Mercredi devient mon jour préféré (peut-être parce que c'est le jour des enfants, et qu'en bonne maitresse d'école qui se respecte, je ne travaille pas le mercredi ! Ce qui me laisse le temps de peaufiner et poster mes chapitres chaque semaine #racontetavie). Enfin, me voilà donc de retour pour un nouveau chapitre ! Le seizième.

Jusqu'ici j'arrive à prendre de l'avance, j'espère que ça durera hihi. Vous avez été moins nombreux à lire et à commenter la semaine dernière, j'espère que je ne vous perds pas en route et que l'histoire vous plait. N'oubliez pas, si vous le souhaitez, de me rejoindre sur ma page facebook Brunhild Ana Writings, je réponds à tous les commentaires qu'on y laisse !

J'ai été ravie de lire les commentaires de ceux qui sont passés par là, mille merci, vous faites vivre ce site !

Swangranger : Merci pour ta review ! En effet, Hermione voit les yeux gris, mais impossible de mettre un nom sur leur détenteur ! Je te laisse découvrir ce qu'il advient de Pansy, j'espère que ça te plaira et que tu aimeras toujours autant !

Dajou : Ahah, certains avaient devin ! Non Drago ne s'y attendait pas, et voici sa réaction, j'espère que tu la trouveras crédible.

Lili Orya : Tu es peut-être un horcruxe ? Ce qui expliquerait que tu comprennes les idées de Voldemort ! Je n'en dis pas plus sur Drago, et te laisse découvrir la suite, j'espère que ça te plaira !

Jencha1994 : Oh merci ! Je suis ravie que ça plaise. Pour ce qui est de la réaction de Drago, je te laisse la découvrir, j'espère qu'elle te plaira !

Dame Lylith : Oh, le hasard fait bien les choses alors ! Je suis ravie de te trouver sur cette fiction, j'espère qu'elle te plaira. Je te laisse découvrir la suite qui répond (un peu) a tes questions ! Dis-moi ce que tu en penses !

Bonne lecture à tous !


La période de confinement d'Hermione s'allongeait de jour en jour. A chaque fois que Crabbe venait la voir, il lui rajoutait un ou deux jours de cellule, pour son bon plaisir. Dans sa grande bonté, il apportait, un jour sur deux, un plateau à Hermione sur lequel trônaient deux morceaux de toast entachés de moisissure et un verre à moitié plein d'eau trouble. Mais Hermione ne s'en formalisait pas. Elle se contentait de sourire à Crabbe et de le remercier chaudement, car elle savait qu'à la nuit tombée, quelqu'un viendrait lui apporter un véritable festin.

Bartholomew était sorti des cachots bien avant elle. Goyle n'était pas aussi tordu que Crabbe, aussi était-il venu le récupérer et l'avait-il réintégré aux entraînements. Bart n'avait cependant pas oublié la jeune femme qui avait partagé son plateau avec lui, aussi se démenait-il tous les soirs pour venir apporter à Hermione de quoi se restaurer. Il ne s'était jamais fait prendre, mais il était persuadé que son petit manège n'était pas passé inaperçu aux yeux de Blaise. Lors du dîner, Bart faisait en sorte de mettre autant de nourriture possible dans ses poches, et emportait discrètement un pichet de jus de citrouille quand personne ne le regardait.

─ Tiens, ce soir, c'est pain et tranche de roastbeef, dit-il en tendant la nourriture à Hermione au travers des barreaux.

─ Merci Bart, soupira Hermione en croquant dans le pain d'un air affamé.

Bart ne restait jamais plus d'une demie heure, car le couvre-feu l'empêchait de s'attarder, et Hermione refusait qu'il outrepasse les interdits pour elle. C'était très égoïste de toute façon, car si Bart était à nouveau jeté aux cachots qui viendrait lui apporter ces délicieuses tranches de viande rosée ? Ainsi, pendant qu'elle mangeait, Bart s'asseyait tout près de sa cellule et lui racontait les nouvelles du château.

─ Depuis le départ de Malefoy, c'est la guerre froide entre Crabbe et Zabini.

─ Déjà, à Poudlard, ils ne s'aimaient pas beaucoup, marmonna Hermione, la bouche pleine.

─ Pourtant ils étaient dans la même maison.

