas :) je suis contente que tu trouves que l'allure est bonne, j'ai toujours peur de perdre en cohérence en allant trop vite ! Merci pour ton message en tout cas et voici la suite !

Bonne lecture et merci à Keloush pour sa bêta correction !


En quelques minutes seulement, Drago était passé par toutes les humeurs possibles. Il y avait eu l'adrénaline, l'excitation de se cacher dans un placard et la tension plus qu'évidente qui s'était élévée entre lui et Granger. Puis il y avait eu l'incompréhension, l'étonnement de ce qu'il avait pu ressentir, mais aussi de la réaction de sa recrue. Et puis, finalement, la colère. La rage de se sentir aussi faible, d'avoir eu ne serait-ce que l'idée de se laisser tenter. De s'entêter à maintenir un lien avec Granger, alors qu'il aurait dû couper ton contact. Elle lui rappelait son passé, insouciant, libre, lumineux, mais finalement, elle n'était que le reflet de la vie qu'il menait. Elle était sa recrue, un soldat de plomb, un pion sur l'échiquier du Lord. Et si lui n'était que le chevalier, il se devait de conserver sa place et de ne pas se soucier de ce que Granger pouvait représenter.

C'était pourtant si étrange. Si éloigné de ce que Drago pouvait être. Lui qui avait toujours eu le pouvoir, l'emprise sur ceux qui l'entouraient, se retrouvait pris au piège de celle qu'il avait toujours détesté, qui représentait ce contre quoi il se battait.

—Malefoy, tu m'écoutes quand je te parles ?

La voix de Granger le tira de ses pensées. Quand il tourna ses yeux vers elle, elle eut un mouvement de recul. Il ne sut ce qu'elle lut dans ses yeux de glace, mais sans doute n'y trouva-t-elle pas le réconfort qu'elle recherchait, car un bref instant, Drago crut lire la peur dans ses prunelles mordorées.

—Je ne t'écoute pas Granger, alors ferme-la.

Sa voix n'était qu'un murmure froid et sec. A la manière d'un vent du nord qui vous fouette le visage, et qui ne vous inspire que le mépris. C'était ce que voulait être Drago. Celui qui n'inspire ni la confiance ni la douceur. Il ne voulait pas être la bouée de sauvetage de Granger, il ne voulait pas qu'elle pense ne serait-ce qu'un instant qu'elle pouvait compter sur lui. Car malgré ce qu'il avait pu lui faire croire, il n'était pas là pour la materner.

Quand la nuit tomba enfin, après une après-midi interminable, Drago n'avait pas bougé d'un centimètre. Il était là, comme une statue, accoudé contre la rambarde, le nez levé en l'air, les yeux rivés sur les étoiles naissantes. A côté de lui, Granger s'était assise en tailleur à même le sol et jouait avec ses doigts d'un air absent.

Parfois, un craquement, le bruit du vent ou le hululement d'un hibou leur faisait tourner la tête dans la même direction, mais quand ils réalisaient que ce n'était rien, ils retournaient à leur mutisme inquiétant. Il arrivait à Drago de sentir le regard perçant de Granger sur lui, mais il faisait toujours en sorte de l'oublier. Il se figeait d'une manière presqu'inhumaine, c'était à peine si son corps se soulevait au rythme de sa respiration lente et profonde. De loin, il avait l'allure d'une statue de marbre, peut être l'une de celles qui décoraient l'Antiquité grecque il y avait des milliers d'années de cela.

Quand le soleil commença à poindre son nez, à l'horizon, Drago s'autorisa enfin à bouger. Les étoiles semblaient s'éteindre les unes après les autres, et bientôt, la lueur rosée de l'aurore l'empêcha de les admirer plus encore.

La nuque raide, Drago tourna lentement la tête en direction de Granger. Elle était toujours assise en tailleur, le dos confortablement calé contre le mur derrière elle. Elle ne jouait plus avec ses doigts cependant, elle avait basculé sa tête en arrière : ses yeux clos et sa respiration lente et régulière en disaient long sur son état. Granger dormait.

