Ohoh ! Déjà le chapitre 9 ! Le temps passe site vite, vous ne trouvez pas ? J'espère que tout va bien pour vous et que vous profitez bien du soleil (entre deux heures de cours…) quoi que, certains d'entre vous sont peut être déjà en vacances :O

Voici le nouveau chapitre, où je vous apporte un peu plus de réponses. Enfin… Au compte goutte ! C'est le retour de notre chère Bellatrix, en espérant qu'elle vous plaise toujours autant !

A côté de ça, je suis en train d'écrire un petit OS que je posterai d'ici peu, un dramione aussi :D

Vous avez été nombreux à lire et à commenter, et comme toujours je vous remercie du fond du cœur. On a d'ailleurs dépassé la barre des 100 reviews ! C'est inespéré pour seulement huit petits chapitre, mais ça, je ne le dois qu'à vous ! Alors mille merci.

LilyOrya : Je rêve ou tu fais toujours partie des premières à commenter ? :D Adorable. En effet, je pense que vous étiez nombreuses à penser que ça irait trop vite, mais non, ce n'était pas pour tout de suite le baiser :P Pour l'identité du mangemort, vous le saurez bien assez tôt, promis ! Merci pour ce commentaire !

ValarMorghulis : Le baiser, le baiser, mais où est le baiser ? Il est pour un autre chapitre ! Je ne pense pas qu'il y aura un Drago jaloux, pour la simple et bonne raison que 'mon' Drago n'est pas ce genre là, dans cette fiction. Mais qui sait… :)

Nadra : Je suis contente que ça te plaise ! Oui, le titre vient sûrement de leur cœur de pierre :P Merci ça me touche parce que j'apporte beaucoup d'importance à l'ambiance.

Leolili : J'avoue, j'avoue, c'était pas le chapitre révélations, mais vous m'aimez comme ça ! je suis contente que ça t'ai plu quand même ! Voici la suite.

Madison2220 : Ahah, j'en étais sûre. J'avoue qu'ils m'emmerdent aussi un peu, mais ils sont nécessaires pour que Drago réalise sa propre histoire. Voici pourquoi Bella est venue, j'espère que ça te plaira ! Enjoy !

Acide'nette : Ah oui clairement, Hermione est dans la merde ! Voici la suite, j'espère qu'elle te plaira, pas de Blaise pour l'instant, mais ça viendra.

PouleauPotter : Aaaaaah mais oui, de qui prend-il la forme ? On se le demande. J'ai bien ma petite idée, mais je vous le dirai plus tard ! Merci pour ta review, voici la suite.

Filet-du-Diable : Oh c'est trop mignon, ton jour préféré, vraiment ? Tu me fais rougir ! Peut être que Bella vient distribuer des bonbons ? :D Voici la suite, dis moi ce que tu en penses.

Mama : C'est un Dramione, c'est pour ça qu'on s'acharne sur Hermione haha sinon ce ne serait pas drôle ! La suite arrive chaque mercredi ,)

MyiaS : Voici la suite, en espérant te rassasier un peu ! (Et je suis ravie que la Couleur de L'E. t'ai plue aussi !)

ElehannDerber : Thaïs sera plus développée, dans le future. Pour l'instant, concentrons nous sur Drago et tata Bella ! Voici la suite, j'espère qu'elle te plaira !

Janedory : Aaah, je suis ravie que ça t'ai plu ! j'espère que la suite sera à la hauteur. Si si je prépare l'oral, mais tant que je ne sais pas si je suis prise à l'écrit, c'est dur de se motiver ! Voici la suite :D

Je remercie Keloush pour sa correction.

Enjoy !


Sa dernière altercation avec Granger avait eu le mérite de faire réfléchir Drago. Ses actions avaient eu des conséquences sur lui mais aussi sur elle, et jusqu'à présent, il n'y avait pas pensé. Peut être que Drago n'était pas connu pour son altruisme, mais à présent qu'il comprenait un peu mieux ce qui se passait autour de lui, il devait admettre que faire souffrir Granger n'avait jamais été dans ses projets – du moins, depuis qu'il était formateur, et futur général de l'armée de Lord Voldemort. Non pas qu'il était devenu particulièrement généreux, ou clément, mais les années avaient fait de lui un autre homme.