─ Et alors ? répliqua-t-elle en levant les yeux au ciel. Etre dans la même maison ne signifie pas avoir des atomes crochus.

Bart sembla réfléchir un instant avant d'acquiescer sobrement. Hermione n'avait jamais vraiment détesté Blaise. Même à Poudlard, quand ils y étaient encore élèves, il ne s'était jamais montré insultant ou blessant. Il était souvent en retrait, discret devant les autres maisons, pourtant nul ne doutait de son influence sur beaucoup de ses camarades. De nature souriante, Blaise était souvent considéré comme le plus solaire, le plus sage de la bande, pourtant, jamais Hermione n'avait entendu qui que ce fut lui manquer de respect. Il avait une autorité naturelle qui lui allait bien.

─ Tu es bien songeuse ce soir, fit remarquer Bart en souriant timidement à Hermione.

─ C'est parce que ce sandwich est particulièrement bon. Tu remercieras le chef de ma part, sourit Hermione.

Le rire rauque et bas de Bart se répandit dans les cachots, et vint doucement réchauffer le cœur d'Hermione. C'était bon, de voir que l'on pouvait encore rire, en ces temps si sombres. Elle ne remarquait cependant pas, naïve, les regards brûlants que Bart lui lançait quand elle avait le dos tourné. Peut-être que son aide précieuse n'était pas si désintéressée qu'elle voulait bien le croire. Pourtant, Hermione ne parvenait pas à se méfier des intentions de Bart, son sourire rayonnant et ses yeux brillants de malice réchauffaient son âme, et elle ne pouvait s'empêcher de penser que peut-être, Bart serait un très bon allié dans sa quête de liberté.

x.x.x

Un silence assourdissant retentissait dans les cachots du Manoir Jedusor. Voldemort souriait de ses lèvres minces et blêmes, Bellatrix se frottait les mains d'un air satisfait, Pansy était imperturbable, les yeux rivés sur Drago. Ce dernier semblait muré dans un mutisme inquiétant. Les poings serrés, la mâchoire crispée, il regardait tour à tour les trois individus qui se tenaient devant lui, espérant vainement qu'il ne s'agissait que d'un terrible cauchemar duquel il allait bientôt se réveiller.

Car il était impossible de songer une seule seconde que Voldemort lui demande de torturer Pansy. Il n'était pas assez fou pour imposer cela à son poulain, à son général … Mais Drago avait tort. Car il avait tendance parfois à oublier qu'un poulain n'était pas un enfant qu'on choyait. Qu'un général n'était pas gâté pour son seul bon plaisir. Ainsi, Voldemort n'avait pas été dupe. Il avait senti le vent tourner, et pour s'assurer de la fidélité de Drago, il tenait à ce qu'il torture lui-même celle qui n'était rien de moins que sa sœur.

─ Et bien Drago, j'attendais plus d'enthousiasme de ta part, siffla le Seigneur des Ténèbres, un sourire diabolique plaqué sur ses lèvres.

─ Maître … souffla enfin Drago en croisant le regard de Voldemort.

─ Maître, répéta Bellatrix en prenant un ton geignard que Drago n'avait certainement pas utilisé.

Sa tante trépignait derrière son maître. Elle se dandinait et affichait un sourire de plus en plus large, de plus en plus mauvais. Plus les secondes défilaient et plus elle avait l'air d'une folle, avec ses cheveux qui partaient dans tous les sens et son teint cireux qui rougissait d'impatience. Bellatrix n'avait jamais aimé Pansy. Elles ne s'étaient que très rarement croisées, mais une animosité était née entre les deux sorcières dès leur première rencontre. Toutes les deux briguaient le rôle de guide pour Drago. L'une, depuis sa naissance, le poussait dans les bras des forces du mal, l'autre tentait de lui faire comprendre qu'il n'avait besoin de personne – et encore moins de Voldemort – pour menait sa vie comme il l'entendait.

