Avec quelques minutes de retard, me voici pour le 19ème chapitre de la fiction. C'est le début du bal du nouvel an, j'espère qu'il vous plaira.

Je remercie toutes les personnes qui ont lu le chapitre précédent, et plus encore celles qui ont prit la peine de laisser un commentaire. N'oubliez pas que les reviews sont le seul salaire de l'auteur, et que ce dernier vous offre gracieusement ses histoires, alors n'hésitez pas, de temps en temps, à laisser une trace de votre passage.

Kailiana : Ahah croustillant je ne sais pas, à toi de me le dire ! Ce sera bien pour aujourd'hui (dimanche). Je poste tous les mercredis et tous les dimanches !

Lili Orya : C'est sûr qu'à un moment, il faudra se pencher sur le cas de pansy ! Mais pour l'instant ni Blaise, ni Hermione ne sont au courant de sa captivité.

Leolili : J'adore les bals ! C'est drôle, je n'imagine pas la salle sur demande pouvoir fournir ce genre de chose. Dans le 6ème tome, quand Drago tente de faire entrer les mangemorts à Poudlard par le biais de cette salle, il n'y arrive pas tout de suite. J'imagine donc que la salle ne peut pas tout faire …

Dame Lylith : Oui elle prend des risques, mais en même temps, c'est ça ou elle reste coincée à Poudlard haha. Puis ce n'est pas une gryffondor pour rien, elle est téméraire.

Swangranger : Merci à toi ! Je suis ravie que ça te plaise. Et oui elle prend des risques, mais ce n'est pas une gryffondor pour rien !

Acide'nette : Ravie que ce nouveau rythme te plaise ! En effet, pour l'instant Blaise ne sait rien, quant à sa réaction … Et bien, pas sûr qu'il l'apprenne un jour !

Dajou : Pour l'instant, Blaise est dans l'ignorance pour Pansy. Est-ce que ça changera ? On verra ! Merci pour ton commentaire en tout cas !

Bonne lecture !


Drago et Blaise avaient attendu le lendemain pour parler du nouvel an avec Crabbe et Goyle. Non pas qu'ils craignaient leur réaction, bien au contraire, ces deux crétins ne seraient que trop heureux de pouvoir faire boire un peu trop d'alcool aux filles jusqu'alors réticentes devant leur parade de gnous en rut. Non, s'ils avaient attendu c'était surtout pour les convaincre de transformer les sauteries habituelles en un bal masqué et élégants, où la courtoisie et la galanterie seraient toutes deux de mise. Blaise les convoqua dans son bureau avant le petit déjeuner, ce qui était, selon leurs dires, bien trop tôt pour avoir les idées claires. Et c'était tant mieux, songea Drago en s'installant en face de Blaise, de l'autre côté du bureau en bois clair qui trônait fièrement au centre de la pièce. Au moins, ils ne trouveraient rien à redire et se contenteraient d'acquiescer.

─ Masqué ? répéta Goyle quand Blaise leur eut tout expliqué.

C'était comme s'il ne parvenait pas à mettre de sens sur ce mot pourtant courant. Un instant, Drago se demanda qui avait eu l'excellente idée de leur donner le rôle de formateur, quand on voyait le vide inquiétant qui régnait entre leurs deux oreilles. Sans doute une idée de Bellatrix. Sa tante adorait s'entourer de sbires tous plus sots les uns que les autres pour s'assurer de leur fidélité.

─ Cela signifie que nous porterons tous des masques pour préserver notre anonymat, expliqua Blaise du temps patient du pédagogue.

─ Il sait ce que ça veut dire, grogna Crabbe.

A la mine concentrée et perdue de Goyle, Drago se permit d'en douter.

─ Quel intérêt ? ajouta Crabbe d'un ton bourru.

Il semblait vexé. Comme s'il trouvait l'idée bonne, mais qu'il regrettait de ne pas l'avoir eue lui-même. C'était malgré tout un bon point pour Blaise, puis qu'il ne s'y était pas encore opposé.

─ Pour entretenir la magie et le mystère. Tu n'as jamais flirté avec une inconnue ? questionna Blaise, l'œil vif.

