Et me voilà pour le 27ème chapitre, en vacances et lézardant au soleil avec délice. Ce n'est pas trop bon ce beau temps ? Il fait une de ces chaleurs, j'ai l'impression qu'on est passé de l'hiver à l'été en un claquement de doigts ! Où est le printemps, je vous le demande !
Mais assez bavardé, je vous remercie d'être toujours plus nombreux à lire mon histoire, et je remercie tout particulièrement ceux qui me laissent une petite trace de leur passage. Vous êtes mes lecteurs préférés (et j'ai pas peur de le dire !)
Swangranger : Ils sont conscients les autres, mais sont totalement soumis, donc ne font pas spécialement au monde qui les entoure. Merci pour ton commentaire !
Lovely Hatred : Ahah c'est un chapitre confrontation alors j'espère qu'il te plaira !
Harryliada : Ahah Crabella le pied. Je n'en dis pas plus sur Neville et Luna ….
Plinchy : Et oui, Lionne toujours ! Crabella c'est TROP la classe !
San713 : Aaah pour l'Ordre, je n'en dis pas plus pour l'instant, vous verrez au fil du temps. En effet, Blaise et Drago sont attentionnés mine de rien !
Jencha1994 : Pour la lettre, je te laisse lire le chapitre ! Mais n'oublions pas qu'on n'est pas au pays des bisounours ici hein !
Leolili : Ah, Drago c'est pas un grand bavard en ce qui concerne ses sentiments. Mais il faudra bien qu'il parle à Hermione un jour. Voici la suite !
Lili Orya : Crabella c'est plus classe que Cruella quand même non ? hihi.
Fleur d'Ange : Crabbe est souvent là au mauvais moment ! Je suis désolée que tu aies trouvé le chapitre trop court, mais c'est vrai qu'en 2 000 mots je ne peux pas en dire trop. Voici le nouveau chapitre !
Dajou : ahah ca aurait été trop facile non ? Voici la suite et merci pour ton commentaire !
Dame Lylith :C'est sûr que ce serait bien plus facile, mais encore faut-il y arriver haha !
Bonne lecture !
La volière, qui avait toujours été un endroit paisible et serein aux yeux de Drago était désormais chargée en électricité. Les yeux de Granger lançaient des éclairs en direction de Drago, et celui-ci soutenait son regard sans jamais ciller. Elle était sortie de sa cachette, ses petits poings serrés de colère, ses jointures pâlissants à vue d'œil. Hermione elle-même était pâle, et avait l'air malade de celle qui n'avait pas mangé à sa faim – pas mangé du tout en réalité – ce derniers jours. Drago restait silencieux dans l'attente patiente d'une explication, de mots qui viendraient défendre sa cause. Mais Hermione, trop digne, trop en colère aussi, se mura dans un silence lourd et pesant qui eut le don d'agacer Drago.
─ Alors ? demanda-t-il finalement d'un ton qui trahissait son humeur.
─ Alors quoi ? grogna Hermione, une lueur de défi brillait déjà dans l'or de ses prunelles.
Elle avait repris du poil de la bête, songea Drago. Jusqu'alors, la potion de soumission qu'elle ingérait l'avait rendu plus docile, bien moins provocatrice qu'elle ne l'était en temps normal. Mais à présent qu'elle refusait catégoriquement de se nourrir, son caractère bien trempé reprenait le dessus. Drago fit claquer sa langue contre son palais d'un air impatient, et laissa ses glisser jusqu'aux mains de Granger. Si elle était là, ce n'était pas pour rien. La seule chose qu'on pouvait trouver dans une volière c'était des hiboux, et des lettres.
Bientôt, il aperçut un petit bout de parchemin dépasser de la paume étroitement serrée de Granger. Dans un geste vif qu'il devait à des années d'entraînement d'attrapeur dans l'équipe de Quidditch de sa maison, il s'empara du parchemin avant même qu'Hermione ne s'en aperçoive. En temps normal, il aurait été moins aisé de récupérer la missive, mais quoi que pouvait en dire Hermione, sa force s'amenuisait de jour en jour à cause de son jeun, et elle ne pourrait pas lutter bien longtemps.