A côté du Seigneur des Ténèbres, Pansy regardait fixement Drago. Elle ne clignait presque pas des yeux, et cherchait à croiser son regard. Comme si elle tentait désespérément de lui dire quelque chose. Bientôt, les yeux anéantis de Drago croisèrent enfin le regard mordoré et intelligent de la jeune femme. Malgré le silence, malgré les quelques mètres qui les séparaient désormais, Drago pouvait presqu'entendre la voix de Pansy murmurer à son oreille. « Il faut que tu le fasses, disait-elle. Si tu ne le fais pas, tu seras puni, peut-être même que nous serons tués tous les deux. Il faut que tu le fasses pour retourner au château et faire ce que tu as à faire. Tu dois fléchir pour mieux te relever, Drago. »

Mais il n'y parviendrait pas. Avant même d'entendre les sollicitations silencieuses de Pansy, Drago savait qu'il en était incapable. Parce que son corps tout entier répugnait à faire souffrir des innocents, encore plus une innocente qui avait une place de choix dans son cœur. Drago resta silencieux de longues secondes avant de s'éclaircir doucement la voix et de déclarer :

─ Je ne peux pas Maître.

Bellatrix ouvrit ses grands yeux noirs, et resta bouche bée. Jamais elle n'avait envisagé que son neveu puisse refuser un ordre direct de la part de leur maître. Bien sûr, elle avait toujours eu conscience que Drago n'était pas comme tous les autres mangemorts. Il réfléchissait trop, et mettait parfois en doute les paroles de Voldemort. Mais jamais, Ô grand jamais, elle ne l'aurait cru capable de refuser aussi indignement une requête de son maître.

─ Tu ne peux pas, ou tu ne veux pas, Drago ? demanda Voldemort d'une voix paisible.

De toute évidence, contrairement à Bellatrix, le Seigneur des Ténèbres s'était attendu à une telle réponse. Et alors qu'il lui laissait une chance de changer d'avis, Drago ne se démonta pas, et à l'instar de Pansy le regarda droit dans les yeux pour refuser son ordre.

─ Je ne veux pas, Maître.

─ Crois-tu, Drago, qu'être Lieutenant de guerre te permet de ne faire que ce que tu désires ?

─ Non.

─ T'ai-je laissé penser une seule seconde que tu as le choix, quand je t'ordonne quelque chose ? Peut-être me suis-je mal exprimé lors de l'un de nos entretiens ?

Drago resta de marbre. Il avait appris depuis trop longtemps à cacher ses émotions. Pourtant, une vague de sentiments le submergeait déjà. De la colère, contre cet homme – ce serpent – qui contrôlait sa vie depuis des années, de la peur, pour Pansy et le sort qui lui serait réservé, de la honte, de ne pas être aussi fort que son amie pour se rebeller contre Tom Jedusor.

─ Fais-le, Drago, ordonna Bellatrix.

─ Non.

Et si Voldemort laissait apparaître un agacement conséquent, quiconque le connaissait assez pouvait voir en lui le combat qui faisait rage. Son courroux pour Drago aurait de terribles répercutions sur son poulain, mais une pointe de fierté brillait dans ses iris incandescentes. Parce que c'était la première fois qu'on s'opposait aussi prestement à lui. La première fois que Drago refusait d'exécuter l'un de ces ordres. Et il serait puni pour ça. Car jamais Voldemort ne pourrait laisser passer ça. C'était trop dangereux, un libre penseur dans les rangs d'une armée née de la dictature.

x.x.x

Blaise était allongé dans son lit, les bras croisés derrière la tête. Fixant le plafond d'un air songeur, il ne sentit pas les doigts frais et longs glisser sur sa peau et venir chatouiller ses côtes saillantes sous sa peau satinée. Il ne remarqua pas non plus les monceaux de baisers que la silhouette nue allongée à côté de lui déposait sur son torse, du haut de sa clavicule au bas de son nombril. Thaïs soupira plusieurs fois avant d'enfin attirer l'attention de son amant.

─ Tu es ailleurs, murmura-t-elle en posant son menton sur l'épaule de Blaise pour mieux le regarder.

─ Excuse-moi, répliqua-t-il en se redressa légèrement.

Il était déjà tout excusé, songea la jeune femme aux yeux verts. Mais cela faisait plusieurs jours qu'il avait l'esprit ailleurs, et cela ne faisait que l'inquiétait davantage.

─ Depuis le départ de Malefoy tu es… distant.