L'adolescent capricieux et moqueur avait fait place à l'homme plus mûr et plus réfléchi. Celui qui observe, qui écoute, qui est parfois cruel, certes, mais bien souvent silencieux et calme. Malgré tout ce qui se passait dans sa vie, Drago était celui qu'il avait toujours voulu être. Plus posé, plus serein. Et même si, la nuit venue, la tempête faisait rage dans son esprit tourmenté, il se plaisait à entendre ses recrues dire de lui qu'il était l'un des meilleurs formateurs.

Ces cinq dernières années aux côtés de Voldemort avaient eu le mérite de le changer. Loin de son père autoritaire et de sa mère soumise, il avait évolué autrement. Voldemort ne passait pas ses journées sur son dos comme le faisait autrefois son père et ce dernier avait été bien obligé de traiter son fils comme son égal. Si ce n'était son supérieur. Depuis qu'il était devenu le poulain du Lord, Drago avait vu ses relations avec son père se dégrader de jour en jour. Même si Lucius avait tout fait pour l'éduquer dans l'idéologie Mangemort, il n'avait pas vu d'un très bon œil que son vénéré Maître prenne la place de la figure paternelle dans la vie de son fils unique.

Dès lors, Lucius et Drago n'avaient entretenu que des relations froides. Ils les auraient sans doute voulues cordiales, mais leurs caractères respectifs avaient parfois raison d'eux, et alors, les disputes éclataient dans le clan Malefoy. Drago reprochait à son père sa cruauté et sa stupidité, son obéissance aveugle à Voldemort et sa façon de traiter les Sangs Impurs. Raciste et misogyne à souhait, Lucius n'avait jamais levé la main sur sa femme pour la simple et bonne raison que Drago ne l'aurait jamais permis – et Bellatrix avant lui. Mais Drago n'était pas dupe, il savait qu'à chaque occasion qui se présentait, Lucius se plaisait à avoir la main leste sur les Nés-Moldus, les traîtres à leur sang ou encore les moldus eux-mêmes.

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C'était la journée qui avait été offerte aux recrues gagnantes de l'entraînement intensif. Les sept groupes – sous le regard de Goyle et de Drago – s'étaient vus offrir une grasse matinée, des douches plus longues, un accès libre à la Bibliothèque, ou plutôt à la réserve, puisque la bibliothèque elle-même avait été transformée en dortoir.

Le parc leur était aussi ouvert, mais le blizzard et la tempête de neige qui menaçait avait rebuté même les plus braves d'entre eux.

Après le déjeuner, les recrues libres avaient sorti des jeux de sociétés, récupérés dans les quatre salles communes ainsi que dans des salles de classe désaffectées, et tous s'étaient rassemblés autour d'une seule et même longue table. Granger aussi. Drago était assis au bout de la table, loin des recrues, et observait d'un air absent l'une d'entre elle étendre une table de jeu sous leurs yeux. Parfois son regard se tournait vers Granger, de manière quasi imperceptible. Plus d'une fois, cependant, il aurait juré qu'elle le regardait elle aussi, mais à chaque fois qu'il tournait la tête dans sa direction, elle semblait absorbée par l'énorme roman qu'elle était en train de lire. Elle ne participait pas au jeu. Les autres avaient pris grand soin de l'exclure.

Quand quinze heures sonnèrent, une dizaine d'assiettes, pleines de confiseries et de pâtisseries, apparurent sur la longue table. Avec ça, une tasse de café pour chacune des recrues, ainsi que des verres de jus de citrouille bien frais. Le goûter fut accueilli par des exclamations enthousiastes et Drago vit Granger lever les yeux au ciel. Il la comprenait. Comme pouvaient-ils s'enthousiasmer d'un goûter alors que Poudlard était devenu leur prison ?

