Et voilà, c'est parti pour le 12ème chapitre, et pas des moindres ! J'ai bien cru que je n'arriverai pas à le finir, mais finalement j'y suis parvenue, et même avec une journée d'avance (on est mardi à l'heure où j'écris). Je sais que certains s'en fichent, mais je veux partager ma joie en vous annonçant JE SUIS ADMISSIBLE AU CAPES D'ANGLAIS ! J'ai eu mes écrits et pars donc à Nantes à la fin du mois pour faire mes oraux ! Je suis excitée comme une puce !

Voici donc le nouveau chapitre ! Au programme, beaucoup beaucoup beaucoup de dramione ! Il était temps, vous allez me dire :P J'espère que ça vous plaira, que vous ne serez pas déçu et/ou mécontent de l'avancement des choses.

Je vous remercie encore et encore pour avoir lu et commenté cette fiction, je suis à chaque fois ravie de vous lire. J'en profite pour vous dire que j'ai édité le chapitre précédent et que j'ai répondu à toutes vos reviews ! D'ailleurs, si vous avez des questions ou quoi que ce soit n'hésitez pas à m'envoyer un petit MP :)

PouleauPotter : Aaaah je suis ravie que ça te plaise ! Mdr je crois qu'on déteste toutes Crabbe, dans cette histoire ! Merci pour ton commentaire, j'espère que la suite te plaira tout autant !

LiliOrya : Il était temps qu'Hermione redevienne elle-même ! Contente que la dernière plaise t'ai plu, et merci pour tes commentaires aussi réguliers !

Leolili : J'ai dû relire mes phrases pour savoir de quoi tu me parlais mdr (shame on me) Drago me fait de la peine en fait. Bref, voici la suite, j'espère que ça te plaira ! et Merci pour tes encouragements pour le capes :D

Guest : Ahah, oui Drago est chou quand même. Et Crabbe n'est pas complètement inutile, faut bien qu'il serve à quelque chose ce pervers :P Merci pour tes doigts croisés, on dirait que ça a marché puisque j'ai eu mes écrits :P

Nadra : Merci !

Mama : Harry est mort, quant aux autres, la fic ne parle pas d'eux tout simplement parce que c'est du point de vue de Drago et qu'il ne sait pas où ils sont, ni vraiment ce qu'ils sont devenus. La suite arrive tous les mercredis !

Molanisa : Oh merci, ça me touche ! Tout le monde déteste Crabbe, on dirait :P Mdrr mais tu es une vraie tyran ! Trois jours sans boire et sans manger, c'est pas assez atroce ? :P

ElehannDerber : Bien vu. Drago est juste jaloux, mais c'est attendrissant non ? Je suis ravie que ça te plaise toujours, et j'espère que ce chapitre te plaira !

Fanny54 : tu deviens une récurrente des reviews ! C'est adorable ! Si tu as aimé le petit bisou, tu vas aimer ce chapitre j'espère ! Merci en tout cas, et j'espère que pour toi aussi le capes s'est bien passé ! Tiens moi au courant :D

Acidenette : Merci pour ton message ! Je suis contente que les dramiones te plaisent, parce que ce chapitre en est plein ! Voici la suite !

Bonne lecture à tous ! Et un énorme merci à Keloush pour sa correction et ses conseils !


—On n'arrive à rien, soupira Drago en refermant un énième bouquin poussiéreux.

Il avait l'impression d'avoir lu tous les livres qui se trouvaient dans cette pièce. L'impression de tourner en rond et de ne parvenir à rien. À chaque fois qu'un livre semblait détenir la réponse, Drago déchantait vite : pas une seule fois il n'avait trouvé de réponse convenable à toutes leurs interrogations. Face à lui, Granger lisait toujours aussi paisiblement. Il s'amusait parfois à la regarder tourner les pages des vieux manuels qu'elle lisait avec autant de précaution que s'il s'agissait d'une relique antique. Cette fille vivait au travers de ces livres, et parfois, elle avait l'air si détendu que Drago en oubliait qu'elle était retenue ici contre son gré.