Blaise hocha doucement la tête et vint encercler sa dulcinée de ses bras protecteurs. Il posa un léger baiser sur sa tempe moite et ferma les yeux un instant. Il cherchait les mots. Lui-même ne savait pourquoi il se comportait de la sorte, mais il devait admettre que le départ de Drago y était grandement pour quelque chose. En effet, depuis une semaine, Blaise n'était pas rassuré. Pas pour lui, non, il était capable de se défendre seul. Mais il craignait pour les recrues, pour Granger, pour Thaïs bien sûr. Qu'arriverait-il si lui-même était appelé auprès de leur maître et que Poudlard était laissé entre les mains sales et poisseuses de Crabbe et de Goyle ? C'était pour cette raison qu'il tentait de ne pas se faire trop remarquer ces derniers temps. Pour cette raison qu'il invitait beaucoup moins Thaïs à le rejoindre dans sa chambre le soir. Il avait peur de ne plus être présent pour la protéger.

─ Je n'aimerai pas passer Noël en compagnie du Seigneur des Ténèbres, dit finalement Blaise à voix basse.

─ Ni à Poudlard d'ailleurs, soupira Thaïs. Noël est passé inaperçu, un jour comme un autre.

En effet, rien n'avait été prévu pour fêter Noël, au grand dam de nombreuses recrues et de Blaise lui-même.

─ Tu t'inquiètes pour Malefoy ?

─ Il est comme un frère.

─ Je sais, sourit tendrement Thaïs en posant une main sur la joue râpeuse de Blaise. Mais il est fort. Il résistera à ce qui l'attend, et dans une semaine, il sera déjà de retour. Il faut que tu aies foi en lui.

Les paroles douces et rassurantes de Thaïs eurent le mérite d'apaiser les états d'âme de Blaise et de jeter sur son cœur un voile anesthésiant. Craindre pour Drago, c'était douter de sa force et de son mental. Il résisterait à tout ce que Voldemort voudrait lui faire endurer, il en était certain. Ce qu'il craignait néanmoins, c'était l'état dans lequel il le récupèrerait. En effet, Blaise avait été rassuré de voir que le cœur de Drago n'était pas insensible à la présence d'Hermione, mais avec le sort d'amnésie qui l'entravait désormais, et les séances d'entrainement au Manoir Jedusor, qui sait comment Drago reviendrait. Plus déterminé que jamais à quitter le sein de Voldemort, ou bien plus convaincu qu'être le Lieutenant de Lord Voldemort était la vie qu'il avait toujours souhaité mener ?

x.x.x

Voldemort ne parlait pas. Il ne bougeait pas. A dire vrai, Drago avait la désagréable sensation qu'une statue de marbre se tenait devant lui. Il ne savait quel comportement tenir devant son maître qui n'était pas entré dans une terrible colère quand il avait refusé de torturer Pansy. Et peut-être était-ce plus dangereux encore, plus intimidant que de le voir inerte, sans doute plongé dans ses réflexions. Drago aurait préféré qu'il se mette à hurler de rage, mais Voldemort ne s'abaissait pas à de tels agissements.

─ Je te laisse une dernière chance. Lève ta baguette et jette un Doloris à Miss Parkinson, Drago, murmura Voldemort d'une voix basse et sifflante sans jamais détourner les yeux de son poulain.

Drago le regardait fixement lui aussi. Il bomba le torse et secoua doucement la tête.

─ Je ne le ferais pas, Maître.

─ Bon sang, Drago, fais-le avant qu'il ne t'arrive malheur, éructa finalement Pansy en s'attirant tous les regards.

Voldemort paraissait amusé par le comportement de la jeune femme. Peut-être aussi par sa naïveté, car dès lors que Drago avait refusé, non pas une, mais deux fois de la torturer, il serait puni de toute façon. Même s'il s'y pliait finalement, Voldemort trouverait un moyen de lui faire regretter ses doutes et sa provocation – car c'était ainsi qu'il l'avait vécu.

─ Ah, Pansy, murmura Voldemort en s'approchant d'elle, je vois qu'ici, tu es la seule à avoir un peu de bon sens.

─ Visiblement, cracha-t-elle en lançant un regard mauvais à celui qui s'était auto-proclamé plus grand sorcier de tous les temps.

Ce petit jeu perdait peu à peu de son intérêt, et des signes d'agacement et d'impatience commençaient à faire leur apparition sur les traits jusqu'alors impassibles de Voldemort. Celui-ci prit quelques secondes de répit avant de reculer d'un pas et de faire signe à Bellatrix de s'approcher.