Crabbe ne répondit pas, mais à sa tête, Drago et Blaise comprirent qu'il n'avait jamais flirté tout court. La stratégie de Crabbe était bien différente de celle, galante de Blaise. Il préférait remplir les verres vides, et quand une fille titubait assez pour ne plus tenir debout, Crabbe, galant homme, se proposait pour la raccompagner – et accessoirement la coincer dans un recoin sombre pour lui faire des choses que Drago ne préférait même pas imaginer. En effet, la moindre caresse, la plus douce et chaste qu'elle fut, lorsqu'elle était promulguée par Vincent Crabbe, avait des allures peu ragoutantes, il fallait en convenir.

─ C'est convenu ? demanda Blaise avec patience.

Crabbe et Goyle se jetèrent un regard, avant d'acquiescer en silence.

─ Je m'occupe des costumes, proposa Blaise. Je vous les donnerai ce soir, après les entraînements.

Tous hochèrent la tête, sans un mot, et se quittèrent sur ces mots. Blaise et Drago restèrent quelques minutes encore dans le bureau, et attendirent d'être bien seuls avant de rompre le silence ambiant.

─ C'était plus facile que je ne le pensais, souffla Blaise en allongeant ses pieds sur son bureau.

─ Tu parles, ils étaient déjà convaincus à l'instant même où tu as prononcé les mots « soirée, alcool et filles ».

Blaise ne répondit rien et se contenta d'afficher un petit rire en coin. Tous deux quittèrent le bureau et se rendirent à leur tour dans la Grande Salle où un petit déjeuner digne de ce nom les attendait déjà.

Les entraînements de la journée se déroulèrent sans embuches. Excepté peut-être à la toute fin de l'après midi lors du cours de Duel. Alors que les recrues s'étaient mises par binôme, et s'étaient entraînées durant plus de deux heures, Drago décida de rendre les duels plus publics. En effet, jusqu'alors, les duellistes pratiquaient dans leur coin et Drago passait de binôme en binôme pour donner quelques conseils et vérifier l'avancement de ses entraînements. Pour la dernière heure, il en décida autrement.

─ Vous allez tous passer devant les autres afin que nous puissions découvrir différentes méthodes et techniques de duel, mais aussi voir ce qui ne va pas dans vos approches respectives.

Les premiers duels se passèrent dans les règles de l'art. Chacun salua, les sorts furent lancés à la perfection, et bloqués de la même manière. Fier de lui, Drago dut admettre que chacune de ses recrues avait fait des progrès. Même les sorts informulés étaient de mieux en mieux maîtrisés. Les sorts d'attaque fusaient, et les cibles répondaient par des sorts de défense, souvent informulés, ce qui leur laissait le temps de répliquer à la vitesse de l'éclair.

Quand arriva le tour de Granger, alors qu'il s'attendait à ce que tout se déroule parfaitement, Drago fut surpris de la tournure des évènements. Elle s'était mise en binôme avec Bartholomew, pour le plus grand bonheur de ce dernier. Mais Hermione ne lui avait que très peu parlé. En fait, elle se contentait de bloquer les sorts qu'on lui lançait, sans jamais riposter en retour. Elle avait le regard vide, comme concentrée sur quelque chose que personne ne pouvait voir à part elle.

Quiconque aurait pratiqué la legilimencie sur elle, se serait aperçu de ce qu'il se passait dans son brillant esprit. Elle réfléchissait à la soirée qui se tiendrait le soir même, à la manière dont elle s'y infiltrerait et la façon par laquelle elle récolterait des renseignements précieux sur le monde extérieur et une quelconque manière de s'échapper de Poudlard. Tout serait bon à prendre, songea-t-elle en lançant un énième sort de défense.

─ Granger, ce n'est pas avec des sorts de défense que tu vas gagner un duel, grogna Drago après qu'Hermione eut bloqué le cinquième sort d'attaque de Bartholomew.

Ce dernier faisait d'ailleurs en sorte de très mal visé, et un sort sur deux passait au-dessus des boucles broussailleuses de Granger. Elle n'était certes pas bien grande, mais à cette distance, même une taupe ne l'aurait pas loupée. Drago lança un regard sévère à chacun des deux duellistes. Quand il comprit qu'il n'en tirerait rien de plus, il leur ordonna de descendre de l'estrade et envoya un nouveau binôme se battre en duel. Lorsque Granger descendit, Drago l'attrapa par le bras et marmonna à son oreille :

─ Tu es complètement ailleurs. Tu as intérêt à te reprendre !