Drago s'approcha d'elle lentement, et – sans prendre la peine de s'agenouiller – donna un léger coup de genoux dans l'épaule de Granger qui était à la même hauteur. Cela suffit à la faire ouvrir des yeux encore vitreux. Elle ne semblait plus savoir où elle se trouvait, mais quand son regard croisa celui de son formateur, tout lui revint en mémoire.

—Tu es une incapable, Granger.

Incapable de tenir une nuit sans dormir, incapable d'être le soldat qu'on attendait qu'elle soit. Pourtant, il savait qu'elle en avait la force, mais elle ne le voulait tout bonnement pas. Il en était certain. Les nuits blanches, elle devait les connaître sur le bout des doigts, des nuits entières à réviser ou à chercher un moyen de battre Voldemort.

—Toujours aussi aimable, Malefoy.

—Je ne suis pas là pour être aimable, cracha-t-il avec mauvaise humeur. Lève-toi.

Granger se leva péniblement. Elle le regarda de haut en bas avec dédain, avant de rejeter ses cheveux en arrière d'un air indifférent et de jeter un bref coup d'œil sur ce qui se passait dans le parc du Château.

—Ils ne sont pas revenus ?

—Je les ai entendus dans le couloir en bas, mais ils ne sont pas rentrés. De braves imbéciles, ceux-là.

En effet, Drago ne comprenait pas que personne ne soit venu vérifier si personne ne se cachait ici. Ils avaient eu toute la nuit et pas un seul groupe n'était venu perturber la quiétude de la tour d'Astronomie.

—Quelle heure est-il ? demanda Granger.

Drago jeta un bref coup d'œil à sa montre.

—Huit heures.

—Plus que deux heures et demie de supplice alors.

Un petit sourire en coin avait fleuri sur les lèvres de Granger. Même si ça le démangeait, Drago se retint de lui demander ce qui pouvait bien la faire sourire. Il ne trouvait rien de drôle dans cet entraînement intensif. Si le sommeil et la nourriture ne lui faisaient pas tellement défaut, il devait avouer qu'il avait véritablement soif, sans parler de l'envie quasi irrépressible de se rendre aux toilettes. Comment faisait Granger pour être aussi calme ?

—Ca me rappelle un peu Azkaban, dit-elle d'un air distrait.

C'était comme si elle avait lu dans ses pensées. Comme si elle avait deviné ce qu'il était en train de se demander, et qu'elle avait décidé de lui répondre. A cet instant précis, l'air nostalgique et le regard rêveur de Granger la faisaient étrangement ressembler à l'écervelée de Serdaigle qui traînait avec la fille Weasley à l'époque : Loufoca Lovegood – il ne connaissait pas son vrai prénom. Les radis en guise de boucle d'oreille en moins.

—On n'avait qu'un repas par jour. Par repas j'entends un bol de soupe froide et un morceau de toast. Une seule sortie toilette par jour aussi, au moment de la douche. Le reste du temps… Il n'y avait rien, rien à part l'ennui. Au moins ici, il y avait les étoiles pour nous tenir compagnie. A Azkaban, on avait bien pris soin à ce qu'il n'y ait pas de fenêtre dans ma cellule.

Elle avait dit cela d'un air si doux et calme, que Drago avait tout juste perçu l'amertume dans sa voix. Il ne s'était jamais demandé à quoi ressemblait le quotidien des détenus à la prison des sorciers. Après ce qu'elle venait de lui révéler, il semblait évident que les trois repas par jour et le lit chaud de Poudlard semblaient être un véritable luxe aux yeux de Granger.

Drago ne dit rien cependant. Après tout, il se devait d'être le bon et loyal Mangemort du Lord, et il était hors de question de s'apitoyer sur le sort de la copine de Potter.