Quand Drago la sortit de ses lectures, elle leva les yeux et le regarda quelques secondes avant de lui adresser un petit sourire amusé.

—Quoi ? grogna-t-il.

Il affichait une mine sévère mais un petit rictus était né au coin de ses lèvres ce qui – autant le dire – donnait un sacré coup à son autorité. Granger haussa les épaules sans détourner les yeux, tandis que son sourire s'élargissait d'avantage.

—Tu n'es pas patient, souffla-t-elle.

—Si je le suis. Mais j'aime bien obtenir des réponses quand j'en cherche.

—Comme tout le monde, répliqua Granger. Tu n'es juste pas habitué à ne pas obtenir dans l'instant ce que tu réclames.

Sans doute avait-elle raison. Sans doute Drago avait toujours plus ou moins eu ce qu'il voulait sans vraiment demander, mais il s'était toujours plu à dire qu'il était patient, et à présent, la dite patience était mise à rude épreuve.

—Tu sais quoi ? demanda Granger d'un air songeur.

—Quoi ?

—Je pense qu'on ne trouvera jamais rien ici.

Drago fit claquer sa langue contre son palais d'un air condescendant. N'était-ce pas exactement ce qu'il venait de dire ? Mais de toute évidence, quand cela venait de sa propre bouche, Granger trouvait cela tout de suite bien plus brillant. Elle dut remarquer son petit air mauvais car elle referma son livre d'un coup sec et son regard se fit plus dur.

—Mais contrairement à toi, j'ai une autre idée.

—Et bien vas-y, Miss Je-Sais-Tout, tu as toute mon attention.

Le sobriquet fit tiquer Granger mais Drago n'y prêta guère attention. Sans doute vexé de n'avoir lui-même aucune idée à proposer, il était cependant avide de connaître celle de Granger qui, il en était certain, se révèlerait sans doute plus utile que leurs recherches stériles dans la réserve de Poudlard.

—Il faut qu'on fasse des expériences. Il n'y a que comme ça qu'on en saura plus sur ce que contient le café.

Drago haussa un sourcil. Leurs regards se croisèrent assez longtemps pour que chacun se noie dans les iris de l'autre. Ces échanges de regards étaient devenus réguliers. Il ne se passait pas une journée sans qu'ils ne se regardent plus profondément qu'ils ne l'avaient jamais fait. Et Drago de se perdre dans l'immensité mordorée des yeux de Granger. Les avait-elle toujours eu aussi grands et brillants ? Il ne parvenait pas à s'en souvenir.

Des expériences ? Oui, il y avait pensé, mais il devait admettre que sans livre à sa disposition, il n'était pas certain de savoir mener à bien une expérimentation de la sorte.

—Retrouve-moi demain soir aux cachots numéro six.

—Numéro six ? répéta Granger avec un sourire. Ce n'étaient pas les cachots personnels de Rogue, ça ?

Drago eut un petit sourire en coin mais ne répondit pas. À la place, il sortit sa baguette et la pointa contre tous les volumes étendus devant eux. Les livres allèrent se ranger à leur juste place tandis que les deux sorciers se levaient de leur banc.

—Bonne nuit Granger, à demain.

La journée du lendemain parut terriblement longue à Drago. Peut être parce qu'il avait hâte de savoir ce qui se trouvait dans le café des recrues. Peut être parce que les moments passés avec Granger mettaient un peu de chaleur dans sa vie terriblement froide. Peut être un peu des deux.

Et leurs regards qui ne cessaient de se croiser, à la manière de deux aimants, toujours à la recherche de l'autre. Au fil des heures, Drago avait réalisé avec effroi que croiser ce regard qu'il connaissait de mieux en mieux avait le terrible don de l'apaiser. C'était comme un étrange remède à tous ses maux.

—J'espère que Crabbe et Goyle sont aveugles, murmura Blaise lors du déjeuner.

Drago leva les yeux de son assiette pour les poser sur son ami. Ce dernier avait la pénible habitude de parler de manière sibylline, forçant Drago à comprendre le sens caché de ses moments.

—De quoi tu parles, Blaise ? marmonna-t-il.

