Le 13ème chapitre a été… Je viens de l'écrire d'une seule traite. Je n'ai pas eu une minute à moi cette semaine, avec toutes mes révisions, mais aussi le soleil, mes cours à domicile et ma vie sociale. J'ai donc pris tout mon après-midi rien que pour vous et m'assurer d'être dans les temps pour poster ce nouveau chapitre !

Vous avez été très nombreux cette semaine à commenter, mais aussi particulièrement nombreux à ajouter en favori/follow Les Soldats de Marbre. D'ailleurs, j'aimerai rappeler aux personnes qui follow/favoritent que vous pouvez laisser un petit commentaire, juste histoire de me donner votre avis. Pas forcément à chaque chapitre, mais une fois de temps en temps, ça met du baume au cœur.

En tout cas, je remercie de tout mon cœur ceux qui postent des commentaires, qui sont au rendez-vous et qui font vivre cette fiction !

Pouleau-Potter : Oui il est con ! Mais on l'aime quand même ! Merci pour tes encouragements, et j'espère que ce chapitre te plaira !

AddictDoctorWho : Ah je suis ravie que tu aimes ! Mais si Drago partait, ce serait fini :P Or, il reste encore plein de chapitres à écrire !

Acidenette : Je suis contente que tu ne trouves pas ça trop rapide ! Drago est né pour jouer au con, mais on l'aime quand même ! J'espère que ce chapitre te plaira tout autant !

Magoo : Merci pour ton commentaire, c'est adorable !

Elorah : Merci de me donner ton avis, je suis enchantée que tu ne trouves pas ça trop rapide ! Oui Blaise est un peu un pilier pour Drago ! Merci en tout cas, voici la suite !

Nadra : Ahah, ravie que ça t'ai plu !

Filet-du-Fiable : C'est vrai, pourquoi il a tout gaché hein ? Mdr pour vous tenir en haleine, mes coco ! Ravie que ça te plaise, voici la suite, j'espère que ça te plaira !

Madison2220 : Oh oui, merci Blaise haha. Drago aurait pu partir, mais il ne se sent pas encore prêt, et ses chaines magiques l'empêchent de trahir Voldemort !

Leolili : Merci pour ton commentaire, je trouve que tu as parfaitement analyser la situation ! Trop de changement, ça rend Drago con mdr.

Caella : Merci, je suis ravie que tu aimes !

Liliorya : L'important n'est pas d'être première, mais de donner ton avis, et je t'en remercie encore et encore ! Voici la suite, j'espère que ça te plaira !

Tulusito : Oui, c'est une mode mdr. J'espère que tu ne seras pas déçue, mais sache en tout cas que tout n'ira pas très vite ! Voici la suite, n'hésite pas à me dire ce que t'en penses.

Family-business : Oh, c'est un joli compliment. Je suis ravie que ça te plaise ! Ouais, Blaise gère la fougère mdr. Bien sur que ça va s'arranger, c'est une dramione après tout ! Aaaah, le café, vous verrez bien ! Voici la suite, j'espère qu'elle te plaira !

Bonne lecture.


C'était une étrange sensation que de se sentir coupable. Jamais Drago ne l'avait ressenti de manière aussi forte. Ou peut être ne l'avait-il jamais ressenti tout court ? Tout enfant unique et capricieux qu'il était, il ne parvenait pas à se souvenir de s'être un jour senti coupable de quoi que ce soit. Pourtant, c'était le cas, à cet instant présent. Après le départ de Granger et le discours moralisateur de Blaise, Drago n'avait pas dormi de la nuit, se retournant dans ses draps à la recherche de la fatigue et de la somnolence. Mais au lieu de cela à chaque fois qu'il osait fermer les yeux, il ne voyait rien d'autre que les larmes salées de Granger qui ruisselaient sur son visage fatigué. Être à l'origine de ces larmes était d'autant plus douloureux qu'il aurait pu les éviter. Toute la nuit, Drago s'était demandé ce qui l'avait retenu. Pourquoi il n'avait pas tout simplement accepté de s'enfuir avec elle ? Après tout, même si elle l'avait manipulé, c'était son souhait le plus secret que d'échapper à cette guerre, à cette situation et à ces chaînes qui entravaient chacun de ses mouvements.