─ Qu'est-ce que c'est ? demanda Drago d'une voix menaçante alors qu'il ouvrait le parchemin.
Ses yeux parcoururent brièvement les quelques mots griffonnés sur le parchemin jauni et laissa échapper un soupir. Etait-elle naïve à ce point ? Il ne put s'empêcher de ressentir une pointe de déception. Pensait-elle vraiment qu'elle pourrait correspondre avec le monde extérieur sans que personne ne s'en aperçoive ? Les hiboux étaient ensorcelés pour se rendre à un seul et unique endroit : le Manoir Jedusor. Malgré ses efforts pour coder son message, Hermione n'aurait rien reçu d'autre qu'une séance de torture de la part du Seigneur des Ténèbres pour lui apprendre à envoyer du courrier aux supposés membres restants de l'Ordre du Phénix.
─ Une lettre, marmonna Hermione en haussant les épaules d'un air nonchalant.
─ Vraiment ? se moqua Drago d'un air irrité. Heureusement que tu es là pour me le dire, Granger, j'aurai pu croire que c'était une bouteille à la mer jetée par un esprit désespéré et naïf.
Hermione ne baissa pas les yeux, mais il vit les flammes de la colère menacer sous les braises ardentes de sa dignité. Elle ne prit pas la peine de nier, et grand bien lui faisait, car Drago n'appréciait pas tellement qu'on se paie sa tête. Il secoua le parchemin d'Hermione sous son nez et questionna d'une voix basse, presqu'hypnotisante. Il avait appris avec le temps qu'hurler ne servait à rien. Il préférait utiliser un ton bas, qui résonnait jusque dans le ventre de ses interlocuteurs.
─ Je répète ma question. Qu'est-ce que c'est ?
Elle prit le temps de la réflexion, et jugeant qu'elle était dos au mur, Hermione se contenta de répondre sur le même ton bas et caverneux.
─ Une bouteille à la mer jetée par un esprit désespéré et naïf, lança-t-elle.
Drago eut un sourire sans joie.
─ Tu avais bon espoir ? demanda-t-il finalement.
─ Aucun, répondit-elle. Mais je n'ai rien à perdre, alors…
Drago médita quelques instants ces paroles, qui résonnèrent familièrement dans ses oreilles. Avait-il lui-même quelque chose à perdre ? Il crut d'abord que la réponse était « rien », puis le visage blafard et malheureux de Pansy vint flotter devant son visage. Non, il n'avait rien à perdre, mais Pansy oui, et Drago refusait d'être l'instigateur de ses tortures.
─ La vie, peut-être, dit Drago d'une voix éteinte, comme si lui-même n'y croyait pas vraiment.
─ Ce n'est pas une vie, que nous menons ici.
Le choix de ses mots étaient curieux. Elle n'avait pas pris la peine d'utiliser la première personne, au contraire, elle l'avait inclus dans ses paroles. Comme si elle savait, au fond d'elle, que Drago non plus n'aimait pas la vie qu'il menait. Qu'il aurait préféré mourir, sans doute, que de supporter cela davantage. Drago n'ajouta rien et se contenta de relire une dernière fois la lettre qu'elle avait écrite quelques heures plus tôt.
─ L'ordre du Phénix est fini, Granger, souffla-t-il simplement.
─ Qu'est-ce que tu en sais ? Tu passes ton temps dans ce château miteux, avec nous. Tu n'en sais pas plus que moi, répliqua Hermione d'un ton rageur.
C'était comme si elle n'acceptait pas qu'il puisse tenir un tel discours. Drago eut alors une drôle de pensée. Il avait cru qu'elle avait abandonné tout espoir de regagner, un jour, les rangs de la rébellion. Mais il avait tort. Le cœur d'Hermione battait inexorablement pour la justice, et alors que tout semblait perdu, il eut la sensation brève mais profonde, qu'à elle seule, elle pourrait soulever des montagnes. Et il n'aimerait pas être sur son chemin, si ce jour devait arriver.