—Tu le sais très bien.

Bien sûr qu'il le savait. Blaise parlait de lui et de Granger. Et il avait attendu le moment propice pour lui en parler. Crabbe et Goyle n'étaient pas encore rentrés de leurs entraînements respectifs, ils en faisaient voir de toutes les couleurs à leurs recrues.

—Je vois très bien ton petit manège, Drago. Et je ne te reproche absolument rien. Tu es assez grand, pas vrai ?

Drago haussa les épaules.

—Mais ne me fais plus la leçon. C'est clair ?

La voix de Blaise s'était durcie, à l'instar de son regard. Ses yeux habituellement pétillant de bonne humeur avaient perdu de leur chaleur et semblaient lancer des éclairs. Drago se sentit presque courber l'échine. Il n'avait pas l'habitude de faire face à un Blaise aussi autoritaire. Mais sans doute qu'en amour, Blaise ne plaisantait pas.

Drago ne prit pas la peine de répondre. Le message était clair, et de toute façon, Crabbe et Goyle avaient fait leur entrée dans la Grande Salle, leurs recrues éreintées sur leurs talons. La phrase de Blaise eut cependant l'effet escompté et Drago passa le reste de sa journée à penser à la relation qui était en train de se tisser entre lui et Granger. C'était un lien encore ténu et invisible mais qui les rapprochait inexorablement. Et moins Drago luttait contre ça, plus il se sentait vivre.

Il avait compris rapidement que ses petites entrevues avec Granger lui étaient devenues vitales, à la manière de son oxygène, ne serait-ce quelques heures pour s'échapper de la dure réalité et de la fatalité qui l'incombait.

Quand l'heure de rendez-vous arriva ce soir là, Drago ne fut que trop heureux de se diriger d'un pas rapide vers les cachots de l'école. Il s'était procuré un peu plus tôt dans la soirée le jeu de clefs qui permettait d'accéder aux cachots numéro six, les cachots privés de Rogue, où il trouverait – il en était certain – tous les instruments et ingrédients nécessaires à leurs expériences. Quand Drago arriva devant la porte de bois barrée de fer, Granger était déjà là. Adossée contre la paroi humide des sous-sols, elle attendait patiemment, les yeux rivés sur le couloir, sans doute à l'affût du moindre bruit suspect.

—Personne ne t'a vu venir ici ? demanda Drago qui connaissait déjà la réponse.

Pour réplique, Granger se contenta de renifler d'un air dédaigneux. Était-ce l'insulter que d'insinuer qu'elle aurait pu se faire prendre ? Drago se sentit frissonner. Il ne préférait même pas imaginer ce que Crabbe avait réservé aux étudiants aventuriers qui oseraient quitter leur dortoir en dehors des heures autorisées. Sûrement quelque chose de très douloureux et de sanguinolent de préférence.

Drago s'approcha de la porte et inséra une clef d'argent dans le verrou rouillé. Trois cliquetis plus tard, la porte s'ouvrait sous leurs yeux avides, à la manière d'une caverne d'Ali Baba, d'un Atlantis perdu vingt mille lieues sous les mers, ou d'un Walhalla inespéré.

Sur de trop nombreuses étagères, des centaines – peut être même des milliers – de bocaux s'accumulaient, renfermant de drôles d'ingrédients aux tons bigarrés, parfois au milieu de formol, parfois flottant dans l'air, comme par magie.

—Wow, murmura Granger qui s'était avancée à côté de Drago.

Elle aussi admirait tout ce qui se trouvait autour d'elle. Si avec ça, ils ne trouvaient pas ce qu'ils étaient venus chercher, alors sans doute ne trouveraient-ils jamais, songea Drago. Il referma la porte derrière eux et prit soin de la verrouiller à double tour.

—C'est parti.

Drago sortit les échantillons de café qu'il avait pris soin d'emporter avec lui. D'une part, le café vierge des formateurs, et d'autre part celui, souillé, des recrues. Il les posa sur un petit guéridon à côté d'un des chaudrons et se tourna vers Granger qui s'était approchée d'un magnifique chaudron de cuivre.