─ C'est donc toi, ma chère Bellatrix qui va devoir t'occuper de la mission proposée à Drago.

─ Oui, Maître, je ne vous décevrai pas.

─ Tu ne m'as jamais déçu, Bellatrix. Et c'est pour cela que tu te tiens fièrement à ma droite. Mais ton neveu lui … Le même sang. Peut-être qu'un jour, toi aussi, tu me briseras le cœur.

Bellatrix sembla horrifiée à l'idée qu'un tel jour puisse arriver.

Le cœur de Drago battait la chamade. Il n'était pas prêt. Il n'était pas prêt à regarder ce qui était sur le point de se dérouler sous ses yeux. Il ne supportait pas l'idée de voir qui que ce fut – et encore moins sa propre tante – torturer Pansy. Il savait que dès lors qu'elle lèverait sa baguette sur son amie, il ne pourrait s'empêcher de se ruer sur elle. Et qu'importait s'il devait y laisser sa vie, qu'importait si le Seigneur des Ténèbres l'enfermait à tout jamais dans les dédalles de son manoir. Il ne pouvait en être autrement, il la défendrait comme si sa vie en dépendait. Du moins, c'était le plan que Drago avait en tête. Celui de son maître, lui, était tout autre. Comme s'il avait déjà tout anticipé, Voldemort ne tendit pas sa baguette – jusqu'alors confisquée à Drago. Au contraire, il la pointa sur lui, et dans un sort informulé, fit apparaitre des liens qui s'enroulèrent à la manière de serpents autour des chevilles et des poignets de Drago. Tellement serrés qu'espérer s'en dépêtrer relevait de la folie.

─ Maintenant ouvre grand les yeux Drago. Tu apprendras qu'on ne me défie qu'une seule fois dans une vie. J'espère que ça te servira de leçon, et je n'aurai plus jamais à te reprendre sur ce point.

Et alors que Drago était pris au piège de sa propre témérité, ligoté par des liens dont il ne saurait s'échapper, Bellatrix leva sa baguette avec une vivacité telle que Drago crut l'avoir rêvé.

─ Endoloris ! hurla-t-elle comme elle l'avait fait de trop nombreuses fois.

Etait-ce parce qu'il s'agissait de Pansy ou bien la folie qui s'était peint sur le visage de sa tante ? Drago n'en savait rien, mais le spectacle qui se déroulait devant lui était insoutenable. Ce n'était pas la première fois qu'il assistait à une séance de torture, mais voir le visage à la beauté éthérée de Pansy se tordre de douleur était tout bonnement intolérable. Dans toute sa fierté, elle ne cria pas. Elle resta muette, mais ses yeux en disaient long sur la douleur immuable qui attisait chacun de ses nerfs.

Et Drago de se débattre comme un diable dans ses liens qui s'enserraient à chaque geste supplémentaire. Plus il tirait, et plus la corde entaillait l'épiderme fin et fragile de ses chevilles et de ses poignets. Il se mit à grogner comme un animal blessé, à gémir, à crier, mais rien n'y faisait. Plus il se débattait, plus Bellatrix souriait, plus Voldemort se délectait de ce spectacle morbide.

x.x.x

La séance de torture de Pansy avait été terrible. Ereintante pour elle, insoutenable pour Drago. Elle était tombée inconsciente après le huitième sortilège de torture, elle avait résisté plus que quiconque. Et Drago en éprouvait une certaine fierté coupable. Quand elle s'était évanouie, Bellatrix n'avait pas jugé nécessaire de s'arrêter. Elle avait continué encore et encore. Et quand l'endoloris ne fut plus assez efficace, elle s'amusa à la sortir de sa torpeur pour mieux entrer dans son esprit à l'aide de légilimencie et lui infliger des tortures mentales plus terribles encore.

Drago avait hurlé à sa tante d'arrêter, il avait hurlé si fort qu'il s'en était brisé la voix. Son souffle rauque et sa gorge en feu n'avaient pas eu raison de lui, et jusqu'à ce que sa tante ne se décide enfin à cesser, et à emporter le corps inerte de Pansy avec elle. Voldemort, lui, était parti plus d'une heure auparavant, appelé à des affaires plus sérieuses et bien plus intéressantes que la séance de torture quotidienne qu'il affligeait à l'un de ces prisonniers. Bellatrix avait claqué la porte derrière elle, et avait laissé Drago ligoté, dans le noir, ne lui laissant que la vision terrible du corps désarticulé de sa meilleure amie.

