En ce dimanche froid et pluvieux, je vous présente le chapitre 33. Je n'arrive pas à croire qu'on en est déjà là ! 33 chapitres, c'est quand même dingue, non ? Je crois que c'est la plus longe fiction que j'ai écrite jusqu'ici en termes de chapitres. Je ne suis pas peu fière d'avoir trouvé la force de reprendre en main cette fiction. Si je ne me trompe pas, il reste encore une vingtaine de chapitres, avant que je ne l'achève, et j'espère que vous resterez avec moi, jusqu'à la toute fin.
Je remercie les nombreux lecteurs, nous avons dépassé le cap des 40 000 vues, ce qui n'est pas rien à mes yeux (mais sûrement que JKRowling trouverait cela ridicule et insignifiant haha). Nous avons aussi dépassé le cap des 400 reviews, je ne sais pas comment vous remercier, vous me faites chaud au cœur !
Chapou69 : Oh merci, je suis vraiment contente que tu n'aies pas trouvé ça lassant ! Ton commentaire me touche, je suis toujours très émue quand on me parle de mon travail d'écriture !
Bambi16 : Aaah tant mieux si tu apprécies Pansy parce que c'est l'un de mes personnages préférés dans mes fictions en général, j'aime en faire quelqu'un d'indépendant et de fort. Merci pour tes encouragements et tes mots qui me touchent vraiment, j'espère que ce chapitre te plaira tout autant.
Jane9699 : Merci ! Je pense qu'il en reste une vingtaine, peut-être un peu plus, mais je ne sais pas exactement haha.
Leolili : Ah non, dans cette fiction pas de retour en arrière, mais beaucoup d'obstacle malheureusement. Ils ne sont pas encore tirés d'affaire, et malgré ce qu'on voudrait nous faire croire, l'amour ne fait pas tout !
Dajou : Merci ! Je ne voyais pas Hermione accepter Pansy aussi facilement ! Voici la suite.
Dame Lylith : Courage pour ton boulot alors ! Et poster une review à chaque fois n'est pas du tout une obligation ,). Merci en tout cas j'espère que ce nouveau chapitre te plaira.
Lili Orya : Et oui, Hermione, même si elle a envie de fuir, est heureuse de voir la loyauté de Drago envers Pansy. Et merci pour ton petit mot, je ne sais pas si c'est fort haha, mais je n'arrive à écrire que comme ça. Parfois je suis plus inspirée que d'autres…
JudorangeHp : Merci pour toutes tes reviews sur les chapitres précédents, je suis désolée pour toi, mais tu es à présent obligée d'attendre les dimanches et mercredis pour avoir la suite haha.
Jules des Bois : Merci ! Honnêtement ce n'est pas tant une histoire de détermination qu'une affaire d'inspiration ! Ce que tu me dis me va droit au cœur, car c'est en effet ce que j'essaie de faire transparaître : de la noirceur, mais aussi le quotidien routinier de la guerre ! Ecrire du point de vue de Drago est un exercice de style compliqué, mais j'aime être pour une fois dans sa tête plutôt que dans celle d'Hermione.
Swangranger : Merciiii tu es adorable ! Voici la suite.
Bonne lecture !
Les rayons blancs et chauds du soleil vinrent caresser les paupières clauses de Drago. C'était doux et agréable, tout autant que la peau chaude d'Hermione qui reposait dans la paume de sa main. Ses doigts s'enfoncèrent légèrement dans l'une des cuisses d'Hermione tandis que ses yeux s'ouvraient difficilement, papillonnant sous la lumière aveuglante de l'astre du jour. Ses yeux glissèrent sur le corps nu partiellement caché par les draps qui dormait à côté de lui. Ses cheveux tombaient en cascade de boucles brunes sur son visage paisible, cachant à moitié ses traits fins par lesquels transparaissait une quiétude enfantine rassurante. Drago savait que ce moment de sérénité ne tarderait pas à s'achever, car bientôt, la cloche sonnerait l'heure du déjeuner, et avec, le début des entraînements de l'après-midi. Cependant, il ne put s'empêcher de profiter de ces derniers instants, frôlant de la pulpe de ses doigts la peau d'albâtre d'Hermione, humant son parfum suave et laissant ses cheveux lui chatouiller délicatement le nez. Sans pouvoir s'en empêcher, et déposa un baiser sur le sommet du crâne de celle-ci, savourant une dernière fois le satin de son épiderme.
─ C'est l'heure ? demanda Hermione d'une voix endormie, les yeux toujours fermés.
Drago esquissa un sourire. Depuis combien de temps ne dormait-elle plus ? L'avait-il réveillée en l'embrassant, ou profitait-elle de ses caresses depuis le début ? Toujours allongée sur le ventre, la tête enfoncée dans l'oreiller, Hermione ouvrit un œil et lança lui lança un regard doux et bienveillant.