Sans un mot, Drago sortit sa baguette et brûla lentement mais sûrement le bout de parchemin. Relativement petit, il prit feu rapidement, et se transforma en quelques secondes en un petit tas de cendres noircies qui tomba sur le sol déjà malpropre. Hermione regarda le parchemin incandescent se consumer sous ses yeux. Elle resta silencieuse, longuement, jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien de son appel à l'aide, de sa bouteille à la mer. Quand elle releva les yeux, la colère jusqu'alors couvée, semblait avoir pris le dessus dans ses yeux mordorés.
─ Pourquoi ? s'écria-t-elle brusquement.
─ Pourquoi quoi, Granger ? répondit Drago sur le même temps. Pourquoi je brûle cette lettre ? Parce qu'elle ne t'attirera que des ennuis. Parce que si Bellatrix ou le Seigneur des Ténèbres tombent dessus, ce ne sera pas la cavalerie de l'Ordre qui viendra te chercher, mais bien des mangemorts assoiffés de pouvoir et de sang.
Hermione resta bouche bée. Elle ne s'était pas attendue à une telle réponse. Les mots de Drago la rassérénèrent d'ailleurs, et elle ouvrit plusieurs fois la bouche, sur le point de parler, avant de la refermer. C'était comme si elle cherchait ses mots soudainement. Miss Je Sais Tout avait toujours eu beaucoup de choses à dire, mais voilà qu'aujourd'hui, elle se taisait.
─ Tu n'es pas comme les autres, Drago, murmura-t-elle finalement d'une voix plus douce, plus apaisée.
Drago se sentit frissonner. Voilà des mois qu'elle ne l'avait pas appelé par son prénom. C'était si doux, si apaisant qu'il sentit ses muscles se décontracter tout d'un coup. Il n'avait même pas fait attention à la crispation de son corps ni à ses poings serrés.
─ Ca ne change rien, répondit-il finalement.
─ Si … Ca change tout. Ca change tout parce que je ne veux pas être contre toi. Et je sais que toi non plus.
Drago resta silencieux.
─ On pourrait partir, dit-elle.
Ce n'était pas la première fois qu'elle prononçait cette phrase.
─ On pourrait, lâcha finalement Drago. Mais les conséquences seraient bien trop terribles.
Et alors qu'Hermione s'apprêtait à lancer un argumentaire sur les conséquences qui ne seraient pas si terribles que ça, Drago tourna les talons et la laissa seule, au milieu des oiseaux. Il descendit les escaliers d'un pas rapide et lourd. A la manière d'Atlas, Drago avait l'impression de porter le poids du monde sur ses épaules. Parce qu'il était tiraillé entre de trop nombreux dessins. D'un côté, il n'aspirait qu'à fuir cette guerre qu'il ne concevait pas, il se voyait tourner le dos au Seigneur des Ténèbres et poursuivre sa propre voix. De l'autre, il sentait son bras, où le serment inviolable prenait place, le picoter légèrement, tandis que le parfum doux et délicat de Pansy lui chatouillait déjà les narines.
Il ne pouvait pas lui faire ça. Tant que Pansy serait entre les griffes de Lord Voldemort, Drago ne pourrait se résoudre à tourner le dos à son maître. Parce qu'elle était bien trop chère à ses yeux.
x.x.x
─ Je descendais justement aux cuisines, murmura Blaise en croisant Drago qui redescendait de la voilière.
─ Je t'accompagne.
Blaise hocha la tête, et tous deux se dirigèrent vers les cachots où les cuisines étaient situées. Drago ne prit pas la peine de raconter à Blaise sa petite entrevue avec Granger. Moins Blaise en saurait, et mieux ce serait. Il ne tenait pas à ce que son meilleur ami soit mis dans de beaux draps par sa faute. De la même manière que cela faisait près de trois mois qu'il gardait le secret pour Pansy, Drago se promit de ne pas trop en dire à Blaise. Au cas où les choses tourneraient mal, Blaise seraient alors totalement mis hors de cause.