─ Sinon quoi ? répliqua Hermione avec provocation.

─ Tu veux retourner aux cachots ? siffla Drago.

─ Au moins, personne ne m'embête là-bas.

Elle lui lança une œillade de défi avant de se fondre dans la masse de recrue qui regardait déjà les deux nouveaux duellistes se mettre en place.

x.x.x

─ T'en penses quoi ? demanda Blaise en allongeant le costume sur le lit défait de Drago.

Le costume était composé de plusieurs éléments que Drago dut analyse tant ils lui étaient inconnus. Il y avait d'abord un justaucorps, des culottes courtes et une longue veste ajustée en haut, et évasée en bas pour laisser place à un fourreau vide. L'ensemble était harmonieux et chaque pièce était d'un vert différent, donnant à voir un camaïeu plaisant qui lui saillait bien.

Blaise avait pris soin de lui apporter des bas en soie claire, ainsi que des chaussures plates à boucle argentée pour terminer le style Louis XIV.

─ Le mien est similaire, mais bleu roi, ajouta-t-il fièrement.

─ Et ceux de Crabbe et Goyle ? demanda Drago avec un sourire.

─ Marron pour Crabbe, jaunâtre pour Goyle.

Drago ne parvint pas à imaginer, mais se convainquit que ce n'était pas plus mal. De toute façon, d'ici moins d'une heure, il les verrait dans leur costume de lumière.

─ Et la touche finale, s'exclama Blaise en saisissant un sac qui gisait à ses pieds depuis le début.

Il en sortit une perruque d'argent dont les cheveux artificiels étaient roulés de part et d'autre de la coiffe, achevant le costume à la perfection. Drago ne put s'empêcher de rire.

─ C'est une horreur !

─ A qui le dis-tu, répliqua Blaise. Estime toi heureux, je n'ai pas pris de poudre. Paraîtrait-il qu'à l'époque, les hommes se poudraient le nez pour avoir un teint plus harmonieux.

─ Merci Blaise, je n'aurai pas supporté…

Les deux amis se mirent à rire. Quand il fut temps pour Blaise de partir se préparer, Drago entreprit à son tour d'enfiler les bas et les culottes courtes gentiment apportés par son ami. Ce ne fut pas une mince affaire, et Drago comprit qu'à l'époque, les gentilhommes devaient avoir une horde de domestiques à leur portée pour les aider à enfiler toutes ces pièces de tissus. Ce ne fut qu'après de longues minutes – transformées en une petite heure – que Drago put enfin s'admirer dans le miroir. Il était méconnaissable, songea-t-il d'un air amusé. Même sans masque…

─ Le masque … chuchota-t-il.

Blaise avait oublié de lui en fournir un. Du moins c'était ce qu'il pensait, car en cherchant un peu mieux au fond du sac dans lequel se tenait la perruque, Drago découvrit un loup de velours noir très sobre, mais parfaitement assorti au reste de la tenue.

x.x.x

Quand il arriva dans le couloir qui menait à la salle commune, Drago entendit le brouhaha feutré de la foule et la musique classique en fond sonore. La fête avait déjà commencé depuis plusieurs minutes, et il n'était pas le premier arrivé. Il poussa doucement la porte de la salle, un temps secrète, et entra dans un monde nouveau, loin de celui qu'il connaissait depuis sa plus tendre enfance.

Blaise avait fait les choses en grand. Les tentures vertes et argents qui habillaient autrefois les murs avaient disparu, ainsi que les canapés de cuir sombres. A la place, Drago entra dans une véritable salle de bal aux allures de Versailles. C'était grandiose, songea-t-il en s'avançant au milieu de la foule.

Blaise était déjà là, avec une flute de cristal à la main, remplie de champagne.

─ Te voilà enfin, dit-il en lui tendant son propre verre.

─ Tu n'as pas lésiné sur les moyens, répondit Drago en lançant un regard autour de lui.

─ Oh, ce n'est pas grande chose, répondit son ami, un sourire humble au bout des lèvres. Il y a déjà beaucoup de monde.