Les minutes défilèrent et Drago réalisa tardivement que toutes les recrues avaient bu au moins une fois dans leur tasse de café. C'était étrange, aucun d'entre eux n'avaient pris de jus de citrouille. Peut être que le froid avait eu raison d'eux, mais il était tout de même étrange qu'absolument tout le monde aime ce café au goût pourtant bien particulier. Même Granger venait de reposer sa tasse vide à côté de son livre.

Il ne savait pas encore ce que contenait le café des recrues. Il avait passé la nuit précédente à faire des recherches, mais il n'avait rien trouvé. Tous les livres de la réserve étaient passés, ou du moins, tous ceux qu'il pensait intéressants. Mais il n'avait rien trouvé d'intéressant. Finalement, la seule solution qu'il avait était de faire des expériences lui-même sur la fiole de café qu'il avait. Sans cobaye ni Maître des Potions à portée de main, les expériences risquaient d'être longues et surtout difficiles à mener.

Toujours perdu dans ses pensées, ses yeux glissèrent sur Granger qui s'était installée dans un coin et lisait un énorme bouquin qui, pour une fois, n'était rien d'autre qu'un roman d'aventure. Elle semblait absorbée par ce qu'elle lisait et portait régulièrement une tasse de café brûlant à ses lèvres. En la voyant comme ça, Drago réalisa qu'elle n'était plus celle qu'il avait connu. Granger avait connu la guerre, avait frôlé la mort plus d'une fois, avait subi la vie à Azkaban. Et à présent, elle avait été recrutée pour l'armée de Voldemort.

Est-ce qu'elle le méritait ? Personne ne le méritait vraiment, mais Granger encore moins que les autres. Et la voir avaler ce café qui contenait Merlin sait quoi, ça ne faisait qu'accroître cette sensation d'injustice. Quoi que ça lui en coûte, et même si leurs relations n'étaient pas des plus chaleureuses, Drago décida qu'elle avait le droit de savoir, plus que toute autre recrue.

Il était sur le point de s'avancer dans sa direction et de lui murmurer de ne plus boire ce foutu café, quand…

—Mon cher neveu ! s'exclama une voix derrière-lui.

Cette voix, il la connaissait par cœur. Depuis sa naissance, il l'entendait résonner dans son oreille, tambouriner dans sa tête et lui arracher une vague de frisson à chaque fois. Il se retourna lentement et fut déçu de ne pas s'être trompé. Face à lui, Bellatrix se tenait bien droite, perchée sur ses talons hauts, un sourire cruel sur ses lèvres vermeilles.

—Bellatrix, répondit Drago en se forçant à sourire.

Sa tante n'avait pas choisi le bon moment pour apparaître. Il regretta de ne pas s'être pressé et crispa la mâchoire quand il vit Granger porter une fois de plus sa tasse de café à ses lèvres. Il soupira discrètement avant de s'approcher de Bellatrix et de la toiser du regard, jusqu'à ce qu'elle ne daigne enfin parler.

—Peut être pouvons-nous nous rendre dans un endroit plus… discret.

—Bien sûr.

Drago lui montra d'une main la porte ouverte et la laissa passer devant. Il passa une main dans son dos, s'appliquant à ne pas la toucher, et la dirigea vers la sortie. Ils marchèrent dans les couloirs sans dire un mot, seuls les claquements réguliers de ses talons venaient perturber le silence de glace qui régnait entre eux.

Ils arrivèrent enfin dans ce qui avait été le bureau du professeur McGonagall et où Drago avait pris ses quartiers. Crabbe s'était jeté sur celui de Rogue – et grand bien lui fasse, jamais Drago n'aurait supporté de vivre dans ce cachot humide et moisi. Blaise avait voulu celui de Chourave, pour la simple et bonne raison qu'il se trouvait à côté des dortoirs et qu'il pouvait ainsi aller rendre visite à Thaïs quand il le souhaitait. Enfin, le plus crétin d'entre eux, Goyle, avait hérité de celui de Flitwick, et donc de Serdaigle. Malheureusement, comme pour entrer dans la salle commune de Rowena, Goyle devait répondre à une énigme à chaque fois qu'il voulait entrer dans son bureau, aussi avait-il abandonné l'idée de s'y rendre. Et de toute façon, aussi illettré qu'il l'était, il n'aurait pas trouvé grand intérêt à s'y installer.