Quand ils arrivèrent dans les cuisines, celles-ci étaient déjà baignées dans l'effervescences qui les caractérisait si bien à quelques heures seulement du déjeuner. Les elfes, à la manière de petites fourmis grouillant dans leur fourmilière, s'activaient en silence, ne brisant celui-ci qu'à coup de casseroles en métal et autres couverts assourdissants. Quand ils virent les deux formateurs arriver, deux petits elfes se précipitèrent vers eux.
─ Les maîtres ont besoin de quelque chose ? couina l'un d'entre eux de sa petite voix suraiguë.
─ Non, dit Blaise d'un ton ferme, nous jetons juste un œil pour nous assurer que tout se passe bien ici. Ce n'est qu'une visite de contrôle.
Les deux elfes ne semblèrent pas surpris outre mesure, ils se contentèrent d'acquiescer et reprirent leurs tâches là où ils les avaient laissées. Blaise et Drago se regardèrent en silence, et se mirent à la recherche d'une quelconque marmite de potion de soumission. Après plusieurs minutes de recherche, ce fut Blaise qui appela Drago à l'autre bout de la cuisine.
─ Regarde, dit-il en lui montrant des chaudrons alignés les uns à la suite des autres.
Drago jeta un œil et glissa un doigt à l'intérieur de l'un d'entre eux qui contenait une sauce à la viande épaisse et à l'air délicieux. Il porta son doigt à ses lèvres et ne fut pas surpris d'avoir le léger arrière-goût âcre et amer qu'avait déjà laissé la potion dans le café des recrues.
─ J'ai presque tout goûté, dit Blaise à voix basse. Et le goût de la potion est dans toutes les préparations liquides. Les sauces, les crèmes, la pate à pancakes, les crèmes desserts.
─ C'est assez logique, souffla Drago. La potion est elle-même liquide, d'où l'intérêt de la mettre dans les préparations liquides. Mais comment s'assurer que toutes les recrues en consomment bien ?
─ Il y en a aussi dans l'eau, dit Blaise d'une voix blanche. Tout le monde en boit.
Ainsi donc, pour être sûr que chacune des recrues consomme bien la potion de soumission, Bella ou peut-être Crabbe avait eu l'idée d'en mettre directement dans l'eau des recrues. Drago devait admettre que l'idée était loin d'être sotte.
─ J'ai dit à Thaïs de ne plus manger ça, dit Blaise doucement.
Il semblait avoir peur de la réaction de Drago.
─ Tu as bien fait, soupira ce dernier. Hermione ne mange pas non plus depuis deux jours. Il faudra trouver un moyen de leur apporter des légumes et fruits sans sauce.
─ Et pour l'eau ? demanda Blase, tendu.
─ Il faudra leur donner celle des formateurs.
Ce fut à cet instant que, sans vraiment s'en rendre compte, Drago mettait un pied dans le vaste plat qu'était la résistance à Lord Voldemort. Lui qui avait toujours cru que la rébellion s'affichait sous l'étendard de l'Ordre du Phénix, ne réalisa pas qu'il venait d'apporter sa pierre à l'édifice. Car élaborant un plan qui allait à l'encontre de celui du Seigneur des Ténèbres, Drago était en train de devenir l'un de ceux qu'il avait toujours combattu. Mais combien de temps lui faudrait-il pour s'en rendre compte ? Si ce jour devait arriver, il faudrait alors faire attention à ce qu'il ne soit pas trop tard…
Ahah ! Et oui, Drago, à vouloir voler trop près du Soleil, tu risques de te brûler les ailes ! Alors qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? Hermione n'a pas encore tout à fait décoléré, mais elle tente peu à peu de convaincre Drago de partir.
En tout cas, Drago et Blaise sont sur la bonne voie pour faire une mutinerie et s'opposent peu à peu à leur maître sans vraiment s'en rendre compte, agissant sous le drapeau de l'amour et de la bienveillance.
Pas de Crabella pour ce chapitre, mais ils reviendront, promis ! A mercredi pour la suite !