—Magnifique, souffla-t-elle.

Drago comprenait ce qu'elle voulait dire. Le récipient brillait comme s'il avait été lustré la veille, alors qu'il n'avait pas été utilisé depuis des années. Sur le rebord, de petits motifs celtiques avaient été taillés avec finesse et élégance, tandis que tout en bas, un nom y avait été taillé : Severus Rogue.

Si leur ancien maître des potions savait ça. S'il savait que Drago et Granger s'étaient alliés et étaient sur le point d'utiliser l'un de ses précieux chaudrons. Sans doute aurait-il fait une attaque. Encore aurait-il fallu qu'il ne soit pas mort. A cette pensée, la gorge de Drago se serra. Le Seigneur des Ténèbres, en apprenant sa traîtrise, n'avait pas hésité une seule seconde à le tuer. Pourtant, il avait été un véritable mentor pour Drago, et jamais il n'était parvenu à le haïr comme on lui avait demandé de le faire.

—Vide le café des recrues dans le chaudron, murmura Granger en le tirant de ses pensées.

Drago s'exécuta. Ce n'était que quelques gouttes mais Drago aurait juré qu'une minuscule volute de fumée s'était échappée du liquide lorsqu'il était entré en contact avec le cuivre. Derrière lui, Granger s'affairait déjà. Elle s'était approchée des étagères et avait déjà plusieurs bocaux dans les bras. Elle marmonnait pour elle-même et Drago se surprit à sourire en la voyant faire.

Et ils se mirent à l'œuvre. Granger avait apporté toutes les notes qu'elle avait prises au cours de leurs recherches à la réserve. Drago se demanda où elle les cachait toute la journée, pour s'assurer que personne ne les trouve. Il n'eut pas le temps de poser la question cependant car Granger avait déjà commencé à vider le contenu de plusieurs bocaux dans le grand chaudron.

C'était la première fois que Drago faisait une potion à quatre mains. Habituellement, son caractère d'enfant unique et individualiste lui faisait tenir tête à ses enseignants d'antan, qui finissaient toujours par accepter qu'il travaille seul. Pourtant, il dut accepter l'idée que cela n'était pas si désagréable. C'était comme si Granger et lui étaient connectés autour d'une même idée. Leurs mains s'activaient naturellement au dessus du chaudron. En la voyant faire, Drago avait l'impression de savoir lui aussi quoi faire. Parfois, ils relisaient les notes de Granger, et d'autres fois ils se remémoraient les cours du Professeur Rogue.

Ils s'activaient en silence. Pourtant, à chaque fois que leurs mains se frôlaient ou que leurs regards se croisaient, l'atmosphère semblait se charger d'électricité. Drago en était même venu à baisser les yeux pour éviter de croiser ceux d'Hermione. C'en était terriblement déstabilisant.

—Tu peux attraper la poudre d'amiante, s'il te plaît, souffla Granger, concentrée sur le nombre de tours qu'elle devait effectuer dans le sens contraire des aiguilles d'une montre.

Drago contourna le chaudron et se dirigea vers l'étagère qui se trouvait juste derrière Granger. Ses yeux glissèrent sur les étiquettes qui ornaient les bocaux de verres, jusqu'à ce qu'il ne trouve la poudre d'amiante et ne s'en empare d'un geste vif. Il se retourna et fut surpris de se trouver aussi près de Granger. Deux mètres les séparaient, pourtant, Drago pouvait sentir le parfum doux et légèrement fruité de Granger. Sans s'en rendre compte, il ferma les yeux quelques secondes pour s'enivrer de ce parfum si délicat.

Il tendit alors le bras au dessus de l'épaule de Granger pour lui tendre l'amiante, et celle-ci sursauta légèrement, avant de s'en emparer. Sans doute ne s'attendait-elle pas à ce qu'il ne reprenne pas sa place, et bientôt, elle put sentir le souffle chaud de Drago sur son épaule. Il s'était approché doucement, sans geste brusque, et il se tenait là, à seulement quelques centimètres d'elle.