Et c'était comme ça que Drago avait pris celui de McGonagall. Le plus vaste – elle avait été la sous-directrice après tout – mais aussi le plus lumineux.

Quand Drago referma la porte derrière sa tante, cette dernière ne se fit pas prier. Elle commença sans préambule.

—Alors Drago, on a été un vilain garçon ?

Ses grands yeux noirs et ses longs cheveux bruns lui donnaient l'air d'une poupée de cirée. Son teint d'albâtre et ses pommettes roses auraient pu faire d'elle une belle femme, mais son sourire figé, presque forcé et son regard pernicieux lui donnaient l'allure d'une folle, tout juste échappée de l'aile psychiatrique de Sainte Mangouste.

Drago resta silencieux. Il la connaissait parfaitement. Elle allait appuyer là où cela faisait le plus mal et elle attendrait que son venin fasse effet sur les nerfs de son neveu. Mais il était bien entraîné : son père, Voldemort, sa tante, tous maîtrisaient l'art de la manipulation, tandis que Drago, lui, était passé maître dans le contrôle de sa personne.

—Les murs ont des oreilles, murmura-t-elle en s'approchant de sa démarche féline, prête à bondir sur sa proie.

—Les murs ? Ou les formateurs ?

—Peut être les deux, sourit-elle en dévoilant des dents grisâtres.

—Tu as l'air de bien t'amuser, ma tante.

—Vincent m'a écrit, tu sais.

—J'ignorai que vous entreteniez une liaison épistolaire.

—Il m'écrit, parfois, quand il trouve le temps, dit-elle avec une mine mauvaise. Mais avec tout le travail qu'il a, entre le sien, et le tien, il a bien du mal à me tenir au courant.

—Le mien ? répéta Drago en crispant les poings dans ses poches. Qu'il fasse le sien convenablement, et je ferai le mien de mon côté.

—Drago… Il m'a dit que…

—Il t'a dit quoi ? la coupa Drago. Il t'a dit qu'il s'amusait à tripoter les filles dans les douches ? Qu'il venait tous les matins aux entraînements avec la gueule de bois ?

Bellatrix ne dit rien. Elle observait son neveu d'un œil perçant et il eut la désagréable sensation qu'elle tentait d'accéder à son esprit. Mais Drago avait été entraîné par le meilleur en légilimancie, Severus lui avait tout appris, et ce n'était certainement pas une garce dans le genre de Bellatrix qui mettrait à mal ses barrières mentales. Elle sembla déçue de son échec et se contenta d'hausser les épaules. Voyant qu'elle n'ajoutait rien, Drago changea de sujet.

—Et tu t'es déplacée jusqu'ici pour me parler uniquement des on-dit ? Tu dois bien t'ennuyer pour n'avoir que ça à faire, déclara Drago avec un petit rictus.

Il en aurait mis sa main à couper, sa tante était là pour autre chose que pour lui parler des rumeurs qui circulaient à Poudlard. Et sans doute ce qu'elle avait à lui dire n'était pas des plus agréables, car elle avait gardé le meilleur pour la fin. Toujours annoncer la mauvaise nouvelle à la fin pour rendre fou son interlocuteur. Et fou, Drago l'était presque. Fou d'impatience, mais aussi d'appréhension. Parce qu'à la manière d'un corbeau, Bellatrix n'apportait jamais de bonnes nouvelles – d'ailleurs, si elle avait été capable d'envoyer un Patronus, Drago était sûr qu'il aurait pris la forme de cet oiseau de malheur.

—En effet, répondit-elle.