Ils passèrent les deux heures qu'il leur restait dans le plus grand silence.

Enfin, la sonnerie qui annonçait la fin de l'entraînement retentit.

Sans dire un mot de plus, Drago se dirigea vers les escaliers, Granger sur les talons. Il était convenu que les groupes qui ne s'étaient pas fait repérer devaient retourner à la Grande Salle. Quand ils arrivèrent, Drago vit le groupe de Blaise déjà installé à sa table, tandis que celui de Goyle arrivait en même temps que le sien. En effet, pendant que le groupe de Blaise cherchait celui de Drago, le groupe de Goyle cherchait celui de Crabbe.

Il semblait que quatre des groupes de Drago avaient réussi à rester discrets, pour seulement trois dans le groupe de Crabbe. C'était une petite victoire personnelle, au moins ses recrues semblaient plus malignes que celles de Crabbe.

Quand tous les groupes furent installés à leur table, ce fut Blaise qui prit la parole. Il se plaça au début de l'estrade et attendit que tous les regards se tournent vers lui avant de prendre la parole.

—Après vingt-quatre heures de dur labeur, l'entraînement intensif s'achève enfin.

Des soupirs de soulagement accueillirent les paroles de Blaise.

—Comme promis, les sept groupes qui ne se sont pas fait repérer sont les grands gagnants de l'épreuve, et remportent donc une journée de liberté qui aura lieu vendredi. Les deux groupes-chercheurs ayant trouvé le plus de binômes cachés bénéficieront aussi de cette journée.

Des sourires naquirent de part et d'autre de la Grande Salle, tandis que les perdants affichaient une mine déconfite.

—En attendant, vous avez tous quartier libre jusqu'au déjeuner, puis les entraînements reprendront dans l'après-midi. A tout à l'heure.

x

La journée avait paru interminable à Drago. Aussi, quand l'heure du dîner sonna enfin, il ne put retenir un soupir de soulagement. Les journées semblaient aussi dures pour les formateurs que pour les recrues. Après une douche bien méritée, il quitta ses appartements pour rejoindre une fois de plus la Grande Salle.

Les recrues sortaient aussi des salles de bain, et Drago fut bientôt englouti par la foule, qui l'entraîna tant bien que mal jusqu'au hall d'entrée. A l'abri des regards, personne ne réalisa qu'il se trouvait au milieu des autres, et l'anonymat lui procura un bien fou. C'était comme si toutes ses responsabilités, comme si toutes ses promesses ne valaient plus rien, et qu'il était à nouveau libre.

C'était sans compter les bavardages qui s'élevaient de part et d'autre de la foule.

—…Tu trouves pas ça étrange toi ?

—Si bien sûr, mais qu'est-ce qu'on peut y faire ?

—J'en ai discuté avec Craig. Il dit qu'on devrait en parler à Crabbe.

Mais de quoi diable parlaient-ils ? Drago fit bien attention à ne pas tourner la tête dans leur direction, il ne voulait pas se faire remarquer, mais il ralentit légèrement le pas pour être plus proche des deux recrues de derrière et mieux entendre la fin de leur conversation.

—Crabbe est déjà pas tendre avec elle, tu crois pas que c'est un peu exagéré ?

—Et alors ? C'est son problème. Depuis quand une recrue peut se mettre en binôme avec un formateur ? Et comme par hasard, ils n'ont pas été découverts.

Ainsi donc, c'était de Granger et de lui dont parlaient les deux recrues ? De leur binôme et du fait qu'ils aient gagné. Bien sûr, Drago aurait dû savoir que ça allait arriver. En se mettant avec Granger, il était parfaitement au courant des problèmes qu'il pouvait s'attirer.

—Ecoute, fais ce que tu veux, mais moi je ne veux pas m'en mêler.

—Très bien, mais ne viens pas t'étonner si elle a tous les privilèges et pas toi.