Il la vit déboucher le bocal et prendre une pincée d'amiante entre ses doigts oblongs. Et juste avant qu'elle ne lâche la poudre, il vit aussi cette toute petite étincelle. Si petite qu'elle aurait pu être totalement insignifiante. Et pourtant…

Quand la poudre entra en contact avec le mélange, Drago eut tout juste le temps de pousser Hermione sur le sol, le plus loin possible du chaudron qui explosa. Son intuition, son habitude des potions, ou tout simplement la chance, lui avait permis d'être assez réactif, si bien que ni lui, ni Granger ne furent éclaboussés par le mélange.

Le souffle de l'explosion les avait tous les deux fait tomber sur le sol dur et froid du cachot, si bien que Drago se retrouva bientôt au dessus du corps de Granger. Celle-ci paraissait sonnée.

—Hermione ? Ça va ? murmura Drago d'une voix douce.

Le prénom roula sur sa langue avec un goût aussi sucré que l'était son parfum.

Granger ne répondit pas immédiatement. Elle porta une main à sa tête et vérifia qu'elle ne saignait pas. Sans doute hériterait-elle d'une énorme bosse, mais au moins, elle ne s'était brisé aucun os. Ses yeux marron se tournèrent enfin vers Drago et elle le regarda avec un petit sourire malicieux.

—Il faudra noter que l'amiante et le café ne font pas bon ménage.

Drago eut un petit rire rauque.

—C'est donc vrai, Drago Malefoy sait rire ?

Drago leva les yeux au ciel et était sur le point de se relever lorsque Granger posa ses deux mains sur ses avant-bras. Ce contact si doux et inattendu lui arracha une vague de frisson et eut le mérite de suspendre son geste. Encore une fois, leurs regards se croisèrent. Et ce fut fini.

C'en fut fini de toute la résistance avec laquelle Drago s'était battu pour se sortir cette idée de la tête, c'en fut fini de l'électricité qui flottait dans l'air, c'en fut fini des effleurements, des non-dits, et des regards longs et brûlants. Sans un traître mot, Granger se redressa juste assez pour parcourir les quelques centimètres qui les séparaient.

Leurs lèvres se touchèrent avec douceur, de façon assez subtile pour leur laisser le temps de s'apprivoiser. Ce n'était pourtant pas la première fois qu'elles se touchaient. Drago avait tenté d'embrasser Granger quelques semaines auparavant alors qu'il était complètement ivre. Mais cette fois-ci, tout était différent.

C'était différent, parce que c'était elle qui l'avait embrassé et parce qu'il n'avait pas bu. C'était différent parce que c'était la première fois que l'atmosphère avait été si tendue et électrique. C'était différent parce que tous les deux le désiraient vraiment. Et quand il fut certain que ce baiser était lourd de signification, leurs lèvres jusqu'alors timides et pudiques, se livrèrent à la lubricité.

Les mains de Drago, de chaque côté de la tête de Granger, étaient le seul soutien qu'il avait pour ne pas tomber sur elle, mais c'était suffisant pour laisser leurs corps s'effleurer d'un air alangui. Leurs langues se trouvèrent avec une facilité déconcertante, et bientôt, les mains fébriles de Granger vinrent se glisser dans les cheveux d'or de Drago. Ce contact acheva de le faire frissonner de tout son être.

Et ses lèvres n'en finissaient plus d'effleurer, de mordre, de sucer. Celles de Granger étaient rouges et gonflées par le désir, tandis que le reste de son corps ondulait sous Drago. C'était comme s'ils avaient attendu ce moment depuis de trop longues semaines, comme s'ils ne répondaient plus de leur corps et qu'ils n'étaient alors que les victimes d'une passion insensée.

Et sans doute Drago serait allé plus loin, sans doute aurait-il passé ses mains sur la peau d'albâtre de la belle Hermione si une étrange odeur de brûlé n'était pas venue s'immiscer entre eux. Granger dut le sentir aussi car tous deux rompirent le baiser au même instant. Leurs yeux se lâchèrent difficilement et se posèrent sur le chaudron de cuivre qui n'avait pas une seule égratignure mais qui continuait de fumer de manière inquiétante.