Son ton calme annonçait la tempête. Elle le regarda droit dans les yeux et ses lèvres s'étendirent en un sourire mauvais.

—Le Maître souhaite passer Noël en ta compagnie.

Drago sentit ses jambes trembler et il dut se tenir au bord de la table pour ne pas flancher. Non, c'était impossible, songea-t-il. Pas encore !

—Et par passer Noël, il entend t'entraîner.

La précision était inutile. Voldemort ne fêtait jamais Noël. En cinq ans durant lesquels Drago avait vécu sous le même toi que le Seigneur des Ténèbres, jamais ils n'avaient célébrer les fêtes de fin d'année. Parce que c'était une faiblesse que d'aimer quelqu'un au point de lui offrir un présent et que c'était une perte de temps et d'argent – non pas qu'une chose aussi matérielle que l'argent soit réellement important aux yeux de Voldemort.

Alors c'était ça ? Drago allait passer une ou peut être même deux semaines à être entraîné par le Lord ? Son année d'entraînement intensif à Poudlard ne lui suffisait-elle pas ? Car c'était ce qui s'était produit. Au mois de Septembre de l'année précédente, on avait envoyé Drago à Poudlard. Il y avait connu la solitude mais aussi la souffrance. Bellatrix, McNair et Voldemort lui-même s'étaient relayés au fil des semaines pour lui octroyer l'entraînement le plus difficile qui soit.

Mais ce n'était pas le pire. Les courbatures, le manque de sommeil, la faim, toutes ces choses que l'on peut palier par la force de caractère. Le plus difficile, c'étaient les expériences bien sûr. Drago secoua la tête comme pour se changer les idées.

—Des dizaines de mangemorts tueraient pour être à ta place Drago, lui rappela-t-elle sur un ton de menace.

—Je ne me plains pas, rétorque Drago en serrant les dents. Je pensais juste que c'était terminé.

Bellatrix eut un petit rire rauque – ce son n'avait absolument rien de naturel.

—En fait, tu n'as fait que la moitié, Drago. Et la partie la plus facile, sourit-elle.

Drago la regarda de ses yeux pâles. Il affichait le masque d'indifférence qu'il s'était toujours appliqué à porter. A l'intérieur de lui, il était pétrifié par la rage et la peur. Qu'allait lui faire subir Voldemort de pire que ce qu'il avait déjà vécu pendant cette année entière à Poudlard ?

—Bien, je te laisse. J'ai un tas de choses à faire. On se revoit dans deux semaines, le Maître a hâte de retrouver son petit protégé, grimaça-t-elle.

Elle donnait la désagréable sensation que prononcer le mot « protégé » était pour elle un grand supplice. Drago la regarda quitter son bureau sans même prendre la peine de la raccompagner. Pourquoi jouer les gentlemen avec un monstre dans le genre de Bellatrix. Si Voldemort était cruel et mégalo, Bellatrix pouvait se révéler plus dangereuse encore : sa folie et son manque de réflexion faisaient d'elle un être déraisonnable et dénué de toute connexion cérébrale. Quand Voldemort était patient et réfléchi, elle n'était que démence et sadisme. Sans doute était-elle la meilleure arme que le Lord puisse posséder, mais il ne s'en rendait pas compte.

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—Je t'ai vu entrer dans le bureau avec ta tante, murmura Blaise alors qu'ils marchaient dans les couloirs des cachots pour se rendre dans leur ancienne salle commune.

Drago ne répondit pas. Il se contenta d'hausser les épaules d'un air las et de mettre un pied devant l'autre.

—Qu'est-ce qu'elle te voulait ?

—Me donner les instructions du Maître.

Blaise, qui marchait derrière Drago, s'arrêta brutalement. Drago ne réalisa que son ami ne le suivait pas que lorsqu'il n'entendit plus les bruits de pas derrière lui. Il se retourna et trouva Blaise à quelques mètres de lui. Il affichait une mine déconfite et – Drago l'aurait juré – il avait blanchi.