C'en était assez pour mettre Drago hors de lui. Il s'arrêta brusquement de marcher et fit un demi-tour sur lui-même. Quand il se retrouva nez à nez avec les deux recrues bavardes, ces dernières ouvrirent des yeux étonnés.

—Et bien, et bien, dit Drago avec un sourire cynique au bout des lèvres. J'en connais deux qui ont plein de choses à dire.

Celui qui semblait le moins convaincu secoua la tête de droite à gauche, la tête aussi rouge qu'une pivoine. L'autre affichait un air plus sûr de lui, mais n'osait cependant pas regarder Drago droit dans les yeux.

—C'est pas ce que vous croyez, M'sieur.

—Je n'en ai rien à foutre, articula Drago froidement, tandis qu'un petit groupe s'était rassemblé autour d'eux pour savoir ce qui se passait. Vous êtes libres de dire ce que vous voulez, mais n'oubliez pas qui est à la tête de cette armée.

Et sans ajouter quoi que ce soit, Drago tourna les talons. Il n'avait plus faim, il ne voulait plus se rendre dans la Grande Salle et voir la tête des recrues hypocrites qui devaient toutes penser ce qu'il venait d'entendre : Granger avait gagné uniquement parce qu'il était avec elle. C'était faux pourtant, mais à présent, il en était sûr : il s'était attiré des ennuis.

Fou de rage contre les deux imbéciles, mais aussi contre Crabbe qui s'en donnerait à cœur joie et contre lui-même de s'être montré aussi négligent, Drago décida de regagner ses appartements. Les poings enfoncés dans ses poches, il marchait d'un pas rapide et sûr de lui, et fulminait silencieusement en repensant aux menaces que Crabbe avait déjà proférées. Bellatrix ne tarderait pas à en entendre parler, c'était certain.

Quand Drago tourna à l'angle du couloir dans lequel se trouvait ses appartement, il crut tout d'abord qu'il était désert. Pourtant, au fur et à mesure qu'il s'aventurait dans la pénombre, il lui semblait entendre des bruits, comme des respirations rauques, des soupirs tout juste audibles. Tendant l'oreille, il suivit les bruits d'un pas silencieux et se retrouva bientôt non loin d'un renfoncement dans le mur.

Quelle fut sa surprise lorsqu'il reconnut la silhouette massive de Blaise. Dos à lui, son ami ne le vit pas tout de suite arriver, et ce ne fut que lorsque Drago se trouva assez proche pour lui mettre une main sur l'épaule que Blaise se retourna.

—Qu'est-ce que… commença-t-il d'un air surpris.

Quand il reconnut Drago cependant, la peur qui s'était inscrite sur son visage disparut au profit d'un sourire apaisé. Drago, quant à lui, ne souriait pas. Ses yeux étaient rivés sur la silhouette que Blaise tenait entre ses bras, et il aurait mis sa baguette au feu qu'il s'agissait de Thaïs. C'était une très jolie jeune femme, avec de belles boucles brunes et un teint hâlé. Mais ce qui la rendait plus envoûtante encore, c'était ses yeux d'un vert turquoise hypnotisant. Bordés de longs cils, Drago eut la désagréable sensation de se noyer dans cet océan abyssal.

S'il avait dû être honnête, Drago aurait volontiers admis que Blaise ne pouvait faire autrement que de tomber amoureux d'elle. Elle était d'une bien rare beauté.

—Qu'est-ce que tu fabriques, Blaise ? grogna Drago entre ses dents et en détournant le regard de la recrue.

Blaise enfonça ses mains dans les poches d'un air coupable et haussa les épaules. Il avait l'air d'un enfant pris sur le fait, les doigts dans le pot de marmelade.

—C'est bon Drago, n'en fais pas tout un plat.