Au lieu de ça, il n'avait rien trouvé à dire que « Dégage ». Le mot résonnait dans sa tête depuis le départ de Granger. Un seul et unique mot, incisif, violent, définitif. Douloureux à entendre, douloureux à prononcer aussi.

Drago pensait s'être torturé assez, et naïvement, il pensait qu'en reprenant les entraînements, tout ce déroulerait sans accroche. Mais il avait tort. La journée du lendemain fut pis encore que la nuit qu'il venait de passer. Si les recrues avaient toutes fait des efforts remarquables, autant en endurance qu'en docilité, il en restait une qui avait décidé de l'ignorer délibérément. Granger ne le regardait jamais, quand il parlait, elle rivait ses yeux sur un point invisible au dessus de sa tête ou à côté de lui. Elle ne laissait rien paraître, et pas une seule fois Drago ne parvint à deviner si elle avait entendu ses ordres ou pas.

Elle était complètement impassible. Et ça rendait Drago fou de rage. Parce que l'indifférence était plus douloureuse que la colère. Depuis sa naissance, il avait appris à gérer les crises de colère des autres, celles de son père tyran ou de sa mère trop fragile.

—Granger, j'ai dis pas groupe de deux, grogna Drago en passant à côté d'elle.

Alors que l'entraînement physique portait ce jour là sur la corde à sauter, un excellent moyen de muscler de nombreux muscles et enseigner la discipline, Granger sautait seule, dans son coin, concentrée sur le nombre de sauts qu'elle enchaînait.

—Je te parle, Granger, ajouta Drago en s'approchant d'un air menaçant.

Mais elle se mura dans son silence, sans jamais croiser son regard, accélérant la cadence, comme si personne ne lui avait jamais adressé la parole. Heureusement pour elle – mais aussi pour Drago – toutes les recrues étaient éparpillées sur le vaste terrain de Quidditch, si bien que personne n'entendit leur petit entretien, ou plutôt le monologue de Drago face à une statue de marbre. Encore perturbé par ce qui s'était passé la veille, Drago ne sut se résoudre à punir Granger – comme il l'aurait fait à toute autre recrue ayant ignoré ses ordres. Pouvait-il punir celle qu'il avait embrassée, puis qu'il avait fait pleurer ? il ne s'en sentait pas la force.

Le soir venu, Drago se réfugia dans ses appartements, trop heureux que la journée s'achève enfin. Occupé à définir les emplois du temps des semaines à venir – les semaines durant les quelles il serait au manoir des Jedusor – il n'entendit pas les quelques coups que l'on frappa à sa porte. Ce ne fut que lorsque Blaise apparut dans l'encadrement de la porte que Drago leva les yeux de son parchemin.

—Il faut que tu rendes un service, vieux, murmura Blaise en entrant – sans y être invité – et en prenant soin de refermer la porte derrière lui.

—Si tu veux que je fasse ta ronde, tu te fourres le doigt dans l'œil.

L'expression de Blaise en disait long sur ses intentions : il voulait en effet que Drago le prenne sa place. Ce dernier n'était pas complètement stupide, ni même naïf, et il se doutait bien que ce service avait un rapport avec une certaine Thaïs.

—Je te le revaudrai.

—Je n'ai pas dit oui, grogna Drago.

—Non, mais tu vas le faire.

—Tiens donc ? Et pourquoi ça ?

—Parce qu'en échange, je prends toutes tes rondes du mois de janvier.

Drago leva les yeux au ciel. C'était tentant. Une seule ronde en échange d'un mois de répit ? Il fallait être stupide pour refuser une telle opportunité. Le visage de Drago se décrispa et perdit légèrement son masque d'indifférence, au profit de son intérêt certain pour cette négociation. Blaise s'engouffra dans la faille.

—Entre potes, on peut bien se rendre service.

—Tout le mois de janvier, hm ? répéta Drago en croisant les bras.

—Tout le mois de janvier, acquiesça Blaise avec un demi-sourire. Pense à toutes ces nuits d'hiver que tu pourrais faire dans ton lit et non pas dans les couloirs givrés de Poudlard.

Drago eut un petit sourire amusé.

—C'est bon, souffla-t-il en se levant.