Les heures étaient passées. Longues. Le temps imperturbable avait fait son œuvre, jusqu'à ce que Drago ne tombe de fatigue et s'endorme à même le sol humide du cachot.

Il fut réveillé de la plus indélicate des façons. Un grand coup de pied envoyé dans son estomac, lui coupant la respiration quasi immédiatement. Il fallut quelques secondes à Drago pour comprendre ce qu'il se passait, et réaliser qu'il n'était plus dans l'un de ces mauvais rêves qu'il avait l'habitude de faire. Sa cellule était toujours plongée dans l'obscurité, pourtant, Drago pouvoir voir deux grandes silhouettes abattre sur lui leurs énormes poings et leurs pieds de géant. Les coups pleuvaient, et Drago ne parvenait pas à se défendre, car les liens de Voldemort étaient toujours bel et bien en place.

─ Mais qu'est-ce que … grogna-t-il.

Bientôt, un poing vint cogner son œil, et Drago sentit un liquide chaud et poisseux se répandre sur sa tempe, glissant le long de sa joue et gouttant sur son épaule nue.

A cet instant précis, il ne se doutait pas encore que ce réveil violent serait son lot quotidien durant les six jours qui suivraient, jusqu'à son retour à Poudlard. Tous les matins deux hommes encapuchonnés viendraient le cueillir au saut du lit – ou du moins, du sol – pour lui assener de nombreux coups dont il ne pourrait se défendre. Car Voldemort ne viendrait retirer ces liens qu'au septième jour, seulement quelques heures avant son retour à Poudlard.

─ Tu vois, Drago, je ne voulais pas t'infliger cela, expliqua-t-il avec la voix douce et patiente qu'on utilise avec un enfant un peu trop dissipé. Mais il fallait que tu comprennes. En te comportant de la sorte, tu as perdu une grande partie de la confiance que j'avais placée en toi.

Allongé sur le sol, le corps endolori, Drago écoutait cette voix sifflante qui le dégoûtait depuis toujours.

─ Ta couardise et ta mutinerie n'ont fait de toi, rien de plus, qu'un simple moldu. Ces êtres stupides et faibles. C'est pour cela que je t'ai fait punir de la sorte. Sans magie, juste de manière aussi barbare que le feraient des moldus.

Le silence s'abattit entre les deux hommes.

─ Tu vas retourner à Poudlard dans quelques heures. Et j'espère que cet évènement ne sera pour nous qu'un mauvais souvenir. Cependant … pour m'assurer que tu ne recommenceras plus, sache que je garde précieusement notre chère Pansy dans mon Manoir.

Il n'en dit pas plus, mais la menace était claire. Au moindre écart de conduite de Drago, c'était Pansy qui en subirait les conséquences.

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Le retour à Poudlard fut une véritable délivrance pour Drago. Personne ne prit la peine de le raccompagner, et de toute façon, il connaissait le chemin. Il était plus de minuit quand il posa enfin ses valises dans sa petite chambre, qui lui parut soudainement très chaleureuse et plus accueillante qu'elle ne l'avait jamais été. A côté du sol froid et humide des cachots du Manoir Jedusor, le lit et l'épaisse couverture qui le recouvrait avaient des allures de paradis sur Terre. Drago déposa son manteau sur le dossier de sa chaise, et jeta un bref coup d'œil à son reflet dans le miroir qui trônait au-dessus de son bureau. Il n'avait pas fière allure. Après s'être fait battre tous les jours durant une semaine, son visage et son corps entier n'était rien de moins qu'un immense hématome. Les premiers bleus commençaient à jaunir, tandis que les plus récents arboraient une couleur violacée. C'était d'ailleurs les plus douloureux. Ses arcades étaient encore boursoufflées, ses yeux, cernés de cocards.

Délicatement, il souleva son tee-shirt pour observer les dégâts sur son corps. Ses côtés étaient parsemés de bleus, l'une d'entre elle était particulièrement douloureuse, et il la suspectait d'être fêlée. Son dos était pire que tout le reste, car on ne distinguait presque plus la véritable couleur de sa peau. Drago soupira. Ce ne serait pas évident de reprendre les entraînements dans cet état.

