Si t'en as marre de cette pluie, tape dans tes mains *clap clap* ! Je ne sais pas chez vous, mais chez moi, c'est pluie, pluie et re pluie. Un temps à écrire me direz-vous, car au moins, je ne suis pas attirée par les bains de soleil de ma terrasse et n'ai rien d'autre à faire que de relater l'histoire des Soldats de Marbre.
Enfin, on dit bien qu'en avril il ne faut pas se découvrir d'un fil. Alors je ne dirai qu'une chose : vivement le mois de mai !
J'espère que tout va pour le mieux pour vous. J'ai été ravie de lire vos commentaires, et de voir la courbe des vues qui grimpe de jour en jour. Je vois que vous êtes de fidèles lecteurs !
Lili Orya : Ahah, si tu en veux plus, c'est que ça te plait vraiment ! Malheureusement, je ne peux humainement pas écrire plus en ce moment. Je suis en zone B, et ne serai donc en vacances que le 20 avril. Je suis impatiente, car mes élèves me rendent chèvre en ce moment.
Harryliada : Bella et flippant, ce sont des synonymes non ?
Plinchy : Oh, merci, je vais rougir !
Swangranger : Et oui, quand Bella passe, les recrues trépassent ! Il fallait bien qu'elle vienne mettre son grain de sel.
Leolili : En effet, c'était de la transition, et j'espère que ce chapitre te plaira davantage.
Dame Lylith : Merci ! En effet, Drago n'est pas du genre à supporter sa tante, alors à un moment ou un autre, ça risque de faire des étincelles !
Fleur d'Ange : En effet, Expélliarmus et Stupefix, ça va deux minutes, mais ne serait-ce pas là un acte manqué de la part de Drago qui n'aurait pas tellement envie d'élever une armée ? Voici la suite, j'espère que ça te plaira !
Bonne lecture !
Les traits de Bartholomew étaient déformés par la douleur. Sa bouche, légèrement entrouverte, peinait à trouver l'air nécessaire à sa survie, ses yeux étaient révulsés et il semblait ne plus être conscient de ce qui l'entourait. Comme si le sort l'avait enveloppé d'une bulle mortelle, où il ne subsister que sa douleur et l'envie devenue évidente d'en finir. La mort avait cela de doux qu'elle ne frappait qu'une fois, et promettait une quiétude éternelle où la douleur et la peine n'avaient pas leur place. Malheureusement pour Bart, Bellatrix était passée maître dans l'art de la torture. Elle savait faire mal sans tuer. Et c'était son plus grand pouvoir. C'était ainsi qu'elle avait rendu fou le couple Londubat, ainsi qu'elle avait poussé au suicide de nombreux moldus et nés moldus. Ainsi, jamais on n'aurait pu l'accuser de meurtre. Elle était bien trop maligne pour cela.
Quand il devint certain que Bartholomew perdait peu à peu son souffle de vie, Bellatrix baissa sa baguette et laissa sa victime retomber lourdement sur le sol. Autour de lui, les recrues retenaient leur souffle. Si la potion les rendait dociles et soumis, elle ne les empêchait pas de ressentir de l'empathie et de la peine pour le monde qui les entourait. Aussi, des regards brillants et tristes s'étaient rivés vers le pauvre Bartholomew qui reprenait petit à petit ses esprits.
─ Voilà, mesdemoiselles, messieurs, ce qu'est un véritable sort d'attaque.
Bellatrix semblait fière d'elle. Elle n'eut pas un seul regard pour Bart. Elle n'avait d'yeux que pour son neveu. Une lueur de défi brillait dans ses pupilles démentes, une lueur qui signifiait « Voilà, Drago, comment on forme une armée. T'en crois-tu capable ? ». Heureusement pour lui, Drago n'eut pas besoin de répondre à cette question muette. Tant mieux d'ailleurs, songea-t-il, car il aurait été bien incapable de répondre.