Blaise lui assena une grande claque dans le dos et se faufila hors de la chambre. Drago resta seul quelques secondes, avant d'enfiler sa veste et de s'engouffrer à son tour dans les couloirs de Poudlard. Il faisait un froid de canard, mais il savait que ce n'était rien comparé au mois de Janvier.

Drago patrouilla une bonne partie de la nuit sans jamais rien trouver d'intéressant. Contrairement à l'époque de Poudlard, les recrues ne se sentaient pas l'âme assez vaillante pour parcourir les couloirs de la prison qu'était devenue l'école. Persuadé qu'il n'y aurait rien à voir jusqu'à ce que le jour se lève, Drago décida d'achever sa ronde dans les dortoirs, où régnait un silence de plomb. Parfois, on pouvait entendre un ronflement, ou bien quelques mots incompréhensibles murmurés au milieu de la nuit, mais les recrues étaient toutes bien trop fatiguées pour tenir des réunions secrètes en plein milieu de la nuit.

Serpentant entre les lits, Drago jetait de brefs coups d'œil aux recrues endormies. Peut être inconsciemment, ses pas le guidèrent jusqu'au couchage de Granger. Elle dormait paisiblement. Ses traits, la journée tendus et sévères, s'étaient assouplis et lui donnaient l'air d'une petite fille. Les vilaines rides d'inquiétudes ne zébraient plus son visage poupin, et son souffle lent et régulier lui donnait l'air apaisée, l'air d'une jeune femme que la guerre n'avait pas totalement détruite.

Doucement, Drago tendit le bras et vint toucher du bout des doigts la joue à la peau de pêche de la jeune femme. Sa main frôlait sa peau de manière si légère qu'il ne fut pas surpris de voir qu'elle restait résolument endormie. C'était une belle image qui se tenait devant lui, et Drago se reprit à espérer. Et c'était sans doute la pire des choses qui pouvait lui arriver, car l'espoir, dans ce monde de dictature, n'était pas plus tolérée que la trahison.

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Le week end suivant, le dernier avant le départ de Drago, il se mit à neiger plus qu'il n'avait jamais neigé à Poudlard. D'énormes flocons tombaient mollement sur le sol déjà recouvert de son épais manteau de neige, laissant les recrues rêveuses mais aussi nostalgiques des batailles de neige qu'elles faisaient autrefois, dans un monde où rire et s'amuser n'étaient pas interdit.

Drago, quant à lui, n'avait pas le cœur à rire. Sa tante leur avait fait parvenir une missive, lui disant qu'elle serait là pour le dîner, et qu'ils feraient tout aussi bien de lui réserver une place à leur table. Elle devait leur parler. Et malheureusement pour eux, les discours de Bellatrix n'étaient jamais de ceux que l'on acclame ou que l'ont garde en mémoire pour la postérité.

—Comme je suis heureuse de vous voir les garçons, s'était-elle exclamée dès son arrivée à Poudlard.

Sa joie n'était partagée que par Crabbe et Goyle, qui avaient revêtu pour l'occasion leur plus belle cravate, ainsi que leur chemise cintrée – qui les faisaient ressembler à des rôtis de porc ficelés, prêts à être enfournés.

Ils s'étaient installés à la table des formateurs, dans la Grande Salle, et un dîner particulièrement somptueux leur avait été servi. Quand les recrues n'avalaient qu'une portion de soupe et de la charcuterie bon marché, eux avaient le droit à du vin français et du saumon sauvage d'écosse. Sans doute cela aurait-il pu être délicieux si Drago n'avait pas eut à partager ce repas avec sa tête.

—Je suis venue pour vous parler des deux semaines à venir, commença Bellatrix en portant un doigt dans sa bouche, sans doute pour retirer une arête. Vous n'êtes pas sans savoir que notre cher Drago, ici présent, a été rappelé au près du maître pour les fêtes de Noël.

La jalousie brillait dans les yeux vitreux de Crabbe.

—Il va donc falloir partager les recrues de Drago entre vos trois groupes, jusqu'à ce qu'il revienne. Voici la liste des trois groupes.

Elle sortit d'une poche intérieure un parchemin parfaitement enroulé, et le tendit à Drago. Celui-ci affichait une mine renfrognée. Il pensait faire lui-même les groupes, et ne s'attendait pas à ce que Bellatrix perde du temps à cela.