─ Non, il nous reste une dizaine de minutes avant que la cloche sonne.
Hermione eut un soupire d'aise et s'étira à la manière d'un chat avant de rouler sur le côté et de poser sa tête aux cheveux hirsutes sur l'épaule de Drago. Celui-ci l'enlaça naturellement et laissa reposer sa joue contre le sommet de sa tête.
─ Qu'est-ce qu'on va faire ? demanda simplement Hermione dont les pensées semblaient bien similaires à celles qui hantaient l'esprit de Drago.
Qu'allaient-ils faire ? Pouvaient-ils se contenter de ces instants volés ? Y-en-aurait-il d'autres ? Combien de temps supporterait-il de voir Hermione malheureuse d'être enfermée ici ? Tant de questions qui ne trouvaient pas de réponse.
─ On va s'habiller et aller s'entraîner, j'imagine, répondit Drago, conscient de ne pas lui donner la réponse qu'elle espérait.
Elle soupira et Drago l'imagina lever les yeux au ciel.
─ Ce n'est pas ce que je voulais dire…
─ Je sais, répliqua Drago. Mais pour l'instant, je n'ai aucune idée de ce qu'on peut faire, Hermione. Ce n'était qu'une parenthèse dans notre quotidien…
Hermione se redressa sur un coude et lança un regard noir à Drago.
─ Une parenthèse ? répéta-t-elle d'une voix dure.
─ Je veux dire, un moment volé à notre routine militaire, soupira Drago. Quoi qu'il se passe entre nous, je ne peux pas me permettre de changer mes habitudes.
Hermione le regarda avec des yeux ronds.
─ Pour Pansy, dit-il doucement en caressant du pouce la joue pâle d'Hermione.
Celle-ci sembla se rasséréner à ces paroles, et Drago ne put s'empêcher de sourire quand elle appuya un peu plus sa joue contre la paume de sa main. Il ne regrettait pas ce qu'il venait de se passer. Après tout, il l'avait espéré secrètement depuis des semaines, des mois peut-être. Mais à présent, il se sentait pris entre deux feux. D'un coté son désir de protéger Pansy, de l'autre, sa volonté d'offrir à Hermione un avenir meilleur.
─ Habillons-nous, proposa Hermione en se levant. Tu as raison, pour l'instant, nous devons faire ce que nous savons le mieux faire. Etre de bons petits soldats de marbre.
Sur ces mots, elle déposa un baiser brûlant sur le coin des lèvres de Drago et se mit à la recherche de ses vêtements, éparpillés sur le sol de la chambre de ce dernier.
x.x.x
Drago arriva le premier dans la Grande Salle, laissant à Hermione le temps de repasser par le dortoir pour récupérer des vêtements propres. Les mains dans les poches, le regard inexpressif, il passa dans l'allée centrale sans accorder un seul regard à ce qui se passait autour de lui. Il arriva à la table des formateurs où Blaise découpait avec application une côte de porc grillée. Drago s'installa à ses côtés et entreprit de se servir une assiette dégoulinante de purée, de courgettes à l'ail et de saucisses baignées dans de la sauce tomate. Il ne s'en était pas aperçu jusqu'à présent, mais il mourait littéralement de faim.
─ Bien reposé ? demanda-t-il finalement à Blaise.
Blaise ne répondit pas, et Drag crut un instant qu'il ne l'avait pas entendu, trop occupé à manger avec entrain ses pommes frites. Mais quand il répéta sa question et qu'une fois encore Blaise ne répondit pas, Drago sentit comme une pierre tomber dans son estomac. Il posa lentement ses couverts, et avala difficilement sa bouchée avant de reprendre la parole.
─ Je suis désolé, dit-il finalement d'une voix pleine de regrets.
Blaise resta coincé dans son mutisme. C'était tout juste s'il s'était aperçu de la présence de Drago tant il agissait comme s'il était seul à cette table.
─ Blaise… souffla Drago. Tu ne vas plus m'adresser la parole jusqu'à quand ? Ce n'est pas la solution …
Blaise leva la tête et lança un regard sombre et dur à Drago. Celui-ci se sentit subitement petit et bien mal à l'aise. Ce n'était pas dans ces habitudes que de se sentir aussi petit et ridicule, habituellement c'était lui qui faisait en sorte que les gens se sentent mal.
─ Il faut qu'on se sert les coudes, tenta Drago. Tu es mon meilleur ami et je…
─ Vraiment ? répliqua Blaise d'une voix froide. Je pensais que les amis ne se cachaient rien ?