—Et quelles sont-elles, ces instructions ? demanda-t-il d'une voix mal assurée.

—Rien qui ne te concerne Blaise.

Drago savait pertinemment pourquoi Blaise avait réagi de la sorte. Il n'aimait pas Voldemort. Contrairement à Drago, Blaise n'avait pas été élevé dans un idéal Mangemort, où les Sangs-Purs méritent de gouverner le monde. Sa mère, qui avait épousé plus d'hommes qu'elle n'a de doigts sur les deux mains, était une femme vénale, qui avait vite compris que les hommes de pouvoir, étaient souvent les plus riches. Les amalgames et les préjugés avaient fait qu'elle ne s'intéressait qu'aux Sangs-Purs. Son art de la manipulation lui avait permis de vivre bien au-delà de ses moyens et c'était comme ça qu'elle avait demandé à Blaise d'entrer dans les rangs de Voldemort. Parce qu'elle avait eu l'idée – complètement folle – de s'attirer les bonnes grâces du Lord.

Tout le monde savait. Que Voldemort passait parfois la nuit dans les draps satinés de la mère de Blaise, mais jamais personne n'avait osé y faire allusion. Parce que le Lord ne donnait aucune importance à ces désirs charnels, seule sa quête de pouvoir et d'éternité comptait vraiment. Nul ne savait vraiment pourquoi il faisait ça, peut-être qu'il avait conservé quelque part une part d'humanité et que ses besoins d'homme prenaient parfois le dessus.

Blaise n'avait jamais accepté ce qu'il appelait la trahison de sa mère. Mais il avait courbé l'échine, parce qu'il savait, il était conscient qu'en refusant, sa mère courrait un grave danger. Il s'était fait apposer la marque, deux ans après Drago. C'était à ce moment là qu'ils s'étaient retrouvés, comme deux frères qui s'étaient perdus de vue trop longtemps.

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Cela faisait une éternité que Drago n'avait pas autant bu. En fait, cela devait remonter à sa dernière année à Poudlard, pour le nouvel an. Il n'avait pas bu plus d'un verre de temps en temps, depuis. En effet, Voldemort était contre tout ce qui pouvait l'empêcher d'avoir le plein contrôle de sa personne. Alors il avait bu un verre de vin des elfes, une fois de temps en temps, quand la situation s'y prêtait : une bonne nouvelle, un soir de Noël, un anniversaire.

Mais ce soir, Drago s'était laissé emporter par le sucre de l'hydromel et le feu de whisky. Il avait accepté un verre, puis deux puis trois. Après une dizaine, il avait arrêté de compter. Quand l'horloge de la salle commune avait affiché cinq heures du matin, il avait décidé qu'il était temps de se coucher. Il ne pourrait dormir qu'une heure avant que les entraînements ne reprennent et il savait déjà que la gueule de bois ne lui donnerait pas bonne allure. Il demanderait à Blaise de lui lancer un sort avant le début des entraînements.

Il avait oublié la sensation que cela faisait. Cette sensation d'être libre et pourtant trop lourd pour s'envoler. L'impression que rien n'a d'importance et que les responsabilités sont trop lointaines pour s'en préoccuper. L'insouciance. Il avait oublié quel goût elle pouvait avoir. C'était comme un bonbon au miel sur sa langue avide. Il faudrait recommencer, pensa-t-il en se relevant de son fauteuil. C'était le seul moyen qu'il avait trouvé d'oublier. Mais il avait oublié d'oublier. Parce que la peur était toujours présente dans ses veines, à peine maquillée par les grammes d'alcool dans son sang. Dans deux semaines, il lui faudrait retourner auprès de Voldemort pour subir il ne savait quoi.

Mais il savait que ce serait pénible, douloureux même. Peut-être dangereux. Il savait qu'il n'en sortirait pas indemne et qu'il ne serait sans doute plus le même. Parce qu'il n'était jamais resté le même, après chaque expérience, chaque entraînement, il en était certes ressorti plus fort, mais aussi plus meurtri.