Cette phrase eut cependant l'effet inverse. Plus on lui disait de se calmer, et plus Drago sortait de ses gongs. Blaise le savait pourtant, depuis le temps qu'il le fréquentait. Serrant les poings, crispant la mâchoire, Drago riva ses yeux de glace sur son meilleur ami qui n'en menait pas large.

—Que je n'en fasse pas tout un plat ? Bordel, Blaise tu couches avec une recrue !

—Techniquement, on ne faisait que s'embrasser.

Et Blaise de s'enfoncer toujours un peu plus.

—Ne me prends pas pour un imbécile. Je t'avais dis de ne pas jouer au con.

— Ça te va bien de dire ça, répliqua Blaise dont le sourire s'était à présent totalement évanoui.

—Qu'est-ce que tu veux dire ? Vas-y, ça a l'air de te démanger.

—Je ne te reproche rien, vieux. Mais tu ne joues pas franc jeu. On dirait bien que tu t'es rapproché de Granger, hein ?

—Je ne vois pas de…

—Si, Drago, tu vois très bien, le coupa Blaise. Tu vois très bien, parce qu'à l'instant même où j'ai dis son nom, tu t'es crispé. Une de mes recrues m'a dit qu'elle était sûre d'avoir entendu des bruits dans la tour d'Astronomie. Ça ne pouvait qu'être toi et Granger, un sort de désillusion aussi bien lancé… Je leur ai ordonné de ne plus chercher dans ce secteur, qui sait ce qu'ils auraient pu voir ?

C'était donc ça ? C'était Blaise qui avait éloigné les recrues de la Tour d'Astronomie ? Et à présent, tout le monde pensait que c'était parce que Granger était en binôme avec Drago et qu'il avait fait du favoritisme.

—Ils n'auraient rien vu, je sais rester professionnel.

—Moi aussi. Ce que je fais de mon temps libre ne te regarde pas.

Drago n'ajouta rien. Il posa son regard un bref instant sur Thaïs. Elle n'avait pas dit un mot, mais ses doigts s'étaient entrecroisés à ceux de Blaise, tandis que son pouce lui caressait doucement le dos de la main. C'était si étrange, tellement bizarre d'assister à ce genre de scène. Drago qui avait perdu tout espoir, qui s'était vu prendre la place qu'on avait créée pour lui, qui s'était soumis aux ordres, Drago encore qui courbait l'échine, qui acceptait sans rien dire. Il avait oublié ce que cela faisait d'enfreindre un règlement, de sentir l'adrénaline dans ses veines. Il avait oublié les moments simples de la vie, comme de voir son meilleur ami tomber irrévocablement amoureux.

Les yeux de Blaise brillaient comme ceux d'un enfant, le soir de Noël. Drago pouvait presque le sentir frissonner à chaque fois que le pouce de Thaïs effleurait sa peau. C'en était déconcertant et pourtant… ça rallumait une lueur d'espoir dans le cœur si sombre de Drago. La vie suivait son cours, coûte que coûte.

Il soupira.

—Tâchez d'être prudents, marmonna-t-il en tournant les talons.

Il sentit le sourire reconnaissant de Blaise derrière son dos, peut être parce qu'il le connaissait trop bien. Il ne se retourna pas pour vérifier cependant et se contenta de se rendre dans ses appartements en silence.

Drago n'avait jamais été un gros dormeur, mais depuis qu'il était de retour à Poudlard, ses nuits s'étaient radicalement raccourcies. Quand six heures de sommeil lui suffisaient autrefois, à présent, quatre semblaient être le maximum qu'il puisse faire en une nuit. Pourtant, il n'avait pas dormi depuis plus de vingt-quatre heures, et il se serait volontiers écroulé de sommeil sur son lit. Mais son corps en avait décidé autrement, si bien qu'une fois allongé, il ne trouva pas le sommeil tant cherché.