─ Je regrette, vraiment, Blaise. Si c'était à refaire…
Mais Blaise ne l'écoutait déjà plus. Il posa ses couverts et se leva, descendit l'estrade sur laquelle trônait la table des formateurs et se dirigea vers la porte de la Grande Salle. Sur son chemin, il croisa Crabbe et Goyle qui lui demandèrent ce qu'il faisait, ce à quoi il répondit un magnifique « Ta gueule », avant de quitter définitivement les lieux.
x.x.x
L'après-midi avait été long et pénible. Malgré les quelques heures de repos dont avaient hérité les recrues, celles-ci étaient distraites et fatiguées. L'entraînement sportif se déroula non sans mal, et plusieurs d'entre elles durent être emmenées à l'infirmerie, pour une cheville foulée, une épaule démise ou encore un poing de côté trop persistant. Autant dire que la journée n'avait pas était très efficace. Ajouté à cela le fait que Blaise ne lui parle plus, Drago peinait à trouver encore des points positifs à sa journée, exceptée sa matinée avec Hermione.
Fatigué, et quand il se fut assuré que toutes les recrues étaient bien dans leur lit et s'apprêtaient à s'endormir, Drago se dirigea vers le bureau de Minerva McGonagall qu'il s'était approprié, et s'installa près de la cheminée crépitante. Le fauteuil recouvert du tartan écossais était accueillant et chaleureux, et Drago, après s'être servi un verre de Whisky, parvint enfin à se détendre.
Il sentit tous ses muscles se détendre un à un, tandis que ses yeux se perdaient dans les flammes qui dansaient dans l'âtre noirci par des années de bons et loyaux services. Perdu dans ses pensées, il ne réalisa pas immédiatement qu'il sommeillait vaguement, jusqu'à ce qu'un bruit de pas se fit entendre dans le couloir et ne le sorte de sa léthargie. Crabbe fit son entrée dans le bureau, de son pas lourd et maladroit, un sourire malfaisant au bout des lèvres.
─ Je te cherchais, Malefoy, dit-il d'une voix bourrue en tirant une chaise et en s'installant près de Drago.
─ Félicitations, tu m'as trouvé, grogna Drago en portant son verre à ses lèvres.
─ Tu as reçu du courrier.
Drago, qui n'avait pas regardé son collègue jusqu'alors, tourna doucement la tête dans sa direction et posa ses yeux sur l'enveloppe que Crabbe tenait dans son gros poing potelé. La lettre était scellée du sceau magique de Voldemort.
─ Depuis quand tu récupères mon courrier ? questionna Drago.
Crabbe se dandina, mal à l'aise, mais se contenta de tendre la lettre.
─ Je ne l'ai pas lu, si c'est ce que tu demandes, grinça-t-il pour se redonner confiance.
─ Bien sûr que tu ne l'as pas lu. Tu ne pouvais pas puisque le sceau magique m'est spécialement destiné.
Les rares lettres que Voldemort envoyait à Poudlard, étaient toujours uniquement destinées à Drago. Pour s'assurer que son lieutenant soit le premier à en découvrir l'objet, il les scellait de son sceau magique, que seul Drago pouvait briser à l'aise d'un sortilège informulé. Drago ouvrit la lettre, et la parcourut de ses yeux pâles et fatigués. A côté de lui, Crabbe tendait le cou dans l'espoir vain de saisir quelques bribes d'informations. Quand il eut terminé sa lecture, Drago leva la tête et regarda Crabbe en silence.
─ Alors ? demanda celui-ci, curieux.
─ Les formateurs se réuniront demain et je vous ferai par des plans du Maître.
─ Puisque je suis là, tu peux m'en parler, grogna Crabbe, déçu.
─ Non, je suis fatigué. J'aimerai finir mon verre tranquillement, si tu le permets.
Crabbe lui lança un regard assassin, mais se leva tout de même et tourna les talons. Il quitta la pièce sans un mot, mais Drago l'entendit grommeler dans le couloir avant que le silence regagne à nouveau la pièce. Les secondes s'éternisèrent, et Drago acheva son verre d'un air sinistre, tenant toujours fermement dans son autre main, la missive du Seigneur des Ténèbres. Il avait le cœur qui battait à tout rompre, et ressassait sans arrêt les mots qu'il venait de lire. Il avait la nausée à la pensée de l'avenir qui l'attendait. Il ignorait encore quel serait son rôle dans cette histoire, mais il savait que rien ne se passerait aussi bien qu'il pouvait l'espérer dans le meilleur des mondes. Perdu dans ses pensées morbides, il ne se sentit pas sombrer à nouveau dans les bras de Morphée, jusqu'à ce qu'un petit mouvement sur sa droite le fit sursauter et se lever brutalement.
Il ne savait pas vraiment à quoi s'attendre, mais certainement pas à Hermione, qui se tenait dans l'encadrement de la porte, l'air fatigué, mais affichant malgré tout un petit sourire.