Ses yeux parcoururent le parchemin, sans vraiment voir les noms qui défilaient sous ses iris. En réalité, il ne cherchait qu'un seul nom, et quand il le trouva, il sentit son souffle se couper. Il aurait du s'en douter : Bellatrix avait pris soin de mettre Granger dans le groupe de Vincent Crabbe.

—J'avais moi-même prévu une liste, ma tante, il ne fallait pas perdre ton temps avec ça.

—Oh, mais ce n'est pas moi qui ait fait cette liste, Drago. C'est notre ami Vincent, s'exclama-t-elle en pointa Crabbe d'un doigt réjoui. Je me suis dis que tu avais beaucoup de travail, entre les entraînements, les rondes, les emplois du temps et les deux semaines que tu allais passer loin d'ici.

—Je t'ai dis que je m'en suis chargé, Bella.

—Et moi, je te dis que cette liste est celle qui sera appliquée pendant ton absence. Si tu as des revendications à faire, tu auras tout le temps pendant ces deux semaines où tu verras le Maître tous les jours. Et dois-je ajouter qu'il a lui-même donné son accord sur cette liste ? Tu sais comme il n'aime pas être contredit, Drago.

—Ce sont des menaces ? grogna ce dernier.

—Disons, un conseil. Tu viendras me voir après Drago, j'ai d'autres choses à te dire.

Le repas s'acheva dans une ambiance glaciale, où personne n'osa à nouveau prendre la parole. Cette conversation avait achevé de donner la nausée à Drago qui ne toucha plus son assiette jusqu'à ce que sa tante daigne enfin poser son couteau et sa fourchette et avale la dernière gorgée de son verre.

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Quand la porte du bureau de Drago se referma derrière Bellatrix, celle-ci ne perdit pas une seule seconde. Elle posa ses deux mains à plat sur le bureau et avança la tête d'un air menaçant. Ses deux yeux n'étaient que des petites fentes rendues brillantes par la colère, et sa bouche se tordait en une grimace disgracieuse qui accentuait d'autant plus son allure de folle à lier.

—Plus jamais ça, Drago, articula-t-elle lentement sans cligner des yeux.

Drago ne se démonta pas pour autant. Il ne détourna pas les yeux et se contenta de lever le menton pour la défier un peu plus du regard.

—Tu ne sapes pas mon autorité devant les autres, me suis-je bien faite comprendre ?

Drago resta silencieux.

—Quand je dis que c'est la liste de Vincent qui sera prise en compte, c'est que tu peux brûler la tienne. Jusqu'à preuve du contraire, je te suis supérieure, Drago, et même si tu es dans les petits papiers du maître, n'oublie pas que je suis ta tante, ton aînée, et que ton obéissance me revient de droit.

—Ne te mets pas dans tous tes états ma tante. Quand je serais à la tête de l'armée du Seigneur des Ténèbres, nous verrons bien qui donne des ordres à l'autre, rétorqua Drago d'une voix basse et glaciale.

Bellatrix frappa ses deux poings sur le bureau en chêne massif. Ses yeux exorbités n'annonçaient rien de bon.

—Tu n'es qu'un petit insolent. Tu n'es rien, Drago. J'ai toujours servi le maître. Tu avais encore des couches culottes quand il me confiait les moindres détails de ses plans. Tu crois que je suis aveugle ? Tu crois que je ne sais pas ce qui se passe à l'intérieur de ces murs ? Mais sache une chose, Drago, les recrues ne sont pas là que pour l'armée… Ouvre bien tes oreilles, je vais te dire quelque chose de très important.

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Quand Drago sortit du bureau, laissant sa tante à l'intérieur pour y écrire une missive destinée au seigneur des ténèbres, il avait le teint blême. Blaise l'avait attendu à l'extérieur et il ne fut pas rassuré de découvrir la mine verdâtre de son ami.

—Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Blaise d'une voix tremblante.

—Les recrues, grogna Drago… Elles ne sont pas que là pour faire office de soldats. En tout cas, pas les sangs-mêlés et les nés-moldus. Les sangs-purs sont destinés à être sergents ou lieutenants…

—Ca, on le savait déjà que les nés-moldus ne seraient pas dans le cercle de privilégiés, murmura Blaise d'un air songeur.