Il tourna trois longues heures, parfois sur le côté, parfois à plat ventre. La tête sur l'oreille, ou bien dessous, les jambes par-dessus la couverture. Ses yeux refusaient catégoriquement de se fermer, et le sommeil l'abandonnait lâchement à chaque fois qu'il se sentait sombrer.

C'en était insupportable. Il était plus de trois heures du matin quand il décida de se lever. Puisqu'il ne dormait pas, il allait mettre son temps à profit. Il enfila un tee-shirt et un pantalon, et fouilla dans les poches de sa veste. Il en ressorti une petite fiole de liquide sombre : le café des recrues. Glissant la fiole dans sa poche, il quitta sa chambre silencieusement et se dirigea en direction de la bibliothèque. C'était l'unique endroit où il pourrait trouver des réponses. La réserve lui tendait les bras.

Traversant les couloirs d'un pas vif, il n'était qu'à quelques mètres de la Bibliothèque quand un cri d'effroi retentit dans le château. Il ne sut pourquoi, mais Drago sentit une vague de frissons le parcourir, ça n'annonçait rien de bon. Il se précipita à l'endroit d'où s'était élevé le cri.

C'était une salle de classe désaffectée, les bureaux avaient été poussés contre les murs, et les chaises empilées les unes sur les autres dans un coin de la pièce. Seuls le tableau noir et l'immense armoire aux battants ouverts n'avaient pas bougé de place, sans doute à cause du sortilège de glue perpétuelle.

Et puis il la vit.

Granger se tenait au fond de la classe, allongée sur le sol, totalement pétrifiée par ce qui était en train de passer. Au dessus d'elle, un homme massif, caché par un capuchon noir, était en train de la plaquer fermement contre le sol et avait approché sa tête à quelques centimètres de la sienne.

Il n'en fallut guère plus à Drago pour comprendre. La porte de l'armoire était ouverte, cet homme encapuchonné ne lui était pas totalement inconnu, et Granger semblait pétrifiée de peur. Il s'agissait clairement d'un épouvantard.

Drago s'approcha d'un pas vif et sorti sa baguette. Il la pointa sur le pseudo-mangemort qui avait déjà commencé à déboutonner le haut de pyjama de Granger et dit distinctement :

—Ridiculus !

Il n'en fallut pas plus à l'épouvantard pour se transformer en un énorme ourson en peluche avant qu'il ne se retranche définitivement dans l'armoire où il avait élu domicile.

Drago se précipita vers Granger et l'aida à se relever. Elle tremblait de tous ses membres et ne semblait pas réaliser ce qui s'était passé. Drago la détailla pour s'assurer que tout allait bien et posa bientôt ses yeux pâles sur la peau d'albâtre de Granger : les boutons de son haut avaient été défaits, si bien qu'on pouvait voir apparaître une partie de ses seins nus, que Drago s'empressa de cacher derrière le pyjama. Il le reboutonna à la hâte en faisant bien attention à ne pas la toucher, puis osa enfin la regarder droit dans les yeux. Elle pleurait silencieusement, les yeux rivés sur l'armoire.

— Ça va aller Granger, ce n'était qu'un foutu épouvantard.

Elle ne répondit pas. Il posa ses deux mains sur ses épaules et la força à le regarder.

—Qu'est-ce que tu faisais ici ? En pleine nuit.

—Je… Deux filles…Rejoindre ici pour… livres.

Ses paroles étaient décousues et ne faisaient pas sens.

—Des filles t'ont donné rendez-vous ici ?

—Elles voulaient… Pour échanger des livres.

Granger reprenait peu à peu contenance. Ses larmes s'étaient faites plus rares et ses yeux n'étaient plus rivés sur l'armoire. Elle regardait Drago à présent, mais il ne put lire aucune reconnaissance dans ses prunelles. Au contraire, elle semblait… en colère ?

—Tu es venue ici pour des putains de bouquin Granger ? De toute évidence, elles se sont moquées de toi.

Ses mains se pressèrent doucement sur ses épaules, espérant lui fournir un peu de réconfort.