Bartholomew avait tout juste repris contenance, et tentait désespérément de se remettre debout quand Bellatrix leva à nouveau sa baguette. Durant les dix minutes qui suivirent, elle ne lui offrit aucun répit. Elle lui lançait un sort, puis arrêtait, lui laissait le temps de revenir à lui, et recommençait. C'était un terrible spectacle que Mrs. Lestrange leur offrait là, si terrible que nombreuses furent les recrues qui détournèrent le regard.
Drago s'était glissé dans le fond de la pièce, et regardait, l'œil vide, sa tante qui semblait terriblement s'amuser. Il avait croisé les bras sur sa poitrine, et attendait patiemment que cela ne cesse. Car bientôt, elle se lasserait, et laisserait sa pauvre victime tranquille. Peut-être en prendrait-elle une autre, ou peut-être tournerait-elle les talons, de manière définitive, Drago l'espérait.
─ Viscera ! répéta Bellatrix pour ce qui semblait être la douzième fois.
Bartholomew n'avait même plus la force de crier. En réalité, il donnait l'impression de ne même plus avoir la force de souffrir. Il semblait attendre la mort, qui ne venait jamais. Drago, qui avait le visage fermé, et crispé, regardait les recrues autour de lui. Toutes affichaient une mine désolée. Sauf une. Sur les beaux traits de Granger, Drago ne lut que la haine et la colère. Elle avait serré ses petits poings le long de son corps, et il pouvait voir sa mâchoire se crisper alors qu'elle ne détournait pas une seule seconde ses yeux mordorés de son ami.
En une fraction de seconde, Drago se trouva à côté d'elle. Ce fut au même moment qu'elle amorça un pas en avant, dans l'unique but de tenir tête à Bellatrix. Silencieusement, Drago s'empara de la main d'Hermione et la serra assez fort pour qu'elle n'avance pas davantage. Entre ses dents serrées, il murmura pour qu'elle seule puisse l'entendre :
─ Ne sois pas stupide, c'est presque terminé.
Elle ne répondit pas, et Drago crut un instant qu'elle ne l'avait pas entendu. Elle n'avait pas détourné les yeux de Bart, et rien dans sa posture ne laissait entrevoir qu'elle avait compris le message. Pourtant, sa main, jusqu'alors serrée dans celle de Drago, se desserra doucement. Ses ongles qui s'étaient enfoncés dans le dos de la main de Drago semblèrent se rétracter et laissèrent derrière eux des petits croissants de lune blancs, qui laisseraient sans aucun doute quelques traces à Drago pour les jours à venir.
Drago tourna doucement la tête pour mieux la regarder. La colère n'avait toujours pas abandonné son visage, mais elle semblait moins déterminée. Sa réaction n'avait rien d'étonnant, car Hermione était née pour la justice et l'égalité. Elle était née pour la tolérance et la lutte contre les discriminations. Le châtiment affligé à Bartholomew était pour elle le comble de l'injustice, et il était dans sa nature d'intervenir dans de pareils moments. Mais elle était assez intelligente pour comprendre qu'ici, intervenir ne sauverait pas son ami. Au contraire, vexée dans son égo d'être interrompue, et remise en cause, Bellatrix n'aurait fait que redoubler d'astuce pour faire souffrir davantage ce pauvre Bart.
─ Et voilà ! s'exclama Bellatrix avec un large sourire. J'imagine que vous avez plus appris en dix minutes qu'en six mois.
Elle lança un regard moqueur à Drago qui lâcha immédiatement la main d'Hermione et s'avança vers elle d'un pas nonchalant.
─ Ils n'ont rien appris du tout, ma tante, si ce n'est regarder un spectacle déplaisant.
─ Ils ont vu la théorie, je compte sur toi pour t'occuper de la partie pratique. Il ne s'agirait pas de faire tout ton travail, mon cher Drago.
Drago serra les dents et inclina doucement la tête dans un signe hypocrite de remerciement. Bellatrix sembla s'en satisfaire et se dirigea de son pas lourd vers la porte de la salle. Avant de la quitter, elle se retourna une dernière fois pour dire à Drago :
─ J'ai quelques affaires à régler, mais je serais là pour le dîner. Je repartirai ce soir.