—Tu ne comprends pas Blaise. Ces entraînements, tout ça, c'est pour les endurcir, et les préparer à …

Drago sentit sa gorge se nouer. Les derniers mots ne parvinrent pas à s'échapper de sa bouche.

—A quoi, Drago ?

Le ton de Blaise s'était fait alarmant.

—Ils veulent faire des expériences dessus. Voir jusqu'où la magie peut aller, et jusqu'où on peut la supporter. Ils s'en serviront de cobaye, et quand leurs techniques sera au point… Ils s'en débarrasseront et feront des Sangs-Purs des sortes de super soldats.

Ce fut ce moment là que choisit Bellatrix pour sortir du bureau.

Et sa réaction fut des plus étranges.

Blaise et Drago tournèrent tous les deux leurs regards vers elle, tandis qu'elle passait par toutes les couloirs de l'arc-en-ciel. D'abord blanche, puis verdâtre et enfin rouge de colère, elle dégaina sa baguette à la vitesse de l'éclaire et la pointa droit devant eux.

Drago crut d'abord qu'elle voulait les attaquer, mais elle ne prononça aucune incantation et se contenta d'avancer droit devant elle sans dire le moindre mot. Drago et Blaise la suivirent avec curiosité, et quelle ne fut pas leur surprise de la voir s'engouffrer dans l'ombre d'une grosse statue de marbre et en ressortir en tenant dans sa main… la chevelure épaisse et folle d'Hermione Granger.

Le sang de Drago ne fit qu'un tour, et il sentit ses membres s'engourdir.

—Voyez-vous ça ! Ne serait-ce pas la petite copine de ce bon vieux Potter ? murmura Bellatrix, un sourire mauvais au bout des lèvres. Granger, n'est-ce pas ?

Granger ne répondit pas. Elle était trop occupée à retenir ses larmes, et tentait désespérément d'échapper à l'emprise douloureuse de Bellatrix. Cette dernière tirait inlassablement sur les cheveux qu'elle tenait fermement, resserrant son étreinte à chaque fois que Granger tentait de s'en défaire.

—De quoi parliez-vous, Drago ?

—De…

Drago n'osait répondre. Qu'allait-elle faire de Granger quand il semblerait évident qu'elle avait entendu chaque mot de sa conversation avec Blaise ?

—Tu veux pas parler, Drago ? Et bien je vais la faire parler elle, dans ce cas.

Bellatrix pointa une baguette menaçant sur la gorge de Granger.

—Nous parlions du plan du Maître à propos des Sangs-de-Bourbe, ma tante.

Bellatrix releva ses yeux de démente et croisa le regard indifférent de Drago.

—Tu ne m'avais pas dit qu'il s'agissait d'un secret, essaya-t-il de se justifier d'un ton calme.

—C'est vrai, affirma Bellatrix. Je pense que tous les formateurs peuvent être au courant de ça. En revanche, les recrues, elles, ne doivent absolument rien savoir, cracha-t-elle en tirant un coup sec sur les cheveux de Granger. Nous allons devoir arranger cela…

Elle leva sa baguette, et jusqu'au dernier moment, Drago pensa qu'elle allait la tuer. Il était même prêt à intervenir, quand il entendit sa tante prononcer une toute autre formule que celle du sort impardonnable.

—OUBLIETTES !

Le regard de Granger se perdit alors dans le vague. Elle les ferma, puis les rouvrit, et la seconde suivante, elle se demandait ce qu'elle faisait ici.

—Alors ma chérie, c'est très très vilain d'écouter aux portes. Tu le sais, n'est-ce pas ?

Granger ne répondit rien. De toute évidence, elle ne savait pas de quoi Bellatrix voulait bien parler. Mais la Mangemort, elle, ne semblait pas vouloir s'arrêter là. Sous le regard désolé de Blaise, et celui, mortifié de Drago, elle leva sa baguette et asséna un, puis deux, et enfin trois doloris à la pauvre Hermione qui ne comprenait pas ce qui lui arrivait.

Ses hurlements de douleur retentirent dans tout le couloir, faisant trembler les murs et le sol. Quand elle cessait de crier, le silence de plomb venait asséner le coup de grâce, car Drago comprenait qu'en plus de souffrir, elle n'avait même plus la force de crier.