Drago se redressa et s'empara de sa baguette avec rapidité avant de la pointer sur le chaudron et de murmurer un sortilège d'eau. Le début d'incendie fut avorté dans l'œuf et bientôt la fumée s'amenuisa jusqu'à disparaître entièrement.

Granger s'était levée, elle aussi, et regardait le chaudron d'un air émerveillé.

—Pas une seule éraflure, s'exclama-t-elle. Une explosion, ce n'est pas rien. Et pourtant, regarde.

Elle fit glisser ses longs doigts sur le cuivre qui brillait comme au premier jour.

—Fascinant.

Drago eut un petit sourire amusé, qu'il cacha en se détournant de Granger. Cette fille était complètement folle. Elle aurait tout aussi bien pu mourir de cette explosion, mais plutôt que de s'estimer heureuse d'être toujours vivante, elle préférait s'extasier devant un chaudron magique qui avait résisté à une explosion. C'était elle, qui était fascinante, pas ce foutu chaudron, songea Drago en levant les yeux au ciel.

Mais une fois le soulagement d'être encore vivants, et la fascination de Granger pour le chaudron, passés, ce qui venait de se produire refit surface dans leur esprit. Ils venaient de s'embrasser. Et pis encore, il ne s'agissait pas d'un baiser volé à l'imprévu, ou encore de quelque chose de chaste, ou d'amical. Non, ils avaient partagé un véritable baiser, empli de passion, de volupté et d'envie. Qui sait ce qu'ils seraient en train de faire à l'heure actuelle s'ils n'avaient pas été dérangés par cette odeur de brûlé ?

Leurs regards se croisèrent un bref instant, Drago retint son souffle. Il attendait qu'elle parle mais elle ne semblait pas sur le point de le faire. Il enfonça ses mains dans ses poches d'un air nonchalant et s'apprêtait à parler quand elle brisa le silence gênant qui s'était installé.

—Il serait peut être préférable de sauter le moment de gêne qui suit généralement ce genre de situation, murmura-t-elle d'un air qu'elle voulait détaché.

Drago esquissa un petit sourire en coin.

—Je te gêne Granger ?

—Tu aimerais bien, riposta-t-elle avec un air de défi.

Drago se passa une main dans les cheveux. Cette fille le déstabilisait, c'en était rageant. Granger s'approcha de lui et posa une main sur son torse. C'était si étrange et pourtant si naturel que Drago la laissa faire. Elle plongea ses grands yeux dans les siens et lui adressa un sourire si doux, si fragile que Drago éprouva l'envie quasi irrépressible de la serrer dans ses bras. Mais pour faire quoi ? Et pour lui dire quoi ? Qu'il était désolé qu'elle ait à subir ça ? Après tout, ils n'étaient pas dans le même camp, alors à quoi bon ?

Ils passèrent le reste de la semaine à chercher, encore et toujours. Tous les soirs, ils se retrouvaient dans le cachot numéro six, et tous les soirs, ils ajoutaient des ingrédients à leur échantillon de café. Le but était de retrouver le goût exact, et après cela, comprendre l'effet exact des ingrédients. Peut être même trouver le nom de la potion. Chaque soir, ils se rapprochaient un peu plus du goût et de la vérité.

Le dernier soir de la semaine, ils terminèrent leurs expériences à trois heures du matin. Ils étaient fatigués de leur longue semaine et de plus en plus frustrés de ne pas parvenir à leur but.

—J'ai l'impression que l'on n'y arrivera jamais, soupira Granger en rangea le dernier bocal qu'ils avaient sorti.

—On a le temps, on finira bien par trouver.

Il avait ce besoin presque vital de la rassurer. Drago avait en effet la désagréable impression que si Granger perdait espoir, alors lui-même ne pourrait pas continuer d'y croire. Il soupira une dernière fois avant de remettre le chaudron de cuivre à sa place, puis alla s'asseoir sur une petite table qui se trouvait dans un coin de la salle. Il avait pris avec lui un sac dans lequel deux choppes de bièraubeurre n'attendaient qu'eux.

—Tiens Granger, tu l'as bien mérité.