Et avant que Drago n'ait pu répondre quoi que ce fut, elle avait disparu dans les méandres du château. Il se demanda quelle sorte d'affaire sa tante pouvait bien avoir à régler dans les alentours, mais ne fut pas mécontent d'apprendre que ses heures à Poudlard étaient comptées, et qu'elle ne tarderait pas à quitter – enfin ! – les lieux.
L'heure du déjeuner avait sonné, et toutes les recrues quittèrent peu à peu la pièce. Certaines d'entre elles étaient verdâtres, nauséeuses du spectacle qu'elles venaient de voir, mais cela ne les empêcha pas de ramasser ce pauvre Bart et de l'entraîner avec elles jusqu'à la Grande Salle. Drago se retrouva bientôt seul avec Hermione qui étaient restée en arrière, prétextant refaire ses lacets défaits.
─ Allez Granger, va manger, ordonna Drago d'une voix douce et basse.
Hermione se redressa et le regarda droit dans les yeux avec ce petit air de défi qu'il affectionnait tant.
─ Pourquoi tu m'as empêché d'intervenir ? dit-elle en faisait claquer sa langue contre son palais.
─ Parce que ça ne t'aurait attiré que des ennuis, gronda Drago.
─ Qu'est-ce que ça peut te faire, Malefoy ?
Ils se disputèrent ainsi durant de longues minutes. Tout en se provoquant, ils quittèrent la salle de classe qui avait servit de scène à Bellatrix, et se dirigèrent d'un pas lent vers la Grande Salle. Ils étaient sur le point de dépasser une salle de classe vide, quand Drago entendit des voix provenant de celle-ci. Des voix familières. Il cessa aussitôt toute dispute avec sa recrue et tendit l'oreille en tendant un doigt en direction d'Hermione pour l'inciter au silence.
Bientôt, ils se retrouvèrent tous les deux à tendre l'oreille en direction de la porte à moitié close. Drago ne s'était pas trompé. C'était bien les voix de Bellatrix et de Crabbe qu'il entendait dans la salle. Hermione ne disait plus un mot, et écoutait, elle aussi d'une oreille attentive. Tous les deux s'étaient presque collés contre la porte, sans se concerter, se collant l'un à l'autre, par inadvertance.
─ Je pense que Drago a compris que je n'approuve pas ses méthodes, déclara Bellatrix. Je viens de lui montrer ce que j'attendais de lui, j'espère que ça lui servira de leçon.
─ Vous êtes bien bonne avec lui, Miss Bella, minaudait la voix de Crabbe.
Drago et Hermione se regardèrent en silence. « Miss Bella » ? Depuis quand Crabbe appelait-il sa tante par ce sobriquet ridicule ? Cela ne semblait pas déplaire à Bellatrix cependant, car lorsqu'elle reprit la parole, on pouvait devenir le sourire dans sa voix.
─ En tout cas, comme prévu, aucune recrue ne s'est interposée. Depuis que l'on met de la potion de soumission dans la nourriture aussi, tout va pour le mieux. Le maître est fier de l'idée que tu as eue, Vincent. Il saura te récompenser en temps et heure.
─ Servir le maître est ma seule motivation. Et vous, bien sûr.
La voix de Crabbe était douce et mièvre. Une pointe d'adoration transparaissait et laissait Drago songeur. Jamais il n'avait imaginé que Crabbe puisse se montrer si prévenant. C'en était surprenant, et même un peu dégoûtant. Bellatrix semblait très sensible à ses minauderies et se gardait bien de l'empêcher d'en dire davantage.
Au-delà du sentiment de dégoût que lui provoquait cet entretien, Drago sentit aussi la colère monter en lui. Il venait de mettre le doigt sur ce qui le dérangeait depuis des semaines, des mois même. La soumission excessive des recrues, le regard terne et vide d'Hermione, leur air docile et mort. Les recrues donnaient l'impression de pantins désarticulés qui agissaient au grès des envies de leur marionnettiste. Voilà qui s'expliquait par la présence de la potion de soumission dans la nourriture. Jusqu'ici, le Seigneur des Ténèbres s'était contenté d'entre mettre dans les boissons chaudes, le café uniquement, mais à présent nul ne pouvait y échapper, car une chose était sûre : toutes les recrues mangeaient.