—Ne me touche pas. Tout ça, c'est de ta faute, chuchota-t-elle avec dégoût.

—Pardon ?

Drago recula, surpris.

—Toutes ces humiliations, ces murmures sur mon passage, l'acharnement de Crabbe. C'est parce que… parce que tu…

Le choc semblait encore l'empêcher de s'expriment clairement.

—Fous-moi la paix, Malefoy. Ne te préoccupe plus jamais de moi, ça ne m'apporte que des problèmes.

Le visage de Drago se ferma. Ses yeux ne reflétaient plus l'inquiétude mais l'indifférence, ses lèvres n'étaient plus un sourire réconfortant mais un rictus mauvais, quant au reste… tout son corps semblait enveloppé d'une aura dangereuse. Mais Granger ne sembla pas s'en inquiéter, car elle-même semblait en colère.

—Pourquoi tu ne me laisses pas tranquille ?

—Tu es incapable de te défendre d'un simple épouvantard, se moqua-t-il. Je ne te laisserais pas tranquille tant que tu ne seras pas à la hauteur de l'armée du Seigneur des Ténèbres, Granger. Tu es faible, tu es une incapable. J'aurai du laisser ce mangemort abuser de toi, vu la reconnaissance que j'en ai.

—Remercions tous le grand Drago Malefoy pour sa bonté d'âme, répliqua Granger amèrement. Il sauve les demoiselles en danger de… de…

—De quoi, Granger ? Je suis curieux de savoir. Pourquoi ce mangemort ? Qui est sous cette capuche, hm ?

Les yeux de Granger se remplirent une fois de plus de larmes, qui glissèrent en silence sur sa joue pâle. Elle détourna les yeux et regarda par la fenêtre sans ajouter quoi que ce soit. Ses bras s'enroulèrent autour d'elle-même comme l'aurait fait un enfant sans défense.

Drago allait insistait, il était sur le point de la secouer, de la faire sortir d'elle-même, car c'était la solution, il en était sûr. Elle devait dire ce qu'elle avait sur le cœur, elle devait exprimer sa rage, sa peur, mettre un nom sur ce mangemort, des mots sur ce mal qui l'accable.

Mais il n'en eut pas le temps.

Déjà, plusieurs recrues, ainsi que Blaise s'étaient approchés de la salle de classe, alertés par le cri strident de Granger.

—Qu'est-ce qui se passe ici ? demanda un Blaise encore endormi.

Tous les regards étaient rivés sur eux. Drago ne doutait pas une seule seconde que les voir tous les deux dans cette classe, Granger en pyjama – mal boutonné – les cheveux dans tous les sens, allait faire des gorges chaudes. Il sentit le regard de reproche de Granger lui brûler la peau.

—Rien, je faisais comprendre à la recrue Granger qui commandait ici. Il semble qu'elle ait compris.

Blaise le regarda de longues secondes. Drago était certain qu'il n'avait pas cru un traître mot de ce qu'il venait de dire, mais son ami se contenta d'hocher la tête.

—Bien, tout le monde au lit alors. Et plus vite que ça.


Bon voilà. Je sais. Toujours pas de réponse pour le café, toujours pas de réponse pour l'épouvantard, toujours pas de bisous, et toujours pas de Crabbe mort. MAIS ! Mais, on assiste au rapprochement de Thaïs et Blaise, qui sont quand même mignons, vous verrez, ainsi qu'à la prise de conscience de Drago : ses actes n'ont pas que des conséquences pour lui, ils en ont aussi pour elle !

La semaine prochaine, retour de tata Bella ! Mais pour quoi ? je vous le demande. Les paris sont ouverts ! Je doute que vous deviniez héhé.

En attendant, n'hésitez pas à commenter, spéculer, aimer et détester ! J'attends vos petits mots avec impatience, je vous dis à la semaine prochaine et en attendant, portez vous bien !