Celle-ci eut un petit sourire et vint s'asseoir à côté de lui. Leurs épaules se frôlèrent, et Drago, tout en buvant sa bière, ne put s'empêcher de repenser au baiser qu'ils avaient échangés. Il ne s'était plus rien passé de tel depuis ce jour-là, pourtant, à chaque fois qu'ils se regardaient, Drago pouvait voir briller ce souvenir dans ses iris noisettes.

—Tu pourrais m'aider, Drago…

Sa voix n'avait été qu'un murmure, pourtant, il l'avait entendu. Il l'avait entendu parce que ce ton si doux, et pourtant si faible, ne présageait rien de bon. Il l'avait entendu parce qu'elle l'avait appelé par son prénom pour la première fois de sa vie. Il l'avait entendu parce que l'atmosphère s'était tendue au moment même où elle avait parlé.

— À fuir, ajouta-t-elle sans oser le regarder.

Drago se tendit. Il aurait dû s'y attendre.

—Alors c'est pour ça ? cracha-t-il en la dévisageant. C'est pour ça que tu m'as embrassé ? Tu espérais qu'en me faisant les yeux doux, je t'aiderais à t'échapper ?

Granger le regarda sans un mot. Elle ne nia pas. Mais n'avoua rien non plus. Elle se contenta de le regarder d'un air triste, les yeux brillants. De larmes ? Sans doute. De colère ? Aussi. Elle posa sa choppe de bière sur la table et se laissa glisser à terre. Quand elle fut enfin debout, elle se dirigea vers la porte et s'apprêta à la franchir. Avant de disparaître dans les méandres de Poudlard cependant, elle se retourna et jeta un regard peiné en direction de Drago.

—Si ça t'arrange de le croire, alors crois-y.

Et elle était partie.

Drago aurait juré avoir entendu un sanglot au milieu de la nuit mais il n'était pas allé vérifier. Il n'y était pas allé parce qu'il était vexé et aussi blessé. Un bref instant il avait cru que peut être, Granger l'avait embrassé parce qu'elle avait éprouvé le besoin, l'envie et le désir de le faire. Parce qu'ils avaient changé tous les deux, qu'ils n'étaient plus les adolescents qu'ils avaient été autrefois. Mais il avait compris.

Et cela faisait d'autant plus mal de savoir que pour la première fois depuis longtemps il avait été sincère alors qu'elle ne faisait que le manipuler. C'était douloureux mais c'était tout aussi stupide d'avoir cru qu'elle aurait pu s'intéresser à son bourreau. Celui qui ne l'avait jamais respectée, qui l'avait insultée, qui l'avait blessée. Celui qui la retenait dans ce château contre son gré, celui qui n'était autre que le poulain de celui contre qui elle se battait.

Il était ridicule.

Rageur, Drago quitta le cachot à son tour, laissant derrière lui les deux choppes à moitié pleines. Il ferma la porte à clef et se dirigea jusqu'à ses appartements. Il ne se laisserait plus avoir, pas deux fois. Cela lui avait servi de leçon. Du moins il l'espérait.

Enfermé dans son mutisme, Drago n'adressa pas un seul mot, ni même un seul regard à Granger les deux jours qui suivirent. Il se déchaîna contre ses recrues, les faisant travailler plus dur que d'habitude, il était intransigeant avec elles. Il ne mangea pas à la Grande Salle avec les autres, et quand la journée s'acheva, il se contenta de rejoindre ses appartements. Il ne voulait plus voir personne. Blessé dans son égo, mais aussi dans son âme, Drago se promit de se forger une carapace plus solide encore.

Et cette carapace allait être mise à rude épreuve la seconde suivante.

Trois petits coups discrets furent tapés contre le bois de sa porte. Drago n'alla pas ouvrir mais il réalisa que l'intrus ne semblait pas prêt à abandonner : en effet, moins Drago répondait et plus les coups portés sur la porte résonnaient dans les couloirs. Las, il décida de se lever et d'aller ouvrir, peut être trouverait-il un bon bouc-émissaire pour soulager sa colère. Mais quelle fut sa surprise quand il se retrouva nez à nez avec Granger.