Alors il titubait. Les couloirs semblaient faire des vagues et le sol bougeait sous ses pieds. Parfois, la tête lui tournait, des milliers d'étoiles venaient le bercer, mais jamais il ne tombait. Se rattrapant à la paroi humide des couloirs, il sortit enfin des cachots. Derrière lui, il entendit des rires. Sans doute Crabbe et sa pintade, il en aurait mis sa main à couper.

L'alcool ne cessait son ascension dans l'esprit déjà embué de Drago. Quand il déboucha enfin sur le couloir qui menait aux escaliers de marbre, et ensuite à ses appartements, il lui sembla perdre complètement pied. Des étoiles par milliers flottaient sous ses yeux tandis que tout autour de lui semblait sublimé par les ravages de la boisson.

Et ce fut alors qu'elle apparut. Il passait devant les toilettes des dames quand l'ange s'approcha de lui de sa démarche aérienne, presque divine.

Elle était si belle. Ses cheveux bruns étaient comme un halo autour de son visage poupin. Avait-elle toujours eu cette ravissante fossette au menton ? Et qu'en était-il de ces pommettes saillantes ? De cette peau de pêche qui donnait envie à quiconque s'en approchait d'en croquer un bout ? Etait-ce le fameux fruit défendu ? Ses grands yeux noisettes dont la naïve lueur appelait à la luxure faisaient sombrer Drago dans un gouffre abyssal dont il ne semblait vouloir s'échapper.

—Comment t'appelles-tu, bel ange ? Descends-tu du ciel ? murmura-t-il d'une voix douce et admiratrice.

Son expression prêtait à sourire et l'ange ouvrit ses yeux plus grands encore. Était-ce possible que le chocolat liquide dans ses iris donne une faim de loup à Drago ? Sans crier gare, il monta ses deux mains sur les joues de velours de l'ange déchu et plongea ses yeux de saphir dans ceux de l'inconnue.

—Je voudrai te rendre tes ailes, si je le pouvais.

Ses pouces se mirent à caresser doucement le velours de sa peau. Bientôt, ses joues se teintèrent de vermeil et cela ne la rendit que plus délectable encore. C'en était trop pour le cœur bondissant de Drago qui s'approcha lentement et vint poser ses lèvres brûlantes sur celles de son ange gardien. C'était un contact doux et délicat, si sensuel que Drago se sentit frissonner. Mais l'ange, farouche, ne se laissa pas faire. Elle plaqua deux mains puissantes sur son torse et le repoussa avec force. On n'enferme pas un oiseau dans une cage, même d'or.

—Mais qu'est-ce que tu fabriques, Malefoy ? éructa l'ange.

Il n'eut le temps de répondre. Des bruits de pas se firent entendre derrière eux et l'ange s'empara de sa main à la vitesse de l'éclair. Elle le tira jusque dans les toilettes – d'où elle sortait pourtant, et bientôt, les enferma tous les deux dans une des cabines. Drago avait un sourire amusé au bord des lèvres, tandis qu'il entrecroisait ses doigts à ceux de l'ange.

—Bon sang, tu empestes l'alcool, Malefoy. Qu'est-ce que t'as foutu…

—Il fallait oublier, pour ne pas sombrer, souffla Drago.

Ses mots n'avaient ni queue ni tête, mais il semblait si sûr de lui…

—Es-tu venue me délivrer, belle créature ?

—C'est moi qui suis prisonnière, pas toi, grogna-t-elle en levant ses yeux au ciel.

—Veux-tu que nous partions ? Aussi loin que les étoiles, là où personne ne nous trouvera ? Peut être que nous trouverions un petit coin de poésie dans un joli paradis.

La poésie faisait donc partie des talents cachés de Drago Malefoy.

—Tu racontes n'importe quoi, tu es complètement ivre.

—Ivre de tes baisers, beauté.