Mais ce n'était pas tout. Le pire était que Vincent Crabbe ait donné l'idée. Cela démontrait deux choses : premièrement, qu'il n'était pas aussi stupide qu'il n'y laissait paraître. Et deuxièmement … Il était au courant de la potion depuis le début, contrairement à Drago qui avaient dû faire des recherches de son côté. Le Seigneur des Ténèbres n'avait pas cru bon de mettre son poulain au courant, ce qui ne signifiait qu'une chose : il n'avait pas totalement confiance en Drago.
─ J'en étais sûre, murmura Hermione à côté de Drago.
Il avait presque oublié sa présence. Pourtant, son parfum lui chatouillait les narines depuis de nombreuses minutes. Il pouvait sentir son souffle chaud et profond sur sa joue, et leurs mains se frôlaient faiblement. Elle avait ouvert ses grands yeux bruns, et regardait un point dans le vide, trop occupée à écouter attentivement ce qui se disait de l'autre côté de la porte.
Cette phrase était exactement la même que celle qu'elle avait prononcé quand Drago lui avait déconseillé le café. « J'en étais sûre », c'était comme si une petite lumière s'était allumée dans ses yeux, une lumière intelligente et maligne. Dans sa tête, les rouages rouillées de son intelligence bafouée reprenaient peu à peu du service.
─ Tu étais au courant ? demanda-t-elle en se tournant vers Drago.
Drago hocha doucement la tête. Non, il n'en savait rien.
─ Voldemort ne te l'a pas dit ? Je croyais qu'il disait tout à son petit protégé…
Drago avait une désagréable impression de déjà-vu. C'était mot pour mot la phrase qu'elle avait dite quelques mois plutôt. C'était ces mêmes paroles qui avaient vu naître le début de leur collaboration. Drago sentit son cœur se serrer, ce temps lui paraissait déjà si loin.
─ De toute évidence, grinça-t-il en levant les yeux au ciel. Mais tu as…
─ Chut ! gronda Hermione qui s'était redressée subitement. J'ai l'impression d'avoir déjà entendu cette conversation… ajouta-t-il d'une voix blanche.
Elle écarquilla les yeux, et soudain ce fut comme si un film s'était mit à défiler sous ses paupières. Le café ensorcelé, les recherches dans la réserve, des heures entières à feuilleter ces livres poussiéreux qui ne semblaient pas vouloir lâcher leurs secrets. Et puis il y avait eu le cachot n°6, c'était celui de Rogue… Son chaudron flambant neuf qui avait pourtant des siècles, et cette étincelle, l'explosion dans les sous-sols. Et enfin, ces yeux gris au-dessus d'elle, des yeux doux et tendre, une bouche remplie de désir, et ses mains sur ses hanches… Et soudain, le sort d'oubliette de Bellatrix Lestrange.
Submergée par le retour soudain de ses souvenirs, Hermione se sentit vaciller. Le sang bourdonnait à ses oreilles, et sa vue se brouilla brusquement. Bientôt, ses jambes ne la portèrent plus, et elle s'écroula dans les bras de Drago, complètement inconsciente.
Que ceux qui pensent « ENFIN ! ELLE RETROUVE LA MÉMOIRE » tapent dans leurs mains et laissent un commentaire (comment ça j'essaie de gratter quelques com ? :D). Il était temps je pense, en y réfléchissant, elle avait perdu la mémoire depuis le chapitre 13, ce qui fait donc 11 chapitre sans mémoire.
Je crois que vous aviez hâte, et je dois dire que moi aussi.
Qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? la relation un peu tordue de Bella et Crabbe ? Le retour des souvenirs ? pas trop tôt, pas trop tordu, assez cohérent ? Je voulais éviter l'éternel « coup à la tête » qui redonne la mémoire …
Allez à dimanche pour la suite !