Il ne lui laissa même pas le temps de parler.

—Dégage, grogna-t-il.

—Ecoute, Drago, je…

—Dégage, répéta-t-il.

—Non, il faut que tu m'écoutes. Tu ne m'as pas laissé finir la dernière fois. On pourrait s'enfuir tous les deux et…

Elle posa une main délicate sur la joue de Drago. Celui-ci ferma les yeux, juste assez pour profiter de ce moment de douceur, de cette éclaircie au milieu d'un monde si sombre, mais quand il les rouvrit, il affichait son masque d'indifférence. Il s'empara du poignet frêle de Granger et retira sa main de sa joue.

—Granger, va te coucher, avant que je ne te dénonce au Maître.

Les yeux de Granger brillaient de larmes. Elle retira sa main de l'emprise de Drago d'un coup sec et le regarda de ses yeux tristes et vitreux.

—Pour moi, ce baiser n'était pas rien.

Drago serra les dents. Sa mâchoire se crispa et il détourna les yeux de ce spectacle douloureux.

—Va-t-en, souffla-t-il.

Et elle s'exécuta. Elle tourna les talons et partit d'un pas lent, la tête baissée. Drago la regarda marcher jusqu'à ce que sa silhouette disparaisse finalement au détour d'un couloir. Son cœur s'était serré dans sa poitrine mais la rage qu'il éprouvait était telle qu'il ne parvint pas à s'en vouloir d'avoir était aussi méchant avec elle. Il était sur le point de rentrer dans sa chambre quand il entendit quelqu'un applaudir juste à côté de lui. Caché dans l'ombre et sans doute aussi par un sortilège de désillusion, Blaise s'approcha à grands pas de son ami et vint se planter devant lui.

—Bravo mon gars, je n'avais jamais vu quelqu'un d'aussi insensible.

—Dégage Blaise, je suis pas d'humeur.

—C'est ce que je viens de voir. Elle te suppliait presque à genoux de l'écouter, et toi, tu n'as même pas eu un regard pour elle.

Drago resta silencieux.

—La question est : qu'a-t-elle bien pu faire pour s'attirer tes foudres ? Il y a encore trois jours de ça, vous passiez votre temps à vous lancer des regards de braise et voilà qu'elle est devenue persona non grata ? Intriguant, n'est-ce pas ?

Blaise pointa alors un doigt sur le torse de Drago et l'enfonça aussi fort que possible dans son sternum.

—Je vais te dire un truc. Et je te le dis en tant qu'ami, Drago. Il est grand temps de vivre ta vie. Et ne me parle pas du Maître parce que je sais ce que tu en penses. Sans parler de ton père que tu hais encore plus que le Seigneur des Ténèbres. Alors Drago, écoute-moi bien : cette fille te propose de fuir avec elle, je ne comprends même pas que tu sois encore là, sous mes yeux. Je ne veux pas savoir ce qui s'est passé. Je m'en contrefous, Drago. Mais crois-moi, je ne t'ai jamais vu aussi heureux que depuis que tu traînes avec elle. Alors si c'est ce qu'il te faut pour vivre ta vie, vas-y. Il est temps de vivre pour toi, il est temps de te laisser aller et de ne pas t'enfermer dans ta tour d'ivoire. Fais-moi plaisir, si Granger daigne encore t'adresser la parole après ce que tu viens de lui dire – même si j'en doute – fais un effort et sois gentil.


ALOOOOOORS ? C'était so dramione non ? Alors dites moi ce que vous en avez pensé, est-ce que vous trouvez que je vais trop vite ? Je me suis posée la question, mais vraiment là je ne voyais pas comment faire autrement. J'espère que l'intervention de Blaise n'est pas malvenue, mais je vois comme un petit ange gardien qui ne veut que le bien de Drago.

J'espère que vous n'avez pas été déçus, et que ça vous a plu, surtout, s'il vous plaît, dites moi ce que vous en avez pensé ! Sur ce je vous embrasse et vous dis à mercredi prochain. En attendant, portez-vous bien !