─ J'avais du mal à m'endormir, et j'ai entendu Crabbe et Goyle discuter pendant leur ronde dans le dortoir, expliqua-t-elle en s'avançant.
Drago hocha faiblement la tête avant de se rasseoir dans son fauteuil.
─ Laisse moi deviner, ils parlaient de moi ?
Hermione eut un petit rire cristallin, et vint s'asseoir, non pas sur la chaise qu'avait utilisé Crabbe quelques minutes plus tôt, mais sur le tapis qui gisait devant la cheminée. Assise en tailleur, elle faisait face à Drago tout en profitant de la chaleur qui émanait du feu dans son dos.
─ Tu es le centre de leur univers, soupira-t-elle d'un air mélodramatique.
─ Je préfèrerai être le centre du tien, répliqua-t-il, moqueur.
─ Mais je n'ai d'yeux que pour Vincent Crabbe.
Tous deux se regardèrent quelques instants avant d'éclater de rire. Hermione se retourna et vint s'adosser contre les jambes de Drago, tandis que celui-ci se mit à jouer d'un air absent avec l'une de ses mèches brunes et bouclées. Les minutes défilèrent, et Drago se demanda si Hermione s'était endormie. Il tenait toujours dans sa main la lettre de Voldemort, et se demanda un instant s'il devait en parler à Hermione. Elle prit la décision à sa place.
─ Que t'a-t-il écrit ? demanda-t-elle d'une voix douce.
Elle n'était pas inquisitrice, ni trop curieuse. Drago eut l'agréable sensation qu'elle lui proposait juste d'en parler, de discuter de ce qui semblait le contrarier. Elle n'imposait rien cependant. Il savait au fond de lui que c'était là toute sa stratégie pour en savoir davantage et sortir de ce château, mais il tomba consciemment dans son piège et lui tendit la lettre en silence. Hermione s'en empara, et se mit à la lire. Contre ses jambes, Drago pouvait la sentir se crisper au fur et à mesure qu'elle avançait dans sa lecture.
« Drago,
Voilà de nombreuses semaines que je n'ai pu trouver le temps de t'écrire. Tu ne le sais pas car ton rôle de Lieutenant te force à rester à Poudlard, mais je suis occupé à rallier de nombreux alliés à notre cause, et je suis sur le point d'atteindre mon objectif, grâce à mes émissaires et à ton travail avec l'Armée de Ténèbres. Je ne te cache pas avoir été, quelques temps méfiant à ton égard, de par les rapports que ta tante Bellatrix me faisait de ses visites à Poudlard et des lettres que Vincent Crabbe m'a fait parvenir. Cependant, le succès du récent entraînement à Pré-au-Lard me démontre encore une fois que j'ai bien fait de placer ma confiance en toi.
Je t'informe que dans les semaines à venir, je demanderai aux formateurs de donner deux entrainements différents aux sangs-de-bourbe et aux sangs-purs. Leur formation initiale s'achève peu à peu, et il est temps pour chacun de regagner son rang. Dès le mois de juin, tu formeras les recrues les plus prometteuses à un rang d'officier tandis que les autres formateurs apprendront aux sangs-de-bourbe à être les soldats dociles et loyaux que nous attendons qu'ils soient. Ils seront les cobayes désignés lors des entraînements des sangs-pur et d'ici cet été, ils seront aussi au cœur d'expérimentations magiques destinées à les rendre plus dociles et surtout plus résistants aux sortilèges de l'adversaire.
Je compte sur toi pour les préparer physiquement et mentalement à ce qui les attend. N'hésite pas, si tu le sens nécessaire, à te débarrasser des recrues les moins prometteuses ou dont l'esprit est le plus rebelle. »
La lettre n'était pas signée. Tout en bas de celle-ci cependant, quelques phrases avaient été ajoutées à la hâte.
« PS : Notre amie Pansy se porte comme un charme. Si tout se passe bien, elle rejoindra bientôt les rangs de l'armée. »
─ Si tout se passe bien ? demanda Hermione d'une voix blanche.
─ Si son lavage de cerveau se passe bien, expliqua Drago d'une voix dure, la mâchoire crispée.
Et voilà pour aujourd'hui. Bon, Blaise n'est pas près de pardonner, il est vexé dans son égo et aussi blessé que son meilleur ami ne lui ai pas fait confiance.
Qu'avez-vous pensé de la lettre et des plans de Voldemort ? Bon, on le savait déjà un peu, mais ça se concrétise. Entre les recrues cobayes, la formation des sangs purs et enfin le lavage de cerveau de Pansy, ça promet… J'espère que vous êtes bien accrochés, parce que ce n'est pas encore terminé …. A mercredi pour la suite !