—Je pense qu'elle a été assez punie, murmura Drago après que sa tante ait lancé le dernier doloris.

—Je pense aussi, affirma-t-elle d'un air satisfait. J'espère que tu as bien regardé comme j'ai fais Drago, parce que c'est ce que nous attendons des formateurs de cette armée.

Drago acquiesça, et attendit que sa tante ne quitte les lieux pour se précipiter sur Granger.

— Aide-moi à l'emmener à l'infirmerie.

Blaise ne se le fit pas dire deux fois. Il s'avança lui aussi vers le corps inerte de Granger : cette dernière s'était évanouie de douleur à la fin du dernier sortilège. Les deux garçons passèrent chacun un bras de Granger sur leurs épaules, et ils l'entraînèrent péniblement jusqu'à l'infirmerie, prenant soin de ne pas lui faire mal.

Quand ils l'eurent déposée dans un des lits, et appelé une elfe de maison pour s'occuper d'elle, Drago et Blaise se mirent à l'écart. Drago était agité de tics nerveux et ne cessaient de passer une main dans ses cheveux déjà bien décoiffés.

—Il faut… il faut que tu me promettes quelque chose, Blaise.

Ses mots décousus semblaient peiner à trouver du sens.

—Quand je ne serais pas là, il faut que tu veilles sur elle. Empêche Crabbe de lui faire mal, et aide là, s'il la punit trop. Surtout, Blaise, surtout, ne la laisse jamais toute seule en sa compagnie. Tu m'as compris ?

Blaise acquiesça gravement, et posa une main réconfortante sur l'épaule de son ami.

—Tu peux compter sur moi. Ce connard ne touchera pas à un seul de ses cheveux tant que je serais dans les parages.

Un silence s'installa entre eux, tandis qu'ils ne se quittaient pas des yeux. Ce fut Blaise qui le rompit après plus d'une minute.

—Quoi que le maître te fasse pendant ces vacances, surtout, pense à elle. Pense à tout ce dont tu es capable pour elle, Drago.

—Je ne …

—Si. Tu es amoureux Drago. Tu ne le sais peut être pas encore, mais moi oui. Alors fais ce que je te dis. Si les choses se compliquent et si tu ne te sens pas capable de tenir, pense à elle. Et dis toi qu'il faut que tu reviennes, pour empêcher Crabbe de faire dieu sait quoi d'elle.

Ce fut au tour de Drago d'acquiescer.

—On ferait mieux d'aller se coucher, marmonna Blaise.*

—Vas-y, je vais rester encore un peu.

—Comme tu veux. A demain, vieux.

Il tourna les talons et quitta l'infirmerie, laissant Drago derrière lui, complètement démuni et dépassé par la situation.

Le lendemain, il devrait quitter Poudlard pour rejoindre le Seigneur des Ténèbres, et alors, qui sait ce qui allait advenir de lui ? Et de Granger ? Etrangement, le sort de la jeune femme l'inquiétait plus que le sien. C'était peut être ce que voulait dire Blaise, quand il disait qu'il était… Il ne parvenait même pas à répéter le mot. Amoureux, ce n'était pourtant pas bien difficile à dire ? Et encore moins à penser. Alors pourquoi ne parvenait-il pas à savoir s'il l'était ou pas ? Peut être parce qu'il ne l'avait jamais été avant ça, et qu'alors, il n'avait aucune possibilité de comparer ses sentiments.

Drago passa la nuit assis sur une chaise au chevet de Granger. L'elfe qui s'occupait d'elle lui assura qu'elle dormait et que grâce à ces quelques potions, elle n'aurait le lendemain que quelques courbatures, comme après un jogging un peu trop sportif. Cela eut le mérite de soulager Drago qui se laissa aller et s'endormi, la tête sur le matelas de Granger.

Quand il se réveilla, il faisait encore nuit noire dehors, pourtant, il n'avait plus sommeil. Granger dormait paisiblement à côté de lui, et Drago se demanda s'il aurait la force de partir au petit matin sans lui avoir dit au revoir.