─ Où les recrues ont-elles trouvé leurs tenues ? demanda Drago, curieux.

─ Je la leur ai fournie. Je connais un loueur de costume sur le Chemin de Travers, il s'est fait un plaisir de nous les louer.

Drago leva les yeux au ciel. Quand il s'agissait de faire la fête, son ami était plein de ressources.

S'avançant au milieu de la foule, Drago s'autorisa enfin à regarder et à se délecter du spectacle. Tous avaient respecté le dress code, et malgré son œil de lynx, sous les masques et les perruques, Drago dut admettre qu'il ne reconnut personne. C'était grisant. D'être quelqu'un d'autre le temps d'une soirée, de ne pas se poser de question sur son rang, sur le rôle à tenir. Finalement, pensa-t-il, Blaise avait eu une très bonne idée.

Les gens entraient petit à petit dans la salle, dont l'entrée n'était plus gardée par un quelconque mot de passe. La salle commune n'était désormais réservée qu'à ce genre de petites sauteries, aussi les formateurs avaient-ils décidé de ne plus demander de mot magique pour y pénétrer. Sans quoi ils auraient dû le donner à tous les invités.

Drago s'approcha du bar où personne ne servait. Blaise avait ensorcelé les bouteilles de vin et de champagne pour servir seules les nombreux verres de cristal qui se tenaient là, aussi, chaque invité se retrouva très vite avec un verre à la main, ainsi que des petits fours – tout droit importés de Londres, selon Blaise. Ce ne fut qu'après son troisième ou quatrième verre que Drago se laissa enfin aller, s'autorisant à parler avec les différents groupes qui s'étaient formés.

─ Eh bien ! lança une jeune femme sur sa droite, je vois que nous ne sommes pas tous logés à la même enseigne.

Drago suivit le regard de cette dernière, et comprit immédiatement ce que celle-ci voulait dire. Une jeune femme venait d'entrer dans la pièce. Sa robe était d'une remarquable beauté, et chaque détail qui l'habillait était délicieusement ouvragé. Aussi sombre que le sang, aussi intrigante aussi, la robe de la jeune femme s'attira de nombreux regards. La jalousie brillait dans les œillades féminines, tandis que l'envie et le désir illuminaient les pupilles de ces messieurs.

Drago l'observa longuement, dans l'espoir vain de deviner son identité. Mais son masque couvrant, sa perruque blanche, et la poudre sur son visage l'empêcha d'émettre la moindre hypothèse. Si les hommes de la soirée n'avaient pas succombé à l'appel de la poudre blanche, les femmes, elles, s'en étaient fardées lourdement. Sans parler de ces grains de beauté éphémères qui étaient apparus au-dessus des lèvres carmins de la gente féminine.

─ C'est qui ? demanda la voix de Crabbe à côté de Drago.

─ Qu'est-ce que tu ne comprends pas dans « anonymat » ? répliqua Blaise avec un sourire méprisant.

─ Elle est pour moi, grogna Crabbe à l'oreille de Goyle.

Ce dernier acquiesça en gloussant avant d'engloutir encore trois petits fours en même temps.

Pendant ce temps, la jeune intrigante se faufila parmi la foule et Drago la perdit rapidement de vue. Pour une fois, il devait admettre qu'il était d'accord avec Crabbe. Cette fille était la grâce incarnée. Il ne savait pas si c'était l'alcool qui embrumait son esprit, mais une vague de jalousie l'avait envahi quand Crabbe avait posé son véto sur elle. Peut-être qu'il aurait aimé tenter sa chance, lui aussi.


Fin du 19ème chapitre ! Alors qu'est-ce que vous en avez pensé ? Pour les costumes, je vous invite à aller voir sur google les tenues des dames et gentilhommes au XVIIIème siècle, ça vous donnera une idée de ce que portent Drago et Blaise ! Ainsi que les robes de ces dames.

Le bal peut donc commencer ! Pauvre Hermione, elle ne sait pas encore que Crabbe a jeté son dévolu sur elle. S'il savait de qui il s'agit ce crétin haha.

J'espère que ça vous plait toujours autant ! Pour le chapitre prochain, vous imaginez quoi ?

A mercredi pour la suite !