L'ange soupira, mais ses joues redevinrent roses, et Drago tenta de se rapprocher un peu plus d'elle. Il posa une main à côté de sa tête, contre le mur de la cabine, et son autre vint s'emparer de son menton. Il la regarda droit dans les yeux. Il ne savait pas, qu'au fond de ses iris bleus, on pouvait lire toute la détresse dont il était victime, toute la tristesse emmagasinée depuis des années dans les recoins de son âme si sombre. Mais sans doute l'ange dut s'en rendre compte, car elle leva les bras et vint les poser autour de son cou. Doucement mais sûrement, elle tira Drago doucement contre elle. Leurs lèvres n'étaient qu'à quelques centimètres, mais avant que le baiser ne se concrétise, Drago sentit que quelque chose n'allait pas.

L'ange l'avait repoussé violemment et elle tenait à présent une baguette entre les mains. Si l'alcool n'avait pas convenablement fait son travail, sans doute Drago aurait réalisé qu'il s'agissait de sa propre baguette. L'ange la pointa sur la tête de Drago et murmura quelque chose qu'il ne comprit pas.

Cela lui suffit pourtant. Quand le sortilège le toucha de plein fouet, il sentit son corps s'engourdir plus que jamais. Il avait des fourmis dans tout le corps, jusque dans sa langue, et bientôt ses yeux ne virent plus rien. Le temps d'une seconde, Drago fut privé de son corps, jusqu'à ce que soudain, la vue lui revienne. Plus claire et lucide que jamais. Les fourmis disparurent, à l'instar de l'alcool dans son sang. En deux secondes, Drago était redevenu sobre.

Malheureusement pour lui, la sobriété ne fut pas accompagnée par l'amnésie. Il se souvenait parfaitement de ce qui venait de se passer et de la pseudo-poésie qu'il venait de servir à Granger, sans parler du baiser qu'il avait volé au détour du couloir. Pour la première fois depuis bien longtemps, Drago éprouva une honte cuisante. Il s'écarta de Granger à la vitesse de l'éclair.

—L'alcool ne résout rien, murmura Granger.

Sa voix n'était pas faite de reproches, contrairement à ce qu'avait pu penser Drago. Au contraire, elle était douce et presque… compréhensive. Mais c'était impossible. Elle ne pouvait pas comprendre ce qui lui arrivait, elle ne savait pas qu'il allait vivre deux semaines de tortures et à présent, il l'enviait. Il aurait souhaité n'être qu'un soldat, qu'un pion que l'on oublie au fond de la bataille. Et il lui en voulait d'avoir fait disparaître tous les effets de l'alcool. Parce qu'au moins, le whisky était parvenu à lui faire oublier le temps d'un instant, qu'on l'enverrait très bientôt à l'abattoir.

—Je ne voulais rien résoudre, juste oublier, rétorqua-t-il d'une voix plus sèche qu'il ne l'aurait voulu.

Granger sembla s'en offusquer. Et il la comprenait. Elle lui avait demandé de la laisser tranquille et voilà qu'il arrivait droit vers elle, complètement ivre, et lui chantait ses louanges ? C'en était ridicule. Elle leva la tête d'un air digne, son nez légèrement retroussé, puis tourna les talons lentement. Avant de disparaître à l'angle du couloir, Drago l'entendit déclarer :

—Si tu pouvais oublier d'être stupide, ça ferait des heureux.

Et elle disparut dans la pénombre, laissant Drago seul avec lui-même et avec sa stupidité.


Et voilààààà ! Donc au menu, une tata bella porteuse de mauvaise nouvelle, un Drago qui a peur, un Drago bourré et une Hermione pas très contente. Je tiens à préciser que l'abus d'alcool est mauvais pour la santé, consommez en avec modération :P

Bon, j'avoue à part la raison de la venue de Bella, on est pas plus avancé ! Mais on sait au moins que Drago a connu le calvaire ET qu'il ne veut pas y retourner.

Voilà voilà, j'espère que ça vous a plu malgré tout ! N'hésitez pas à laisser un petit mot. En attendant je vous dis à la semaine prochaine, et portez vous bien .