Il posa une main sur le front lisse et soyeux de Granger, et le caressa doucement de son pouce. C'était un contact doux et si naturel, que Drago se surprit à penser qu'il aurait pu promulguer cette caresse des heures durant. Et plus il frôlait sa peau de pêche, plus l'envie en lui de la toucher d'avantage grandissait. Après plusieurs minutes de réflexion, il se redressa sur sa chaise et approcha doucement sa tête de la sienne. Il ne faisait de mal à personne, après tout, elle dormait, et elle ne saurait jamais.

Il approcha lentement ses lèvres des siennes, et déposa un baiser aussi léger qu'une plume sur la bouche chaude et fruitée de Granger.

A son grand désarroi cependant, ce qu'il pensait n'être qu'un geste furtif sembla sortir Granger de son sommeil, et il n'avait pas encore retiré ses lèvres des siennes qu'elle avait déjà ouvert de grands yeux étonnés.

—Qu'est-ce que… murmura-t-elle d'une voix rauque.

Quand elle réalisa qu'il s'agissait de Drago Malefoy, Granger se redressa vivement sur son oreiller et le repoussa violemment, posant ses petites mains frêles sur les épaules de Drago en le poussant de toutes ses forces.

—Qu'est-ce que tu me veux ? hurla-t-elle d'un air complètement perdu.

—Chut, murmura Drago, désolé, je ne pensais pas que ce baiser te réveillerai et…

—Dégage, hurla Granger, ne me touche pas. Espèce de monstre ! Tu espérais que je ne me réveille pas ? Qu'est-ce que tu allais me faire, Malefoy ? Qu'est-ce que tu m'as fait ?

Drago écarquilla de grands yeux. Pensait-elle vraiment qu'il était sur le point de lui faire du mal ? Cette seule pensée l'écœura. C'était bien mal le connaître que de penser qu'il était du genre à abuser des jeunes femmes endormies. Même dans sa période de coureur de jupons, jamais il ne lui serait venu à l'idée de faire quoi que ce soit si sa conquête n'était pas consentante.

—Du calme, Granger, je ne t'ai absolument rien fait. Ne fais pas ta mijaurée, ce n'est pas comme si c'était la première fois.

—La première fois ? Mais de quoi est-ce que tu parles, Malefoy ? Tu n'es qu'un sale pervers qui…

—Ce n'était qu'un baiser, Granger, un foutu baiser. La dernier fois, tu n'étais pas si farouche.

—La dernière fois ? Dans tes rêves, Malefoy, je préfère encore mourir que d'embrasser le crapaud que tu es.

C'est alors que Drago comprit.

Le sort de sa tante avait fait bien plus de dégâts sur la mémoire de Granger qu'il ne l'avait pensé. Ainsi, le sort d'amnésie n'avait pas seulement touché la mémoire à court termes de Granger, mais était remonté plus loin dans ses souvenirs, jusqu'à effacer le baiser qu'ils avaient partagé quelques jours plutôt.

Est-ce que Bellatrix était au courant ? Ou peut être avait-elle était légèrement excessive sur son sort d'oubli ? Peut être que la rage lui avait rendu la main lourde.

Malgré tout, le regard de dégoût que Granger lançait à Drago eut l'effet escompté. Le cœur serré, il la regarda une dernière fois avant de se lever et de se diriger vers les portes de l'infirmerie.

— Repose-toi Granger. On se voit dans deux semaines.

Et il quitta la pièce. Le cœur lourd, l'âme à l'agoni, et le corps courbaturé par des sentiments trop forts pour être supportés. Mais c'était peut être mieux. Il pouvait partir retrouver le maître sans se soucier de Granger, car elle-même semblait l'avoir oublié. Il ne savait pas encore à quoi s'attendre pour ce noël, mais une chose était sûr : Hermione Granger ne le portait définitivement plus dans son cœur.


Et voilà ! On arrive à Noël, et Hermione ne se souvient de rien. C'est triste quand même non ? J'espère que ce chapitre vous aura plus, il était bien moins Dramione que le précédent, mais il faut bien avancer dans l'histoire aussi, non ? C'était donc le retour de Tata Bella mais aussi de Blaise et de ses sages paroles.

N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez en tout cas, j'appréhende un peu vos commentaire, j'espère que vous n'êtes pas déçus ! Sur ce je vous dis bonne journée, et à mercredi prochain. En attendant, portez-vous bien !