─ Tu es passé sous le Poudlard Express ? demanda une voix derrière lui qui le fit sursauter.

Drago se retourna vivement et sentit toute la tension redescendre quand son regard croisa celui de Blaise. Celui-ci se tenait dans l'encadrement de la porte et observai son ami d'un œil inquiet. Qu'avait-il vu ? Sans doute tous les bleus qui entravaient son corps. Il s'approcha d'un pas leste et posa une main réconfortante sur l'épaule de Drago. Celui-ci le remercia silencieusement de ne pas lui avoir attribuer l'une de ces grandes claques dont il avait habituellement le secret.

─ Ils t'ont pas loupé, ajouta-t-il à voix basse.

─ Ouais … souffla Drago en laissant retomber son tee-shirt avec une légère grimace.

Les deux amis se regardèrent de longues secondes. Drago ne savait pas s'il avait envie de lui raconter tout ce qui s'était passé au Manoir. Il ne voulait pas mentionner Pansy non plus, car il savait que Blaise s'inquièterait pour elle, et qu'il était capable de tout – même de la plus haute trahison – pour la sauver des griffes du Seigneur des Ténèbres. Non, songea-t-il, pour l'instant, il garderait précieusement ce secret. De toute façon, il allait faire en sorte qu'il n'arrive plus rien à Pansy, car il redeviendrait le Lieutenant exemplaire de Lord Voldemort.

Blaise affichait un sourire rassuré, et heureux de retrouver Drago.

─ Tes recrues vont être contentes de te retrouver.

─ Elles ne devraient pas, pourtant, grogna Drago en levant les yeux au ciel.

En effet, elles n'auraient jamais dû attendre son retour avec impatience, étant donné que Drago était le formateur qui aurait dû être le plus craint, en sa qualité de poulain de Voldemort.

─ Granger a passé sa dernière semaine dans les cachots, sur ordres de Crabbe.

Le cœur de Drago se serra. Hermione … Son inquiétude pour Pansy avait éloigné Hermione de ses pensées. A présent qu'il était de retour, il pourrait à nouveau faire en sorte que tout aille bien pour elle. Mais il le ferait de loin. Car elle n'avait plus aucun souvenir de ce qu'ils avaient vécu avant son départ, et peut-être que cela n'était pas plus mal, car à présent que Voldemort détenait Pansy, il était impensable pour Drago de mettre les voiles. Et de toute façon, avec le serment inviolable qu'il avait prêté, il ne pourrait pas aller très loin.

─ Comment va-t-elle ? demanda finalement Drago d'une voix distante.

─ Bien. Elle était mieux dans les cachots que dans les entraînements de Crabbe, si tu veux mon avis. Et puis …

Blaise se tut. Il croisa le regard interrogateur de Drago avant de soupirer et d'ajouter :

─ Il y a ce type, Bartholomew. Il lui a apporté à manger tous les soirs.

Drago resta songeur un instant. Ainsi donc, Hermione s'était trouvé un allié ? Une pointe de jalousie entrava sa poitrine quelques secondes, avant qu'il ne comprenne que peut-être, ce Bartholomew offrirait à Hermione tout ce que Drago était dans l'incapacité de lui donner.

─ Tant mieux, grinça Drago. Au moins, elle n'est pas morte de faim.


C'est tout pour ce chapitre ! Il était cependant riche en évènements, qu'est-ce que vous en avez pensé ? Bart fait les yeux doux à Hermione, mais elle ne s'en rend même pas compte, la petite naïve. Quant à Drago, et bien … Voilà qu'il refuse un ordre de Voldemort. Cela fait partie du processus « d'indépendance » de Drago. Il réalise peu à peu que son entourage, et son amour pour Pansy ici, est plus fort que le reste, et même que sa propre vie.

Mais bon, il aura été bien puni. Heureusement, le voilà de retour à Poudlard, pour le plus grand plaisir de Blaise qui ne supporte plus du tout Crabbe on dirait. On a aussi un aperçu de Thaïs, que j'affectionne, malgré sa discrétion dans la fiction (pour l'instant).

Alors, comment va se passer le retour à la vie quotidienne selon vous ? Et les retrouvailles avec Hermione ? J'ai hâte de lire vos avis.

Je vous dis à mercredi prochain, et en attendant, portez-vous bien.